Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

Pierre Laurent en Corse

SONY DSC                       Le secrétaire national du PCF, de passage en Corse, est interviewé ce 15 août par le journal « Corse matin ».

Pour les 100 jours de François Hollande, Pierre Laurent « espérait mieux dans l’intérêt des Français. Le PS doit s'armer de courage face aux marchés.» Quant à Arnaud Montebourg, il « n’a pas pris de mesures efficaces ».

Les sages du Palais-Royal opposés à la modification de la Constitution pour faire appliquer le traité européen. Qu’en pensez-vous ?

PL Cette décision risque d’entériner définitivement les politiques d’austérité en France et en Europe. En ratifiant ce traité, nous serons pieds et mains liés. Le pacte budgétaire prévoit une austérité drastique pour les pays qui ne respecteraient pas la réduction de leur déficit public. C’est dramatique. On ne sortira pas de la crise si on ne sort pas de l’austérité. De plus, cette ratification va s’opérer dans le dos des Français.

Que proposez-vous pour empêcher la signature du texte ?

PL Nous allons demander au président de la République d’organiser un référendum dès la rentrée. Les électeurs ne sont pas informés de la gravité de ce que contient ce pacte budgétaire. De plus, cette décision, essentielle pour l’avenir du pays, risque une nouvelle fois d’être prise sans consultation. L’enjeu est encore plus important que pour le traité de Maastricht il y a vingt ans, qui était déjà une erreur monumentale. François Hollande s’est fait élire en promettant une rupture avec les politiques d’austérité, maintenant nous demandons des actes.

Comment allez-vous procéder ?

PL Nous allons prendre des initiatives dès la fin du mois pour mobiliser toutes les forces de gauche. Des associations comme Attac sont décidées à agir ; des acteurs du monde syndical aussi, et des voix s’élèvent également parmi les socialistes et les écologistes. La fête de l’Humanité sera un grand rendez-vous pour cette mobilisation nationale. Ensuite, il faut qu’un nombre important de parlementaires de gauche s’opposent à cette ratification lors du vote en septembre.

Quel bilan dressez-vous des cent premiers jours de la présidence Hollande ?

PL J’espérais mieux dans l’intérêt des Français. Il y avait une attente de rupture sur les questions sociales. Certes, le style a changé, la brutalité et l’agressivité d’un Nicolas Sarkozy ont disparu, mais cela ne suffit pas. La situation est trop lourde. Il faut que les socialistes s’arment de courage face aux marchés financiers et mènent les réformes sociales pour lesquelles ils ont été élus.

Quel regard portez-vous sur la gestion des crises sociales de l’été ?

PL Les plans de licenciements se sont accélérés ; on pouvait s’en douter. Les industriels ont attendu la fin des élections pour agir. Il y a eu clairement de leur part une volonté de mettre en difficulté le gouvernement. Ce n’est pas nouveau : les grands groupes profitent de l’été pour opérer une casse sociale. En revanche, le gouvernement aurait dû agir plus tôt et plus fort. Arnaud Montebourg a fait beaucoup d’effet d’annonce, mais il n’a pas pris de mesures efficaces.

Quelles sont les propositions du Front de Gauche sur le sujet ?

PL Nous continuons de proposer l’interdiction des licenciements boursiers, et une nouvelle loi pour les droits des salariés. La dernière date de 1982, autant vous dire que depuis, le monde de l’entreprise a bien changé.

Quelle alternative aux politiques d’austérité ?

PL Il faut se donner les moyens de relancer l’industrie, en soutenant les PME, en développant les politiques de filière. Nous devons également mener une relance sociale qui a besoin d’investissements publics. Dans le domaine du logement, de l’emploi, de l’éducation mais aussi de la santé. Mais surtout, ne nous lions pas les mains avec le pacte budgétaire. Nous voyons bien les résultats des politiques d’austérité dans les pays où elles sont menées.

Pierre Laurent est secrétaire national du Parti communiste français, conseiller régional d'Ile de France et président du Parti de la gauche européenne.

 

Avec le Front de Gauche, débattez d'économie

crise.JPGLe comité gratiennois du Front de Gauche invitait il y a 4 jours les habitants à débattre d’économie, sur le thème : crise, dette, austérité, comment s’en sortir par le haut ? Comment prendre le pouvoir sur les marchés et les banques ?

Sujet ardu, osé, auquel ont répondu présents presque cinquante habitants, un soir de semaine froid, dans une salle chauffée mais délocalisée, faute de l’agrément de la ville pour une salle municipale.

Et bien nous n’avons pas perdu notre temps !
Une réunion à dix mille lieues des petites phrases.
Une véritable réunion d’éducation populaire.
Au vrai sens du terme.
Avec des questions précises qui exigeaient des réponses précises.
Les deux élu(e)s candidats ont illustré par leurs expériences les concepts théoriques – mais bien ancrés dans les problèmes du quotidien : emplois, salaire, formation, etc. -, présentés par un économiste rattaché à l’une des plus grandes institutions financières du pays.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Austérité, crise de la dette :
Pour s’en sortir, il faut une toute autre politique !

Comme à la fin du 19ème siècle et dans les années 30, il y a bien une crise de la dette. Il ne servirait à rien de la nier. Car même si l’on doit considérer l’immense accumulation financière de ces 25 dernières années comme celle d’un capital fictif, la contrainte que fait peser cette pyramide de créances sur les pays et sur les travailleurs, depuis les États Unis jusqu’à l’Europe est quant à elle bien réelle.

Mais attention, ce n’est pas la dette qui explique la crise ! Ce n’est donc pas l’austérité qui peut nous en faire sortir.

La crise n’est pas que financière : elle résulte d’années de compression des salaires (la part des salaires dans la richesse créée chaque année en France est passée en 30 ans de 75% à moins de 66%), de récession sociale et de pression sans précédent sur les activités de production.

Depuis les années 1980, pour augmenter la rentabilité du capital, les actionnaires ont mis une pression sans précédent sur le travail et les travailleurs.

Les entreprises ont massivement supprimé des emplois, elles ont limité les efforts de recherche et de formation, elles ont refusé de reconnaître les qualifications, développé la précarité, privilégié les investissements spéculatifs. L’industrie a été sacrifiée.

Le travail humain qui devrait être au centre du développement social, est devenu une variable d’ajustement : les marchés financiers ont accentué les pressions sur les rémunérations, sur les normes de travail et d’emploi, les systèmes de protection sociale et maintenant sur les États.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         C’est dans ce processus que l’endettement facile a joué comme une drogue:
En raison de la diminution orchestrée de certaines recettes fiscales (les exonérations de charges sociales des entreprises atteignent 30 milliards d’euros par an ; le taux de l’impôt sur les sociétés des entreprises cotées au CAC 40 est à peine de 8% en moyenne ; le coût du bouclier fiscal s’élève à 600 millions d’euros par an ; la suppression de l’impôt sur les plus values lors des ventes de participations d’une holding coûte 6 à 7 milliards par an par an : au total les exonérations de charges sociales et les cadeaux fiscaux s’élèvent à 172 milliards d’euros par an), les États se sont tournés vers les marchés financiers pour boucler leur budget et obtenir des financements dans un premier temps peu onéreux.

Puis les banques, au lieu de financer l’activité économique, se sont mises massivement à prêter aux États. Rien de plus facile d’ailleurs, puisqu’elles mobilisent des liquidés à bas coût qu’elles prêtaient plus cher à ces derniers.

Mais le mal était profond. Le nœud coulant de la finance pouvait se resserrer progressivement.

Nous n’avons pas vécu au dessus de nos moyens. Ce sont nos moyens de développement qui ont été largement gâchés.

Face à cela, poser de nouvelles règles financières, « réguler », est indispensable…, mais insuffisant si l’on ne donne pas la priorité au développement des hommes, si l’on ne favorise pas une transformation du travail et de la croissance.

L’articulation entre travail, salaire, emploi et sécurité sociale qui était en place après la seconde guerre mondiale a été cassée (« le programme du gouvernement est clair : il s’agit de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la résistance », Denis Kessler, idéologue du MEDEF, Challenges 2007).

(à suivre...)

 

Nous, on peut !

crise-grecque__diktat_2.jpgNous, on peut ! C’est le titre choisi par Jacques Généreux pour son précis d’économie politique à l’usage du simple citoyen. Prof à Sciences Po et secrétaire national du Parti de gauche, il affirme qu’il est possible de gouverner face aux crises, aux banques et à la pression financière. Il répond aux questions de la revue « Regards ». Extraits.

Regards.fr : La crise actuelle est-elle une crise du capitalisme comme les autres ou a- t-elle des origines nouvelles ?

Jacques Généreux : Toutes les crises du capitalisme ont deux sources : la surexploitation du travail et/ou les jeux spéculatifs. Nous subissons le résultat de 30 ans de mondialisation de l’économie caractérisés par la diminution de la rémunération du travail, la régression du pouvoir d’achat des travailleurs, la captation des profits par les revenus du capital, l’accumulation du patrimoine. Le capitalisme s’est enfermé dans un mode de croissance insoutenable. Comme la croissance est vitale au capitalisme, la méthode utilisée est, selon les pays, le recours à l’endettement privé ou public selon les pays. Les États-Unis ont beaucoup joué sur le surendettement des ménages, d’où la crise des subprimes ; d’autres pays ont augmenté leurs dépenses publiques.

L’élément de nouveauté est l’accentuation de la libéralisation de la finance ; au lieu de tirer les leçons des crises précédentes, des produits financiers les plus toxiques sont aujourd’hui autorisés.

Regards.fr : Livre après livre, vous insistez sur le fait que ce n’est pas au politique de prendre le pouvoir sur l’économie, mais aux peuples de reprendre le pouvoir sur leur gouvernement…

Jacques Généreux : Je mets au jour l’un des mythes fondamentaux qui a été véhiculé par les néolibéraux, mais aussi par une partie du mouvement altermondialiste : dans cette économie mondialisée, les gouvernements nationaux ne seraient plus armés pour contrôler l’économie. Ce diagnostic est faux. En réalité, les États ont toujours gouverné l’économie. Ce ne sont pas les Martiens qui ont libéré les innovations financières, qui ont laissé les banques de dépôt faire de la spéculation et retiré aux banques centrales leur pouvoir de soutenir la finance publique. Les territoires se sont retrouvés en compétition, une compétition bien utile aux néolibéraux pour briser les résistances sociales et syndicales.

Un État comme la France ne peut pas contrôler les mouvements de capitaux à ses frontières, ni les taux de change ; il est menotté par les traités européens. Mais les gouvernements se sont passés à eux-mêmes des menottes en plastique, elles peuvent donc être cassées à tout moment.

L’enjeu n’est pas que le politique reprenne le pouvoir sur l’économie mais de remettre le politique sous le contrôle des citoyens. Il faut casser ce système oligarchique qui fait qu’une minorité d’individus arrive à mobiliser à son seul avantage l’ensemble de la puissance publique. L’enjeu est une révolution démocratique.

Regards.fr : Comment feriez-vous concrètement pour remettre le pouvoir aux citoyens et renverser cette oligarchie de banquiers et de financiers ?

Jacques Généreux : Dès l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle majorité de gauche résolue à rompre avec ce système, il faudra reprendre le contrôle de la finance. Il faut réinstaurer le contrôle des mouvements de capitaux à nos frontières et interdire les produits financiers purement spéculatifs. Les capitaux peuvent circuler librement s’ils ont une utilité économique et sociale. Les transactions financières autorisées doivent être fortement taxées. Ensuite, il faut renationaliser le financement de nos biens publics. Lorsqu’un État emprunte pour financer les biens publics, il doit avoir recours à son marché national ou au marché européen pour un pays de la zone euro. Il faut également rétablir un portefeuille minimal obligatoire de titres publics dans les comptes des grandes institutions financières, voire des grandes entreprises. Il s’agit de garantir le placement de la dette publique auprès d’institutions et de sécuriser les bilans des institutions et des grandes entreprises. Dans le même temps, le pouvoir est redonné à la Banque centrale pour concourir efficacement au financement des titres publics. Il s’agit de créer de la monnaie en contrepartie de cette dette publique et ce, dans des limites fixées par la loi.

Voici une panoplie de mesures de base qu’auraient pu mettre en place Georges Papandréou en arrivant au pouvoir en Grèce. S’il n’avait pas été lobotomisé par l’idéologie néolibérale, il aurait pu fermer le marché financier, suspendre tout règlement de la dette, et annoncer à ses créanciers qu’il ouvrait des négociations avec ceux qui acceptaient de le refinancer s’il en avait besoin. Contrairement à tout ce qui est dit, un État ne tombe jamais en faillite ! De plus, il a une armée pour imposer ses décisions. L’Union européenne n’a pas non plus pris les décisions nécessaires pour stopper ladite crise de la zone euro. Elle avait deux options : jouer la solidarité entre les dettes européennes ou demander, par traité, à la Banque centrale d’intervenir. La dramatisation de la crise grecque sert à créer un climat de peur et à imposer des politiques de rigueur dans tous les pays. On nous répète à longueur de temps que les gouvernements se réunissent pour rassurer les marchés financiers, on pensait que les gouvernements devaient s’occuper de leur population et de leur pays !

