Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

Khaos

khaos.jpgLe Front de Gauche organise une projection débat sur la situation en Grèce autour du film Khaos, le mardi 15 janvier au cinéma Utopia de Saint-Ouen l'Aumône.

Les intervenants seront la réalisatrice Ana Dumitrescu, un représentant de Syriza France, Vangelis Goulas et Francis Parny, vice-président du Conseil Régional d’Ile de France, membre de l’exécutif national du PCF.

L'austérité, c'est inefficace contre les déficits et la dette.

En Grèce, après plusieurs plans d'austérité, les déficits et la dette sont plus importants qu'avant. C'est normal. L'austérité réduit l'activité économique. Il y a donc moins de rentrées fiscales dans les caisses de l'État. Et comme il y plus de chômeurs à indemniser le déficit augmente. C'est une spirale infernale. Cette politique ne profite qu'aux riches et aux banques à qui on paye les intérêts de la dette et au patronat qui peut pressurer encore plus les salariés.

Contre la dictature des banques, le Front de Gauche propose de reprendre le pouvoir sur la finance :
- audit de la dette permettant de remettre en cause le tribut injuste et improductif prélevé par les banques
- abolition du privilège des banques privées qui sont aujourd'hui seules autorisées à emprunter à la Banque Centrale Européenne de l'argent à 1 % qu'elles prêtent ensuite aux États à des taux qui montent à 20 % !

Le film "Khaos" et sorti en octobre 2012. Ci-dessous la critique de Télérama.

Enfin les chiffres ont des visages. Au-delà du bilan statistique — taux de chômage et de suicides multipliés par deux, diminution des salaires de 40 % —, l'ex-reporter Ana Dumitrescu nous met face aux conséquences humaines d'une rigueur économique aveugle. Celle-là même qui doit sauver l'Europe. Pour les Grecs, de l'île de Kea à Athènes, la doxa bruxelloise est déjà une réalité quotidienne, et dévastatrice. C'est une enseignante en lettres, dont les neuf cents euros de salaire ne lui permettent plus d'acheter le moindre livre ; un restaurateur qui regarde les boutiques du voisinage fermer les unes après les autres en attendant son tour ; un dentiste sans patients qui envisage l'exil, des sanglots dans la gorge. En quelques mois, la Grèce a basculé du statut de membre de l'UE à celui de pays du tiers-monde. De près, cela donne le spectacle terriblement choquant d'une foule affamée, issue de feue la classe moyenne, se ruant sur les rebuts d'une fin de marché.

Le désespoir est tel qu'il pousse un vieux monsieur à la paranoïa : « Et si on nous avait choisis, nous, comme les cobayes d'un nouveau système d'exploitation économique ? » La Grèce, laboratoire des néolibéraux ? Si certains ­optent pour l'activisme, la désespérance est aujourd'hui le sentiment le mieux partagé par le peuple grec. Stupéfiant instantané du présent de la crise, Khaos prend le parti de l'humain contre l'expertise. Libres à nous de voir ce qu'il montre : le naufrage de toute une société, au coeur de l'Europe, et au nom de sa survie.

 

La Grèce ou l’alpha et l’oméga d’une situation inextricable….

... si l’on continue à suivre les conseils de l’Union Européenne et du FMI.
Partie III

Pourquoi on ne peut s’en sortir sans croissance ?

Quel lien entre la situation de Grèce, la situation de la France et notre campagne de terrain ?

1 - Il est clair que la situation de nos finances n’a rien à voir avec la situation grecque. Mais on voit bien les conséquences des mêmes politiques d’austérité menée. La croissance est atone en France et en Europe.

2 - Quelles doivent donc être nos priorités ?
- D’abord, partager les richesses. Le salaire médian s’élève à 1300 euros. Six millions de salariés gagnent moins de 750 euros. Le taux de chômage dans le Val d’Oise s’élève à 9,4%.

Nous poussons pour des mesures fortes comme un smic à 1700 €, un revenu maximum dans les entreprises, une révolution fiscale.

- Ensuite, l’emploi. Pour cela, il faut utiliser autrement l’argent. Il faut mette en œuvre une nouvelle politique du crédit bancaire en faveur de l’économie réelle : avec l’appui d’un pôle financier public, sous contrôle social, qui accorderait aux PME des prêts à des taux d’autant plus bas que leurs projets seraient riches en emplois, en salaires, en formation.

Voilà qui nous permettrait de développer l’emploi en favorisant une relance économique, de répondre aux immenses besoins sociaux qui sont les nôtres en matière de santé, de logement, d’éducation ainsi qu’aux défis écologiques, qu’il nous faut résoudre.

3 - Et qu’on ne nous dise pas que " de l’argent, il n’y en a pas ".

La banque centrale européenne vient de prêter aux banques 1000 milliards d’euros au taux de 1%. De leur côté, les grands groupes du CAC 40 ont annoncé en mars lors de la tombée de leurs comptes 2011, disposer de 75 milliards en trésorerie… !

4 - C’est la substance des messages que nous portons sur le terrain de la 6ème circonscription.
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2012 : La Grèce en lutte comme l’Espagne de 1936 pour les peuples d’Europe !

gr_ce__22.jpgCe discours de Sonia Mitralia, membre du Comité grec contre la Dette et de l’Initiative des Femmes contre la Dette et les Mesures d’Austérité, a été prononcé au meeting de Marseille du 17 février, organisé par la campagne française " pour un audit citoyen de la dette publique".

Le cours de l’histoire s’accélère et les événements cataclysmiques des derniers jours en Grèce doivent désormais convaincre même les plus hésitants : La Grèce tend à devenir aujourd’hui pour cette Europe de 2012 ce qu’a été l’Espagne pour l’Europe de 1936 ! Cette constatation apparemment osée n’est pas le fait de quelques romantiques. Non, c’est le fait de nos gouvernants car ceux qui nous l’assènent à longueur de journée depuis bientôt deux ans, ce sont ceux d’en haut, les Merkel et Sarkozy, le FMI et les banquiers, la réaction néolibérale par-delà les frontières nationales, ceux qui ont choisi de transformer la Grèce en laboratoire de leurs politiques inhumaines et les grecs en cobayes de leur thérapie de choc.

