Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

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Comment supprimer 16 000 profs

La chasse aux profs est ouverte !
Un document qui aurait dû rester confidentiel le révèle : une étape supplémentaire vient d’être franchie dans la grande entreprise de démolition du service public de l’éducation. L’objectif de ne pas remplacer un prof sur deux partant en retraite s’est concrètement traduit par des réductions massives de postes ces dernières années. En 2011, le gouvernement prévoit d’en supprimer encore 16 000.
Plusieurs pistes sont envisagées pour cette « chasse budgétaire » qui s’affiche clairement comme comptable. L’intérêt des élèves ? Le fonctionnement des écoles ? La lutte contre l’échec scolaire ? Un service public qui assure la réussite de tous ? L’éducation vue comme un investissement pour l’avenir ? Au placard toutes ces notions ringardes : place à la course aux ÉCONOMIES, il s’agit là d’objectifs purement comptables ! Attention ! On nuance le propos en ajoutant « sans dégrader les performances globales » sauf qu’on voit mal comment cela serait possible… Les pistes envisagées feront dresser les cheveux de la tête de n’importe quel enseignant, et bien au-delà du monde enseignant, de tous ceux attachés à la formation et à la réussite des jeunes.
Première des solutions prônées : augmenter le nombre d’élèves par classe, aussi bien en primaire qu’au collège. Peu importe que les classes françaises soient déjà parmi les plus lourdes des pays européens (des classes de 40 élèves au lycée d’Enghien, des maternelles à plus de 30, des classes de CM2 à 31… tout cela existe à Saint Gratien comme dans toutes les communes de France) Mais, selon le ministère, « les études et expériences les plus récentes indiquent que la diminution des effectifs dans les classes n’a pas d’effets avérés sur les résultats des élèves et que l’augmentation de la taille des classes peut donc être globalement envisagée sans dégradation des résultats des élèves.» Relevons donc les seuils d’ouverture de classe ou encore organisons des « fusions » d’écoles. Une augmentation d’un élève par classe pourrait permettre de faire disparaître entre 6?000 et 7?000 postes. Quant aux recommandations pédagogiques « d’individualisation » de l’enseignement, elles resteront lettre morte sauf à prendre la maîtresse pour « Superwoman », ce qu’elle n’est pas tous les jours (et surtout quand elle a 65 ans, mais ceci est une autre histoire..) Conséquences attendues : des conditions de travail dégradées pour les maîtres mais surtout pour leurs élèves : pas facile de partager une maîtresse à 30, 31 …
Deuxième solution : économiser des postes de remplaçants des profs malades ou en formation continue. Facile, il suffit d’assurer la formation des maîtres en-dehors du temps de travail. C’est vrai, les enseignants ont tellement de vacances qu’ils peuvent bien en consacrer un peu au travail... Plus sérieusement, c’est la fin programmée de toute formation continue et donc une dégradation de l’enseignement apporté aux élèves car les maîtres aussi ont besoin de se former régulièrement. Mais si on peut supprimer la formation, on peut difficilement empêcher les maîtres d’être malades. Aussi, dorénavant, les remplaçants des enseignants en congé de maladie seront des personnels vacataires, non formés, des étudiants à qui on offrira « la possibilité de se familiariser avec la pratique enseignante » et peu importe si nos enfants y perdent un peu/beaucoup au change car rappelons qu’enseigner est un métier qui s’apprend… et pas sur le « tas »…
Troisième piste : se débarrasser de certains élèves…. et notamment les enfants de moins de 3 ans, dont la scolarisation a baissé de 34 à 15%. Oubliées là-encore les études sur les bienfaits d’une scolarisation précoce dans la prévention de l’échec scolaire. C’est une attaque globale contre l’école maternelle, une école où, pourtant, on apprend ! 68 000 places y ont disparu depuis 2000. Au passage, on valorisera les autres modes de garde et on empilera, dans les crèches et jardins d’enfants, les petits « à la consigne » avec des effectifs alourdis au-delà des normes et du personnel de moins en moins formé..
Quatrième « solution » : éradiquer les personnels spécialisés dans le traitement des difficultés scolaires, les « Rased » ou psychologues. Pas de problème, la maîtresse qui sait tout faire les remplacera fort avantageusement et d’ailleurs elle a déjà commencé depuis la mise en place de la nouvelle organisation de la semaine… Ces personnels sont plus qu’une espèce menacée puisque le terme « d’extinction » est utilisé.. Aggravation de l’échec scolaire ? Les enfants qui ne savent pas lire ? Parions que tous ces arguments seront prochainement utilisés pour ternir encore un peu plus l’image du service public…alors qu’il est évident que la disparition de ces personnels aura des répercussions importantes sur l’aide apportée aux enfants en difficulté.
Enfin, chacun sait que les Français sont mauvais en langues. Notre président souhaite que chaque lycéen soit bilingue, voire trilingue, soyons fous ! Pour ce faire, on supprimera tous les assistants étrangers ou intervenants qui aident à l’apprentissage des langues. La maîtresse saura très bien faire cela aussi, même si elle ne parle que peu l’anglais et pas du tout l’allemand.
Alors, oubliés les grands discours sur l’absentéisme des élèves, la violence à l’école, l’échec scolaire ? Car nul doute que toutes ces suppressions de postes ne feront que dégrader encore un peu plus l’école publique qui a déjà fortement souffert ces précédentes années de la cure d’austérité : 40 000 postes disparus en 3 ans …
Le service public de l’éducation est menacé par une offensive sans précédent. L’attaque est si grave que même des recteurs, des inspecteurs avouent leurs inquiétudes et leur amertume. L’éducation, n’est-ce pas pourtant l’investissement majeur d’un pays ? Montrons notre attachement à une école publique de qualité. Il est grand temps.. Il y a urgence…

