Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

Mot clé - marchés financiers

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Ce n’est pas une crise, c’est une arnaque !

Et si la BCE refinançait les dettes publiques ?

Cette institution refinance bien les banques pour un taux proche de zéro mais les États sont, eux, aujourd’hui obligés de se tourner vers les marchés financiers avec des taux allant de 2 à …38%, taux usuraire appliqué aux Grecs ! Cercle infernal : plus le risque est estimé important, plus le taux est élevé et plus le poids de la dette s’alourdit, entraînant des plans d’austérité qui plongent ces pays dans toujours plus de récession, d’où des rentrées fiscales en chute et des déficits encore aggravés…

crise.JPGEt la France ? Depuis 1974, il lui est interdit de se financer directement auprès de la Banque de France. Elle emprunte donc sur les marchés et cela nous a coûté 1 200 milliards depuis cette date, pour une dette totale de près de 1 600 milliards. Une charge financière phénoménale sur l’économie et la compétitivité du pays. 70% de notre dette est détenue par des investisseurs étrangers : fonds de pension américains, banquiers anglais ou grandes sociétés d’assurance, ceux-là mêmes qui menacent, via les agences de notation, notre si fameux triple A ! En 2012, la France devra emprunter, aux marchés financiers bien évidemment, 400 milliards. Le remboursement de « vieilles dettes » en engloutira 300 quand les 100 autres seront consacrés à combler le déficit budgétaire.

Qui vient donc de déclarer : « Est-il normal que, en cas de crise, les banques privées, qui se financent habituellement à 1 % auprès des banques centrales, puissent bénéficier de taux à 0,01 %, mais que, en cas de crise, certains États soient obligés au contraire de payer des taux 600 ou 800 fois plus élevés ? "Etre gouverné par l'argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé", affirmait Roosevelt. Il avait raison. Nous sommes en train de vivre une crise du capitalisme dérégulé qui peut être suicidaire pour notre civilisation. Comme l'écrivent Edgar Morin et Stéphane Hessel dans Le Chemin de l'espérance, nos sociétés doivent choisir : la métamorphose ou la mort ? Faire payer des taux d'intérêt colossaux pour des dettes accumulées il y a cinq ou dix ans ne participe pas à responsabiliser les gouvernements mais à asphyxier nos économies au seul profit de quelques banques privées » ?

Jean-Luc Mélenchon ? Pierre Laurent ? Perdu, c’est Michel Rocard ayant des remords tardifs, qui propose à présent de permettre à la BCE de prêter aux États membres à des taux très bas, via les organismes publics de crédit. Il oublie juste que ces organismes sont gérés dans un objectif de rentabilité financière et non dans un souci de favoriser les dépenses porteuses de développement de l’emploi, de recherche ou de formation… Financer à bas taux, certes, mais pour quels buts ?

C’est pourquoi le Front de Gauche avance des propositions beaucoup plus…audacieuses ! Refinancer, non pour mettre en place de nouveaux plans d’austérité, mais pour développer les services publics, progresser dans une politique sociale et écologique, et contribuer efficacement à sortir de la crise. D’où l’affirmation de la nécessité de mettre en place une nouvelle politique du crédit et une réforme de la fiscalité. Ces mesures, avancées par le PCF il y a deux ans, sont aujourd’hui portées par Le Front de Gauche dans son ensemble.

Nous, on peut !

Chiffres extraits de l’Humanité du 4 janvier 2012

 

Crise financière : il est temps d’imposer une autre logique

crise.JPGLes banques nous ont conduits dans le mur !

La spéculation affole le monde par sa rapacité. Les banques dictent maintenant leurs ordres aux États pour étouffer nos pays dans l’étau de la vie chère et du crédit. Les dirigeants des États et les politiques libéraux, de droite comme de gauche, refusent de s’attaquer aux origines de la crise, la spéculation financière, et se soumettent aux diktats des marchés financiers et de leurs agences de notation.

Pourtant, rappelle Pierre Laurent , secrétaire national du PCF, « de la Grèce à l’Égypte en passant par l’Espagne et Israël, le monde entier rejette l’austérité. Une vraie politique de gauche se doit d’inverser cette logique et de proposer une relance sociale. » Les solutions existent pour sortir de la crise à condition d’avoir le courage de dire et de faire en sorte de dessaisir les marchés financiers de leur pouvoir.

La dette : une affaire qui rapporte

Nous ne sommes pas face à une crise de la dette publique dont l’origine serait le trop plein de dépenses publiques. La crise est celle de la spéculation financière.

Deux exemples :

• Avant 1974, les États européens pouvaient emprunter directement aux banques centrales nationales à 0%. C’est maintenant interdit, ils sont contraints d’emprunter sur les marchés financiers aux banques privées. Depuis 1974, la France a payé en intérêts 1 200 milliards d’euros, à comparer avec les 1 641 milliards de dette publique actuelle !

• Les banques privées obtiennent de l’argent auprès de la Banque centrale européenne ( la BCE) à un taux de 1,5% pour re-prêter aux États entre 3 et 15%, comme à la Grèce pour ce qu’elles appellent un sauvetage !

La finance dicte sa loi

Nos gouvernants, issus d’élections, reçoivent maintenant des injonctions du secteur privé leur disant ce qu’ils doivent faire. Et plutôt que d’écouter leurs peuples, ils s’y plient quand ils ne les devancent pas.