Il est plus que temps que nous, ceux et celles d’en bas de toute l’Europe, prenons à la lettre ce que nous disent nos Merkozy et leur Troika, et que nous agissons enfin en conséquence. Acceptons le défi et répondons leur que désormais, sans tarder, la Grèce va devenir un cas/test pour nous aussi, pour le mouvement des travailleurs, pour les mouvements sociaux et féministes, pour les peuples et les exploités de toute l’Europe ! Oui, faisons leur comprendre que Oui, nous sommes tous des grecs car, nous sommes pleinement conscients que le combat du peuple grec est plus que jamais notre combat. Que s’ils arrivent à briser les résistances et à soumettre le peuple grec, après ce sera notre tour, le tour de tous les autres peuples européens, l’un après l’autre, de passer à la trappe.
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Peut être vous vous souvenez qu’au tout début ils nous racontaient des balivernes du genre « c’est un cas unique et spécifiquement grec dû au fait que ces grecs sont des fainéants, rompus à la corruption et au mensonge » Cependant depuis lors, on a appris que le trou noir de la dette n’est pas spécifiquement grec, qu’il n’est pas dû à la prétendue hypertrophie de l’État grec, car il est aussi bien américain que français, italien que japonais. En somme, qu’il est typiquement capitaliste et sa crise tout simplement systémique.

Mais, attention aux phrases toutes faites et aux clichés parce qu’ils sont inopérants pour décrire l’actuelle réalité grecque. Peut-on encore parler d’austérité même draconienne quand les salaires et les pensions baissent en Grèce de 40, 50 ou même de 60% ? Quand le pouvoir d’achat de l’écrasante majorité de la population est déjà amputé de 50, 60, ou même de 70% et plus ? Quand la classe moyenne de ce pays est ruinée et en voie de paupérisation galopante ? Quand les nouveaux salariés ne touchent plus que 417 euros et les nouveaux pensionnés 320 euros ? Est-ce de la simple « rigueur » quand un sur deux jeunes grecs est chômeur et le chômage atteint désormais 25% ? Comment peut-on parler des simples? « sacrifices passagers » quand la malnutrition fait des ravages parmi les petits élèves de l’école primaire, et la faim pointe le nez dans les quartiers même petit bourgeois des villes grecques ?

gr_ce_33.jpgEt comment peut-on prétendre que tout ça c’est « nécessaire pour mettre de l’ordre dans les finances » de la Grèce quand les bourreaux eux-mêmes admettent cyniquement que leurs politiques imposées de force à la Grèce ont échouées, ne font qu’enfoncer ce pays toujours plus profondément dans une récession monstrueuse et que la dette grecque ne pourra jamais être remboursée ? Alors, simple sadisme de la tristement célèbre Troïka ou plutôt guerre ouverte et déclarée du capital contre le monde du travail ? La réalité quotidienne nous oblige à l’admettre : Oui, nous en Grèce nous assistons à une véritable guerre de ceux d’en haut contre ceux d’en bas, des très riches contre tous les autres. Et en même temps, ne l’oublions pas car c’est très grave, nous assistons à la résurrection du pire néocolonialisme quand nous voyons la Grèce humiliée et dépourvue de pratiquement toute souveraineté nationale, traitée pas ses prétendus partenaires européens comme une véritable colonie, un protectorat sous tutelle, dirigée sur place par un quelconque Gauleiter de Madame Merkel et de Monsieur Schäuble.?

gr_ce_44.jpgEt les grecs eux-mêmes, que font-ils ? Attention, ne croyez pas ce qu’on vous raconte des grecs. Vos médias sont comme les nôtres : la réalité qu’ils nous décrivent est totalement irréelle. Nous parlant de la Grèce actuelle, ils insistent sur le fait qu’il y a à Athènes un gouvernement d’Union Nationale appuyé par les quatre cinquièmes des représentants du peuple grec. Donc, si on les croyait on arriverait à la conclusion que les grecs sont plutôt maso et adorent être maltraités? Évidemment, la réalité est toute autre. Une douzaine de grèves générales en moins de deux ans, d’innombrables luttes et grèves très dures dans tout le pays, un climat presque insurrectionnel depuis des mois, un mouvement des Indignés -les Aganaktismeni grecs- qui a balayé toute la Grèce pendant 3 mois, des affrontements très violents avec les forces de répression déchaînées, des ministres et des députés qui n’osent plus sortir de chez eux depuis 10 mois car ils sont hués ou même tabassés par les passants, un parlement assiégé de plus en plus fréquemment par des centaines des milliers de manifestants qui tôt ou tard vont le prendre d’assaut,? voilà un bref aperçu de ce qu’est devenue la routine presque quotidienne en Grèce depuis de longs mois.

Mais tout ça ne représente que des secousses prémonitoires du très grand séisme social qui est en train de se préparer. En effet, un coup d’oeil plus attentif suffirait pour qu’on découvre que la colère populaire bat actuellement des records historiques, que le pays est comme un volcan social prêt à exploser. D’ailleurs, les sondages qui se multiplient sont tous éloquents. L’appui populaire à ce gouvernement dit d’Union Nationale ne dépasse plus le 8% tandis que l’ensemble des partis à la gauche du PASOK social-démocrate font un score dépassant désormais les 50% ! Tout change à une vitesse hallucinante et le paysage politique grec subit un véritable chambardement sans précédent parce que des pans entiers de cette société sont à la recherche des solutions radicales à la crise et à leur paupérisation galopante. Vous voulez un exemple qui illustre parfaitement cette situation tout à fait exceptionnelle, qui ressemble de plus en plus avec ce qui se passait dans un certain entre deux guerres dans notre continent ? Le PASOK qui, il y a deux ans, a fait un triomphe gagnant les élections avec le score-record de 45%, obtient maintenant, selon tous les sondages, moins de 10% tandis qu’un groupuscule de tueurs néonazis atteint depuis peu les 3% ! Oui, la société grecque est déjà en train d’expérimenter sa propre République de Weimar?.

grece_111.jpgAlors, que faire ? La première chose c’est de crier haut et fort que les grecs ne doivent pas payer cette dette qui les étrangle et qui n’est pas la leur. Qu’on doit suspendre tout de suite son paiement. Pourquoi faire ? Pour faire ce que nous oblige de faire le droit international, l’ONU, nombre de conventions internationales signées d’ailleurs par nos gouvernements : Pour investir les sommes astronomiques consacrées maintenant au service de cette dette, à la satisfaction des besoins élémentaires de la société grecque, à la santé, l’éducation, les infrastructures, les services publics, les chômeurs, les gosses affamés, les familles monoparentales, les malades et les infirmes, les femmes qui sont maintenant contraintes d’assumer gratis et en famille toutes ces taches assumées par les services publics avant leur démantèlement et leur privatisation.

Pour combien de temps ? Pour le temps qu’il faudra pour réaliser un audit citoyen de la dette afin d’identifier sa part illégitime qu’il faudra annuler et ne pas payer. Et tout ça en refusant obstinément de tomber dans le piège des chantages de nos bourreaux qui nous répètent à longueur de journée qu’une telle politique radicale mène automatiquement le pays à la sortie de l’euro et de l’Union Européenne, à un repli national obligatoire?.

