Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

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Il faut changer la manière de mener le débat à gauche

Pour mettre en échec la droite et le « coup d’État financier en cours », le secrétaire national du Parti communiste français appelle à « une confrontation respectueuse, loyale, démocratique » à gauche sur des choix politiques anticrise. Entretien avec Pierre Laurent.

Le chef de l’État regagne des points dans les enquêtes d’opinion, que l’on impute à son action lors des sommets internationaux. La droite peut-elle retrouver une crédibilité sur ce créneau d’ici à la présidentielle ?

Pierre Laurent. Mais de quelle crédibilité parle-t-on ? C’est de l’intoxication. Ni les sommets européens ni le G20 n’ont apporté le moindre début de solution à la crise. Ce matin même (mercredi – NDLR), les Échos titrent : « Zone euro : la crise s’étend à presque tous les pays ». Nicolas Sarkozy prétend protéger notre pays et dit qu’il a évité le pire. C’est tout simplement faux. Les chiffres du chômage et de la pauvreté sont alarmants. La croissance s’effondre parce que les plans d’austérité s’accumulent. Lui et son gouvernement ne sont que des commis aux ordres des grands intérêts financiers. Non seulement le système financier n’est pas sous contrôle mais l’ultralibéralisme financier a engendré un monstre qui dévore ses propres enfants. Il faut reprendre d’urgence les commandes, or les dirigeants politiques actuels du pays n’ont ni le courage ni la volonté politique de s’opposer à cette dictature de fait des marchés financiers.

Le PCF, par la voix de Francis Wurtz, évoque un « coup d’État financier » en Grèce et en Italie. Cette situation risque-t-elle de se produire en France ?

Pierre Laurent. Ce coup d’État financier est en cours dans toute l’Europe. Il a pris un tour spectaculaire en Grèce et en Italie, où deux anciens dirigeants de Goldman Sachs ont été nommés sans élection à la tête des gouvernements. Nicolas Sarkozy fait du zèle sur le dos de notre peuple pour sauver sa tête. La mise sous tutelle de nos choix politiques, des budgets nationaux, a en réalité été acceptée lors des derniers sommets européens. Les conséquences sont concrètes et désastreuses. On le voit avec le plan de 6 000 suppressions d’emplois chez PSA ou l’ajout scandaleux d’une nouvelle journée de carence pour les travailleurs en arrêt maladie. C’est inhumain. Rien n’est plus urgent que de convaincre et de mobiliser le pays contre ces choix, et de l’unir sur d’autres choix politiques. Avec le Front de Gauche et notre candidat Jean-Luc Mélenchon, j’appelle au rassemblement pour renverser ce coup d’État financier, dire « stop » à l’austérité, reprendre nos vies en main contre le chantage des banquiers et des gros actionnaires.

La droite mène campagne sur le thème des divisions de la gauche et de son incapacité à relever les défis de la crise. Comment la gauche peut-elle se montrer à la hauteur ?

Pierre Laurent. En rassemblant les Français sur de vraies solutions à la crise. La droite française est à bout d’arguments, elle compte s’en sortir en discréditant l’adversaire. Ces solutions à la crise existent. Le Front de Gauche les met en débat. Pour commencer, stopper l’austérité car cela provoquera inévitablement la récession. Exiger la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire, comme l’ont demandé nos parlementaires, sur l’état et les pratiques du système bancaire et des assurances. Reprendre le contrôle du système bancaire et financier en créant un grand pôle public pour impulser une autre politique du crédit. Relancer au nom de la France le débat européen sur le changement du statut et des missions de la Banque centrale européenne. Voici quelques-unes de ces solutions, mais notre programme « l’Humain d’abord » en comporte beaucoup d’autres qui peuvent susciter la mobilisation citoyenne nécessaire. La gauche ne peut esquiver ces débats.
Au Front de Gauche, nous n'avons qu'un adversaire: la droite et sa politique au service des marchés financiers.

