Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

Mot clé - logement

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Pour une ambitieuse politique du logement

Je suis la candidate du Front de Gauche dans la 6è circonscription du Val d’Oise. Éric Peschot est mon suppléant. La période électorale qui s’ouvre sera pour nous l’occasion de développer nos propositions et de les mettre en débat.

Battre N.Sarkozy était une première étape. Dix années de politique régressive, appellent des ruptures et pas seulement des correctifs à la marge des injustices les plus criantes. Aussi, en matière de logement, voici nos priorités.

logement_mai_2012.jpg3,5 millions de personnes sont victimes de mal logement, dont 600 000 enfants, avec des répercussions en matière de santé, de réussite scolaire... Dix millions de nos concitoyens souffrent, de près ou de loin, de la crise du logement. Situation absurde et intolérable !
La « crise du logement » frappe désormais même les classes moyennes et 80% des Français estiment « difficile » de trouver un logement. Un Français sur cinq peine pour payer son logement. Dans le Val d’Oise, 30 000 demandes de logement sont en attente. 7 000 logements devraient être construits chaque année et 25 communes ne respectent pas la loi SRU, dont la vile d’Enghien.

Le logement est devenu une marchandise, source de profit et de spéculation.

Des pays en Europe, des villes en France, par une maîtrise des prix, ont démontré la possibilité et l’intérêt d’une régulation par les pouvoirs publics des prix du logement.

Produire suffisamment de logements accessibles partout où les besoins existent, réguler les marchés et maîtriser le coût du logement pour défendre le pouvoir d’achat des ménages, construire une ville équitable et durable, c’est un impératif pour vivre ensemble.

Le Front de Gauche met sur la table ses propositions en matière d’habitat parce qu’il y a urgence. Cela passe, notamment par la création d’un « service public national du logement, de l’habitat et de la ville » qui aurait pour mission de mettre réellement en œuvre et garantir le droit au logement.

Voici quelques-unes des propositions que nous soutiendrons à l’Assemblée ;

- Engager un programme de rattrapage pour la construction et la réhabilitation de logements sociaux. Il faut construire au minimum 200 000 logements sociaux par an pendant 5 ans, de haute qualité environnementale, avec des loyers abordables
- Imposer la production de logements sociaux dans les communes qui ne respectent pas la loi SRU, par exemple en interdisant les subventions de l'Etat et des collectivités territoriales à ces communes.
- Appliquer la loi de réquisition des logements vides, car la réquisition est l’un des leviers possibles contre la crise du logement. Il y a en France plus de 2 millions de logements vides.
- Interdire les expulsions, pratiques moyenâgeuses qui ne font qu’enfoncer davantage les familles en difficulté.
- Encadrer les loyers du secteur privé pour les limiter à 20% des revenus des ménages
- Abroger les mesures de la droite du type : vente de logements sociaux ou à la découpe, dé-conventionnement, fiscalité immobilière, etc. ;

Un député engagé, c’est utile !
Les députés communistes et du Parti de gauche ont déposé en novembre dernier, une proposition de loi visant à interdire les expulsions, à renforcer la réquisition des logements vacants et à renforcer la loi SRU, en faisant passer de 20 % à 30 % le taux de logements obligatoires en zone tendue et en augmentant les pénalités en cas de non-respect de la loi.

 

Mal logement : les frontières de l'inacceptable sont dépassées

Le Parisien a réservé son premier « grand dossier de la présidentielle » au thème du logement, sujet majeur dans le débat électoral. Normal, c’est, avec l’emploi, la préoccupation numéro un des Français, qui y consacrent la part principale de leur budget. La « crise du logement » frappe désormais même les classes moyennes et 80% des Français trouvent « difficile » de trouver un logement. En cause, « la fragilisation des ressources des ménages» doublée de « l'augmentation considérable du coût du logement.»

700.000 personnes sont en France dépourvues de logement personnel, dont 133.000 sans domicile fixe selon l'Insee. 3,6 millions de personnes sont non ou très mal logées, et plus de 5 millions de personnes supplémentaires sont en situation de réelle fragilité de logement à court ou moyen terme.

"Les frontières de l'inacceptable sont dépassées" selon La Fondation Abbé Pierre qui présente son rapport annuel sur le mal logement et demande aux candidats à la présidentielle un "véritable changement d'orientation des politiques".

"Il manque entre 700.000 et 800.000 logements en France" estime la Fondation, qui propose aux candidats à la présidentielle un "contrat social" en quatre axes, imposant de produire environ 500.000 logements par an, dont au moins 150.000 logements sociaux. Autre impératif, "réguler les prix et maîtriser le coût du logement", en revalorisant les aides, en empêchant les hausses à la relocation et en offrant des recours au locataire si son loyer est plus élevé que ceux du marché. La Fondation demande en outre une "politique de prévention des expulsions" et souhaite que soient imposés aux communes 25% de logements sociaux contre 20% actuellement.

Si le mal logement s’est profondément enraciné en France, il existe toutefois des solutions. C’est Le Parisien qui cite la ville de Saint Ouen, reconnaissant que si des logements y restent accessibles aux familles et aux jeunes, on le doit « à la municipalité communiste, en guerre contre la flambée immobilière et qui entre autres mesures, menace d’utiliser son droit de préemption quand les marchands sont trop gourmands ».

Autre exemple étranger cette fois, celui de la Suède où n’existe pas de logement HLM mais où les appartements du secteur public sont accessibles à tous sans distinction de revenus. Un office municipal du logement négocie chaque année, les loyers avec les associations de locataires, prix qui sert ensuite de référence pour le marché privé. Ce système a permis de maintenir des loyers bas, y compris dans les centres villes et a favorisé la mixité sociale.

Le Front de Gauche a dans son programme « L’Humain d’abord » largement évoqué le problème du logement et fait de nombreuses propositions sur lesquelles nous reviendrons dans les prochaines semaines. Jean-Luc Mélenchon a récemment rappelé son engagement de construire 200 000 logements sociaux par an, d’empêcher les expulsions des personnes en difficulté et enfin de faire cesser le scandale des logements vides par la réquisition. "Le capitalisme a organisé la rareté", a-t-il dit, dénonçant " les banques, le capitalisme, la cupidité".

voir le site de la Fondation Abbé Pierre

 

Des questions? Des idées? Alors échangeons !

lettre_20_1.jpg Pourquoi si peu de pistes cyclables à Saint Gratien ?
Que peuvent apporter les énergies renouvelables?
Un logement « durable « à prix accessible, ça existe ?
Les jeunes sont-ils sensibilisés au développement durable ?
Le PLU, qu’est-ce que ça va changer en ville ?
23 000 Gratiennois, est-ce possible ? Est-ce souhaitable ?
Comment faire des choix budgétaires avec des dotations en baisse, sans pénaliser les habitants ?
Les emprunts de la commune auprès le banque Dexia, quelles conséquences pour le contribuable ?

Si vous vous interrogez sur toutes ces questions… la lettre 20 des élus du PCF-Front de Gauche de la ville est faite pour vous ! Ce document souhaite contribuer à votre information et enrichir les discussions.

Retrouvez l’intégralité de cette lettre en annexe de ce billet.

Vous aussi avez des idées ? Vous voulez poursuivre le débat ? Vous préférez les échanges en direct ? Rendez-vous le mardi 24 janvier !
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Précarité énergétique : la souffrance invisible

15% des ménages souffrent du froid dans leur logement. En mai 2011, l’Insee, dans son enquête « La précarité énergétique : avoir froid ou dépenser trop pour se chauffer » estimait que 3,8 millions de ménages dépensaient plus de 10% de leurs ressources dans leurs dépenses énergétiques, éprouvant donc, selon la loi Grenelle « des difficultés particulières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires, en raison de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat ».
Huit millions de personnes, familles monoparentales ou chômeurs notamment, sont touchées et ne peuvent pas se chauffer correctement, avoir de l’eau chaude, cuisiner, utiliser de machine à laver ni de voiture ou avoir accès à Internet ou à la télévision… et connaissent des difficultés de paiement de leurs factures de gaz, d’électricité, d’eau, aux conséquences parfois dramatiques.

En cause, les faibles ressources de ces familles mais aussi l’état des logements dont la performance thermique est généralement mauvaise et les équipements de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire, souvent vétustes, qui font gonfler la facture énergétique des plus pauvres, surtout dans le parc privé. « Les impayés d’énergie, en constante augmentation, ne sont que la partie émergée de l’iceberg : les diagnostics effectués au domicile des ménages en difficulté révèlent souvent que les ménages pauvres se privent pour ne pas générer de trop grosses factures » relève le réseau « Rappel » qui lutte contre la précarité énergétique.

La situation ne cesse de se détériorer, puisque le coût des énergies n’a fait que croître ces dernières années, et dans quelles proportions ! Le gaz pour ne citer que lui, a vu son prix exploser depuis la privatisation de GDF en 2004 : + 60 % et encore plus de 4% en janvier 2012. Les salaires les plus modestes ne suivent pas, et de loin, la même ascension. Le Smic n’augmentera que de 0,3% en ce mois de janvier, les allocations familiales et les aides au logement n’évolueront plus en fonction de l’inflation, mais de la croissance...

Les conséquences de la précarité énergétique sont dramatiques. Elles sont évidemment financières car elles ont des répercussions sur d’autres secteurs du budget des familles concernées, qui consacrent d’autant moins d’argent à l’éducation, la santé, la culture… La précarité énergétique influe aussi sur l’état du logement qui ne cesse de se dégrader car mal aéré, mal chauffé, humide… Répercussions sociales puisque la vie sociale devient difficile voire inexistante… Les activités « statiques » lecture, devoirs des enfants sont particulièrement compliquées... Il devient délicat de rester propre…et en bonne santé. Allergies, asthme, affections respiratoires, problèmes d’hygiène augmentent. La sécurité devient problématique et les accidents domestiques avec des appareils de chauffage inadaptés se multiplient. Enfin, l’impact sur l’environnement n’est pas neutre non plus.

« Cette incapacité à se chauffer, c’est une nouvelle précarité, une nouvelle forme d’exclusion, une souffrance invisible », souligne un responsable de la Fondation Abbé Pierre.

Des solutions pour lutter contre la précarité énergétique ? Il en existe bien sûr mais comme souvent tout est affaire de volonté politique. Les associations se prononcent pour la création d’un « bouclier énergétique » pour aider les ménages à payer leurs factures en incluant toutes les énergies et non seulement l’électricité et le gaz comme à l’heure actuelle, avec des procédures d’ailleurs si complexes que seule une partie des ayants droit en bénéficie. Elles proposent aussi d’intégrer la performance énergétique dans les décrets sur l’insalubrité des logements, ce qui permettrait de lutter contre la location de « passoires thermiques » et pourrait contraindre un propriétaire à rénover son bien. Ces deux mesures n’ont malheureusement pas été retenues par le Grenelle de l’environnement.

