Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

La relève

medecin.jpegLe film de la semaine Séance unique mercredi 6 février à 20h30 à Utopia Saint-Ouen proposée par le Comité de défense de l’hôpital public autour de la santé de proximité en danger, en présence de Juliette Warlop, réalisatrice du film, Didier Ménard, protagoniste du film et promoteur du projet « La Place Santé » à Saint Denis, Yves Laybros, médecin urgentiste et Thierry Rabany , médecin généraliste à Cergy.
Soirée soutenue par le Front de Gauche, Europe Ecologie les Verts et ATTAC Cergy

La relève, de Juliette Warlop - documentaire France 2012 52mn -

Ce qui frappe dès la première séquence de ce touchant et stimulant documentaire diffusé récemment par Public Sénat, c’est le fossé qu’il y a entre ces images et celles que nous donnent à voir les magazines d’actualité des chaînes de télévision à sensation sur un sujet similaire, à savoir la santé au sein des quartiers populaires, quartiers communément rebaptisés par TF1 ou M6 « zones de non-droit ». On a trop vu ces reportages souvent tournés à moitié en caméra cachée et nourris d’images floutées consacrés aux risques encourus par les professionnels de santé. Les malheureux seraient rançonnés quotidiennement, ils subiraient des agressions gratuites, sans compter l’entrave à leurs pratiques en raison des croyances religieuses. Loin de nous l’idée de nier totalement que tout cela repose sur certains faits, il n’empêche que la première séquence de La Relève traduit une toute autre vérité. On y voit une femme entre deux âges, que l’on dit « issue de la diversité », au bord des larmes avant de s’effondrer littéralement dans les bras de son médecin. Elle ne vient pas d’apprendre un très mauvais diagnostic mais tout simplement le départ prochain du médecin, après trente ans de bons et loyaux services au coeur du quartier. Et à travers cette scène toute simple, on comprend à quel point ce toubib à belles bacchantes, regard lumineux et sourire permanent, est pour beaucoup de ses patients bien plus qu’un praticien: un compagnon de route souvent présent lors des moments les plus difficiles de la vie, un homme qui soigne autant les bobos du corps que du cœur, en apportant une écoute et quelques conseils de vie bien sentis.

Le documentaire aurait pu être le portrait d’un chouette gars qui va enfin prendre un repos bien mérité, laissant désemparés ses anciens malades. Mais Didier Ménard a prévu « la relève »... Non seulement il y a des jeunes médecins prêts à venir s’engager aux Francs-Moisins, un des quartiers à sale réputation de Saint-Denis, mais le nouveau retraité a, avant de partir, conçu un projet tout à fait innovant et rarissime en France de centre de santé communautaire. Un endroit où bien sûr on vient se faire soigner mais où l’on peut trouver aussi des médiateurs pour vous aider à résoudre vos problèmes sociaux et psychologiques qui se répercutent sur votre santé; un endroit où l’on peut venir évacuer le stress d’une vie professionnelle ou familiale souvent rude par la musicothérapie ou la simple discussion autour d’un café; un endroit où se pratiquent l’éducation à la santé, à la bonne nutrition. Avant le départ de Didier Ménard, « Place Santé » est née avec ces jeunes médecins plein d’allant, Maxime et Mathilde, qui ont à peine 30 ans, le temps qu’a passé Didier aux Francs-Moisins.

Mais au-delà de cette histoire, le film invite à une réflexion passionnante sur la manière de pratiquer une médecine globale. Les jeunes médecins pensent aussi leur travail différemment par rapport à leur glorieux aîné. Alors que celui ci enchainait les journées de 7h à 22h jusqu’au bout de la fatigue, eux ont choisi d’être de simples salariés en effectuant des horaires normaux, un choix pas facile économiquement mais qui leur permet non seulement d’avoir une vie à côté mais aussi d’assurer des soins dans des conditions optimum. Et avec les soignants enthousiastes, alors que les consultations se déroulent et qu’on découvre des situations pas faciles mais touchantes, on finit par se plaire aux Francs-Moisins, avec ses dizaines d’origines différentes, et on se dit que c’est peut-être dans ces zones désignées comme de non-droit que se crée le laboratoire médico-social de demain.

Critique parue sur le site du cinéma Utopia

 

On est là !

on-est-la-luc-decaster.jpgLe cinéma Utopia de Saint Ouen l’Aumône propose ce soir une projection du film-documentaire « On est là ! » qui raconte le conflit de travailleurs sans papiers dans une entreprise de nettoyage de Saint Prix.

Ça commence fort, par l'arrivée intempestive de travailleurs africains dans une petite entreprise de la banlieue parisienne. Ces hommes, visiblement exaspérés, cherchent le patron, qu'ils veulent ni plus ni moins séquestrer. Comme il apparaît assez vite, nous nous trouvons au siège de l'entreprise de nettoyage « Clean Multiservices », qu'une vingtaine d'employés sans papiers, d'origines malienne et mauritanienne, investissent pour une occupation surprise, avec le soutien de militants associatifs. Ils sont là pour faire valoir leurs droits (heures supplémentaires non payées, salaires non versés...), après qu'une vingtaine de leurs camarades ont été victimes d'un licenciement abusif, et pour réclamer aussi leur régularisation. Après avoir fait appeler la force publique dans un premier temps, le directeur de l'entreprise, qui n'apparaîtra jamais à l'écran, doit accepter la négociation. C'est ce bras de fer, filmé du côté des travailleurs siégeant nuit et jour dans la cour de l'entreprise, que filme Luc Decaster durant les trente-neuf jours que durera la négociation... Un film qui invite à se battre et à espérer. (J. Mandelbaum, Le Monde)

Une histoire qui pour être extraordinaire n’en est pas moins courante. Depuis quatre ans, dans le Val d’Oise, la CGT a soutenu 780 salariés dans une quinzaine de conflits, le plus souvent dans des entreprises du bâtiment, des sociétés de nettoyage ou de services et dans la restauration.

En 2009, était par exemple dénoncée la situation de sans papiers employés par la société Val Horizon, qui intervient pour le compte du syndicat intercommunal de collecte des déchets ménagers de la vallée de Montmorency, le syndicat « Emeraude » Cet épisode avait été relaté sur ce blog car nous nous indignions que des collectivités locales puissent avoir recours à des entreprises employant de telles méthodes.

voir le billet

Cette projection est proposée par le Front de Gauche en présence du réalisateur Luc Decaster et des militants ayant participé à la lutte des travailleurs sans-papiers de Saint Prix. Cette séance fait l'objet d'un assez long article dans "Le Parisien" de ce jour.