Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

Mot clé - retraite

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Double peine

_432_.jpgL’objectif du gouvernement est de baisser les pensions.

Pour Éric Aubin, secrétaire confédéral de la CGT chargé des retraites, les salariés subiront une diminution du niveau de leur pension.

Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, vient d’annoncer que le décret portant ?la durée de cotisation ?à 41?ans et demi pour ?une retraite à taux plein est en préparation. Est-il obligé de suivre ainsi la recommandation ?du Conseil d’orientation des retraites (COR)??

Éric Aubin. Non. Et ce n’est d’ailleurs pas une recommandation. Le COR va donner un avis technique?: à partir d’un constat portant sur un allongement de l’espérance de vie, il traduit en fonction de la réforme Fillon de 2003 ce que cela signifierait en termes de durée de cotisation. Je ne suis pas surpris que Xavier Bertrand mette en œuvre la réforme de 2003. Nous, nous l’avons combattue parce qu’elle contenait cette augmentation de la durée de cotisation. Il faut noter que, vu la situation actuelle de l’emploi, du chômage, notamment celui des seniors, qui continue de croître, l’objectif du gouvernement est de baisser les pensions. Et ce sera la conséquence de cette augmentation de la durée des cotisations.

Vous parlez de «double peine». ?Dans quel sens??

Éric Aubin. Double peine parce que le recul de l’âge légal de départ à la retraite se double de l’augmentation de la durée de cotisation. Jouer sur ces deux tableaux à la fois est un fait unique en Europe. Cette réforme est la plus dure d’Europe. Autour de nous, les pays sont à 37?ans, voire 35?ans, pour une retraite à taux plein, en aucun cas à 41?ans et demi.

On peut aujourd’hui mesurer pleinement ?les effets négatifs des réformes menées depuis des années... Éric Aubin. Au bout de quinze ans, on a vu les effets de la réforme Balladur de 1993. Le passage des 10??aux 25?meilleures années a coûté 15% de niveau des pensions en moins. Huit ans après 2003, on voit les effets de la réforme que nous avons combattue. Et on voit déjà les effets de la réforme de 2010. La non-reconduction de l’allocation équivalent retraite (AER) va mettre des dizaines de milliers de demandeurs d’emploi en fin de carrière en situation de non-ressource. Et dans les mois et les années qui viennent, on verra encore les pensions baisser.

Mais ne faut-il pas en passer par là pour sauver le régime des retraites??

Éric Aubin. S’il en était ainsi, ce serait un moindre mal. Mais ça ne sauvera en rien le régime des retraites, dans la mesure où les questions de son financement ne sont en rien réglées. La CGT demande depuis 1993 une véritable réforme du financement de la protection sociale et des retraites. Et il faut une autre politique de l’emploi.
'' Tous les syndicats sont opposés à cette mesure, mais on a l’impression ?que tout est joué…''

Éric Aubin. À la CGT, nous réunissons aujourd’hui même la commission exécutive confédérale pour débattre d’une proposition d’action aux autres organisations syndicales. Ce pourrait être ?le 6 octobre. Ce sera une rentrée particulière, avec la campagne présidentielle et une situation sociale dure. ?Le pacte euro plus s’annonce comme ?un corset d’austérité pour toute l’Europe. Emploi, salaires, financement de la protection sociale et promotion des services publics seront les thèmes majeurs de cette rentrée.

Allez-vous interpeller les candidats sur la réforme des retraites??

Éric Aubin. La CGT aura des choses à dire aux candidats à l’élection présidentielle, ?bien entendu. Ils ne devront pas oublier ce que des millions de salariés ont exigé dans ?la rue en 2010.

Entretien paru dans l'Humanité

 

1er Mai : solidarité internationale et progrès social

premier_mai.pngCommuniqué commun CFDT - CGT – FSU – Solidaires – UNSA

Le 1er mai, journée de solidarité internationale du monde du travail, prend un relief particulier dans un monde marqué par des évolutions majeures.

Les organisations CFDT - CGT – FSU – Solidaires – UNSA expriment leur soutien aux peuples des pays arabes qui se soulèvent pour la dignité et la liberté. Partout dans le monde, cette onde de choc salutaire bouscule les dictatures et porte un message d’espoir de liberté, de démocratie et de progrès social.

Elles font aussi du 1er mai une journée de solidarité européenne en dénonçant les politiques d’austérité imposées par les États membres de l’Union et les Institutions européennes pour « assainir » les dépenses publiques. Les salarié(e)s ne doivent pas payer le coût d’une crise dont ils ne sont pas responsables.

En France, le 1er mai 2011 se déroule dans un contexte de crise économique et sociale qui creuse les inégalités et mine la cohésion sociale, un contexte de tension sociale toujours forte liée aux préoccupations des salariés en matière d’emploi, de salaires et de conditions de travail qui se sont exprimées fortement dans les mobilisations de 2009 et 2010 face à la crise et à la réforme des retraites.

Partout participons aux manifestations unitaires pour :

  • Donner la priorité à l’emploi par des politiques économiques et sociales prenant appui sur une réelle politique industrielle qui réponde aux impératifs écologiques et des services publics de qualité, favorisant la réduction des inégalités. Prioriser des mesures en faveur des jeunes. Mettre fin au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.
  • Améliorer les salaires, les pensions et le pouvoir d’achat, permettre à chacun de vivre dans la dignité en garantissant le droit pour toutes et tous à une protection sociale solidaire et de haut niveau tout au long de la vie ; Faire reculer les inégalités entre les femmes et les hommes
  • Améliorer les conditions de travail et faire reconnaître la pénibilité ;
  • Lutter pour l’égalité des droits et contre toutes les discriminations, notamment concernant tous les travailleurs migrants.

L’exigence d’une vie meilleure faite de justice sociale, du respect des droits fondamentaux, d’un travail décent, reconnu et valorisé doit se faire entendre.

Mobilisons-nous pour le « vivre ensemble », la solidarité entre les salariés et l’égalité des droits, le choix de la paix, le choix du social. C’est de cette façon que reculeront l’exclusion, le racisme, le rejet de l’autre. Nos organisations appellent tous les salariés, les chômeurs et les retraités à participer aux manifestations unitaires organisées dans toute la France.

A Paris, la manifestation défilera de République à Nation ; RV à 14h30

Le Front de Gauche tiendra un point fixe sur le parcours de la manifestation au croisement des boulevards Voltaire et Richard Lenoir (métro Oberkampf.)

 

Les tromperies du Front national (2)

Comment le Front national, qui a soutenu les pires dérives de l’ultralibéralisme financier serait aujourd’hui soudainement proche des fonctionnaires, des salariés en panne de pouvoir d’achat, des syndiqués qui revendiquent une amélioration
de leur sort ?

Quand il affiche soudainement son empathie pour le sort des salariés, il suffit de rappeler les propos de Marine Le Pen contre le mouvement social opposé à la réforme des retraites en 2010 : « Ensemble, gouvernement et syndicats jettent la France dans le chaos » Bruno Gollnisch le 4 novembre 2010 : « le sabotage de l’économie française caractérise l’action des dirigeants de la CGT … Ces blocages frappent avant tout les salariés qui se rendent à leur travail, les entreprises et menacent l’emploi. La CGT doit être rendue pénalement responsable, ses dirigeants doivent en répondre ».

Aujourd’hui, le FN a visiblement réussi à capter une partie du mécontentement suscité par la politique gouvernementale, mais lorsque l’on interroge les Français, ils sont loin de partager ses principales propositions économiques et sociales :

• 54 % sont opposés au rétablissement des frontières intérieures à l’Europe,
• 56 % sont contre la suppression du regroupement familial pour les immigrés,
• 60 % ne sont pas d’accord pour réserver les aides sociales et les allocations familiales aux seuls Français,
• 73 % sont opposés au rétablissement de la peine de mort,
• 84 % sont hostiles à la sortie de l’Union européenne
(Baromètre BVA-Absoluce-Les Echos-France Info du 28 mars 2011)

Au service de la banalisation de son parti, Marine Le Pen investit fortement le terrain du social, de la défense de la laïcité, des services publics, de la République. Mais ce positionnement constitue une façade qui ne remet pas en cause les principes directeurs du programme du FN, qui reste d’essence libérale en matière économique et sociale. Le programme du FN ne propose aucune augmentation de salaire, aucune proposition sur les loyers trop élevés, aucun droit nouveau pour les salariés, accepte la fin de la retraite à 60 ans….

Quelques exemples :

En matière de retraite, le FN ignore la revendication massivement portée à l’automne 2010 du maintien de l’âge légal de départ à 60 ans. Son programme entend en effet supprimer toute notion d’âge légal et n’ouvrir le droit à la retraite que sur le seul critère de 40 annuités cotisées. Il renvoie la question de la prise en compte de la pénibilité à des négociations par branche, ouvrant ainsi la voie à de fortes inégalités entre secteurs. Et il est important de rappeler que ce parti qui prétend défendre la classe ouvrière a été totalement absent du mouvement de l’automne 2010.

Sur la Fonction publique, les récentes et soudaines déclarations d’amour adressées par Marine Le Pen aux fonctionnaires ne sont qu’un leurre. Le FN préconise en réalité la poursuite des politiques libérales déjà à l’oeuvre. Le FN n’entend pas revenir sur les suppressions de postes massives opérées par Sarkozy, si ce n’est sur les missions régaliennes, mises au service d’une conception ultra sécuritaire et liberticide de l’intervention publique. M. Le Pen dénonce la « fuite en avant des collectivités territoriales » qui « devront enfin maîtriser leurs effectifs », position conforme au dogme sarkozyste et qui correspond à la conception traditionnelle du FN d’un État hyper centralisé. Pour répondre à la crise de l’hôpital qui appelle une politique ambitieuse de création de postes, le FN préconise un « aménagement » des 35h pour les personnels soignants, occultant le fait que ces agents effectuent déjà des millions d’heures supplémentaires qui pour l’essentiel ne sont ni payées ni récupérées. Il promeut en matière salariale une politique populiste de partage de la misère, en prenant aux mieux payés pour donner plus aux moins payés, et il est donc bien loin de répondre à la revendication largement partagée d’une augmentation générale de la valeur du point d’indice.

Le Front National va jusqu’à récupérer des revendications de nationalisation des services publics. Mais c’est pour mieux prôner la mise en place d’un « État fort ». Dans le langage de l’extrême droite, idéologiquement acquise à l’action des pleins pouvoirs à un guide, il s’agit en fait d’une perspective d’étatisation, porteuse des pires dangers pour la démocratie.

Sur la politique familiale, le FN veut favoriser le recours au congé parental prolongé, disposition visant en réalité à maintenir au foyer une fraction importante du salariat féminin et qui participe d’une vision pétainiste de la famille et de la société. Dans la même veine, le FN propose un référendum visant donner à la vie un caractère sacré dès la conception, c’est-à-dire remettre en cause le droit à l’avortement. Il prône le déremboursement de l’interruption volontaire de grossesse.