Non, non et non. Nous refusons de payer cette dette et en même temps nous restons dans la zone euro. Et la raison principale est simple : parce que nous voulons nous battre avec vous, tous ensembles, la main dans la main avec tous les peuples et tous les travailleurs de ce continent, pour foutre en l’air cette Europe du capital, des Merkel et des Sarkozy. Parce que nous voulons créer et amplifier ce qu’on appelle la « crise systémique » de cette Union Européenne antidémocratique et antisociale des riches. Oui, il n’y a désormais qu’une seule perspective, la seule réaliste et faisable, celle du combat commun de ceux d’en bas partout en Europe. Camarades, c’est maintenant plus que jamais que l’union fait la force. Unissons-nous car tous ensembles nous pouvons toujours changer ce monde qui est en train de pourrir. Avant qu’il ne soit pas trop tard?.

Et rappelez-vous : Si ce n’est pas nous, alors qui ? Si ce n’est pas maintenant, alors quand ?...

 

Europe : pas sans nous ! Appel pour un référendum sur le nouveau Traité européen

Europe_3.jpgPlusieurs traités européens ont déjà dépossédé les citoyens de la possibilité de choisir les orientations de l’Union européenne. Aujourd’hui, la Grèce mais aussi le Portugal, l'Irlande et l'Italie se voient imposer des décisions majeures dans des domaines qui ne sont de la compétence, ni de la commission, ni du conseil européens. Les dirigeants et les technocrates de l'Europe, au service de la finance, enfoncent les populations dans la récession, la régression sociale et la misère, renforçant ainsi les inégalités, les discriminations et la xénophobie.

Le sommet européen a adopté le 9 décembre, le projet du TSCG (Traité sur la stabilité, la coordination, et la gouvernance dans l’Union), dit traité Merkozy. Il vise à donner une base légale à la régression sociale, à la répression et aux dénis de démocratie, durcissant les règles qui figuraient déjà dans le Traité de Maastricht puis dans celui de Lisbonne, imposant de lourdes sanctions «immédiates» et «automatiques» aux pays contrevenants. Cet accord a vocation à engager l’ensemble des pays de l’Union et l'ensemble des décisions politiques.

Les gouvernants qui entendent limiter aux parlements la ratification d’un tel Traité manifestent leur mépris des exigences démocratiques. Ils se font les complices de la remise en cause du principe démocratique fondamental : la souveraineté du peuple.

Nous refusons de renoncer à nos droits !

Quelle que soit l’issue des échéances électorales d’avril, mai et juin, que le texte reste en l’état ou qu’il soit modifié lors d’une éventuelle renégociation, nous exigeons la tenue d’un référendum pour que le peuple décide si la France doit approuver ou refuser le nouveau Traité.

Nous invitons toutes et tous les citoyen(ne)s à se mobiliser dans leurs quartiers, leurs villes ou leurs villages, leurs lieux de travail, au sein de leurs partis, leurs syndicats ou de leurs associations. Organisons ensemble réunions publiques, manifestations, pétitions, occupations, et autres actions pour un vrai débat et bâtir ensemble l’Europe que nous voulons !

Pour se joindre à cet appel

 

Notre règle d’or : l’humain d’abord !

humain_2.jpgEn Grèce, dans toute l’Europe ou aux États-Unis, la question de la dette est au cœur du débat politique.
L’endettement public est devenu l’arme de destruction massive utilisée par la droite et les libéraux, de tous bords, pour une nouvelle purge dans les budgets sociaux. C’est ce qu’ont démontré les annonces du Premier ministre dans son récent discours.

Fillon-Baroin-Pécresse ou la fumisterie sociale

Alors que des millions de jeunes souffrent du chômage et de la précarité, le Premier ministre se réjouit de la destruction de 130 000 emplois publics, des 15 milliards de réduction des dépenses publiques réalisés grâce à la RGPP, de l’asphyxie des collectivités territoriales.

Son super plan d’austérité sera appliqué au plus grand nombre, et la contribution des plus riches –au delà de son caractère exceptionnel-sera seulement de 3% : une provocation ?

Non, c’est la conception qu’a le gouvernement de la justice sociale : pénaliser les revenus les plus modestes. En effet, la Sécurité Sociale et les droits sociaux sont en ligne de mire, avec dans un premier temps, l’augmentation de la taxation des conventions d’assurance qui coûtera 1,2 milliard aux assurés. Mais aussi l’augmentation de la taxation sur le tabac, l’alcool, les sodas ou encore les déremboursements nouveaux envisagés. Aucune des mesures annoncées ne restaurera la croissance ni l’équilibre des comptes publics !

Les États doivent s’affranchir des marchés financiers. En plaidant à nouveau pour l’inscription de la règle d’or dans la Constitution de notre pays, François Fillon en appelle à se plier à la dictature des marchés. De quel droit des agences de notation, des banques font la loi et imposent leurs mesures d’austérité aux gouvernements qui acceptent docilement les sentences ?

La mobilisation est plus que jamais nécessaire pour imposer des mesures qui prennent radicalement le contre-pied de ce plan d’austérité, en favorisant le pouvoir d’achat par l’augmentation des salaires des Français, en taxant fortement la spéculation et les revenus du capital, en mettant réellement fin aux exonérations sociales et fiscales.

En 2012, les élections présidentielle et législatives seront l’occasion de choisir une gauche qui fasse des choix, qui assure une vie digne à chacun, un avenir pour la jeunesse. C’est l’ambition du Front de Gauche, de son candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon et de ses candidats aux législatives.

Argumentaire PCF
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L’Europe s’enfonce dans la voie de l’austérité

_480_.jpgA l’occasion du Sommet de la zone euro, l’Europe aurait fait preuve de « solidarité », en mettant à contribution les marchés financiers, et le secteur privé, c’est-à-dire les banques et les compagnies d’assurance, pour boucler le second « plan de sauvetage » de la Grèce
. La vérité est à la fois plus simple et moins séduisante.

Plus simple parce que, en contrepartie de leur intervention, les gouvernants européens, avec Nicolas Sarkozy et Angela Merkel à la manœuvre, la Banque centrale et le Fonds Monétaire International vont imposer une cure d’austérité sans précédent non seulement au peuple grec, mais à l’ensemble des peuples européens.

Baisses de salaires, chute des pensions et des allocations, réduction draconienne des dépenses publiques, voilà le régime promis à des degrés divers aux peuples européens.

Moins séduisant parce que le soulagement des marchés financiers est fort compréhensible : c’est qu’ils ont l’assurance de toucher le capital et les intérêts de la dette grecque, puisque le soutien européen promis ne vise qu’un objectif, celui de payer à la place de la Grèce si elle est en difficulté pour le faire. Voilà à quoi serviront les 158 milliards d’aide annoncés : assurer une garantie de paiement aux banquiers, aux marchés, aux compagnies d’assurance qui se nourrissent des dettes publiques, qui spéculent contre les Etats et sur la monnaie unique !

