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Loi Bachelot = arme de destruction massive de la santé publique

sans_titre_2.jpgDans la continuité des lois Juppé et Douste-Blazy, la loi Bachelot (Hôpital-Patients-Santé-Territoires) a pour objectif de réduire de façon drastique les dépenses publiques de santé, de transférer les activités rentables au privé, de permettre aux grands groupes financiers de l’assurance de mettre la main sur le budget de la Sécurité Sociale. En bref, il s’agit de faire de la santé une marchandise au bénéfice du capital qui tente de résoudre la crise dont il porte la responsabilité en cherchant de nouvelles sources de profit.

Soins plus éloignés- moins accessibles-plus coûteux
Pour cela, on réduit l’offre de soins : pas un seul hôpital qui ne soit touché par des restrictions budgétaires, des suppressions de poste, des fermetures de lits et de services.Sous prétexte de sécurité on ferme des hôpitaux de proximité, des maternités (plus de 1000 ces dernières années). Et le décret qui prévoit la fermeture de 182 blocs chirurgicaux va encore aggraver la situation, notamment dans les villes moyennes. Ce recul des réponses de proximité réduira encore les possibilités d’accès aux soins, mettant la population en danger et augmentant les coûts à la charge des patients et des familles. Or on sait qu’aujourd’hui, ce sont déjà 25% des habitants qui renoncent à des soins ou les retardent faute de moyens. Une fois encore, le budget de la Sécurité sociale, sous prétexte du « déficit » organisé et bien utile, est voté en régression et prévoit de nouveaux déremboursements !
En Ile de France l’ARS (Agence Régionale de Santé) démantèle l’Assistance Publique :passage de 37 hôpitaux à 12 établissements et suppression de 4000 postes dont la moitié d’effectifs médicaux, fermeture même de l’hôpital Trousseau mondialement reconnu pour ses recherches et avancées en pédiatrie !

Les urgences menacées
M. Evin, directeur général de l’ARS, prépare un plan de démantèlement des urgences la nuit et les week-ends en Ile de France. Selon ce plan, dans chaque département, un seul hôpital « tête de pont » accueillera les urgences de chirurgie et d’imagerie la nuit ainsi que les week-ends et jours fériés, ce qui engendrera la suppression de 1200 postes. Ceci sans aucune concertation et au mépris de la sécurité des patients.
Ce projet est unanimement condamné par la communauté médicale qui dénonce la mise en danger des malades. Certes, un bloc opératoire ouvert 24h/24, cela coûte cher. Mais que représente une vie humaine dans ce monde du profit roi ? Dans le Val d’Oise, la « tête de pont » serait l’hôpital de Pontoise. Mais quel que soit l’établissement choisi, le résultat est le même : mise en danger des patients par l’allongement des transports et des délais, conditions d’exercice professionnel dangereuses pour les personnels qui ne disposeront plus des moyens nécessaires, difficultés et coûts accrus pour les malades et leurs familles. Ce serait un recul sans précédent du service public dans notre région.
Il faut absolument rejeter ce projet. Les Comités de défense des hôpitaux de Pontoise et d’Argenteuil ont déjà engagé l’action et il est indispensable que cette mobilisation s’élargisse à tout le département.
Nous sommes tous concernés et potentiellement menacés.

Des assises régionales de la santé
Au delà de ce projet, c’est la loi Bachelot et la politique de santé mercantile qu’il faut combattre. Alors que la situation sanitaire du pays et de la région se dégrade de plus en plus, que déjà 25% de la population reconnaît avoir renoncé à des soins ou les avoir retardés faute de moyens, il est nécessaire de résister et de réagir.
Les communistes ont lancé un appel à organiser des « Assises régionales de la santé ». Ces assises doivent rassembler les associations, les comités de lutte, les professionnels et les collectivités territoriales afin de mettre un coup d’arrêt au démantèlement de la santé publique et de la protection sociale, de construire ensemble une politique de santé répondant aux besoins de la population et créer les conditions d’une véritable démocratie sanitaire.
Le Conseil Régional, répondant au voeu du groupe communiste s’est engagé à organiser ces assises. Préparons les partout dans le département afin que cette initiative démocratique et innovante réponde pleinement aux attentes de la population.