Face à ce qu’il appelle la « destruction » de la famille, qu’il attribue à « la politique antifamiliale poursuivie et qui voudrait « substituer à la politique de démographie française, une politique de peuplement par l’immigration », il propose que les prestations de la CAF soient établies sur « des critères nationaux et familiaux » par opposition aux critères sociaux, les allocations familiales étant réservées aux familles françaises. Les prestations sociales hors famille, pour les travailleurs étrangers légaux, se traduiraient pour eux par une augmentation de 35% des cotisations sociales.

En matière de Sécurité sociale, le FN pourfend la gestion paritaire et prévoit une gestion de la Sécu directement par l’Etat. De même, il entend remettre en cause la gestion paritaire de la formation professionnelle.

Le FN se présente également comme un farouche opposant à l’Union européenne pour justifier sa vision ultra nationaliste.

Il propose ainsi de revoir la contribution française au budget européen mettant ainsi clairement la France hors des politiques structurelles européennes en matière agricole, de cohésion territoriale, de recherche par exemple. Il porte une sortie emblématique de l’euro comme solution aux difficultés monétaires et budgétaires et un retour au franc permettant, selon le FN, «d’oxygéner» notre économie. Cette analyse ignore l’interpénétration des échanges et des politiques dans la zone euro et le besoin de solidarités financières nouvelles dans l’Union européenne pour soutenir la croissance et l’emploi.

Le FN veut « une autre Europe », une Europe des « peuples de civilisation chrétienne » pour laquelle il milite avec le groupe parlementaire européen d’extrême droite.

Le FN mène une offensive d’ampleur par un discours prétendument social. Mais qu’il s’agisse de son programme économique, de sa défense de l’élitisme contre la démocratie d’une école pour tous, de sa vision de la justice qui réhabiliterait, sous réserve de référendum, la peine de mort… c’est bien un programme anti-social et liberticide que développe le FN.

Dans un contexte de crise économique et sociale, le FN marque des points et il est clair qu’il faut désormais sortir de la seule dénonciation de ce parti sur le terrain du principe et des valeurs. Ces quelques exemples démontrent l’intérêt qu’il y a à attaquer le FN sur le terrain de ses propositions, et de faire la démonstration qu’il ne répond à pas aux intérêts des salariés et visent à limiter leur pouvoir dans la société.

Son objectif est désormais transparent : il ne se limite plus à une protestation véhémente contre le laxisme de la politique gouvernementale, notamment en matière de sécurité. Il aspire à une reconnaissance de ses capacités à gérer la politique économique et sociale du pays. Rien n’est plus urgent que de susciter le débat, sur toutes les questions, y compris les plus délicates, comme les comportements racistes et xénophobes ; tisser des liens de solidarité entre les salariés ; être attentifs à chacune des préoccupations, des souffrances, des contraintes, des discriminations subies par les citoyens.

Un argumentaire de la CGT, intitulé « le Front national ou l’imposture sociale » a servi de base à la rédaction de cet article.

 

Déclaration du Front de gauche sur le premier tour des élections cantonales

front.jpgAu soir de ce premier tour des élections cantonales, la droite persiste à nier la sanction de sa politique issue des urnes. Le rejet de la politique du gouvernement est massif dans le pays et celui qui est passé en force contre une très large majorité de nos concitoyens pour rallonger l'âge de la retraite est sanctionné.

L'ensemble des forces de gauche progresse significativement par rapport au scrutin de 2004. Le Front de Gauche connait une nette poussée.

Le très haut niveau d'abstention est inquiétant. Il exprime le gouffre qui sépare désormais les français des institutions qui les représentent. Tous les stratagèmes auront été utilisés par le gouvernement pour arriver à ce résultat destiné à relativiser l'ampleur de son écroulement. La profonde crise de la démocratie dans notre pays éclate aux yeux de tous. Le Front de gauche se sent conforté dans son appel a une refondation de notre république ! La progression du FN est lourde de danger. La crise capitaliste n'en est que plus menaçante. Le Front de gauche se porte en première ligne pour combattre les idées xénophobes et réactionnaires portées par le Front national et honteusement banalisées par la majorité présidentielle. Surtout, le Front de gauche proposera une alternative politique cohérente aux Françaises et aux Français qui veulent rompre avec le système actuel.

Alors qu'il se présentait pour la troisième fois devant les électeurs depuis sa constitution, le Front de gauche poursuit son avancée. Les premiers résultats nous indiquent que notre rassemblement obtient un score très largement supérieur à son résultat obtenu aux Régionales de 2010. Mieux nous avons atteint notre objectif d'un score approchant deux chiffres ! Dans de nombreux cantons, nous réalisons une percée très importante avec beaucoup de candidats qui accèdent au second tour. Le Front de gauche peut être confirmé dimanche prochain comme la deuxième force à gauche en nombre d'élus. Nous appelons ce soir toutes les forces de gauche, sans exclusive, à se rassembler derrière les candidats de gauche arrivés en tête au premier tour pour battre la droite et l'extrême droite.

 

Sans vous, rien ne se fera !

arton5156-3a1f3.jpgTout casser ?

Nicolas Sarkozy, en présentant ses voeux aux Français, a pris le temps d’enjoliver son bilan. Il a embelli la manière dont la France et l’Europe ont traversé la crise pour ensuite, surtout, annoncer la poursuite et le durcissement de sa politique régressive dans tous les domaines.
Sous-entendant que les Français avaient accepté la réforme des retraites alors qu’en réalité ils continuent à la combattre et à la refuser, le Président s’est permis d’ajouter que « dans les moments de crise la difficulté ne compte pas ». Mais pour qui ? Le chef de l’Etat a omis de préciser que pour les salariés et leur famille, victimes au quotidien de sa politique autoritaire, effectivement, la difficulté ne compte jamais !
Serge Dassault, patron du Figaro, tête chercheuse de la droite, lui emboite le pas en présentant ses propres voeux dans « son journal ». Une occasion de développer, selon lui, des idées « raisonnables ».
Première proposition :Mr Dassault propose de « robotiser au maximum » et de « revenir au 39h hebdomadaires », cela augmenterait « la compétitivité des entreprises en abaissant le coût du travail ».
Autre proposition : « La généralisation des grèves contre la réforme indispensable des retraites (…) a montré la nécessité de réglementer le droit de grève ».
Dernière proposition concernant l'éducation, « séparer les bons élèves et les moins bons », faire en sorte que ces derniers renoncent au BAC, « la propagande pour ce diplôme a été une erreur profonde ».
Décidément, l'UMP veut tout casser. Il faut une gauche qui, dès maintenant, résiste et propose une alternative pour une autre logique.

Ce que la gauche devra faire ? L’exemple des 35 heures

Manuel Valls veut « déverrouiller » les 35 heures. Selon lui, on ne peut « aller devant les Français avec les même idées qu'en 1997 ». Le député de l'Essonne propose pour cela de piocher dans le stock fourni par la droite. Belle leçon de modernisme!
Ce propos du candidat aux primaires du Parti socialiste augure bien mal de ce que peut être cette année pré-présidentielle où la mise en scène des stratégies personnelles risquent d'occulter la nécessaire construction d'un projet de gauche répondant aux attentes des Français.
Il y a assez de monde à droite pour défendre les désidérata patronaux. Certains feraient mieux de se taire plutôt que de continuer à marquer des buts contre le camp de la gauche, le camp de ceux qui travaillent et subissent l'exploitation capitaliste.
Il n'aura pas fallu moins de 48 h pour que l'UMP s'engouffre dans la brèche. Alors que Manuel Valls propose de « déverrouiller » les 35h, Hervé Novelli le secrétaire général-adjoint de l'UMP propose purement et simplement d'en finir avec le principe d'une durée légale.
Xavier Bertrand le Ministre du travail veut, lui, « baisser le coût du travail », c'est à dire « baisser les salaires ».
Bref, toujours plus d'exploitation pour les travailleurs et toujours plus de profits pour les employeurs.
En ouvrant cette boite de Pandore, le député de l'Essonne a joué un vilain tour à la gauche et au mouvement social en s'attaquant à des conquêtes que le monde du travail a mis plus d'un siècle à arracher. Alors que le processus des primaires socialistes n'est pas entamé, certains se plaisent déjà à jouer les idiots utiles du sarkozysme. Cette situation est extrêmement préoccupante pour la gauche dans son ensemble.
Ce triste épisode doit servir de leçon. Mais que l'UMP ne se réjouisse pas trop vite! On peut compter sur le PCF et le Front de Gauche pour que la gauche ne lâche pas sa boussole, qui est aussi sa raison d'être, celle du progrès social.

Sans vous, rien ne se fera

Il faut résister, dès maintenant mettre ce pouvoir en échec et préparer la défaite de Sarkozy en 2012. Mais pas pour recommencer avec les logiques libérales, qu'elles viennent du FMI, de la commission européenne ou du MEDEF. Elles ont conduit chaque fois la gauche dans le mur.
Comment faire ? Si vous ne voulez pas une nouvelle fois être déçus, à chacun de faire entendre son idée de ce que la gauche devra faire.
C'est le sens de l'initiative prise par le Parti communiste avec le Front de Gauche : lancer un grand débat dans tout le pays pour énoncer ensemble les grandes réformes dont la France a besoin, construire un programme populaire et partagé que les candidats porteront dans les élections de 2012.
Nous voulons élaborer ensemble les grandes priorités, les réformes incontournables qu’une nouvelle majorité politique de gauche devrait impérativement mettre en oeuvre.
Un pacte entre toutes celles et ceux qui font le serment que la gauche ne trahira pas l’espoir de changement qu’elle porte face à Sarkozy et à l’UMP.
Pour y contribuer, les forces du Front de Gauche organisent de nombreuses rencontres locales et nationales partout en France avec des responsables associatifs, des syndicalistes, des rencontres ouvertes à toutes et à tous.
Le PCF, engagé dans cette démarche, met à votre disposition un « cahier citoyen » comme première étape de ce débat et sollicite votre avis personnel sur ce que devra faire la gauche pour réussir le changement

PCF

 

Suppressions de postes dans les écoles : une coupe claire historique

La répartition des moyens budgétaires entre les académies pour la prochaine rentrée scolaire a été dévoilée le 16 décembre.
Le verdict confirme la politique aveugle et sans ambition éducative du gouvernement du non remplacement d’un enseignant sur deux partant à la retraite.
Fait sans précédent dans les écoles, que leur nombre d’élèves baisse ou augmente, toutes les académies rendent des postes ! Au total, ce sont 3 367 emplois qui devraient être supprimés alors que près de 4 000 élèves supplémentaires sont attendus en septembre 2011(1).
Pour la première fois depuis plus de 20 ans (2), cette coupe claire historique se traduirait par une baisse du nombre d’enseignants devant les élèves. Dans les départements, seule la règle à soustraction fonctionnera. Les postes servant à scolariser les moins de trois ans, ceux affectés aux RASED, au remplacement, à l’enseignement des langues vivantes, aux maîtres- formateurs et conseillers pédagogiques vont être sévèrement rabotés. De nombreux postes-classe devraient être supprimés : le nombre d’élèves par classe augmentera, mécaniquement. Le dispositif d’accompagnement des nouveaux enseignants disparaîtra.
Le SNUipp dénonce vivement l’asphyxie dont est victime l’école. Ses conséquences seront d’autant plus vives en ZEP, là où les élèves ont le plus besoin d’école pour lutter contre les inégalités scolaires que PISA a relevées de manière alarmante. Les élèves en difficulté, trop souvent issus des milieux défavorisés, n’ont pas à payer la facture de cette politique éducative absurde. Le SNUipp considère au contraire que ce devrait être la priorité de notre pays. Pour cela, l’engagement professionnel des enseignants doit être reconnu et soutenu. Le SNUipp appelle les enseignants des écoles à se mobiliser massivement pour s’opposer aux fermetures de classes et pour obtenir un budget qui permette à l’école de s’attaquer aux difficultés scolaires. Il invite ses sections départementales à prendre tous les contacts pour donner une ampleur massive à la journée de mobilisation pour l’Ecole du 22 janvier prochain à l’initiative du Collectif « l’Education est notre avenir ». Dans un tel contexte, le SNUipp proposera d’autres actions nationales pour porter haut et fort l’ambition de réussite de tous les élèves.