Regards.fr : Mais si de telles mesures sont mises en place. Quelles conséquences ? Capitaux, entreprises, diplômés : qu’ils s’en aillent tous ?

Jacques Généreux : C’est la grande peur des représailles qu’on agite en permanence : si vous taxez les plus riches, ils vont fuir avec leur argent. D’abord, il faudrait qu’ils partent avant l’arrivée au pouvoir d’un vrai gouvernement de gauche. Parce qu’il ne faut que quelques minutes pour instaurer les décrets nécessaires à l’interdiction des placements spéculatifs et taxer très fortement les transactions financières. Les capitaux pourront circuler s’ils contribuent au bon financement de l’économie réelle. En très peu de temps, il est possible de lever des légions d’inspecteurs pour contrôler ces transactions. En plus, ces capitaux accumulés ne servent à rien car ils ne sont plus investis dans l’industrie. Aux États-Unis, ce que les actionnaires pompent en dividende est supérieur aux apports de capitaux dans l’économie réelle. Si on fermait la bourse, les entreprises seraient plus riches. Quant aux managers, s’ils partent parce qu’ils gagnent 400 000 euros par an et bien bon débarras. La France est un pays qui regorge de diplômés et d’entrepreneurs ravis de vivre leur passion pour des salaires décents. L’interdiction de la spéculation nocive est aussi une façon de renverser les pouvoirs à l’intérieur des entreprises et les vrais entrepreneurs peuvent y être sensibles.

Pour les délocalisations, il s’agit souvent d’un processus long, nous avons donc largement le temps de mettre en place des instruments d’intervention publique pour les éviter. Nous pouvons rétablir les autorisations administratives de licenciement. Pour délocaliser, il faut déplacer du capital, la forte taxation peut être décourageante. Je pense que cela ne serait même pas nécessaire, parce que la France est un pays attractif pour les investisseurs : une main-d’oeuvre qualifiée et efficace, une administration sérieuse, des infrastructures de communication et de transport efficaces, des très bons systèmes éducatif et de santé.

Il faut aussi regarder le projet politique du Front de Gauche dans son ensemble. Je crois en une nouvelle politique de progrès humain, de reconversion de notre économie, de notre industrie, etc. Par ailleurs, la planification écologique peut engendrer un développement fabuleux d’activités, d’emplois, une croissance écologiquement soutenable qui fera bien plus que compenser d’éventuelles pertes d’activités traditionnelles et polluantes.

Regards.fr : Faut-il maintenant sortir de l’euro ?

Jacques Généreux : Tout ce que je raconte ne semble pas possible dans le cadre européen et bon nombre de personnes sérieuses prônent une sortie de l’euro. Il y a d’autres voies que le nationaliste, souvent néo-fasciste, ou l’abdication devant le néolibéralisme. Nous souhaitons rester dans le cadre européen au sein duquel il y a eu des apports importants en terme d’environnement, de sécurité, de développement économique, de progrès social, de biens publics. Nous sommes internationalistes et donc pour le renforcement de la coopération des peuples. Il y a une voie pour faire changer les choses dans l’Union européenne : la subversion en interne. On reste dedans et on désobéit de manière fort aimable et diplomatique : nous prévenons les autres gouvernements que conformément au mandat du peuple français, nous n’allons pas respecter un certain nombre de traités et de directives européennes. Est-ce qu’on risque des mesures de rétorsion ? Non, il existe de nombreuses conditions pour entrer dans l’Union européenne, mais aucune pour en être exclu. Si un seul pays décide de reprendre en partie le contrôle de sa banque centrale, s’il interdit certains produits financiers et s’il reprend le contrôle partiel des mouvements de capitaux, bref, s’il se met à l’abri de la spéculation, ça change tout pour la France et pour l’Europe. Les pays voisins verront que sans sortir de l’euro, sans faire de drame, on peut faire autrement pour régler la crise. Les Grecs, les Portugais, les Irlandais n’accepteront plus l’austérité et ils chasseront les gouvernements actuels. À partir de ce moment-là, c’est une révolution par le vote qui débouchera sur une vraie renégociation des traités européens et des directives.

Regards.fr : Sauf que la gauche de gauche ne décolle pas, elle ne cristallise pas encore les résistances dans les mouvements sociaux et la jeunesse indignée…

Jacques Généreux : Toutes les formes de militantisme n’ont pas vocation à se fondre dans la forme « parti ». Il s’agit maintenant de faire comprendre que le Front de Gauche constitue un débouché politique crédible aux mouvements sociaux.

Dans les périodes de crise, il y a un piège démocratique qui peut se refermer. Les classes populaires ont toutes les raisons de ne plus faire confiance à cette gauche qui les a trahies. La droite est décrédibilisée. L’abstention et le vote réactionnaire grandissent. La pire des situations serait que la gauche gagne mais sans volonté de rupture avec la finance et l’Europe libérale : une alternance politique mais sans alternative. Le pays s’enfoncerait dans de nouvelles formes d’inégalités qui conduiraient à des révoltes violentes. Si les électeurs français savaient ce qu’est l’offre alternative du Front de Gauche, il y aurait un résultat massif. Nous sommes engagés dans une course de vitesse.

g_n_reux.jpg« Nous, on peut ! », bref précis d’économie politique à l’usage du simple citoyen. Avec le talent pédagogique qui fait le succès permanent de ses livres d’économie, Jacques Généreux montre que la mondialisation néolibérale n’est pas une fatalité : c’est un processus politique entièrement commandé par des gouvernements nationaux qui font en réalité ce qu’ils veulent. Il explique comment un gouvernement déterminé peut se débarrasser des spéculateurs, reprendre le contrôle de la finance, surmonter la crise de la dette publique, s’affranchir du carcan imposé par les traités européens, sans même sortir de l’Union européenne ou de l’euro.
Enfin, pour ceux qui n'auraient pas tout compris :
La dette pour les nuls

 

Pas de panique ! C’est une crise systémique…

Texte invité : la crise expliquée aux néophytes...

Pas de panique ! Il ne faut surtout pas affoler les marchés, il paraît que c’est « juste » une crise systémique…

Il faut dire que depuis 2008 tout fout le camp. Le glorieux système capitaliste prend systémiquement l’eau de tous les côtés. Tous les indices le confirment : le chômage augmente, le nombre de pauvres explose, la situation des travailleurs se dégrade, les fonctionnaires l’ont dans l’os, les banques sont au bord du gouffre, et les États sur la paille… Mais le nombre de millionnaires ne cesse d’augmenter ! Ce n’est pas la crise pour tout le monde.

Que s’est-il passé ? Il y a eu, en réalité, deux crises.

La première crise, de 2008, était assez banale. Les banques ont prêté des sommes avec des intérêts que les emprunteurs ne pouvaient pas rembourser. Elles se disaient : ça va passer, car c’est pour acheter de l’immobilier, la valeur du bien va augmenter, et ça couvrira le capital et les intérêts. Elles spéculaient, quoi. C’étaient les fameux subprimes. Arrive alors le Krach : l’immobilier commence à baisser, les prêts ne peuvent pas être remboursés, la valeur du bien ne suffit pas à couvrir le prêt, et les titres endossés sur les prêts ne valent donc plus grand-chose... Mais qui les détient ces titres ? Personne ne sait, car on les a découpés et revendus, en spéculant à nouveau dessus. Du coup, tout le monde se méfie de tout le monde, les banques ne se prêtent plus entre elles, car chacune craint que l’autre tombe, plombée par les subprimes. Pour le coup tout le monde tombe en bourse. La banque Lehmann Brothers fait faillite. Le système financier s’écroule.

Les États avaient alors deux possibilités. La première : garantir les épargnants et les entreprises pour sauver l’économie, et laisser les financiers se noyer dans leur cupidité. La seconde : sauver les financiers avec l’argent des contribuables, en leur laissant, à eux, le soin de financer l’économie. On a fait le choix de sauver la finance sur notre dos (pour toutes les banques, y compris la banque des collectivités locales, Dexia, qui croulait sous les subprimes). On voit aujourd’hui le résultat : la deuxième crise !

Cette nouvelle crise est plus originale. Les banques, renflouées par les contribuables (c'est-à-dire par les travailleurs et les consommateurs, via la TVA), ont utilisé ce pognon pour spéculer sur les marchés financiers. Profits géants d’après crise et champagne pour les traders (y compris chez Dexia). Prises dans la logique boursière, les entreprises ont licencié pour augmenter les marges : le chômage a augmenté, la croissance a baissé, et l’État a vu ses recettes fondre et les dépenses augmenter.

Après avoir été saignées pour sauver les banques, en somme, les finances publiques ont été ultérieurement affaiblies par la récession provoquée par ces mêmes banques. Du coup, les financiers ont fait le raisonnement suivant : les États sont fauchés à cause de nous ; s’ils sont fauchés, alors il est risqué de leur prêter de l’agent ; puisque l’État est devenu un emprunteur risqué, il doit payer plus d’intérêts sur l’argent qu’on lui prête… Les financiers, en somme, ont commencé à spéculer sur les dettes d’État, en provoquant l’augmentation de leurs taux d’emprunt. Du coup les États ont dû payer encore plus au moment même où ils étaient plus faibles. Ils ont donc dépensé moins dans leur économie, pour payer plus les banques. Résultat : nouveau frein à la croissance, donc baisse des rentrées fiscales, et explosion ultérieure du coût de la dette.

Résultat : la Grèce se retrouve au bord du gouffre, et la « crise de la dette » se propage. Mais du coup, les banques qui, à l’instar de Dexia, ont prêté aux États, sont elles-mêmes menacées, puisque les États pourraient ne pas les rembourser… Nouvelle crise de confiance, et tout le monde replonge. C’est « systémique », paraît-il, mais il suffit donc de changer de système (suivez ma faucille…) !

Et pourtant, au lieu de changer de système, ceux qui nous ont foutu dedans, les financiers et les agences de notation, disent : pas de taxation, austérité et règle d’or. Ils veulent, en somme, nous achever, car cela conduira à moins de croissance, plus de chômage, moins de recettes, et encore plus de dette !

Et pour les banques en difficulté, comment qu’on fait ? « Comme avant » disent-ils, sauf que les États ne peuvent plus payer. On demande donc à la Caisse des dépôts et consignations et à la Banque postale (c'est-à-dire à Mézigue, nom d’une révolution, car c’est notre pognon, la Poste !) de casquer pour Dexia : rien que ça !

Au lieu de taxer les transactions financières pour freiner la spéculation, au lieu de sauver les dépôts en laissant couler les traders, au lieu de nationaliser le secteur financier véreux, on met en danger ce qui reste d’épargne populaire pour épaissir le bas de laine des spéculateurs qui, après la première crise, ont déjà flambé le pognon public au lieu de faire repartir l’économie !
Quand je vous dis que j’ai la Kalash qui gratte…

Glop Lerouge, secrétaire de la section humoristique et satirique du PCF
voir le site de Glop Lerouge

Alors, qu'est-ce qu'on fait ? En 2012, on leur fait un dessin ?

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Refusez le budget militaire 2012

visagedepaix280.JPGAppel du Mouvement de la Paix
Signez la lettre adressée aux parlementaires.

Les caisses sont vides ? Et pourtant, les députés sont appelés à voter le 9 novembre un budget de la Défense de plus de 40 Milliards d'euros, pensions comprises.

Ce n'est pas la crise pour tout le monde et tous les budgets. Ce budget de la Défense 2012 prépare les guerres de demain et alourdit la dette publique. L'arme nucléaire y a encore une fois la part belle.

Ce budget est la conséquence de la réintégration de la France dans le commandement militaire de l'Otan et du vote de la Loi de programmation militaire 2010-2013 qui engloutira ces prochaines années 186 milliards d’euros au bénéfice de la Défense, dont 102 milliards seront consacrés à l’équipement des forces. Quelles sont les menaces auxquelles notre pays doit faire face et qui nécessitent un tel détournement de fonds ?

Au lieu de servir à préparer la guerre, ces sommes colossales devraient servir à éradiquer la faim dans le monde, assurer un accès à l'eau potable à tous, garantir une éducation partout sur la planète, ...promouvoir la paix.

Le Mouvement de la Paix vous invite à vous mobiliser pour refuser ce véritable budget de guerre.

Pour cela :
Signez la cyber-pétition en ligne qui sera envoyée en votre nom aux parlementaires, députés et sénateurs, de votre département. Signer en ligne
Faites signer cette pétition autour de vous.
Demandez un rendez-vous aux parlementaires de votre département pour les mettre devant leur responsabilité.
Faites suivre ce message à vos connaissances pour former la chaîne de la paix.
Nous comptons sur vous.

Le Mouvement de la Paix
voir le site du Mouvement de la Paix

 

De l’Europe à la Méditerranée et à la Chine, mondialiser autrement

Gazette mai 06Lecture du dimanche...