Mais le débat à gauche prend une tournure très polémique. Est-ce un signe d’émulation ou au contraire de divisions mortifères ?

Pierre Laurent. Soyons clairs. Au Front de Gauche, nous n’avons qu’un adversaire : la droite et sa politique au service des marchés financiers. Et nous avons une ambition : mettre la gauche à la hauteur de la situation. Or ne tournons pas autour du pot : les choix politiques mis en avant par le candidat socialiste et l’accord PS-Europe Écologie-les Verts (EELV) ne sont pas de nature à sortir le pays de cette crise. Si nous n’ouvrons pas ce débat, la gauche ira dans le mur. Le débat est la méthode la plus démocratique et la voie la plus sûre pour un rassemblement solide. C’est l’intérêt de la gauche de le mener sans tabou et au grand jour.

L’accord PS-EELV ne vous paraît donc pas satisfaisant ?

Pierre Laurent. Non. C’est un compromis politicien qui est un habillage pour un accord législatif par lequel le PS donne un groupe aux Verts. Sur le fond, il entérine de fait un consensus entre les deux formations sur des orientations économiques très en deçà des besoins face à la crise. Quant aux enjeux de la transition énergétique, nous avions alerté sur un compromis irréfléchi en échange de circonscriptions électorales. Le résultat est là?: un accord bâclé, aucune ambition réelle pour une politique cohérente de transition énergétique, avec des dangers évidents pour la maîtrise publique et industrielle de la filière, le sort de ses salariés et les tarifs de l’énergie. Le Front de Gauche propose une autre méthode : un grand débat public national et citoyen, tranché par un référendum. Ce débat est plus que jamais nécessaire. Il doit embrasser tous les enjeux : droit à l’énergie?; plan concret pour la sortie des énergies carbonées et le développement des énergies renouvelables. Et sur le nucléaire, toutes les options doivent être débattues, dont celle du PCF d’un mix énergétique rééquilibré comprenant une industrie nucléaire entièrement publique et mieux sécurisée. Je le répète, la gauche a tout à gagner à un débat plutôt qu’à des marchandages.

Comment faire, selon vous, dans ces conditions ?

Pierre Laurent. J’en appelle d’urgence à changer la manière de mener le débat à gauche. Le PS ne peut pas faire comme si ses solutions s’imposaient à tous. Les écologistes ne peuvent pas procéder par ultimatum. Le débat à ouvrir doit poursuivre un seul objectif : chercher les meilleures solutions pour répondre aux urgences sociales et à la crise. Au Front de Gauche, nous sommes disponibles pour mener une confrontation respectueuse, loyale, démocratique. C’est dans ce but que nous mettons en place partout des assemblées citoyennes. Nous le ferons demain avec les salariés de plusieurs entreprises réunis à Still Montataire, dans l’Oise. Ces assemblées citoyennes peuvent devenir le lieu d’un débat ouvert et public à gauche. Seule cette méthode peut permettre à la gauche d’éviter le piège de la division et de se rassembler autour de propositions unitaires.
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Refusons la « règle d’or » sarkozyenne

pierre_laurent_8.JPGComment mettre en échec la récession à venir??

Dans le courrier qu’il vient d’adresser aux parlementaires, daté du 26?juillet, Nicolas Sarkozy plaide avec enthousiasme en faveur des récentes décisions du sommet de Bruxelles concernant la crise grecque et une gouvernance économique européenne renforcée.

Il appelle les députés et les sénateurs français à s’unir «?comme un seul homme?» sur ces bases en vertu des intérêts supérieurs de la nation de «?maîtrise?» des dépenses publiques.

Tout le monde a parfaitement saisi son appel à adopter sans discussion la «?règle d’or?» qui permettrait d’inscrire dans la Constitution la politique d’austérité et d’injustice sociale que son gouvernement mène au bénéfice des marchés financiers depuis son élection à la présidence et que les gouvernements européens renforcent dans toute l’Europe sous le contrôle de la BCE, du FMI et de l’Union européenne.