Communiqué du SNUipp ; Paris, le 17 décembre 2010

 

Le mouvement social est légitime et conforté

Déclaration commune des organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA

Après plusieurs semaines de mobilisation et malgré les moyens déployés par le gouvernement pour tenter d’accréditer l’idée que « la page retraite » est tournée, ce sont 1,2 million de salariés qui ont manifesté le 6 novembre dans 243 villes contre cette réforme des retraites injuste et inefficace. Si chacun a conscience que la loi sur les retraites est susceptible d’être promulguée dans les prochains jours, (chose faite le 10 novembre, ndlr) l’heure n’est pas à la résignation. Les organisations syndicales continueront d’agir pour la réduction des inégalités, une véritable reconnaissance de la pénibilité et d’autres alternatives pour le financement du système de retraites par répartition. Elles réaffirment leur attachement au maintien de l’âge légal de départ en retraite à 60 ans et de l’âge du taux plein à 65 ans.
Elles constatent que la situation économique et sociale reste très dégradée et toujours préoccupante pour les salariés, les retraités, les chômeurs et les jeunes qui subissent toujours durement les conséquences d’une crise qui dure.
Les organisations syndicales considèrent que la mobilisation d’un niveau exceptionnel depuis plusieurs mois a mis en lumière l’insatisfaction criante des salariés et leurs revendications en matière d’emploi, de salaires, de conditions de travail, d’inégalité entre les femmes et les hommes, de fiscalité et de partage des richesses. Elles décident d’approfondir leurs analyses et propositions sur ces questions afin d’interpeller le gouvernement et le patronat.
Les organisations syndicales décident de poursuivre la mobilisation dans l’unité en faisant du 23 novembre une journée nationale interprofessionnelle de mobilisation par des actions multiformes. Ces actions doivent répondre aux préoccupations des salariés et permettre la participation du plus grand nombre. Elles demandent aux organisations territoriales et professionnelles d’en préciser les modalités (rassemblements, manifestations, meetings, arrêts de travail…).
Des initiatives dans les territoires et les entreprises sont déjà prévues. Les organisations syndicales veilleront à assurer leurs réussites.
Les organisations syndicales s’engagent dès à présent à participer activement à la journée d’action Européenne du 15 décembre pour s’opposer aux plans d’austérité qui se multiplient en Europe.
Les organisations se reverront le 29 novembre 2010.

 

Promulguer n’est pas gagner !

_700_.jpgLe texte, qui repousse de 60 à 62 ans l’âge légal de départ, est publié le 10 novembre au Journal Officiel.
Le président de la République vient de promulguer sa loi portant réforme des retraites, quelques heures seulement après avoir obtenu le feu vert du Conseil constitutionnel.
La précipitation avec laquelle Nicolas Sarkozy a agi n’est pas une preuve de force, loin de là.
La promulgation n’en change pas la nature : cette réforme reste particulièrement injuste et inefficace. Supportée à 85% par les salariés, elles obligera nos concitoyennes et concitoyens et particulièrement les femmes, à travailler jusqu’à 67 ans pour percevoir une retraite dont le financement n’est nullement assuré puisque, déjà, un prochain rendez vous est annoncé pour 2013.
Promulguer n’est pas gagner. Avec sa majorité, le Président de la République est passé en force mais il a perdu la bataille de l’opinion publique. Les français restent majoritairement opposés à cette réforme dont les seuls gagnants sont les plus fortunés et les marchés. La mise à contribution des revenus financiers et des "petits protégés" du MEDEF peut garantir le droit à la retraite pour toutes et tous dès 60 ans à taux plein. Les trépignements du président de la République n’y changeront rien.

Roland Muzeau, porte parole des député(e)s communistes, républicains, citoyens

 

L’UMP nuit gravement aux services publics

Nicolas Sarkozy est à l’origine du plus grand plan de licenciements en France. En 2009, 30 000 emplois ont été rayés de la carte. Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite supprimera 36 000 emplois publics en 2010. L’Éducation nationale figure en tête du tableau de chasse à l’emploi avec 16 000 postes en moins. Les répercussions se font déjà cruellement sentir dans les écoles : effectifs chargés, classes à double niveau, disparition des personnels spécialisés dans l’aide aux élèves en difficultés. A cela s’ajoute à présent la suppression des postes d’AVS et d ‘EVS : auxiliaires de vie scolaire (aide à la scolarisation des enfants handicapés) et emplois de vie scolaire (aide administrative aux directeurs). D’ici décembre 2010, 400 de ces emplois auront disparu dans le Val d’Oise. Outre la perte d’emploi, souvent dramatique pour les personnes concernées, ce sont autant d’écoles qui seront privées de moyens pour assurer des missions essentielles. A Saint Gratien, la plupart des écoles vont perdre tout personnel administratif. Des enfants handicapés, qui bénéficiaient jusqu’ici d’un AVS, seront déscolarisés, scolarisés à temps partiel ou dans des conditions extrêmement difficiles pour eux et leurs enseignants. Le service public de l’Éducation, pourtant essentiel, est gravement mis à mal.
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Le 6 novembre, on continue !

L'intersyndicale à huit se réunit aujourd’hui jeudi en fin d'après-midi au siège parisien de la CFE-CGC, avant la nouvelle journée de manifestations prévue samedi 6 novembre contre la réforme des retraites.
La CGT va proposer l'organisation d'une nouvelle journée de mobilisation nationale interprofessionnelle en novembre, ont indiqué deux de ses secrétaires confédéraux.
"Nous allons proposer en débat à l'intersyndicale l'organisation d'un temps fort de mobilisation nationale dans le courant du mois de novembre, a déclaré Eric Aubin, chargé du dossier "Retraites" à la confédération.
Il a cependant précisé que "ce ne serait pas la première fois qu'il ne ressortirait pas forcément de l'intersyndicale ce que nous proposions au départ car il y a des débats sur les formes d'action et le rythme".
Nadine Prigent a confirmé que la CGT "ira à l'intersyndicale avec la proposition d'une nouvelle mobilisation interprofessionnelle" et "en discutera avec les autres" car elle "estime que la situation n'a pas beaucoup changé depuis que nous avons décidé des mobilisations du 28 octobre et du 6 novembre".
Pour la date d'une éventuelle nouvelle journée d'action, "on ne va pas tenir compte de la promulgation de la loi car on ne sait pas à quelle date elle aura lieu", a-t-elle ajouté.
L’opinion publique reste largement favorable au mouvement, et le fait que la loi soit votée n’y change rien. Texte peut-être légal mais toujours illégitime. La mobilisation n’a guère connu de répit durant les derniers jours avec notamment les manifestations du 28 octobre qui ont encore rassemblé 2 millions de personnes, en pleine période de congés scolaires. La nouvelle journée d’action du samedi 6 novembre permettra de continuer à affirmer que le dossier des retraites doit être repris à zéro avec les syndicats, sur d’autres bases que celle du recul de l’âge légal du droit à la retraite. Une autre réforme des retraites est possible, qui garantisse pour toutes et tous, un véritable droit à la retraite à 60 ans. Il est possible de garantir et développer le système de retraite par répartition, système qui a fait la preuve de son efficacité depuis plus de 60 ans.
Disons-le, très fort, le samedi 6 novembre lors de la manifestation parisienne. Le rendez-vous est fixé à 14h30 place de la République.
Et même si le sujet est moyennement drôle, certains le traitent avec beaucoup d'humour.... voir la vidéo _621_.JPG

 

Sous la réforme, la finance

Texte invité
Les récentes informations sur l'activité de Guillaume Sarkozy, frère de, dans l'assurance retraite privée, sont décidément précieuses. Elles expliquent l'objectif de la réforme : ouvrir le marché des retraites à la finance. Les mesures d'âge (62 et 67 ans) ratatineraient en effet la part des retraites liquidées à taux plein. Ce serait un argument massue pour pousser à mettre son argent dans une complémentaire privée. Elles éclairent aussi l'attitude bloquée du pouvoir.
En refusant de revoir sa réforme, Sarkozy n'oppose pas seulement sa légitimité à celle de la « rue » (en réalité l'opinion majoritaire des Français). C'est oublier qu'entre ses représentants et le peuple, seuls légitimes en démocratie, se sont glissé quelques intrus. Notamment les « marchés financiers ». C'est à eux que Sarkozy rend des comptes ! Tout en faisant mine de vouloir remettre la finance à sa place, le gouvernement n'a pas hésité à justifier sa réforme par la nécessité de mériter le « triple A » des agences de notation. Verra-t-on bientôt Sarkozy, comme Zapatero le mois dernier, rencontrer les financiers de Wall Street pour un compte-rendu de mandat et leur jurer « j'ai fait tout ce que vous vouliez » en matière de réformes ?
La financiarisation de l'économie, voilà l'enjeu véritable de la réforme des retraites. Et voilà notre ennemi ! C'est un ennemi mortel au plan économique et social. Ouvrir à la finance un gigantesque marché de l'épargne retraite encouragerait tout ce qui a conduit à la crise actuelle. Lisez les conseils du magazine Challenges pour préparer sa retraite : « d'abord être propriétaire, et souscrire une assurance-vie ». L'immobilier plus la finance, le cocktail dont les Etats-Unis se sont abreuvés avec le résultat que l'on sait. Aujourd'hui, leurs si modernes retraites par capitalisation sont au bord de la faillite. Le total des engagements non financés des caisses de la fonction publique des Etats atteint 3300 milliards de dollars, celui des municipalités et comtés 574 milliards, celui des 100 plus grosses entreprises privées 460 milliards ! Quant aux fonds de pension « à cotisation définie » (on sait combien on verse mais pas combien on touche), le taux de remplacement moyen des pensions versées a baissé de dix points avec la crise. Nous ne manquons donc pas d'arguments pour montrer que le bon vieux système par répartition, justement parce qu'il se passe des marchés financiers, est plus stable. Il est aussi moins cher : pour 40 ans de cotisation retraite atteignant un total de 120 000£ la banque britannique HSBC empoche une commission de 99 900£ soit 80% !
Cette financiarisation est aussi notre ennemi politique. Car le pouvoir qu'elle donne aux détenteurs du capital financier piétine la souveraineté populaire. Les marchés ont récupéré la souveraineté monétaire. Ils exigent maintenant de contrôler les politiques budgétaires. C'est à ce titre qu'on leur devrait des comptes quant au modèle social que nous voulons pour nos pays ! La finance a parachevé le caractère antidémocratique de l'Union européenne. C'est elle qui aujourd'hui renforce la nature oligarchique du pouvoir en France. Le pouvoir n'est ni dans les urnes ni dans la « rue », il est aux mains d'une petite poignée d'individus qui doivent au capital financier leur fortune et leur pouvoir. Chaque jour du mouvement sur les retraites renforce la prise de conscience populaire à ce sujet. Ce bras de fer prépare la révolution citoyenne contre les oligarques aussi efficacement que mille cahiers de doléances !
Parti de Gauche
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En 2013, on réformera les retraites