PCF 95
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École? : la fin d’une ambition? ?

_453_.JPGTexte invité

Vers un appareil à fabriquer les sujets de la société néolibérale
Le document confidentiel envoyé par le ministre aux recteurs pour les presser de diminuer les moyens humains dans l’éducation ne surprendra que les naïfs. Nicolas Sarkozy avait clairement annoncé la ligne générale dans sa Lettre aux éducateurs (septembre 2007), dans laquelle il disait souhaiter une école avec moins de professeurs.
Ce document s’inscrit en réalité dans une cohérence politique. Il appelle trois réflexions.
Premièrement, les réformes à tous les niveaux de l’enseignement sont enveloppées dans des argumentaires plus généreux les uns que les autres? : elles viseraient à accroître la démocratisation, la liberté pédagogique, l’aide aux élèves les plus défavorisés, l’autonomie, etc.
L’intérêt de ce document est de porter au jour la première des priorités, qui demeure la réduction du nombre d’enseignants. Le dogme est simple? : il faut diminuer la dépense publique et accroître autant que possible la dépense privée des ménages en matière d’éducation. C’est la recette de l’OCDE ou de la Commission européenne déclinée à la mode française. Il serait donc temps de cesser de croire, comme certains l’ont fait il y a peu encore, à la « bonne volonté éducative » de ce gouvernement. Ce dernier cherche à « retourner » en sa faveur les courants les plus différents, réformateurs ou conservateurs, qui ont eu tendance à minimiser la question des moyens humains et des ressources financières au profit du « travailler autrement » pour les uns ou du « retour aux fondamentaux » pour les autres. Il faut bien comprendre que, pour le gouvernement, l’essentiel est ailleurs. Il relève d’une régulation concurrentielle de l’école et d’une emprise accrue de la « chaîne managériale » sur les enseignants transformés en exécutants taylorisés.
Deuxièmement, il est certainement légitime de dénoncer le sabotage de l’école publique organisé par la droite. Le secteur privé va en tirer parti. Mais la transformation programmée vise à modifier en profondeur le fonctionnement de l’école et sa finalité. L’aggravation délibérée de la crise de l’école participe d’une stratégie qu’ont analysée un certain nombre de chercheurs, à l’étranger d’abord, où le processus était plus avancé, et ensuite en France. La réduction des postes est un levier pour mieux assujettir les enseignants et transformer leur mission, leur statut, leur profession. Moins l’école ira bien, plus les familles seront mécontentes, et plus il sera possible de culpabiliser les enseignants, décrétés responsables des dysfonctionnements. Partant, il sera plus facile également de les « mettre sous tension » en alourdissant leur charge de travail et en leur imposant des formes plus fines et plus constantes de pouvoir et de contrôle sur leurs activités.
Derrière la question des moyens, il y a la volonté de mettre en place des modes d’assujettissement dans le travail très comparables à ceux qui ont été diffusés dans les entreprises privées. C’est pourquoi, si l’on veut être cohérent à son tour, il ne suffit pas de dénoncer la suppression des postes, il faut aussi comprendre, pour mieux la combattre, la mutation managériale de l’école publique et les moyens qui sont employés aujourd’hui pour la mettre en place.
Troisièmement, la crise n’a absolument pas freiné, encore moins arrêté la politique néolibérale. Toute la rhétorique catastrophiste sur la faillite de l’État, toutes les mesures déjà annoncées et celles qui le seront bientôt, à l’instar de ces pratiques « confidentielles » de « grattage » des postes d’enseignants, annoncent une accélération et un approfondissement de la mutation de l’État, avec en vue la soumission accrue de la société à un nouveau système de normes. Le néolibéralisme comme logique d’ensemble visant à généraliser la logique de concurrence et à imposer le modèle de l’entreprise n’est pas derrière nous, nous sommes en plein dedans.
Mais là encore, il convient de constater que la transformation est globale et ne porte pas uniquement sur les postes, sur la destruction de la formation des nouveaux enseignants ou sur les modes de contrôle du travail. La liquidation en cours d’une discipline du secondaire comme les sciences économiques et sociales, qui avait le malheur de déplaire aux lobbies patronaux et à l’UMP, laisse penser que tous les moyens sont désormais permis pour faire de l’école un appareil destiné à fabriquer les nouveaux sujets de la société néolibérale.