 

Tournez à gauche !

logofdgneutre.jpgLa loi nous en fait obligation : nous devons, à la veille du scrutin, ne plus publier d’article concernant les élections. Je termine donc une longue série d’échanges, entre billets et commentaires, durant laquelle nous avons évoqué les thèmes majeurs de ces régionales : l’emploi et la formation, les transports, le logement… et aussi ce qui nous attend après ces régionales, du jamais vu en matière d’austérité ! Scrutin local…. à répercussions nationales évidentes !
A Saint Gratien, nous avons voulu mener une « campagne » de terrain, proche des gens : nous avons été présents pour engager la discussion sur le marché, devant les commerces, à la gare, devant la poste. Nous avons largement diffusé les propositions portées par le Front de Gauche pour l’Ile de France, mais aussi décliné localement ces idées. A Saint Gratien aussi, le vote « Front de Gauche » pèsera au soir du 14 mars !

La droite sera visiblement battue le 21 mars dans la quasi totalité des régions. Même arrivée en tête au premier tour, elle ne dispose pas de réserves et voit son score s’écrouler ces derniers jours. L’enjeu de dimanche prochain réside donc principalement dans le rapport des forces à gauche. Le Front de Gauche, constitué aux élections européennes de juin 2009, et élargi depuis à de nouvelles composantes, a pris toute sa place sur l’échiquier politique et s’est affirmé comme une force incontournable. Rassemblement encore tout jeune, il a su très vite s’identifier comme un mouvement unitaire, résolument à gauche, entraînant une dynamique capable de faire bouger les lignes à gauche.
La campagne menée par le Front de Gauche partout en France a porté des propositions cohérentes, crédibles, efficaces : elles suscitent un grand intérêt dès lors qu’elles sont connues. En voici quelques-unes, parmi celles qui me tiennent à cœur, mais j’aurais pu allonger ma liste…