Pour le Parti communiste français, les choses sont claires?: il est hors de question de prêter la main à l’adoption de ce projet injuste, inefficace, contraire à l’intérêt général et à la souveraineté de notre pays. Nos parlementaires ne voteront pas ce projet que nous combattons avec détermination avec toutes les forces du Front de gauche et leur candidat commun à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon.

Face à la crise très grave des dettes publiques en zone euro, le sommet extraordinaire de l’Eurogroupe du 22?juillet dernier a, en réalité, décidé de sauvegarder les intérêts financiers des grands créanciers au détriment de celui des peuples, des salariés. Cette réunion n’a surtout rien changé ni à l’orientation de la politique monétaire de la Banque centrale européenne ni à la sélectivité du crédit bancaire. Nicolas Sarkozy et ses homologues européens ont fait le choix de ne pas frapper les spéculateurs qui sont pourtant à l’origine de la crise financière.

Ainsi, le principe d’une taxation bancaire a été rejeté. Certes, les taux d’intérêt des prêts consentis vont être abaissés et leur durée rallongée pour maintenir la tête du débiteur grec hors de l’eau sans le sauver de la noyade. Mais la possibilité d’un «?défaut de paiement sélectif?» de la Grèce est maintenue, avec le risque de nouveaux acharnements spéculatifs des marchés financiers contre elle, mais également contre d’autres pays considérés comme «?fragiles?», parmi lesquels l’Espagne, mais aussi l’Italie et ses 1?900?milliards d’euros de dette publique.

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), doté de 440?milliards d’euros en mai?2010 pour reprêter aux États en difficulté de l’argent qu’il emprunte sur les marchés financiers avec la garantie de chaque pays membre de l’euro, voit son rôle très accru.

Avec le nouveau plan de 160?milliards d’euros décidé pour la Grèce, le FESF tend à devenir, à côté de la toujours très monétariste BCE, le pivot d’un projet de fuite en avant vers l’endettement public massif sur les marchés financiers de toute la zone euro, prise comme un tout.

Or un premier épisode, ouvert au printemps 2010, de cette fuite en avant au service de la domination des marchés financiers vient, pourtant, de se conclure en débouchant sur un fiasco.

Le premier plan dit de «?sauvetage?» de la Grèce, auquel les députés communistes et du Parti de gauche ont été les seuls à s’opposer au Parlement, a brisé la croissance de ce pays, provoqué l’explosion du chômage et l’écrasement des salaires réels (– 8,9?% entre?2008 et?2011), aggravant le déficit budgétaire (+?6?% de 2008 à 2011) et accentuant, en pratique, l’accumulation des dettes, malgré les énormes sacrifices imposés au peuple et le bradage des atouts nationaux avec les privatisations, la casse des retraites… La dette publique de la Grèce qui était de 105?% de son PIB en 2008 approche, désormais, 150?%?! Et voilà dans quelle voie on propose de nous enfoncer.

Ces décisions soumettent tous les peuples de l’Union européenne à ce chantage alors que cinq jours à peine après le sommet, les agences de notation annoncent déjà la forte probabilité de baisser les notes de l’Italie et de la France. N’est-il pas grand temps de changer radicalement de logique et de cesser le sacrifice des économies nationales au profit des spéculateurs??

L’adoption de la règle d’or qui soumettrait constitutionnellement tous nos budgets aux exigences des marchés financiers serait une folie. Le remboursement des marchés serait garanti tandis que cette règle obligerait à sacrifier nos salaires, nos retraites, notre protection sociale, nos systèmes publics d’éducation et de santé. Ce serait l’austérité à perpétuité et l’incapacité pour notre économie de se relever.