Christian Laval, sociologue, chercheur à l’Institut de recherche de la FSU et membre du conseil scientifique d’ATTAC

 

Coup d’Etat

Lors de la conférence sur les déficits publics du 20 mai, sans même un débat parlementaire, le Président de la République annonce qu’il souhaite changer la constitution, afin d’y inscrire l’obligation de l’équilibre budgétaire des dépenses publiques. Un véritable « coup d’état » puisque cela reviendrait à imposer à tout gouvernement de poursuivre la même politique d’austérité en lui interdisant de s’engager dans toute autre voie économique. Au-delà de l’Etat, sont visées toutes les collectivités locales et la Sécurité Sociale qui seraient mises « sous tutelle » car également contraintes à la règle de la réduction des dépenses. Sont prévus non seulement le gel des dotations d’Etat aux collectivités mais aussi la modulation de ces dotations selon des « critères de bonne gestion » pour les encourager à réduire leurs dépenses. Les dépenses de santé, elles aussi, devraient régresser jusqu’en 2012.
Le temps est donc bien venu de la « rigueur » quoiqu’en dise le gouvernement mais surtout, ces annonces s’inscrivent dans la stratégie de casse et de mise sous tutelle des collectivités territoriales. C’est la suite logique de la « contre-réforme » des collectivités que veut imposer la droite, déjà enclenchée avec la suppression de la taxe professionnelle, qui prive les collectivités de toute autonomie, les taux étant déterminés par l’Etat.
S’agissant des finances publiques, Sarkozy justifie ces mesures en précisant qu’il est « normal que l’État applique aux collectivités locales la règle qu’il adopte pour ses propres dépenses » et parlant d’une « mesure de responsabilisation collective ».
Mais la décision du gouvernement de soutenir les banques et les marchés financiers, en injectant des sommes considérables sans contrepartie pour la croissance et l’emploi, a fait gonfler le déficit public national déjà élevé. Il explose littéralement pour atteindre aujourd’hui le double de celui de l’année dernière, 158 milliards d’euros, c’est à dire 8% du PIB !
Les collectivités et notamment les départements apparaissent par comparaison particulièrement vertueuses : sans déficit de leur part, elles ne recourent à l’emprunt que pour investir, jouant ainsi un rôle essentiel de soutien à la croissance et à l’emploi grâce à des politiques ancrées au plus près des territoires. Si les collectivités territoriales représentent près de 75 % de l’investissement public, seulement 11% de la dette publique leur est imputable. Sachant que l’État doit aux seuls départements déjà 4,65 milliards d’euros pour la simple année 2009 au titre des charges transférées, parler de « responsabilisation collective » dans un tel contexte confine à l’indécence.
Plus inquiétant encore dans ce projet, les dotations seront, désormais, « modulées selon des critères de bonne gestion pour encourager les collectivités locales à réduire leurs dépenses dans les mêmes proportions que l’État ». Face à l’opposition de plus en plus marquée de la plupart des collectivités territoriales vis-à-vis de la politique de l’État, la docilité dans l’accompagnement de la politique gouvernementale deviendra-t-elle le « critère de bonne gestion » ?
C’est la mise à mort programmée de ce qu’il reste de démocratie locale, les collectivités élues sur un programme opposé à la politique gouvernementale se voyant menacées de « représailles » financières si elles le mettaient en application. C’est la confirmation d’une recentralisation et d’une vassalisation sans précédent des institutions de notre pays !
L’Etat doit balayer devant sa porte, non en réduisant les dépenses publiques mais en abolissant le bouclier fiscal (600 millions) et en taxant les actifs financiers qui s’élèvent au chiffre astronomique dévoilé par l’INSEE de 5 000 milliards d’euros.
Plutôt que d’organiser l’asphyxie financière et la mise sous tutelle des collectivités, il convient au contraire de les soutenir pour une meilleure satisfaction des besoins des populations et une plus grande solidarité entre les territoires. A ce titre, les services publics locaux, auxquels s’attaque le gouvernement via son projet de réforme territoriale et la mise en œuvre des directives européennes de libéralisation émanant des critères de Maastricht, constituent des boucliers sociaux particulièrement efficaces au moment où la crise bat son plein. Les habitants de nos communes y sont particulièrement attachés.
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Economie, petite leçon n°6 : A quelle sauce le gouvernement compte t-il nous manger après les élections régionales ?