  • L’idée du PassUnigo, zone tarifaire unique quelque soit le lieu où vous habitez en Ile de France, est plébiscitée par les Franciliens, qui considèrent à 79% qu’elle est justifiée ! Assez de la double peine qui fait que plus on habite loin de son travail, plus on voyage longtemps et plus on paie cher son transport !
  • Proposition originale et ayant déjà fait ses preuves dans certaines régions, l’initiative des « Fonds régionaux pour l’emploi et la formation » qui financent des réductions d’intérêts des prêts aux entreprises, si celles-ci satisfont des conditions en matière de créations d’emplois et de formation. Utiliser autrement et efficacement l’argent, c’est possible !
  • Proposition essentielle, celle de suspendre les aides de la région aux communes ne respectant pas la loi SRU qui impose 20% de logements sociaux. Assez de ghettos de riches comme à Enghien ou l’Isle Adam, ville dont le maire est .. A.Poniatowski, tête de liste UMP pour le Val d’Oise !
  • Liste « 100% service public », le Front de Gauche réaffirme la priorité à donner à ces services publics indispensables et que la droite s’attaque à démanteler : éducation, transports, santé…. A défendre et développer absolument !

Le Front de Gauche, ignoré des médias, snobé par les sondages, a mené une campagne proche des gens, des luttes. Il a incontestablement marqué des points puisque même « le Monde » affirme que le « pari semble payant ». Le Front de Gauche progresse au niveau national, reconnaît « le Figaro ». Les meetings font salles combles, la campagne prend et les militants le sentent. La « dynamique unitaire » séduit, la « gauche radicale » devient crédible pour ceux qui veulent que les majorités régionales soient plus à gauche . Le Front de Gauche a le vent en poupe !
« C’est chouette d’être capable de se rassembler et de converger sur nos propositions pour que le Front de Gauche rouvre l’espoir. » (Marie-George Buffet)
L’espoir, le Front de Gauche le porte pour les régions. Elles peuvent constituer au lendemain des élections des pôles de résistance à la politique de casse tous azimuts de la droite et mettre en place des alternatives sociales et écologiques.
L’espoir, le Front de Gauche le porte aussi pour toute la gauche. Plus le Front de Gauche aura rassemblé le 14 mars et plus il sera fort pour assurer l’avenir d’une gauche de responsabilité et de combat.

Le 14 mars : une occasion unique de redonner des couleurs à une gauche combative dont nous aurons bien besoin. Nul doute que ces « régionales » ont une importance nationale ! Assez de la casse sociale, des bas salaires quand les dividendes des actionnaires explosent ? Assez de voir les grands groupes français tailler dans leurs effectifs pour préserver leurs bénéfices ? Refus de payer l’addition de la crise ? Besoin d’une vraie gauche pour mener la bataille sur les retraites ? Besoin d’un rassemblement pour un véritable changement politique ? Alors, vitaminez la gauche, renforcez « la gauche à tête de bois », celle qui ne renonce pas !

Isabelle Volat
Ce billet est le 200è publié sur ce blog depuis mars 2008.



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Un débat capitalE

Dernière semaine de campagne électorale des régionales et force est de constater qu’une nouvelle fois les médias n’ont pas joué leur rôle. Pas de débats contradictoires, pas d’informations sur les projets des uns et des autres, l’éternel jeu des petites phrases ou des querelles personnelles remplaçant les véritables enjeux du scrutin.
Pourtant, les attentes des citoyens sont grandes et les compétences régionales les concernent de près : emploi et formation, transports, logement, lycées.
Pierre Laurent a donc lancé le défi à Valérie Pécresse d’un débat public et contradictoire. La tête de liste Front de Gauche en Île de France et celle de la liste UMP ont ainsi débattu de leurs projets respectifs pour la région le jeudi 4 mars à Saint Denis.
Après le temps des fausses polémiques, enfin un vrai débat qui a abordé les questions essentielles : transports, emploi et formation, environnement, éducation, logement etc. L'occasion a été ainsi donnée à la candidate UMP et au candidat Front de Gauche de débattre des sujets qui font la vie des Francilien-ne-s. Projet contre projet : Valérie Pécresse et Pierre Laurent développent des visions antagonistes de l’Ile de France.
Aucun grand média n’ayant jugé utile de retransmettre cet échange, retrouvez l’intégralité du face à face sur ALTERNA TV, qui contribue ainsi au débat démocratique.

La vidéo du débat.

 

Le grand amour du Front de Gauche pour le service public !

