Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

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Urgence pour une politique d’hospitalité

prefecture_1.jpgTexte invité

Depuis près de 40 ans, le dogme de la fermeture des frontières structure les politiques publiques en matière d’immigration. L’Europe s’est cadenassée face aux migrants, tout en délégitimant toute alternative fondée sur la solidarité et les droits, jugée coupable d'irréalisme et de naïveté.

Pour nous, l'état des lieux est sans appel : incapable de répondre aux objectifs qu'elle s'est donnée, cette politique inefficace provoque de surcroit des dégâts humains considérables et met en péril nos libertés.

En plaçant les migrants et leurs familles dans un dédale administratif et des conditions de plus en plus inatteignables pour l’obtention d’un titre de séjour stable, ce sont des dizaines de milliers de sans droits que la législation a créés, pour le plus grand profit de secteurs entiers de l'économie française qui peuvent ainsi utiliser une main d’œuvre docile et bon marché. Peu à peu, en matière de santé, de protection sociale, de logement ou de formation, l'exclusion est devenue la règle, le droit l'exception.

Et pour ceux qui espéraient encore des conditions de vie différentes de celles qu’ils avaient fuies de leur pays d'origine, les objectifs chiffrés d’expulsion ont signifié un message clair : vivez cachés ou l'expulsion vous attend.

Les étrangers auront ainsi, depuis près de 40 ans, subi le sort souhaité à tous par les tenants du dogme libéral : déconstruire les droits pour en revenir au "tous contre tous", baser les rapports humains sur la valeur marchande et la prédation, en finir avec les principes de solidarité, d'égalité, de justice. Construire une société de "sans droits".

Dans le même temps, le poison des vieux démons xénophobes et racistes n’en finit pas de prospérer sur le terreau de la désespérance sociale. La haine de l’étranger ou de l’autre continue plus que jamais à scander le rythme des discours politiques, détournant le regard des citoyens des enjeux autrement plus graves de sous-emploi, d’inégalités sociales et d’injustice fiscale. Dans ce contexte, l’intégration des immigrés est devenue une injonction généralisée, visant à discriminer les étrangers en s’appuyant sur l’argument de "l’assimilation" à de supposées "valeurs communes", qui ne sont que le masque d’un nationalisme d’exclusion.

Nous affirmons que notre conception du "vivre ensemble" n’est pas construite sur ces valeurs et qu'elle en est même aux antipodes. À la désespérance et la haine, nous opposons l'urgence d’un nouveau pacte citoyen qui nous rassemble en termes de droits comme d’obligations, quel que soit l’endroit où nous sommes nés. C'est à la réalisation d'une politique d'hospitalité que nous appelons, en France comme en Europe. S’appuyant sur l’égalité des droits, la solidarité et l’ouverture au monde, cette politique doit promouvoir une véritable citoyenneté de résidence, afin d’en finir avec les discriminations légales et d’inventer un droit à la mobilité qui place, au même rang, l'intérêt des migrants et l’impératif des États de garantir la paix et la sécurité.

Réalisable, s’appuyant sur des propositions concrètes, cette politique d’hospitalité posera en acte une vision ouverte de l'avenir, considérant les migrants, à l'égal de nous-mêmes, comme des êtres au parcours intelligible, acteurs du monde et parties prenantes de la solution aux défis de notre temps.

Tribune publiée dans Libération du 24 janvier 2012

Michel Agier, ethnologue et anthropologue, Étienne Balibar, philosophe, Pascal Blanchard, historien, Claude Calame, anthropologue et historien, Pierre Encrevé, linguiste, Didier Fassin, anthropologue et président du Comede, Nancy Green, historienne, Rose-Marie Lagrave, sociologue, Olivier Mongin, essayiste, directeur de la revue Esprit, Gérard Noiriel, historien, Jean-Pierre Olivier de Sardan, ethnologue, Patrick Peugeot, président de La Cimade, Jacques Rancière, philosophe, Michel Wierviorka, sociologue, historien, Pierre Zaoui, philosophe.

Tribune publiée dans Libération du 24 janvier 2012

 

Sarkozy ouvre la chasse aux malades et aux pauvres

Nicolas Sarkozy ose se revendiquer défenseur de l'esprit de 1945 et des avancées sociales du Conseil national de la résistance. C'est un comble venant de celui qui, depuis son élection, n'a cessé de s'attaquer, par des réformes successives et autoritaires, à ce qui fondait le pacte social. Il a mis systématiquement et méthodiquement à mal la solidarité nationale. Sous couvert d'une cure d'austérité, ce sont les salariés, les privés d'emploi et les retraités à qui on demande toujours plus de sacrifices, en abaissant le niveau de protection sociale. Il n'hésite pas à reprendre à son compte les slogans du Front national en montrant du doigt les pauvres, les précaires, les fonctionnaires... qui sont pour lui autant d'assistés ou de fraudeurs.