La crise en cours montre au moins trois choses : un, l’euro et la politique monétariste entretiennent la spéculation financière ; deux, il est temps de repenser le rôle de la Banque centrale européenne et de lui permettre d’accorder aux Etats les avances de fonds nécessaires au développement de chaque pays de la zone euro ; trois, il est plus que temps que les marchés financiers soient taxés pour leurs attaques spéculatives sur les dettes souveraines. Il est regrettable que l’idée d’une taxe bancaire ait été abandonnée hier. (le 21 juillet, ndlr du blog)

Il faut prendre à contrepied cette politique récessive et dégager les moyens d’accorder des financements nouveaux pour les politiques publiques, qui seules sont porteuses de croissance et d’emploi. Ce « sauvetage » à courte vue n’empêchera donc pas le naufrage si le redémarrage de l’économie n’est pas encouragé par une politique volontariste de croissance. Les dirigeants européens ont fait une nouvelle fois le choix des intérêts financiers plutôt que celui du développement.

Groupe des sénateurs communistes, républicains et citoyens ; sénateurs du Parti de gauche
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Non, Monsieur Strauss-Kahn n’est pas le sauveur de la Grèce !

Médias et éditorialistes, redescendez sur terre : Non, Monsieur Strauss-Kahn n’est pas le sauveur de la Grèce !

La tragédie où nous plonge le mauvais thriller new-yorkais de Dominique Strauss-Kahn dépasse la personne, la perversité diabolique des intérêts conjugués ou l'irrationalité des comportements humains, et évidemment le respect de la présomption d'innocence. Les collisions de l'actualité - inculpation du directeur général du Fonds monétaire international (FMI), restructuration de la dette grecque, perspectives de l'élection présidentielle française - posent la question de la cohérence de la politique financière mondiale et de ses incidences sur l'avenir des nations. La Grèce en est un exemple caricatural.

Le premier ministre socialiste grec, Georges Papandréou, poursuit le chemin de croix imposé par les instances mondiales, FMI en tête, pour tenter de redresser les finances publiques de son pays. Il y a du paradoxal chez cet homme de gauche à s'atteler à la correction d'errements politiques, pratiqués depuis des décennies, par des moyens qui relèvent en général des gouvernements les plus conservateurs : baisse de salaires, recul de l'âge de départ à la retraite, gel des pensions, augmentation de la TVA, allongement de la durée du travail, et surtout arrêt du recrutement de fonctionnaires et fermeture de services publics.

La liste est longue de mesures impopulaires, qui auraient en d'autres temps entraîné des manifestations énormes, des surenchères de syndicats surchauffés et des provocations d'extrémistes incontrôlables. Mais elles paraissent tomber sur un peuple frappé de stupeur et d'atonie devant la crise, peut-être convaincu de la justesse de la ligne de son leader, quand il déclare que c'est le pays qu'il faut restructurer et pas la dette.

Le risque, c'est que, à ce régime, le malade ne meure avant même d'avoir été guéri. Que les dirigeants grecs successifs et les élus, de droite comme de gauche, aient multiplié les prébendes inutiles dans les bureaux d'une fonction publique pléthorique, est indéniable. Elles ne compensent pas pour autant le manque criant de personnels qualifiés dans les services sociaux, médicaux, scolaires ou de la protection civile et dans la maintenance élémentaire de la sécurité dans les espaces publics. On n'est pas sûr d'ailleurs que la réduction drastique des ressources budgétaires tarisse des pratiques perverses aussi vieilles que la renaissance de l'État néohellénique.

Faire rentrer les impôts, c'est bien. Encore faudrait-il que l'argent tourne, et que les magasins ne ferment pas les uns après les autres dans les rues les plus commerçantes des villes grecques. C'est vouloir ignorer que la consommation des ménages fut le moteur de la croissance bien réelle du pays pendant des lustres. Et que dire de ces libéraux convaincus, qui admettent en privé qu'ils verraient bien un gouvernement autoritaire remettre de l'ordre dans le pays et dans l'immigration clandestine. L'erreur stratégique du FMI et de ses dirigeants est en l'occurrence de n'avoir pas compris qu'il ne fallait pas affaiblir l'État, mais le fonder, pas assécher l'innovation sociale, mais la réorienter.

Le FMI et son directeur général répétaient à l'envi que la réduction du déficit public est une nécessité première des Grecs, comme demain de nos concitoyens. Or, loin de désendetter les générations futures, elle plombe leur avenir, si elle consistait à réduire les dépenses d'éducation, de santé, et les chances d'emploi dans l'économie réelle. Si le destin d'un homme peut convaincre que l'impasse dans laquelle s'enfonce la nation grecque dépasse le sort de ce pays, qu'elle témoigne d'un échec plus profond de la gauche européenne à proposer un modèle alternatif de croissance et de redistribution plus équitable du profit matériel et culturel, alors, le drame du héros n'aura pas été vain.

Puisque les socialistes veulent en 2012, non seulement gagner la présidentielle en France, mais "changer de civilisation", il est encore temps de ne pas confondre rigueur nécessaire et rigorisme financier ordinaire, rationalité économique supposée et logique de fonctionnement des sociétés.

Guy Burgel, professeur à l'université Paris- Ouest-Nanterre-la Défense, auteur du "Miracle athénien au XXe siècle" (CNRS Editions, 2002)
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Le soldat grec

Portugal_.jpgDe la rigueur encore et toujours pour la Grèce.. Un nouveau plan de rigueur se met en place, faisant suite à un ... plan de rigueur de quatre ans. Le premier ministre grec Papandréou (socialiste, il me semble ...) l’a annoncé cette semaine. Il faut économiser 26 milliards d’euros s’ici à 2015. Le déficit (15,5% du PIB en 2009, 10% en 2010) devrait être de seulement 1% en 2015. Le tout pour convaincre les sacro-saints marchés que le pays peut s’en sortir.

La recette est simple, mais certainement douloureuse : un plan de privatisations pour récupérer 15 milliards en trois ans, à la demande de l’Union Européenne et du FMI (dirigé par un certain Strauss Kahn, socialiste, je crois…)

En 2010, les Grecs ont vu baisser leurs salaires, reculer l’âge de la retraite, baisser le niveau des pensions et augmenter la TVA. Cela n’étant pas suffisant, le gouvernement grec va continuer dans la même voie : réduire encore les salaires, allonger la durée de travail des fonctionnaires de 37 heures 30 à 40 heures. Des écoles, des hôpitaux vont fermer. L’eau, le gaz, l’électricité, la poste, les chemins de fer vont être privatisés. Des ports, des aéroports et autres lieux touristiques pourraient être concédés au privé. Devant ces perspectives peu réjouissantes, cela grince un peu des dents du côté du Pasok au pouvoir. Des députés et même des ministres ont fait connaître leurs désaccords.

