Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

Mot clé - François Hollande

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Étranger, citoyen ou les deux ?

droitdevote2014.jpgLe débat autour du droit de vote des étrangers aux élections locales fait la Une de l’actualité. C’est pourtant un débat déjà vieux de 30 ans. Depuis la campagne de François Mitterrand en 1981, jusqu’à la récente 50e proposition de François Hollande, il évolue au rythme des promesses électorales.

Cependant, ce débat n’a jamais donné naissance à une loi et aujourd’hui, au regard de bon nombre de pays de l’UE, la France est à la traîne. L’exercice de la citoyenneté doit passer par la nationalité disent les adversaires du droit de vote.

Pourtant à l’échelon local, on constate tous les jours l’implication citoyenne des étrangers. Que ce soit dans les associations ou par l’intermédiaire des syndicats, indéniablement, il existe en France une citoyenneté de résidence. Aujourd’hui, les étrangers ne sont pas les seuls concernés.

C’est la société tout entière qui l’est, et c’est la question du vivre ensemble qui est au cœur de cette question profondément politique.

Pour être effectif lors des élections municipales de 2014, le droit de vote des étrangers doit être mis à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale rapidement afin d’engager le processus de révision constitutionnel. Le collectif national «Droit de vote 2014» regroupe une centaine d’associations, syndicats et partis politiques. Il est à l’initiative d’une pétition qui sera remise au président de la République fin mars. Trois mois durant lesquels la mobilisation populaire sera déterminante. Le PCF, qui participe à ce collectif, est pleinement engagé dans cette bataille.

Signer la pétition

Plus d'infos via le PCF
La série documentaire "Égaux mais pas trop" sur LCP, a consacré une émission au droit de vote des étrangers.
Voir cette vidéo

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François, Jean-Marc, Martine...

ft_victoire_tout_v3-page-001.jpgLes victoires de mai et juin ne sont pas seulement celles de la « majorité présidentielle ». Elles sont celles de la gauche toute entière et d'une majorité de notre peuple qui voulaient en finir avec l'ère Sarkozy, les destructions sociales et les régressions démocratiques.

Le Front de Gauche y a pris une part, déterminante. Il se sent donc comptable de la suite, même si le programme de François Hollande ne lui a pas permis pas d’être partie prenante du nouveau gouvernement. Dans une fin d'été, où la crise de la zone euro s’aggrave régulièrement, l’oligarchie financière et la droite préparent leur revanche, flanquées de l’extrême droite. Rien ne serait pire que l'immobilisme et la démoralisation succédant à l’attente de changement.

Christian Picquet, responsable de la Gauche Unitaire, porte parole du Front de Gauche, dans "François, Jean-Marc, Martine, qu'allons-nous faire de notre victoire ?" pose la seule question pertinente de la rentrée : que va faire la gauche de sa victoire du printemps ?

Pour engager une réflexion collective à gauche et éviter un nouvel échec.

François, Jean-Marc, Martine, qu'allons-nous faire de notre victoire ? de Christian Picquet
Parution septembre 2012 aux Éditions Arcanes 17 ; 6.00€

 

NON à l'austérité perpétuelle en Europe !

j_aime_l_europe1.jpgFrançois Hollande, candidat, s'est engagé devant les Français à renégocier le nouveau Traité pour la stabilité, la coopération et la gouvernance, dit aussi Pacte budgétaire. Aujourd'hui, le gouvernement le présente pour ratification au Parlement rigoureusement inchangé, tel que signé en mars dernier par Nicolas Sarkozy.

Ce Traité interdit les déficits publics et donne aux instances européennes des pouvoirs de sanction inédits contre les pays en difficulté. Dans l'espoir de rassurer les créanciers et les spéculateurs, il impose aux États une austérité perpétuelle sans apporter aucun remède aux causes réelles de la crise: la concurrence effrénée au sein de la zone euro et la domination des marchés financiers.

En plaçant l'austérité au-dessus de la démocratie, ce Pacte va aggraver la récession et le chômage, et priver les États de moyens indispensables pour sortir de la crise sociale et écologique. Les très maigres mesures « pour la croissance », adoptées par le Conseil européen fin juin n'y changeront rien.

Si la construction européenne devait se poursuivre contre les intérêts et la volonté des peuples, elle n'y survivra pas, pas plus que la démocratie. C'est pourquoi les Députés et Sénateurs doivent rejeter le Pacte budgétaire. Le rejet du Traité par la France ne représenterait pas un repli : il permettrait au contraire de rouvrir le nécessaire débat pour réorienter l'Europe.