Des mesures plus fondamentales sont évidemment indispensables. Il est impératif de reconnaître et de rendre effectif un véritable droit à l'énergie, notamment garanti par l'interdiction des coupures d'électricité et une tarification sociale garantissant le droit et l’accès de tous à l’eau et à l’énergie. Le Front de Gauche réaffirme l’exigence de la maîtrise publique de l’énergie et la nécessité d’associer les citoyens à son contrôle, pour garantir un coût d’accès à l’énergie acceptable pour tous les usagers. Un plan national de remise aux normes énergétiques des logements est également essentiel.

A Saint Gratien, le programme d’actions de l’agenda 21 de la ville soulève ces problèmes. Une des actions avance l’objectif de lutter contre la précarité énergétique et les difficultés de paiement de l’eau, et organise l’envoi de « médiateurs » auprès de familles modestes pour les sensibiliser aux «éco-gestes» qui leur permettrait de réaliser de « réelles économies ». Car « éco-gestes » riment avec économies, affirme le document municipal. Autant il est difficile de ne pas partager l’idée de départ, autant les moyens mis en œuvre sont inadaptés. Non seulement ils laissent penser que si les familles rencontrent des difficultés, c’est qu’elles ne pratiquent pas les « bons gestes écologiques » mais ils donnent à croire que cela pourra pour une part résoudre le problème. Illusion totale ! Des solutions autrement capitales sont obligatoires. Au plan de la commune, des pistes ont été ouvertes dans le document diagnostic de l’agenda 21, soulignant l’ancienneté du parc de logements gratiennois et la nécessité de prévoir des travaux de rénovation, incluant des aides financières. Une commission municipale élargie du logement et de l’habitat, dont nous avons proposé la mise en place, pourrait étudier la réhabilitation et l’isolation des bâtiments anciens, dont des immeubles insalubres encore subsistants.

Enfin, l’utilisation des énergies renouvelables prend ici tout son sens. Panneaux solaires contribuant à la production de l’eau chaude sanitaire ou chauffage d’immeubles en utilisant la chaleur des eaux usées sont des techniques déjà mises en pratique dans des communes voisines. L’emploi et la formation y trouvent aussi largement leur compte. Réaliser des économies conséquentes sur la facture d’énergie pour les ménages, sur qui pèsent de plus en plus lourdement le coût de l’énergie, même si ils ne sont pas en situation de difficulté de paiement, et développer les emplois « verts » dans les quartiers…. une idée trop audacieuse pour Saint Gratien ?

 

Huit millions de Français n'ont pas les moyens de se chauffer

logement_2012.jpgHuit millions de personnes souffrent du froid parce qu'elles n'ont pas les moyens de chauffer leur logement": la campagne d'hiver de la Fondation Abbé Pierre alerte cette année sur la "précarité énergétique", en réclamant "une action massive" des pouvoirs publics.

A l'occasion du lancement de sa campagne d'affichage hivernale, jusqu'au 14 décembre, la Fondation réclame la création d’"un bouclier énergétique capable d’assurer à tous une capacité minimum à se chauffer". "En France, aujourd'hui, 3,8 millions de ménages souffrent de précarité énergétique, soit un ménage sur six, correspondant à 8 millions de personnes. Des personnes qui ne peuvent se chauffer et s’éclairer normalement, et parfois qui ne peuvent se chauffer du tout", explique-t-elle dans un communiqué. Parmi elles, "les ménages modestes vivant dans des maisons individuelles", dont "plus d'un million de propriétaires occupants", selon l'édition 2011 du rapport de la fondation sur le mal-logement.

La "précarité énergétique" n'a cessé de se développer ces dernières années. En cause: des loyers "qui ont bondi de 50% en 10 ans" et une "hausse dramatique des charges (gaz, électricité, fuel)". "Alors que l’hiver arrive, un tel phénomène n’est tout simplement pas acceptable et doit faire l’objet de toute l’attention des pouvoirs publics. Et d’une action massive et concrète. Sans attendre", plaide la Fondation Abbé Pierre. "Les mesures actuelles (tarifs sociaux, aide aux impayés...) sont beaucoup trop faibles. Elles n’allègent qu’une partie du public concerné et ne compensent pas les diverses augmentations subies par les familles les plus modestes", analyse-t-elle. "La période d’austérité budgétaire qui s’annonce ne peut affaiblir davantage les ménages touchés par la pauvreté ou la précarité", estime-t-elle.

Les affiches diffusées jusqu'à la mi-décembre dans toute la France montrent deux personnes âgées dans leur appartement aux murs défraîchis, dans les bras l'une de l'autre, enroulées dans une couverture, ou une femme et son fils dans un lit, sous les couvertures. "Ils s'aiment mais ce n'est pas ce qui les rapproche. Huit millions de personnes souffrent du froid parce qu'elles n'ont pas les moyens de chauffer leur logement. Agissons !", peut-on lire au bas des affiches.

Spectaculaire lancement, jeudi, à Paris, de la campagne hivernale de la Fondation Abbé-Pierre?: deux militants ont passé toute la journée dans un appartement de trois mètres sur quatre, avec des trous béants à la place des fenêtres, reconstitué devant la fontaine des Innocents. Leur but?? Sensibiliser l’opinion à la précarité énergétique dont souffrent 8?millions de personnes, dans 3,7?millions de logements qualifiés de « passoires énergétiques ».

Infos Huma.fr

rapport 2011 de la Fondation Abbé Pierre sur le mal logement

 

Logement de plus en plus cher, ce n’est pas une fatalité

logement_10.jpgComment remédier à la crise du logement qui frappe notre pays??

Par Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre

Le logement est devenu un marqueur des inégalités, mais aussi d’injustice. L’évolution des dernières années nous donne le vertige?: en dix ans, plus de 110?% d’augmentation du prix du logement ancien, plus de 85?% du logement neuf, plus de 50?% sur les loyers à la relocation. Le logement est devenu, et de très loin, le premier poste du budget des ménages.

La moyenne (25,7?%) annoncée par l’Insee est trompeuse car elle ne distingue pas les catégories de ménage selon les ressources ou selon le statut de propriétaire, de locataire du parc privé ou du parc social, mais elle ne cache pas l’évolution inexorable, depuis les années quatre-vingt (13?% du budget à l’époque).

Cette situation globale ne permet pas non plus de distinguer les familles les plus en souffrance face à ce développement. Il faut comprendre que ce sont essentiellement les ménages qui arrivent sur le «?marché du logement?» qui subissent le plus cet emballement. Les jeunes qui décohabitent, les couples qui se séparent, les personnes d’âge mûr qui, arrivant à la retraite, cherchent un logement plus petit et mieux adapté, les salariés qui doivent déménager pour raison professionnelle ou parce qu’ils ont perdu leur emploi sont les plus touchés. La société se fragilise, se précarise très fortement, or le monde de l’habitat fonctionne encore avec les codes des Trente Glorieuses?: exigence de revenus supérieurs à trois fois le loyer, de contrat à durée indéterminée pour postuler à une offre de logement.

Le rêve de l’accession à la propriété,soutenu par les pouvoirs publics, ne se réalise qu’aux conditions d’un endettement plus long et d’un effort accru parfois déraisonnable.
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L’orientation des décideurs politiques est de nous faire croire que cette évolution est inexorable, que parfois elle est même dans notre intérêt et censée répondre aux aspirations de la majorité de nos concitoyens.

Pourtant, une analyse plus fine et plus critique nous permet de mettre sérieusement en doute ces allégations. Ainsi, la propriété, sous le slogan «?la France de propriétaires?», cache, au-delà des avantages de ce statut, une situation profondément inégalitaire. Avec l’augmentation des prix de vente et les avantages fiscaux accordés à l’acquéreur, cette conception privilégie essentiellement les classes moyennes supérieures et les classes aisées.

La défiscalisation, l’ouverture du prêt à taux zéro à toutes les couches de la population, y compris les plus aisées, creusent en réalité les inégalités et privilégient ceux qui ont déjà du capital ou un apport familial conséquent.

La Fondation Abbé-Pierre, lors de la présentation de son rapport sur le mal-logement en février?2011, comparait le patrimoine des Français?: les 10?% de ménages les moins fortunés disposaient, en 2001, d’un patrimoine moyen de 810?euros contre 656?380?euros pour les 10?% les plus riches?; 1?% des ménages les plus riches possèdent 13?% du patrimoine?; 10?% des ménages les plus riches possèdent 46?% du patrimoine?; 50?% des ménages les moins riches ne détiennent que 7?% du patrimoine… Les bénéfices liés au patrimoine sont cumulatifs et rebondissent dans le temps, de génération en génération, sapant notre socle républicain de l’égalité.

logement_12.jpgLes ménages modestes ont de plus en plus de difficultés pour devenir propriétaires. Ils représentaient 45?% des acquéreurs des résidences principales en 2003, à peine plus de 30?% cinq ans plus tard.

De fait, les ménages les plus pauvres sont de moins en moins propriétaires et les plus aisés de plus en plus. L’ascenseur résidentiel qui a fonctionné dans la période précédente de notre histoire ne marche plus, et la capacité des ménages modestes de passer d’un statut à l’autre s’est considérablement réduite.

Cette profonde inégalité n’est pas inexorable comme on nous le laisse entendre.

Des pays en Europe, des villes en France, par une maîtrise des prix, ont démontré l’intérêt d’une régulation par les pouvoirs publics des prix du logement?; ils ont de plus permis de mener une politique avec des répercussions positives tant sur le pouvoir d’achat des ménages, en limitant le taux d’effort, que dans les perspectives économiques (vis-à-vis de l’emploi) ou écologiques, par une amélioration des conditions énergétiques plus favorables.

Une grande politique du logement plus équitable, moins injuste, plus porteuse d’espoir, en termes de travail et de justice sociale, est possible.
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C’est dans ce sens, avec des propositions concrètes, que la Fondation Abbé-Pierre appelle à une mobilisation générale pour le logement afin que les programmes des prochaines échéances électorales de 2012 intègrent la résolution de la crise du logement comme une priorité de notre société.

L’indignation est forte mais maintenant il faut passer à l’action. L’Abbé Pierre, de son vivant, nous exhortait à crier face aux injustices mais aussi à présenter des propositions pour sortir de la seule plainte qui ne rend pas les gens acteurs et responsables.