Deux exemples :

• Après le plan du FMI pour la Grèce, c’est la Banque centrale européenne, indépendante des pouvoirs politiques comme l’a confirmé le Traité de Lisbonne, qui envoie une lettre au gouvernement italien. Elle l’incite à agir par décret pour « libéraliser l’économie italienne ; privatiser les entreprises locales qui gèrent les déchets, les transports, l’énergie ; assouplir le droit à licencier ; réduire le niveau de rémunération ; réduire le niveau de protection sociale… pour doper la compétitivité. »

• L’agence de notation Standard et Poor’s, qui a dégradé la note des États-Unis, décerne un brevet de bon élève à Sarkozy pour sa réforme des retraites « une mesure intelligente » et pour « ses choix de rigueur budgétaire bien conçus » et l’encourage à poursuivre dans cette voie pour garder son AAA. Aux ordres, Sarkozy demande aux parlementaires français d’inclure la règle d’or dans la constitution, c’est à dire graver dans le marbre constitutionnel les politiques d’hyper- austérité.

Privations et privatisations, ce sont les peuples qui paient la crise

Alors que ce sont les marchés financiers qui conduisent le monde au bord du gouffre, tout est fait pour maintenir leurs profits et nous faire payer l’addition à grands coups de privatisations et de réduction des dépenses sociales.

Deux exemples :

• Le FMI a imposé à la Grèce 50 milliards d’euros de privatisations. Le secteur privé, avec l’argent que continue de lui verser la Grèce pour sa dette, pourra lui acheter à des prix intéressants des ports, des aéroports, des universités, l’énergie…. Et ce seront encore les Grecs qui paieront plus pour se déplacer, étudier, se chauffer ou s’éclairer.

• En France, le nombre de personnes privées d’emploi continue d’augmenter de façon dramatique. A cette annonce, Christine Lagarde, nouvelle directrice du FMI et ancienne ministre de l’Économie et des Finances de Sarkozy, préconise « de renforcer la rigueur notamment salariale » et de poursuivre la politique d’exonération et de cadeaux aux entreprises qui pourtant délocalisent et licencient.

Quand on est de gauche, on ne transige pas

Dans sa lettre aux parlementaires, le président de la République plaide en matière de politique européenne pour une alliance « au-delà des intérêts partisans » à une union sacrée pour la maîtrise des déficits publics ».

Ces vibrants appels à l’union nationale relayés par des dirigeants du Parti socialiste permettraient, s’ils étaient entendus, d’obtenir la majorité nécessaire à l’adoption par le parlementaires de la « règle d’or ».
Pour le Parti communiste français, les choses sont claires : il est hors de question de prêter la main à l‘adoption de ce projet injuste, inefficace, contraire à l’intérêt général et à la souveraineté de notre pays. Nos parlementaires ne voteront pas ce projet que nous combattons avec détermination, avec toutes les forces du Front de Gauche et leur candidat commun à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon.

Changer de logique et imposer d’autres choix, c’est possible

La France ne doit pas seulement se battre pour une solution juste et solidaire au défi de la dette en Europe. Elle doit agir pour émanciper l’Union européenne de la dépendance des marchés financiers en retrouvant à tous les niveaux, national et européen, la maîtrise publique de la finance et du crédit, en taxant les banques et les profits financiers, en changeant le rôle et les missions de la BCE, en relevant les salaires et en développant les services publics. La France pourrait agir pour remplacer le Fonds européen de stabilité financière, qui soutient les marchés, par un Fonds européen de soutien au développement social et solidaire des pays européens.

Et précisément, le Parti communiste propose :

• Un pôle public bancaire délivrant un crédit sélectif favorables aux investissements porteurs d’emplois, de salaires, de formations et de recherche

• Des droits nouveaux pour les salariés à l’entreprise à l’inverse des droits de décision que se sont octroyés les marchés.

C’est cela dont le PCF et le Front de Gauche seront porteurs tout au long de cette année électorale et ce week-end lors de la fête de l’Humanité.

Argumentaire PCF

 

Annonces gouvernementales : l’impasse de la rigueur !

Communiqué de la FSU

Face à la crise économique et financière, le gouvernement cherche à convaincre qu’il n’y a pas d’autres choix que ceux de la rigueur. A vouloir rassurer les marchés financiers et les agences de notation, il ne s’attaque pas aux causes structurelles de la crise.

En revenant modestement sur les niches fiscales, la défiscalisation des heures supplémentaires et en taxant de manière marginale et provisoire les hauts revenus, le gouvernement reconnaît l’échec de sa politique menée jusqu’ici.

Mais les mesures annoncées s’inscrivent toujours dans une politique d’austérité pénalisant essentiellement les salariés, mettant peu à contribution les hauts revenus (200 millions sur un plan de 11 milliards), ne remettant pas en cause la réforme de l’ISF (2 milliards de recettes fiscales en moins). Elles hypothèquent ainsi toute sortie réelle de la crise et s’inscrivent dans des orientations européennes qui fragilisent encore plus la situation des pays de l’UE.

Le gouvernement utilise l’argument de la dette publique dont la hausse résulte pour l’essentiel des cadeaux fiscaux aux plus riches et des exonérations de charges pour des entreprises et poursuit dans sa logique de baisse des dépenses publiques. Ceci entraînera encore une baisse de l’activité et des recettes fiscales, tout en aggravant les inégalités. A cet effet, la FSU estime que la « règle d’or » serait néfaste pour notre économie et dangereuse pour notre démocratie sociale.