Les calculs des déficits jusqu’en ..2050 ou les prévisions sur 20 ou 30 ans ont pu laisser croire à certains naïfs que la « réforme » des retraites sauvegarderait notre système pour une longue période. Hélas ! On entraperçoit aujourd’hui, que bien loin de sauver la retraite par répartition, le projet du gouvernement prévoit, à courte échéance, d’instaurer le système par capitalisation. Les sénateurs viennent d’adopter un amendement prévoyant d’organiser une réflexion nationale sur une réforme « systémique » du régime des retraites à compter du premier semestre 2013. La création d’un « régime de retraite universel par points ou en comptes notionnels » sur le modèle suédois, par exemple. Pour les salariés, plus aucune garantie sur le niveau de leur pension, ni sur l’âge de départ. Mais une aubaine pour les assurances, les banques, les fonds de pension, qui verraient s’ouvrir un nouveau marché, ô combien juteux. Quelques-uns s’en frottent déjà les mains, dont Sarkozy (Guillaume, frère de l’autre) qui possède l’organisme de retraite complémentaire Médéric-Malakoff. Avec ses confrères de « l’association française professionnelle de l’épargne-retraite », il réclame le développement de systèmes obligatoires de capitalisation. Selon le site Médiapart, le frère du président vise le pactole du marché de la retraite complémentaire privée et prépare pour cela une alliance avec des acteurs semi-publics. Selon Médiapart, la réforme "va conduire à l'asphyxie financière des grands régimes par répartition" et sera donc "propice à l'éclosion de ces grands fonds de pension qui n'étaient pas encore parvenus à s'acclimater en France, à quelques rares exceptions près". Parmi les opérateurs privés d'ores et déjà sur les rangs, figure le groupe Malakoff Médéric. Le site ajoute : "Guillaume Sarkozy a engagé son entreprise dans une politique visant à en faire un acteur majeur de la retraite complémentaire privée. Et il a trouvé des alliés autrement plus puissants que lui, en l'occurrence la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le bras armé financier de l'Etat, et sa filiale la Caisse nationale de prévoyance (CNP). Ensemble, tous ces partenaires vont créer, le 1er janvier prochain, une société commune qui rêve de rafler une bonne part du marché qui se profile.’’ "Cette société n'aurait jamais vu le jour sans l'appui de l'Elysée", écrit Médiapart. En effet, la Caisse des dépôts et consignations est une institution publique présidée par un parlementaire. En outre, la Caisse des dépôts gère le Fonds de réserve des retraites. "Pourquoi la CDC se lance-t-elle dans pareille aventure pour faire le jeu du système adverse, celui par capitalisation?", demande Médiapart. "Et pourquoi, de surcroît, le faire avec une entreprise dont le patron est le frère du chef de l'Etat?"
L'enjeu n'est pas mince. Le marché pourrait représenter "40 à 100 milliards d'euros" : en fonction de l'aspect final de la réforme, les Français connaîtront une baisse plus ou moins considérable du taux de remplacement, c'est-à-dire du montant de la pension rapporté au salaire, et donc se précipiteront sur les systèmes de retraite complémentaire.
Quant à l’expérience des réformes des retraites en Suède, qui repose sur la retraite par capitalisation, mais aussi sur un principe de comptes notionnels, on constate que ce système est aujourd’hui source d’inquiétude pour la plupart des Suédois qui voient fondre une partie de leur retraite placée d ‘office en bourse. Plus on retarde l’âge de départ, plus la retraite augmente puisqu’on a moins longtemps à vivre. On touchera plus si la croissance est bonne , et inversement. En 2009, les projections indiquent une baisse des retraites de 4% et l’impact sera surtout sensible en 2010. (in « La protection sociale en danger », de C. Mills)
En 2010, la droite fait payer 85% de la pseudo-réforme des retraites aux seuls salariés. En 2013, elle prévoit de finir le sale boulot : achever la retraite par répartition pour permettre aux actionnaires de profiter d’un énorme nouveau marché.
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Pour une autre réforme des retraites

De nouveau réunies le 21 octobre, nos organisations respectives du Val d’Oise ont décidé de poursuivre, en les multipliant, les initiatives dans le département.
Elles appellent les salarié(e)s avec ou sans emplois, les retraité(e)s ainsi que les lycéen(ne)s et les étudiant(e)s du département à exprimer plus fortement leur opposition au projet porté par le gouvernement|tag:gouvernement] ainsi que leur volonté de stopper le processus législatif pour que s’ouvrent de réelles négociations prenant en compte les propositions alternatives en terme de droits et de financement.
Tous les sondages confirment l’appui large de la population aux mobilisations impulsées dans l’unité par les organisations syndicales et le rejet de l’autisme et du mépris gouvernemental face à cette exigence démocratique de débat public et de concertation pour une réforme importante comme celle des retraites. L’ampleur des mobilisations en France et dans le département illustre qu’au-delà de la réforme des retraites, l’emploi, les salaires, les conditions de travail mais aussi l’avenir des jeunes sont restés sans réponses efficaces notamment depuis l’aggravation des situations liée à la crise financière de 2008.
Nos organisations condamnent avec fermeté l’intervention des forces de l’ordre à la raffinerie de Grandpuit, l’utilisation abusive des réquisitions et plus généralement la dérive gouvernementale vers une politique de répression et de violences policières.
Responsables et lucides, elles sont déterminées à ne pas laisser dévoyer les revendications au coeur de la mobilisation actuelle.
Elles ont décidé de permettre à un maximum de salarié(e)s, de lycéen(ne)s et d’étudiant(e)s d’exprimer leurs exigences sociales et démocratiques le 28 octobre, journée nationale interprofessionnelle et unitaire de grèves et de manifestations, en participant à un rassemblement devant le MEDEF 95 qui se prolongera par une manifestation jusque la gare de Cergy pour un départ collectif à la manifestation régionale de l’après midi.
Cergy le 25 octobre 2010

Manifestation départementale
Jeudi 28 octobre
10 h devant le siège du Medef
7 avenue de la Palette à Cergy
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Pas de vacances pour le Front de Gauche !

                               Rassemblement des élus du Front de Gauche et des Verts à l’Elysée

Suite à l’appel lancé par le Front de Gauche et l’association nationale des élus communistes et républicains, des délégations d’élus se sont rassemblées aujourd’hui mardi 26 octobre devant les préfectures. Les élus entendent protester contre la passage en force de la réforme des retraites.
Avec Pierre Laurent, des élus du Front de Gauche et des Verts se sont retrouvés ce matin derrière l’Elysée afin de demander au président de la République de ne pas promulguer sa loi sur les retraites. Une délégation de six personnes composée de Marie-George Buffet, Pierre Laurent(pour le PCF) Cécile Duflot, Yves Cochet( Verts-Europe Ecologie) Martine Billard (députée du Parti de gauche) ainsi que de Christian Picquet (Gauche Unitaire) s’est rendue au palais de l’Elysée. Ils ont été reçus par le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, Christian Frémont et par la collaboratrice de Raymond Soubie, conseiller social de l’Elysée. Le gouvernement a réaffirmé sa volonté de ne pas négocier et reste sourd aux revendications du peuple. La septième journée nationale de mobilisation jeudi prochain, doit réaffirmer le désaccord du pays et de l’opinion face à cette réforme injuste et inefficace.

 

Solidarité : Le Front de Gauche récolte près de 6000 € pour les salariés grévistes

Le Front de Gauche a organisé ce week-end dans toute la France des collectes en faveur des entreprises et secteurs en grève reconductible contre la réforme des retraites.
Samedi, devant le centre Beaubourg, la solidarité s'était bel et bien donné rendez-vous. Plusieurs centaines de militants du PCF, du Parti de gauche et de Gauche Unitaire ont en effet récolté 5912 euros en seulement deux heures de temps ! Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon et Christian Picquet en ont profité pour rappeler le soutien indéfectible du Front de Gauche à la mobilisation sociale contre la réforme Woerth/Sarkozy.
Cette somme obtenue symbolise bien le soutien populaire dont bénéficient toujours les grévistes quoi qu'en dise la propagande gouvernementale. Les sommes récoltées seront notamment versées en Ile de France aux intersyndicales de la raffinerie de Grandpuits et du centre de traitement et de déchets de la porte d'Ivry.
Les collectes vont se multiplier, partout en France pour soutenir les salariés grévistes des entreprises et secteurs en grève reconductible contre la réforme des retraites. La solidarité est une arme efficace à la disposition du mouvement social pour faire plier le pouvoir sur cette réforme. Utilisons-la sans modération.
Front de Gauche
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La retraite, une affaire de jeunes ?