Produire suffisamment de logements accessibles partout où les besoins existent, réguler les marchés et maîtriser le coût du logement pour défendre le pouvoir d’achat des ménages, lutter pour moins d’injustice et plus de solidarité, construire une ville équitable et durable, c’est un impératif pour vivre ensemble?: voilà le contrat social que nous proposons à nos concitoyens et aux responsables politiques.

 

Le logement, un sujet majeur

poing-droit-au-logement.jpgSi dans les grandes villes et notamment à Paris, les prix au mètre carré comme les loyers deviennent prohibitifs, des maires prennent des mesures pour lutter contre la flambée des prix.

Jacqueline Rouillon est maire (Fase) de Saint Ouen en Seine Saint Denis. Elle a décidé de limiter dans sa ville le prix de vente des logements, tant les neufs que les anciens. « Recette » pour lutter contre la crise du logement et l’envolée des coûts……

La mairie de Saint Ouen utilise deux leviers pour limiter les prix. Aux promoteurs, elle propose une « charte » dans laquelle ceux-ci s’engagent à respecter un prix moyen de vente de 3 500 € le mètre carré. « Si on laissait faire, on serait à 5 000 €. Je veux empêcher la flambée des prix » explique le maire. La commune travaille dorénavant avec une quinzaine de promoteurs signataires de la charte.

Pour les logements anciens mis en vente, la mairie applique systématiquement son droit de préemption si le vendeur s’écarte de 10% du prix fixé par les Domaines. « Nous sollicitons auparavant le vendeur pour qu’il renégocie la vente. De toute façon, les biens ont pris tellement de valeur que les propriétaires font toujours une marge confortable. »

Si l’on en croit les chiffres, rapporte « Le Parisien » qui a enquêté sur le procédé, cette politique est efficace. D’après un rapport de la chambre des notaires d’Ile de France publiée au deuxième trimestre 2011, Saint Ouen est la ville de Seine Saint Denis limitrophe de Paris où les prix des appartements anciens ont le moins augmenté depuis cinq ans, rapporte le journal, qui cite des chiffres éloquents. Lorsque les prix grimpent de 26% à Aubervilliers, de 25,5% à Saint Denis et de 37% à Montreuil, ils n’augmentent « que »de 19,4% à Saint Ouen.

Bien évidemment, la méthode n’est pas du goût de tout le monde. Elle est sévèrement critiquée et même attaquée en justice par des propriétaires s’estimant lésés et contestant la préemption qui ne s’effectue pas dans l’objectif de réaliser un projet précis, mais seulement pour empêcher une vente. Qu’importe, pour le maire, le plus important reste que grâce à sa politique, les jeunes de Saint Ouen ont encore la possibilité de se loger dans leur ville.

A six mois du premier tour de l’élection présidentielle, le logement devient un sujet majeur car au premier plan des préoccupations des Français. Le Front de Gauche se prononce pour limiter à terme la part du loyer à 20% du budget des familles. Une première étape sera le blocage des loyers dans le public et leur encadrement dans le privé en plafonnant les prix à la vente et à la location.

 

Chers logements chers…

toit.jpgAttention, les locataires craquent. Le drame s’exécute sans bruit. Des cas individuels, éparpillés, invisibles, mais massifs. Le coût pour se loger devient insupportable, en tous sens du terme. En dix ans, les loyers HLM se sont accrus de 29%, les loyers du parc locatif privé ont augmenté de 44,2% en moyenne pendant que les loyers à la relocation doublaient. Dans les logements sociaux, la part des impayés de plus de trois mois passe de 5,4% à 6,7% de 2008 à 2010. L’an dernier, les allocations logement furent réduites de 240 millions d’euros ! Les expulsions atteignent un record en 2009 : 106 938 décisions de justice. Une augmentation de plus d’un tiers en dix ans. Les expulsions par la police ont doublé entre 2000 et 2009 : plus de 10 000 expulsions par an.

Ce sont des chiffres ? Non, ce sont des vies. Saïda s’occupe d’un couple de riches bailleurs dans le XVIIe arrondissement parisien, qui la logent dans un deux-pièces correct pour 400 euros. A leur mort en 2010, les héritiers vendent l’appartement à des investisseurs italiens et lui signifient un congé vente. Elle subit une série d’opérations aux reins. De retour de l’hôpital en mai, elle découvre qu’elle est expulsée. Pas d’hébergement. Elle s’abrite où elle peut. Son logement est loué 1 200 euros. Après quarante ans de service, Saïda, 63 ans, n’a plus de recours. Elle dort sur le trottoir ou dans les bureaux du DAL (Droit au logement) et occupe le square Boucicaut depuis le 16 juillet avec 200 autres familles.

L’hébergement d’urgence est malade des coupes budgétaires réalisées par le gouvernement. Le Samu social ferme 5 000 places à Paris. Il en manque plus de 13 000 rien qu’en Ile-de-France. Pourtant, l’accueil de chaque sans-abri est une obligation qui incombe à l’État, c’est la loi.

Les mal-logés attendaient beaucoup de la loi sur le droit au logement opposable (Dalo). Quatre ans plus tard, l’incurie du gouvernement dans les grandes agglomérations saute à la figure. En décembre 2010, 59% des locataires prioritaires n’étaient toujours pas relogés. La proportion monte à 70% en Ile-de-France. A Clichy (Hauts-de-Seine), Luc et Anne vivent dans 21 m2 avec deux enfants et payent 659 euros pour un studio vétuste. Ils gagnent 1 300 euros par mois et sont prioritaires Dalo depuis 2008, première année d’application de la loi. Aucune proposition de relogement à ce jour, 34 000 ménages sont dans ce cas. Parallèlement, l’Insee recense 2,12 millions de logements vides en 2010, un record, tandis que là aussi l’État refuse d’appliquer la loi de réquisition ! Et tellement de maires bafouent impunément l’obligation (sur vingt ans) de réaliser 20% de logements sociaux dans leur commune. Entre 2002 et 2009, seules 50,3% des communes concernées par la loi SRU ont respecté les objectifs de financement de logements sociaux.

Les travailleurs pauvres, les jeunes, les étudiants, les retraités modestes, les couples divorcés, les migrants ne sont pas les seuls à galérer. D’après une étude TNS Sofres de juin 2011, un Français sur cinq peine pour payer son logement. La part des loyers dans les revenus des locataires a doublé en trente-cinq ans. Et les attaques prolifèrent contre les droits des locataires en HLM. Le gouvernement vend les logements sociaux, dérégule peu à peu les loyers HLM, ouvre les portes du logement social aux promoteurs, c’est la marchandisation des HLM à marche forcée. La loi Molle (loi Boutin de 2009) en est le fer de lance.

Le parc locatif privé n’est pas en reste. La montée en charge des sous-locations, des baux d’un an (meublés), de trois mois ou neuf mois (pour les étudiants), accélèrent la précarisation des locataires. Les baux contre services rendus, y compris sexuels, ne relèvent plus du fait divers sordide. Là aussi le laxisme règne. Les bailleurs les plus cupides ont tous les droits. Un commerçant à la retraite, handicapé, est décédé le 12 septembre des suites du choc subi à la suite de son expulsion illégale par son bailleur et ses gros bras, un mois plus tôt, à Lambersart (Nord), ville dirigée par un ancien ministre du Logement.

Depuis 1984, la masse des loyers perçus par les loueurs a presque triplé une fois l’inflation déduite. Tirés vers le haut par les politiques de défiscalisation pour les plus riches, les revenus fonciers sont passés de 16,5 milliards à 25,6 milliards d’euros de 2003 à 2008. On attend impatiemment, à l’exemple des grands patrons réclamant plus d’impôts, un appel de propriétaires bailleurs pour baisser les loyers. Ou faudra-t-il que les locataires et les accédants, étranglés par le logement cher, se mettent en grève ?

Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au logement, Albert jacquard, généticien, Willy Pelletier, coordinateur général de la Fondation Copernic, Monseigneur Jacques Gaillot, évêque de Parténia

 

Logement : la fondation Abbé Pierre interpelle les candidats à la présidentielle

mobilisation.jpgLa Fondation Abbé Pierre a lancé jeudi 6 octobre une campagne nationale d'interpellation des candidats aux élections présidentielle et législatives de 2012, intitulée "Mobilisation générale pour le logement". L'association "exige qu'ils s'engagent" à faire de cette question "une priorité", et à mener s'ils sont élus, une politique "ambitieuse" pour en "finir avec la crise du logement".

Selon la fondation, dont la campagne est soutenue par Emmaüs France, près de 10 millions de personnes sont victimes de la crise du logement, dont 3,6 millions qui sont mal-logées ou sans-abri, chiffres issus de son rapport annuel diffusé en février dernier. "Le 22 septembre 2011, la Fondation Abbé Pierre convoque "la Mobilisation générale pour le logement destinée à rassembler les citoyens et exiger ainsi des candidats aux scrutins de l'année 2012 qu'ils s'engagent concrètement pour en finir avec la crise du logement", précise un communiqué.

Une "plate-forme de propositions" visant "à être largement partagée et enrichie jusqu'au 1er février 2012" (date de la présentation du prochain rapport annuel de la Fondation) va être diffusée. Elle donnera lieu à la rédaction d'un "Contrat social pour le logement" qui sera soumis "aux principaux candidats à l'élection présidentielle afin qu'ils s'engagent à mettre en oeuvre les mesures volontaristes et ambitieuses proposées".

La plate-forme s'articule autour de quatre points : la construction de 500 000 logements par an sur cinq ans dont 150 000 logements "vraiment sociaux", l'encadrement des loyers et des prix de l'immobilier, la prévention des expulsions locatives et la lutte contre l'habitat et l'hébergement "indigne", et enfin, le renforcement des obligations de la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) en "imposant" aux communes "25% de logements sociaux".

Le grand public est invité à signer une pétition de soutien à ces quatre propositions afin d'appuyer la démarche auprès des candidats.

accéder au site

 

Le logement toujours plus cher

Les tarifs immobiliers battent les records à Paris et les loyers flambent. Les Français s’appauvrissant, il devient de plus en plus difficile de se loger.

Alors que le prix de l’immobilier est en net recul dans la plupart des pays depuis 2008, il a retrouvé en France son niveau maximum. En dix ans, les prix des loyers ont augmenté de 24% et celui de l’immobilier a bondi de 109%.