Pour Sarkozy, les malades sont des fraudeurs en puissance !

C'est une véritable chasse aux malades qu'il souhaite engager en voulant punir ceux qui bénéficieraient d'arrêts de travail supposément injustifiés. Pire, sous couvert de vouloir « responsabiliser davantage les assurés », le délai de carence serait augmenté d'un jour dans le public et le privé. Pourtant, les indemnités journalières ne représentent que 2,5 % du budget de la sécurité sociale. En revanche, rien n'est prévu pour lutter contre le travail non déclaré responsable des deux tiers des fraudes à la sécurité sociale.

Le gouvernement réinvente le travail obligatoire

Le gouvernement y va fort. Après avoir qualifié « l'assistanat » de « cancer de la société », le gouvernement veut instaurer 7 heures hebdomadaires de travail obligatoire pour les allocataires du RSA. Cette nouvelle disposition qui sera mise à l'essai dans 10 départements est tout à la fois honteuse, inefficace et absurde. Honteuse car elle voudrait faire passer des personnes vivant dans la plus grande précarité comme des assistés. Inefficace car cela ne les aidera en rien à trouver un emploi stable à un salaire décent. Absurde car à l'heure où la France compte près de 4 millions de privés d'emploi, ce n'est pas en instaurant le travail gratuit que l'on résoudra le problème du chômage. C'est également démagogique car rien n'est dit sur la manière dont seront effectuées ces travaux, ni sur comment ils seront encadrés.

Les élus communistes agissent

La nouvelle majorité de gauche au Sénat a montré qu'en allant à rebours de la politique du gouvernement, il est possible de dégager des ressources supplémentaires pour la protection sociale. A l'initiative des sénatrices et sénateurs communistes, le Sénat a :
- supprimé les exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires,
- accru la taxation des retraites chapeau, des stock-options, des bonus des traders,
- conditionné l'exonération de cotisations sociales au strict respect de l'égalité salariale.
Le doublement de la taxe sur les mutuelles a été annulé et même supprimé des contrats des étudiants pour favoriser leur accès aux soins.

Ces seules mesures permettent de dégager 5 milliards de nouvelles recettes. C'est l'équivalent de 30 % du déficit de la sécurité sociale en 2012.

D'autres solutions sont possibles. C'est le sens des propositions du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon.
- l'augmentation immédiate du SMIC à 1 700 € brut,
- l'interdiction des licenciements aux entreprises distribuant des dividendes,
- la création de nouveaux pouvoir d'intervention pour les salariés dans leurs entreprises pour leur permettre d'être partie-prenante des décisions des profits dégagés par leur activité.

Argumentaire PCF
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Les jours heureux

monument_national_de_la_rsistance.jpgA l'initiative du collectif CRHA (Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui) est organisé chaque année un rassemblement sur le plateau des Glières afin de rappeler les valeurs républicaines de solidarité, de fraternité, de vivre-ensemble et de justice contenues dans le programme du Conseil national de la Résistance, élaboré le 15 mars 1944.

En mars 1944, 159 patriotes ont trouvé la mort sur le plateau des Glières. Le 4 mai 2007, Nicolas Sarkozy était venu se mettre en scène dans ce haut lieu de la résistance savoyarde à deux jours du second tour de l'élection présidentielle. Un pèlerinage très médiatique qui avait choqué d’anciens résistants et des militants. Un rassemblement avait eu lieu quelques jours plus tard. Depuis, le Président revient tous les ans. Et eux aussi.

En 2011, des milliers de citoyens ont repris le fameux maquis des Alpes et lancé l’appel de Thorens-Glières.

Le 8 mars 2004, treize vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France libre lançaient un « Appel aux jeunes générations » dénonçant notamment « la remise en cause du socle des conquêtes sociales de la Libération ». Cette tendance régressive s’accélère dramatiquement. Nombre de citoyennes et citoyens s’en indignent. Partout la prise de conscience que les valeurs, toujours actuelles, incarnées en 1944 dans le programme du Conseil National de la Résistance (CNR), ouvrent l’espoir qu’un mieux-vivre ensemble est possible. Il est aujourd’hui concevable de définir un nouveau "programme de la Résistance" pour notre siècle. Au lieu de cela, le débat public qui s’annonce avec les élections de 2012 semble privilégier les manœuvres politiciennes au service d’intérêts particuliers sans traiter des causes politiques des injustices sociales, des raisons des dérégulations internationales, des origines des déséquilibres écologiques croissants.