Malgré les attaques dont ils sont régulièrement la cible, les services publics restent plébiscités par les Français. Ceux-ci font confiance notamment à l’hôpital (86%), à l’école (83%), aux grandes entreprises publiques (60 %) et à la justice (60 %). Les services publics font même irruption là où on ne les attend pas : pour la majorité des Français, ils font partie de l’identité nationale !

Aujourd’hui, la droite mène une offensive d’envergure contre les services publics : dénigrement de leur fonctionnement et de leurs personnels pour suggérer aux citoyens que tout irait mieux avec le privé, réduction des ressources budgétaires pour les désorganiser et les empêcher de remplir leurs missions, transfert au privé d’une partie des activités en laissant au public ce qui n’est pas rentable, attaques contre le statut des fonctionnaires.

Depuis 2007, plus de 100.000 postes auront été supprimés dans la seule fonction publique de l’État, avec plus de 34.000 suppressions programmées pour la seule année 2010. L'Education Nationale est particulièrement mise à mal par une saignée sans précédent de ses effectifs et des réformes régressives.

Des suppressions de postes massives seront encore effectuées dans les hôpitaux, déjà asphyxiés par le sous-effectif.

La fonction publique territoriale, elle, est très menacée par la réforme des collectivités locales, qui fait peser de graves dangers sur les missions et sur les emplois publics. La suppression de la taxe professionnelle malmène les finances locales. Elle menace directement de limiter les services publics territoriaux avec une volonté non dissimulée de les privatiser. Pourtant, tout le monde reconnaît le rôle irremplaçable des agents territoriaux dans la bonne marche des collectivités : le Maire de Saint Gratien elle-même a rendu un hommage appuyé au personnel communal lors de ses vœux.

La défense et la promotion des services publics au plan national comme au plan local sont une nécessité. Les services publics sont un facteur essentiel de réduction des inégalités, d’aménagement du territoire, de modernisation de notre pays, de garantie de l’égalité républicaine.

Aujourd’hui, dans le droit fil des logiques ultralibérales, l’ambition du gouvernement est d’achever la marchandisation des services publics et leur mise en concurrence. Santé, poste, transports, énergie… aucun secteur n’est épargné par les directives européennes et la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP).

Nous pensons bien au contraire qu’il faut défendre et améliorer les services publics. Voici les propositions portées par le PCF dans le cadre du Front de Gauche à l’occasion des élections régionales pour défendre et développer les services publics.

  • Sortir les services publics des logiques marchandes, en s’opposant aux fermetures, privatisations, mises en concurrence et à la rentabilité financière. Il faut faire valoir d’autres critères d’efficacité sociale et de coopération.
  • Reconquérir, moderniser les services publics, en créer de nouveaux.

Les biens communs de l’humanité et les besoins vitaux doivent revenir dans la sphère publique : le logement social, les grandes infrastructures (autoroutes…), la gestion de l’eau et du gaz, la santé … Nous sommes pour une réappropriation publique de ces domaines.

Nous voulons aussi créer et développer de nouveaux services publics répondant à des besoins qui se renforcent : des services publics de l’emploi, de la formation, du crédit et du secteur bancaire ...

  • Démocratiser le fonctionnement

Les citoyens usagers, salariés doivent être aussi décideurs et participer à la définition des contenus des prestations attendues, les priorités d’investissement, la qualité des services rendus, la politique tarifaire et les éventuelles gratuités.

Face à un gouvernement qui met à mal comme jamais les services publics, nous faisons le choix du public, nous défendons les services publics, dans une conception modernisée et démocratisée, que ce soit à l’école, dans la formation, dans la santé ou les transports, pour des questions de justice, d’efficacité sociale, mais aussi pour contribuer à créer des milliers d’emplois, au lieu des plans sociaux actuels.

Les trois derniers billets de ce blog traitaient du logement, de l’école et des transports, que nous refusons de voir traiter comme des marchandises. Autant de domaines qui participent à la définition d’une « identité » française originale, solidaire, efficace.

Tous les lecteurs auront remarqué que le titre de ce billet est une évidente allusion à la déclaration publiée sur ce blog la veille de la Saint Valentin….