C’est cette voie que notre peuple a refusée par référendum en 2005. Si les partisans de la règle d’or sont convaincus que les Français ont changé d’avis depuis, qu’ils osent la soumettre au suffrage universel?!

Si le président de la République par peur du suffrage universel décide d’obtenir ce changement constitutionnel en convoquant tous les parlementaires en Congrès, pas une voix ne doit manquer à gauche pour empêcher l’adoption de ce projet.

Les communistes appellent toutes les femmes et tous les hommes de progrès à se mobiliser pour mettre en échec cette récession programmée et ce déni de démocratie. Ce rejet doit être l’occasion pour toutes les forces de gauche de s’engager fermement à renoncer à cette politique d’austérité suicidaire et à promouvoir des choix nouveaux de développement social et écologique en France et en Europe.

La France ne doit pas seulement se battre pour une solution juste et solidaire au défi de la dette en Europe mais elle doit agir pour émanciper l’Union européenne de la dépendance des marchés financiers en retrouvant à tous les niveaux, national et européen, la maîtrise publique de la finance et du crédit, en taxant les banques et les profits financiers, en changeant le rôle et les missions de la BCE, en relevant les salaires et en développant les services publics. La France pourrait agir pour remplacer le Fonds européen de stabilité financière, qui soutient les marchés, par un Fonds européen de soutien au développement social et solidaire des pays européens.

Le Front de gauche, avec le Parti communiste et ses partenaires, est déjà pleinement mobilisé pour mener cette bataille. Nicolas Sarkozy lance un défi à toute la gauche en cherchant à faire la démonstration qu’il n’y a pas d’alternative à sa politique. Relevons ce défi. Une autre politique est possible?!

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français

 

L'Irlande, cuisinée à la sauce grecque, passe à la casserole

_326_.gifCommuniqué de presse du Parti communiste français

L'Union Européenne et le FMI sont à la manœuvre : le pire est à craindre pour l'Irlande.
Après la Grèce, c'est au tour des Irlandais de bénéficier – pour leur malheur- des mannes de l'Union Européenne. 90 milliards d'euros vont ainsi être consacrés à ce qu'il est abusivement appelé « sauvetage » de son secteur bancaire, mais qu'il serait plus juste de renommer « destruction » de son économie !
Comme la population grecque, le peuple irlandais va payer le prix fort des errements de ses dirigeants. Sa dette colossale est devenu une aubaine pour les marchés financiers qui y voient un formidable terrain de jeu pour la spéculation financière.
La médication à venir est connue. Elle comprend de nouvelles réductions des allocations chômage et familiales ainsi que de nouvelles suppressions d'emplois publics. Le gouvernement irlandais s'apprête même à s'attaquer au salaire minimum.
Après la Grèce au printemps dernier, l'Irlande va ainsi devenir le deuxième pays de la zone euro à passer sous les fourches caudines des marchés financiers.
Cette potion est pire que le mal. Au bout, c'est le désespoir pour les Irlandais, sans que les causes qui ont rendu possible cette situation de déficit abyssal soient résolues. Rien n'est possible s'il n'est pas mis un terme à tous ces mécanismes financiers dédiés aux plus riches et déconnectés de l'économie réelle. La BCE doit être placée sous l'autorité des peuples européens et non l'inverse.
Le PCF dénonce ce plan d'affameur où pieds et poings liés, l'Irlande passe à la casserole à la sauce grecque.