Comme en 2004, nous souhaitons que tous les citoyens, tous les partis, tous les syndicats, toutes les associations participent à l’élaboration d’un projet de société du XXIe siècle en repartant du programme du CNR, Les jours heureux, adopté le 15 mars 1944. Ce programme politique constitue toujours un repère essentiel de l'identité républicaine française.

Avec l’association Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui (CRHA), nous appelons tous les partis politiques, toutes les candidates et candidats à un mandat public dans le cadre des élections présidentielle et législatives de 2012 à prendre trois engagements qui mettront réellement en application la devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Premièrement, afin de garantir l’égalité :

Lancer immédiatement le travail législatif et réglementaire qui permettra de reconstituer les services publics et institutions créés à la Libération pour aller vers une véritable démocratie économique et sociale. Possible en 1944, cette démarche l’est d’autant plus aujourd’hui, alors que le pays n’a cessé de s’enrichir depuis. Droit à la santé pour tous, droit à une retraite, droit à l’éducation, droit au travail, droit à la culture demeurent les seuls véritables garants de l’égalité républicaine. Une égalité qui n’a de sens que dans le respect du droit des étrangers.

Deuxièmement, afin de garantir la liberté :

1. Approfondir la forme républicaine du gouvernement afin de séparer clairement les pouvoirs et renforcer la démocratie parlementaire au détriment de notre régime présidentiel personnalisé.
2. Développer de nouvelles pratiques de la démocratie dans laquelle l’action de la société civile sera reconnue, et restaurer les conditions du principe d’ailleurs défini à l’article 2 de la constitution actuelle : « Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».
3. Garantir la qualité du débat démocratique et la fiabilité des contre-pouvoirs, en assurant à nouveau la séparation des médias et des puissances d’argent comme en 1944.

Ces 3 axes de débats devront aboutir à une démarche souveraine d'« Assemblée constituante » vers de nouvelles pratiques républicaines.

Troisièmement, afin de garantir la fraternité :

1. Travailler les coopérations avec les peuples et les pays, en refusant l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.
2. Favoriser résolument des solutions soutenables pour les équilibres écologiques, dans les limites de développement compatibles avec la survie humaine. 3. Écarter de la marchandisation totale les besoins vitaux de l’être humain comme l’eau, la nourriture et l’énergie.

Il est temps de bien vivre ensemble, dans la haute nécessité de l’épanouissement du plus grand nombre et d’offrir une perspective d’avenir prometteur aux jeunes générations. Plus que jamais, comme le proclamait en 2004 l'Appel des Résistants aux jeunes générations, à ceux et celles qui font ce siècle qui commence, nous voulons dire avec affection : « Créer c'est résister. Résister c'est créer ».

Premiers signataires :
Raymond Aubrac, résistant ; Stéphane Hessel, résistant déporté ; Marie Jo Chombart De Lauwe, résistante déportée, présidente de la Fondation pour la mémoire de la déportation ; Daniel Cordier, résistant, secrétaire de Jean Moulin ; Georges Séguy, résistant déporté ; Walter Bassan, résistant déporté ; Henri Bouvier, résistant déporté ; Léon Landini, résistant FTP MOI ; Pierre Pranchère, résistant ; François Amoudruz, résistant déporté, membre de la présidence nationale de la FNDIRP ; Jean Marinet, résistant déporté, président de la FNDIRP de l'Ain ; Noella Rouget, résistante déportée ; Odette Nilès, résistante, petite amie de Guy Môquet ; Charles Paperon, résistant, co-président de l'ANACR Finistère ; Pierre Moriau, résistant.

Lancé le 14 mai, à 15 heures, à Thorens-Glières (Haute-Savoie), à l’initiative de l’association Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui (CRHA).
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1er Mai : solidarité internationale et progrès social

premier_mai.pngCommuniqué commun CFDT - CGT – FSU – Solidaires – UNSA

Le 1er mai, journée de solidarité internationale du monde du travail, prend un relief particulier dans un monde marqué par des évolutions majeures.

Les organisations CFDT - CGT – FSU – Solidaires – UNSA expriment leur soutien aux peuples des pays arabes qui se soulèvent pour la dignité et la liberté. Partout dans le monde, cette onde de choc salutaire bouscule les dictatures et porte un message d’espoir de liberté, de démocratie et de progrès social.

