Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

Mot clé - Union Européenne

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La Grèce ou l’alpha et l’oméga d’une situation inextricable….

... si l’on continue à suivre les conseils de l’Union Européenne et du FMI.
Partie III

Pourquoi on ne peut s’en sortir sans croissance ?

Quel lien entre la situation de Grèce, la situation de la France et notre campagne de terrain ?

1 - Il est clair que la situation de nos finances n’a rien à voir avec la situation grecque. Mais on voit bien les conséquences des mêmes politiques d’austérité menée. La croissance est atone en France et en Europe.

2 - Quelles doivent donc être nos priorités ?
- D’abord, partager les richesses. Le salaire médian s’élève à 1300 euros. Six millions de salariés gagnent moins de 750 euros. Le taux de chômage dans le Val d’Oise s’élève à 9,4%.

Nous poussons pour des mesures fortes comme un smic à 1700 €, un revenu maximum dans les entreprises, une révolution fiscale.

- Ensuite, l’emploi. Pour cela, il faut utiliser autrement l’argent. Il faut mette en œuvre une nouvelle politique du crédit bancaire en faveur de l’économie réelle : avec l’appui d’un pôle financier public, sous contrôle social, qui accorderait aux PME des prêts à des taux d’autant plus bas que leurs projets seraient riches en emplois, en salaires, en formation.

Voilà qui nous permettrait de développer l’emploi en favorisant une relance économique, de répondre aux immenses besoins sociaux qui sont les nôtres en matière de santé, de logement, d’éducation ainsi qu’aux défis écologiques, qu’il nous faut résoudre.

3 - Et qu’on ne nous dise pas que " de l’argent, il n’y en a pas ".

La banque centrale européenne vient de prêter aux banques 1000 milliards d’euros au taux de 1%. De leur côté, les grands groupes du CAC 40 ont annoncé en mars lors de la tombée de leurs comptes 2011, disposer de 75 milliards en trésorerie… !

4 - C’est la substance des messages que nous portons sur le terrain de la 6ème circonscription.
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Europe : pas sans nous ! Appel pour un référendum sur le nouveau Traité européen

Europe_3.jpgPlusieurs traités européens ont déjà dépossédé les citoyens de la possibilité de choisir les orientations de l’Union européenne. Aujourd’hui, la Grèce mais aussi le Portugal, l'Irlande et l'Italie se voient imposer des décisions majeures dans des domaines qui ne sont de la compétence, ni de la commission, ni du conseil européens. Les dirigeants et les technocrates de l'Europe, au service de la finance, enfoncent les populations dans la récession, la régression sociale et la misère, renforçant ainsi les inégalités, les discriminations et la xénophobie.

Le sommet européen a adopté le 9 décembre, le projet du TSCG (Traité sur la stabilité, la coordination, et la gouvernance dans l’Union), dit traité Merkozy. Il vise à donner une base légale à la régression sociale, à la répression et aux dénis de démocratie, durcissant les règles qui figuraient déjà dans le Traité de Maastricht puis dans celui de Lisbonne, imposant de lourdes sanctions «immédiates» et «automatiques» aux pays contrevenants. Cet accord a vocation à engager l’ensemble des pays de l’Union et l'ensemble des décisions politiques.

Les gouvernants qui entendent limiter aux parlements la ratification d’un tel Traité manifestent leur mépris des exigences démocratiques. Ils se font les complices de la remise en cause du principe démocratique fondamental : la souveraineté du peuple.

Nous refusons de renoncer à nos droits !

Quelle que soit l’issue des échéances électorales d’avril, mai et juin, que le texte reste en l’état ou qu’il soit modifié lors d’une éventuelle renégociation, nous exigeons la tenue d’un référendum pour que le peuple décide si la France doit approuver ou refuser le nouveau Traité.

Nous invitons toutes et tous les citoyen(ne)s à se mobiliser dans leurs quartiers, leurs villes ou leurs villages, leurs lieux de travail, au sein de leurs partis, leurs syndicats ou de leurs associations. Organisons ensemble réunions publiques, manifestations, pétitions, occupations, et autres actions pour un vrai débat et bâtir ensemble l’Europe que nous voulons !

Pour se joindre à cet appel

 

Pas de nouveaux traités sans l’avis des peuples

Le 31 janvier dernier, sur proposition de Merkel et Sarkozy, le Conseil européen, c’est-à-dire les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne, ont décidé de confirmer deux nouveaux traités européens. Deux textes, qui contraignent les États à réduire toujours plus leurs dépenses publiques, et tentent de rendre irréversibles les politiques d’austérité.

Le premier traité, dit de « gouvernance économique », c’est celui touchant à la discipline budgétaire, la fameuse « règle d’or » qui limite les déficits à 0,5% du PIB et oblige chaque pays de la zone euro à présenter son budget à la commission européenne avant que le parlement national ne le vote. La règle jusqu’ici en vigueur fixait une limite de 3% et a déjà entraîné bon nombre de coupes sombres dans les dépenses publiques.

Voici donc de nouvelles contraintes et une condamnation à un avenir « austéritaire » qui obligerait les pays à serrer la ceinture aux salariés, aux retraités, aux jeunes, à baisser les dépenses publiques utiles, le niveau de protection sociale et les crédits aux collectivités locales. Ce traité prévoit également que tout pays ayant une dette supérieure à 60% de son PIB s’engage à la réduire. Ce dispositif obligerait la France à réaliser 26 milliards d’économies par an. Les sanctions sont automatiques et le pays ne respectant pas la règle devra se soumettre à un programme « d’assainissement budgétaire et financier » sous le contrôle de la commission européenne. Les gouvernements ne seront donc pas libres demain de décider de leur politique économique.

Règle d’or ou règle de plomb ?