 

Le PCF s'engage pour un « pacte d'union populaire »

Á l’issue de leur congrès, les communistes ont décidé de poursuivre l’aventure du Front de Gauche en lui impulsant « un nouvel élan » pour la rédaction d’un « projet partagé » coélaboré avec les citoyens. Pierre Laurent a été élu à la tête du parti.
Un Parti communiste à l’agonie, miné par ses contradictions ? C’est ce que la plupart des médias ont voulu voir des débats qui ont agité les quelque 600 congressistes réunis ce week-end à la Défense (Hauts-de-Seine). Mais pour les délégués présents au 35e Congrès du PCF, c’est bien la société qui est en crise, et non leur parti. Une société malade d’un capitalisme « incapable de relever les défis du développement humain et (qui) génère une violence sociale inouïe », dit leur résolution finale, adoptée hier après-midi. Un diagnostic qui élève à leurs yeux la responsabilité de leur formation politique pour hâter le changement de la société, dont la crise d’une ampleur inédite suscite forcément des débats intenses pour se montrer à la hauteur d’une « alternative au XXIe siècle ». Les délégués n’ont pas l’intention de renoncer à leur combat. « Notre engagement communiste pour l’émancipation humaine est plus nécessaire que jamais », réaffirme la résolution, dans le fil du 34e Congrès de décembre 2008. Les délégués ont confirmé leur choix de la « forme parti », tout en martelant dans le même temps la nécessité d’une « transformation » du PCF.
Mais c’est surtout le « défi » pour les forces de gauche d’ouvrir une « alternative au pouvoir de Nicolas Sarkozy » qui a occupé l’essentiel des débats des délégués. Ceux-ci avaient pour tâche d’« évaluer » la mise en ouvre des choix faits au dernier congrès, qui s’est traduit par la constitution d’un Front de Gauche autour de ses trois composantes fondatrices (PCF, Parti de gauche, Gauche unitaire) aux élections européennes de 2009 et régionales de 2010. Les participants ont majoritairement choisi de poursuivre cette démarche, en lui imprimant un « nouvel élan ». « Il est urgent de donner une perspective à la colère et aux attentes qui s’expriment à travers la construction d’un projet de transformation sociale pour sortir de la crise » et de donner corps à « une majorité de changement », autour d’un « pacte d’union populaire », affirme la résolution adoptée. Là encore, le débat, qui a mis en lumière des approches différentes, ne s’est pas résumé aux caricatures qui ont pu en être dépeintes. « Le sujet n’est pas de se positionner pour ou contre le Front de Gauche. Cette offre a permis des avancées positives, mais peut-on penser qu’elle est, en l’état actuel, la réponse à la hauteur de la crise ? » a lancé une déléguée, dans une intervention symptomatique de la tonalité du congrès. De leur côté, les partisans d’un projet de résolution alternative portée par Daniel Cirera, repoussé après discussion par le Congrès, refusaient aussi le dilemme d’une posture pro ou anti-Front de Gauche, insistant sur le besoin de poursuivre « l’évaluation » de cette stratégie par un débat dans le parti.
Le congrès a ainsi énoncé une conception originale, propre aux communistes, du Front de Gauche : « Nous sommes seuls à gauche à proposer une telle formule de pacte d’union populaire », a souligné Pierre Laurent. Il s’agit, selon le nouveau secrétaire national du PCF élu hier, d’entrer dans la préparation des échéances électorales de 2012 par « une étape de mobilisation populaire forte autour de l’élaboration d’un projet » avec les citoyens, animée par les formations du Front de Gauche. Ce processus public, destiné à déjouer le piège de la personnalisation de la présidentielle, sera lancé à la Fête de l’Humanité. La résolution précise que la candidature pourra « soit être issue de l’une des formations du Front de gauche, soit être issue du mouvement social », sans « préalable ni exclusive », le congrès de juin 2011 devant arrêter le nom du candidat soutenu par le PCF. Le congrès a également lancé un appel à « tous les citoyens et toutes les forces de gauche » pour « une riposte amplifiée à la politique de la droite ». « Sans attendre 2012, c’est dès maintenant qu’il faut mettre la droite en échec », dit le texte, qui engage le PCF à « prendre les contacts nécessaires avec l’ensemble des forces de gauche ». Le congrès entend en particulier poursuivre « la mobilisation contre la casse des retraites jusqu’au retrait du projet gouvernemental » et exiger un « référendum » pour faire échec à la réforme des collectivités territoriales.