Une récente étude montre que les prix du logement ancien ont explosé au deuxième trimestre. Selon un rapport de la Chambre des notaires de Paris publié cette semaine, le prix moyen du mètre carré culmine à 8.150 euros. Un record de hausse puisque l’augmentation s’élève à 22,5% sur un an. Depuis vingt ans, jamais une progression des prix n’a été aussi spectaculaire, note l’étude. Septembre devrait atteindre un nouveau pic record avec un prix moyen du mètre carré de 8.648 euros. Les loyers dans le secteur privé ont eux aussi augmenté de 0,9% en moyenne pour cette année, relève l’Observatoire « Clameur ». L’automne connaissant traditionnellement des hausses de loyers du fait notamment de l’arrivée des étudiants sur le marché, l’année 2011 devrait s’achever avec une inflation de 1,8 à 2%.

Le pouvoir d’achat des Français est loin de connaître de telles progressions… Une étude de l’Insee datée de 2009 (depuis la situation n’a fait qu’empirer..) montre qu’un Français sur 7 vit avec moins de 954 euros par mois. Le nombre de pauvres aurait augmenté de 400.000 entre 2008 et 2009. La France compterait au minimum 8,2 millions de pauvres soit 13,5% de la population. Véritable plaie sociale, les prix excessifs des logements sont aussi un réel handicap économique : les dépenses de logement occupent désormais la place la plus importante dans le budget des ménages…. au détriment de la consommation et d’une hypothétique relance.

Dans notre département, c’est à Enghien que revient la palme de la commune la plus chère avec 4 632 € pour un mètre carré. La deuxième place est pour la commune de… Saint Gratien où la même surface vous coûtera 3 893€.

Se loger dans nos communes est un droit qui devient inaccessible à de nombreuses familles.
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Val d'Oise : troisième rallye de la solidarité urbaine

poing-droit-au-logement.jpgLe collectif logement du Val d'Oise communique :
Après deux rallyes dans des communes du 95 ne respectant pas la loi SRU et une journée de rassemblement sous les fenêtres du Préfet, on continue !

Troisième rallye samedi 7 mai ; départ de Bezons: 9h15

Avec les beaux jours, la tentation est forte d'oublier ceux qui subissent de plein fouet la crise du logement. Pourtant la situation dans le Val d'Oise demeure dramatique :

- 7 000 logements manquants

- 30 000 demandeurs en attente

- 25 communes du Val d’Oise ne respectent pas la loi SRU et les 20% de logements sociaux

Parmain est loin de respecter la loi : sur les 2025 logements que compte la commune, seuls 142 sont des logements sociaux.Il en manque 263 pour respecter la loi SRU ! Nous y serons à 10h15.

Nesles-la-Vallée est dans une situation similaire : sur les 742 logements de la commune, seuls 142 sont des logements sociaux. Il en manque 132 pour atteindre les 20% ! Nous serons à Nesles-la-Vallée à 11h.

Exigeons que ces élus « hors-la-loi » engagent rapidement une vraie politique de mixité sociale !

Exigeons la mise en place d'un plan d'urgence dans le département :
- Un plan de construction de 7000 logements par an
- L'application stricte de la loi SRU et de l'obligation de construction de 20% de logements sociaux
- La construction de logements étudiants en nombre suffisant pour accompagner le développement de l’enseignement supérieur
- Un plan d'action précis et ciblé de suppression de l'habitat insalubre
- Une plus juste répartition des éligibles « DALO » sur le département afin de limiter la disparité entre les villes du Val-d'Oise et de respecter la mixité sociale.

LE LOGEMENT DOIT ETRE ACCESSIBLE A TOUS ET PARTOUT !

Les membres du collectif :
CNL 95, Ville de Bezons, ville d’Argenteuil, ville de Montigny, Agglomération Argenteuil-Bezons, ADECR, AFOC Argenteuil-Bezons, Parti de Gauche 95, PCF 95, PS 95, CGT AB-Habitat, Unions locales CGT Argenteuil et Bezons, Collectif habitat de Bezons, LAB', CAP 21, ATSF, MODEM, PCF Bezons, MJS Val-d'Oise, UNEF Cergy, JC Val-d'Oise, Gauche Unitaire, PS Bezons, U.D C.G.T.95, AC ! Sarcelles, NPA 95, Europe Écologie Les Verts du Val d'Oise, RESOCI, FASE

Collectiflogement95@gmail.com
Facebook: Collectif valdoisien du logement
Blog: httpp://rallyes95.wordpress.com

 

Droit au Logement : Halte aux expulsions locatives !

_480_.jpgCommuniqué du groupe CRC-SPG au Sénat (groupe communiste républicain citoyen et sénateurs du Parti de gauche)

Odette Terrade, sénatrice, et les membres du groupe CRC-SPG ont organisé le 1er mars une conférence de presse pour présenter leur « proposition de loi relative aux expulsions locatives et à la garantie d’un droit au logement effectif ».

Lors de cette conférence de presse, Serge Incerti Fromentini, président national de la CNL et Jean-Baptiste Eyrault du DAL, ont affirmé leur soutien à cette proposition de loi que les sénateurs souhaitent faire inscrire à l’ordre du jour lors de leur niche parlementaire, le 5 mai prochain.

A quinze jours de la reprise de la pratique barbare des expulsions locatives, les sénateurs du groupe CRC-SPG ont souhaité par cette proposition de loi affirmer, conformément aux engagements internationaux contractés par l’État Français, le principe de l’interdiction des expulsions sans relogement.

D’autre part, ils considèrent que l’État bafoue manifestement le droit et notamment la loi DALO en permettant les expulsions locatives de personnes reconnues prioritaires par les commissions DALO. Ils souhaitent ainsi mettre fin à cette pratique. Par ailleurs, ils confirment leur conception d’un droit au logement universel reconnu pour tous. Pour finir, ils entendent par cette loi donner une base légale aux arrêtés anti expulsion pris par les maires.

Une telle proposition de loi s’inscrit fondamentalement dans la lutte des Sénateurs du groupe CRC SPG pour la reconnaissance d’un service public du logement sorti des logiques spéculatives, et en faveur d’un réengagement de l’État dans le secteur par la mise en chantier d’un grand plan de construction de logements publics.

 

Saint Gratien : les élus PCF-Front de Gauche vous informent...

Retrouvez en annexe la lettre 16 des élus PCF-Front de Gauche datée de février 2011.

Ce bulletin est centré sur les questions du logement et reprend l’essentiel des articles publiés sur ce blog : diagnostic, propositions et pistes de financement au niveau local, régional et national.

Ces réflexions sont issues d’un travail collectif réalisé au sein du « Front de Gauche » de Saint Gratien.

Réflexion, élaboration, rédaction, mise en page, impression et distribution… assurées entièrement par nos soins…

Qui dit (et fait...) mieux ?

Si vous ne trouvez pas ce document dans votre boîte aux lettres, venez le réclamer au marché le dimanche matin et rencontrer les membres du Front de Gauche gratiennois… Discussion animée assurée sur la voie publique toutes les semaines !

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Droit au logement partout et pour tous

Le 5 février dernier s’est tenue à Bezons la première « rencontre val d’oisienne sur le logement ».
Différentes organisations se sont retrouvées pour défendre « un droit au logement partout et pour tous ». Ce collectif départemental comprend les organisations suivantes :
C.N.L. 95, Villes de Bezons, Argenteuil, Montigny, Agglo Argenteuil Bezons, A.D.E.C.R., A.F.O.C.Argenteuil Bezons, Parti de Gauche, P.C.F 95, P.S. 95, C.G.T. 95, A.B. Habitat, Unions locales C.G.T. Argenteuil et Bezons, Collectif habitat de Bezons, L.A.B.’, CAP 21, A.T.S.F., MODEM, P.C.F. Bezons, P.S. Bezons, J.C. Val-d’Oise, U.N.E.F. Cergy, M.J.S du Val-d’Oise, U.D. C.G.T. 95, Gauche unitaire, AC, N.P.A. Depuis le 5 février, Europe-Ecologie-Les Verts a rejoint le collectif départemental.

Notre blog vient de publier une série d’articles sur le logement, en soulignant que cette question était en France un véritable scandale. Nous souhaitons donc nous faire l’écho de cette journée départementale et diffuser les analyses faites par les divers participants.

Le 2 mars, le collectif du Val d’Oise appelle à un rassemblement revendicatif et festif sur le parvis de la préfecture de Cergy pour un plan d’urgence du logement dans le département en réclamant notamment :

  • La construction de logements
  • L'application de la loi SRU
  • Une réelle application de la loi Dalo et une répartition plus juste des populations

Retrouvez sur le site les interventions des différentes organisations qui ont participé à la journée du 5 février : la CGT, ATD Quart Monde, Jeudi noir, l’Unef, la CNL 95.
Elles font l’état des lieux et décrivent la situation du logement dans le Val d’Oise :
- la difficulté de se loger quand on est étudiant,
- l’inapplication de la loi Dalo, qui fait effectivement ressortir le grand nombre de personnes reconnues comme étant prioritaires à reloger d'urgence, et en parallèle le manque criant de logement,
- la vie des familles condamnées à vivre dans des logements insalubres,
- les squats de Jeudi noir, parce qu’il n’y a pas d’autre choix

Elles avancent des solutions :
- respecter la loi SRU
- exiger un logement social de qualité, aux normes BBC et HQE
- construire des résidences étudiantes
- arrêter la spéculation
- redonner au logement social sa dimension de service public
- favoriser la mixité sociale et éviter la ghettoïsation
- suspendre l’augmentation des loyers
- stopper le désengagement de l’État

Rendez-vous le 2 mars !
voir le site du collectif Bezons_2_mars.JPG

 

Saint Gratien : les élus communistes proposent...

bezons.JPGCe billet fait partie d'une série d'articles parus sur ce blog et qui traitent des questions du logement.
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Venez également faire du remue-méninges lors de la prochaine réunion sur l’Agenda 21 de la ville de Saint Gratien…

Nous, élus communistes de la ville, à quoi sommes-nous utiles dans le domaine du logement ?

Depuis plusieurs années, nous avançons la proposition de création d’une commission municipale élargie du logement et de l’habitat (c’est à dire paritaire et mixte qui comprendrait des élus de la majorité et de l’opposition ; des représentants d’associations de locataires, de propriétaires, des bailleurs, des entreprises résidentes sur la commune…), qui étudierait les différentes problématiques :

  • Renforcement de la mixité sociale des différents quartiers ;
  • Développement du commerce de proximité dans les quartiers et notamment la redynamisation du centre commercial des Marais ;
  • Résorption des dernières poches d’habitat insalubre existants sur la commune ;
  • Etude de l’implantation de logements sociaux dans les nouveaux programmes immobiliers (cf. programme immobilier ESSENTIA en centre ville…) ;
  • Etude d’un programme de l’amélioration de l’habitat et des réductions de consommation d’énergie par la réalisation ce qui s’apparenterait à des « éco quartiers », en faisant en sorte, par exemple, que l’eau chaude des résidences du quartier des Raguenets, des Marais ou encore du Forum soit en grande partie produite par l’énergie solaire. Cela passerait, par exemple, par l’installation sur les toits des immeubles de rampes de panneaux solaires (comme cela existe à Gennevilliers et dans des régions du nord de l’Europe). Dans les appels d’offres concernant ces projets, on pourrait également demander que les entreprises sélectionnées pour ces marchés forment et embauchent des jeunes adultes de ces quartiers afin d’y développer la formation et l’emploi. ..