Elles font aussi du 1er mai une journée de solidarité européenne en dénonçant les politiques d’austérité imposées par les États membres de l’Union et les Institutions européennes pour « assainir » les dépenses publiques. Les salarié(e)s ne doivent pas payer le coût d’une crise dont ils ne sont pas responsables.

En France, le 1er mai 2011 se déroule dans un contexte de crise économique et sociale qui creuse les inégalités et mine la cohésion sociale, un contexte de tension sociale toujours forte liée aux préoccupations des salariés en matière d’emploi, de salaires et de conditions de travail qui se sont exprimées fortement dans les mobilisations de 2009 et 2010 face à la crise et à la réforme des retraites.

Partout participons aux manifestations unitaires pour :

  • Donner la priorité à l’emploi par des politiques économiques et sociales prenant appui sur une réelle politique industrielle qui réponde aux impératifs écologiques et des services publics de qualité, favorisant la réduction des inégalités. Prioriser des mesures en faveur des jeunes. Mettre fin au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.
  • Améliorer les salaires, les pensions et le pouvoir d’achat, permettre à chacun de vivre dans la dignité en garantissant le droit pour toutes et tous à une protection sociale solidaire et de haut niveau tout au long de la vie ; Faire reculer les inégalités entre les femmes et les hommes
  • Améliorer les conditions de travail et faire reconnaître la pénibilité ;
  • Lutter pour l’égalité des droits et contre toutes les discriminations, notamment concernant tous les travailleurs migrants.

L’exigence d’une vie meilleure faite de justice sociale, du respect des droits fondamentaux, d’un travail décent, reconnu et valorisé doit se faire entendre.

Mobilisons-nous pour le « vivre ensemble », la solidarité entre les salariés et l’égalité des droits, le choix de la paix, le choix du social. C’est de cette façon que reculeront l’exclusion, le racisme, le rejet de l’autre. Nos organisations appellent tous les salariés, les chômeurs et les retraités à participer aux manifestations unitaires organisées dans toute la France.

A Paris, la manifestation défilera de République à Nation ; RV à 14h30

Le Front de Gauche tiendra un point fixe sur le parcours de la manifestation au croisement des boulevards Voltaire et Richard Lenoir (métro Oberkampf.)

 

Les tromperies du Front national (1)

Le monde du travail est la principale victime de la crise économique qui touche de plus en plus durement les salariés, les demandeurs d’emploi, les retraités. Cette crise menace l’avenir des jeunes, des plus pauvres, met à mal le vivre ensemble et les solidarités. Elle accroît les inégalités, la précarité, l’insécurité sociale, le sentiment de pauvreté et d’exclusion. C’est un terreau sur lequel a prospéré le Front national.

Nous assistons aujourd’hui à une banalisation du FN, considéré par de trop nombreux citoyens comme un parti comme les autres. Sa poussée est inquiétante, mais « résistible. Le FN répond systématiquement de manière totalement illusoire et démagogique, en montrant du doigt les immigrés pour exonérer la responsabilité des prélèvements financiers capitalistes sur les richesses créées par l'ensemble des salariés. C'est une énorme supercherie. Ce que le FN cache aux travailleurs, ce sont les réels profiteurs du système, les actionnaires, ceux qui touchent les dividendes, et autres tireurs de ficelles patronaux du dumping social mondialisé. Non, la richesse de notre travail ne s'envole pas vers l'île de la misère de Lampedusa. Elle tombe dans les coffres forts des îles Caïman, et autres paradis et niches fiscales, tous taillés sur mesure pour le capital. A nous de lever ce voile et de désigner les vrais responsables de la crise. » (rapport de Pierre Laurent au Conseil national du PCF)

La responsabilité de la droite est écrasante dans la montée du FN. L a création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, le débat sur l’identité nationale suivi d’un autre sur l’islam, la stigmatisation des « gens du voyage » et l’expulsion des Roms ont été autant d’actions qui ont alimenté l’amalgame entre étrangers et insécurité.

Marine Le Pen tente de nous faire oublier le credo ultralibéral de son parti, et son identité fondée sur la préférence nationale, la xénophobie et le racisme. La « nouvelle » stratégie du Front National vise les couches populaires les plus touchées par la crise et les couches moyennes qui s’estiment « déclassées ». Ce changement de costume du FN n’a pas modifié la politique de ce parti, basée sur le concept de préférence nationale. Pour cette raison et bien d’autres, le FN n’est pas un parti républicain comme les autres.