Zone euro, révolutions arabes, États-Unis, rôle de la Chine… le nouvel ouvrage de l’économiste Paul Boccara éclaire les enjeux de civilisation des développements actuels de la crise.

En plein rebondissement de la crise paraît un nouvel ouvrage de Paul Boccara. L’économiste communiste revient sur son analyse de la crise et sur ses propositions de maîtrise et de dépassement des marchés et d’expansion des services publics. Mais les développements les plus nouveaux sont à rechercher dans la troisième partie consacrée aux « nouvelles coopérations internationales et européennes, euroméditerranéennes et mondiales ».

Après avoir analysé le « faisceau de mesures gouvernementales et institutionnelles redoublées, imposées principalement par la coalition de gouvernements de droite allemand et français » afin de tenter de faire face à la crise de la zone euro, l’auteur nous fait entrer au cœur du débat d’alternative à cette politique, débat qui rassemble organisations syndicales, partis de gauche et mouvements sociaux.

Comment apprécier la démarche du PS, la proposition de lancer des euro-obligations, l’appel à la sortie de l’euro?? Paul Boccara leur oppose la radicalité de mesures avancées par le collectif des « économistes atterrés », celles des économistes communistes et du PCF qui font tache d’huile au Front de Gauche, au sein du Parti de la Gauche Européenne, dans le mouvement syndical en France et en Europe.

Les chapitres consacrés aux coopérations euroméditerranéennes et mondiales sont les plus novateurs. L’auteur souligne qu’avec les révolutions arabes beaucoup de choses sont désormais possibles mais rien n’est joué. On peut certes aller « vers une démocratisation économique et sociale partagée pour un codéveloppement » mais l’on ne peut écarter le risque d’une prédominance « accrue de la domination financière néolibérale ». L’originalité de la démarche du livre sur ce point est de lier les issues au Sud à celles au Nord, notamment autour de la capacité de la Banque centrale européenne à créer de la monnaie pour de nouveaux financements permettant « un développement humain des deux côtés » de la Méditerranée.

Enfin, l’auteur nous fait voyager bien plus loin, jusqu’en Chine, pays devenu un acteur essentiel des équilibres mondiaux. Paul Boccara pointe les « risques d’éclatement d’une sur-accumulation financière, formidable nouvelle » dans le monde se conjuguant avec « la montée des risques d’une suraccumulation réelle dans les productions », y compris chez les émergents et aussi la recherche d’alternatives en Chine, en Inde, en Amérique latine, dans les pays arabes autour de nouvelles stratégies de développement.

Se pose ainsi, pour le mouvement progressiste, la question d’une autre mondialisation plutôt que d’une « démondialisation ». Un altermondialisme qui se doit de relever « les défis de la montée du chômage et de la précarité à l’échelle du monde entier », et de prendre en compte « les besoins d’expansion radicale des services publics coopérant entre eux jusqu’à des services et biens communs publics de l’humanité » pour une autre civilisation.

Critique de Pierre Ivorra, parue dans l'Humanité

« La Crise systémique Europe? et monde, quelles réponses?? » de Paul Boccara, Collection « Espère » aux Éditions « Le Temps des cerises »,?186 pages, 15euros.

 

Crise financière : il est temps d’imposer une autre logique

crise.JPGLes banques nous ont conduits dans le mur !

La spéculation affole le monde par sa rapacité. Les banques dictent maintenant leurs ordres aux États pour étouffer nos pays dans l’étau de la vie chère et du crédit. Les dirigeants des États et les politiques libéraux, de droite comme de gauche, refusent de s’attaquer aux origines de la crise, la spéculation financière, et se soumettent aux diktats des marchés financiers et de leurs agences de notation.

Pourtant, rappelle Pierre Laurent , secrétaire national du PCF, « de la Grèce à l’Égypte en passant par l’Espagne et Israël, le monde entier rejette l’austérité. Une vraie politique de gauche se doit d’inverser cette logique et de proposer une relance sociale. » Les solutions existent pour sortir de la crise à condition d’avoir le courage de dire et de faire en sorte de dessaisir les marchés financiers de leur pouvoir.

La dette : une affaire qui rapporte

Nous ne sommes pas face à une crise de la dette publique dont l’origine serait le trop plein de dépenses publiques. La crise est celle de la spéculation financière.

Deux exemples :

• Avant 1974, les États européens pouvaient emprunter directement aux banques centrales nationales à 0%. C’est maintenant interdit, ils sont contraints d’emprunter sur les marchés financiers aux banques privées. Depuis 1974, la France a payé en intérêts 1 200 milliards d’euros, à comparer avec les 1 641 milliards de dette publique actuelle !

• Les banques privées obtiennent de l’argent auprès de la Banque centrale européenne ( la BCE) à un taux de 1,5% pour re-prêter aux États entre 3 et 15%, comme à la Grèce pour ce qu’elles appellent un sauvetage !

La finance dicte sa loi

Nos gouvernants, issus d’élections, reçoivent maintenant des injonctions du secteur privé leur disant ce qu’ils doivent faire. Et plutôt que d’écouter leurs peuples, ils s’y plient quand ils ne les devancent pas.

Deux exemples :

• Après le plan du FMI pour la Grèce, c’est la Banque centrale européenne, indépendante des pouvoirs politiques comme l’a confirmé le Traité de Lisbonne, qui envoie une lettre au gouvernement italien. Elle l’incite à agir par décret pour « libéraliser l’économie italienne ; privatiser les entreprises locales qui gèrent les déchets, les transports, l’énergie ; assouplir le droit à licencier ; réduire le niveau de rémunération ; réduire le niveau de protection sociale… pour doper la compétitivité. »

• L’agence de notation Standard et Poor’s, qui a dégradé la note des États-Unis, décerne un brevet de bon élève à Sarkozy pour sa réforme des retraites « une mesure intelligente » et pour « ses choix de rigueur budgétaire bien conçus » et l’encourage à poursuivre dans cette voie pour garder son AAA. Aux ordres, Sarkozy demande aux parlementaires français d’inclure la règle d’or dans la constitution, c’est à dire graver dans le marbre constitutionnel les politiques d’hyper- austérité.

Privations et privatisations, ce sont les peuples qui paient la crise

Alors que ce sont les marchés financiers qui conduisent le monde au bord du gouffre, tout est fait pour maintenir leurs profits et nous faire payer l’addition à grands coups de privatisations et de réduction des dépenses sociales.

Deux exemples :

• Le FMI a imposé à la Grèce 50 milliards d’euros de privatisations. Le secteur privé, avec l’argent que continue de lui verser la Grèce pour sa dette, pourra lui acheter à des prix intéressants des ports, des aéroports, des universités, l’énergie…. Et ce seront encore les Grecs qui paieront plus pour se déplacer, étudier, se chauffer ou s’éclairer.

• En France, le nombre de personnes privées d’emploi continue d’augmenter de façon dramatique. A cette annonce, Christine Lagarde, nouvelle directrice du FMI et ancienne ministre de l’Économie et des Finances de Sarkozy, préconise « de renforcer la rigueur notamment salariale » et de poursuivre la politique d’exonération et de cadeaux aux entreprises qui pourtant délocalisent et licencient.

Quand on est de gauche, on ne transige pas

Dans sa lettre aux parlementaires, le président de la République plaide en matière de politique européenne pour une alliance « au-delà des intérêts partisans » à une union sacrée pour la maîtrise des déficits publics ».

Ces vibrants appels à l’union nationale relayés par des dirigeants du Parti socialiste permettraient, s’ils étaient entendus, d’obtenir la majorité nécessaire à l’adoption par le parlementaires de la « règle d’or ».
Pour le Parti communiste français, les choses sont claires : il est hors de question de prêter la main à l‘adoption de ce projet injuste, inefficace, contraire à l’intérêt général et à la souveraineté de notre pays. Nos parlementaires ne voteront pas ce projet que nous combattons avec détermination, avec toutes les forces du Front de Gauche et leur candidat commun à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon.

Changer de logique et imposer d’autres choix, c’est possible

La France ne doit pas seulement se battre pour une solution juste et solidaire au défi de la dette en Europe. Elle doit agir pour émanciper l’Union européenne de la dépendance des marchés financiers en retrouvant à tous les niveaux, national et européen, la maîtrise publique de la finance et du crédit, en taxant les banques et les profits financiers, en changeant le rôle et les missions de la BCE, en relevant les salaires et en développant les services publics. La France pourrait agir pour remplacer le Fonds européen de stabilité financière, qui soutient les marchés, par un Fonds européen de soutien au développement social et solidaire des pays européens.

Et précisément, le Parti communiste propose :

• Un pôle public bancaire délivrant un crédit sélectif favorables aux investissements porteurs d’emplois, de salaires, de formations et de recherche

• Des droits nouveaux pour les salariés à l’entreprise à l’inverse des droits de décision que se sont octroyés les marchés.

C’est cela dont le PCF et le Front de Gauche seront porteurs tout au long de cette année électorale et ce week-end lors de la fête de l’Humanité.

Argumentaire PCF

 

La gauche n’est pas là pour gérer la crise

pierre_laurent_9.jpgÁ l’occasion de la sortie de son livre, le Nouveau Pari communiste, écrit cet été, le secrétaire national du PCF s’explique sur les enjeux de la rentrée et le rôle qu’il entend faire jouer à son parti et au Front de Gauche pour hisser l’ensemble de la gauche à la hauteur des réponses qu’on attend d’elle.

La rentrée est marquée par l’aggravation de la crise et la réponse qu’y apporte le gouvernement?: 12 milliards d’économies budgétaires supplémentaires. La réduction de la dette est-elle la priorité, selon vous??

Pierre Laurent. Nous sommes dans une situation exceptionnelle de crise et toutes les réponses du gouvernement sont en échec. Les chiffres du chômage sont les plus graves depuis 2009, la pauvreté s’accroît de façon dramatique, et François Fillon a lui-même pronostiqué le recul de la croissance en 2011 et 2012. L’approche qui prétend réduire les déficits en renforçant l’austérité, en écrasant les dépenses publiques et les salaires, et en privilégiant le remboursement de la dette aux spéculateurs et aux banquiers, va conduire à des catastrophes. Nous connaîtrons un nouvel accroissement des déficits, la récession et une augmentation du chômage et de la pauvreté. La priorité des priorités, c’est d’inverser la vapeur, fermer le robinet de la finance spéculative et réinvestir dans la relance sociale, en brisant notamment le tabou sur l’augmentation des salaires. Nous appelons à la mobilisation sociale contre l’austérité, pour empêcher l’adoption de la «règle d’or» budgétaire qui va appauvrir l’État et les collectivités locales, et amplifier notre campagne contre la vie chère, pour l’augmentation des salaires et la création d’emplois.

Un rapport de l’Inspection générale des finances préconise de s’attaquer à certaines «niches» comme l’exonération d’impôt sur les prestations familiales ou l’abattement sur les salaires et les pensions. Qu’en pensez-vous??

Pierre Laurent. C’est une logique folle?! Bien sûr qu’il faut cibler les niches fiscales et sociales, mais à l’inverse de ce que préconise ce rapport?! Au deuxième trimestre 2010, le recours jamais vu aux heures supplémentaires détaxées a atteint 186millions d’heures, ce qui équivaut à ?400?000 emplois à temps plein. Autrement dit, les niches fiscales qui encouragent le capital détruisent l’emploi et la croissance. Les dividendes versés aux actionnaires atteignent maintenant 210 milliards d’euros, cela représente le tiers de la masse salariale versée par les entreprises. Ce sont ces prélèvements financiers sur le travail qui étouffent la croissance. C’est à cela qu’il faut s’attaquer?: taxer les revenus financiers de la spéculation, faire contribuer les profits, encourager le pouvoir d’achat, investir dans l’industrie et les services publics en promouvant un nouveau type de croissance.

Le PS dit refuser la rigueur et, en même temps, par souci d’apparaître crédible, propose de concilier priorité au désendettement et investissement dans les dépenses d’avenir…

Pierre Laurent. Qu’est-ce qui est responsable?? Continuer d’accompagner la logique des politiques actuelles, même avec des corrections, sans aucun espoir de déboucher sur une réelle sortie de crise?? Ou, au contraire, engager une rupture avec ces logiques?? La responsabilité de la gauche face au coup d’État de la finance est d’organiser la sortie de la crise. Le Front de Gauche ne se présente pas aux élections pour concourir au titre de meilleur gestionnaire de la crise. Le devoir de la gauche est de dire la vérité sur l’échec des recettes actuelles et d’engager un débat national sur les solutions à mettre en œuvre. C’est le sens de l’offre publique de débat lancée par Jean-Luc Mélenchon pour le Front de Gauche, le week-end dernier. La règle d’or, nous allons la refuser au Parlement, mais il faut la refuser aussi dans les faits.

Vous dites dans votre livre qu’un second mandat de Nicolas Sarkozy serait un cauchemar. Comment susciter l’élan nécessaire pour le vaincre??