La FSU avait demandé au gouvernement d’intervenir sur les causes réelles de la crise en agissant sur l’emploi - l’Etat employeur devant montrer l’exemple en renonçant au "un sur 2" dans la Fonction publique et en créant les emplois nécessaires-, le pouvoir d’achat, la fiscalité (avec un autre partage des richesses produites) et les investissements productifs pour l’avenir prenant en compte les impératifs écologiques.

Où est l’équité, l’effort partagé dans les annonces faites ? D’un côté des mesures ponctuelles et réduites de taxation des hauts revenus de surcroît à partir d’un seuil trop élevé, de l’autre, réforme des retraites, suppressions massives d’emplois publics, RGPP et stagnation du pouvoir d’achat pour les salariés ! Plus des mesures présageant une mise à mal des dépenses de santé et des mutuelles qui entraîneraient une aggravation des difficultés d’accès au soin pour les plus modestes… La Fonction publique reste particulièrement impactée par les choix faits : 15 milliards d’économie avec la RGPP contre 200 millions d’euro par la contribution exceptionnelle des hauts revenus !

Pour la FSU, il faut cesser de considérer les services publics et la Fonction publique comme une charge. Ce sont bien des investissements productifs indispensables notamment l’éducation, la formation et la recherche.

En poursuivant dans cette impasse, le gouvernement ne change pas la donne et n’offre pas de perspective d’avenir aux générations futures.

La FSU invite les agents de la Fonction publique et les salariés à se saisir de ces débats et à s’engager massivement dans les actions et initiatives dès les prochaines semaines pour empêcher la mise en œuvre de ces mesures et imposer d’autres choix économiques et financiers garantissant davantage d’égalité, de justice sociale et de progrès pour tous. C’est en ce sens qu’elle participera à l’intersyndicale du 1er septembre prochain.

 

Refusons la « règle d’or » sarkozyenne

pierre_laurent_8.JPGComment mettre en échec la récession à venir??

Dans le courrier qu’il vient d’adresser aux parlementaires, daté du 26?juillet, Nicolas Sarkozy plaide avec enthousiasme en faveur des récentes décisions du sommet de Bruxelles concernant la crise grecque et une gouvernance économique européenne renforcée.

Il appelle les députés et les sénateurs français à s’unir «?comme un seul homme?» sur ces bases en vertu des intérêts supérieurs de la nation de «?maîtrise?» des dépenses publiques.

Tout le monde a parfaitement saisi son appel à adopter sans discussion la «?règle d’or?» qui permettrait d’inscrire dans la Constitution la politique d’austérité et d’injustice sociale que son gouvernement mène au bénéfice des marchés financiers depuis son élection à la présidence et que les gouvernements européens renforcent dans toute l’Europe sous le contrôle de la BCE, du FMI et de l’Union européenne.

Pour le Parti communiste français, les choses sont claires?: il est hors de question de prêter la main à l’adoption de ce projet injuste, inefficace, contraire à l’intérêt général et à la souveraineté de notre pays. Nos parlementaires ne voteront pas ce projet que nous combattons avec détermination avec toutes les forces du Front de gauche et leur candidat commun à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon.

Face à la crise très grave des dettes publiques en zone euro, le sommet extraordinaire de l’Eurogroupe du 22?juillet dernier a, en réalité, décidé de sauvegarder les intérêts financiers des grands créanciers au détriment de celui des peuples, des salariés. Cette réunion n’a surtout rien changé ni à l’orientation de la politique monétaire de la Banque centrale européenne ni à la sélectivité du crédit bancaire. Nicolas Sarkozy et ses homologues européens ont fait le choix de ne pas frapper les spéculateurs qui sont pourtant à l’origine de la crise financière.

Ainsi, le principe d’une taxation bancaire a été rejeté. Certes, les taux d’intérêt des prêts consentis vont être abaissés et leur durée rallongée pour maintenir la tête du débiteur grec hors de l’eau sans le sauver de la noyade. Mais la possibilité d’un «?défaut de paiement sélectif?» de la Grèce est maintenue, avec le risque de nouveaux acharnements spéculatifs des marchés financiers contre elle, mais également contre d’autres pays considérés comme «?fragiles?», parmi lesquels l’Espagne, mais aussi l’Italie et ses 1?900?milliards d’euros de dette publique.

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), doté de 440?milliards d’euros en mai?2010 pour reprêter aux États en difficulté de l’argent qu’il emprunte sur les marchés financiers avec la garantie de chaque pays membre de l’euro, voit son rôle très accru.

Avec le nouveau plan de 160?milliards d’euros décidé pour la Grèce, le FESF tend à devenir, à côté de la toujours très monétariste BCE, le pivot d’un projet de fuite en avant vers l’endettement public massif sur les marchés financiers de toute la zone euro, prise comme un tout.

Or un premier épisode, ouvert au printemps 2010, de cette fuite en avant au service de la domination des marchés financiers vient, pourtant, de se conclure en débouchant sur un fiasco.