Encore faut-il en convaincre tous ceux qui souffrent de la crise et des politiques gouvernementales et patronales et qui désespèrent pour l’instant de voir une amélioration de leur sort.

Il faut par l’information et le débat, informer sur les thèses et les positions du FN, sur le plan économique et social comme en matière de libertés publiques.

Le FN n’a pas changé. Il a modifié son discours pour élargir son influence en exploitant les angoisses de ceux que la politique libérale du gouvernement a plongé dans la désespérance. Il a compris tout le bénéfice qu’il pouvait tirer de la stratégie de Nicolas Sarkozy, qui pense désormais que sa seule chance d’être réélu en 2012 est de favoriser la progression du FN pour rééditer l’opération de 2002 : un deuxième tour de la présidentielle l’opposant au candidat d’extrême droite.

Le FN veut être reconnu comme « un parti comme les autres ». Il a pourtant longtemps proclamé qu’il n’était justement pas comme les autres, qualifiés de « tous pourris ». Il pense y parvenir en combinant des thèmes sociaux au registre habituel de l’extrême droite, nourri de racisme, de xénophobie, d’islamophobie et de nationalisme, dans un climat où se mêlent, mécontentement, colère face au quotidien, inquiétude, angoisse et peur de l’avenir. Mais le socle de son discours et de ses propositions, demeure le concept de « préférence nationale », qu’il se propose « d’inscrire dans le préambule de la constitution ».

La préférence nationale consiste à donner la priorité voire l’exclusivité aux Français dits de souche pour accéder à un certain nombre de prestations de service public en matière de santé, de logement, de protection sociale, de politique familiale… Le FN prône également un accès prioritaire des Français à l’emploi et des taux de cotisation chômage et maladie majorés pour les travailleurs étrangers. Ce principe abject est clairement xénophobe, islamophobe et raciste. Il est totalement contraire aux principes républicains.

La préférence nationale est contraire à l’égalité, dès lors que l’accès à l’emploi, à la protection sociale, à l’éducation à la santé, dépendra de l’origine du salarié. Et où s’arrêtera l’application de ce principe, en ces temps où la nationalité acquise peut être remise en cause ? Tous ceux qui ont un nom d’origine étrangère pourront se sentir menacés de discrimination.

La préférence nationale est contraire à la fraternité, dès lors que sa légitimité suscitera des divisions entre « les français de souche » et les autres. La solidarité si essentielle au vivre- ensemble dans les entreprises et les quartiers disparaîtra au profit de vives tensions, voire de violences.

L’étranger reste désigné comme le problème. Ainsi Karl Lang, dirigeant frontiste, n’hésite pas à associer « le malheur des ouvriers français au fléau de l’immigration sauvage». Et le même élargit l’explication aux difficultés de la Sécurité sociale : « Ce n’est pas aux malades français de payer la politique pro immigrée de l’UMP ». Marine Le Pen veut bien que les immigrés paient impôts et cotisations, mais pas qu’ils bénéficient des prestations sociales.

L’immigration serait-elle la cause de tous les maux ? Le principe de la préférence nationale, la stigmatisation systématique des immigrés ne sont pas seulement contraires aux principes fondateurs de notre République et à nos traditions démocratiques. Ils sont aussi un puissant outil de division des salariés. Ils ont pour objet de dresser les salariés les uns contre les autres, Ils visent à cibler une partie de la population pour détourner l’attention de la véritable question, à savoir l’inégale répartition des richesses produites par le travail.

La lutte contre cette politique immonde du bouc émissaire passe entre autres par la déconstruction d’un certain nombre de mythes sur l’immigration.

L’immigration serait un coût pour le pays ?

Faux : il ressort d’une étude parue en 2010 d’une équipe de l’université de Lille, réalisée pour le compte du ministère des Affaires sociales que les immigrés sont une très bonne affaire pour l’économie française. Travaillant sur des chiffres officiels, les chercheurs ont décortiqué tous les grands postes de transfert des immigrés. Il en ressort un solde très positif. En 2009, les immigrés ont reçu de l’État 47,9 milliards d’euros, via les retraites, les aides au logement, le RMI, les allocations chômage et familiales, les prestations de santé… Dans le même temps, ils ont reversé au budget de l’État, par leur travail, des sommes beaucoup plus importantes : impôt sur le revenu, 3,4 milliards d’euros ; impôt sur le patrimoine, 3,3 milliards ; impôts et taxes à la consommation, 18,4 milliards ; impôts locaux et autres, 2,6 milliards ; CRDS et CSG, 6,2 milliards ; cotisations sociales, environ 26,4 milliards d’euros. Soit un total de 60,3 milliards, et par conséquent un solde positif de 12,4 milliards d’euros pour les finances publiques. (Notre blog avait fait état de cette étude dans un billet publié le 9 décembre 2010)

L’immigration serait la cause du chômage ?