De nombreuses organisations associatives, syndicales, politiques ont ainsi décidé de lancer ensemble une campagne unitaire : "pour une Europe solidaire, NON au Traité d'austérité" : plus d'infos

Rendez-vous à la grande manifestation unitaire qui aura lieu à Paris le 30 septembre à 13h30, au départ de Nation.
Les Val d’Oisiens se retrouveront place de la Nation à l’angle du Boulevard Voltaire sous la banderole « L’humain d’abord ! »
Le Front de Gauche gratiennois vous attend à la gare de Saint Gratien à 12h45 pour un départ groupé.

A dimanche !

Signez cette pétition

En imposant l’austérité à marche forcée, le Pacte budgétaire menace de plonger l’Europe dans la récession et le chômage de masse. Il va priver les États de moyens indispensables pour sortir de la crise sociale et environnementale. Pour mieux rassurer les créanciers et les spéculateurs, il place l’austérité au-dessus de la démocratie. Nous vous demandons de rejeter ce Traité d’austérité, et de permettre ainsi de rouvrir le débat pour réorienter l’Europe.

Signer

Les signatures de la pétition seront rendues aux députés lors de la semaine de débats parlementaires du 1er octobre.

 

Les raisons du non

attac_4.jpgFrançois Hollande a mis à l’ordre du jour la ratification par la France du Pacte budgétaire européen. Les parlementaires devraient se prononcer avant le 4 octobre. Le candidat Hollande avait pourtant promis de ne pas poursuivre sur le chemin de l’austérité et de renégocier le traité européen. Celui-ci, inchangé, reste toujours aussi nocif.
Dans une Europe qui s’enfonce dans la récession, ratifier le Pacte signifie une course accélérée vers la catastrophe.
Voici quelques raisons de dire non au traité européen.

Revenons tout d’abord sur le soi-disant « pacte de croissance » qui accompagne le traité européen et qui permet au président d’affirmer que tout est changé. Il n’est constitué que de 60 milliards de fonds déjà programmés pour 2012-2013, et 60 milliards d’hypothétiques nouveaux prêts au secteur privé par la Banque européenne d’investissement. Le total n’atteint même pas 1% du PIB européen. « Les différentes idées reprises dans le pacte pour la croissance, c’est-à-dire l'additif au TSCG, étaient sur la table AVANT l'élection de François Hollande » reconnaît d’ailleurs « Le Monde » lui-même…
Oubliées les trois conditions fixées par François Hollande pour la ratification du Pacte, à savoir : la mise en place d’euro-obligations, pour que les pays de la zone euro les plus fragiles puissent emprunter à des taux non prohibitifs ; la réforme de la Banque centrale européenne, pour donner aux États la possibilité de se financer en dehors des marchés ; des mesures de relance de la croissance en Europe.

Si les mesures annoncées en matière de croissance sont dérisoires, l’application du Pacte budgétaire signifiera des coupes bien réelles dans les budgets publics.

Le « noyau dur » du Pacte budgétaire est la fameuse « règle d’or » qui stipule que la différence entre les dépenses et les recettes de l’État ne doit pas dépasser 0,5 % du PIB.

Elle apporte inévitablement des plans d’austérité. Ceux menés en Europe se ressemblent tous : coupes pour les fonctionnaires (suppressions de postes, gel ou réduction des salaires) et pour les collectivités locales ; coupes dans la protection sociale (retraites, assurance maladie, chômage…) ; coupes dans les services publics (fermetures d’hôpitaux, de classes…).

attac_1.jpgCes mesures sont socialement injustes car elles touchent en priorité les populations les plus précaires, les femmes, les jeunes, les classes populaires. Elles sont aussi économiquement désastreuses. En voulant réduire le déficit à 3% du PIB en 2013 pour atteindre le déficit zéro en 2017, on aggrave la récession et le chômage. Selon le FMI, 300 000 emplois seront de ce seul fait détruits en 2013, et presque autant les années suivantes. La baisse des dépenses publiques accentue la récession. Les rentrées d’impôts et de cotisations chutent. Le déficit augmente au lieu de diminuer. La règle d’or se transforme en plomb. L’austérité ne freine pas l’endettement… elle l’accélère ! Elle a déjà laminé les économies grecque, portugaise, espagnole, britannique…