Le premier plan dit de «?sauvetage?» de la Grèce, auquel les députés communistes et du Parti de gauche ont été les seuls à s’opposer au Parlement, a brisé la croissance de ce pays, provoqué l’explosion du chômage et l’écrasement des salaires réels (– 8,9?% entre?2008 et?2011), aggravant le déficit budgétaire (+?6?% de 2008 à 2011) et accentuant, en pratique, l’accumulation des dettes, malgré les énormes sacrifices imposés au peuple et le bradage des atouts nationaux avec les privatisations, la casse des retraites… La dette publique de la Grèce qui était de 105?% de son PIB en 2008 approche, désormais, 150?%?! Et voilà dans quelle voie on propose de nous enfoncer.

Ces décisions soumettent tous les peuples de l’Union européenne à ce chantage alors que cinq jours à peine après le sommet, les agences de notation annoncent déjà la forte probabilité de baisser les notes de l’Italie et de la France. N’est-il pas grand temps de changer radicalement de logique et de cesser le sacrifice des économies nationales au profit des spéculateurs??

L’adoption de la règle d’or qui soumettrait constitutionnellement tous nos budgets aux exigences des marchés financiers serait une folie. Le remboursement des marchés serait garanti tandis que cette règle obligerait à sacrifier nos salaires, nos retraites, notre protection sociale, nos systèmes publics d’éducation et de santé. Ce serait l’austérité à perpétuité et l’incapacité pour notre économie de se relever.

C’est cette voie que notre peuple a refusée par référendum en 2005. Si les partisans de la règle d’or sont convaincus que les Français ont changé d’avis depuis, qu’ils osent la soumettre au suffrage universel?!

Si le président de la République par peur du suffrage universel décide d’obtenir ce changement constitutionnel en convoquant tous les parlementaires en Congrès, pas une voix ne doit manquer à gauche pour empêcher l’adoption de ce projet.

Les communistes appellent toutes les femmes et tous les hommes de progrès à se mobiliser pour mettre en échec cette récession programmée et ce déni de démocratie. Ce rejet doit être l’occasion pour toutes les forces de gauche de s’engager fermement à renoncer à cette politique d’austérité suicidaire et à promouvoir des choix nouveaux de développement social et écologique en France et en Europe.

La France ne doit pas seulement se battre pour une solution juste et solidaire au défi de la dette en Europe mais elle doit agir pour émanciper l’Union européenne de la dépendance des marchés financiers en retrouvant à tous les niveaux, national et européen, la maîtrise publique de la finance et du crédit, en taxant les banques et les profits financiers, en changeant le rôle et les missions de la BCE, en relevant les salaires et en développant les services publics. La France pourrait agir pour remplacer le Fonds européen de stabilité financière, qui soutient les marchés, par un Fonds européen de soutien au développement social et solidaire des pays européens.

Le Front de gauche, avec le Parti communiste et ses partenaires, est déjà pleinement mobilisé pour mener cette bataille. Nicolas Sarkozy lance un défi à toute la gauche en cherchant à faire la démonstration qu’il n’y a pas d’alternative à sa politique. Relevons ce défi. Une autre politique est possible?!

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français

 

L’Europe s’enfonce dans la voie de l’austérité

_480_.jpgA l’occasion du Sommet de la zone euro, l’Europe aurait fait preuve de « solidarité », en mettant à contribution les marchés financiers, et le secteur privé, c’est-à-dire les banques et les compagnies d’assurance, pour boucler le second « plan de sauvetage » de la Grèce
. La vérité est à la fois plus simple et moins séduisante.

Plus simple parce que, en contrepartie de leur intervention, les gouvernants européens, avec Nicolas Sarkozy et Angela Merkel à la manœuvre, la Banque centrale et le Fonds Monétaire International vont imposer une cure d’austérité sans précédent non seulement au peuple grec, mais à l’ensemble des peuples européens.

Baisses de salaires, chute des pensions et des allocations, réduction draconienne des dépenses publiques, voilà le régime promis à des degrés divers aux peuples européens.

Moins séduisant parce que le soulagement des marchés financiers est fort compréhensible : c’est qu’ils ont l’assurance de toucher le capital et les intérêts de la dette grecque, puisque le soutien européen promis ne vise qu’un objectif, celui de payer à la place de la Grèce si elle est en difficulté pour le faire. Voilà à quoi serviront les 158 milliards d’aide annoncés : assurer une garantie de paiement aux banquiers, aux marchés, aux compagnies d’assurance qui se nourrissent des dettes publiques, qui spéculent contre les Etats et sur la monnaie unique !

La crise en cours montre au moins trois choses : un, l’euro et la politique monétariste entretiennent la spéculation financière ; deux, il est temps de repenser le rôle de la Banque centrale européenne et de lui permettre d’accorder aux Etats les avances de fonds nécessaires au développement de chaque pays de la zone euro ; trois, il est plus que temps que les marchés financiers soient taxés pour leurs attaques spéculatives sur les dettes souveraines. Il est regrettable que l’idée d’une taxe bancaire ait été abandonnée hier. (le 21 juillet, ndlr du blog)

Il faut prendre à contrepied cette politique récessive et dégager les moyens d’accorder des financements nouveaux pour les politiques publiques, qui seules sont porteuses de croissance et d’emploi. Ce « sauvetage » à courte vue n’empêchera donc pas le naufrage si le redémarrage de l’économie n’est pas encouragé par une politique volontariste de croissance. Les dirigeants européens ont fait une nouvelle fois le choix des intérêts financiers plutôt que celui du développement.