L’autre traité, appelé « traité établissant un mécanisme européen de stabilité » (MES), lié au précédent, et sur lequel l’assemblée s’est prononcée le 21 février, est censé rassembler des fonds pour prêter de l’argent aux pays qui en ont besoin. Ce MES prendra la forme d’une société anonyme basée au Luxembourg et demandera de l’argent aux États de manière illimitée. A ce titre, la France doit déjà verser 142 milliards d’euros, pour un fonds dont ni le parlement ni le gouvernement ne contrôleront l’utilisation. Le MES empruntera lui-même aux marchés qui fixeront les taux d’intérêt, et prêtera ensuite aux pays à un taux plus élevé. Pas question donc de revenir sur le rôle de la Banque centrale européenne, qui ne pourra toujours pas prêter aux États, mais seulement aux banques à un taux de.... 1%, Quant au MES, il conditionnera, bien entendu, ses prêts à la mise en place dans le pays emprunteur d’un plan de rigueur et à l’application de toutes les dispositions prévues dans le premier traité. La boucle est bouclée. C’est l’austérité à perpétuité.

Ce « mécanisme européen de stabilité » est devenu un traité voté en catimini par l’Assemblée nationale mardi dernier.
Les députés du Front de Gauche ont voté contre le projet de loi autorisant à ratifier le mécanisme européen de stabilité, en expliquant ainsi leur position :
« Si ce texte visait à mettre en place un fonds d’assistance aux Etats en difficulté au nom d’une véritable solidarité européenne, nous aurions pu y être favorables, mais le mécanisme que vous nous proposez n’est pas un simple organe de « coopération intergouvernementale », c’est une machine de guerre contre les peuples. Nous en avons l’exemple dramatique en Grèce. Le plan adopté par le gouvernement grec, samedi dernier, va se traduire par de nouvelles coupes dans les pensions, une nouvelle baisse de 22% du salaire minimum à 580 euros mensuels et moins encore pour les jeunes, le blocage total des salaires pour une durée indéterminée et à la suppression de milliers d’emplois publics et privés. En échange d’aides qui bénéficient exclusivement au secteur bancaire, le peuple grec va devoir faire face à des programmes d’austérité implacables aux effets dramatiques et qui annihilent toute perspective de croissance. Avec le mécanisme européen de stabilité, vous ne proposez rien d’autre que ce que nous voyons aujourd’hui à l’œuvre en Grèce. Avec ces traités, vous voulez asphyxier l’Europe. Nous voulons au contraire lui redonner du souffle. »

Les députés du PS se sont abstenus lors du vote à l’assemblée, à l’exception d’une vingtaine d’entre eux. François Hollande quant à lui, a déclaré vouloir renégocier le deuxième traité. Il lui sera difficile de le faire alors qu’il ne s’est pas opposé à celui soumis à l’Assemblée nationale sur le mécanisme de stabilité, les deux traités étant indissociablement liés. Comment comprendre une abstention face à un dispositif nous assignant à l’austérité et donc à l’interdiction de toute politique de gauche ?

Comment ne pas voir enfin que la démocratie est fort mise à mal dans cette affaire ? Les représentations nationales sont privées de leur pouvoir de décision sur leur budget. Les peuples ne sont pas consultés sur des textes amenant une purge sociale, dont ils seront les victimes. Le Front de Gauche lance donc un appel pour que ces traités soient soumis à un grand débat national suivi d’un référendum. Puisque la souveraineté budgétaire des États serait remise en cause, il apparaît impensable de ne pas consulter directement le peuple sur un tel traité.

Il est encore possible à la gauche de bloquer le processus puisque les sénateurs doivent se prononcer le 28 février. Il est malheureusement fort probable que les élus socialistes adoptent la même attitude que leurs collègues de l’Assemblée. D’où l’intérêt d’avoir, dès le mois de juin prochain, une gauche « bien à gauche » et un fort groupe de députés Front de Gauche, capable de peser pour que soit appliquée une réelle politique alternative à l’austérité dans notre pays…

A Madrid, Lisbonne, Athènes et Rome, les salariés, les citoyens se sont mobilisés en fin de semaine dernière contre l’Europe de l’austérité et du chômage. Ce mouvement aura un temps fort le 29 février prochain à l’appel de la Confédération européenne des syndicats. Pour la première fois, cette dernière s’est très nettement prononcée contre les projets de traités européens qu’on tente une nouvelle fois d’imposer aux peuples.
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Palestine : un État maintenant !

palestine_2.jpgAppel citoyen...Palestine : un État maintenant !

L’autorité palestinienne s’apprête à déposer une demande à l’Assemblée Générale de l’ONU ou au conseil de sécurité, pour être reconnue comme le 194ème état membre de l’ONU. Pour que la France et les pays de l’Union Européenne appuient cette demande, Le Mouvement des Jeunes Communistes de France a lancé un appel signé depuis par de nombreuses personnalités du monde politique, syndical, associatif et culturel.

Le mouvement des jeunes communistes français (MJCF) coordonne depuis plus d’un an une grande campagne de solidarité internationale pour une paix juste et durable au Proche-Orient et la libération de deux prisonniers politiques palestiniens Salah Hamouri et Marwan Barghouti. Salah Hamouri et ses parents sont donc également co-signataire de cet appel. De plus, le 21 septembre est le 10ème anniversaire de la journée internationale pour la paix. La reconnaissance de l’état palestinien serait un pas important vers la Paix au Proche-Orient.

Texte de l'appel

Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur le sort réservé aux Palestiniens depuis 63 ans !