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Logement : quels financements mobiliser ?

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Le financement de ce nouveau service public et l’effort en faveur du logement (notamment social) pourrait être assuré par un pôle financier public, à partir de la Caisse des dépôts, de La Poste, des Caisses d’Epargne et du Crédit foncier, en taxant par exemple les plus-values des banques, des assurances et des revenus financiers.

  • Prendre des dispositions fiscales pour lutter contre la spéculation et maîtriser le coût financier, par la création d’agences foncières et la taxation des plus-values sur les terrains ; une réforme foncière élargissant le droit de préemption de l’Etat et des collectivités ;
  • Suspendre les aides fiscales au logement privé spéculatif, comme la loi Scellier (*) par exemple, dont le rapport coût/avantages est contesté par la Cour des comptes : La loi Scellier représente un incroyable cadeau fiscal pour ceux qui investissent dans le logement locatif. L’État dépense quelques 75 000 € par logement Scellier, sans exiger une modération des loyers en contrepartie. A côté, l’Etat ne verse que 36 000 € par logement social...
  • Faire en sorte que le produit de la collecte du Livret A soit effectivement affecté au financement du logement, ce que la fin du monopole de La Poste et de La Caisse d’Epargne sur ce livret au profit des banques commerciales a profondément remis en cause ;
  • Une partie du grand Emprunt levé en 2009 doit servir à financer cette cause nationale que doit être la construction de logements ;
  • La Banque Centrale Européenne devrait moduler à la baisse le refinancement des établissements de crédit qui s’engagent à financer les entreprises de BTP participant à l’effort national de construction de logements ;

(*) F.scellier est député du Val d’Oise de la 6è circonscription, dont font partie les villes de Saint Gratien et Sannois

 

Jeudi Noir : Le gouvernement s’attaque aux mal-logés plutôt qu’au mal-logement

jeudi_noir_2.jpgCommuniqué de la majorité de gauche au Conseil régional d’Île-de-France

Le collectif Jeudi Noir a été expulsé ce matin du bâtiment qu’il occupait avenue Matignon depuis fin décembre. Un bâtiment laissé vide par AXA, son propriétaire, depuis plus de 4 ans, au cœur d’un des quartiers les plus cossus de Paris.

Alors qu’associations et partis politiques de gauche avancent des propositions concrètes à la hauteur de la situation d’urgence du logement en France, le gouvernement trace jour après jour les contours de son projet : baisse régulière du budget logement, défense d’une « France de propriétaires » chimérique et CRS pour les mal-logés.

C’est là sa seule réponse à la crise du logement, à l’heure où la Fondation Abbé Pierre estime à 3,6 millions le nombre de victimes du mal-logement ! C’est pourtant le gouvernement qui refuse de respecter les lois de la République, en n’appliquant pas la réquisition des logements vides et en vidant de leur substance les lois SRU et DALO. Pire, il ne cesse d’encourager la spéculation immobilière.

Les groupes de la majorité de gauche du Conseil régional d’Île-de-France (PS, EELV, FDG, FDGA, PRG-MUP, MRC) affirment leur soutien au collectif Jeudi Noir, qui dénonce le scandale des logements laissés vides en plein cœur de Paris pour des raisons spéculatives.

Répondant à l’appel du collectif Jeudi Noir, les élus de la majorité au Conseil régional d’Île-de-France, seront présents aujourd’hui à 18H (vendredi 18 février) devant le 22 avenue Matignon pour dénoncer à nouveau la politique irresponsable du gouvernement et affirmer leur engagement en faveur du logement.

Le gouvernement fait encore une fois la preuve qu’il préfère protéger les intérêts de quelques uns plutôt que de s’attaquer à la crise du logement qui touche la majorité des Français-e-s et des Francilien-ne-s. Au droit fondamental qu’est celui du logement il préfère le droit à la propriété même quand elle n’est pas utilisée…

Après avoir augmenté de 10% son budget consacré au logement en décembre, la Région Île-de-France a choisi de renforcer encore les aides au logement social en février et créé un dispositif d’aide à la conversion de bureaux vides en logements. Dans le même temps, elle engage une politique de critérisation de ses aides aux villes en fonction du respect de la loi SRU. La majorité du Conseil régional compte ainsi faire la preuve qu’une autre politique du logement est possible.

Guillaume BALAS, président du Groupe socialiste et apparentés
Cécile DUFLOT, présidente du Groupe EELV
Gabriel MASSOU, président du Groupe Front de Gauche
Pascale LE NEOUANNIC, présidente du Groupe Front de Gauche et Alternatifs
Eddie AÏT, président du Groupe PRG-MUP
Jean-Marc NICOLLE, président du Groupe MRC

 

La situation du logement dans le Val d’Oise

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Dans le Val d’Oise, 30 000 demandes de logement sont en attente. 7 000 logements devraient être construits chaque année et 25 communes ne respectent pas la loi SRU.

Un collectif s’est créé autour du maire de Bezons pour faire pression sur les communes « hors la loi ». « La préfecture nous obligeait à accueillir les dossiers Dalo (droit au logement opposable) venus des villes voisines qui ne respectent pas la loi SRU. Ça a fini par nous énerver », explique-t-on à la mairie de Bezons. En octobre dernier, Dominique Lesparre, maire PCF, a décidé d’aller manifester chez ces voisins qui préfèrent payer l’amende plutôt que de construire du logement social.

« On a choisi les trois premières villes sur la liste préfectorale des 25 communes val d’oisiennes de plus de 3?500 habitants sous la barre des 20% de logement social?: La Frette, Le Plessis-Bouchard et Enghien-les-Bains ».

Après le succès et l’écho de ce premier « rallye pour la solidarité urbaine » montrant du doigt les communes hors la loi, un collectif départemental du logement a été créé, bientôt rejoint par les fédérations PCF, le Parti de Gauche, le Modem, la CGT, FO commerce, les mairies d’Argenteuil et de Montigny-lès-Cormeilles, l’association Cap 21. D’autres visites ont été rendues en décembre à Frépillon, à Mériel et à Auvers-sur-Oise.

« Selon les localités, les maires apprécient plus ou moins notre présence. Mais tous se sont empressés de nous affirmer qu’ils sont engagés dans la construction de logements sociaux », poursuit le directeur de cabinet du maire de Bezons.

D’autres initiatives sont prévues?: des rencontres pour le logement ont eu lieu début février. Un rassemblement aura lieu début mars, devant la préfecture du Val d’Oise , en présence des acteurs du collectif et de demandeurs de logement. Le NPA vient de se joindre à cette initiative.

Isabelle Volat, Renaut Baphèse et le collectif Agenda 21 du Front de Gauche de Saint Gratien
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Qui peut encore se loger à Saint Gratien ?

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Saint-Gratien et la crise du logement

A Saint-Gratien, la location d’un F1 (à côté du garage BMW) coûte presque 700 €. Un F3 revient à 900 € par mois. Le prix d’un F1 (côté gare) est de 150 000 €. Celui d’un 2/3 pièces s’élève à 250 000 € ; et celui d’une maison de 3/4 pièces est d’environ 400 000 €. Ces prix ont augmenté de + 9 % en un an et de + 30% à + 40% en 5 ans, malgré la crise…

Avec un pouvoir d’achat qui stagne, le paiement d’un loyer ou le remboursement d’un emprunt (parfois sur 30 ans…) peut atteindre 35 à 50 % du budget familial d’un cadre intermédiaire, d’un couple d’employés ou encore d’un ménage d’ouvriers.

Est-ce un hasard si Saint-Gratien a perdu 1 144 habitants depuis 2005 ?
Est-ce un hasard si la structure sociologique de la ville se modifie et montre un vieillissement de sa population ? Est-ce un hasard si le nombre d’employés habitant la ville est passé de 19,4% à 18,7% ces 8 dernières années ? Si le nombre d’ouvriers est passé de 11,6% à 8,6% ?

Qui ne connaît pas dans sa résidence une personne âgée qui se débat avec ses charges qui augmentent, un voisin qui a du mal à payer sa taxe d’habitation, un jeune qui quitte la commune faute d’y avoir trouvé un logement accessible…

Selon le journal du comité d’entreprise de la RAPT de décembre 2010, des conducteurs de compagnies de bus qui traversent la ville sont même contraints de dormir dans leur voiture à proximité de leur dépôt…

Sans généraliser à partir de ces situations dramatiques, nous avons besoin de logements à des prix raisonnables : pour loger les salariés qui travaillent sur la commune, comme par exemple les infirmières qui travaillent dans les résidences de personnes âgées Arepa ou Mapad, ou encore les jeunes adultes qui débutent dans la vie active…

1200 demandes de logements sont en instance sur la ville de Saint-Gratien. A peine 500 sont enregistrées…

Par ailleurs, c’est une chose de réaliser des logements sociaux (31% sur la ville). Mais est-ce une politique durable de les concentrer au delà de la RD 14 et de la voie ferrée ?

Selon un grand cabinet d’audit consulté actuellement par la ville, « Saint-Gratien est fracturé » ! Saint-Gratien est morcelé ! Quid de la mixité sociale et ethnique ?

D’un côté, une ville qui se barricade afin de « vivre entre soi » et parce qu’« elle a peur » (dixit Mme Le Maire en réunions de quartier…), de l’autre des quartiers qui risquent de se paupériser, terreau du développement des communautarismes, où presque seuls le maître et l’institutrice personnifient les services publics…

Il faut une révolution de la politique de l’habitat. Y compris à Saint-Gratien. Une politique du logement durable et du vivre ensemble. TOUS ENSEMBLE. Cela ne mérite t-il pas un « Grenelle » ? Des débats nourris avec tous les habitants dans le cadre de l’agenda 21 local ?

Isabelle Volat, Renaut Baphèse et le collectif Agenda 21 du Front de Gauche de Saint Gratien
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Logement : situation d'urgence

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logement_3.jpgLe logement n'est pas un problème marginal, c'est un problème de société.

Il existe une «insécurité» résidentielle qui touche toutes les classes sociales y compris les classes moyennes. Il est plus que temps pour les pouvoirs publics de se saisir de cette insécurité sociale majeure et d'accorder à cette « véritable indignité contemporaine » les moyens qu'elle réclame.