Groupe des sénateurs communistes, républicains et citoyens ; sénateurs du Parti de gauche
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L’austérité nous mène dans le mur

Pierre Laurent : « L’austérité nous mène dans le mur »

Selon Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, la rigueur doit être celle de la gauche envers les marchés financiers et le capital pour porter une alternative de changement.

La gauche socialiste promet le changement et reprend à son compte le thème de la rigueur. N’y a-t-il pas là une contradiction ?

Pierre Laurent. Il y a une erreur d’analyse sur les causes de la crise. Nous ne sommes pas face à une crise de la dette publique dont l’origine serait le trop-plein de dépenses publiques. La crise est celle de la spéculation financière. Les énormes profits acquis contre les salaires, par la précarisation de l’emploi, par la fragilisation des ressources de l’État, sont les causes réelles de la situation auxquelles il faut s’attaquer.

Est-ce à dire qu’il faut rompre ?avec ce dogme de la rigueur ?

Pierre Laurent. Dans toute l’Europe, ce dogme de l’austérité est en train de nous entraîner dans le mur. En Grèce, il y a un an, l’Europe libérale imposait un plan d’austérité en promettant le retour de la croissance. Aujourd’hui, il est demandé aux Grecs des sacrifices supplémentaires, comme les privatisations, qui ne conduiront pas ce pays à sortir de la crise mais affaibliront son potentiel de croissance et ses possibilités de rembourser sa dette. Ce diagnostic vaut pour toute l’Europe. Face à la crise, la réponse unique qui consiste à faire payer la dérive des marchés financiers aux peuples par des politiques d’austérité et de privatisation n’est en aucun cas une solution conforme à l’intérêt des peuples.

Pour autant, le déficit budgétaire de la France – 140 milliards d’euros en 2010 – est une réalité. Quelles sont vos solutions : réduire la dépense publique ou trouver de nouvelles recettes ?

Pierre Laurent. La dette publique a deux origines. La première réside dans le sauvetage de la dette privée sur des fonds publics. La seconde, c’est l’insuffisance de ressources de l’État liée aux politiques d’exonérations fiscales du capital et de précarisation de l’économie et de l’emploi. Il est impératif de restaurer les capacités de développement des États européens pour leur permettre de rembourser leurs dettes. Et ce, sur la base d’une croissance saine, fondée sur des investissements favorables à l’emploi et des dépenses utiles aux besoins des peuples. Tout le contraire des politiques actuelles, faites d’austérité et de purges sociales. Il est urgent de taxer le capital et de juguler la spéculation financière.

Cette question sera-t-elle ?au cœur des débats à gauche en vue ?de l’échéance de 2012??

Pierre Laurent. C’est particulièrement sur ce point que la gauche devra se différencier des politiques qui, sous la férule de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel, sont imposées dans toute l’Europe. Le débat devra se mener pour clarifier ?les engagements de chacun. ?C’est la condition pour porter ?une politique de gauche ambitieuse. Avec le Front de Gauche, nous sommes la force qui, dès 2005, en nous opposant au traité constitutionnel, a vu et dénoncé l’impasse des politiques libérales. Aujourd’hui, avec la dynamique ?de rassemblement que nous impulsons, nous continuons ce combat pour une véritable alternative de gauche en 2012.

Entretien réalisé par Max Staat pour l’Humanité
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Tract PCF-Front de Gauche : En 2012, prenez le pouvoir !

 

Un programme de « changement raisonnable »

parny.jpgTexte invité

Le programme rendu public par le Parti Socialiste nécessite un examen attentif, notamment pour celles et ceux qui aspirent à une alternative aux politiques menées depuis des années sur la base des logiques dominantes du système capitaliste.

Hélas rien de fort qui symboliserait une ambition nouvelle pour notre pays. Rien de comparable même avec les nationalisations portées en 1981 par exemple ou la réduction du temps de travail qui en 2007 avait sans doute porté Lionel Jospin à Matignon. Il s’agit en quelque sorte d’un programme de « changement raisonnable ». On sait malheureusement que le raisonnable est l’ennemi des révolutions. L’ambition affichée est celle du redressement de la France et d’un nouveau modèle de développement. Mais ces objectifs s’inscrivent dans une acceptation d’un monde concurrentiel dominé par les marchés financiers et dans une conception de la croissance économique où les gains de productivité ne sont jamais redistribués en faveur de l’emploi, des qualifications et des salaires.

Ce programme est-il de gauche ?