Colonisation ininterrompue, maisons détruites en masse, mur de la honte, contrôles aux checkpoints, confiscation de terres arables, privation d’accès à l’eau, racisme d’État, violation quotidienne des résolutions de l’ONU, humiliations permanentes... Ça ne peut plus durer ! Au moment, où de nombreux peuples se révoltent dans tous le Moyen-Orient pour trouver la voie de la démocratie, de la justice et de l’égalité, les aspirations du peuple palestinien doivent être entendues. Le temps est venu que les choses changent ! Bien sûr, l’échec des nombreuses négociations menées depuis 20 ans et l’escalade de la violence qui en découle pourraient décourager. La solution existe pourtant, simple et juste : un État palestinien pour le peuple palestinien.

En septembre, s’enclenche un processus qui doit conduire la Palestine à être reconnue comme un État, le 194ème membre de l’ONU.

Le peuple palestinien a le droit à cet État, libre et indépendant, dans les frontières de 1967 (Cisjordanie, bande de Gaza, Jérusalem-Est comme capitale), aux côtés de l’État israélien. C’est la condition de justice qui peut seule ouvrir un horizon de paix dans la région.

La France et l’Union européenne doivent soutenir activement cette chance historique.

En tant que citoyens engagés pour la paix, nous soutenons les peuples palestinien et israélien et leur droit de vivre en paix dans des États libres et souverains aux frontières sûres.

En tant que citoyens engagés pour la justice et les droits humains, nous appelons la France et l’Union européenne à prendre leurs responsabilités en approuvant à la prochaine assemblée générale de l’ONU – et au Conseil de sécurité pour les membres permanents – la reconnaissance de l’État palestinien.

Voici la liste des premières personnalités qui ont accepté de cosigner cet appel :

Christophe Alévêque, humoriste et chroniqueur ; Henri Alleg, ancien directeur d’Alger Républicain, président d’honneur de l’association de la cause anticoloniale ; Pouria Amirshahi, secrétaire national au droit de l’Homme du PS ; Pierric Annoot, secrétaire général des jeunes communistes (MJCF) ; Mouloud Aounit, président d’honneur du MRAP ; Gérard Aschieri, syndicaliste ; Nicole Borvo Cohen-Seat, président du groupe CRC-SPG du Sénat ; . José Bové, député européen ; Marie George Buffet, députée, ancienne ministre ; André Chassaigne, député ; Didier Daeninckx, romancier ; Laurianne Deniaud, présidente des Jeunes Socialistes (MJS) ; Olivier Dulac, neuropédiatre, hôpital Necker ; Patrick Farbiaz, animateur de l’association « Sortir du colonialisme » ; Jacques Fath, responsable des relations internationales du PCF ; Gérard Filoche, inspecteur du travail en retraite ; Luc Foulquier, Ingénieur-chercheur en écologie ; Jérôme Gleize, membre de l’exécutif d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ; Pierre Gosnat, député ; Robert Guédiguian, réalisateur ; Marion Guénot, secrétaire national de l’UEC ; Gisèle Halimi, avocate et ancienne ambassadrice de France ; Denise et Hassan Hamouri, enseignante et commerçant ; Salah Hamouri, étudiant franco-palestinien et prisonnier politique en Israël ; Jacky Hénin, député européen ; Stéphane Hessel, ambassadeur de France ; Elie Hoarau, député européen, secrétaire général du Parti Communiste Réunionnais ; Benjamin Joyeux, responsable de la commission transnationale EELV ; Pierre Laurent, secrétaire national du PCF ; Yvan Le Bolloch’, comédien et musicien ; Jean Paul Lecoq, député ; Jean Claude Lefort, député honoraire ; Patrick Le Hyaric, député européen, directeur du journal l’Humanité ; Didier Le Reste, cheminot, syndicaliste ; Marie-Noëlle Lienemann, membre du bureau national du PS ; Gilles Manceron, historien, Ligue des droits de l’Homme ; Catherine Margatte, maire de Malakoff ; Henri Martin, résistant ; Jean Luc Mélenchon, député européen, vice-président du Parti de gauche ; Catherine Mills, maitre de conférences à la Sorbonne ; Roland Muzeau, député, porte parole des députés communistes, républicain et du Parti de gauche ; Jacques Nikonoff, porte parole du M’PEP ; Daniel Paul, député ; François Périnet, maitre de conférences à Paris Sud ; Christian Piquet, porte parole de la gauche unitaire ; Yvon Quiniou, philosophe ; Georges Séguy, syndicaliste, déporté et résistant ; Lucien Sève, philosophe ; Taoufiq Tahani, universitaire ; Nils Tavernier, acteur et réalisateur ; Marie Christine Vergiat, députée européenne ; Pierre Villard, co-président du Mouvement de la Paix ; Daniel Voguet, avocat à la cour d’appel de Paris ; Edouard Wagneur, mathématicien ; Francis Wurtz, député européen honoraire ; Emmanuel Zemmour, président de l’UNEF

Pour signer l'appel

 

Refusons la « règle d’or » sarkozyenne

pierre_laurent_8.JPGComment mettre en échec la récession à venir??

Dans le courrier qu’il vient d’adresser aux parlementaires, daté du 26?juillet, Nicolas Sarkozy plaide avec enthousiasme en faveur des récentes décisions du sommet de Bruxelles concernant la crise grecque et une gouvernance économique européenne renforcée.

Il appelle les députés et les sénateurs français à s’unir «?comme un seul homme?» sur ces bases en vertu des intérêts supérieurs de la nation de «?maîtrise?» des dépenses publiques.

Tout le monde a parfaitement saisi son appel à adopter sans discussion la «?règle d’or?» qui permettrait d’inscrire dans la Constitution la politique d’austérité et d’injustice sociale que son gouvernement mène au bénéfice des marchés financiers depuis son élection à la présidence et que les gouvernements européens renforcent dans toute l’Europe sous le contrôle de la BCE, du FMI et de l’Union européenne.