Pour réduire le déficit, les gouvernements pourraient choisir d’augmenter les impôts. Quelques hausses d’impôts votées par le Parlement en juillet ont certes légèrement touché les plus riches et les grandes entreprises. Mais la Cour des Comptes a déjà annoncé qu’il serait dangereux d’aller plus loin et qu’augmenter davantage les taxes sur le capital ferait fuir les fortunes, qui bénéficient de la liberté totale de circulation des capitaux. Pour respecter la « règle d’or », c’est donc la hausse de la TVA qui est prônée par la Commission européenne. Elle est déjà intervenue dans tous les pays du Sud de l’Europe. En France, c’est une hausse de la CSG qui est sans doute à redouter.

L’objectif de la règle d’or – le déficit zéro – n’a aucune justification économique. D’une part, la crise ne provient pas d’un endettement excessif des États. L’Espagne et l’Irlande avaient par exemple des budgets publics excédentaires avant la crise. Mais surtout, les déficits et l’endettement publics peuvent être parfaitement légitimes. C’est ce qui permet à l’État d’étaler des recettes et des dépenses dans le temps pour financer des investissements d’avenir qui bénéficieront aussi aux générations futures. Aujourd’hui, il est plus que jamais nécessaire d’investir pour la transition écologique et sociale de l’économie. Mais l’État ne peut le faire sur la base des seuls impôts.
C’est d’autant plus nécessaire dans un contexte de crise. On sait que l’État est le seul susceptible de relancer l’activité économique quand les entreprises diminuent leurs investissements et que la consommation chute.

La « règle d’or » n’est pas une règle économique mais purement idéologique. C’est une vision ultra-libérale qui ôte à l’État toute marge de manœuvre. La « règle d’or » est une absurdité.

Mais le Pacte budgétaire n’est pas seulement néfaste sur le plan économique et social. C’est aussi un désastre démocratique.

Il prévoit que les budgets nationaux doivent donner la priorité absolue au désendettement et à la réduction des déficits. Les Etats ne sont plus maîtres de leurs budgets ! De surcroît, la Commission européenne donne des avis, identifie des « déséquilibres » par exemple, un manque de « compétitivité ». Entendez par là qu’il faudra tailler dans les acquis sociaux… Si un gouvernement propose un budget considéré comme trop laxiste, la Commission peut prévoir des sanctions qui peuvent aller jusqu’à 0,1 % du PIB, c’est-à-dire 2 milliards d’euros pour la France. La Commission n’est pas le seul gendarme puisqu’un Etat peut aussi porter plainte auprès de la Cour de justice européenne contre un autre État qu’il jugerait trop permissif.

Ce traité renforce considérablement les pouvoirs des instances européennes – Commission, Conseil, Cour de Justice, toutes instances non élues, – au détriment des Parlements nationaux. Le Parlement européen demeure lui totalement hors du coup.

C’est un grave transfert de souveraineté, pourtant ignoré par le Conseil Constitutionnel, qui n’a pas jugé utile de réformer la Constitution à ce sujet.

L’austérité, c’est pour longtemps ? Il semblerait que la peine soit perpétuelle…Le Pacte budgétaire prévoit que la règle d’or ne puisse être remise en cause. C’est Angela Merkel, s’appuyant sur le texte du Pacte budgétaire, qui le précise : « la règle d’or va être contraignante et s’appliquer de manière permanente. Les règles ne doivent en aucun cas pouvoir être changées par une nouvelle majorité parlementaire. » Sauf à sortir de l'Europe, on ne peut se débarrasser du Pacte budgétaire...

Selon le Pacte, il faudra adopter « des dispositions contraignantes et permanentes, de préférence constitutionnelles ». Et cela sans aucune limite temporelle : c’est donc bien l’austérité à perpétuité que garantit le nouveau traité. En France, sera mis en place un « Haut Conseil des Finances Publiques » composé d’« experts indépendants » et adossé à la Cour des Comptes, afin de contrôler le respect de la discipline budgétaire par le gouvernement français.

Un véritable débat démocratique autour des enjeux de la dette publique, des alternatives à l’austérité est indispensable.

Ces politiques austéritaires seront rejetées par les peuples et ne peuvent aboutir qu’au discrédit et au rejet de l’Union européenne. Les courants xénophobes et réactionnaires en seront terriblement renforcés. Nous voulons au contraire construire les bases d’une autre Europe.
En voici quelques aspects.