Faux : Lorsqu’on classe les pays en fonction du taux de chômage et de la proportion des étrangers dans la population totale, on constate que dans des pays comme l’Espagne, l’Italie et la Finlande, dans lesquels le taux de chômage est relativement élevé, la part des étrangers dans la population totale est très faible. Inversement, des pays comme le Luxembourg, la Suisse et les États-Unis, qui enregistrent un pourcentage relativement élevé de la population étrangère dans la population totale, connaissent un taux de chômage plus faible.

Une récente étude du ministère de l’Immigration pointe qu’en 2008, 2,15 millions d’immigrés avaient un travail en France, 1,4 million venant des pays tiers (non membres de l’Union Européenne), et 750 000 des pays de l’espace économique européen et de la Suisse. Les immigrés contribuaient ainsi à 8,4% de l’emploi, contre 7,4 % en 2005. Cette évolution s’explique par une augmentation rapide de la population active en provenance des pays tiers (+16,7 % en trois ans, contre +3,7 % chez les immigrés de l’espace européen et moins de 1 % pour la population active non immigrée) et par une baisse assez sensible du taux de chômage (-3,5 points pour la population immigrée contre -1,4 point pour la population non immigrée). A une période de hausse de la population active issue de l’immigration, a donc correspondu une baisse globale du chômage.
Immigration et chômage ne sont donc pas corrélés. Le chômage reste bien avant tout un phénomène lié à l’évolution économique et aux choix patronaux et gouvernementaux faits en la matière.

En accusant les immigrés d’être la cause de l’exclusion, des bas salaires, du chômage, le FN nous trompe. Ce sont les politiques économiques et antisociales du gouvernement et du Medef qui sont à l’origine des difficultés du pays. En focalisant son programme sur de fausses explications de la crise, le FN exonère les vrais responsables et éloigne celles et ceux qu’il séduit des solutions réelles.

En tentant de faire de l’insécurité, de l’islam et des immigrés l’objet principal des peurs de nos concitoyens, en substituant l’exclusion au vivre ensemble qui fonde notre République citoyenne, en nourrissant la haine de l’autre et la division de la société, Marine Le Pen poursuit bel et bien une même logique, au fondement de toutes les extrêmes droites.

Un argumentaire de la CGT, intitulé « le Front national ou l’imposture sociale » a servi de base à la rédaction de cet article.

 

Catastrophe au Japon

Déclaration du PCF sur la catastrophe au Japon

Le Parti communiste français exprime toute sa solidarité au peuple japonais dans les terribles épreuves qu’il est train de traverser. Le tremblement de terre qui a secoué et continue de secouer le Japon a atteint une force inégalée. Les conséquences humaines et environnementales de ce nouveau cataclysme naturel sont dramatiques, et restent encore insoupçonnées.

Le nombre de pertes humaines atteint sans doute plus de dix mille victimes, des blessés en plus grand nombre encore, des milliers de maisons, d’entreprises et d’infrastructures détruites, un train entier disparu, et une petite ville de 10 000 habitants dont on est pratiquement encore aujourd’hui sans nouvelles car inaccessible aux équipes de secours.

Face à un tel drame humain, l’heure est d’abord à la solidarité. Celle des communistes français s’exprime avec la plus vive détermination. Nous vivons heure par heure l’évolution et nous sommes admiratifs face à l’attitude courageuse et responsable du peuple japonais. Une des toutes premières urgences est de porter secours aux populations, sauver les vies humaines, les protéger et les soigner. Nous nous félicitons que la solidarité internationale s’organise et que la France y contribue avec ses équipes spécialisées. Pour ce qui nous concerne nous entrons en contact avec les organisations progressistes japonaises notamment le Parti communistes japonais.

Il est encore impossible de mesurer l’ampleur des destructions environnementales produites par le tremblement de terre puis le tsunami. La vague de plus de 6m de haut a ravagé toutes les installations industrielles provoquant des incendies dans les raffineries. On ne peut mesurer l’étendue de pollutions de toutes sortes sur les écosystèmes côtiers et à l’intérieur des terres. On apprend qu’un volcan éteint depuis des décennies vient de se réactiver sans connaître ses effets sur les populations situées à proximité.