La question postée il y a quelques jours sur ce blog par Isabelle Volat, " Bientôt tous Grecs ? ", n’était absolument pas anodine.

Un plan d’austérité d’une ampleur sans précédent est dans les tiroirs. François Fillon en meeting hier l’a re-déclaré (après son interview du 30 janvier dans le Figaro, cf ci-après) : " nous sommes déterminés à faire des efforts sans précédent ".
Les éléments les plus saillants du plan de " méga-rigueur ", déjà concocté et prêt à être appliqué en avril après les élections, " quel qu’en soit le résultat " (dixit Xavier Bertrand sur TF1, hier soir à 20h30) sont connus.
Notre objectif ici est d’attirer votre attention sur ce plan et sur ce qui se disait, lisait et s’écrivait dans les " milieux autorisés " en tout début d’année 2010. Avant que se profilent des sondages défavorables pour la droite.
Nous sommes prévenus : "Nous sommes unis, nos équipes ne changeront pas, notre programme ne changera pas", a insisté M. Bertrand, n°1 de l’UMP sur TF1 hier soir.
Le président est ré-intervenu hier dans la campagne des élections régionales (du jamais vu depuis leur création…) pour dire qu' " il s’agit d’élections à caractère régional et donc qu’il faudra en tirer des enseignements à un niveau régional et aucunement à un niveau national " (Le Monde 10 mars).
François Bayrou, lui même - sur France Inter hier matin - a dit que " quoi qu’il arrive, quelque soit la force qui sera aux commandes après, une politique d’extrême rigueur sera nécessaire, comme jamais on en a vu depuis 30 ans. "



Que se passe t-il ? De quoi parle-t-on ? Que faire ? Peut-on inverser l’ordre des choses ? Comment ?
Le " Serons-nous bientôt tous grecs ? " n’était en rien anodin.
Voici les éléments les plus saillants du plan de rigueur que le gouvernement a préparé.
Voilà ce qu’il faut s’attendre. Voilà ce qui est dans les tuyaux.
D’abord le cadre :
Paris dans le collimateur de l’Union Européenne.
Paris a été convoqué par Bruxelles début février (comme les gouvernements Portugais, Irlandais, Espagnol ou le Grec – pays qualifiés de PIGS = PORCS par la communauté financière, au motif qu’ils ne respectaient plus les critères de Maastricht à cause du coût du sauvetage de leurs banques).
Paris a confirmé à Bruxelles sa volonté de réduire le déficit à 3% d'ici 2013.
Paris a transmis à Bruxelles le "Programme de stabilité de la France".
De quoi s’agit-il ?
Le déficit public (État, comptes sociaux, collectivités locales) devrait, lui, atteindre 8,2% du PIB en 2010, un record bien loin de la limite de 3% fixée par les traités européens.
Bruxelles a donné à Paris jusqu'en 2013 pour rentrer dans les clous.
Comment ?
Pour " tenir " ses engagements, la France mise à la fois sur un retour des recettes grâce à la croissance et surtout sur un programme d'économies, annoncé par N.Sarkozy fin janvier 2010, lors de la conférence sur les finances publiques.
Le président a fixé le cap, il a annoncé des "décisions extrêmement importantes" en avril pour "contenir" les déficits français (AFP).
"Je vais proposer un programme d'économies d'ici quelques semaines à la demande du président. (...) On est en train d'y travailler" (Eric Woerth, ministre du budget).