_608_.jpgLa réforme est faite pour les jeunes et ce n’est pas dans la rue que les lycéens doivent être actuellement, à en croire le gouvernement. Pourquoi donc tant de jeunes s’engagent-ils dans la contestation du projet de réforme des retraites ? La retraite est-elle le seul motif des jeunes d’entrer dans la mobilisation ?
Evacuons d’emblée l’accusation souvent entendue qui ferait de la gauche une grande manipulatrice de la jeunesse. Si la mobilisation sur commande était aussi facile… nous n’aurions pas un tel déficit de jeunes militants, ni un tel déclin de l’intérêt des jeunes pour la politique. L’accusation d’instrumentalisation est non seulement méprisante pour ceux qui ne sont alors considérés que comme des pantins, mais de plus, totalement irréaliste. Notons tout de même que la droite, elle aussi, cherche à impliquer les jeunes : on a vu récemment fleurir quelques affiches signées « jeunes UMP » qui claironnaient : « J’ai 20 ans et je veux une retraite ! » Même l’UMP reconnaît donc que la retraite peut être une affaire de jeunes. C’est lorsqu’ils descendent dans la rue pour contester le projet gouvernemental que le bât commence à blesser…
Exit le schématisme de la communication gouvernementale. Qu’est-ce qui pousse les jeunes à descendre dans la rue ? Comment comprendre qu’on se préoccupe de sa retraite lorsqu’on a 20 ans ?
La question de la retraite n’est vraisemblablement pas uniquement centrée sur l’âge de fin de carrière professionnelle. Premier problème, les jeunes ont parfaitement compris que si leurs parents restaient plus longtemps sur le marché du travail, ils rencontreraient eux-mêmes encore plus de difficultés à y entrer. C’est pourquoi le slogan « Les jeunes au boulot, les vieux au repos » rencontre un vif succès dans tous les défilés. La situation actuelle des jeunes est déjà particulièrement difficile et ils envisagent leur avenir professionnel avec une forte anxiété. L’âge du premier emploi stable se situe autour de 27 ans. Le taux de chômage des jeunes actifs de 15 à 24 ans atteint 23% en France, un des plus élevés des pays européens. Plus de 26% des jeunes sont en CDD, contre seulement 8% du reste de la population. 45% des pauvres sont des jeunes. Chômage, salaires de misère, problèmes de logement dus aux loyers inabordables, sont le lot de beaucoup de jeunes, même diplômés. Le risque de devoir vivre moins bien que leurs parents est désormais posé avec acuité. Ces difficultés, vécues comme des injustices, ne sont certainement pas pour rien dans l’irruption soudaine des jeunes dans les cortèges. Absents de la politique et du syndicalisme depuis plus de 30 ans, les jeunes prendront-ils, à l’occasion de ce conflit social sur les retraites , conscience qu’ils doivent participer à la vie politique du pays ? Faute de quoi, tout se fera sans eux, et souvent, contre eux. Ils sont aujourd’hui 73% à soutenir le mouvement social contre la casses des retraites et ils désapprouvent massivement l’action du chef de l’état. Avec quelles conséquences sur leur engagement politique dans les années à venir ?
Sur le même thème, parue sur ce blog le 30 août 2010, la « lettre aux jeunes » de la CGT.

 

La retraite à 60 ans n’a jamais existé !

L150xH150_jpg_cotiserpluspourtouchermoins-8be5c.jpgNous constatons aujourd’hui, après 6 mois de « débats » sur les retraites, que beaucoup de citoyens pensent encore que les Français ont la retraite à 60 ans et que la réforme Sarkozy veut la faire passer à 62 ans.
Or depuis longtemps des millions de Français ont droit à une retraite à taux plein (les décotes ont toujours été très dissuasives) seulement à partir de 62, 63, 64 ou 65 ans. Pour la simple et bonne raison qu’il y a toujours eu en France 2 conditions pour bénéficier d’une retraite à taux plein : une condition d’âge (âge légal ou minimal), et une condition d’annuités.
De 1945 à 1983 : âge mini 65 ans et nombre d’annuités 37,5
De 1983 à 1993 : âge mini 60 ans et nombre d’annuités 37,5
A partir de 1993 (réforme Balladur) : âge mini 60 ans et nombre d’annuités 40 (seulement pour les salariés du privé et par transition progressive de 1993 à 2003)
A partir de 2003 (réforme Fillon) : âge mini 60 ans et nombre d’annuités 40 également pour la Fonction publique (par transition progressive de 2003 à 2008) … et passage à 41 annuités pour tous (par transition progressive de 2008 à 2012)
Le taux plein étant garanti à 65 ans (Sarkozy veut le repousser à 67 ans), même pour ceux n’ayant pas les 41 annuités.
Ces « réformes » passées ont donc conduit à ce que des millions de Français aient droit à une retraite à taux plein seulement à partir de 62, 63, 64 ou 65 ans. Prenons pour être concret et précis l’exemple des salariés qui ont aujourd’hui entre 55 et 58 ans. Avant la réforme Sarkozy-Medef, à quel âge ont-il droit à une retraite à taux plein, puisqu’il faut avoir 41 annuités ? Il suffit d’ajouter 41 ans à l’âge auquel ils ont commencé à travailler.
Ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans ont leurs droits à 60 ans (seront concernés par le report à 62 ans)
Ceux qui ont commencé à travailler à 19 ans ont leurs droits à 60 ans (seront concernés par le report à 62 ans)
Ceux qui ont commencé à travailler à 20 ans ont leurs droits à 61 ans (seront concernés par le report à 62 ans) Ceux qui ont commencé à travailler à 21 ans ont leurs droits à 62 ans
Ceux qui ont commencé à travailler à 22 ans ont leurs droits à 63 ans
Ceux qui ont commencé à travailler à 23 ans ont leurs droits à 64 ans
Ceux qui ont commencé à travailler à 24 ans ont leurs droits à 65 ans
Ceux qui ont commencé à travailler à 25 ans ont leurs droits à 65 ans (66 ans après la réforme Sarkozy)
Ceux qui ont commencé à travailler à 26 ans ont leurs droits à 65 ans (67 ans après la réforme Sarkozy)
Ceux qui seront concernés par le report à 62 ans de l’âge minimal sont donc eux qui ont commencé à travailler les plus jeunes et auront cotisé le plus ( 44 annuités pour ceux qui ont travaillé à partir de 18 ans)
La sous-information que l’on constate fréquemment tient principalement à 3 facteurs :
Par raccourci, tout le monde parle de retraite à 60 ans que Sarkozy veut faire passer à 62 ans.
Sarkozy-Medef-UMP ne cessent de répéter que tous les autres pays sont déjà passés à 65 ou 67 ans, sans jamais dire :
a) quel est le nombre d’annuités requises dans ces pays (souvent très inférieur aux 41 annuités en France)
b) qu’en France tous les bacs + 3 ont droit à une retraite à taux plein au plus tôt à 62 ans (21 ans + 41 annuités) … s’ils trouvé du travail dès la fin de leurs études
c) qu’en France tous les bacs + 5 ont droit à une retraite à taux plein au plus tôt à 64 ans (23 ans + 41 annuités) … s’ils trouvé du travail dès la fin de leurs études
Enfin, la désinformation fonctionne à plein régime, par omission volontaire ou involontaire. D’où le titre de l’appel que nous avions lancé en février 2010 : « Retraites, Chômage - Arrêtons la désinformation ! »
Quelques éléments de conclusions
Avant même la réforme Sarkozy, la France figure déjà parmi les pays qui ont les conditions les plus drastiques, en matière de retraite à taux plein, c’est-à-dire sans décote dissuasive.
Des « opposants déterminés au report à 62 ans » proposent à la place d’allonger la durée de cotisation. Ils veulent donc repousser à plus de 62 ans l’âge de la retraite à taux plein des bacs+3 et à plus de 64 ans l’âge de la retraite à taux plein des bacs+5 … Surtout n’oubliez pas d’ajouter votre nombre d’années de redoublement et le nombre d’années que vous avez mis à trouver un premier emploi ! Ces « opposants déterminés au report à 62 ans » devraient, dans leurs propositions alternatives, donner des ordres de grandeur en matière de taux de remplacement (rapport entre la première pension et le dernier salaire), au moins pour les salaires bas et moyens. Sinon, des millions de salariés pourraient remplir les conditions d’âge et d’annuités pour prendre leur retraite, mais être condamnés à travailler 2, 3 ou 4 années de plus. Afin de bénéficier des surcotes, sans lesquelles leur maigre pension de retraite ne leur permettrait pas de (sur)vivre décemment.
Au lieu de proposer une augmentation des 41 annuités pour financer les retraites, certains partis ou syndicats devraient commencer par informer correctement les citoyens. Par exemple, expliquer les 2 conditions à remplir pour avoir droit à une retraite à taux plein. Car si nous avons du les rappeler ci-dessus, c’est que nous constatons tous les jours que plus d’un Français sur deux ne les connaissent pas (faites le test auprès de vos amis).
Avant de proposer de travailler plus longtemps, ce qui est aberrant quand il y a plus de 4 millions de demandeurs d’emploi, certains partis et syndicats devraient informer les Français au moins de 3 chiffres essentiels à connaître :
• le total des exonérations sociales et fiscales s’élève à 140 milliards d’euros par an (dossier complet de Libération du 28 janvier 2010 – Résumé à lire sur http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article63 ) • les gouvernements qui se sont succédés depuis 10 ans ont massivement baissé l’ensemble des impôts, notamment via les exonérations ou niches fiscales citées à l’alinéa précédent. L’Etat a ainsi renoncé à 100 milliards d’euros de recettes par an (chiffre donné récemment par Michel Sapin – député PS et ancien ministre de l’économie)
• les dividendes versés aux actionnaires sont passés de 3,2% du PIB en 1982 à 8,5% en 2007, soit une augmentation de 100 milliards d’euro par an
Mais peut-être que si trop de Français connaissaient ces 3 chiffres, trop de Français comprendraient qu’il y a nul besoin d’augmenter encore les 41 annuités ?
Toute diffusion ou publication sur vos blogs est autorisée et même encouragée.

André Martin, co-animateur du site http://www.retraites-enjeux-debats.org/
Voir le site

 

Saint Gratien : les élus communistes vous informent

La lettre des élus communistes datée de novembre 2010 est diffusée en ce moment à Saint Gratien.
Retrouvez dans ce numéro 14 de « La lettre » :
• une information sur la discrimination dont sont victimes les enfants d’un foyer d’hébergement, à qui la mairie refuse l’accès à la cantine et à l’étude.
• l’opinion des français sur le mouvement social contre la réforme des retraites
• quelques exemples de la dérive autoritaire de la majorité municipale à Saint Gratien
• des échos des comités de quartier de notre ville.

En annexe, le texte complet de ce bulletin.

 

Le Théâtre du Soleil puise dans Shakespeare et Hugo pour défendre les retraites

PARIS — Le Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine est une nouvelle fois descendu dans la rue mardi 19 octobre à Paris avec sa marionnette géante drapée de blanc, puisant dans les oeuvres d'Eschyle, Romain Rolland ou Shakespeare pour défendre les retraites, a constaté un journaliste de l'AFP.
Comme lors des précédentes grandes manifestations, l'immense silhouette blanche symbolisant la justice a parcouru les rues de la capitale.
Ordre, désordre, justice : le Théâtre du Soleil s'inspire des grands auteurs pour proclamer sur des banderoles son opposition à la réforme "avec tous les autres citoyens indignés par l'injustice" du projet gouvernemental.
- William Shakespeare -
"A présent des révoltes incessantes lui reprochent ses parjures.
Ceux qu'il commande n'agissent que sur commande. Rien par amour.
Maintenant il sent son titre qui pend, flasque, sur lui
Comme la robe d'un géant sur un faussaire nain".
- Romain Rolland -
"Quand l'Ordre est Injustice, le Désordre est déjà un commencement de Justice".
- Benjamin Constant -
"Que l'autorité se borne à être juste, nous nous chargerons d'être heureux".
- Victor Hugo -
"Triste spectacle public
On ne songe plus qu'à soi
Les dignités, les places, l'argent
On prend tout, on veut tout, on pille tout
On ne vit plus que par l'ambition et la cupidité".
- Blaise Pascal: "la force sans la justice est tyrannique"
(AFP)
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Manifestations du 19, toujours aussi fortes !