Il y a certes des choses qu'on ne peut balayer d'un revers de main, comme la création de 300.000 emplois jeunes ou la modulation de l'impôt sur les bénéfices qui prévoit d’appliquer un taux de 40 % lorsque ceux-ci sont distribués en dividendes. Mais quelques propositions concrètes ne constituent pas une vision de la société. Ce programme ne rompt pas avec les logiques libérales et atlantistes des politiques menées ces dernières années. Pour l’OTAN par exemple, on frise le ridicule puisqu’il est suggéré d’évaluer les conséquences de l’entrée de la France dans l’OTAN. Tous les jours nous constatons qu’elle nous entraîne dans la guerre. Concernant l’Europe, il y a acceptation par le PS de toutes les logiques issues du traité de Lisbonne. Et cette acceptation des politiques libérales se retrouve au plan national. Les hypothèses économiques du parti socialiste prévoient une inflation à 2 et une augmentation des dépenses publiques à 1,7 %, c'est-à-dire moins vite que l’inflation. Nous sommes dans une logique de diminution de la dépense publique confirmée par des propositions de réformes fiscales à budget public constant. Dans ces conditions, on comprend que rien n’est dit sur l’arrêt de la RGPP ou la nécessité d’un plan d’embauche de fonctionnaires pourtant nécessaire dans tous les services rendus à la population. Le PS annonce 10 000 policiers recrutés, cinq cents magistrats, mais combien pour l’école considérée comme une priorité ? On ne sait pas, et rien sur la poste. Rien pour empêcher le démantèlement de notre système de santé et la casse de l’hôpital. Les propositions sur des maisons de santé ou sur la médecine libérale confirment même l’engagement d’une politique de substitution au service public. L’absence de propositions sur le maintien et l’extension des services publics, sur leur rôle dans la logique de redistribution des richesses et la maîtrise sociale de secteurs indispensables à la solidarité et à l’accès aux biens communs est sans doute le marqueur le plus négatif d’un programme enlisé dans l’acceptation des logiques libérales. Concernant les mesures en faveur du développement de l’emploi, de la formation et d’une économie au service des impératifs sociaux et écologiques, on ne peut qu’être déçu. Nous avons besoin d’un véritable pôle financier public permettant de réorienter l’ensemble des crédits publics et privés vers ces objectifs en s’appuyant sur de nouveaux droits pour les salariés, sur leur lutte et sur des fonds régionaux pour l’emploi. En matière de justice sociale, rien sur l’éventualité d’une réduction du temps de travail ou même sur les 35 heures sans annualisation et sans diminution de salaire ; rien de précis sur le SMIC. Concernant la retraite, l’augmentation de la durée de cotisation et de toutes les cotisations, y compris les cotisations salariales confirme la position du PS dans le conflit. On sait pourtant que la mise en place d’une taxe sur les actifs financiers, évalués à 305 milliards d’euros, permettrait de régler le problème d’une bonne couverture sociale. Un taux de taxe équivalent à celui des cotisations patronales de ce jour rapporterait 24,3 milliards à la caisse des retraites.

De telles mesures permettraient de « marquer » un programme de gauche remettant en cause le capitalisme financier qui est le capitalisme de notre siècle et auquel il faut s’attaquer sous peine de se résigner à accepter sa domination et la marchandisation de toute activité humaine qu’elle induit.

Rendre l’espoir au peuple de Gauche

Un tel constat concernant le programme du PS est-il désespérant ? Oui, si on croit le rapport de force à gauche immuable. Non, si on s’inscrit dans une dynamique, si on s’appuie sur les potentialités de rassemblement qu’induit le mouvement social, sur les aspirations profondes de nos concitoyen-ne-s et sur des propositions, portées par le Front de Gauche, qui rompent avec les logiques précédentes. Il s’agit de rendre l’espoir au peuple de Gauche et d’entraver ainsi la « résistible » ascension du vote FN. Le programme populaire partagé du Front de Gauche est un outil. De son appropriation par le plus grand nombre dépend un vote en 2012 qui ne soit pas guidé par la crainte mais par l’espoir. C’est notre combat.

Francis Parny, responsable national du PCF et vice-président à la culture de la Région Île-de-France

 

Sous la réforme, la finance

Texte invité
Les récentes informations sur l'activité de Guillaume Sarkozy, frère de, dans l'assurance retraite privée, sont décidément précieuses. Elles expliquent l'objectif de la réforme : ouvrir le marché des retraites à la finance. Les mesures d'âge (62 et 67 ans) ratatineraient en effet la part des retraites liquidées à taux plein. Ce serait un argument massue pour pousser à mettre son argent dans une complémentaire privée. Elles éclairent aussi l'attitude bloquée du pouvoir.
En refusant de revoir sa réforme, Sarkozy n'oppose pas seulement sa légitimité à celle de la « rue » (en réalité l'opinion majoritaire des Français). C'est oublier qu'entre ses représentants et le peuple, seuls légitimes en démocratie, se sont glissé quelques intrus. Notamment les « marchés financiers ». C'est à eux que Sarkozy rend des comptes ! Tout en faisant mine de vouloir remettre la finance à sa place, le gouvernement n'a pas hésité à justifier sa réforme par la nécessité de mériter le « triple A » des agences de notation. Verra-t-on bientôt Sarkozy, comme Zapatero le mois dernier, rencontrer les financiers de Wall Street pour un compte-rendu de mandat et leur jurer « j'ai fait tout ce que vous vouliez » en matière de réformes ?
La financiarisation de l'économie, voilà l'enjeu véritable de la réforme des retraites. Et voilà notre ennemi ! C'est un ennemi mortel au plan économique et social. Ouvrir à la finance un gigantesque marché de l'épargne retraite encouragerait tout ce qui a conduit à la crise actuelle. Lisez les conseils du magazine Challenges pour préparer sa retraite : « d'abord être propriétaire, et souscrire une assurance-vie ». L'immobilier plus la finance, le cocktail dont les Etats-Unis se sont abreuvés avec le résultat que l'on sait. Aujourd'hui, leurs si modernes retraites par capitalisation sont au bord de la faillite. Le total des engagements non financés des caisses de la fonction publique des Etats atteint 3300 milliards de dollars, celui des municipalités et comtés 574 milliards, celui des 100 plus grosses entreprises privées 460 milliards ! Quant aux fonds de pension « à cotisation définie » (on sait combien on verse mais pas combien on touche), le taux de remplacement moyen des pensions versées a baissé de dix points avec la crise. Nous ne manquons donc pas d'arguments pour montrer que le bon vieux système par répartition, justement parce qu'il se passe des marchés financiers, est plus stable. Il est aussi moins cher : pour 40 ans de cotisation retraite atteignant un total de 120 000£ la banque britannique HSBC empoche une commission de 99 900£ soit 80% !
Cette financiarisation est aussi notre ennemi politique. Car le pouvoir qu'elle donne aux détenteurs du capital financier piétine la souveraineté populaire. Les marchés ont récupéré la souveraineté monétaire. Ils exigent maintenant de contrôler les politiques budgétaires. C'est à ce titre qu'on leur devrait des comptes quant au modèle social que nous voulons pour nos pays ! La finance a parachevé le caractère antidémocratique de l'Union européenne. C'est elle qui aujourd'hui renforce la nature oligarchique du pouvoir en France. Le pouvoir n'est ni dans les urnes ni dans la « rue », il est aux mains d'une petite poignée d'individus qui doivent au capital financier leur fortune et leur pouvoir. Chaque jour du mouvement sur les retraites renforce la prise de conscience populaire à ce sujet. Ce bras de fer prépare la révolution citoyenne contre les oligarques aussi efficacement que mille cahiers de doléances !
Parti de Gauche
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Une proposition de loi alternative pour une réforme des retraites juste et efficace