  • L'objectif est de faire en sorte que "la dépense publique n'augmente pas de plus de 1% par an, alors qu'aujourd'hui, elle augmente plutôt de 2%".
  • La progression de la dépense des administrations publiques (État, collectivités et Sécurité sociale) doit ainsi être limitée en moyenne à 0,6% par an en volume (c'est-à-dire en plus de l'inflation) entre 2011 et 2013.
  • L'État continuera à contenir ses dépenses selon la règle du "zéro volume" (pas d'augmentation en plus de l'inflation).
  • Mais une hausse prévue du coût des intérêts de la dette, deuxième poste de dépense du budget de l'État, le contraindra à resserrer la vis dans d'autres domaines, a-t-on ajouté.
  • Par ailleurs, un effort conséquent sera demandé aux collectivités locales et aux administrations de Sécurité sociale.
  • Enfin, la France s'engage à réduire de 2 milliards d'euros par an entre 2011 et 2013, soit 6 milliards en trois ans, les "niches fiscales et sociales", c'est-à-dire tout cet éventail de dispositifs dérogatoires qui représentent un manque à gagner pour les caisses du pays.

Après le cadre, du très concret :
Comment ce " méga-plan " d’austérité va t-il impacter notre quotidien ?
Acte 1 : Le sort des mesures prises l'an dernier en faveur du pouvoir d'achat
Le Figaro : Les mesures de l'an dernier en faveur du pouvoir d'achat (baisses d'impôt sur le revenu, allocation de rentrée scolaire majorée…) seront-elles reconduites ?
François FILLON : Elles avaient été prévues pour une année seulement, en riposte à la crise.
Nous ne sommes plus dans la phase aigüe de la crise (re sic) : 1,4% de croissance, ce n'est pas la même chose que -2,2% ! Il n’y aura pas de coup de pouce au Smic, ni à l’allocation de rentrée scolaire.
Acte 2 : La réforme des retraites
Le Figaro : Quand le chef de l'État affirme que "tout le monde sera concerné" par la réforme, parle-t-il uniquement de l'âge de départ et la durée de cotisation ?
François FILLON : " Il nous manquera 100 milliards pour financer nos retraites à l’horizon 2050. Aucune question n'est taboue. Celle du calcul de la pension sur les six derniers mois de salaire, dans la fonction publique, se pose évidemment " (il existe des solutions alternatives à celles que déroule François FILLON : voir en page 10 du tout dernier Monde Diplomatique, la démonstration faite par Laurent Cordonnier qui infirme l’approche très alarmiste de la situation).
Acte 3 : Les dépenses de l’Etat
François FILLON : " S’agissant des effectifs de l’Etat, nous allons poursuivre le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux jusqu’à la fin du quinquennat ".
Acte 4 : Concernant les finances des départements
Le Premier ministre a commandé le 31 janvier 2010 une mission sur les finances des départements et collectivités " qui ont vu beaucoup progresser leurs dépenses, notamment dans le domaine social " (AFP 31 janvier 2010).
Dans une lettre rendue publique, F.Fillon a précisé quand il a confié cette mission "de diagnostic et de propositions" , d'étudier les moyens de "consolider" les finances des départements fragilisés, ce qui appelle selon lui à "des réponses originales et innovantes".
Lesquelles ?
Il rappelle que " depuis les années 80, les départements ont vu leur rôle de collectivités de proximité se développer, assumant notamment la "gestion de l'allocation personnalisée d'autonomie, du RMI devenu RSA", le dispositif pour handicapés, la protection de l'enfance... "
" Il est temps de lever le pied " a t-il été dit en off.
Cette lettre de mission a été publiée quatre jours après une conférence organisée à l'Elysée sur les déficits publics. Son contenu " anti-social " est tel que la réunion a été boycottée par plusieurs représentants des collectivités locales, dont des élus UMP…
Acte 5 : la sécurité sociale et plus précisément le budget des hôpitaux
Pour ramener le déficit public à 3 % du PIB en 2013, il fallait " gagner " cinq point de PIB, soit 100 milliards d'euros. 50 milliards seraient récupérés grâce à la reprise des recettes fiscales sans augmentation des prélèvements obligatoires et à la fin des dépenses de relance (cf. ci dessus).
Eric Woerth entend " trouver " 50 milliards d'euros supplémentaires en réduisant la dépense. Pour cela, sont évoquées les dépenses d'assurance-maladie.
Selon Y.Dimicoli, économiste, responsable de la section économie du PCF, " On a tout de suite en tête le ‘plan stratégique’ 2010-2014 de l’ AP-HP que son directeur général voudrait faire adopter en avril ou mai prochain, dès les élections régionales passées....
La perspective en est de nouveaux regroupements et fermetures d’hôpitaux, la probable disparition d'un des trois pôles universitaires pédiatriques franciliens de renommée mondiale, l'hôpital Trousseau, et la suppression de quelque 3500 postes ".
Acte 6 : La petite enfance et les crèches
Même le budget des crèches sera sacrifié sur l’autel des économies budgétaires et du strict respect des sacro-saints critères de Maastricht…
Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille, envisage ainsi, selon Libération du 11 mars, de prendre un décret qui prévoit (doux euphémisme) d’assouplir les règles d’accueil. Le texte prévoit d’augmenter le nombre d’enfants dans les crèches et abaisse le taux minimal de personnel très qualifié (éducateur et auxiliaire de puériculture).
Ce jeudi 11 mars de nombreuses crèches étaient fermées, pour cause de grèves des professionnels de la petite enfance (Ce matin, avez vous pu laisser votre bambin au centre de garderie Georgette Agutte aux Raguenets ?).