Résultats du premier plan de rigueur : le taux de chômage grec a dépassé les 15% en janvier et la Grèce connaît sa troisième année consécutive de récession. Mais les taux d’intérêt de la dette grecque s’envolent : plus de 13% au moment de l’annonce du plan d’austérité, qui n’est donc pas cruel pour tout le monde.

Le but n’est pas ici de « sauver » les Grecs, mais bien les banques, y compris les banques françaises, qui empruntent à 1% auprès de la BCE des sommes qu’elles prêteront ensuite à 13…

Le Portugal s’engage sur le même chemin. Les représentants de l'Union Européenne et du FMI, toujours eux, entament à Lisbonne des négociations politiques avec les autorités portugaises pour définir le montant, et surtout les conditions, d'un plan de sauvetage financier qui doit être conclu d'ici la mi-mai.

L'Union européenne comme le FMI se sont déjà dits prêts à aider le Portugal, mais à la stricte condition que Lisbonne adopte un "programme d'ajustement" d'un montant estimé à environ 80 milliards d'euros et qui sera assorti de mesures d'austérité qualifiées d’ «ambitieuses », ce qui veut tout dire, surtout pour ceux qui vont les subir.

L’année 2011 sera particulièrement dure avec la baisse des salaires dans la fonction publique, des coupes dans les aides sociales, l’éducation, la santé, ainsi qu’une hausse de deux points de la TVA et la réduction des aides à l’emploi.

Le Portugal connaît une désindustrialisation massive. Le secteur industriel représente aujourd’hui 17% du PIB contre 27% il y a une dizaine d’années. Le pays ne produit plus suffisamment. Le niveau d’éducation et de formation est très bas, d’où le désastre que représentent les coupes annoncées dans l’éducation. Le chômage flambe officiellement à 11%. 18% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Le plan gouvernemental ne saura qu’aggraver la misère. Les difficultés de Lisbonne comme celles d’Athènes ne peuvent que s’accroître. Les coupes dans les salaires et les dépenses publiques vont en effet réduire demande et consommation intérieure. Cela ne va pas manquer d’assécher les rentrées fiscales, et donc d’aggraver encore la situation financière des pays.

« Ce n’est pas le soldat grec qu’il s’agit de sauver, c’est le taux de profit » lisait-on dans l’Humanité en 2010. Aujourd’hui, le soldat est portugais, mais cela n’a rien changé à l’affaire…

Est-ce le programme pour la France de D. Strauss Kahn, qui pourrait être candidat à l’élection présidentielle, d’après ce que dit sa femme ?

 

L'Irlande, cuisinée à la sauce grecque, passe à la casserole

_326_.gifCommuniqué de presse du Parti communiste français

L'Union Européenne et le FMI sont à la manœuvre : le pire est à craindre pour l'Irlande.
Après la Grèce, c'est au tour des Irlandais de bénéficier – pour leur malheur- des mannes de l'Union Européenne. 90 milliards d'euros vont ainsi être consacrés à ce qu'il est abusivement appelé « sauvetage » de son secteur bancaire, mais qu'il serait plus juste de renommer « destruction » de son économie !
Comme la population grecque, le peuple irlandais va payer le prix fort des errements de ses dirigeants. Sa dette colossale est devenu une aubaine pour les marchés financiers qui y voient un formidable terrain de jeu pour la spéculation financière.
La médication à venir est connue. Elle comprend de nouvelles réductions des allocations chômage et familiales ainsi que de nouvelles suppressions d'emplois publics. Le gouvernement irlandais s'apprête même à s'attaquer au salaire minimum.
Après la Grèce au printemps dernier, l'Irlande va ainsi devenir le deuxième pays de la zone euro à passer sous les fourches caudines des marchés financiers.
Cette potion est pire que le mal. Au bout, c'est le désespoir pour les Irlandais, sans que les causes qui ont rendu possible cette situation de déficit abyssal soient résolues. Rien n'est possible s'il n'est pas mis un terme à tous ces mécanismes financiers dédiés aux plus riches et déconnectés de l'économie réelle. La BCE doit être placée sous l'autorité des peuples européens et non l'inverse.
Le PCF dénonce ce plan d'affameur où pieds et poings liés, l'Irlande passe à la casserole à la sauce grecque.

 

Les grandes réussites du FMI

La cure d’austérité qu’il impose à la Grèce a mis le Fonds Monétaire International sur le devant de la scène. Le FMI est officiellement un instrument de coopération internationale qui accorde des prêts aux pays en difficultés financières, en exigeant que les emprunteurs mettent en place les politiques économiques qu’il avance, et particulièrement la baisse des dépenses publiques. L’action du FMI est très critiquée par de nombreuses associations et économistes qui considèrent que ses interventions, dans les pays du tiers-monde par exemple, aggravent la pauvreté. Le FMI préconise la privatisation des entreprises publiques, l’austérité budgétaire, l’ouverture des marchés intérieurs. Ses programmes déclenchent l’appauvrissement brutal des populations par la diminution du pouvoir d’achat, la réduction des programmes de santé ou d’éducation, l’augmentation des importations. Ils ont des conséquences néfastes sur la souveraineté même des Etats et aboutissent souvent à une stagnation économique et parfois même à l’effondrement de l’économie.
En Egypte, le programme du FMI a entraîné la baisse des salaires et l’augmentation des prix des dentées alimentaires, la montée du chômage, des grèves et manifestations massives. Au Sénégal, suite à l’intervention du FMI, les chemins de fer ont été privatisés et de nombreuses lignes fermées. En Mauritanie, la suppression de la propriété collective de la terre a profité aux multinationales agroalimentaires. Au Pakistan, le FMI a exigé la suppression des subventions accordées aux plus pauvres pour payer leur électricité.
Le président du Venezuela, Hugo Chavez avait en 2007 menacé de se retirer du Fonds monétaire international avec ces mots : « Il vaut mieux que nous en sortions avant qu'on nous ait pillés ». L’Argentine, elle, a pu échapper à l’étranglement par les intérêts en remboursant sa dette de façon anticipée.
Le FMI s’intéresse à la dette du Japon, qu’il estime trop élevée. Il demande à ce pays d’augmenter les taxes sur la consommation et de limiter ses dépenses.
En Europe, le FMI a prêté 20 milliards à la Roumanie en échange de la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires et de la diminution des salaires de la fonction publique de 25% et des retraites de 15%. En Hongrie, le FMI s’attaque aux rémunérations des fonctionnaires. En Lettonie, il fait baisser le salaire minimum de 20%. En Grèce, le remède du docteur FMI est si violent qu’il risque fort de tuer le malade : privatisations, diminution des salaires et pensions, allongement de la durée de cotisations, recul de l’âge de la retraite, augmentation des taxes. La retraite minimale baissera de 5% alors qu’elle ne s’élève qu’à 380 €.
En 2007, le directeur général du FMI nouvellement nommé promettait une démocratisation de son institution, accordant une meilleure place aux pays émergents. Une certaine relance des dépenses publiques devait être autorisée pour ne plus asphyxier les économies des pays emprunteurs. Trois ans plus tard, les mêmes superplans d’austérité sont indiqués en contrepartie des aides du FMI et les mêmes pays font la loi en son sein. Les Etats-Unis, qui détiennent plus de 16% des voix, possèdent une minorité de blocage. Les pays en développement dans leur ensemble, quant à eux, ne représentent qu’une minorité des voix, 46 pays africains n'étant représentés que par 2 des 24 administrateurs. Rien n’a changé.
Le directeur général du FMI a aussi des idées sur la réforme de nos retraites françaises. Selon lui, l’âge légal de 60 ans est un « dogme » et si « on vit cent ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans. »
Le directeur général du FMI s’appelle Dominique Strauss-Kahn.
Il paraît qu’il est membre du Parti Socialiste.
Isabelle Volat