-Désarmer les marchés financiers en s’attaquant aux paradis fiscaux, et à tous les mécanismes spéculatifs. Une taxe ambitieuse sur les transactions financières doit voir le jour dans l’Union européenne ou au moins dans la zone euro.
-Dissuader la spéculation et sortir de l’asphyxie les économies des pays surendettés ; la BCE doit financer directement les États au lieu de financer à taux presque nul les banques privées pour que celles-ci prêtent ensuite aux États à des taux prohibitifs. Dans le même temps, des audits de la dette doivent aboutir à des restructurations importantes.
-Lancer une révolution fiscale à l’échelle européenne en taxant les riches et les profits et en mettant un terme à l’évasion fiscale pour redonner des marges de manoeuvre à l’action publique.
-Financer l’écologie et l’emploi : des mesures de relance publique et d’investissements massifs sont urgentes pour satisfaire les besoins sociaux, renforcer la convergence vers le haut des droits sociaux en Europe et engager partout la transition écologique qui devient dramatiquement urgente.
-Mettre les banques au service de la société : dissocier clairement les activités de banques de détail de celles d’investissement, de financement et de spéculation, mettre sous contrôle public et démocratique les banques et assurances dans le cadre d’un pôle public bancaire.

En Grèce, en Espagne, en France mais aussi en Allemagne des forces s’élèvent pour réclamer une réorientation radicale de l’Europe pour éviter le désastre social et démocratique en cours. En France, 72% des Français souhaitent pouvoir s’exprimer par référendum. EELV vient de se prononcer contre la ratification. Le Parlement votera-t-il ce texte au mépris de l’opinion et en oubliant les promesses électorales ?

L’adoption du Pacte budgétaire signifierait l’abandon de toute perspective alternative alors qu’un rejet du texte par la France serait le signal décisif pour enclencher une dynamique de refondation démocratique de la construction européenne. Aidons les députés et sénateurs de la majorité présidentielle à le comprendre ! Une manifestation d’ampleur le 30 septembre peut être un signal fort !
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Pierre Laurent en Corse

SONY DSC                       Le secrétaire national du PCF, de passage en Corse, est interviewé ce 15 août par le journal « Corse matin ».

Pour les 100 jours de François Hollande, Pierre Laurent « espérait mieux dans l’intérêt des Français. Le PS doit s'armer de courage face aux marchés.» Quant à Arnaud Montebourg, il « n’a pas pris de mesures efficaces ».

Les sages du Palais-Royal opposés à la modification de la Constitution pour faire appliquer le traité européen. Qu’en pensez-vous ?

PL Cette décision risque d’entériner définitivement les politiques d’austérité en France et en Europe. En ratifiant ce traité, nous serons pieds et mains liés. Le pacte budgétaire prévoit une austérité drastique pour les pays qui ne respecteraient pas la réduction de leur déficit public. C’est dramatique. On ne sortira pas de la crise si on ne sort pas de l’austérité. De plus, cette ratification va s’opérer dans le dos des Français.

Que proposez-vous pour empêcher la signature du texte ?

PL Nous allons demander au président de la République d’organiser un référendum dès la rentrée. Les électeurs ne sont pas informés de la gravité de ce que contient ce pacte budgétaire. De plus, cette décision, essentielle pour l’avenir du pays, risque une nouvelle fois d’être prise sans consultation. L’enjeu est encore plus important que pour le traité de Maastricht il y a vingt ans, qui était déjà une erreur monumentale. François Hollande s’est fait élire en promettant une rupture avec les politiques d’austérité, maintenant nous demandons des actes.

Comment allez-vous procéder ?

PL Nous allons prendre des initiatives dès la fin du mois pour mobiliser toutes les forces de gauche. Des associations comme Attac sont décidées à agir ; des acteurs du monde syndical aussi, et des voix s’élèvent également parmi les socialistes et les écologistes. La fête de l’Humanité sera un grand rendez-vous pour cette mobilisation nationale. Ensuite, il faut qu’un nombre important de parlementaires de gauche s’opposent à cette ratification lors du vote en septembre.

Quel bilan dressez-vous des cent premiers jours de la présidence Hollande ?

PL J’espérais mieux dans l’intérêt des Français. Il y avait une attente de rupture sur les questions sociales. Certes, le style a changé, la brutalité et l’agressivité d’un Nicolas Sarkozy ont disparu, mais cela ne suffit pas. La situation est trop lourde. Il faut que les socialistes s’arment de courage face aux marchés financiers et mènent les réformes sociales pour lesquelles ils ont été élus.