_602_.jpgPlus de 3,5 millions de personnes ont encore manifesté mardi 19 octobre contre le projet de réforme des retraites. La mobilisation ne faiblit pas, le gouvernement s’agite devant les divers blocages. L’intersyndicale se réunit jeudi prochain.
Les manifestations du mardi 19 octobre ont réuni toujours autant de monde ! Les syndicats annoncent plus de 3,5 millions de manifestants alors que le gouvernement, qui poursuit sa ridicule logique de minoration, est quand même obligé de déclarer qu’il y avait, pour lui, plus d’un million de manifestants dans la rue.
Le vote du projet de loi sur les retraites, qui avait été annoncé pour mercredi, sera sans doute et finalement reporté à jeudi soir, voire au week-end prochain. Le président de la République et le premier ministre multiplient les déclarations autoritaires et jouent les vierges effarouchées sur les blocages qui seraient anti-démocratiques. Alors que la représentation nationale est appelée à ne pas toucher une seule virgule au texte, que le Sénat est appelé à voter les articles dans la même formulation que celle de l’Assemblée pour qu’ils soient automatiquement adoptés, ce sont la mauvaise foi et le mépris qui s’allient à la tromperie dans les déclarations gouvernementales.
La pression sur les sénateurs se fait plus forte. 71% des Français sont dorénavant solidaires du mouvement de protestation contre le projet de réforme. Les sénateurs peuvent-ils passer outre et revenir la conscience en paix dans leurs départements ?
La jeunesse s’est fortement mobilisée cette semaine. Responsable, elle a souhaité, au travers de ses organisations, l’UNL et la FIDL pour les lycéens, l’UNEF pour les étudiants, signer un texte avec les organisations de salariés sur l’exigence « d’un droit à la retraite et à l’avenir ». L’inquiétude d’une génération sans perspective d’avenir, les difficultés d’emploi des jeunes comme les incertitudes concernant l’accès à l’autonomie et au logement, le droit à la formation, les poussent à envisager sans enthousiasme des carrières toujours plus longues, pour des retraites au montant toujours plus faible.
Quelles suites pour le mouvement ? Les syndicats se réunissent jeudi, manifestations et assemblées générales accompagneront les mobilisations déjà prévues : tractages, blocages, grèves reconduites ici ou là.
SNUipp-FSU

Retrouvez ci-dessous le communiqué du SNUipp
19 octobre : les enseignants des écoles toujours déterminés
Pour la quatrième journée de grève depuis la rentrée, ce sont encore 31% des enseignants des écoles qui sont mobilisés ce mardi 19 octobre.
Huit enseignants sur 10 auront marqué leur refus d’une réforme injuste au cours des mois de septembre et octobre, en participant au moins à une des journées de grève. Ils savent que l’allongement de la durée de cotisation se traduira par des carrières plus longues, gage de moins d’énergie et de disponibilité offertes aux élèves, alors que, dans le même temps, la baisse des recrutements laisse nombre d’étudiants se destinant au métier d’enseignants sur le carreau. Ils mesurent également la baisse considérable du niveau des pensions à venir si le gouvernement s’entête à maintenir sa réforme. C’est enfin la dégradation des conditions d’apprentissage des élèves et d’exercice du métier, appelée à s’aggraver avec force si le projet de budget 2011 était adopté, qu’ils entendent dénoncer par cet engagement inédit. C’est pourquoi les enseignants des écoles resteront mobilisés pour la défense des retraites, des salaires et de l’emploi, mais aussi pour l’école.
Paris, le 19 octobre 2010

 

Le 19 octobre, encore plus fort !

_601_.jpg71%, c’est désormais le nombre de Français qui soutiennent le mouvement contre la réforme des retraites.
Lundi 18 a vu la diversification des actions et la montée en puissance de nombreux secteurs : raffineries, transports, routiers, cheminots, ouvriers de la chimie... Les annonces du gouvernement sur la non pénurie d’essence sont démenties par l’augmentation du nombre de stations service fermées et la réunion de crise à l’Elysée. La volonté du gouvernement d’« en finir au plus vite », se traduit par la précipitation pour le vote au Sénat (normalement prévu mercredi), les déblocages musclés de certains dépôts pétroliers, la répression violente des manifestations lycéennes.
Mardi 19, nouvelle journée de contestation nationale contre le projet de réforme des retraites lancé par le gouvernement. Quelle sera la réponse au durcissement du ton du gouvernement et à la fin de non-recevoir de François Fillon ? Les routiers avec les opérations-escargot, les cheminots qui restent très mobilisés, les employés des transports urbains, les travailleurs sociaux, les fonctionnaires territoriaux... les implications dans les actions se déplacent d’un secteur à l’autre et prennent de la force. Ainsi pour cette quatrième journée de grève, encore 30% des enseignants du premier degré sont engagés, en dépit des difficultés (service minimum d’accueil, coût financier...). De fait depuis le début de ce conflit, on évalue à 80% la part des professeurs des écoles, des instituteurs et institutrices qui se sont mis en grève à un moment ou à un autre.
L’entrée remarquée des jeunes dans les mobilisations inquiète le gouvernement qui s’est empressé de crier à la manipulation. Les jeunes ont su répondre calmement et sereinement à ce déni de citoyenneté. En même temps dans une volonté d’établir une communication entre les salariés et les étudiants et lycéens et d’échanger sur le fond du sujet des retraites, une réunion exceptionnelle a eu lieu lundi soir entre l’intersyndicale nationale et les organisations lycéennes (UNL) et étudiantes (UNEF). Tous se sont exprimés en commun sur le sens et l’ampleur des mobilisations actuelles contre le projet de loi de réforme des retraites, et ce, dans le respect de l’indépendance de chacun. Le principe d’un communiqué commun a également été acté dans lequel les jeunes exigent un droit à un avenir et à la retraite.
SNUipp/FSU

 

Encore trois millions

La CGT a estimé à "près de trois millions" le nombre de manifestants contre la réforme des retraites samedi, un nombre identique à celui du samedi 2 octobre. La mobilisation s'est maintenue samedi à un niveau élevé dans la rue, permettant à l'opposition et aux syndicats de renouveler leurs appels à une marche arrière du gouvernement sur son projet de loi.
Le ministère de l'Intérieur a estimé, lui, le mouvement en légère baisse sur le plan national.
"Il faut que le gouvernement ait la responsabilité au dernier moment de suspendre le débat parlementaire et de nous permettre d'ouvrir le dialogue", a déclaré François Chérèque, le numéro un de la CFDT, en tête du cortège parisien. "Il est temps que ce gouvernement qui radicalise, qui bloque le pays, qui est devenu sourd, ouvre le dialogue avec les organisations syndicales qui le souhaitent."
"Cela montre la détermination qui se confirme de ce mouvement d'ampleur inégalée depuis de nombreuses années", a déclaré le leader de la CGT, Bernard Thibault.
Dans une lettre ouverte à Sarkozy, le secrétaire national du PCF Pierre Laurent a demandé samedi à Nicolas Sarkozy de retirer le projet de loi sur les retraites. Pour lui, "la mobilisation de ce samedi vient de montrer à nouveau l'exceptionnelle détermination du peuple français à faire échec au projet (...) vous ne vous en sortirez pas en continuant de marteler une position désormais intenable alors que 6 Français-e-s sur 10 pensent qu'une autre réforme des retraites est possible".
Dénonçant les "coups de forces répétés au Parlement", les "mesures répressives contre la jeunesse, il ajoute que "ne pas rouvrir la discussion avec les organisations syndicales sur des bases totalement nouvelles, c'est bafouer la démocratie" et que Nicolas Sarkozy est "aujourd'hui le président d'une minorité" dont il "s'acharne à servir les intérêts privés".
"Le gouvernement doit comprendre que c'est la France qui manifeste, la diversité de la France, les salariés du public et du privé, la solidarité intergénérationnelle", a déclaré le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë. "Il ne faut pas que le président de la République fasse de ça un caprice d'orgueil, il faut qu'il comprenne qu'il est le président de la France, que c'est la France qui lui parle".
Depuis la précédente journée nationale de contestation, mardi 12, les appels à la grève reconductible, dans les secteurs de l'énergie, des transports et de l'éducation, se sont multipliés. Les transporteurs routiers ont annoncé leur intention de rejoindre le mouvement. Les salariés des 12 raffineries françaises étaient en grève samedi. La plupart de ces raffineries sont en cours d'arrêt, une procédure qui prend techniquement plusieurs jours. Quant aux stations-service, elles sont de plus en plus nombreuses à connaître des problèmes d'approvisionnement.
Christine Lagarde a défendu la réforme des retraites, qu'elle a qualifiée de "fondamentale" et "déterminante sur le plan économique d'abord".
"Nous avons besoin de remettre du travail dans l'économie (...) et puis nous avons besoin d'équilibrer un régime", a-t-elle dit avant de qualifier l'allongement de la durée du travail de "décision simplement responsable". Les trois millions "d'irresponsables" dans les rues samedi apprécieront.
Infos Humanité.fr
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Petite arithmétique des retraites … cherchez l’erreur !