53507_38901.jpgLa réforme des retraites proposée par le gouvernement est un véritable coup de poignard contre le modèle social français.
Injuste, mais aussi inefficace, ce sont les salariés déjà durement touchés par la crise qui vont la payer au prix fort (22,6 milliards d'euro) alors qu'une fois de plus, le capital est épargné (4,4 milliards d'euro). Ce projet ne règlera rien. Ils s'inscrit dans la lignée des mesures d'austérité mises en place par l'Union Européenne : une véritable capitulation devant les marchés financiers et l'amplification d'une politique d'austérité qui nous enfonce dans la récession.
Il est possible de faire autrement.
Les député-e-s communistes, républicains et du Parti de gauche ont déposé une proposition de loi qui, tout en rétablissant la justice sociale, assurerait également un financement dynamique du système de retraite.

Retrouvez en annexe le texte complet de cette proposition de loi. Nous vous proposerons durant tout l’été de la soutenir en la signant.

 

Revoilà Laurence !

Nous le disions depuis le début, le véritable objectif de la réforme des retraites est de pousser les salariés vers les systèmes de capitalisation voulus par le MEDEF. Voilà que Laurence Parisot monte au créneau et dit clairement les choses. Elle vient de réclamer la mise en place d’un «nouveau dispositif très incitatif, voire obligatoire, de système de retraite par capitalisation », ce qui complèterait les mesures de report de l’âge légal de départ (63 ans ?) et l’allongement de la durée des cotisations (45 ans ?). Depuis longtemps, les banques et les sociétés d’assurance en rêvaient… Avoir accès à la manne financière que représente le «marché» de l’assurance-vieillesse : un pactole de 240 milliards d’euros !
Enjeu crucial, car les deux systèmes sont radicalement opposés. Capitalisation ou répartition, il s’agit là d’un vrai choix de société.
Dans le système par répartition, les retraites sont payées par les actifs cotisants : c’est un contrat solidaire entre générations et catégories de salariés. La retraite est un droit social et collectif. Les richesses créées sont immédiatement réutilisées pour la consommation et profitent ainsi au développement de la croissance réelle. C’est un facteur de dynamisme économique.
Au contraire, dans le système de capitalisation, les retraités récupèrent leur effort personnel d’épargne à travers des fonds gérés et placés par des banques, des compagnies d’assurance ou des institutions financières. Ce sont toujours les richesses créées par les actifs qui financent, mais à travers un intermédiaire : les marchés financiers. La retraite est un placement individuel soumis au marché. Les fonds collectés sont retirés de la croissance réelle et orientés vers la financiarisation.
La capitalisation est le système de tous les dangers.
Il est inégalitaire puisqu’il repose sur la capacité d’épargne des ménages sur la totalité de la vie active ; cette capacité est très diversifiée selon les catégories socio-professionnelles et aléatoire sur la durée. L’inégalité des droits à la retraite est accrue.
Le montant de la pension par capitalisation est aléatoire puisqu’il dépend de l’état des marchés lors de la liquidation des droits.
Ce système est enfin néfaste pour l’économie car il favorise le détournement de richesses vers les placements financiers et la spéculation au détriment de l’investissement productif.
Enfin, les modèles étrangers nous montrent le vrai visage de la capitalisation, sa vulnérabilité face aux marchés financiers et ses effets funestes sur les retraites. Les effets de la crise ont été particulièrement importants dans les pays où le système par capitalisation était en vigueur : Royaume-Uni, États-Unis, Irlande, Pays-Bas, Australie. En Suède où la capitalisation a été introduite, la valeur des fonds a chuté spectaculairement et les retraites avec, perdant 4% en 2009 et provoquant la panique chez les futurs retraités.
Les fonds de pension échappent totalement au contrôle des salariés et présentent d’énormes risques.
Périodiquement des scandales éclatent, avec la perte pour les cotisants des fonds accumulés. La capitalisation des retraites n’offre aucune garantie dans un système spéculatif. L’OCDE a calculé que la chute des cours de bourse a fait baisser les pensions de 23% dans les pays où ce système de retraite par capitalisation prédomine. Les systèmes privés de retraites complémentaires ont perdu aussi 10% en Allemagne ou au Mexique.
L’exemple du Chili, modèle pour Madame Parisot est assez significatif. La plupart des Chiliens ne peuvent verser régulièrement leur cotisation-retraite, les pensions y sont d’un niveau misérable.. pour ceux qui les touchent car les deux tiers des retraités sont sans revenu..
« Les fonds de pension ne créent aucune richesse et ils sont soumis aux fluctuations erratiques de la bourse » selon Jean-Marie Harribey, co-président d’Attac.
Laurence Parisot nous assène ses vérités : partir en retraite après 63 ans, cotiser 45 ans et capitaliser. « C’est la seule voie réaliste que nous ayons ! »
La triple peine ? Le 27 mai, les salariés auront l’occasion de dire « non, vraiment non » à ces propositions ultralibérales et d’avancer, autrement, vers une réforme progressiste.
Isabelle Volat