Quel regard portez-vous sur la gestion des crises sociales de l’été ?

PL Les plans de licenciements se sont accélérés ; on pouvait s’en douter. Les industriels ont attendu la fin des élections pour agir. Il y a eu clairement de leur part une volonté de mettre en difficulté le gouvernement. Ce n’est pas nouveau : les grands groupes profitent de l’été pour opérer une casse sociale. En revanche, le gouvernement aurait dû agir plus tôt et plus fort. Arnaud Montebourg a fait beaucoup d’effet d’annonce, mais il n’a pas pris de mesures efficaces.

Quelles sont les propositions du Front de Gauche sur le sujet ?

PL Nous continuons de proposer l’interdiction des licenciements boursiers, et une nouvelle loi pour les droits des salariés. La dernière date de 1982, autant vous dire que depuis, le monde de l’entreprise a bien changé.

Quelle alternative aux politiques d’austérité ?

PL Il faut se donner les moyens de relancer l’industrie, en soutenant les PME, en développant les politiques de filière. Nous devons également mener une relance sociale qui a besoin d’investissements publics. Dans le domaine du logement, de l’emploi, de l’éducation mais aussi de la santé. Mais surtout, ne nous lions pas les mains avec le pacte budgétaire. Nous voyons bien les résultats des politiques d’austérité dans les pays où elles sont menées.

Pierre Laurent est secrétaire national du Parti communiste français, conseiller régional d'Ile de France et président du Parti de la gauche européenne.

 

La stabilité, la coordination et la gouvernance expliquées aux nuls

referendum_europe_2.jpgLe Front de Gauche exige un référendum sur le Pacte budgétaire européen

Alors que François Hollande a mis à l’ordre du jour la ratification par la France du Pacte budgétaire européen, le Front de Gauche s’élève contre la volonté du président de la République de faire passer un texte aux conséquences économiques négatives. Le Front de Gauche demande l’organisation d’un grand débat public débouchant sur un référendum, afin d’informer le peuple et de lui laisser le dernier mot. Le journal L’Humanité lance la pétition.

D’accord, au beau milieu des congés d’été, le sujet n’est pas des plus enthousiasmants… Il apparaîtrait même comme carrément rébarbatif et réservé à une petite élite, apte à comprendre les sujets économiques… Et pourtant…
Le « traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance » (son titre n’étant déjà pas des plus clairs, on l’appellera plus généralement « pacte budgétaire »), qui a prétendument comme objectif de « sauver l’euro, l’Europe et sortir de la crise », rien que ça, et de nous éviter un « chaos économique et social aux conséquences incalculables », comme si on ne l’avait pas déjà… le dit traité aura sans conteste des répercussions non négligeables sur notre vie quotidienne…
Le pacte budgétaire nous concerne tous, et de près. Essai de « décryptage », car les choses sont tellement « cryptées » en effet, qu’on dirait que c’est fait exprès pour qu’on n’y comprenne rien… mais au Front de Gauche, et même en plein coeur de l’été, on ne doute de rien, et surtout pas de la capacité de réflexion du simple citoyen.

L’austérité qu’imposera ce traité ne peut qu’aggraver la situation en contraignant à réduire les déficits publics à 0,5% du PIB. C’est la fameuse « règle d’or » ou la bible de l’austérité budgétaire à perpétuité. Les Espagnols, qui sont un peu en avance sur nous quant à l’application de cette purge austéritaire, mais pas encore tombés complètement au fond du trou grec, manifestent massivement depuis que Bruxelles leur a accordé 100 milliards, qui ne sont bien évidemment destinés ni aux chômeurs, ni aux services publics, mais aux banques.
Si les Espagnols sont en colère, c’est qu’en échange de ces 100 milliards dont ils ne verront pas la couleur, ils sont concernés, en contrepartie, par un « plan d’ajustement structurel », on continue dans le jargon obscur à souhait, plan concocté par le gouvernement, et qui prévoit, entre autres douceurs, la hausse de la TVA, le gel de salaires des fonctionnaires, la baisse des aides au logement des jeunes et la « libéralisation », c'est-à-dire pour parler clairement, la privatisation, du réseau ferroviaire…

On commence à mieux comprendre pourquoi donc ce «TSCG » est caché aux citoyens de l’Europe?et pourquoi ce silence autour d’un texte si important.