Pour le Parti communiste français, les choses sont claires?: il est hors de question de prêter la main à l’adoption de ce projet injuste, inefficace, contraire à l’intérêt général et à la souveraineté de notre pays. Nos parlementaires ne voteront pas ce projet que nous combattons avec détermination avec toutes les forces du Front de gauche et leur candidat commun à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon.

Face à la crise très grave des dettes publiques en zone euro, le sommet extraordinaire de l’Eurogroupe du 22?juillet dernier a, en réalité, décidé de sauvegarder les intérêts financiers des grands créanciers au détriment de celui des peuples, des salariés. Cette réunion n’a surtout rien changé ni à l’orientation de la politique monétaire de la Banque centrale européenne ni à la sélectivité du crédit bancaire. Nicolas Sarkozy et ses homologues européens ont fait le choix de ne pas frapper les spéculateurs qui sont pourtant à l’origine de la crise financière.

Ainsi, le principe d’une taxation bancaire a été rejeté. Certes, les taux d’intérêt des prêts consentis vont être abaissés et leur durée rallongée pour maintenir la tête du débiteur grec hors de l’eau sans le sauver de la noyade. Mais la possibilité d’un «?défaut de paiement sélectif?» de la Grèce est maintenue, avec le risque de nouveaux acharnements spéculatifs des marchés financiers contre elle, mais également contre d’autres pays considérés comme «?fragiles?», parmi lesquels l’Espagne, mais aussi l’Italie et ses 1?900?milliards d’euros de dette publique.

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), doté de 440?milliards d’euros en mai?2010 pour reprêter aux États en difficulté de l’argent qu’il emprunte sur les marchés financiers avec la garantie de chaque pays membre de l’euro, voit son rôle très accru.

Avec le nouveau plan de 160?milliards d’euros décidé pour la Grèce, le FESF tend à devenir, à côté de la toujours très monétariste BCE, le pivot d’un projet de fuite en avant vers l’endettement public massif sur les marchés financiers de toute la zone euro, prise comme un tout.

Or un premier épisode, ouvert au printemps 2010, de cette fuite en avant au service de la domination des marchés financiers vient, pourtant, de se conclure en débouchant sur un fiasco.

Le premier plan dit de «?sauvetage?» de la Grèce, auquel les députés communistes et du Parti de gauche ont été les seuls à s’opposer au Parlement, a brisé la croissance de ce pays, provoqué l’explosion du chômage et l’écrasement des salaires réels (– 8,9?% entre?2008 et?2011), aggravant le déficit budgétaire (+?6?% de 2008 à 2011) et accentuant, en pratique, l’accumulation des dettes, malgré les énormes sacrifices imposés au peuple et le bradage des atouts nationaux avec les privatisations, la casse des retraites… La dette publique de la Grèce qui était de 105?% de son PIB en 2008 approche, désormais, 150?%?! Et voilà dans quelle voie on propose de nous enfoncer.

Ces décisions soumettent tous les peuples de l’Union européenne à ce chantage alors que cinq jours à peine après le sommet, les agences de notation annoncent déjà la forte probabilité de baisser les notes de l’Italie et de la France. N’est-il pas grand temps de changer radicalement de logique et de cesser le sacrifice des économies nationales au profit des spéculateurs??

L’adoption de la règle d’or qui soumettrait constitutionnellement tous nos budgets aux exigences des marchés financiers serait une folie. Le remboursement des marchés serait garanti tandis que cette règle obligerait à sacrifier nos salaires, nos retraites, notre protection sociale, nos systèmes publics d’éducation et de santé. Ce serait l’austérité à perpétuité et l’incapacité pour notre économie de se relever.

C’est cette voie que notre peuple a refusée par référendum en 2005. Si les partisans de la règle d’or sont convaincus que les Français ont changé d’avis depuis, qu’ils osent la soumettre au suffrage universel?!

Si le président de la République par peur du suffrage universel décide d’obtenir ce changement constitutionnel en convoquant tous les parlementaires en Congrès, pas une voix ne doit manquer à gauche pour empêcher l’adoption de ce projet.

Les communistes appellent toutes les femmes et tous les hommes de progrès à se mobiliser pour mettre en échec cette récession programmée et ce déni de démocratie. Ce rejet doit être l’occasion pour toutes les forces de gauche de s’engager fermement à renoncer à cette politique d’austérité suicidaire et à promouvoir des choix nouveaux de développement social et écologique en France et en Europe.

La France ne doit pas seulement se battre pour une solution juste et solidaire au défi de la dette en Europe mais elle doit agir pour émanciper l’Union européenne de la dépendance des marchés financiers en retrouvant à tous les niveaux, national et européen, la maîtrise publique de la finance et du crédit, en taxant les banques et les profits financiers, en changeant le rôle et les missions de la BCE, en relevant les salaires et en développant les services publics. La France pourrait agir pour remplacer le Fonds européen de stabilité financière, qui soutient les marchés, par un Fonds européen de soutien au développement social et solidaire des pays européens.

Le Front de gauche, avec le Parti communiste et ses partenaires, est déjà pleinement mobilisé pour mener cette bataille. Nicolas Sarkozy lance un défi à toute la gauche en cherchant à faire la démonstration qu’il n’y a pas d’alternative à sa politique. Relevons ce défi. Une autre politique est possible?!

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français

 

Le soldat grec

Portugal_.jpgDe la rigueur encore et toujours pour la Grèce.. Un nouveau plan de rigueur se met en place, faisant suite à un ... plan de rigueur de quatre ans. Le premier ministre grec Papandréou (socialiste, il me semble ...) l’a annoncé cette semaine. Il faut économiser 26 milliards d’euros s’ici à 2015. Le déficit (15,5% du PIB en 2009, 10% en 2010) devrait être de seulement 1% en 2015. Le tout pour convaincre les sacro-saints marchés que le pays peut s’en sortir.