Le Président de la République, les membres du gouvernement, les parlementaires UMP et pas mal d’éditorialistes ne cessent de nous expliquer que, pour des raisons démographiques, il ne sera bientôt plus possible de financer les retraites par répartition. De l’autre côté : des ingénieurs, des syndicalistes, des artisans, des agriculteurs, des commerçants, des ouvriers, des économistes, des étudiants, des lycéens ont fait un calcul simple faisant apparaître qu’il ne serait pas très difficile de financer les retraites par répartition, même dans 40 ans.
Ils sont partis des données incontestables suivantes :
• au cours des 40 dernières années, avec une croissance annuelle moyenne de 2%, le PIB est passé de 1000 à 2000 milliards d’euros
• au cours des 40 ans prochaines années, le nombre de personnes de plus de 60 ans va en gros doubler. En 2010, pour 10 personnes « entre 20 et 60 ans » il y a 4 personnes de « plus de 60 ans ». En 2050, pour 10 personnes « entre 20 et 60 ans » il y aura 8 personnes de « plus de 60 ans »
• dans l’hypothèse basse où, sur les 40 prochaines années, la croissance serait seulement de 1% en moyenne annuelle (le gouvernement promet 2% et plus, afin de faire reculer le chômage), le PIB passera de 2000 milliards en 2010 à 3000 milliards en 2050
• la part des salaires, y compris les retraites, représente aujourd’hui en gros 60% du PIB.
Plaçons nous dans l’hypothèse où l’on ne toucherait pas à la part des profits. C’est donc 60% du PIB que doivent se partager les « actifs » et les retraités. Donc 1 200 milliards en 2010 et 1 800 milliards en 2050. En signalant au passage, comme le fait remarquer pertinemment Bernard Friot, qu’un retraité qui cultive son potager produit plus de richesses que le consultant en communication d’un Président de la République.
Convenons que les 1 200 milliards sont représentés par un gâteau de 1 200 grammes et les 1 800 milliards par un gâteau de 1 800 grammes. Le problème d’arithmétique est donc le suivant :
« En 2010, dix salariés produisent un gâteau de 1 200 grammes, à partager avec 4 retraités, donc entre 14 personnes. En 2050, dix salariés produiront au minimum un gâteau de 1 800 grammes à partager avec 8 retraités, donc entre 18 personnes. Calculons le poids de la part de gâteau de chaque personne, en 2010 et en 2050. Puis regardons si la part de chacun en 2050 sera ou non plus petite qu’en 2010 ? »
Le calcul donne les résultats suivants :
• en 2010, la part de chacun est de 86 g (1 200 : 14)
• en 2050, la part de chacun sera de 100 g (1 800 : 18)
• en 2050 la part de chacun n’aura pas baissé. Elle aura même augmenté de 17% par rapport à 2010.
Profitant d’un débat « Quel avenir pour les retraites ? », entre Xavier Bertrand et Bernard Thibault à Lyon le 25 septembre 2010, nous avons demandé à Xavier Bertrand si nos calculs étaient justes ou erronés. Le secrétaire général de l’UMP a reconnu que les résultats étaient justes, mais que l’énoncé du problème aurait du préciser que dans les 40 années à venir une partie de l’accroissement des richesses devra être consacrée à l’augmentation des dépenses de santé et à celles liées à la dépendance (le 5ème risque). L’augmentation de ces deux types de dépenses correspond à une augmentation du bien être, donc de la « richesse » ou qualité de vie. Nous pensons qu’il n’y a donc pas de raison de diminuer d’autant le gâteau à partager. Nous avons néanmoins, par curiosité, refait nos modestes calculs en réservant sur le gâteau de 2050 : 100 milliards de plus pour la santé et 100 milliards pour la dépendance. Donc, comme si le gâteau de 2050 ne pesait plus que 1 600 grammes. Résultats du nouveau calcul :
• en 2010, la part de chacun est toujours de 86 g (1 200 : 14)
• en 2050, la part de chacun n’est plus que 89 g (1 600 : 18)
• en 2050 la part de chacun n’aura donc toujours pas baissé.
Cette arithmétique toute simple montre que notre système de retraites par répartition, que le monde entier nous envie, est tout à fait finançable à l’horizon 2050. De plus, contrairement aux systèmes d’épargne retraite par capitalisation, la répartition ne vient pas alimenter la financiarisation déjà très excessive du système économique.
C’est pour ne pas alourdir la démonstration que nous avons laissé de côté d’autres aspects qui permettraient de faire grossir le gâteau d’ici 2050, tels que notamment :
• récupérer une partie significative des revenus de la propriété lucrative (10% du PIB), ce qui est non seulement possible, mais indispensable pour l’intérêt général (cf B. Friot et d’autres)
• la part des richesses non marchandes, puisqu’elles ne sont pas comptabilisées dans le PIB
• les richesses supplémentaires qui pourraient être produites par les 4 à 5 millions de demandeurs de … travail et de salaire.

11 octobre 2010
André Martin (ingénieur - animateur du site http://www.retraites-enjeux-debats.org/
Toute reproduction et diffusion est ... vivement encouragée
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Grève mardi 19 octobre

Nouvelle journée nationale de grèves et de manifestations le mardi 19 octobre, veille du vote au Sénat sur l’ensemble de la loi.
Communiqué des organisations CFDT, CFE/CGC, CFTC, CGT, FSU, SOLIDAIRES, UNSA
Les mobilisations du 12 octobre ont été de très haut niveau avec une participation aux manifestations en forte hausse par rapport aux journées précédentes.
La participation des jeunes reflète, au-delà de la question des retraites, leur inquiétude quant à leur avenir et à la situation de l’emploi.
Cette quatrième journée d’action depuis début septembre contre le projet de réforme des retraites que veut imposer le gouvernement confirme l’opposition grandissante des salariés, soutenus par l’opinion publique, à une réforme injuste et inefficace qui aggrave les inégalités sans assurer la pérennité des retraites par répartition. Le gouvernement et les parlementaires ne peuvent ni mépriser ni ignorer les exigences exprimées par les salariés et les organisations syndicales.
Les organisations syndicales CFDT, CFE/CGC, CFTC, CGT, FSU, SOLIDAIRES, UNSA appellent à participer massivement aux manifestations du samedi 16 octobre.
Elles décident d’une nouvelle journée nationale de grèves et de manifestations le mardi 19 octobre, veille du vote au Sénat sur l’ensemble de la loi.
Pour amplifier la mobilisation et réussir les journées du 16 et 19 octobre, elles appellent l’ensemble de leurs organisations dans les territoires, les entreprises et les administrations à poursuivre les initiatives unitaires. Elles se reverront le 21 octobre.
Les organisations syndicales demandent aux sénateurs de ne pas adopter cette réforme injuste.
Paris, le 14 octobre 2010
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Retraites : la légitimité est dans la rue !

La contestation se durcit avec des niveaux record de 3 millions et demi de manifestants et l'entrée des lycéens dans un mouvement qui s’amplifie et pourrait se prolonger par des grèves reconductibles, alors que le gouvernement exclut toute nouvelle concession.
C'est "la plus forte journée qu'on ait faite depuis le début" de la protestation contre le report de l'âge minimal de la retraite de 60 à 62 ans, a affirmé le secrétaire général du syndicat CGT, Bernard Thibault.
Les manifestations "sont sensiblement plus importantes que les dernières fois", a renchéri François Chérèque, le patron de l'autre grand syndicat, la CFDT.
Selon le ministère de l'Intérieur, "environ 500.000 personnes" avaient manifesté à la mi-journée contre 410.000 le 23 septembre.
A Paris, quelque 65.000 personnes ont participé mardi à la manifestation derrière une banderole proclamant "Retraites solidaires, emplois, salaires: un enjeu de société", selon une première estimation de la police au début du défilé, un chiffre en hausse par rapport aux deux précédentes journées de mobilisation.
Des milliers de lycéens et étudiants faisaient partie du cortège, alors que l'engagement des jeunes, appelés par les syndicats à se mobiliser massivement, constitue un des enjeux de la journée de mardi. Parallèlement, la grève était forte mardi dans deux secteurs stratégiques: les chemins de fer et l'énergie.
Cette journée pourrait marquer un tournant dans le bras de fer entre le pouvoir et les syndicats.
"On est un des rares pays où il peut y avoir quatre manifestations avec deux ou trois millions de personnes dans les rues sans que le gouvernement ne dise rien", a commenté M. Chérèque.
Le Premier ministre a répété mardi que le gouvernement était "au bout de ce qui est possible" en terme de concessions.
S'il a consenti des aménagements en faveur de certaines mères de famille, pour les carrières longues ou des emplois pénibles, le gouvernement reste inflexible sur le fond de la réforme, dont le président Nicolas Sarkozy a fait un chantier phare de la fin de son mandat.
Après le passage de 60 à 62 ans de l’âge légal vendredi, le Sénat a voté lundi 11 octobre l’article repoussant de 65 à 67 ans l’âge de la retraite sans décote.
Cette attitude, dénoncée par les sénateurs du groupe CRC-SPG (communistes et du Parti de gauche) affiche le mépris que le gouvernement a pour l’ensemble des salariés, aujourd’hui très largement opposés à son projet.
Les organisations syndicales décident d’ores et déjà d’un nouveau rendez-vous de manifestations permettant la convergence des mobilisations interprofessionnelles et intergénérationnelles le samedi 16 octobre 2010, sachant que deux tiers des Français sont favorables à un durcissement des actions selon un sondage.
Infos Orange.fr
Retrouvez le Front de Gauche dans la manifestation
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Bataille de chiffres...
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Le sale type déjà croisé à Saint Gratien !
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Bien vu : le 12 octobre, on était ensemble et .. nombreux, très nombreux !
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Espérons qu'il ne nous faudra pas aller jusqu'à cette extrémité...
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Deux bonnes solutions, non ?

 

Retraite : la loi est loin d’être votée !

_585_.jpgRetraite : la précipitation du vote sur l'article 5 ne doit pas cacher cette réalité : la loi est loin d'être votée !

Communiqué du Groupe Communiste Républicain Citoyen et des Sénateurs du Parti de Gauche
Après avoir usé de tous les artifices de procédure, le gouvernement et sa majorité ont bousculé l’examen du projet de contre-réforme sur les retraites, pour arracher au Sénat un vote conforme sur l’article 5, supprimant la retraite à 60 ans.
Cédant aux injonctions du MEDEF, ce gouvernement espère ainsi démobiliser le puissant mouvement social qui se renforce contre son projet et qui s’exprimera fortement le 12 octobre prochain.
Ce vote n’est donc qu’une victoire à la Pyrrhus. Il peut se retourner contre lui. Il est la marque de son mépris envers l’ensemble des salariés, aujourd’hui très largement opposés à son projet. Ce vote du Sénat ne règle rien. La loi, dans son ensemble, n’est toujours pas votée.
En usant de tous les artifices pour tenter de parvenir à ses fins, le gouvernement n’a fait que montrer son entêtement, mais aussi sa fébrilité. La preuve est ainsi faite que malgré ses déclarations, rien n’est joué. Le vote d’un article ne fait pas une loi et chacun sait qu’une loi, même votée, n’est pas encore promulguée. Tout reste donc encore possible.
Aux côtés de toutes les forces sociales mobilisées contre la suppression de la retraite à 60 ans, les sénateurs communistes républicains citoyens et les sénateurs du parti de gauche s’engagent à poursuivre leur radicale opposition dans le débat au Sénat pour combattre, article par article tous les points de cette réforme scélérate et faire entendre des solutions alternatives.