Mais qu’est-ce donc dans le détail que ce pacte budgétaire ?

Tout d’abord une contrainte : celle de limiter à 0,5% du produit intérieur brut le déficit du pays. Bon, on n’arrive déjà pas à respecter la limite théorique de 3% et le déficit français actuel s’élève à 4,5%... Pour arriver à le réduire à 3%, il faut trouver 30 milliards. La dette, quant à elle, ne doit pas excéder 60% du PIB. Pour info, elle est actuellement de plus de 86% de notre PIB. A prévoir donc de trouver quelques milliards pour rentrer dans les clous européens, et suivant les exemples grec et espagnol, de réduire drastiquement les dépenses publiques, quitte à enfoncer toujours plus le pays dans la récession économique. Ces mesures doivent être traduites dans le droit national, « au moyen de dispositions contraignantes et permanentes », si possible inscrites dans la Constitution.

Et si ça ne marche pas, ce qui, en général, est le cas ? Que fait-on du mauvais élève ? Des sanctions sont évidemment prévues. « Un mécanisme de correction est déclenché automatiquement si des écarts importants sont constatés par rapport à l’objectif. Ce mécanisme comporte l’obligation de mettre en œuvre des mesures visant à corriger ces écarts » d’après un calendrier fixé par la Commission Européenne.
Rappelons que ladite Commission, indépendante des gouvernements des États membres et actuellement présidée par le Portugais Barroso, joue un rôle particulièrement important tout en n’étant pas directement issue du Parlement européen, élu, lui, au suffrage universel, mais personne, sauf de mauvais esprits, ne verra là un souci démocratique.

C’est donc bien un véritable système de contrôle des politiques budgétaires des États qui est ainsi déterminé. L’automaticité des mesures coercitives permet d’éviter tout débat. On peut aussi dénoncer l’un de ses petits camarades, puisque l’un des Etats de l’UE peut saisir la Cour de justice et demander des sanctions, «?une somme forfaitaire ou une astreinte adaptée aux circonstances » mais ne dépassant pas, ouf, 0,1% du PIB. Deux milliards tout de même, en ce qui concerne la France.

François Hollande avait fait de l’objectif de la renégociation de ce traité l’un des axes essentiels de sa campagne. Parmi ses soixante engagements, la proposition numéro 11 est la «?réorientation de la construction européenne?», qui stipule?: «?Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9?décembre 2011 en privilégiant la croissance et l’emploi et en réorientant le rôle de la Banque centrale européenne dans cette direction?». Le candidat socialiste l’a fortement réaffirmé à plusieurs reprises lors de sa campagne. Or, ce pacte qui met sous la coupe des politiques d’austérité européennes les budgets nationaux reste inchangé. De même que le rôle de la BCE, qui refuse toujours de prêter aux États, mais prête seulement aux banques privées. Certes, le président de la République revendique l’ajout d’un volet croissance. Seulement, sur les 120?milliards d’euros annoncés par François Hollande pour la croissance, l’essentiel était déjà budgété en 2011. Seuls 10?milliards d’euros vont servir à recapitaliser la Banque européenne d’investissement pour de nouveaux projets. La faiblesse de cette somme ne peut masquer l’essentiel, à savoir que le pacte budgétaire européen demeure.

Le Front de Gauche estime qu’il ne peut pas y avoir de ratification parlementaire sans que ces dispositions aient été portées à connaissance des citoyens. Il lance donc la mobilisation en faveur de l’organisation d’un référendum, et promet une mobilisation en masse à la rentrée si le gouvernement refuse la consultation populaire.

Débat public et information du peuple pour lui permettre de prendre sa décision finale sur un sujet qui touche à la souveraineté nationale, le droit de décider du budget de la nation, sont indispensables. Le Front de Gauche se prononce contre la ratification en l’état d’un traité qui aurait des conséquences néfastes sur l’économie française. Alors que le gouvernement veut, fin septembre, faire adopter le traité de stabilité par le seul Parlement dans un package avec d’autres sujets, le Front de Gauche estime que les Français doivent être informés et consultés.

Les responsables du Front de Gauche expliquent pourquoi ils s’engagent dans cette bataille.