Pierre Laurent. D’abord, je confirme?: un second mandat de Nicolas Sarkozy serait une catastrophe pour la France. Nous ne sommes pas sûrs de pouvoir reconnaître notre pays et ses valeurs après dix ans de sarkozysme. Il nous faut donc chasser Sarkozy du pouvoir et sa politique, en construisant un rassemblement sur des choix alternatifs centrés sur la réponse aux besoins sociaux et la réduction des inégalités. Nous appelons dans tout le pays à la création d’assemblées citoyennes pour construire ces solutions et les porter tous ensemble. Beaucoup de jeunes, d’ouvriers, d’employés qui ne supportent plus la politique gouvernementale doutent de la capacité de la gauche à mettre en œuvre d’autres choix. Cette campagne électorale doit être le moyen pour eux de reprendre du pouvoir sur les choix politiques à venir, donc sur leur vie.

Mais comment, pour le Front de Gauche, peser dans une élection aussi difficile que la présidentielle??

Pierre Laurent. Nous connaissons cet obstacle. Mais je le répète, nous sommes dans une situation exceptionnelle. La droite fait l’objet d’un rejet profond dans le pays. Et l’échec des solutions prônées par le pouvoir ou de ses variantes rend plus ouvert que jamais le débat sur d’autres voies. Donc la possibilité de rassembler autour de choix politiques différents est plus grande que jamais. Rien ne dit que l’élection présidentielle se jouera dans les rails tracés d’avance. Le Front de Gauche peut être un espace de rassemblement inédit qui déjoue les pronostics.

Vous dites, dans votre livre, que la décision de désigner Jean-Luc Mélenchon comme candidat du Front de Gauche à la présidentielle n’allait pas de soi pour les communistes. Sont-ils aujourd’hui rassemblés et en campagne??

Pierre Laurent. L’ambiance des universités d’été confirme que nous sommes déjà à pied d’œuvre. La Fête de l’Humanité qui se prépare de manière très active, la mobilisation très forte dans toutes les fêtes et initiatives du PCF cet été, tout cela indique que nous allons franchir, avec la Fête de l’Humanité, une étape spectaculaire dans l’adhésion populaire à l’espoir créé avec le Front de Gauche. Ceux qui spéculent sur des dissensions ou des divisions au sein du Front de Gauche vont en être pour leurs frais. Le débat du printemps dernier était nécessaire, mais il est aujourd’hui derrière nous, la dynamique enclenchée par le choix des communistes en juin est désormais en marche.

Où en est-on de l’accord aux législatives et de la composition du conseil national de campagne??

Pierre Laurent. Nous avons travaillé activement depuis la désignation du candidat à la présidentielle et nous serons prêts à la Fête de l’Humanité. Je présiderai le conseil national de campagne du Front de Gauche pour lequel nous allons solliciter de très nombreuses personnalités de nos partis, des élus, des acteurs du mouvement social, syndical et associatif. Marie-George Buffet prendra en charge la constitution d’un front des luttes avec les syndicalistes, Clémentine Autain sera chargée du développement de fronts thématiques, Christian Picquet animera le comité de coordination de la campagne… Nous sommes maintenant assurés que cette exigence d’un front et d’une campagne collective où tout le monde trouve sa place va voir le jour, comme l’a dit Jean-Luc Mélenchon ce week-end, lors de notre université d’été, en revendiquant une parole qui l’engage au nom du nous collectif du Front de Gauche. À la Fête de l’Humanité, le lancement du programme partagé du Front de Gauche intitulé «l’Humain d’abord» donnera chair à cet engagement collectif.

« Et le Parti communiste dans tout ça?? », écrivez-vous au début d’un chapitre de votre livre. Justement, quelle place et quel rôle peut-il occuper dans la période actuelle??

Pierre Laurent. Le Parti communiste a une très grande responsabilité et il dispose de moyens pour y faire face. Notre attention aux problèmes populaires, nos analyses solides sur les causes de la crise et les réponses à lui apporter, et notre force militante, notre réseau d’élus, peuvent contribuer à donner l’ampleur nécessaire au déploiement du Front de Gauche. Les semaines à venir seront décisives.

Au chapitre des transformations du PCF, vous parlez d’approfondir la démocratie interne dans votre livre. Mais le PCF n’a-t-il pas déjà mené ces transformations depuis la mutation des années 1990??

Pierre Laurent. Le PCF n’a pas cessé de se transformer depuis quinze ans, souvent davantage qu’on ne peut l’imaginer. 50 000 adhérents ont participé au débat sur le choix pour l’élection présidentielle. Si, à l’issue de ce choix, le rassemblement des communistes a pu s’opérer, c’est parce que la démocratie militante est devenue une réalité incontournable. Notre objectif est, maintenant, de refaire du PCF, non pas une force nationale qui compte, il l’est déjà, mais une force politique de premier plan. Un des atouts du PCF est l’afflux, depuis 2005, de nouvelles générations qui constituent une force militante extrêmement active mais qui a encore insuffisamment les commandes.
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Triple zéro !

_432_.jpgLa CGT délivre un "triple zéro" à la politique du gouvernement

«Pour nous, la note, ce n'est pas un Triple A, c'est un Triple Zéro». Bernard Thibault, qui faisait ce vendredi sa rentrée devant la presse, a livré en ces termes l'évaluation faite par la CGT de la politique gouvernementale face à la crise.

Pour le secrétaire général de la première centrale syndicale française, qui doit être reçu lundi 29 août par François Fillon, le paquet de mesures de «rigueur» annoncé mercredi «s'inscrit dans la droite ligne des réformes précédentes», telles celle des retraites ou la Révision générale des politiques publiques. Il rejoint les plans adoptés ailleurs en Europe, une Europe «plongée dans la pire des situations depuis plusieurs décennies avec plus de 23 millions de chômeurs», et où «la seule réponse des dirigeants repose sur l'adoption de mesures d'austérité, la pression sur les salaires, la réduction des services publics, de la sécurité sociale, des pensions, un durcissement des conditions de travail et de vie».

«Il ne peut y avoir de consensus sur de telles bases», a tranché le leader de la CGT, évoquant les mesures Fillon, qu'il s'agisse d'une taxation des plus riches relevant «uniquement de la symbolique politique», du maintien du dogme de la suppression d'emplois dans la fonction publique, de l'accès aux mutuelles santé rendu plus onéreux... «Il peut y avoir «front commun» pour s'attaquer aux marchés financiers, ajoute-t-il, mais certainement pas pour leur obéir et faire passer la pilule auprès des salariés». Quant à la «règle d'or» de l'équilibre budgétaire que Nicolas Sarkozy voudrait voir inscrite dans la Constitution, ce n'est rien d'autre qu'une «supercherie qui se transformerait en règle de plomb pour amplifier les réformes antisociales». Au demeurant, pour la CGT, qui récuse ainsi l'analyse de fond de la situation faite par le gouvernement, la crise ne trouve pas son origine dans un «dérapage des dépenses publiques», mais dans «l'effondrement des recettes». Il y aurait d'ailleurs, si on le voulait, «beaucoup de ressources supplémentaires à collecter» pour l'Etat, fait valoir Bernard Thibault. Une réforme «en profondeur» de la fiscalité, sur le revenu comme sur les sociétés, fait partie de la dizaine d' «exigences» portées par le syndicat en cette rentrée, et qui devraient être «autant d'axes de campagne dans les entreprises, les professions, les territoires».

Car, pour la CGT, la mobilisation des salariés est, bel et bien, d'ores et déjà à l'ordre du jour. «Le monde ne s'arrête pas de tourner parce qu'il y a des élections présidentielles dans 9 mois», «la situation appelle une intervention forte des salariés» a noté le leader du syndicat. Avant d'indiquer que, «à l'unanimité», les responsables des fédérations professionnelles et des unions départementales, réunies jeudi en assemblée générale, se sont prononcés «pour que l'intersyndicale s'oriente sur l'organisation d'une journée de mobilisation interprofessionnelle au début octobre avec l'organisation de manifestations et la mise en débat de grèves décidées dans les entreprises avec les salariés». L'intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires) doit se réunir le 1er septembre. Bernard Thibault estime qu'il y a «de fortes probabilités» pour que cette réunion débouche sur la décision d'une action commune. Il y a des «contacts réguliers», «les avis progressent», a-t-il noté.

Les 10 exigences pour la rentrée

1. «Conditionner toute aide publique au respect de critères portant sur l'emploi, les politiques salariales des entreprises et donner des moyens d'intervention aux salariés sur le bienfondé et l'usage de ces aides».
2. «Supprimer les exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires».
3. «Agir sur les salaires dans le privé et dans le public. Nous revendiquons l'ouverture immédiate des négociations annuelles obligatoires par anticipation au titre de 2012».
4. «Développer les politiques publiques et notamment donner les moyens indispensables aux politiques d'éducation, de santé, de recherche.»
5. «Stopper les suppressions d'emplois, voire créer de nouveaux postes dans la fonction publique et les services publics».
6. «Contraindre les entreprises à examiner sérieusement toutes les alternatives aux licenciements en élargissant les pouvoirs d'intervention des salariés et de leurs représentants dans leur entreprise, leur groupe, voir leur filière d'activité».
7. «Réformer la fiscalité en profondeur. Améliorer la progressivité de l'impôt sur le revenu, créer de nouvelles tranches pour les hauts revenus. Augmenter l'Isf. Supprimer les niches fiscales inutiles. Taxer et/ou soumettre à cotisation tous les revenus sans distinction (...). Transformer l'impôt sur les sociétés. Il pourrait augmenter pour les entreprises qui utilisent leurs bénéfices pour capitaliser ou verser de gros dividendes et baisser pour les entreprises qui embauchent, augmentent les salaires, investissent dans l'outil de travail, la recherche, la préservation de l'environnement...»
8. «Créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédits à taux réduits pour favoriser l'investissement productif».
9. «Au plan européen et international, taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux».
10. «Mettre en place un fonds européen de solidarité sociale et de développement économique».

Huma.fr

 

Utiliser autrement l’euro pour un nouveau régime de croissance

Yves Dimicoli, économiste du PCF, analyse la crise de l’endettement public, appelle à une réforme du crédit et à la création d’une monnaie commune mondiale.

Trois ans après la crise des subprimes, comment en est-on arrivé à l’explosion de la dette des États??

Yves Dimicoli. La phase 2008-2010 a conjugué une crise financière, la plus grave depuis l’entre-deux-guerres, suivie d’une récession mondiale, la plus profonde depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle renvoie à la façon dont les capitalistes utilisent les formidables potentiels de productivité, avec les nouveaux outils de l’information, pour la rentabilité financière et contre l’emploi. Cette pression de la rentabilité, qui baisse les salaires et réduit l’emploi, crée une insuffisance de la demande globale qui a pu être compensée jusqu’ici par l’endettement des entreprises et des ménages et a conduit en 2008 à la crise des subprimes avec l’impossibilité pour des millions de ménages modestes et insolvables de rembourser leur prêt pour se loger. À partir de cette étincelle américaine, les pertes sont énormes pour les banques aux États-Unis, en Europe et dans le monde, entraînant un rationnement du crédit et la grande récession de 2009 avec 112?millions de chômeurs dans le monde. Face au risque de l’effondrement du système financier et au risque de déflation, les États sont intervenus massivement pour soutenir les institutions financières par le biais d’aides publiques massives allant jusqu’à des prises de participation, voire des nationalisations. Cette intervention s’est accompagnée d’un abaissement très important des taux d’intérêt et d’une formidable création monétaire des banques centrales. Fin 2009, par exemple, la dette américaine atteignait 1?500?milliards de dollars. Mais toutes ces mesures ont été réalisées sans toucher aux critères des crédits et des banques ou aux modalités des aides publiques.

Cette montagne de dettes risque-t-elle de plonger une nouvelle fois l’économie mondiale dans la récession??

Yves Dimicoli. Le type de réponse à cet excès d’endettement public va conduire à des exacerbations nouvelles. En 2010, l’explosion de la spéculation sur les titres de dette publique a déclenché la remontée brutale des taux d’intérêt dans les pays en difficulté comme la Grèce. La crise de l’euro a provoqué l’intervention massive de la BCE et du Fonds monétaire international (FMI) avec la création d’un fonds de stabilité financière. Cette facilité de paiement emprunte ses ressources sur les marchés financiers pour les prêter aux pays en difficulté afin qu’ils puissent continuer à s’endetter sur les marchés. Et tout cela au prix de politiques d’austérité qui cassent la croissance et font exploser le chômage. Un véritable fiasco puisqu’il a débouché sur un nouveau plan de «?sauvetage?» qui aggrave cette logique au service de la domination des marchés financiers. Cet excès des dettes publiques en Europe mais aussi aux États-Unis peut conduire à un nouveau krach.

Pour échapper à un tel scénario ne faudrait-il pas sortir de l’euro??

