sogeres_1.jpgLa Sogeres fournit les repas aux cantines scolaires de Saint Gratien. L'article ci-dessous est paru dans l'Humanité, ce jeudi 15 septembre.

Les employés de la Sogeres, filiale de la Sodexo, sont en grève depuis lundi à Osny, dans le Val d’Oise, pour dénoncer la pénibilité du travail et des salaires trop bas.

Depuis lundi, les salariés de la Sogeres, filiale du groupe Sodexo, leader français de la restauration collective, bloquent nuit et jour la livraison des 45 000 repas quotidiens confectionnés sur le site d’Osny, dans le Val d’Oise, à destination des cantines scolaires, des crèches et des maisons de retraite de la région parisienne. En réalité, cela fait plus d’un an que les employés sont en conflit avec la direction sur les salaires. Ils sont payés à peine plus de 1 000 euros net par mois. « On ne peut pas vivre avec si peu d’argent, moi, ça me choque » s’indigne Mourad Labadi, un des responsables de l’union départementale CGT de Paris. Les employés demandent une majoration de leur salaire de 80 euros brut. Ils réclament également une prime d’ancienneté : 1% du salaire tous les cinq ans. Ils se plaignent aussi d’un manque de respect flagrant de la part de la direction, exigeant des responsables qu‘ils s’adressent correctement à eux.

La surcharge de travail rajoutée aux chauffeurs-livreurs a été l’élément déclencheur de la grève. Depuis peu, la direction leur demandait, en plus de leur tâche habituelle consistant à décharger les bacs, de composer les paniers-repas des cantines. « En principe, ce sont les répartiteurs qui s’en chargent dans les locaux mais l’entreprise fait des économies de personnel », explique Madi Niakate, délégué CGT qui travaille à la cuisine centrale de Rueil Malmaison. « Je l’ai fait pendant une semaine, les deux premiers jours, je n’ai pas eu le choix, j’ai dû préparer les bacs sur le trottoir, ce qui ne respecte pas les normes d’hygiène », précise Cyril Kesteloot, chauffeur-livreur depuis deux ans à la Sogeres.

La goutte d’eau a fait déborder le vase et le conflit menace aujourd’hui de s’étendre à d’autres sites, tels que Thiais, Melun ou encore Rueil Malmaison.
« Ça peut même aller jusqu’à l’ensemble de la Sodexo » affirme Mourad. Inquiets, les responsables de la filiale ont entamé le dialogue mardi soir. La direction a accepté de revoir l’organisation du travail des chauffeurs-livreurs et promet de mieux considérer ses employés. Mais hier soir, les grévistes étaient toujours en attente d’une réponse concernant la rémunération. Une chose est sûre, « si on n’a pas de réponse écrite noir sur blanc, la cuisine restera bloquée pour une durée indéterminée », assure Madi.



La Sogeres, un poids lourd

« Sogeres, la restauration ressourcement, l’entreprise tournée client », voilà le slogan de cette société qui a ouvert le premier restaurant d’entreprise français. Elle rejoint le groupe Sodexo Alliance en 2001 et est le quatrième acteur de la restauration collective et commerciale en France. La Sogeres est présente aux quatre coins de l’hexagone dans divers domaines : les entreprises, les écoles, l’administration et le secteur de la santé.