Christian Picquet, responsable national de Gauche Unitaire
« Le gouvernement français serait lié par des contraintes budgétaires qui lui interdiraient de mettre en œuvre le programme pour lequel il a été élu. Signer le Pacte de stabilité donnerait une trajectoire à la politique gouvernementale pour le quinquennat, qui serait totalement contraire à ce pourquoi les Français ont voté au printemps. Cela orienterait vers une austérité généralisée avec une baisse des dépenses publiques, une diminution du coût du travail pour alléger les cotisations patronales, au moment où les grands groupes affichent des dividendes insolents. Cette trajectoire là, rien ne la justifie. »

Martine Billard, coprésidente du Parti de Gauche
« Il est donc fondamental d’alerter les citoyens sur la situation et les conséquences concrètes de la ratification d’un tel traité. Il y a urgence, et on va mener cette bataille dès maintenant. »

André Chassaigne, président du groupe de la gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale
« Quelles que soient les conséquences de la décision du Conseil constitutionnel, c’est-à-dire que ce traité soit à inscrire dans la Constitution ou fasse l’objet d’une loi organique, nous défendrons la voie référendaire. L’alternative que nous opposons à ce traité est le changement du statut de la Banque centrale européenne afin qu’elle puisse notamment accorder des prêts directs aux États et disposer de capacités de création monétaire. ?Un fonds européen doit être créé pour financer?un véritable programme de développement économique, social et environnemental. »

Le Front de Gauche a annoncé que ses députés voteraient contre la ratification du traité au Parlement et L'Humanité lance dès à présent une pétition pour un référendum sur le Pacte budgétaire européen.

La ratification ou non du pacte budgétaire européen, concocté par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel et qui demeure tel quel aujourd’hui, sera le premier test de la volonté ou non de la gauche au pouvoir de rompre réellement avec les politiques qui, jusqu’à présent, nous ont amenés, en France comme en Europe, dans le mur de la crise économique, financière et sociale.

Pétition à signer en ligne ou, si votre serviette de plage n’est pas équipée d’une connexion Internet, auprès des militants du FdG les plus proches.
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Le piège de la dette

L’austérité n’est pas la solution pour échapper au piège de la dette

Tribune de Pierre Khalfa, co-président de la Fondation Copernic, co-animateur du Collectif pour un Audit citoyen? de la dette, dans L’Humanité du 3 juillet 2012

La dette publique sert de prétexte à une régression sociale sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. François Hollande a décidé de respecter l’engagement de Nicolas Sarkozy de réduire le déficit public à 3?% du PIB en 2013, puis d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2017, avec pour conséquence des premières coupes drastiques dans les dépenses publiques. Pire, en voulant ratifier le pacte budgétaire, le pacte Merkozy, il condamne la France à une austérité permanente. Trois instituts économiques indépendants, OFCE (France), IMK (Allemagne) et Wifo (Autriche) ont ainsi chiffré à 7 points de PIB sur la période 2010-2013 son impact sur la croissance de la zone euro. Et le simulacre du pacte de croissance n’y changera, hélas, rien.

Pourtant, il est possible de faire autrement. Non, la croissance de la dette publique n’est pas due à une augmentation inconsidérée des dépenses publiques, celles-ci ayant même eu tendance, avant la crise, à baisser. La croissance de la dette publique trouve sa source en deux endroits. Elle est due d’abord à un manque de recettes fiscales. Comme l’a indiqué Gilles Carrez, ancien rapporteur UMP du budget à l’Assemblée nationale, si la fiscalité était restée ce qu’elle était en 2000, la France aurait connu un excédent budgétaire en 2006, 2007 et 2008. Ce sont les cadeaux fiscaux faits aux ménages les plus riches et aux grandes entreprises qui sont à l’origine des déficits publics. Elle est due ensuite au fait que la France a été obligée d’emprunter sur les marchés financiers, au lieu de pouvoir le faire auprès de la Banque de France. Le taux d’intérêt réel auquel la France a emprunté depuis 1980 a été supérieur au taux de croissance, entraînant ainsi une augmentation mécanique de la part de la dette dans le PIB. Ce que les économistes appellent l’effet boule de neige. Nous avons abouti à une situation hallucinante qui voit les banques se refinancer à 1?% auprès de la Banque centrale européenne (BCE) et prêter aux États à des taux nettement supérieurs.

Comment donc sortir du piège de la dette?? Tout d’abord en évacuant les mauvaises solutions. L’austérité n’est pas la solution, elle est le problème. Socialement inacceptable car elle entraîne une paupérisation de la population, elle est économiquement stupide, car elle est porteuse d’une logique récessive qui aggrave in fine les déficits publics et fait gonfler la dette.