Yves Dimicoli. Non, car ce serait se priver de la force d’une création monétaire commune à l’échelle européenne, et alors disposer de moins bonnes conditions de financement, surtout pour un pays moyen comme la France. Cela reviendrait aussi à renforcer le dollar dans son rôle de monnaie commune mondiale de domination alors que la crise appelle à la mise en cause de cette hégémonie. Le défi consiste à utiliser autrement l’euro et à donner une tout autre orientation à la BCE, conduisant à une transformation radicale du crédit. Nous proposons un crédit bancaire d’un taux très abaissé pour les investissements matériels réels et de recherche procurant de bons emplois et de bonnes formations.

La crise n’appelle-t-elle pas à de nouvelles institutions mondiales??

Yves Dimicoli. Il faut une transformation radicale des institutions existantes, notamment celle du FMI, à travers une réforme des droits de tirages spéciaux. Ces titres créés et attribués par le FMI à une banque centrale permettent, dans un mécanisme de coopération, d’émettre de la monnaie et de se refinancer. Ce serait un pas vers une monnaie commune mondiale. Un moyen de développer au travers du crédit les capacités humaines, de faire reculer la spéculation et de pérenniser un nouveau régime de croissance et de développement.

Entretien paru dans l'Humanité

 

Derrière la dette, les mauvais choix des politiques économiques des États

Nasser Mansouri-Guilani, économiste de la CGT, s’insurge contre la domination des marchés qui provoque la hausse du chômage et nuit à la croissance.

Quelle conséquence aura la dégradation de la note américaine en Europe et en France??

Nasser Mansouri-Guilani. Sans dédouaner les États et leur responsabilité dans cette crise, peut-on faire confiance aux agences de notation, en l’occurrence Standard & Poor’s, au regard de leurs erreurs du passé?? Peut-être y a-t-il derrière cette annonce une opération qui vise à envenimer la panique pour renforcer la position des marchés financiers. En montrant que même la première économie mondiale risque la faillite, ces agences, qui travaillent pour les spéculateurs et les financiers, veulent obliger les gouvernements à respecter ou à mettre en place les programmes d’austérité et à préparer les esprits à la fatalité et aux sacrifices au nom de la stabilité.

La dette est-elle devenue ingérable??

Nasser Mansouri-Guilani. Les dettes américaine et européenne ont fortement augmenté après la crise de 2008, en liaison avec les plans de sauvetage des banques et du système financier. Les mauvais choix des politiques économiques ont conduit à déséquilibrer encore plus les finances publiques. En France, la poursuite de la réduction des prélèvements sur le capital et le maintien des niches fiscales et sociales ont amené le gouvernement à résoudre l’équation en diminuant les dépenses publiques utiles ou les salaires des fonctionnaires. Le cas grec est pourtant très éclairant. Le plan d’austérité a réduit le taux d’activité économique du pays. La dette a augmenté le bonheur des marchés financiers, détenteurs des dettes souveraines, qui ont pu développer la spéculation sur le marché obligataire. L’approche libérale conçoit par définition l’endettement public comme mauvais. Mais la dette peut aussi être liée aux investissements qui permettent de créer des richesses bien supérieures au coût de l’endettement sur le long terme. Tout dépend donc de la nature de l’endettement. Il ne faut pas oublier que plus l’endettement est élevé, plus les charges d’intérêt le sont aussi. Il faut donc bien distinguer le bon et le mauvais endettement.

Qu’entendez-vous par « bon » endettement public??

Nasser-Mansouri-Guilani. L’exemple le plus classique est celui des infrastructures. Pour les construire, nous pouvons emprunter, mais alors il s’agit d’un investissement qui permet de créer plus d’emplois, d’augmenter le revenu national. Cette hausse du revenu national va permettre d’engranger plus d’impôts et de dégager des ressources supplémentaires qui permettront de rembourser la dette tout en renforçant le potentiel productif du pays. Autre exemple, l’un des atouts de la France réside dans sa main-d’œuvre qualifiée. Le choix de diminuer les dépenses dans l’éducation nationale affaiblit le potentiel productif du pays à moyen et long terme. Le vrai enjeu consiste à être au rendez-vous du déficit sans l’être au détriment des salariés, des populations et du potentiel productif du pays. Il est nécessaire de créer les conditions pour que l’économie soit plus prospère par la hausse des salaires, par l’emploi qualifié et stable, etc. Il faut aussi augmenter l’impôt des plus riches, sur le capital, taxer les transactions financières. Il faut enfin supprimer les niches sociales et fiscales inutiles.

Ce risque de domination des marchés financiers encore plus forte ne demande-t-il pas des actions soutenues des salariés, en France et en Europe??

Nasser Mansouri-Guilani. Les peuples sont opposés à ces programmes d’austérité, d’ailleurs le mouvement des Indignés en Europe en témoigne. Mais il ne suffit pas de s’indigner, il faut être porteur d’un changement, d’un projet alternatif. La CGT et plus globalement les syndicats doivent profiter de ces conditions pour inverser le rapport de forces et le rendre plus favorable aux travailleurs, dans l’espace européen, voire au-delà. Les organisations syndicales travaillent autour de toutes ces exigences?: hausse des salaires, emplois qualifiés et stables, promotion des investissements productifs, ou encore taxe sur les transactions financières. Il y a également nécessité à sortir de ces schémas de concurrence et de compétitivité et à aller vers plus de solidarité. À l’inverse de ce fonds de stabilité financière qui ne répond qu’aux attentes des marchés financiers, il faudrait un véritable fonds de solidarité avec un autre contenu permettant un développement humain durable. Il y a encore besoin de débats afin de mobiliser les salariés autour de ces exigences. C’est à quoi travaille la CGT pour organiser une journée de mobilisation à la rentrée.

Entretien paru dans l'Humanité

 

Des ressources nouvelles pour les services publics locaux !

stopcasseanecr-b1de2.jpgLes services publics mis en œuvre par les collectivités locales jouent un rôle fondamental pour répondre aux besoins des habitants. Chacun et chacune les utilise au quotidien dans tous les domaines : crèches, transports publics, centres médicaux, établissements scolaires, logements sociaux, infrastrucures sportives et culturelles… Ces services dynamisent l’économie, soutiennent la croissance et constituent un rempart à la crise sociale actuelle. Ils participent souvent à la solidarité nationale à la place de l’État.
Ces services essentiels sont aujourd’hui dans le collimateur du gouvernement qui veut les privatiser pour mieux répondre à la crise du capitalisme. On mesure l’ampleur du pactole quand on sait que les collectivités locales assurent 73% de l’investissement public. Pour pousser les élus locaux à réduire les prestations fournies et à les confier au secteur privé, le gouvernement entreprend d’asphyxier financièrement les collectivités en les privant de la fiscalité sur les entreprises, en gelant pour trois ans les dotations de l’État tout en réduisant l’emploi public.
Du fait de ces contraintes financières, les collectivités se retrouvent alors devant une équation insoluble. Soit elles réduisent les services publics et font à leur corps défendant le jeu du gouvernement. Soit, privées de la taxe professionnelle que le gouvernement a supprimée, elles augmentent les impôts sur les ménages alors que ces derniers subissent déjà durement les dégâts sociaux conséquences de la crise. Les élus locaux se retrouvent alors en difficulté pour boucler leur budget sauf à remettre en cause les engagements sur lesquels ils ont été mandatés.
Pourtant une telle cure d’austérité ne s’impose en rien puisque les moyens financiers existent pour assurer des services publics de qualité pour tous. Mais il faudrait pour cela réorienter la finance vers la satisfaction des besoins plutôt que vers la spéculation. Plutôt que de dilapider les 400 milliards d’euros que le gouvernement a réussi à trouver pour les banques en pure perte, des moyens financiers nouveaux pourraient servir à des dépenses utiles qui amélioreraient concrètement la vie des gens.
Pour cela, les élus communistes et républicains proposent de taxer les entreprises selon leurs bénéfices, en modulant l’impôt en fonction de l’emploi et de l’investissement. Un tel impôt économique devrait sceller le lien entre l’entreprise et le territoire d’accueil, sans pénaliser comme aujourd’hui les territoires industriels. Il ferait contribuer les actifs financiers des entreprises. La taxe d’habitation et la taxe foncière tiendraient également compte des revenus des ménages.
Une autre réforme est donc indispensable pour financer la réponse aux besoins de tous, corriger les inégalités sociales et territoriales et favoriser une croissance économique efficace et soutenable. Mais sans attendre, nous demandons que le gouvernement revienne à l’occasion d’un collectif budgétaire sur sa décision de geler les dotations et permette des dotations exceptionnelles à nos collectivités en difficulté. Les élus communistes et républicains appellent la population à se mobiliser pour ne rien céder dans ce combat en faveur de ressources nouvelles. Ils appellent à une remise à plat des financements qui permettrait plus de justice dans les impôts et plus de moyens pour fournir les services publics indispensables à la garantie des droits humains les plus essentiels. Pour exiger haut et fort de telles mesures, ils appellent les associations, les syndicats de territoriaux et la population dans son ensemble à un rassemblement à l’occasion duquel ils exigent d’être reçus à Matignon pour ouvrir une discussion. Un rassemblement se tiendra mardi 25 janvier à 15 heures à proximité de Matignon, à l’angle Invalides rue de Varennes.

Association nationale des élus communistes et républicains

 

Sans vous, rien ne se fera !

arton5156-3a1f3.jpgTout casser ?

Nicolas Sarkozy, en présentant ses voeux aux Français, a pris le temps d’enjoliver son bilan. Il a embelli la manière dont la France et l’Europe ont traversé la crise pour ensuite, surtout, annoncer la poursuite et le durcissement de sa politique régressive dans tous les domaines.
Sous-entendant que les Français avaient accepté la réforme des retraites alors qu’en réalité ils continuent à la combattre et à la refuser, le Président s’est permis d’ajouter que « dans les moments de crise la difficulté ne compte pas ». Mais pour qui ? Le chef de l’Etat a omis de préciser que pour les salariés et leur famille, victimes au quotidien de sa politique autoritaire, effectivement, la difficulté ne compte jamais !
Serge Dassault, patron du Figaro, tête chercheuse de la droite, lui emboite le pas en présentant ses propres voeux dans « son journal ». Une occasion de développer, selon lui, des idées « raisonnables ».
Première proposition :Mr Dassault propose de « robotiser au maximum » et de « revenir au 39h hebdomadaires », cela augmenterait « la compétitivité des entreprises en abaissant le coût du travail ».
Autre proposition : « La généralisation des grèves contre la réforme indispensable des retraites (…) a montré la nécessité de réglementer le droit de grève ».
Dernière proposition concernant l'éducation, « séparer les bons élèves et les moins bons », faire en sorte que ces derniers renoncent au BAC, « la propagande pour ce diplôme a été une erreur profonde ».
Décidément, l'UMP veut tout casser. Il faut une gauche qui, dès maintenant, résiste et propose une alternative pour une autre logique.

Ce que la gauche devra faire ? L’exemple des 35 heures

Manuel Valls veut « déverrouiller » les 35 heures. Selon lui, on ne peut « aller devant les Français avec les même idées qu'en 1997 ». Le député de l'Essonne propose pour cela de piocher dans le stock fourni par la droite. Belle leçon de modernisme!
Ce propos du candidat aux primaires du Parti socialiste augure bien mal de ce que peut être cette année pré-présidentielle où la mise en scène des stratégies personnelles risquent d'occulter la nécessaire construction d'un projet de gauche répondant aux attentes des Français.
Il y a assez de monde à droite pour défendre les désidérata patronaux. Certains feraient mieux de se taire plutôt que de continuer à marquer des buts contre le camp de la gauche, le camp de ceux qui travaillent et subissent l'exploitation capitaliste.
Il n'aura pas fallu moins de 48 h pour que l'UMP s'engouffre dans la brèche. Alors que Manuel Valls propose de « déverrouiller » les 35h, Hervé Novelli le secrétaire général-adjoint de l'UMP propose purement et simplement d'en finir avec le principe d'une durée légale.
Xavier Bertrand le Ministre du travail veut, lui, « baisser le coût du travail », c'est à dire « baisser les salaires ».
Bref, toujours plus d'exploitation pour les travailleurs et toujours plus de profits pour les employeurs.
En ouvrant cette boite de Pandore, le député de l'Essonne a joué un vilain tour à la gauche et au mouvement social en s'attaquant à des conquêtes que le monde du travail a mis plus d'un siècle à arracher. Alors que le processus des primaires socialistes n'est pas entamé, certains se plaisent déjà à jouer les idiots utiles du sarkozysme. Cette situation est extrêmement préoccupante pour la gauche dans son ensemble.
Ce triste épisode doit servir de leçon. Mais que l'UMP ne se réjouisse pas trop vite! On peut compter sur le PCF et le Front de Gauche pour que la gauche ne lâche pas sa boussole, qui est aussi sa raison d'être, celle du progrès social.