La recette est simple, mais certainement douloureuse : un plan de privatisations pour récupérer 15 milliards en trois ans, à la demande de l’Union Européenne et du FMI (dirigé par un certain Strauss Kahn, socialiste, je crois…)

En 2010, les Grecs ont vu baisser leurs salaires, reculer l’âge de la retraite, baisser le niveau des pensions et augmenter la TVA. Cela n’étant pas suffisant, le gouvernement grec va continuer dans la même voie : réduire encore les salaires, allonger la durée de travail des fonctionnaires de 37 heures 30 à 40 heures. Des écoles, des hôpitaux vont fermer. L’eau, le gaz, l’électricité, la poste, les chemins de fer vont être privatisés. Des ports, des aéroports et autres lieux touristiques pourraient être concédés au privé. Devant ces perspectives peu réjouissantes, cela grince un peu des dents du côté du Pasok au pouvoir. Des députés et même des ministres ont fait connaître leurs désaccords.

Résultats du premier plan de rigueur : le taux de chômage grec a dépassé les 15% en janvier et la Grèce connaît sa troisième année consécutive de récession. Mais les taux d’intérêt de la dette grecque s’envolent : plus de 13% au moment de l’annonce du plan d’austérité, qui n’est donc pas cruel pour tout le monde.

Le but n’est pas ici de « sauver » les Grecs, mais bien les banques, y compris les banques françaises, qui empruntent à 1% auprès de la BCE des sommes qu’elles prêteront ensuite à 13…

Le Portugal s’engage sur le même chemin. Les représentants de l'Union Européenne et du FMI, toujours eux, entament à Lisbonne des négociations politiques avec les autorités portugaises pour définir le montant, et surtout les conditions, d'un plan de sauvetage financier qui doit être conclu d'ici la mi-mai.

L'Union européenne comme le FMI se sont déjà dits prêts à aider le Portugal, mais à la stricte condition que Lisbonne adopte un "programme d'ajustement" d'un montant estimé à environ 80 milliards d'euros et qui sera assorti de mesures d'austérité qualifiées d’ «ambitieuses », ce qui veut tout dire, surtout pour ceux qui vont les subir.

L’année 2011 sera particulièrement dure avec la baisse des salaires dans la fonction publique, des coupes dans les aides sociales, l’éducation, la santé, ainsi qu’une hausse de deux points de la TVA et la réduction des aides à l’emploi.

Le Portugal connaît une désindustrialisation massive. Le secteur industriel représente aujourd’hui 17% du PIB contre 27% il y a une dizaine d’années. Le pays ne produit plus suffisamment. Le niveau d’éducation et de formation est très bas, d’où le désastre que représentent les coupes annoncées dans l’éducation. Le chômage flambe officiellement à 11%. 18% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Le plan gouvernemental ne saura qu’aggraver la misère. Les difficultés de Lisbonne comme celles d’Athènes ne peuvent que s’accroître. Les coupes dans les salaires et les dépenses publiques vont en effet réduire demande et consommation intérieure. Cela ne va pas manquer d’assécher les rentrées fiscales, et donc d’aggraver encore la situation financière des pays.

« Ce n’est pas le soldat grec qu’il s’agit de sauver, c’est le taux de profit » lisait-on dans l’Humanité en 2010. Aujourd’hui, le soldat est portugais, mais cela n’a rien changé à l’affaire…

Est-ce le programme pour la France de D. Strauss Kahn, qui pourrait être candidat à l’élection présidentielle, d’après ce que dit sa femme ?

 

L'Irlande, cuisinée à la sauce grecque, passe à la casserole

_326_.gifCommuniqué de presse du Parti communiste français

L'Union Européenne et le FMI sont à la manœuvre : le pire est à craindre pour l'Irlande.
Après la Grèce, c'est au tour des Irlandais de bénéficier – pour leur malheur- des mannes de l'Union Européenne. 90 milliards d'euros vont ainsi être consacrés à ce qu'il est abusivement appelé « sauvetage » de son secteur bancaire, mais qu'il serait plus juste de renommer « destruction » de son économie !
Comme la population grecque, le peuple irlandais va payer le prix fort des errements de ses dirigeants. Sa dette colossale est devenu une aubaine pour les marchés financiers qui y voient un formidable terrain de jeu pour la spéculation financière.
La médication à venir est connue. Elle comprend de nouvelles réductions des allocations chômage et familiales ainsi que de nouvelles suppressions d'emplois publics. Le gouvernement irlandais s'apprête même à s'attaquer au salaire minimum.
Après la Grèce au printemps dernier, l'Irlande va ainsi devenir le deuxième pays de la zone euro à passer sous les fourches caudines des marchés financiers.
Cette potion est pire que le mal. Au bout, c'est le désespoir pour les Irlandais, sans que les causes qui ont rendu possible cette situation de déficit abyssal soient résolues. Rien n'est possible s'il n'est pas mis un terme à tous ces mécanismes financiers dédiés aux plus riches et déconnectés de l'économie réelle. La BCE doit être placée sous l'autorité des peuples européens et non l'inverse.
Le PCF dénonce ce plan d'affameur où pieds et poings liés, l'Irlande passe à la casserole à la sauce grecque.

 

Une proposition de loi alternative pour une réforme des retraites juste et efficace

53507_38901.jpgLa réforme des retraites proposée par le gouvernement est un véritable coup de poignard contre le modèle social français.
Injuste, mais aussi inefficace, ce sont les salariés déjà durement touchés par la crise qui vont la payer au prix fort (22,6 milliards d'euro) alors qu'une fois de plus, le capital est épargné (4,4 milliards d'euro). Ce projet ne règlera rien. Ils s'inscrit dans la lignée des mesures d'austérité mises en place par l'Union Européenne : une véritable capitulation devant les marchés financiers et l'amplification d'une politique d'austérité qui nous enfonce dans la récession.
Il est possible de faire autrement.
Les député-e-s communistes, républicains et du Parti de gauche ont déposé une proposition de loi qui, tout en rétablissant la justice sociale, assurerait également un financement dynamique du système de retraite.