 

Tutelle européenne

_396_.jpgJusqu’ici, l’Europe « libérale », c’était surtout la déréglementation à outrance, les privatisations, la réduction des dépenses publiques.. A-t-on franchi une nouvelle étape ? L’Union Européenne s’attaque à présent à la démocratie. Les gouvernements devraient soumettre leurs budgets à l’approbation de la commission européenne, avant de les proposer à leurs propres Parlements. Démocratie, souverainetés nationales ? Tout cela est oublié car il ne faut surtout pas mécontenter les « marchés ».
Pour cela, l’Europe de Sarkozy est prête à mettre sous tutelle les Etats et la Grèce a montré quelles extrémités antidémocratiques cette politique pouvait apporter. Athènes est sous contrôle. Les compétences politiques nationales sont déléguées au FMI et à l’Union Européenne. Le ministre des finances a maintenant la possibilité de prendre par décret toutes les lois et tous les accords qui relèvent de du plan de « soutien » par les états de la zone euro et le FMI. L’accord sur le plan d’«aide» dicte tout le travail législatif de casse sociale que devra entreprendre la Grèce. C’est un vrai calendrier de travail des autorités grecques sous supervision internationale. La démocratie grecque est sérieusement mise à mal. L’accord fixe ainsi l’agenda gouvernemental et parlementaire pour les mois à venir : réforme des retraites, de l’administration par des fusions de communes ou régions, privatisations, gel du salaire minimum et des pensions quelque soit le niveau de l’inflation, contrôle du budget avec rôle accru du ministre des finances au détriment de celui du Parlement qui n’aura plus le droit de modifier la taille du budget.
La voie étant ouverte en Grèce , il s’agirait maintenant d’imposer que la commission européenne puisse exercer un contrôle préalable des différents budgets nationaux, avant que ceux-ci soient examinés par leurs parlements respectifs. Ce renforcement autoritaire de la surveillance budgétaire, dont Sarkozy et Merkel seraient à l’origine, a évidemment pour but de forcer les états à appliquer rigoureusement le «pacte de stabilité » qui impose « l’assainissement des finances publiques » comprenez la mise à mal des services publics, avec suppressions massives de postes, gel des salaires et retraites, pression fiscale accrue sur les ménages .. et au bout du compte, le chômage, le désastre économique et social.
Si la Grèce a été la première à subir la rigueur, d’autres pays s’apprêtent à passer sous les fourches caudines des sacro-saints marchés. L’Espagne, le Portugal annoncent à leur tour des mesures de d’austérité pour réduire les déficits publics, en sacrifiant leur politique sociale. Pour ramener les déficits dans les clous européens imposés, ces gouvernements (socialistes, comme la Grèce..) n’hésitent pas à mettre leur peuple au régime sec.
En France, le premier ministre vient d’annoncer le gel pour trois ans des dépenses sociales de l’état : APL, RSA, allocation handicapés, réduction des effectifs des fonctionnaires… Cela ne risque pas d’encourager la consommation ni de favoriser la relance : la France a connu au premier trimestre une croissance de 0,1%. Les recettes immuables de l’Europe financière : faire payer les peuples pour « rassurer » les marchés. Jusqu’à quand ?

Ci-dessus: la porte des lions à Mycènes (Péloponnèse)
Chacun aura remarqué que les lions sont des lionnes...
Isabelle Volat

 

Retraites à la grecque ?

AthenesAcropole.jpgLa purge grecque se traduira par des baisses de salaires, des réductions dans les investissements publics, l’augmentation des taxes, l’allongement de la durée des cotisations pour la retraite. En 2012, quatre fonctionnaires sur cinq partant en retraite ne seront pas remplacés. Le salaire minimum est gelé pour trois ans….
Les « partenaires » européens de la Grèce, exigent en effet une baisse de 15 % des salaires dans les secteurs public et privé, un relèvement de l’âge de la retraite à soixante-sept ans, une baisse des pensions, des milliers, voire des centaines de milliers de suppressions d’emplois dans le secteur public, l’abolition des conventions collectives, la remise en cause de toute restriction légale à la suppression d’emplois dans le secteur privé, sans parler des privatisations et des nombreuses coupes dans les budgets de la santé, de l’éducation ou de la recherche, voire d’’une exigence de privatisation des transports publics. Banques et grandes fortunes sont en revanche tout à fait épargnées..
La cure d’austérité draconienne imposée au peuple grec fera baisser de 30% le pouvoir d’achat des salariés, entraînant baisse de consommation, puis licenciements et faillites. La croissance baissera de 4%. On appelle ce massacre « sauver la Grèce ».
L’Union Européenne solidaire ? Elle organise la concurrence entre les pays. Outre les fameux critères de Maastricht qui règlementent les dettes et déficits publics, elle interdit à la banque centrale européenne de financer directement les états. La BCE prête par contre aux banques à 1% des fonds qu’elles prêteront à leur tour aux états à des taux beaucoup plus importants, jusqu’à 10% pour la Grèce !
Le plan français de « solidarité nationale avec la Grèce » rapportera via les intérêts gagnés par la France 160 millions d’euros. « Ce n’est pas un plan de solidarité avec les Grecs, avec l’État grec, avec le peuple grec ; c’est un plan de solidarité avec les créanciers de l’État grec. » a déclaré JP Brard à l’assemblée, au nom des députés communistes et du Parti de Gauche.
Lors de la crise financière, la France n’a pas hésité à mettre sur la table, près de 350 milliards d’euros pour sauver les banques de la faillite ; et au niveau européen, c’était 3 600 milliards d’euros ! Aujourd’hui, l’Union européenne consent, dans sa grande magnanimité, à prêter un peu plus de 30 milliards d’euros à la Grèce, en contrepartie de ce plan d’austérité d’une ampleur sans précédent.
S’agit-il ainsi de sauver la Grèce ? Non, juste de sauver les créanciers de la Grèce dont les noms sont Société générale, Crédit agricole, BNP, Deutsche Bank…. Et ceux dont on ne parle pas : les fabricants d’armes allemands et français, qui ont des créances très importantes et qui continuent leur commerce, appuyés par le gouvernement français comme cela vient d’être révélé...
Le plan européen concernant la Grèce a pour but de garantir les bénéfices des banques et des marchands d’armes. Les banques françaises détiennent en effet plus de 50 milliards d’euros d’obligations de l’État grec et les établissements bancaires allemands en possèdent pour près de 30 milliards d’euros. Venir en aide à la Grèce ? Non, il s’agit de garantir que les banques seront remboursées de leurs prêts.
La même logique d’austérité est malheureusement déjà à l’œuvre dans l’ensemble des pays de l’Union Européenne où le gouvernements font la chasse aux « déficits publics » pour entrer coûte que coûte dans le pacte de stabilité. En France, le premier ministre vient d’annoncer le gel des budgets 2011, 20012, 2013… c’est à dire l’amputation des dépenses publiques et principalement les dépenses sociales. Ne faut-il pas tout faire pour conserver la note AAA de la France auprès des agences de notation ? D’après le premier ministre, « La France est à l’heure actuelle avec l’Allemagne la meilleure signature en Europe et nous devons tout faire pour conserver cette signature. » Qui décide ? Les agences de notation. « Le gouvernement français cherche à faire entrer la France dans un scénario à la grecque de compression drastique des dépenses publiques. Il est clair que la réforme des retraites est totalement motivée par ces exigences et que l’on cède aux marchés financiers » a dénoncé Pierre Laurent pour le PCF.