Sans vous, rien ne se fera

Il faut résister, dès maintenant mettre ce pouvoir en échec et préparer la défaite de Sarkozy en 2012. Mais pas pour recommencer avec les logiques libérales, qu'elles viennent du FMI, de la commission européenne ou du MEDEF. Elles ont conduit chaque fois la gauche dans le mur.
Comment faire ? Si vous ne voulez pas une nouvelle fois être déçus, à chacun de faire entendre son idée de ce que la gauche devra faire.
C'est le sens de l'initiative prise par le Parti communiste avec le Front de Gauche : lancer un grand débat dans tout le pays pour énoncer ensemble les grandes réformes dont la France a besoin, construire un programme populaire et partagé que les candidats porteront dans les élections de 2012.
Nous voulons élaborer ensemble les grandes priorités, les réformes incontournables qu’une nouvelle majorité politique de gauche devrait impérativement mettre en oeuvre.
Un pacte entre toutes celles et ceux qui font le serment que la gauche ne trahira pas l’espoir de changement qu’elle porte face à Sarkozy et à l’UMP.
Pour y contribuer, les forces du Front de Gauche organisent de nombreuses rencontres locales et nationales partout en France avec des responsables associatifs, des syndicalistes, des rencontres ouvertes à toutes et à tous.
Le PCF, engagé dans cette démarche, met à votre disposition un « cahier citoyen » comme première étape de ce débat et sollicite votre avis personnel sur ce que devra faire la gauche pour réussir le changement

PCF

 

Augmentez les salaires !

L’Insee publie son édition 2010 de « France, portrait social » qui dessine au travers de statistiques une image de la crise et de ses conséquences sociales en matière de démographie, éducation, qualité de vie, coût du logement, salaires et inégalités salariales.
La moyenne des salaires en France est de 32 000 € annuels, largement inférieure à celle du Royaume-Uni (54 000 €) et à celle de l’Allemagne (40 000€). Elle est à peine supérieure à la moyenne européenne. 50% des salaires français sont inférieurs à 1,6 SMIC et 13% de la population, soit près de 8 millions de personnes, vit en dessous du seuil de pauvreté.
Selon l’OIT, organisation internationale du travail, institution spécialisée de l’ONU, qui publie son "Rapport mondial sur les salaires 2010/2011", la crise économique des années 2008 et 2009 a provoqué un « ralentissement considérable » de la croissance des salaires : les pays développés ont connu une quasi stagnation : -0,5 % en 2008 et 0,6% en 2009.
Si la nouvelle que les salaires ont souffert de la crise n’étonne personne, l’OIT souligne que cette « stagnation des salaires peut avoir en réalité contribué au déclenchement de la crise et aussi affaibli la capacité des économies de se redresser ». La redistribution des salaires vers les bénéfices « a entraîné une baisse de la demande globale du fait du transfert d’individus ayant une forte propension à dépenser vers d’autres qui épargnent davantage ». L’OIT estime qu’il est dans l’intérêt des gouvernements de fonder leur croissance économique sur une plus forte consommation des ménages.
L’OIT entend également tirer une « sonnette d’alarme sur la reprise qui ne peut se faire sans une amélioration du mécanisme de fixation des salaires » et insiste sur l’importance de réglementer des salaires planchers et de garantir un salaire minimal pour les familles les plus vulnérables qui travaillent. Le risque est de voir d’un côté des pays « avancés » avec une stagnation des salaires et une croissance faible, et de l’autre, des pays en développement avec une consommation soutenue et une croissance forte. Si dans les années 2000, les salaires ont doublé en Asie et triplé en Europe orientale, ils n’ont augmenté que de 5% en Europe de l’ouest et aux Etats-Unis où on prône une modération salariale. Les premiers touchés sont les jeunes, les femmes et les immigrants. Cette situation provoquera selon l’OIT des tensions sociales aggravées.
En cette fin d’année, le verdict est sans appel : 68% des Français estiment mauvaise la politique économique du gouvernement et à 50%, jugent prioritaire l’amélioration de leur pouvoir d’achat. Les derniers chiffres de l’Insee concernant les prévisions de croissance viennent d’être annoncés : le 1,6% visé par C. Lagarde ne sera pas atteint et un ralentissement de la consommation est attendu.
Spirale infernale…

Chiffres et infos tirés de la «revue FSU » de décembre 2010, du « Monde » du 16 décembre et de « l’Humanité » du 29 décembre.

 

Débat d’orientations budgétaires au Conseil municipal de Saint Gratien

Le Conseil municipal du 18 novembre dernier a débattu des orientations budgétaires de la commune, ce qui prépare au vote du budget, prévu en décembre.
Nous sommes intervenus au nom de notre nouveau groupe « PCF-Front de Gauche ».
Nous avons tout d’abord souligné que nous ne partagions pas les affirmations sur les perspectives économiques présentées dans le document de la majorité municipale. Les prévisions de croissance nous semblent très optimistes, nous pensons que le chômage n’est malheureusement pas «stabilisé » et reste un problème fondamental. Bref, à notre avis, le contexte est plus que morose et rien ne dit que la crise est terminée. Divergences aussi sur le « plan de sauvetage « de la Grèce qui est évoqué et qui consiste surtout à faire payer au peuple grec le prix de la crise, en imposant des mesures d’austérité draconiennes.
A souligner que des interrogations apparaissent au sein même de la majorité puisqu’on relève une phrase étonnante : « Dès 2011, les politiques d’austérité pourraient entraîner une trop faible croissance économique et à l’inverse de l’effet recherché, une augmentation des déficits publics » !! La droite n’est donc pas entièrement convaincue du bien-fondé de sa politique.
Nous avons ensuite évoqué le projet de loi de finances 2011, axée sur une rigueur totale, puisque l’État gèle ses dépenses sur trois ans. Ceci entraînera notamment la poursuite du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux, et la réduction des dépenses de fonctionnement de 10% en 3 ans.
Traduisons : moins de fonctionnaires, c’est moins d’enseignants (- 16 000 postes dans l’éducation nationale à la rentrée 2011), moins d’agents de la sécurité sociale, moins de postiers et des files d’attente qui s’allongent dans tous les services publics comme on le voit dans notre commune. C’est aussi la dégradation de la qualité de l’enseignement public avec des classes surchargées, à double niveau, le recul de la scolarisation des enfants de 3 ans, la disparition des AVS et EVS qui aidaient aux tâches administratives dans les écoles ou permettaient la scolarisation des enfants handicapés. La « rigueur » budgétaire, c’est la régression dans de nombreux domaines.
En ce qui concerne les finances locales, les dotations d’État aux collectivités seront également gelées sur 3 ans, avec des conséquences importantes sur les budgets des communes.
A cela s’ajoute la réforme de la taxe professionnelle, qui a été remplacée par une contribution économique territoriale en 2 parties : la cotisation foncière destinée aux communes et la cotisation complémentaire sur la valeur ajoutée, mais cette dernière est sujette à des abattements qui font que les petites et moyennes communes qui accueillent rarement de grandes entreprises seront lésées.
Les collectivités locales réalisent en France 75% des investissements publics ; la baisse de leurs recettes va entraîner une chute importante de la commande publique, donc de l’activité économique, donc des emplois… ou bien les communes transféreront sur les ménages les recettes autrefois versées par les entreprises… Les contribuables risquent donc de se voir imposer des augmentations de la taxe d'habitation car les élus locaux n’auront pas d’autre issue pour compenser la perte de moyens due à la réforme de la taxe professionnelle et au gel des dotations d’État.
Quant à la "réforme" des collectivités territoriales qui a été votée ces jours-ci à l’Assemblée Nationale, elle n’est pas sans conséquences négatives sur la gestion de nos villes. L’interdiction, à terme, des financements solidaires dits "financements croisés" (c’est à dire que la commune pouvait jusqu’ici recevoir des subventions de diverses sources, départements et régions notamment) risque de remettre en cause nombre d’investissements.
L’austérité nous est imposée, mettant en cause l’avenir même de l’action publique de proximité. L’objectif est bel et bien de favoriser le transfert au privé des services publics.
Des secteurs comme le logement, les crèches, la culture, le sport, seront plus que fragilisés.
L’avenir budgétaire reste donc bien sombre à Saint Gratien comme ailleurs ; les recettes de fonctionnement devraient diminuer en 2011 par rapport au budget 2010, ce qui signifie moins de services rendus à la population au quotidien.
En ce qui concerne le budget 2011 de la commune, la majorité nous annonce que les taux resteront inchangés mais l’évolution des bases ( +1 % ?) amènera toutefois une hausse des impôts pour les ménages. Les dépenses de fonctionnement devraient stagner : nous considérons que ce sont les services rendus à la population qui en souffriront. Les dépenses d’investissement, elles, seront préservées : mais les investissements d’aujourd’hui sont souvent les dépenses de fonctionnement de demain… Et le gel des dotations ne va-t-il pas rendre la réalisation de ces équipements plus difficile ? Les collectivités, département et région, qui nous subventionnent, vont aussi connaître des difficultés et nous en subirons les conséquences.
Un budget fort morose est à craindre avec des répercussions sur les services rendus à la population.
Verdict le 16 décembre, jour de vote du budget communal 2011.
Les séances du conseil municipal sont ouvertes à tous.

 

Loi Bachelot = arme de destruction massive de la santé publique

sans_titre_2.jpgDans la continuité des lois Juppé et Douste-Blazy, la loi Bachelot (Hôpital-Patients-Santé-Territoires) a pour objectif de réduire de façon drastique les dépenses publiques de santé, de transférer les activités rentables au privé, de permettre aux grands groupes financiers de l’assurance de mettre la main sur le budget de la Sécurité Sociale. En bref, il s’agit de faire de la santé une marchandise au bénéfice du capital qui tente de résoudre la crise dont il porte la responsabilité en cherchant de nouvelles sources de profit.

Soins plus éloignés- moins accessibles-plus coûteux
Pour cela, on réduit l’offre de soins : pas un seul hôpital qui ne soit touché par des restrictions budgétaires, des suppressions de poste, des fermetures de lits et de services.Sous prétexte de sécurité on ferme des hôpitaux de proximité, des maternités (plus de 1000 ces dernières années). Et le décret qui prévoit la fermeture de 182 blocs chirurgicaux va encore aggraver la situation, notamment dans les villes moyennes. Ce recul des réponses de proximité réduira encore les possibilités d’accès aux soins, mettant la population en danger et augmentant les coûts à la charge des patients et des familles. Or on sait qu’aujourd’hui, ce sont déjà 25% des habitants qui renoncent à des soins ou les retardent faute de moyens. Une fois encore, le budget de la Sécurité sociale, sous prétexte du « déficit » organisé et bien utile, est voté en régression et prévoit de nouveaux déremboursements !
En Ile de France l’ARS (Agence Régionale de Santé) démantèle l’Assistance Publique :passage de 37 hôpitaux à 12 établissements et suppression de 4000 postes dont la moitié d’effectifs médicaux, fermeture même de l’hôpital Trousseau mondialement reconnu pour ses recherches et avancées en pédiatrie !

Les urgences menacées
M. Evin, directeur général de l’ARS, prépare un plan de démantèlement des urgences la nuit et les week-ends en Ile de France. Selon ce plan, dans chaque département, un seul hôpital « tête de pont » accueillera les urgences de chirurgie et d’imagerie la nuit ainsi que les week-ends et jours fériés, ce qui engendrera la suppression de 1200 postes. Ceci sans aucune concertation et au mépris de la sécurité des patients.
Ce projet est unanimement condamné par la communauté médicale qui dénonce la mise en danger des malades. Certes, un bloc opératoire ouvert 24h/24, cela coûte cher. Mais que représente une vie humaine dans ce monde du profit roi ? Dans le Val d’Oise, la « tête de pont » serait l’hôpital de Pontoise. Mais quel que soit l’établissement choisi, le résultat est le même : mise en danger des patients par l’allongement des transports et des délais, conditions d’exercice professionnel dangereuses pour les personnels qui ne disposeront plus des moyens nécessaires, difficultés et coûts accrus pour les malades et leurs familles. Ce serait un recul sans précédent du service public dans notre région.
Il faut absolument rejeter ce projet. Les Comités de défense des hôpitaux de Pontoise et d’Argenteuil ont déjà engagé l’action et il est indispensable que cette mobilisation s’élargisse à tout le département.
Nous sommes tous concernés et potentiellement menacés.

Des assises régionales de la santé
Au delà de ce projet, c’est la loi Bachelot et la politique de santé mercantile qu’il faut combattre. Alors que la situation sanitaire du pays et de la région se dégrade de plus en plus, que déjà 25% de la population reconnaît avoir renoncé à des soins ou les avoir retardés faute de moyens, il est nécessaire de résister et de réagir.
Les communistes ont lancé un appel à organiser des « Assises régionales de la santé ». Ces assises doivent rassembler les associations, les comités de lutte, les professionnels et les collectivités territoriales afin de mettre un coup d’arrêt au démantèlement de la santé publique et de la protection sociale, de construire ensemble une politique de santé répondant aux besoins de la population et créer les conditions d’une véritable démocratie sanitaire.
Le Conseil Régional, répondant au voeu du groupe communiste s’est engagé à organiser ces assises. Préparons les partout dans le département afin que cette initiative démocratique et innovante réponde pleinement aux attentes de la population.