Retrouvez en annexe le texte complet de cette proposition de loi. Nous vous proposerons durant tout l’été de la soutenir en la signant.

 

Vive l’Europe !

_17_.jpgAprès la réunion du Conseil Ecofin de ce mardi, Hermann Van Rompuy a divulgué les résultats de la réflexion à mi-parcours du "groupe de travail sur la gouvernance économique". Celle-ci prône une véritable purge sociale et incite à la baisse drastique des salaires au nom de la compétitivité. Voici la réaction de Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité et député européen.
"Le Conseil des Ministres de l'économie et des finances présidé par Hermann Van Rompuy vient de prendre des décisions extrêmement graves contre les populations et la souveraineté des peuples.
D'abord il bafoue le droit des parlements à voter les budgets nationaux puisque la Commission et le Conseil décideraient à priori de la qualité des budgets.
Il est ainsi prévu de renforcer ce qui a été baptisé Pacte de stabilité alors qu'il ne s'agit que d'un corset contre les dépenses publiques utiles et les budgets sociaux. Il est même prévu que des sanctions financières soient appliquées aux Etats qui dépasseraient certains niveaux de déficit ou de dette.
Il s'agit en fait de la mise en place de plans d'ajustements structurels par delà l'opinion des Etats et des parlementaires nationaux. C'est une mise en cause inacceptable de la souveraineté populaire.
D'autre part Monsieur Van Rompuy et ses comparses appellent à une amélioration de la compétitivité à l'intérieur de l'Union Européenne par la "modération salariale", c'est à dire la baisse drastique des salaires.
Ce qui se prépare va donc être douloureux pour les salariés, les retraités et pour les jeunes. C'est une véritable purge sociale contre les systèmes d'aides, notamment aux plus démunis qui se met en place. La protestation populaire la plus unitaire et la plus large possible est donc indispensable.
En ce sens je soutiens résolument tous les mouvements sociaux engagés dans tous les pays de l'Union Européenne et particulièrement la mobilisation syndicale unitaire du 24 juin en France."

Patrick Le Hyaric, député au Parlement européen, vice-président du groupe de la Gauche Unitaire Européenne - Gauche Verte Nordique

Contrôle européen des budgets nationaux : un droit de veto contre la souveraineté populaire
Le Conseil des ministres de l'Union européenne vient de prendre une décision inacceptable. L'examen préalable par la Commission européenne des budgets nationaux et l'application de sanctions préventives revient à donner un droit de veto à cet organisme qui est le conseil d'administration du libéralisme en Europe.
Le Parti de Gauche proteste au nom des droits de la souveraineté populaire. Il rappelle que la révolution de 1789 s'est faite pour établir celle-ci. Et que la droite et la gauche sont nées dans le débat pour ou contre le droit de veto du roi. A même cause, nous souhaitons mêmes effets. Un pouvoir de gauche en France ne devra pas accepter cette nouvelle tutelle autoritaire de l'Europe libérale.



Jean-Luc Mélenchon, Président du Parti de Gauche (PG) et député européen

Ndlr : Le Conseil pour les Affaires Économiques et Financières, ou Conseil ECOFIN, est la formation du Conseil de l'Union européenne rassemblant les ministres des finances des États membres.

 

Tutelle européenne

_396_.jpgJusqu’ici, l’Europe « libérale », c’était surtout la déréglementation à outrance, les privatisations, la réduction des dépenses publiques.. A-t-on franchi une nouvelle étape ? L’Union Européenne s’attaque à présent à la démocratie. Les gouvernements devraient soumettre leurs budgets à l’approbation de la commission européenne, avant de les proposer à leurs propres Parlements. Démocratie, souverainetés nationales ? Tout cela est oublié car il ne faut surtout pas mécontenter les « marchés ».
Pour cela, l’Europe de Sarkozy est prête à mettre sous tutelle les Etats et la Grèce a montré quelles extrémités antidémocratiques cette politique pouvait apporter. Athènes est sous contrôle. Les compétences politiques nationales sont déléguées au FMI et à l’Union Européenne. Le ministre des finances a maintenant la possibilité de prendre par décret toutes les lois et tous les accords qui relèvent de du plan de « soutien » par les états de la zone euro et le FMI. L’accord sur le plan d’«aide» dicte tout le travail législatif de casse sociale que devra entreprendre la Grèce. C’est un vrai calendrier de travail des autorités grecques sous supervision internationale. La démocratie grecque est sérieusement mise à mal. L’accord fixe ainsi l’agenda gouvernemental et parlementaire pour les mois à venir : réforme des retraites, de l’administration par des fusions de communes ou régions, privatisations, gel du salaire minimum et des pensions quelque soit le niveau de l’inflation, contrôle du budget avec rôle accru du ministre des finances au détriment de celui du Parlement qui n’aura plus le droit de modifier la taille du budget.
La voie étant ouverte en Grèce , il s’agirait maintenant d’imposer que la commission européenne puisse exercer un contrôle préalable des différents budgets nationaux, avant que ceux-ci soient examinés par leurs parlements respectifs. Ce renforcement autoritaire de la surveillance budgétaire, dont Sarkozy et Merkel seraient à l’origine, a évidemment pour but de forcer les états à appliquer rigoureusement le «pacte de stabilité » qui impose « l’assainissement des finances publiques » comprenez la mise à mal des services publics, avec suppressions massives de postes, gel des salaires et retraites, pression fiscale accrue sur les ménages .. et au bout du compte, le chômage, le désastre économique et social.
Si la Grèce a été la première à subir la rigueur, d’autres pays s’apprêtent à passer sous les fourches caudines des sacro-saints marchés. L’Espagne, le Portugal annoncent à leur tour des mesures de d’austérité pour réduire les déficits publics, en sacrifiant leur politique sociale. Pour ramener les déficits dans les clous européens imposés, ces gouvernements (socialistes, comme la Grèce..) n’hésitent pas à mettre leur peuple au régime sec.
En France, le premier ministre vient d’annoncer le gel pour trois ans des dépenses sociales de l’état : APL, RSA, allocation handicapés, réduction des effectifs des fonctionnaires… Cela ne risque pas d’encourager la consommation ni de favoriser la relance : la France a connu au premier trimestre une croissance de 0,1%. Les recettes immuables de l’Europe financière : faire payer les peuples pour « rassurer » les marchés. Jusqu’à quand ?