Notre blog a décidé de consacrer plusieurs billets à cette question essentielle.

Nous traiterons tout d’abord des problèmes spécifiques à notre commune ; nous aborderons dans les tout prochains jours la situation dans le Val d’Oise, puis en France. Enfin, nous mettrons au débat des solutions qui peuvent être apportées tout de suite et à plus long terme ici à Saint-Gratien et plus globalement en Ile de France.

Et vous, lecteur habitant Saint-Gratien ou ailleurs, retraité au loyer élevé ou jeune adulte cherchant désespérément un appartement abordable, famille désirant acquérir une maison… Quels sont vos problèmes, vos idées, vos solutions ? Partagez-les sur ce blog ! Et commentez nos billets sans modération !
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3,6 millions de français mal logés

A nouveau la Fondation Abbé Pierre attire l’attention sur le scandale du mal logement en France : 3,6 millions de personnes, soit 100.000 de plus que l’an dernier, sont confrontées à la précarité en ce domaine. En réalité, comme le souligne également la Fondation Abbé Pierre, ce sont des millions de personnes qui vivent dans des conditions de logement inadmissibles à notre époque et dans un pays tel que le notre, ce que le Conseil de l’Europe avait d’ailleurs dénoncé en juin 2008.Au drame que vivent déjà ces millions de personnes s’ajoute la cruauté des expulsions locatives. Leur nombre ne cesse d’augmenter à la suite de l’envolée des impayés de loyers dus à l’augmentation du chômage et des difficultés à vivre que la crise aggrave lourdement. Cette situation n’a rien d’une fatalité. Elle résulte des choix politiques et économiques du gouvernement de droite qui a décidé de sacrifier le logement social, comme il sacrifie les services publics et la solidarité nationale, au profit des intérêts égoïstes du privé. Le prélèvement et véritable hold-up de 340 millions d’euros sur trois ans, sur les organismes HLM, comme la diminution du budget en faveur du logement social passant de 850 millions d’euros en 2008 à 480 millions en 2010, tendance qui va se poursuivre, le montrent suffisamment. Quant à l’intention de faire en sorte que les locataires deviennent propriétaires ce n’est qu’un leurre pour permettre à l’Etat de se désengager encore d’avantage et un piège quand on sait que les copropriétés ont de plus en plus de difficultés à faire face aux charges. Le logement est devenu le premier poste de dépense des ménages, représentant plus de 25% de leurs ressources. Il est donc urgent d’imposer une autre politique du logement. Le PCF propose de réorienter dès maintenant les finances publiques en vue de la construction de logements accessibles à tous au lieu de favoriser le logement privé spéculatif. Il propose également la construction d’un grand service public national, décentralisé, structuré autour d’un pôle public financier, d’une agence nationale foncière et d’une entreprise publique de la construction pour mettre en œuvre une véritable Sécurité Sociale du logement correspondant aux besoins des familles et à leurs moyens de contribution.

Déclaration du PCF
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Logement : « Il faut tripler les sanctions visant les maires »

Patrick Doutreligne, directeur général de la Fondation Abbé Pierre, qui a présenté mardi 1er février à Paris son 16è rapport sur l’état du mal logement en France, veut faire de ce thème un axe majeur de la campagne présidentielle.
Il est interviewé dans le JDD de cette semaine.

Quel message allez-vous lancer ?

A quinze mois de l’élection présidentielle, nous allons nous battre pour que le logement devienne un thème majeur de la campagne. Il est temps d’arrêter le bricolage. Pour l’instant, on n’a pas de politique forte en matière de logement. Si ce n’est la thématique d’une France de propriétaires dont nous dénoncerons les limites. Mardi (1er/02) nous lancerons une grande réflexion avec les associations, les bailleurs sociaux, les collectivités locales… L’objectif est d’avoir cet été un « contrat social logement « à soumettre à chacun des candidats.

La fin de la crise économique permet–elle d’espérer ?

Tout le monde a cru qu’avec la crise, les loyers et les prix des logements baisseraient. Mais cela n’a pas duré. Le logement représente en moyenne 25% du budget des ménages, 40 à 50% pour les plus modestes. Il y a cinq-six ans, le mal logement touchait de nouvelles catégories : travailleurs pauvres, jeunes smicards, petits retraités… Aujourd’hui, il concerne aussi les classes moyennes, celles qui gagnent entre un et deux smics par mois. Il est urgent d’agir.

Vous pointez du doigt une responsabilité gouvernementale ?

Le gouvernement a trop regardé passer les trains. Il n’a pas construit les 500 000 logements par an promis en 2007. Actuellement, nous tournons autour de 330 000. C’est très peu face au retard accumulé, évalué à 900 000 logements. D’autre part, la politique de l’État contribue à l’augmentation des inégalités et à la flambée des prix. La loi Scellier, par exemple, représente un incroyable cadeau fiscal pour ceux qui investissent dans le logement locatif. L’État dépense quelques 75 000 € par logement Scellier, sans exiger une modération des loyers en contrepartie. A côté, il ne verse que 36 000 € par logement social.

Que faire pour construire davantage ?

La loi SRU impose aujourd’hui 20% de logements sociaux dans les grandes villes. Il faudrait passer à 25 ou 30% et faire en sorte que le texte soit appliqué. Nous ne demandons pas l’inéligibilité des maires qui ne respectent pas la loi, mais le triplement des sanctions. Il faut aussi leur retirer les autorisations de permis de construire. Croyez-moi, ils respecteront très vite le minimum demandé !

Comment stopper l’envolée des loyers ?

Le marché est devenu fou. En dix ans, une personne qui aurait déménagé tous les trois ans aurait vu son loyer augmenter de 70%. Nous demandons un encadrement des loyers au moment de relocations. Nous proposons aussi de réfléchir à la rémunération des agents immobiliers, ainsi qu’au plafonnement des loyers dans le parc social –pas plus de 25% des ressources du locataire.

Et pour la mixité sociale ?

En 2007, on nous a promis un plan Marshall pour les banlieues mais comme la sœur Anne, on n’a rien vu venir. Nous attendons que le plan soit lancé, en 2011 ou en 2012. C’est indispensable si on veut éviter de revivre les événements de 2005. Quand il ya une concentration de gens en difficulté, désespérés, plus ou moins discriminés, cela finit par craquer.

 

Le mal logement en France

abb__pierre.jpgDans son seizième rapport sur l’état du mal logement en France, la Fondation Abbé Pierre dresse un état des lieux bien sombre, appelant chacun à s’interroger sur les limites des politiques du logement conduites actuellement.

Selon le rapport, "plus de 10 millions de personnes sont touchées de près ou de loin par la crise du logement". Parmi les 685.000 personnes privées de domicile personnel, 133.000 sont considérées comme sans domicile, 38.000 vivent dans des chambres d’hôtel et 85.000 dans des habitations de fortune : cabane, construction provisoire, personnes vivant à l’année dans un camping ou en mobil-home.

On évalue à 2,78 millions le nombre de personnes « vivant dans des conditions de logement très difficiles », à 3,2 million celui de celles en situation de surpeuplement, explique la Fondation Abbé Pierre.

En hausse constante, le nombre de locataires en situation d’impayés représente 494.800 ménages, soit 1,2 million de personnes. Le nombre de personnes en attente de logement social était l’an dernier de 1,2 million. Le nombre de gens du voyage qui ne peuvent accéder à une place dans les aires d’accueil aménagées est estimé à plus de 86.000.

La Fondation Abbé Pierre propose cette année, afin de favoriser une politique nouvelle contre le mal-logement, de définir quatre « mots d’ordre » qui ouvrent chacun un ensemble de « chantiers de réflexion » porteurs de débats publics et d’implication pour toutes les forces vives de la Nation (corps constitués, représentants de la société civile et du monde économique, bailleurs, syndicats, associations, citoyens…).

Les mots d’ordre ont pour ambition d’ouvrir des voies et d’indiquer des orientations prioritaires et complémentaires, tandis que les chantiers de réflexion ont pour vocation de faire partager au plus grand nombre l’analyse des tenants et aboutissants de la situation de crise actuelle, mais aussi d’examiner un ensemble de solutions qui participeraient d’une politique du logement plus juste et plus efficace, permettant à chacun de se loger selon ses moyens et ses besoins. Ces « chantiers » sont destinés à susciter le débat public, à permettre de fixer des objectifs, à mobiliser les citoyens mais aussi à interpeller les partis et les candidats aux élections de 2012.

Pour alimenter le débat, pour « donner le ton » et tenir compte des réflexions et expérimentations en cours, des exemples de mesures à prendre (à effets immédiats ou à impacts à moyen-long terme) sont mentionnés à la suite de la présentation des différents « chantiers ».

Les mesures qui sont avancées ici n’ont pas vocation à être prises en bloc ni à être considérées comme figées ni, non plus, comme constituant un corpus exhaustif.

Il s’agit, à travers quelques exemples, d’illustrer ce sur quoi pourrait porter la réflexion pour initier une véritable rupture par rapport aux logiques actuelles.

Ces exemples sont issus, pour une part, des propositions formulées par la Fondation Abbé Pierre dans ses différents rapports sur l’état du mal-logement ; mais ils sont aussi inspirés des mesures proposées, reprises ou aménagées par de nombreux organes, instances et associations : le Conseil d’état, la Cour des Comptes, le Conseil économique, Social et Environnemental (CESE), les états généraux du logement, l’Ordre des architectes, le Collectif des Associations unies, le Comité de suivi Dalo, l’Union Sociale pour l’Habitat, la FNARS, la FAPIL, Romeurope, la Fédération des PACT, l’institut Montaigne et bien d’autres encore…

Quatre mots d’ordre et vingt chantiers pour sortir de la crise

1. « Produire/capter massivement et sans délais des logements, car chacun doit pouvoir être logé dignement »
2. « Maîtriser les prix et réguler les marchés, car le logement n’est pas un bien comme les autres »
3. « Construire une ville de qualité, équitable et durable : un impératif pour vivre ensemble »
4. « Combattre et prévenir les facteurs d’exclusion et d’inégalités pour en finir avec le mal-logement »

voir le détail des propositions

Infos Cidefil

 