PCF 95
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Le Front de Gauche attendu sur le terrain des luttes

Comment peut-on prolonger le combat social au plan politique ?
Texte invité

_82_.jpgSyndicalistes, depuis des années, nous nous battons quotidiennement contre les politiques qui créent le chômage, les bas salaires, généralisent la précarité, augmentent les inégalités et les discriminations. Ces politiques continuent de faire la démonstration de leurs dégâts sociaux et humains, de leur inefficacité et de leur cynisme.
Droit du travail, emploi, salaires, éducation, santé, logement, transports, environnement, culture, services publics, protection sociale, retraites, aménagement du territoire, défense des sans- papiers, de l’égalité des droits en ce 40e anniversaire de la création du mouvement féministe… nous tentons chaque jour, avec les salarié(e)s, les chômeurs, les sans-papiers, les jeunes et les retraités de résister et de proposer d’autres choix, d’autres réformes pour la défense de l’intérêt général du salariat. Il faut une autre répartition des richesses produites et une autre orientation des politiques publiques que celles qui cassent un système social qui permet encore aujourd’hui d’amortir les effets de la crise, mais que nous voulons transformer, améliorer et profondément démocratiser.
Face à la nouvelle crise du capitalisme, crise financière, économique, sociale, écologique et culturelle, l’Europe libérale et tous les gouvernements actuels, qui l’ont préparée, ne savent que répondre par de nouvelles régressions. Pourtant la résistance, la colère et la volonté de changement s’expriment à chaque fois qu’on leur en donne l’occasion. On l’a vu lors des grandes manifestations de 2009, on le voit dans la mobilisation qui se construit contre le projet gouvernemental sur les retraites. On le vérifie en réaction à l’odieuse campagne d’assimilation de l’immigration à la délinquance, de la stigmatisation et de l’expulsion des Roms, comme lors des batailles de RESF ou pour la régularisation des sans-papiers. Mais toutes ces luttes, depuis des années, sont orphelines d’une alternative crédible et mobilisatrice à gauche (pas d’une alternance?!).
Les élections européennes et plus encore les élections régionales, avec l’apparition du Front de Gauche, et donc la décision essentielle du PCF, du Parti de gauche et de la Gauche unitaire, rejoints par d’autres organisations, ont ouvert un espoir et des possibles dans lesquels nous nous sommes engagés sans hésiter.
Le monde du travail a besoin d’une politique qui conteste sans ambiguïté le capitalisme, en mettant en cohérence les questions sociales, environnementales, démocratiques et culturelles. Face à la concurrence, entre individus, entre entreprises, entre territoires, entre pays il faut affirmer un projet de société qui permette que les richesses produites par les salariés(e)s servent au développement humain solidaire et respectueux de l’environnement. Par des droits nouveaux, il convient que les salariés, les usagers des services publics, les citoyens puissent intervenir dans l’orientation et la gestion des entreprises privées ou publiques, des services publics et plus globalement de la cité. Cela au niveau local, national, européen et mondial.
C’est pourquoi nous nous sommes engagés dans la campagne, comme tant d’autres qui attendaient depuis si longtemps, sans hésitation mais pas sans précaution. Nous savons bien que l’on ne va pas du jour au lendemain passer d’une histoire des partis à la construction d’une force nouvelle sans difficultés, sans tensions. Mais nous l’affirmons solennellement, le Front de Gauche ne peut pas et ne doit pas rester un simple cartel électoral. Il est attendu sur le terrain des luttes?: sécurité, conditions de travail, emploi, école, santé, services publics, protection sociale… il est indispensable de dépasser les réponses des uns et des autres pour proposer une démarche commune (comme il l’a fait sur les retraites) et s’inscrire dans les batailles unitaires en cours et à venir. Il est aussi attendu sur le terrain politique. Alors que toutes les forces se positionnent pour la présidentielle de 2012, il est essentiel que le Front de Gauche affiche et affirme sa rupture avec une élection et une Constitution bien peu démocratiques. Et pour cela il est nécessaire que toutes celles et tous ceux (syndicalistes, associatifs…) qui n’adhèrent à aucune des organisations actuellement existantes puissent trouver leur place au sein d’un Front de Gauche élargi à toutes les forces qui le souhaitent. Trouver leur place, cela ne veut pas simplement dire pouvoir adhérer à une association ou à un collectif de quartier. C’est pouvoir parler, choisir, décider et rendre compte, participer dans un cadre respectueux de chacune et chacun.
Nous ne sommes ni naïfs ni rêveurs. Nous savons que ce type de processus qui exige des organisations existantes un dépassement est forcément long et difficile. Mais en déclarer l’objectif, en affirmer la volonté c’est déjà beaucoup. «Vouloir arriver, c’est déjà avoir fait la moitié du chemin», dit un proverbe kabyle. La situation l’exige, beaucoup l’espèrent et les militant(e)s syndicaux peut-être plus encore.



Philippe Bouvier (CGT territoriaux Vénissieux), Jean-Michel Drevon (FSU service public), Maryse Neumeyer (Solidaires SUD santé), Jean-Pierre Chapuis (CGT service public), Serge Dufour (intervenant en prévention des risques professionnels et amélioration des conditions de travail), Dominique Rols (FSU Directe), Myriam Plet (spécialiste en droit social et droit des personnes du SAF), Gilles Seitz (CGT médecin du travail), responsables et militants syndicaux de la région Rhône-Alpes
Article paru dans l’Humanité

 

Lettre ouverte aux jeunes : "Dénoncez ces réformes qui vous ferment les portes de l’emploi et des entreprises !"

Texte invité
Vous êtes des millions à galérer pendant des années, de stages en CDD à répétition, avant d’accéder à un vrai emploi. Savoir si dans 40 ans, l’âge légal de la retraite sera 60, 62 ou 70 ans est le dernier de vos soucis. Rien de plus logique, puisque votre préoccupation c’est d’accéder à l’autonomie économique, afin de pouvoir fonder une famille et faire des projets. Après de nombreuses années d’études ou de formation, ce chômage qui vous bouche l’horizon, voilà ce qui vous pourrit la vie, jusqu’à vous faire douter de vous-même et de votre utilité dans la société.
Ce n’est pas un hasard si vous percevez cette situation plutôt comme une fatalité que comme révoltante,. En répétant que l’emploi est la priorité N° 1 et qu’il n’y a pas d’autres solutions que celles qu’ils proposent, les gouvernements de droite n’ont pas lésiné sur les moyens pour générer confusion et résignation. Depuis 30 ans, ils ont mis en oeuvre les mêmes remèdes : baisse du coût du travail, assouplissements du droit du travail, amélioration de la formation, dérégulations financières, flexibilité, concurrence libre et non faussée … Avec les résultats que l’on connaît : persistance d’un chômage de masse et explosion des inégalités de tous ordres. Pire, ces « remèdes au chômage » ont conduit à la plus grave crise depuis 1929 !
Dès 1997, Michel Rocard avait tiré la sonnette d’alarme dans un livre consacré aux causes du chômage et aux solutions. Il écrivait en 4ème de couverture de ce livre intitulé « Les moyens d’en sortir » : « L’inexorable montée du chômage démontre l’inefficacité de toutes les techniques utilisées pour le combattre … On ne luttera efficacement contre le chômage massif que par la réduction massive du temps de travail. Toute la question est : comment faire ? ».
Face à un « échec » aussi éclatant et général pour faire reculer le chômage, examinons deux hypothèses. Et si le chômage de masse était indispensable à l’accroissement des profits distribués aux actionnaires ? Et si, en répétant que l’emploi est leur priorité N° 1, ils ne faisaient que dresser un rideau de fumée devant cette réalité qu’il faut cacher ?
Qu’est-ce que le chômage et à qui profite-t-il ?
Le chômage n’est rien d’autre qu’une répartition imposée du temps de travail avec, aux deux extrémités, ceux qui se ruinent la santé au travail et ceux qui n’ont pas d’emploi, ou seulement des petits boulots précaires. Même les économistes libéraux reconnaissent aujourd’hui que c’est la persistance d’un chômage de masse qui a instauré un rapport de force défavorable aux salariés et permis ainsi de faire passer les dividendes versés aux actionnaires de 3,2% du PIB en 1982 à 8,5% en 2007.
Nicolas Sarkozy et son gouvernement multiplient les réformes qui aggravent le chômage. Bizarre non ? Ils ont fini le démantèlement – commencé en 2002 - des lois Aubry sur la réduction du temps de travail qui avaient permis la création de 400 000 emplois et dont le but était de parvenir à une répartition moins injuste du temps de travail.
Ils encouragent le recours aux heures supplémentaires en les exonérant de cotisations sociales. Dans un article intitulé "Il n’y a jamais eu autant d’heures sup’ qu’aujourd-hui", Guillaume Duval - rédacteur en chef d’Alternatives Economiques – écrivait le 9 avril 2010 : « Ainsi 4 milliards d’euros d’argent public sont dépensés pour inciter salariés et entreprises à faire des heures supplémentaires au lieu d’embaucher des jeunes et des chômeurs … Ces millions d’heures supplémentaires représentent l’équivalent de 420 000 emplois à temps plein … Un scandale qu’il y aurait urgence à faire cesser. »
Ils ont supprimé toutes les règles qui encadraient le cumul emploi retraite. Depuis le 1er janvier 2009, tout salarié peut cumuler, sans limite de revenus, une retraite à taux plein et un salaire à temps complet ou partiel. Enfin, cerise sur le gâteau, ils veulent repousser à 62 ans l’âge légal de la retraite et à 67 ans celui donnant droit à une retraite à taux plein. Cela ne génèrera pas d’emplois supplémentaires et n’augmentera donc ni le nombre de cotisants, ni les ressources des régimes. Une partie des personnes entre 60 et 62 ans aura été déplacée de la case retraite vers la case chômage. L’autre partie devra travailler 2 ans de plus, au détriment notamment de l’embauche de centaines de milliers de jeunes.
Pour plus de détails, voir notre Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy intitulée « Les Français n’ont pas besoin de travailler plus longtemps, mais de travailler tous ! ».
Exigez l’abrogation de ces réformes qui contribuent à vous fermer les portes de l’emploi !
Exigez une répartition plus équitable du temps de travail et ne comptez pas trop sur les autres pour défendre vos intérêts à votre place. En effet, depuis 2002 jusqu’à aujourd’hui, le Medef et les gouvernements de droite n’ont guère rencontré de résistance et de contradicteurs quand ils ont fait passer et repasser leur rouleau-compresseur idéologique pour discréditer la nécessité d’une autre répartition du temps de travail.
D’autre part, tous ceux qui se sont endettés sur 20 ans pour payer la maison n’ont guère envie de se faire remarquer en revendiquant, dans leurs entreprises, une réduction du temps de travail pour permettre l’embauche de jeunes. Pire : depuis 10 ans on ne compte plus les entreprises dans lesquelles les salariés et les délégués syndicaux ont été soumis au chantage suivant : soit vous acceptez une augmentation de votre temps de travail sans augmentation de salaire, soit l’entreprise sera délocalisée. Dernier exemple en date : Général Motors à Strasbourg, au mois de juillet.
Quant aux élites de demain, les jeunes issus des grandes écoles, ils ne sont pas tous dupes du formatage subi. Mais dans une société gouvernée par des riches pour les riches, il est évidemment impossible de faire carrière - dans leurs entreprises - si l’on critique leur idéologie économique.
Les injustices ne reculent que par des révoltes collectives de ceux qui les subissent. Sans la révolte de 2006 contre le CPE, les salariés en CDI seraient aujourd’hui licenciables, même à défaut de « cause réelle et sérieuse », donc sans recours juridique possible.
Exprimez votre révolte contre ce chômage qui vous est imposé !
Dès le 7 septembre des millions de citoyens vont exprimer leur opposition au report à 62 ans de l’âge légal de la retraite et à 67 ans de celui donnant droit à une retraite à taux plein. Puisqu’une telle réforme aggraverait le chômage en général et celui des jeunes en particulier, c’est votre propre intérêt à court terme que vous défendrez en participant massivement à ces manifestations.
Saisissez l’occasion de cette bataille sociale pour revendiquer, par des slogans appropriés, votre droit à l’emploi et à l’autonomie économique. L’issue de la bataille dépend largement de vous, de votre imagination, de votre détermination. Et de votre capacité à utiliser à fond les réseaux sociaux (Facebook, twitter, blogs …) pour mobiliser tous vos amis.

André Martin et Jean-Luc Cassi ( ingénieurs - Ugict-Cgt - fondateurs du site http://www.retraites-enjeux-debats.org/) - Christian Liard (délégué syndical CFDT)
Jeudi 26 août 2010
voir le site
jeudi 24 juin 2010, manifestation unitaire de la République à Nation en passant par par Bastille. Contre le projet de loi sur les retraites.