Ci-dessus: la porte des lions à Mycènes (Péloponnèse)
Chacun aura remarqué que les lions sont des lionnes...
Isabelle Volat

 

Trop de vieux demain ?

_335_.jpgQuel rôle joue la démographie dans la crise du système des retraites ? Est-ce un problème réel ? Est-il fatal ou peut-on agir dans ce domaine ?
Il y a certes un réel vieillissement démographique. Le grand nombre de personnes arrivant à la retraite (le fameux «baby-boom » d’après- guerre se transformant en ce que certains appellent « papy-boom ») ainsi que l’allongement de la vie font que le « rapport de dépendance démographique » (ratio des plus de 60 ans par rapport à la population d’âge actif) se détériore. La part des 60 ans et plus passera de 24% de la population en 2000 à 36% en 2040. C’est une augmentation de 50% en 40 ans. De 14 millions en 2000, on passerait à 21 millions de personnes de 60 ans et plus en 2040. Il y aurait alors seulement 1,2 cotisant pour 1 retraité alors qu’il y en avait 2,1 en 2000.
Oui, les problèmes démographiques existent mais il faut toutefois les relativiser car ils ne sont pas insurmontables. Le taux de fécondité en France était de 1,65 en 1974. Il est en 2010 de 2,1. Le taux de renouvellement est donc assuré, ce qui est décisif. La France est un des rares pays de l’Union Européenne où le taux d’accroissement naturel est positif et notre pays a avec l’Irlande le meilleur taux de fécondité. Cette réalité est évidemment due à une politique familiale qui encourage la natalité, et permet aux femmes de faire garder leurs enfants tout en travaillant. Le « choc démographique » redouté est donc beaucoup moins important que prévu. On peut agir sur ces questions démographiques, des «ressorts» existent : encourager la natalité mais aussi considérer que l’immigration peut être une variable positive pour augmenter le nombre de cotisants. Reste évidemment un problème plus complexe : pour que les potentiels «actifs» soient réellement des «cotisants», il faut une autre politique de l’emploi.
Tout est aujourd’hui bon pour affoler et empêcher d’autres propositions d’apparaître crédibles. On annonce dans les médias que la part des prestations vieillesse va atteindre des sommets apocalyptiques. En 2000, on leur consacrait 12,6% du PIB : ce serait 15% en 2040. Est-ce insurmontable ? En réalité, ces chiffres sont très bas si on les ramène à la part des 60 ans et plus dans la population. L’augmentation devrait d’ailleurs être encore plus importante si on veut abolir les réformes néfastes imposées par Balladur et Fillon en 1993 et 2003 et améliorer le système des retraites. D ‘après les économistes de la CGT, il faudrait une augmentation de 6 points d’ici à 2040 de la part des prestations vieillesse dans le PIB qui devraient passer ainsi de 12 à 18% du PIB. Impossible ? Bien sûr que non , puis que cela a déjà été fait ! Entre 1960 et 2000, c’est à dire durant une même période de 40 années, la part des prestations vieillesse a doublé, passant de 6 à 12% du PIB. Si on a pu le faire, c’est que cela a été financé par la croissance, les créations d’emplois, l’augmentation des salaires et de la productivité.
Si les problèmes démographiques sont réels, ils sont sur le long terme et parfaitement surmontables. Il n’y a donc aucune fatalité « démographique » qui nous pousserait à démolir notre système de retraites. Les Cassandre qui annoncent que l’allongement de la vie n’est pas une chance mais un fardeau qui plombe nos retraites, nous mentent.
Isabelle Volat

 

Retraites à la grecque ?