Mais tout n’est pas plié d’avance… Le ministre du travail, par exemple, avoue redouter en septembre un mouvement social suite au dépôt du projet de loi sur les retraites et l’annonce de mesures de rigueur.

Les communistes grecs ont déployé cette semaine une banderole sur l’Acropole où on pouvait lire : « Peuples d’Europe, soulevez-vous ! »
A l’occasion de la fête de l’Europe, les communistes français déploient à leur tour une grande banderole devant les marches du Trocadéro à Paris, dimanche 9 mai à 14h30 : " Avec le peuple grec, debout contre la finance ! "
Peuple_grec.JPG vidéo

Isabelle Volat

 

Grèce : pendant la crise les affaires continuent. Bien. Merci pour elles.

index.jpgParis aurait conditionné l'aide à la Grèce à des contrats militaires, selon D.Cohn-Bendit
Le leader d'Europe Ecologie, a accusé vendredi 7 mai Nicolas Sarkozy et François Fillon d'avoir fait pression sur Georges Papandréou, assurant qu'ils avaient conditionné l'aide française à la Grèce au respect par Athènes de contrats d'armement souscrits avec Paris.
De "basses polémiques dénuées de tout fondement": c'est ainsi que Matignon a répondu vendredi à Daniel Cohn-Bendit, qui a accusé Nicolas Sarkozy et François Fillon d'avoir conditionné l'aide de la France à la Grèce au respect de contrats d'armement souscrits avec Paris.
"L'heure est suffisamment grave pour ne pas perdre de temps avec de basses polémiques dénuées de tout fondement", a-t-on répondu dans l'entourage du Premier ministre sollicité par les agences de presse.
"J'ai rencontré M. Papandréou la semaine dernière. J'étais à Athènes. Je le connais depuis longtemps", a expliqué l'eurodéputé lors d'une conférence de presse à Paris sur l'avenir du mouvement écologique, en relatant ce qu'il a présenté comme sa conversation avec le chef du gouvernement grec.
"C'est quand même incroyable la manière dont les Merkel et Sarkozy de ce monde traitent un Premier ministre grec", s'est-il exclamé.
"Dernièrement, M. Papandréou, qui était au sommet de l'Otan, est passé par Paris. A Paris, il y a un certain M. Fillon et un certain M. Sarkozy", a poursuivi M. Cohn-Bendit."Ils les a rencontrés. M. Fillon et M. Sarkozy ont dit à M. Papandréou : +Nous allons lever des sommes pour vous aider, mais vous devez continuer à payer les contrats d'armement qu'on a avec vous, signés par le gouvernement Caramanlis", a assuré le leader Verts au Parlement européen.
"Depuis ces trois mois, il y a eu plusieurs milliards de contrats d'armement qu'on a obligé la Grèce à confirmer, a-t-il poursuivi. Des frégates françaises - 2,5 milliards - que doivent acheter les Grecs; il y a des hélicoptères, il y a des avions, il y a des sous-marins allemands".

AFP, 8 mai

ndlr de ce blog : Conditionner une aide financière à l'achat d'armements...belle pirouette de l'histoire. L'Europe a été mise sur ses fonds baptismaux le 9 mai 1957, sur le principe du "plus jamais cela" (R.Schumann). Une soixantaine d'années après, on aide une de ses régions fondatrice en échange de l'achat de canons.
Même pas honte...

 

Edito de la newsletter internationale du Cidefe

parthenon.1240856325.jpg« M’en voudrez vous beaucoup si je vous dis un monde
Où l’on n’est pas toujours du côté du plus fort ? » Potemkine, Jean Ferrat
A quelques jours de la Journée de l’Europe, censée célébrer les valeurs de paix, de solidarité, de progrès, voilà que l’Union Européenne montre de façon dramatique toutes ses limites. La Grèce, l’un de ses 27 pays membres, est mise à l’index, au ban de la société - cet Etat est en faillite.
Le remède proposé est pire que le mal - une saignée, une thérapie de choc qui va se réduire au seul choc ! Les gouvernements successifs ont conduit le pays au chaos. Qu’à cela ne tienne, c’est au peuple de payer ! Des salaires réduits, des pensions de misère, une retraite élevée à 67 ans, des centaines de milliers de suppressions de postes, y compris dans la fonction publique...
Est-ce cette Europe-là qui devait nous faire rêver ?
Bien sûr que non. Il est donc bien normal que se lève le vent de la révolte, de la colère pour dire NON NEIN NO NIENTE NE... Il est temps que le mot SOLIDARITE résonne dans toutes les langues et se fasse entendre de tous les gouvernements européens, de toutes les institutions européennes !
Les élus ont bien leur mot à dire dans cette tragédie grecque. Dans les tout prochains jours, un appel va être lancé par des élus progressistes européens, du conseiller municipal au député européen, en passant par le parlementaire national.
Les milliards prêtés à des taux d’usurier aux Grecs vont surtout servir à rassurer les banquiers, les multinationales et les entreprises d’armement.
De l’autre côté de l’Atlantique, des milliers de pacifistes, notamment des Etats-Unis, de France et du Japon, soutenus avec énergie par le secrétaire général de l’ONU cherchent eux aussi à faire entendre une parole de raison : ABOLITION DES ARMES NUCLEAIRES !
Il est décidément temps que la planète tourne enfin rond... pour le plus grand bien des peuples !