Enfin les graves accidents nucléaires qui se déroulent actuellement dans les centrales de Fukuschima Daiichi, Fukushima Daini voire maintenant de Onagawa renforcent notre inquiétude et nous font craindre un accident nucléaire s’ajoutant au cataclysme naturel. Les autorités japonaises comme internationales (AIEA) estiment la situation très grave et craignent une catastrophe possible de très grande ampleur.

Le Parti Communiste Français prend très au sérieux cette situation et reste attentif aux différentes informations de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) sur la situation des centrales nucléaires japonaises dont la technologie BWR utilisée est différente de la technologie française. Les autorités japonaises doivent en tout état de cause faire preuve de toute la transparence utile et nécessaire quant à l’évolution de la situation dans ses centrales.

Le PCF mesure l’inquiétude qui s’exprime au sein de la population française relative au nucléaire. C’est pourquoi nous demandons qu’un important dispositif d’information au public soit mis en place. Avec nos parlementaires, nous demandons l’audition publique et immédiate par les commissions ad hoc du Parlement de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) sur la situation. Dans la foulée pourrait être créée une commission d’information ou d’enquête parlementaire afin d’évaluer en lien avec tous les organismes chargés de la sûreté nucléaire compétents les risques éventuels que pourraient présenter les installations françaises. Leurs conclusions devront être rendues publiques afin qu’un véritable débat puisse se développer à partir d’informations précises. En effet bien des prises de positions actuelles nous semblent pour le moins prématurées.

Le PCF réaffirme l’importance qu’il attache aux études de sûreté nucléaire et au contrôle stricte de celle-ci, en France et dans le monde. L’acceptabilité sociale de la filière nucléaire nécessite que celle-ci reste plus que jamais dans le domaine public qui doit garantir la transparence, l’indépendance de l’expertise, la qualité de réalisation des installations et de leur exploitation. Les salariés qui travaillent dans le domaine y compris les sous traitants doivent avoir des garanties sociales de haut niveau.

La France et son industrie nucléaire devront tenir compte des conclusions produites notamment par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui précisera les causes de ses accidents. Ils devront en retirer les enseignements susceptibles d’éclairer les conditions d’exploitation de la filière nucléaire dans notre pays.

 

Saint Gratien : la solidarité s’organise

_490_.jpgMerci aux Gratiennois qui ont, dès aujourd’hui, fait savoir qu’ils s’associeraient aux différentes initiatives de solidarité et d’entraide avec les familles de demandeurs d’asile du foyer d’hébergement. A l’approche des fêtes de fin d’année, les enfants tout particulièrement seront sensibles à ces signes d’amitié et de convivialité.

En attendant la venue du Père Noël, le Front de Gauche, lui, poursuit sa collecte de signatures afin d’exiger que la mairie accueille ces nouveaux habitants et cesse de les considérer comme des «indésirables ». Plus de 800 personnes ont d’ores et déjà exprimé cette volonté que cessent les discriminations, d’autant plus intolérables lorsqu’il s’agit d’enfants.

Rendez-vous samedi matin devant le magasin « Lidl » de Saint Gratien entre 10 et 12 heures.

 

Haïti, pays maudit ?

Haiti.jpg photo Planete vivante du 15 janvier 2010

Depuis quelques jours, Haïti est sur le devant de la scène. Pays de toutes les misères, cette île cumule extrême pauvreté et catastrophes naturelles à répétition. Personne n’est insensible aux images effroyables que déroulent nos journaux télévisés. « Désastre horrible qui sème la mort et la désolation », ce tremblement de terre est l’une des plus graves catastrophes mondiales connues, et amène un chaos complet qui a un urgentissime besoin d’une mobilisation internationale de grande ampleur.

Mais au-delà de l’émotion et de la solidarité d’urgence, il faudra bien aussi se pencher sur les causes profondes du malheur d’Haïti.

Les catastrophes naturelles qui dévastent l’île, cyclones ou tremblements de terre, ne sont pas une fatalité. Pourquoi le même cyclone fait –il 800 morts à Haïti et seulement 4 à Cuba ? Ce séisme à Haïti, majeur depuis des dizaines d’années, n’était évidemment pas prévisible. Mais dans cette zone de failles actives, une politique de prévention des risques sismiques est indispensable. Cette prévention, les constructions parasismiques et la mise en œuvre de techniques modernes sont inconnues à Haïti, faute de moyens.