3 millions de personnes mal logées en France

La France comptait 250 000 personnes sans domicile ou en hébergement précaire et 2,9 millions habitant des logements sans confort à la fin des années 2000, selon une étude de l'Insee publiée jeudi 6 janvier.
Ces chiffres confirment l'impact persistant et largement diffusé de la crise du logement dans le pays, dénoncé régulièrement par des organisations non-gouvernementales, au premier rang desquelles la Fondation Abbé Pierre. Cette dernière recensait au début de l'an dernier 3,5 millions de "mal-logés", en se fondant sur des critères différents de ceux retenus par l'Insee.
Tout en soulignant que les situations de grande difficulté - de l'absence de logement à la privation de confort - ne peuvent être qu'approchées du point du vue statistique, l'institut évalue à 33 000 le nombre de personnes sans abri ou hébergées en centres d'urgence en France métropolitaine. Cette population, fortement masculine, est pour près de la moitié localisée en Ile-de-France, précise-t-il. S'y ajoutent 66 000 personnes (dont 30% de mineurs et 40% de femmes) hébergées pour des durées plus longues par des établissements sociaux, comme les centres de réinsertion sociale ou les établissements d'accueil mère-enfant, et 34.000 vivant dans des logements relevant de l'aide au logement temporaire (ALT). A côté de ces 133.000 personnes sans domicile, l'Insee en dénombre 38.000 autres vivant à l'hôtel à leurs frais et 79.000 hébergées par un parent ou un ami faute de moyens financiers suffisants pour disposer d'un logement indépendant. L'étude précise que ces situations "touchent plus particulièrement des hommes, des Franciliens et des jeunes" et qu'elles concernent à 43% des personnes qui ont un travail, le plus souvent des ouvriers et employés.
Deuxième grande catégorie identifiée par l'Insee: les victimes de mauvaises conditions de logements, qu'elles habitent dans des logements insalubres, peu ou mal chauffés, privés de sanitaires ou surpeuplés. Leur nombre est estimé à 2,9 millions (1,1 million de ménages).
Cette population regroupe les personnes vivant dans des habitations "de fortune" (constructions provisoires ou caravanes pour l'essentiel), estimées à 85.000 en 2006, celles occupant des logements considérés comme "privés de confort" au regard des critères de la loi de 2007 sur le droit au logement opposable (Dalo), qui seraient 2,1 millions, et les occupants de logements surpeuplés, estimés à 800.000 personnes.
L'étude de l'Insee, qui se fonde sur des données recueillies pour la plupart entre 2002 et 2008 précise qu'un million de ménages à faibles ressources déclaraient en 2006 avoir des difficultés à payer leurs dépenses de logement ou être en situation d'impayés.
Humanité.fr

fondation-abbe-pierre-dec2010.jpg Publicité réalisée par BDDP et Fils pour la Fondation Abbé Pierre. Campagne qui entend attirer l’attention du public sur les 600 000 enfants qui souffrent de conditions de vie indignes

 

Augmentez les salaires !

L’Insee publie son édition 2010 de « France, portrait social » qui dessine au travers de statistiques une image de la crise et de ses conséquences sociales en matière de démographie, éducation, qualité de vie, coût du logement, salaires et inégalités salariales.
La moyenne des salaires en France est de 32 000 € annuels, largement inférieure à celle du Royaume-Uni (54 000 €) et à celle de l’Allemagne (40 000€). Elle est à peine supérieure à la moyenne européenne. 50% des salaires français sont inférieurs à 1,6 SMIC et 13% de la population, soit près de 8 millions de personnes, vit en dessous du seuil de pauvreté.
Selon l’OIT, organisation internationale du travail, institution spécialisée de l’ONU, qui publie son "Rapport mondial sur les salaires 2010/2011", la crise économique des années 2008 et 2009 a provoqué un « ralentissement considérable » de la croissance des salaires : les pays développés ont connu une quasi stagnation : -0,5 % en 2008 et 0,6% en 2009.
Si la nouvelle que les salaires ont souffert de la crise n’étonne personne, l’OIT souligne que cette « stagnation des salaires peut avoir en réalité contribué au déclenchement de la crise et aussi affaibli la capacité des économies de se redresser ». La redistribution des salaires vers les bénéfices « a entraîné une baisse de la demande globale du fait du transfert d’individus ayant une forte propension à dépenser vers d’autres qui épargnent davantage ». L’OIT estime qu’il est dans l’intérêt des gouvernements de fonder leur croissance économique sur une plus forte consommation des ménages.
L’OIT entend également tirer une « sonnette d’alarme sur la reprise qui ne peut se faire sans une amélioration du mécanisme de fixation des salaires » et insiste sur l’importance de réglementer des salaires planchers et de garantir un salaire minimal pour les familles les plus vulnérables qui travaillent. Le risque est de voir d’un côté des pays « avancés » avec une stagnation des salaires et une croissance faible, et de l’autre, des pays en développement avec une consommation soutenue et une croissance forte. Si dans les années 2000, les salaires ont doublé en Asie et triplé en Europe orientale, ils n’ont augmenté que de 5% en Europe de l’ouest et aux Etats-Unis où on prône une modération salariale. Les premiers touchés sont les jeunes, les femmes et les immigrants. Cette situation provoquera selon l’OIT des tensions sociales aggravées.
En cette fin d’année, le verdict est sans appel : 68% des Français estiment mauvaise la politique économique du gouvernement et à 50%, jugent prioritaire l’amélioration de leur pouvoir d’achat. Les derniers chiffres de l’Insee concernant les prévisions de croissance viennent d’être annoncés : le 1,6% visé par C. Lagarde ne sera pas atteint et un ralentissement de la consommation est attendu.
Spirale infernale…

Chiffres et infos tirés de la «revue FSU » de décembre 2010, du « Monde » du 16 décembre et de « l’Humanité » du 29 décembre.

 

Explosion des inégalités

La société française se paupérise. Plus d'un Français sur cinq a traversé une période de "pauvreté", selon un nouvel indicateur de l'Insee, qui ne s'arrête pas à la fiche de paie mais prend en compte d'autres aspects de la vie quotidienne, comme les privations alimentaires ou les difficultés de logement.
Les rapports se suivent... et se ressemblent. Après les cris d’alerte de la « Fondation Abbé Pierre » contre le mal logement (voir blog du 17novembre), puis le rapport de la défenseure des enfants Dominique Versini sur la pauvreté(voir blog du 16 novembre), c’est au tour de la fédération des banques alimentaires de tirer le signal d’alarme. Les craintes des associations caritatives se confirment. Les banques alimentaires font deux fois par an le point sur les personnes accueillies. Elles aident désormais 750 000 personnes chaque année. Entre juin 2009 et juin 2010, la demande a augmenté de 8 à 10%, selon « L’Humanité ». L’aide alimentaire n’est pas réservée aux seuls SDF, mais s’adresse aussi de plus en plus aux foyers modestes. 71 % des bénéficiaires des aides possèdent un logement. Mais le revenu mensuel de leur foyer est inférieur à 1 000 €. 86% travaillent à temps partiel et 44% n’ont pas de CDI. Enfin, la précarité se décline surtout au féminin puisque 68% des personnes aidées sont des femmes, qui sont toujours les premières victimes du chômage, du temps partiel et des CDD, d’après les responsables des banques alimentaires. Les retraités, quant à eux, représentent 11% des aides mais on prévoit une dégradation du fait de la faiblesse des pensions.
Chaque année, les banques alimentaires collectent 80 000 tonnes de nourriture , en provenance des grandes surfaces, des industriels, de l’État et de l’Europe. Les particuliers sont également sollicités ; l’an dernier, ils ont offert 12 000 tonnes. La collecte est organisée le dernier week-end de novembre.
Certains, toutefois, ne fréquentent pas les banques alimentaires. Primes de bienvenue, bonus, actions gratuites, stock-options, parachutes dorés, retraites chapeau… La flambée des rémunérations des dirigeants des grandes entreprises est loin d’être récente. Mais elle a pris des proportions gigantesques. Selon Thomas Picketty, professeur à l’École d’économie de Paris et spécialiste des inégalités de revenus, « la France depuis dix ans, connaît une explosion sans précédent des inégalités.»
Aujourd’hui, si l’on compte à la fois les « salaires » et bonus, les revenus annuels des deux ou trois patrons les mieux payés atteignent 10 à 17 millions d’euros, chiffres de 2008, année de crise… On est donc face à des revenus qui ne se comptent plus en quelques dizaines de fois le Smic annuel, mais en plusieurs centaines de Smic, voire plus de 1 000. Le directeur général de LVMH a touché le 26 octobre dernier, la modique somme de 18 millions d’euros, soit plus de 1 000 ans de Smic brut (dévoilé dans « l’Humanité Dimanche »).
Au Ve siècle avant notre ère, Platon estimait que « le législateur doit établir les limites acceptables à la richesse et à la pauvreté ». Il proposait un rapport de 1 à 4.

plus d'info sur la banque alimentaire

 

"Carton rouge" de la Fondation Abbé Pierre contre le mal-logement

_703_.jpgLe 16 novembre la Fondation Abbé Pierre a lancé sa nouvelle campagne de mobilisation.
Selon elle, la France compte 3,5 millions de personnes très mal logées.
L’organisation pousse un "coup de gueule". Objectif : concentrer l’attention des pouvoirs publics sur la crise du logement en France.
Eric Cantonna est le personnage principal de la nouvelle campagne de communication de l’association contre le mal-logement. Son rôle : agent immobilier. "Alors vous le prenez ?", demande-t-il à l’issue de la visite d’un galetas censé être un appartement : le clip se termine par "En France, 3,5 millions de personnes n’ont d’autre choix que d’être mal logées", suivie d’un carton rouge.
"Le problème du logement n’est pas seulement celui des 100.000 sans-abri", assure le délégué général de la fondation Patrick Doutreligne, citant les 3,5 millions de mal logés et les 6,5 millions de personnes "fragilisées" dans leur logement (exiguïté, menaces d’expulsion ...).
Il a demandé "une vraie politique du logement qui intègre tout le monde". Selon lui, il suffirait de construire 500.000 logements par an (au lieu de 300.000 actuellement) pendant cinq ans pour résoudre le problème du logement.
Infos Cidefil

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Le Front de Gauche attendu sur le terrain des luttes