Cidefe Centre d’information, de documentation, d’étude et de formation des élus ; mai 2010

 

Il faut aider le peuple grec !

Signez la pétition en ligne à l ‘appel du journal « l’Humanité ».
Le peuple grec n’est pas responsable de la faillite de son Etat. C’est pourtant lui que les marchés financiers et les institutions internationales veulent saigner à blanc.
La Banque Centrale Européenne a accordé des prêts gigantesques à seulement 1% d’intérêt aux banques qui, à leur tour, les ont prêtés à des taux de 4 à 8%. La Grèce doit elle aussi bénéficier de taux n’excédant pas 1%, sans autres conditions que le maintien des droits sociaux, de l’emploi et des services publics.
Tous les peuples d’Europe sont menacés de plans d’austérité de même nature. L’Union européenne et tous les Etats membres doivent donc se mobiliser pour préserver les chances d’une Europe des peuples.
humasengage.jpg Pour signer

 

Décompte

fnd0368c.JPG.. Combien vaut la Vénus de Milo ?
Combien valent Socrate, Platon, Aristote ?
Combien valent les frises du Parthénon, pillées par les Anglais et réclamées par la Grèce depuis des décennies ?
Combien vaut l’invention des premières formes de la démocratie ?
Combien valent les combats des patriotes grecs pour l’indépendance au XIXe siècle, la résistance grecque face à l’Allemagne et au nazisme, les combats contre les prétentions de la Grande-Bretagne, la résistance à la dictature des colonels et les déportations ?
Combien valent les canons de Navarone et le sirtaki, Melina Mercouri et le visage de Iannis Xenakis ravagé par un obus ?
Combien valent les films de Théo Angelopoulos, combien vaut l’Olympe, combien valent l’histoire et les mythes, combien vaut une nation, combien valent une terre, la mer et le ciel ?
Combien vaut un peuple ?
Et combien coûtent à la pensée, à la culture, à la beauté, à l’humanité, l’insatiable cupidité et les spéculations des esclaves du capitalisme qui se prennent pour des maîtres ?

Maurice Ulrich dans l’Humanité du 30 avril 2010

 

Bientôt tous grecs ?

Depuis quelques semaines, la Grèce revient sur le devant de la scène.

Il y a un an, la jeunesse d’Athènes avait déjà exprimé violemment sa colère. Aujourd’hui, l’économie grecque est aux abois : la dette publique atteindrait un niveau record. Le pays serait au bord de la «faillite» (mot inapproprié car un État ne peut faire faillite.) L’Union Européenne met, elle, encore plus la pression sur la Grèce, en estimant que le pays doit prendre des mesures draconiennes pour réduire son endettement. Elle demande au gouvernement grec de diminuer de façon importante son déficit public dès 2010 et les dirigeants européens ont appelé la Grèce à ramener d’ici à 2012 le dit déficit, qui s’élève aujourd’hui à 12,7 % de son produit intérieur brut, sous le plafond des 3 %. Le Premier ministre grec a donc décidé d’appliquer un plan de rigueur sans précédent : gel des salaires de la fonction publique, report de l’âge légal de départ en retraite, diminution massive du nombre de fonctionnaires, réduction des dépenses sociales et… diminution des salaires des ministres eux-mêmes : la situation est donc particulièrement grave.

Insuffisant pour certains : « Notre point de vue, a déclaré le ministre suédois des finances, est qu’il faut davantage de mesures concrètes pour que le pays regagne sa crédibilité sur les marchés. » C’est clair : les marchés financiers décident d’une super cure d’austérité, et l’Union européenne exécute…

Moyennant quoi, si nécessaire, la zone euro fournira à la Grèce le soutien dont elle a besoin … Toutefois, la forme que prendrait cette hypothétique aide n’est même pas précisée, car l’Union Européenne n’a de toute façon pas les moyens de faire jouer la solidarité. Elle s’est même interdit de venir en aide à un pays de la zone euro en difficulté. Où est la belle promesse faite aux peuples européens, de construire un espace de solidarité, plus nécessaire que jamais en temps de crise ? Les Grecs, les Espagnols, les Portugais, les Irlandais, qui se font traiter de « cochons » peuvent toujours l’attendre …

Quant au ministre grec des finances, il s’est déclaré opposé à annoncer dans l’immédiat de nouvelles mesures d’économies, estimant qu’un soutien « plus explicite » des Européens serait utile pour faire face aux « attaques des marchés ». Ce sont donc les marchés qui attaquent l’économie de pays comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne ?

Tout le monde sait que les banques ont bénéficié en 2009 d’une aide phénoménale. Fait beaucoup moins connu : l’utilisation des fonds prêtés par la Banque Centrale Européenne.

Les banques prêtent à la Grèce à 6% des capitaux qu’elles ont empruntés à la Banque Centrale Européenne à ..1% ! Au lieu de redistribuer ces ressources aux entreprises et aux ménages et relancer ainsi l’économie, les banques les ont utilisées notamment pour acheter des « titres de dette publique » porteurs d’un intérêt de 4 %, voire, dans le cas de la Grèce, de plus de 6 %.

La BCE a injecté dans les banques 800 milliards en 2009. Les banques ont joué cet argent sur les marchés financiers et l’économie réelle n’en a pas vu la couleur comme le montre par exemple le recul des prêts aux entreprises en 2009. Ou comment regonfler ?les marges en empochant la différence entre ?les taux et fragiliser la reprise économique , voire la compromettre totalement dans des pays dont la dette publique a explosé, essentiellement d’ailleurs pour cause de renflouement des banques !

Il est plus qu’urgent de réformer la BCE et taxer les transactions financières pour désarmer la spéculation, mais au lieu de développer l’emploi et de rechercher de nouvelles sources de financement, la seule recette de Bruxelles consiste à réduire les déficits des «comptes sociaux» qui font partie des déficits publics et doivent donc être sévèrement mis à la diète. A venir de nouveaux tours de vis sur les dépenses publiques, dont la Grèce a un avant –goût aujourd’hui. A qui le tour ensuite ?

Chez nous, la discussion sur la réforme des retraites débutera juste… après les élections régionales. Serons-nous tous « grecs » à l’automne prochain ? En Grèce, la résistance s’organise contre l’austérité qui apportera encore un peu plus de chômage et de précarité…. En France, le 14 mars, premier tour des élections régionales est une très bonne occasion de conforter la gauche « qui résiste » en prévision de luttes futures !