Retrouvez les échos de la bataille parlementaire sur ce site

 

12 octobre : une nouvelle journée de grève significative dans les écoles

_569_.jpgLes enseignants des écoles seront à nouveau fortement mobilisés lors de la journée d’action du 12 octobre prochain.
Près d’un sur deux devraient être en grève ce jour pour une toute autre réforme des retraites mais également pour d’autres orientations en matière d’emploi et de salaires, notamment dans l’Éducation nationale, asséchée par l’application du « un sur deux » non remplacé.
C’est une mobilisation encore très significative alors que les enseignants sont appelés à une troisième journée de grève en pleine rentrée scolaire et en un peu plus d’un mois.
Dans les écoles primaires, la question des retraites, l’annonce de la suppression de près de 9 000 postes dans le prochain budget maintiennent la détermination. Les enseignants sont inquiets pour leur avenir et celui de leurs élèves. Tout comme pour les retraites, la politique du gouvernement en matière d’éducation est injuste. Elle pense restriction budgétaire quand il faudrait penser investissement d’avenir. Elle supprime obstinément des postes d’enseignants quand il faudrait agir pour la réussite de tous les élèves.
Au final, ce sont les élèves les plus fragiles qui payent la facture tout comme tous les salariés règlent celle de la réforme des retraites. La balle est aujourd’hui dans la camp de gouvernement. Il doit faire des propositions justes et efficaces pour l’avenir des retraites et de l’école. D’ores et déjà, le SNUipp appelle à la réussite de la journée de manifestations unitaire et interprofessionnelle du 16 octobre.
Il lance une consultation nationale dans les départements sur les suites unitaires et élargies à donner entre le 12 et le 16 octobre. Ce sont aux enseignants sur le terrain d’en débattre et d’en discuter. Pour cela, le SNUipp les appelle à participer massivement aux assemblées générales. Tout est possible. Aucune modalité d’action n’est à écarter. Le SNUipp a d’ailleurs, comme ses partenaires, pris les dispositions nécessaires pour permettre aux enseignants des écoles de participer aux actions qui seront décidées collectivement.
L’objectif reste le même : amplifier, généraliser la mobilisation pour obtenir de réelles avancées concernant l’avenir de notre système de retraite et celui de l’Éducation.
Communiqué du SNUipp ; Paris, le 8 octobre 2010

 

Retraites : slogans et mensonges du gouvernement

_432_.jpg« On vit plus longtemps, il est donc normal de travailler plus longtemps ».
Avant de travailler plus longtemps, il faudrait déjà pouvoir travailler tous et vivre pleinement sa vie, ses choix, au travail et à la retraite. L’affirmation gouvernementale repose sur l’augmentation de l’espérance de vie à la naissance, mais ce n’est pas le bon indicateur. Ce qui est primordial en matière de retraite, c’est l’espérance de vie en bonne santé, or celle-ci est par exemple de quatorze ans pour les ouvriers de 50 ans, soit 64 ans. Autrement dit, l’effet direct de la réforme serait d’amputer de moitié la durée de retraite en bonne santé des ouvriers...
« La loi reconnaît la pénibilité du travail ».
Le gouvernement ne prévoit qu’une prise en compte des salariés qui se verraient reconnaître une invalidité à hauteur de 20 % avant l’âge de départ en retraite. Il refuse ainsi aux salariés concernés qui ont une espérance de vie de sept ans inférieure aux autres le droit à une retraite en pleine santé.
« Cette réforme garantit les retraites pour les dix ans à venir ».
Malgré les sacrifices demandés aux salariés, la réforme ne répond pas aux besoins de financement des régimes. Le gouvernement transfère les déficits à une caisse d’amortissement à long terme (CADES), pompe les ressources du fonds de réserve des retraites et de l’assurance-chômage.
« Cette réforme assure la justice sociale ».
Dans le scénario imaginé par l’Elysée, la majeure partie de l’effort pour assurer l’équilibre des régimes serait à la charge des salariés (85 % en 2020 contre 15 % pour les entreprises et les hauts revenus). Le recul de l’âge de départ à la retraite priverait un million de jeunes d’embauche et elle pénaliserait massivement les femmes dont la vie professionnelle est marquée par les inégalités, la précarité.
« Le gouvernement a beaucoup débattu avec les partenaires sociaux ».
Le gouvernement a refusé de mettre ensemble autour d’une table les organisations syndicales, tant de salariés que patronales ; il n’y a eu que très peu de rencontres avec les organisations syndicales de salariés et lors de ces discussions, toutes les propositions amenées par la CGT ont été balayées d’un revers de main.
« Aucune autre solution n’est possible ».
La CGT l’a démontré : une autre politique de l’emploi, et des mesures concernant le mode de financement seraient de nature à garantir et améliorer les droits à retraites pour l’ensemble des générations. Cela paraît d’autant plus accessible que les économistes prévoient un doublement de la productivité du travail d’ici 2050, ce que le gouvernement feint d’ignorer.
« La réforme améliorera le sort des femmes ».
La loi sur l’égalité salariale hommes/femmes de 2006 prévoyait de supprimer avant le 31 décembre 2010 les écarts de salaires entre les femmes et les hommes par le biais de négociations notamment au niveau des entreprises. Mais le texte gouvernemental supprime l’échéance du 31 décembre 2010... Les mesures contenues dans le texte sont inspirées de celles en vigueur pour les seniors à l’entreprise, dont on connaît la piètre efficacité. Les femmes demeureront massivement pénalisées par la réforme.

Vu sur le site de la CGT - Alessandro Vitagliano

 

Retraite : les 7 mensonges de Sarkozy

_584_.jpgLe débat sur le projet gouvernemental concernant les retraites s’ouvre au Sénat à partir du 5 octobre.
Beaucoup de contrevérités nous sont assénées dans cette période et parfois plus le mensonge est gros...
Le quotidien « l’Humanité » dénonce 7 mensonges de Sarkozy.
1- "Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer" déclarait Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence le 6 avril 2007.
2- "C’est une grande réforme. Il y a de la justice dans cette réforme, il y a de l’équité" Xavier Bertrand.
Les salariés fournissent 85 % de l’effort de financement : 20,2 milliards d’euros au travers des mesures d’âge (report 62 à 67 ans et augmentation de la durée de cotisation). Auxquels viennent s’ajouter 4,9 milliards d’euros de mesures de convergence public-privé. A l’horizon 2020, 25 milliards seront à la charge des salariés, contre 4,6 pour les entreprises et détenteurs de capitaux.
3- "Si on vit plus longtemps, on doit travailler plus longtemps, ce n’est pas un choix idéologique, ce n’est pas un choix dogmatique, c’est une question de responsabilité", dixit Nicolas Sarkozy.
Le chef de l’Etat vante les 15 années d’espérance de vie gagnée depuis 1950. Il oublie de préciser que cet indicateur est celui de l’espérance de vie à la naissance. Plus significative est l’espérance de vie en bonne santé. La retraite à 62 ans volerait les deux meilleures années de ce temps libre. L’espérance de vie en bonne santé des ouvriers est de 59 ans, contre 69 pour les cadres… Et comme dit Gérard Filoche, de 60 à 62 ans, ce sont les meilleures années de retraite … et les pires années au travail !
4- "La réforme sera progressive, douce et lente" d’après E. Woerth.
Cette réforme est l’une des rares en Europe qui, tout à la fois, recule les âges de la retraite (âge de départ et âge pour le taux plein) et allonge la durée de cotisation. Et c’est en France que le rythme de relèvement des seuils d’âge est le plus rapide.
5- "Face à un problème démographique, la réponse est démographique" nous assène N. Sarkozy Si les évolutions démographiques pèsent bien sur les comptes de la retraite, le discours sarkozyste occulte le rôle crucial du chômage et du sous-emploi. Il est plus facile de s’en prendre aux salariés sous l’alibi de la démographie qu’aux licencieurs du Medef, véritables fossoyeurs de la Sécu... La création de 100 000 emplois apporterait 1,5 milliard de recettes supplémentaires à la Sécurité Sociale. Travailler plus longtemps apparaît comme une aberration à l’heure où 6 seniors sur 10 sont hors emploi à l’âge de la retraite, alors que 25% des jeunes sont à la recherche d’un emploi.
6- "Aujourd’hui, 10 % des retraites ne sont pas financièrement assises, il faut trouver des solutions" N. Sarkozy Le déficit n’est pas une fiction, mais il a été amplement "construit" par les politiques qui ont conduit, depuis trente ans, à transférer 10 points de la richesse créée des salaires vers les profits. En 1982, les salaires représentaient 75,6% de la valeur ajoutée contre seulement 67,8 % aujourd’hui. La part des actionnaires a, elle, sérieusement grimpé, de 5% en 1985 à 25% en 2010. Les solutions existent : elles impliquent de changer la politique de l’emploi et de mettre à contribution la haute finance, actuellement exonérée de tout effort social. Une cotisation sur les revenus financiers à la même hauteur que la cotisation salariale permettrait de combler les deux tiers du déficit. Le déficit actuel est de 32 milliards et la taxation des revenus financiers à la même hauteur que les salaires rapporterait 22 milliards.
7- "Quand la réforme sera passée, les Français se diront : "on n’a pas de souci à ce faire pour nos retraites"" Nicolas Sarkozy.
En 2003 déjà, F. Fillon promettait que sa réforme "sauvegarderait" le système... La vérité est que les réformes successives mises en oeuvre par la droite ont enclenché une dégradation du niveau des pensions, creusé les inégalités, notamment entre hommes et femmes, sans tenir leur promesse d’assurer le financement des régimes. Si cette machine n’est pas stoppée, alors oui, les Français ont bien du souci à se faire. La baisse du niveau des pensions fait que le taux de remplacement passera de 83% en 2003 à 55% en 2020 et 44,7 en 2050.(source : rapports du COR) Quant aux femmes, leur pension moyenne équivaut aujourd’hui à 48% de celles des hommes. 86% des hommes ont une retraite complète contre seulement 44% des femmes.

Suivez les débats au Sénat sur le site des sénateurs communistes et du Parti de gauche : voir le site

 

Réforme des retraites : le bras de fer se poursuit au Sénat et dans le pays

_480_.jpgUn mouvement social qui s’essouffle, un Parlement qui procède à une adoption rapide et discrète de la loi, et l’attention des Français davantage tournée vers les campements de Roms qu’en direction des questions sociales : le beau scénario imaginé par l’Elysée pour imposer sans coup férir sa réforme des retraites est en train de prendre l’eau. Nul ne sait évidemment, à l’heure actuelle, si le pouvoir finira pas obtenir gain de cause où s’il sera contraint de faire machine arrière. Mais dans l’épreuve de force qui se joue, il est indéniable que le doute s’installe dans un camp et que l’espoir grandit dans l’autre. Principalement en raison de la mobilisation populaire, qui, quoi qu’en disent les comptages policiers, va grandissante. C’est que les Français ont compris dans leur majorité que la réforme n’est ni « juste » ni « indispensable » ainsi que le claironne le très peu crédible Eric Woerth. A vrai dire, l’objectif du recul de l’âge légal de la retraite à 62 ans et de celui permettant de percevoir une pension à taux plein à 67 ans est surtout de réduire la dette publique pour satisfaire les agences de notation, et répondre de la sorte aux exigences du MEDEF, plutôt que d’assurer un retour à l’équilibre des comptes sociaux ou de pérenniser le système de retraite par répartition. Quant à l’examen de la loi au Parlement, il vire au parcours du combattant pour la majorité. Si les débats ont été brutalement et autoritairement interrompus à l’Assemblée nationale, ils ont néanmoins permis à l’opposition de faire apparaître au grand jour toute l’injustice de la réforme. Au Sénat, où le texte est examiné à partir du 5 octobre en séance publique, le crédit-temps limitant le temps de parole des parlementaires n’a pas cours. La discussion s’y annonce plus longue, deux semaines, voire trois, et plus serrée, l’UMP ne disposant pas de la majorité absolue. Ce qui laisse tout le temps aux opposants à la réforme de poursuivre et d’amplifier leur mobilisation. C’est dans ce contexte que les élus du groupe CRC-SPG vont prendre le relais de leurs collègues, députés communistes et du Parti de gauche. Avec l’intention de « faire entendre au Sénat ces millions de voix que le Président, son gouvernement et ses parlementaires ignorent », en faisant « la démonstration qu’avec une autre et une meilleure répartition des richesses, il est possible de garantir pour tous, la retraite à taux plein dés 60 ans ».

Une voix différente au Sénat : groupe communiste, républicain et citoyen et sénateurs du Parti de gauche

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