Comment peut-on prolonger le combat social au plan politique ?
Texte invité

_82_.jpgSyndicalistes, depuis des années, nous nous battons quotidiennement contre les politiques qui créent le chômage, les bas salaires, généralisent la précarité, augmentent les inégalités et les discriminations. Ces politiques continuent de faire la démonstration de leurs dégâts sociaux et humains, de leur inefficacité et de leur cynisme.
Droit du travail, emploi, salaires, éducation, santé, logement, transports, environnement, culture, services publics, protection sociale, retraites, aménagement du territoire, défense des sans- papiers, de l’égalité des droits en ce 40e anniversaire de la création du mouvement féministe… nous tentons chaque jour, avec les salarié(e)s, les chômeurs, les sans-papiers, les jeunes et les retraités de résister et de proposer d’autres choix, d’autres réformes pour la défense de l’intérêt général du salariat. Il faut une autre répartition des richesses produites et une autre orientation des politiques publiques que celles qui cassent un système social qui permet encore aujourd’hui d’amortir les effets de la crise, mais que nous voulons transformer, améliorer et profondément démocratiser.
Face à la nouvelle crise du capitalisme, crise financière, économique, sociale, écologique et culturelle, l’Europe libérale et tous les gouvernements actuels, qui l’ont préparée, ne savent que répondre par de nouvelles régressions. Pourtant la résistance, la colère et la volonté de changement s’expriment à chaque fois qu’on leur en donne l’occasion. On l’a vu lors des grandes manifestations de 2009, on le voit dans la mobilisation qui se construit contre le projet gouvernemental sur les retraites. On le vérifie en réaction à l’odieuse campagne d’assimilation de l’immigration à la délinquance, de la stigmatisation et de l’expulsion des Roms, comme lors des batailles de RESF ou pour la régularisation des sans-papiers. Mais toutes ces luttes, depuis des années, sont orphelines d’une alternative crédible et mobilisatrice à gauche (pas d’une alternance?!).
Les élections européennes et plus encore les élections régionales, avec l’apparition du Front de Gauche, et donc la décision essentielle du PCF, du Parti de gauche et de la Gauche unitaire, rejoints par d’autres organisations, ont ouvert un espoir et des possibles dans lesquels nous nous sommes engagés sans hésiter.
Le monde du travail a besoin d’une politique qui conteste sans ambiguïté le capitalisme, en mettant en cohérence les questions sociales, environnementales, démocratiques et culturelles. Face à la concurrence, entre individus, entre entreprises, entre territoires, entre pays il faut affirmer un projet de société qui permette que les richesses produites par les salariés(e)s servent au développement humain solidaire et respectueux de l’environnement. Par des droits nouveaux, il convient que les salariés, les usagers des services publics, les citoyens puissent intervenir dans l’orientation et la gestion des entreprises privées ou publiques, des services publics et plus globalement de la cité. Cela au niveau local, national, européen et mondial.
C’est pourquoi nous nous sommes engagés dans la campagne, comme tant d’autres qui attendaient depuis si longtemps, sans hésitation mais pas sans précaution. Nous savons bien que l’on ne va pas du jour au lendemain passer d’une histoire des partis à la construction d’une force nouvelle sans difficultés, sans tensions. Mais nous l’affirmons solennellement, le Front de Gauche ne peut pas et ne doit pas rester un simple cartel électoral. Il est attendu sur le terrain des luttes?: sécurité, conditions de travail, emploi, école, santé, services publics, protection sociale… il est indispensable de dépasser les réponses des uns et des autres pour proposer une démarche commune (comme il l’a fait sur les retraites) et s’inscrire dans les batailles unitaires en cours et à venir. Il est aussi attendu sur le terrain politique. Alors que toutes les forces se positionnent pour la présidentielle de 2012, il est essentiel que le Front de Gauche affiche et affirme sa rupture avec une élection et une Constitution bien peu démocratiques. Et pour cela il est nécessaire que toutes celles et tous ceux (syndicalistes, associatifs…) qui n’adhèrent à aucune des organisations actuellement existantes puissent trouver leur place au sein d’un Front de Gauche élargi à toutes les forces qui le souhaitent. Trouver leur place, cela ne veut pas simplement dire pouvoir adhérer à une association ou à un collectif de quartier. C’est pouvoir parler, choisir, décider et rendre compte, participer dans un cadre respectueux de chacune et chacun.
Nous ne sommes ni naïfs ni rêveurs. Nous savons que ce type de processus qui exige des organisations existantes un dépassement est forcément long et difficile. Mais en déclarer l’objectif, en affirmer la volonté c’est déjà beaucoup. «Vouloir arriver, c’est déjà avoir fait la moitié du chemin», dit un proverbe kabyle. La situation l’exige, beaucoup l’espèrent et les militant(e)s syndicaux peut-être plus encore.



Philippe Bouvier (CGT territoriaux Vénissieux), Jean-Michel Drevon (FSU service public), Maryse Neumeyer (Solidaires SUD santé), Jean-Pierre Chapuis (CGT service public), Serge Dufour (intervenant en prévention des risques professionnels et amélioration des conditions de travail), Dominique Rols (FSU Directe), Myriam Plet (spécialiste en droit social et droit des personnes du SAF), Gilles Seitz (CGT médecin du travail), responsables et militants syndicaux de la région Rhône-Alpes
Article paru dans l’Humanité

 

Tournez à gauche !

logofdgneutre.jpgLa loi nous en fait obligation : nous devons, à la veille du scrutin, ne plus publier d’article concernant les élections. Je termine donc une longue série d’échanges, entre billets et commentaires, durant laquelle nous avons évoqué les thèmes majeurs de ces régionales : l’emploi et la formation, les transports, le logement… et aussi ce qui nous attend après ces régionales, du jamais vu en matière d’austérité ! Scrutin local…. à répercussions nationales évidentes !
A Saint Gratien, nous avons voulu mener une « campagne » de terrain, proche des gens : nous avons été présents pour engager la discussion sur le marché, devant les commerces, à la gare, devant la poste. Nous avons largement diffusé les propositions portées par le Front de Gauche pour l’Ile de France, mais aussi décliné localement ces idées. A Saint Gratien aussi, le vote « Front de Gauche » pèsera au soir du 14 mars !

La droite sera visiblement battue le 21 mars dans la quasi totalité des régions. Même arrivée en tête au premier tour, elle ne dispose pas de réserves et voit son score s’écrouler ces derniers jours. L’enjeu de dimanche prochain réside donc principalement dans le rapport des forces à gauche. Le Front de Gauche, constitué aux élections européennes de juin 2009, et élargi depuis à de nouvelles composantes, a pris toute sa place sur l’échiquier politique et s’est affirmé comme une force incontournable. Rassemblement encore tout jeune, il a su très vite s’identifier comme un mouvement unitaire, résolument à gauche, entraînant une dynamique capable de faire bouger les lignes à gauche.
La campagne menée par le Front de Gauche partout en France a porté des propositions cohérentes, crédibles, efficaces : elles suscitent un grand intérêt dès lors qu’elles sont connues. En voici quelques-unes, parmi celles qui me tiennent à cœur, mais j’aurais pu allonger ma liste…

  • L’idée du PassUnigo, zone tarifaire unique quelque soit le lieu où vous habitez en Ile de France, est plébiscitée par les Franciliens, qui considèrent à 79% qu’elle est justifiée ! Assez de la double peine qui fait que plus on habite loin de son travail, plus on voyage longtemps et plus on paie cher son transport !
  • Proposition originale et ayant déjà fait ses preuves dans certaines régions, l’initiative des « Fonds régionaux pour l’emploi et la formation » qui financent des réductions d’intérêts des prêts aux entreprises, si celles-ci satisfont des conditions en matière de créations d’emplois et de formation. Utiliser autrement et efficacement l’argent, c’est possible !
  • Proposition essentielle, celle de suspendre les aides de la région aux communes ne respectant pas la loi SRU qui impose 20% de logements sociaux. Assez de ghettos de riches comme à Enghien ou l’Isle Adam, ville dont le maire est .. A.Poniatowski, tête de liste UMP pour le Val d’Oise !
  • Liste « 100% service public », le Front de Gauche réaffirme la priorité à donner à ces services publics indispensables et que la droite s’attaque à démanteler : éducation, transports, santé…. A défendre et développer absolument !

Le Front de Gauche, ignoré des médias, snobé par les sondages, a mené une campagne proche des gens, des luttes. Il a incontestablement marqué des points puisque même « le Monde » affirme que le « pari semble payant ». Le Front de Gauche progresse au niveau national, reconnaît « le Figaro ». Les meetings font salles combles, la campagne prend et les militants le sentent. La « dynamique unitaire » séduit, la « gauche radicale » devient crédible pour ceux qui veulent que les majorités régionales soient plus à gauche . Le Front de Gauche a le vent en poupe !
« C’est chouette d’être capable de se rassembler et de converger sur nos propositions pour que le Front de Gauche rouvre l’espoir. » (Marie-George Buffet)
L’espoir, le Front de Gauche le porte pour les régions. Elles peuvent constituer au lendemain des élections des pôles de résistance à la politique de casse tous azimuts de la droite et mettre en place des alternatives sociales et écologiques.
L’espoir, le Front de Gauche le porte aussi pour toute la gauche. Plus le Front de Gauche aura rassemblé le 14 mars et plus il sera fort pour assurer l’avenir d’une gauche de responsabilité et de combat.

Le 14 mars : une occasion unique de redonner des couleurs à une gauche combative dont nous aurons bien besoin. Nul doute que ces « régionales » ont une importance nationale ! Assez de la casse sociale, des bas salaires quand les dividendes des actionnaires explosent ? Assez de voir les grands groupes français tailler dans leurs effectifs pour préserver leurs bénéfices ? Refus de payer l’addition de la crise ? Besoin d’une vraie gauche pour mener la bataille sur les retraites ? Besoin d’un rassemblement pour un véritable changement politique ? Alors, vitaminez la gauche, renforcez « la gauche à tête de bois », celle qui ne renonce pas !

Isabelle Volat
Ce billet est le 200è publié sur ce blog depuis mars 2008.



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Un débat capitalE

Dernière semaine de campagne électorale des régionales et force est de constater qu’une nouvelle fois les médias n’ont pas joué leur rôle. Pas de débats contradictoires, pas d’informations sur les projets des uns et des autres, l’éternel jeu des petites phrases ou des querelles personnelles remplaçant les véritables enjeux du scrutin.
Pourtant, les attentes des citoyens sont grandes et les compétences régionales les concernent de près : emploi et formation, transports, logement, lycées.
Pierre Laurent a donc lancé le défi à Valérie Pécresse d’un débat public et contradictoire. La tête de liste Front de Gauche en Île de France et celle de la liste UMP ont ainsi débattu de leurs projets respectifs pour la région le jeudi 4 mars à Saint Denis.
Après le temps des fausses polémiques, enfin un vrai débat qui a abordé les questions essentielles : transports, emploi et formation, environnement, éducation, logement etc. L'occasion a été ainsi donnée à la candidate UMP et au candidat Front de Gauche de débattre des sujets qui font la vie des Francilien-ne-s. Projet contre projet : Valérie Pécresse et Pierre Laurent développent des visions antagonistes de l’Ile de France.
Aucun grand média n’ayant jugé utile de retransmettre cet échange, retrouvez l’intégralité du face à face sur ALTERNA TV, qui contribue ainsi au débat démocratique.

La vidéo du débat.

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