Sébastien Crépel dans l'Humanité du 21 juin 2010

 

Une gauche de combat pour l’Ile de France

Une bonne gauche face à la droite ! 

Depuis les élections européennes de juin dernier, le « Front de Gauche »   qui regroupe le Parti communiste, le Parti de Gauche et la Gauche unitaire, s’est élargi à d’autres organisations et à de nombreux acteurs du mouvement social, syndicalistes, militants, personnalités. En Ile de France, la liste du Front de gauche pour les élections régionales de mars 2010 se renouvelle et se rajeunit : 70% de nouveaux candidats et 30% de candidats de moins de 30 ans.

La liste Ensemble, pour des régions à gauche, écologiques et citoyennes est conduite par Pierre Laurent : le Parti communiste mènera les listes départementales dans le Val d’Oise, la Seine-Saint-Denis et le Val de Marne. Le Parti de gauche prendra la tête de liste à Paris, dans l’Essonne et les Hauts de Seine. La Gauche unitaire animera la liste dans les Yvelines et les Alternatifs en Seine et Marne.

Les régions ont des compétences importantes en matière de développement économique, d’aménagement du territoire et de transports, d’éducation et de formation professionnelle, de culture.

Pierre Laurent a présenté les grands axes du programme du Front de gauche dans une région Ile de France qui cumule les inégalités territoriales, sociales et environnementales. Ce projet est amené à s’enrichir au long de la campagne par les échanges et les rencontres avec les citoyens. Il avance notamment des propositions en matière de transports (pôle public des transports, densification prioritaire des liaisons de banlieue à banlieue et mise en place d’une zone tarifaire unique) et de logement social (service public du logement, construction de 100 000 nouveaux logements par an dont 50 000 logements sociaux). Il insiste sur la nécessaire réorientation de l’utilisation de l’argent pour le rendre « socialement utile et écologiquement efficace » et propose la mise en place d’un fonds régional pour l’emploi et la formation. Enfin, il met l’accent sur la nécessité de renforcer la démocratie régionale et de donner de nouveaux pouvoirs aux citoyens.

Consultation nationale à mi-mandat présidentiel, les élections régionales de mars sont l’occasion de dire clairement non à la régression sociale tous azimuts et de « transformer la sanction en action », selon l’expression de Marie-George Buffet. La politique gouvernementale actuelle, c’est l’échec économique, les inégalités grandissantes et la course effrénée au profit, la démolition de notre système social et des services publics, un climat délétère où s’enchaînent les affaires entre copains et coquins. Le Front de gauche n’entend pas rester dans la seule dénonciation d’un système qui montre tous les jours sa nocivité. Il a surtout vocation à avancer des propositions crédibles et efficaces pour en sortir !

N’oublions pas non plus que les élections régionales se déroulent sur fond de réforme des collectivités locales, bouleversement antidémocratique sans précédent. Sarkozy mettra-t-il la main sur tous les pouvoirs locaux ou bien les régions seront-elles des lieux de résistance, de développement des services publics, de progrès et de solidarité ? Les citoyens ont tout à gagner à s’investir dans cette bataille-là.

D’ici mars, ce blog reviendra régulièrement et plus précisément sur la campagne du Front de gauche et sur les propositions alternatives qu’il avance pour l’Ile de France et le Val d’Oise.

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Fatigués de la crise ? Vitaminez la gauche !

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Sur nos murs, de la pub pour un médicament 100% efficace, le Front de Gauche !

Composition : Parti communiste, Parti de Gauche, Gauche unitaire, syndicalistes, monde associatif, artistes, citoyens engagés

Indications : fatigue du sarkozysme, angoisse de la crise, salaires grippés, fractures sociales, arthrose des libertés, surdité patronale, anémie de la gauche, cécité présidentielle, anorexie des services publics, traumatisme de la protection sociale, affection de l’environnement… envie de changement !