Quant à la « malédiction » que voit « Le Figaro » s’abattre sur Haïti, version hard de la fatalité, elle a l’avantage de faire oublier la lourde responsabilité des pays riches dans l’histoire, et notamment de la France, ancienne colonisatrice.

Première république noire au monde, appelée « la perle des Caraïbes », Haïti a un lourd passé d’esclavage, de colonialisme et de dictatures et régimes corrompus, ce qui lui a empêché tout développement.

« Haïti est le pays le plus pillé au monde » dit Auguste Léon Philippe, professeur d’histoire et philosophe haïtien. Pays surendetté par un milliard d’euros, où 80% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour. Dès l’indépendance de l’île, elle dut verser une indemnité aux anciens colons, et effectuer pour cela un premier emprunt, remboursé pendant un siècle… Le début d’une longue série.

La reconstruction et le développement ne se feront pas sous la coupe du FMI ou de la Banque Mondiale. La France a un rôle particulier à y jouer, de par ses liens historiques avec Haïti, et parce qu’une importante communauté haïtienne est installée en France.

En plein cœur de la catastrophe, tout le monde ne perd pas le nord. Les États-Unis ont dépêché sur place 10 000 marines et pris le contrôle de l’aéroport, autorisant ou non les appareils en provenance du monde entier à atterrir. Les Américains ayant affirmé leur volonté de rester longtemps dans l’île, des craintes se manifestent de les voir y installer une nouvelle base à la position stratégique.

Mais pour l’heure, soyons rassurés : l’inénarrable Eric Besson, dans son infinie bonté, a promis de suspendre les expulsions d’Haïtiens vers leur île d’origine. C’est un homme délicat.
Isabelle Volat

 

Sous Sarkozy, la solidarité est un délit !

Le ministre de l’immigration doit « promouvoir notre identité nationale » (!!!) et lutter contre l’immigration irrégulière : 27 000 « éloignements » (terme beaucoup plus présentables que : « expulsions » …) sont programmés en 2009. Il doit aussi faire peur aux citoyens qui se mobilisent contre cette politique …

Des associations d’aide aux étrangers en situation irrégulière organisent une initiative pour protester contre l’assimilation qui est faite entre réseau criminel et aide humanitaire.

En effet, révélées au grand public par un film, les lois Sarkozy sur l’immigration font non seulement la chasse à l’immigré « non choisi », mais aussi transforment la solidarité un délit. Toute personne aidant, hébergeant un sans-papier peut être poursuivie. Des bénévoles ont d’ailleurs été inquiétés à Calais, où depuis la fermeture du centre de Sangatte, de nombreux étrangers en attente de passage vers l’Angleterre errent dans les rues. Les habitants qui leur offrent une douche ou un café peuvent être assimilés aux passeurs.



La loi de finances 2009 prévoit des « quotas d’arrestations « : 5 500 de ceux qui sont appelés « aidants ». Le terme est volontairement confus, entre le bénévole qui aidera un étranger en lui offrant des couvertures ou le passeur qui moyennant de fortes sommes aura fait entrer en France des personnes au péril de leurs vies, en organisant des trafics crapuleux.

Bien que le gouvernement se défende de vouloir poursuivre les bénévoles, le fait est que les poursuites judiciaires se multiplient à l’encontre de personnes ayant accueilli, hébergé, caché …. des sans-papiers. Face à ces dérapages, les associations demandent que l’article de loi litigieux soit abrogé. Deux propositions de loi contre le délit de solidarité envers les sans-papiers ont été déposées à l’Assemblée et au Sénat. Voici celle déposée par les sénateurs communistes et les sénateurs du Parti de Gauche.

« Les sénateurs du groupe CRC-SPG viennent de déposer une proposition de loi visant à exclure toute personne, qu’elle soit bénévole ou membre d’une association, du délit d’aide à l’entrée et au séjour irrégulier.

Ils confirment ainsi la position qu’ils défendent depuis les lois Sarkozy sur l’immigration, lois qui sont devenues des outils de la politique du chiffre en matière d’expulsion. Cette politique conduit non seulement à de plus en plus de violences à l’encontre des immigrés en situation irrégulière mais également à considérer comme des délinquants des personnes désintéressées apportant leur aide et leur solidarité à des étrangers de plus en plus démunis et isolés.

C’est cette situation inacceptable que les sénateurs du groupe CRC-SPG entendent dénoncer et à laquelle ils souhaitent mettre fin : ils espèrent par conséquent que leur proposition de loi sera débattue prochainement au Sénat." Paris, le 19 mars 2009 Pour signer la pétition : "Si la solidarité devient un délit...." : www.delinquants-solidaires.org