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Bientôt tous grecs ?

Depuis quelques semaines, la Grèce revient sur le devant de la scène.

Il y a un an, la jeunesse d’Athènes avait déjà exprimé violemment sa colère. Aujourd’hui, l’économie grecque est aux abois : la dette publique atteindrait un niveau record. Le pays serait au bord de la «faillite» (mot inapproprié car un État ne peut faire faillite.) L’Union Européenne met, elle, encore plus la pression sur la Grèce, en estimant que le pays doit prendre des mesures draconiennes pour réduire son endettement. Elle demande au gouvernement grec de diminuer de façon importante son déficit public dès 2010 et les dirigeants européens ont appelé la Grèce à ramener d’ici à 2012 le dit déficit, qui s’élève aujourd’hui à 12,7 % de son produit intérieur brut, sous le plafond des 3 %. Le Premier ministre grec a donc décidé d’appliquer un plan de rigueur sans précédent : gel des salaires de la fonction publique, report de l’âge légal de départ en retraite, diminution massive du nombre de fonctionnaires, réduction des dépenses sociales et… diminution des salaires des ministres eux-mêmes : la situation est donc particulièrement grave.

Insuffisant pour certains : « Notre point de vue, a déclaré le ministre suédois des finances, est qu’il faut davantage de mesures concrètes pour que le pays regagne sa crédibilité sur les marchés. » C’est clair : les marchés financiers décident d’une super cure d’austérité, et l’Union européenne exécute…

Moyennant quoi, si nécessaire, la zone euro fournira à la Grèce le soutien dont elle a besoin … Toutefois, la forme que prendrait cette hypothétique aide n’est même pas précisée, car l’Union Européenne n’a de toute façon pas les moyens de faire jouer la solidarité. Elle s’est même interdit de venir en aide à un pays de la zone euro en difficulté. Où est la belle promesse faite aux peuples européens, de construire un espace de solidarité, plus nécessaire que jamais en temps de crise ? Les Grecs, les Espagnols, les Portugais, les Irlandais, qui se font traiter de « cochons » peuvent toujours l’attendre …

Quant au ministre grec des finances, il s’est déclaré opposé à annoncer dans l’immédiat de nouvelles mesures d’économies, estimant qu’un soutien « plus explicite » des Européens serait utile pour faire face aux « attaques des marchés ». Ce sont donc les marchés qui attaquent l’économie de pays comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne ?

Tout le monde sait que les banques ont bénéficié en 2009 d’une aide phénoménale. Fait beaucoup moins connu : l’utilisation des fonds prêtés par la Banque Centrale Européenne.

Les banques prêtent à la Grèce à 6% des capitaux qu’elles ont empruntés à la Banque Centrale Européenne à ..1% ! Au lieu de redistribuer ces ressources aux entreprises et aux ménages et relancer ainsi l’économie, les banques les ont utilisées notamment pour acheter des « titres de dette publique » porteurs d’un intérêt de 4 %, voire, dans le cas de la Grèce, de plus de 6 %.

La BCE a injecté dans les banques 800 milliards en 2009. Les banques ont joué cet argent sur les marchés financiers et l’économie réelle n’en a pas vu la couleur comme le montre par exemple le recul des prêts aux entreprises en 2009. Ou comment regonfler ?les marges en empochant la différence entre ?les taux et fragiliser la reprise économique , voire la compromettre totalement dans des pays dont la dette publique a explosé, essentiellement d’ailleurs pour cause de renflouement des banques !

Il est plus qu’urgent de réformer la BCE et taxer les transactions financières pour désarmer la spéculation, mais au lieu de développer l’emploi et de rechercher de nouvelles sources de financement, la seule recette de Bruxelles consiste à réduire les déficits des «comptes sociaux» qui font partie des déficits publics et doivent donc être sévèrement mis à la diète. A venir de nouveaux tours de vis sur les dépenses publiques, dont la Grèce a un avant –goût aujourd’hui. A qui le tour ensuite ?

Chez nous, la discussion sur la réforme des retraites débutera juste… après les élections régionales. Serons-nous tous « grecs » à l’automne prochain ? En Grèce, la résistance s’organise contre l’austérité qui apportera encore un peu plus de chômage et de précarité…. En France, le 14 mars, premier tour des élections régionales est une très bonne occasion de conforter la gauche « qui résiste » en prévision de luttes futures !