ça suffat comme ci !

D’autres solutions économiques et financières alternatives sont possibles.
Elles ne seront pas développées dans ce billet - qui est déjà trop long.
Ouvrez et téléchargez sur votre ordinateur en PJ les propositions rendues publiques par le Front de Gauche - et plus particulièrement le PCF - le 26 février lors d’une réunion avec des acteurs économiques Parisiens salle des agriculteurs dans le 9ième arrondissement de Paris.
Relisez notre petite leçon d’économie n°4 sur les fonds régionaux pour l’emploi et la formation (les FREF). Nous insérons ci dessous sur ce thème une petite illustration, demandée par nos internautes (de plus en plus nombreux…)
A quelle sauce voulez - vous être mangés après les élections régionales ?
Aux commandes des affaires de l’État la droite a fait ses preuves. Il est grand temps de dire stop.
" Les socialistes ne mesurent pas (encore ?) l’ampleur de la crise. Il faut prendre le grand tournant ". (JL. Mélenchon, Direct Matin du 10 mars)

Le 14 mars : Changez de menu ! Sortez des sentiers battus !

Rejetez les plats trop saucés qu’on vous impose depuis trop longtemps. Mangez bio !

Votez Front de Gauche, le seul vote qui vous garantit une absence de nausée et de diarrhée après les élections régionales !
Front de Gauche, le seul vote recommandé dimanche par votre médecin !

Stéphane Bauer FREF_travaille_-2-.jpg

 

Elèves en danger !

Les élections sont terminées… Voici le début du fameux plan de « rigueur » du gouvernement. Il ne s'agit pas d'une simple « gestion sérieuse »…

Quelque soit le nom donné, ce sont bien des coupes sévères qui affectent les dépenses publiques. Il faut réduire le "rythme d’évolution de la dépense publique" et donc économiser 10 milliards par an. Premiers visés : le logement, l’emploi, la santé… c'est-à-dire le niveau et la qualité de vie de la grande majorité des Français.

A ce rythme là, au milieu du quinquennat, seuls les moins "pauvres" d'entre nous auront un logement décent, mangeront des produits frais à un repas et enverront leur enfants à l'université obtenir un diplôme de peu de valeur pour qu'ils ne soient pas comptabilisés comme demandeurs d'emploi.