 

Des nouvelles du Front …

_520_.jpgLe Front de Gauche met en place son plan de travail et annonce des initiatives.
L’analyse faite par les composantes du Front de Gauche lors de son « sommet » de juin est plus que jamais d’actualité. Chaque jour qui passe délégitime en effet un peu plus la politique de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement. La droite au pouvoir est plongée dans une crise politique profonde, qui révèle sa collusion avec les puissances financières. Il faut les empêcher de toute destruction nouvelle des droits sociaux et démocratiques.
Etre au cœur des mobilisations notamment sur la question des retraites mais aussi en préparant une véritable alternative de gauche à la politique du gouvernement et du MEDEF : voilà ce que le Front de Gauche entend poursuivre en inscrivant son action dans les luttes et dans les échéances électorales à venir.
Le comité de liaison permanent s’est réuni déjà deux fois à cet effet pour mettre en place le plan de travail conçu lors de ce sommet.
Il a d’abord décidé de coordonner des initiatives de soutien aux nombreuses et diverses luttes menées dans le pays. Il lance notamment à partir du 13 juillet une pétition demandant le retrait du projet de loi gouvernemental sur les retraites et appuyant le projet alternatif soutenu par le Front de Gauche et déposé par les parlementaires du PCF et du Parti de gauche.
Il sera de tous les rassemblements unitaires initiés partout en France sur la base du retrait du projet gouvernemental, par les syndicats ou les organisations démocratiques en juillet, en août et à la rentrée. Il a appelé notamment à se joindre aux rassemblements unitaires appelés par les organisations syndicales le 13 juillet.
Le Front de Gauche réaffirme également son combat pour « bousculer » la donne à gauche. Il entend rassembler dans le pays une nouvelle majorité à gauche sur la base d’un programme de gouvernement en rupture avec la logique dominante d’un système capitaliste et des modèles productivistes dont la crise actuelle ne fait que confirmer le nécessaire dépassement.
Dans cette optique, à la Fête de l’Humanité, le Front de Gauche lancera un processus d’élaboration d’un « projet partagé » au travers d’initiatives multiples locales et nationales. Ce processus permettra de forger un programme ambitieux pour notre pays, pour son rôle dans le monde, et tourné vers la satisfaction des besoins humains et non de ceux de la finance.
Dans la même optique il annonce l’organisation de plusieurs débats publics à commencer par :

  • La refonte de nos institutions pour mettre fin à la monarchie présidentielle et à la personnalisation de la Vème République ;
  • Les solutions à mettre en œuvre pour dépasser la crise européenne, refuser les plans d’austérité et l’utilisation de l’argent tel que la conçoivent les mentors de cette Europe libérale.

Ce chantier, le Front de Gauche entend largement l’ouvrir tant nationalement que localement aux formations politiques désireuses de s’associer à cette démarche, mais aussi à toutes les citoyennes et les citoyens, en particulier les militantes et militants syndicaux et associatifs qui s’investissent dans la même recherche d’une société qui refuse la mise aux normes économiques de rentabilité de toute activité humaine, pour lui substituer des valeurs d’égalité, de solidarité et d’humanisme qui sont le véritable patrimoine de la gauche dans notre pays.
Rendez-vous à la Fête de l’Humanité avec le Front de Gauche.

Parti communiste français ; Paris, le 12 juillet 2010.

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Le marché de la mort

_428_.jpgTexte invité

1531 milliards de dollars de dépenses militaires mondiales en 2009.
La crise n’affecte pas les marchands d’armes.

Portées au niveau de 1531 milliards de dollars, l’étude annuelle des dépenses militaires mondiales publiée par le SIPRI ( institut international de recherche pour la paix, basé à Stockholm, ndlr) indique une nouvelle augmentation des dépenses militaires mondiales en 2009, de près de 6% sur celles de 2008. « C’est un scandaleux record ! » affirme le Mouvement de la Paix. « Au moment où le monde fait face à une nouvelle crise aux conséquences sociales et écologiques dramatiques, ces dépenses sont un véritable crime contre l’humanité ».
Les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU représentent à eux seuls plus de 61% des dépenses militaires mondiales, en contradiction avec les efforts de désarmement de l’institution internationale. Le leadership de cette course à la mort reste incontestablement les Etats-Unis (49%).
« Au moment où l'on envisage des coupes sombres dans l'éducation, la petite enfance, les retraites, la santé,..., il est particulièrement indigne que la France se maintienne à la troisième place de ce triste palmarès » poursuit le mouvement pacifiste.
Le coût des opérations militaires extérieures atteint un nouveau sommet. « Comment pourrait-il en être autrement quand tout montre que les solutions militaires n’apportent aucune résolution durable des conflits et qu’au contraire, elles les enveniment ? » interroge le Mouvement de la Paix.
Il faut d’urgence mettre un terme à cette course infernale et consacrer ces sommes à la construction d’un monde plus juste donc plus sûr.
Si les armes garantissaient la sécurité, il y a longtemps que les guerres auraient disparu !
Au contraire, à force de mettre au point des armes toujours plus sophistiquées, les hommes ont rendu leur existence sur terre plus dangereuse et plus précaire. C’est particulièrement vrai avec l’arme nucléaire dont la modernisation des arsenaux coûte des fortunes.

Le Mouvement de la Paix réitère sa proposition de mettre en débat la réduction de moitié des budgets militaires pour les 10 ans qui viennent. Dans l’immédiat, le Mouvement de la Paix demande la fermeture du Salon européen de l’armement qui doit s’ouvrir à Villepinte le 14 juin prochain.

Le Mouvement de la Paix
Saint-Ouen, le 2 juin 2010
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plus d'info

 

Le gouvernement fuit la réalité

_415_.jpg" Le gouvernement veut donner l'impression qu'il affronte la réalité sur les retraites, la vérité est qu'il fuit la réalité ". Emmanuel Todd, anthropologue, démographe à l'Institut national d'études démographiques (INED)

Comme anthropologue et démographe, comment voyez-vous le débat des retraites ?
Ce n'est pas la priorité. Il est légitime de se poser la question de savoir s'il faut travailler plus longtemps en relation avec l'espérance de vie, et je suis évidemment pour défendre les retraites.
Mais c'est un problème de long terme, alors que nous vivons une crise majeure de court terme.
Un économiste venu de Mars ne comprendrait pas que la planète France débatte de la manière d'augmenter la durée du travail dans l'avenir pour des personnes ayant déjà un certain âge, alors qu'on ne parvient pas à donner aujourd'hui du travail aux jeunes.
En termes d'économie immédiate, la question des retraites n'a aucun sens. Le gouvernement veut donner l'impression qu'il affronte la réalité, la vérité est qu'il fuit la réalité.
Comment l'expliquez-vous ?
Le vrai problème de la France, c'est la disparition de notre industrie, les délocalisations d'entreprises, la stagnation du niveau de vie.
A terme, si nous ne faisons rien, notre société est menacée d'appauvrissement, ce qui remettrait complètement en question toutes les décisions qu'on prépare sur les retraites.
Dans ce décalage temporel, ce qui me choque le plus, c'est la place épouvantable qui est faite aux jeunes : ils ont en général un niveau d'études beaucoup plus élevé que les générations précédentes, et ils sont maltraités en termes d'emploi et de salaire. Or je suis désolé d'être obligé de le rappeler : l'avenir d'une société, ce sont ses jeunes, pas ses vieux !
Vous cultivez le jeunisme ?
Je n'ai pas de passion particulière pour les jeunes, je trouve les enfants extraordinaires, mais les adolescents sont fatigants - et je sais de quoi je parle. Non, je parle en historien. J'aime bien mon pays, j'ai envie que son histoire continue, et cette histoire sera faite demain par les jeunes d'aujourd'hui.
La crise économique crée une tension très dure sur le marché du travail, et la vie professionnelle est vécue comme une jungle dont on n'a qu'une envie, c'est de sortir le plus vite possible. Le débat sur les retraites traduit cela : les gens s'intéressent plus à l'après-vie professionnelle, comme un refuge à atteindre, qu'à leur travail, qui leur est devenu insupportable.
Les premières victimes de la crise sont les ouvriers, qui sont en train de disparaître avec notre industrie, et l'on va d'ailleurs se rendre compte que ce sont les ouvriers qui étaient les véritables créateurs de la richesse du pays. Jusqu'à il y a quelques années, ces ouvriers faisaient grève pour protéger leur outil de travail. Maintenant, ils se battent pour négocier leurs conditions de départ. Leur attitude est très analogue à celle des dirigeants d'entreprise qui essaient de s'en mettre plein les poches, à coups de stock-options ou autres, avant de se faire éjecter? C'est une ambiance d'Apocalypse Now, après moi le déluge...
La crise actuelle n'est-elle qu'une crise de plus ?
Je vois deux phénomènes nouveaux. En Europe, un effet de dislocation selon le degré de résistance des pays et de leur économie.
Et une sorte d'amnésie chez nos gouvernants qui, après avoir bien réagi dans une première phase en comprenant que la crise était un problème de demande, sont en train de changer de pied et d'imposer l'austérité. Tout cela sous la houlette de l'Allemagne, dont la société est la plus âgée d'Europe, alors que la France conserve une bonne démographie.
Ce qu'ils ne voient pas, c'est que nous sommes dans une crise sans fin, dont on ne sortira qu'en changeant de logiciel.

Extrait de la Dépêche du Midi, 30 mai 2010
Emmanuel Todd : Né le 16 mai 1951, fils du journaliste et essayiste Olivier Todd, petit-fils de l'écrivain Paul Nizan. Anthropologue, démographe à l'Institut national d'études démographiques (INED)

 

Bonnes vacances ?

Ce souhait anodin prend hélas une résonance particulière en ces temps de « crise » où une majorité de Français devra pour des raisons économiques renoncer à un quelconque séjour estival …. Période difficile pour un million et demi de saisonniers surexploités….

L’été est aussi propice aux mauvais coups gouvernementaux : travail du dimanche, recul de l’âge de la retraite, attaques contre les services publics, privatisation de la poste, nouvel impôt par la taxe carbone … pas de vacances non plus pour la politique ultralibérale que continuent d’appliquer les «nouveaux» ministres ! La droite est confortée par l’abstention massive aux élections européennes et fait mine de voir dans son résultat une victoire , alors qu’il reflète surtout la faiblesse des socialistes. Elle entend ne pas perdre de temps.

Les écoles, quant à elles, retrouveront, à la rentrée, une situation bien dégradée.

La disparition de postes «Rased», aide pour les enfants en difficulté, compliquera la tâche des enseignants.

Nombre d’ «AVS», en charge de l’accueil des enfants handicapés, verront leurs contrats arriver à terme. Gâchis humain et financier pour ces personnels précaires qui se sont formés, situation difficile pour les enfants qu’ils accompagnaient. Les syndicats réclament une solution d’urgence et à terme, une pérennisation de ces emplois indispensables au bon fonctionnement des établissements scolaires.

La réforme de la formation des maîtres, elle aussi, sera un sujet épineux. Elle a suscité une réprobation quasi unanime des syndicats, des mouvements pédagogiques, des associations de parents d’élèves. Les textes des décrets ont été publiés avant que la commission de concertation et les groupes de travail mis en place aient rendu leurs conclusions ! Cette réforme entraînera une remise en cause des IUFM, une dégradation de la formation professionnelle des enseignants, la fin de la formation continue, et des conditions plus difficiles pour les étudiants qui ne seront plus salariés lors de leur dernière année d’étude. La qualité de la formation des maître est pourtant une question particulièrement décisive pour la réussite des élèves… Bon été à tous !

 

Au conseil municipal du 20 novembre…

Comme la loi en fait obligation, le conseil municipal de Saint Gratien a procédé à un « débat d’orientations budgétaires » avant le vote du budget en décembre. Comme le reconnaît l’adjoint aux finances lui-même, l’exercice sera « délicat » cette année, dans un contexte économique difficile de "crise" et de "récession". De nouvelles difficultés pour les collectivités locales, confrontées aux transferts de charges et aux moindres subventions de l’état. Le plan de finances 2008 a instauré un contrat de « stabilité », c’est à dire que l’enveloppe globale sera indexée sur la seule inflation. En 2009, l’évolution de l’ensemble des dotations sera inférieure à 1%. La dotation globale de fonctionnement n’évoluera que de 0,47%. La « DSU » est menacée dans les années à venir.

Pour lutter contre l’effet « ciseaux » (les dépenses augmentent, les recettes diminuent et les deux courbes se rapprochent au risque de se croiser) la municipalité a choisi de comprimer les dépenses de fonctionnement : 1,5 % d’augmentation hors dépenses salariales. La politique d’investissement devrait se poursuivre dans le cadre du plan pluriannuel. Enfin, il est envisagé d’augmenter la pression fiscale.

Le débat s’est engagé sur la nécessité de maintenir des investissements coûteux et d’augmenter les impôts et les tarifs des services…. dans le seul objectif d’assurer un « autofinancement » de la commune, donc de réduire le recours à la dette.