A trois mois des élections régionales, la droite n’a pas le vent en poupe. Si elle peut rassembler 30% des voix au premier tour et ainsi arriver en tête, elle n’a guère de réserves et le deuxième tour peut lui être fatal. Elle sent si bien que le climat ne lui est pas favorable, qu’elle se relance dans la détestable aventure du débat sécuritaire. Sauf que l’opération sent le réchauffé, et que tout le monde sait que Sarkozy, ministre de l’intérieur puis président, n’a pas un bilan exceptionnel à présenter depuis 2002 en matière de sécurité publique. Un rapport officiel vient d’ailleurs de confirmer que ce n’est pas la préoccupation première des français en ces temps de crise économique et de chômage record : 12% seulement des gens estiment que la délinquance est le principal problème dans leur quartier. Quant au débat sur l’identité nationale lancé pour distraire l’électeur des vraies questions, il commence à se retourner contre ses auteurs. Outre qu’il remue les discours racistes chez, hélas ! beaucoup trop de nos concitoyens, il apparaît de plus en plus comme une opération de diversion et de récupération à la veille d’une échéance électorale qui risque d’être difficile pour Sarkozy à la moitié de son mandat.

A gauche, la langueur monotone de l’automne sévit encore … Les intentions de vote placent pourtant l’ensemble de la gauche largement devant la droite ( 49 % contre 38 %). Les sondages donnent le PS toujours en tête mais les écologistes confirmeraient leur score des européennes. De même pour le Front de gauche qui réaliserait 7% des voix, 11% en Ile de France.

Entre un PS et des écologistes tentés par les sirènes du Modem (le rapprochement semble se faire de plus en plus tentant pour certains responsables socialistes et Cohn Bendit fait des avances à Bayrou…) et un NPA qui stérilise ses voix en refusant d’avance toute participation à un exécutif, le rassemblement PCF/PG/GU et citoyens répond à une réelle attente à gauche.

Entre « le double écueil de la dérive centriste et du repli sectaire » (l’Humanité), le Front de gauche a vocation à « vitaminer » la gauche !

 

Le Front de Gauche dans le Val d’Oise

Dans le Val d’Oise, le Parti communiste s’est investi, dans sa diversité, dans Le Front de Gauche. Le PC a trouvé avec le Parti de gauche un partenaire qui partage sa logique et qui développe, en particulier sur l’Europe, des idées similaires.



Ils regrettent la position du NPA qui privilégie uniquement la contestation. Malgré cela, le Front de gauche s’élargit. Une partie des adhérents du NPA et des adhérents du MRC, de nombreux syndicalistes, acteurs du mouvement associatifs, citoyens non encartés, se retrouvent dans la démarche unitaire prônée par le Front de Gauche.

Les élections européennes concernent notre vie quotidienne. Le « pacte de stabilité » par exemple est un carcan contre les dépenses sociales et sert de prétexte au gouvernement pour supprimer 30 000 emplois publics, réduire la protection sociale, les retraites, les .moyens pour l’école et les hôpitaux. C’est encore an nom de l’Europe ultralibérale que la droite veut privatiser la Poste. Il est important que les français se prononcent sur tous ces sujets. Le scrutin du 7 juin sera aussi l’occasion de sanctionner Sarkozy comme grand défenseur du traité de Lisbonne et de l’Europe capitaliste.



Le Front de gauche a des propositions alternatives et dénonce l’opposition entre les promesses de campagne sociales et la volonté de voir appliquer le traité de Lisbonne. Il est important que les principaux acteurs du NON de gauche, unis dans le Front de gauche, soit présents au Parlement européen.



Sur la liste de la région conduite par Patrick Le Hyaric figurent deux valdoisiennes : Rosita Jaouen, conseillère régionale, et Audrey Galland, dirigeante du Parti de Gauche.