L'Education nationale est déjà dans la ligne de mire depuis quelques années. Aujourd'hui, les choses s’accélèrent. 80 000 postes vont disparaître en quatre ans. Plus de 11 000 départs en retraite ne sont pas remplacés en 2008, dont 7 000 dans le secondaire.

Cette situation inacceptable provoque la colère des personnels et des élèves. Ces suppressions de postes signifient des classes plus chargées encore, la fin des options et des dédoublements de classe pour des matières comme les langues ou les sciences et enfin des heures supplémentaires pour les profs parfois au-delà du possible...

Pourquoi travailler plus au détriment des élèves et des enseignants … au détriment des connaissances transmises et produites?

Parce qu'une heure supplémentaire de prof. coûte 2,3 fois moins cher qu’une « heure poste ».

Pourquoi des conditions de travail toujours plus difficiles pour les élèves et les enseignants alors que la lutte contre l’échec scolaire nécessite au contraire davantage de moyens?

Comment l'avenir de nos enfants résistera-t-il à ces sacrifices ?

Pourquoi accepter de faire d'eux une génération sacrifiée ?

Pour que la France ait les moyens d'envoyer des troupes en Afghanistan, pour que le gouvernement assume les conséquences du "paquet fiscal" de juillet, pour que les plus riches s'enrichissent encore et toujours ! Et même, en reprenant les arguments de la droite, comment notre pays va-t-il rester dans la compétition internationale de la société dite de la connaissance.

A l’école élémentaire la grogne monte contre des « nouveaux » programmes très rétrogrades imposés sans aucune consultation des maîtres, contre la multiplication des dispositifs hors temps scolaire (soutien, stages…) alors que l’école souffre d’un déficit de moyens pour assurer la réussite de tous.

Les enseignants, les parents, les lycéens se retrouvent dans des actions communes, manifestations, pétitions… Mais il faut faire plus… inventer pour stopper cette mise à sac de l'éducation !

Au lycée d’Enghien, 11 postes de professeurs sont supprimés.

Cela signifie inévitablement la disparition des travaux de groupes, des dédoublements en langues vivantes et des heures de soutien pour les élèves en difficulté. Cela signifie aussi des suppressions de classes et d'options et donc la systématisation des classes en sureffectifs.

Les heures supplémentaires sont imposées aux professeurs, alourdissant leur charge de travail et les rendant moins disponibles pour leurs élèves.

Au-delà de ce surplus de travail, c'est l'organisation des cours et leur évaluation qui sont remises en cause… les attaques récentes contre le bac ne font que préparer sa disparition du fait de son coût d'organisation et non de son inadaptation didactique.

Dès cette année certaines épreuves, notamment dans les filières techniques, sont passées de l'oral à l'écrit et ont donc été rendues plus difficiles à passer pour certains élèves. Pourquoi? A cause de leur coût : une épreuve écrite coûte moins chère à organiser qu'une épreuve orale. Un contrôle continu en classe de terminale coûte moins cher que la correction du bac.

Cette situation ne peut que fragiliser la vie des lycéens en diminuant le nombre d’adultes qui les accueillent et les encadrent. Cette situation ne peut que conduire à renforcer les inégalités face à l'échec scolaire.

Or, comme tous les établissements, le lycée Gustave Monod d’Enghien souffre déjà d’un déficit de personnel. C’est donc une aggravation particulièrement inacceptable. Le conseil d’administration du lycée a dénoncé cette situation et a réclamé que lui soient restitués les moyens d’assurer correctement ses missions d’enseignement. Une journée de grève est organisée le 10 avril avec manifestation à Paris, elle fait suite aux nombreuses actions de ces derniers jours.

Lycéens, parents d’élèves et enseignants doivent se rassembler pour réclamer les moyens indispensables au bon fonctionnement du service public de l’éducation.

Il est aujourd’hui très gravement menacé. Défendons-le ! OLYMPUS DIGITAL CAMERA