AthenesAcropole.jpgLa purge grecque se traduira par des baisses de salaires, des réductions dans les investissements publics, l’augmentation des taxes, l’allongement de la durée des cotisations pour la retraite. En 2012, quatre fonctionnaires sur cinq partant en retraite ne seront pas remplacés. Le salaire minimum est gelé pour trois ans….
Les « partenaires » européens de la Grèce, exigent en effet une baisse de 15 % des salaires dans les secteurs public et privé, un relèvement de l’âge de la retraite à soixante-sept ans, une baisse des pensions, des milliers, voire des centaines de milliers de suppressions d’emplois dans le secteur public, l’abolition des conventions collectives, la remise en cause de toute restriction légale à la suppression d’emplois dans le secteur privé, sans parler des privatisations et des nombreuses coupes dans les budgets de la santé, de l’éducation ou de la recherche, voire d’’une exigence de privatisation des transports publics. Banques et grandes fortunes sont en revanche tout à fait épargnées..
La cure d’austérité draconienne imposée au peuple grec fera baisser de 30% le pouvoir d’achat des salariés, entraînant baisse de consommation, puis licenciements et faillites. La croissance baissera de 4%. On appelle ce massacre « sauver la Grèce ».
L’Union Européenne solidaire ? Elle organise la concurrence entre les pays. Outre les fameux critères de Maastricht qui règlementent les dettes et déficits publics, elle interdit à la banque centrale européenne de financer directement les états. La BCE prête par contre aux banques à 1% des fonds qu’elles prêteront à leur tour aux états à des taux beaucoup plus importants, jusqu’à 10% pour la Grèce !
Le plan français de « solidarité nationale avec la Grèce » rapportera via les intérêts gagnés par la France 160 millions d’euros. « Ce n’est pas un plan de solidarité avec les Grecs, avec l’État grec, avec le peuple grec ; c’est un plan de solidarité avec les créanciers de l’État grec. » a déclaré JP Brard à l’assemblée, au nom des députés communistes et du Parti de Gauche.
Lors de la crise financière, la France n’a pas hésité à mettre sur la table, près de 350 milliards d’euros pour sauver les banques de la faillite ; et au niveau européen, c’était 3 600 milliards d’euros ! Aujourd’hui, l’Union européenne consent, dans sa grande magnanimité, à prêter un peu plus de 30 milliards d’euros à la Grèce, en contrepartie de ce plan d’austérité d’une ampleur sans précédent.
S’agit-il ainsi de sauver la Grèce ? Non, juste de sauver les créanciers de la Grèce dont les noms sont Société générale, Crédit agricole, BNP, Deutsche Bank…. Et ceux dont on ne parle pas : les fabricants d’armes allemands et français, qui ont des créances très importantes et qui continuent leur commerce, appuyés par le gouvernement français comme cela vient d’être révélé...
Le plan européen concernant la Grèce a pour but de garantir les bénéfices des banques et des marchands d’armes. Les banques françaises détiennent en effet plus de 50 milliards d’euros d’obligations de l’État grec et les établissements bancaires allemands en possèdent pour près de 30 milliards d’euros. Venir en aide à la Grèce ? Non, il s’agit de garantir que les banques seront remboursées de leurs prêts.
La même logique d’austérité est malheureusement déjà à l’œuvre dans l’ensemble des pays de l’Union Européenne où le gouvernements font la chasse aux « déficits publics » pour entrer coûte que coûte dans le pacte de stabilité. En France, le premier ministre vient d’annoncer le gel des budgets 2011, 20012, 2013… c’est à dire l’amputation des dépenses publiques et principalement les dépenses sociales. Ne faut-il pas tout faire pour conserver la note AAA de la France auprès des agences de notation ? D’après le premier ministre, « La France est à l’heure actuelle avec l’Allemagne la meilleure signature en Europe et nous devons tout faire pour conserver cette signature. » Qui décide ? Les agences de notation. « Le gouvernement français cherche à faire entrer la France dans un scénario à la grecque de compression drastique des dépenses publiques. Il est clair que la réforme des retraites est totalement motivée par ces exigences et que l’on cède aux marchés financiers » a dénoncé Pierre Laurent pour le PCF.

Mais tout n’est pas plié d’avance… Le ministre du travail, par exemple, avoue redouter en septembre un mouvement social suite au dépôt du projet de loi sur les retraites et l’annonce de mesures de rigueur.

Les communistes grecs ont déployé cette semaine une banderole sur l’Acropole où on pouvait lire : « Peuples d’Europe, soulevez-vous ! »
A l’occasion de la fête de l’Europe, les communistes français déploient à leur tour une grande banderole devant les marches du Trocadéro à Paris, dimanche 9 mai à 14h30 : " Avec le peuple grec, debout contre la finance ! "
Peuple_grec.JPG vidéo

Isabelle Volat

 

Edito de la newsletter internationale du Cidefe

parthenon.1240856325.jpg« M’en voudrez vous beaucoup si je vous dis un monde
Où l’on n’est pas toujours du côté du plus fort ? » Potemkine, Jean Ferrat
A quelques jours de la Journée de l’Europe, censée célébrer les valeurs de paix, de solidarité, de progrès, voilà que l’Union Européenne montre de façon dramatique toutes ses limites. La Grèce, l’un de ses 27 pays membres, est mise à l’index, au ban de la société - cet Etat est en faillite.
Le remède proposé est pire que le mal - une saignée, une thérapie de choc qui va se réduire au seul choc ! Les gouvernements successifs ont conduit le pays au chaos. Qu’à cela ne tienne, c’est au peuple de payer ! Des salaires réduits, des pensions de misère, une retraite élevée à 67 ans, des centaines de milliers de suppressions de postes, y compris dans la fonction publique...
Est-ce cette Europe-là qui devait nous faire rêver ?
Bien sûr que non. Il est donc bien normal que se lève le vent de la révolte, de la colère pour dire NON NEIN NO NIENTE NE... Il est temps que le mot SOLIDARITE résonne dans toutes les langues et se fasse entendre de tous les gouvernements européens, de toutes les institutions européennes !
Les élus ont bien leur mot à dire dans cette tragédie grecque. Dans les tout prochains jours, un appel va être lancé par des élus progressistes européens, du conseiller municipal au député européen, en passant par le parlementaire national.
Les milliards prêtés à des taux d’usurier aux Grecs vont surtout servir à rassurer les banquiers, les multinationales et les entreprises d’armement.
De l’autre côté de l’Atlantique, des milliers de pacifistes, notamment des Etats-Unis, de France et du Japon, soutenus avec énergie par le secrétaire général de l’ONU cherchent eux aussi à faire entendre une parole de raison : ABOLITION DES ARMES NUCLEAIRES !
Il est décidément temps que la planète tourne enfin rond... pour le plus grand bien des peuples !

Cidefe Centre d’information, de documentation, d’étude et de formation des élus ; mai 2010