Sortir du piège de la dette suppose d’agir à trois niveaux. D’une part, il faut une réforme fiscale d’ampleur qui redonne des marges de manœuvre à l’action publique. D’autre part, il faut une nouvelle politique monétaire afin que la BCE, sous contrôle démocratique européen, puisse financer les déficits publics à très faible taux. Enfin, il faut une réforme profonde du système bancaire afin de reprendre le contrôle des banques qui doivent assurer le financement de la transition écologique, des activités tournées vers la satisfaction des besoins sociaux et l’emploi.

Ces orientations supposent que le gouvernement ait la volonté politique de mener une bataille politique en Europe pour les imposer, en s’appuyant sur les mobilisations populaires qui existent aujourd’hui dans de nombreux pays européens. Force est de constater que le choix de François Hollande n’a pas, hélas, été celui-là.

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Depuis 1998, la Fondation Copernic travaille à « remettre à l’endroit ce que le libéralisme fait fonctionner à l’envers ». Soucieuse de son indépendance et restant par principe hors du jeu électoral, Copernic n’est liée à aucun parti politique, aucun syndicat, aucune association, mais s’adresse à toutes les organisations politiques, syndicales et associatives, et surtout à toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à l’ordre néolibéral.
Par l’intermédiaire de ses groupes de travail (rassemblant des universitaires et des acteurs du mouvement social), dont les conclusions sont éditées sous forme de courts ouvrages argumentés (les Notes et Documents de la Fondation Copernic), Copernic prend part au débat public et tente d’apporter un autre éclairage sur les questions sociales et économiques. Résolument engagée auprès de toutes celles et ceux qui luttent pour une société moins inégalitaire, et de toutes celles et ceux qui en souffrent, Copernic diffuse de courts argumentaires (les Copernic-Flashs) et maintenant des Cahiers, destinés à outiller chacun-e, et pas seulement les militant-e-s, en arguments et en propositions alternatives. Réforme du droit du travail ou de la fiscalité, constitution européenne, réforme de l’assurance maladie, lois sécuritaires, retraites, dépendance, démantèlement des services publics ou de la médecine du travail, campagne pour l’eau publique, pour l’égalité des droits… A chaque fois, Copernic informe, analyse, propose.
Cette année, la Fondation Copernic fêtera ses quatorze ans et continue plus que jamais à croiser les regards de syndicalistes, d’associatifs, de fonctionnaires et d’universitaires, pour « remettre à l’endroit ce que libéralisme fait fonctionner à l’envers ».
Après avoir été à l’origine du collectif « Non à la guerre en Irak », co-animé avec le Mouvement de la paix, après avoir lancé l’Appel des 200 qui amorça la campagne contre le Traité Constitutionnel Européen en 2005, la Fondation Copernic, avec Attac, a fortement contribué en 2010 (près de 500 réunions publiques en 5 mois) à la campagne unitaire pour défendre le droit à la retraite à 60 ans. Elle continue sa campagne « Travailler tue en toute impunité », pour que les employeurs soient enfin rendus responsables des conditions de travail des salariés. Aujourd’hui, Copernic participe au Collectif pour un Audit citoyen de la Dette publique et au Collectif pour un Pôle Public Financier en faveur des droits. Elle a également initié la campagne nationale unitaire actuelle contre le Logement cher, avec le DAL et la Plate-forme Logement des Mouvements sociaux.

 

Débarrassons-nous de la dissuasion nucléaire

Hollande-Bombeducrane150.gifNon Monsieur le Président, la « dissuasion » nucléaire ne contribue pas à la Paix, ni à la sécurité de la France, ni à celle de la planète !

"Je me suis engagé devant les Français pour préserver la dissuasion nucléaire parce que c'est un élément qui contribue à la paix" affirme François Hollande lors d'une conférence de presse en marge du sommet de Rio, en réponse à la proposition de l'ancien Premier Ministre Michel Rocard sur BFM TV de supprimer l'inutile budget de la dissuasion française.

C’est pourtant la théorie erronée de la dissuasion qui demeure le principal argument de la prolifération nucléaire. Car si les armes atomiques sont si bénéfiques que cela, pourquoi dès lors ne pas permettre leur acquisition par tous ?

A contrario, dans le cadre du sommet de l'ONU sur la Terre, le président de la République aurait pu élargir le propos en invitant les puissances nucléaires à s’engager dans un processus d'élimination de l'arme nucléaire pour consacrer les budgets ainsi dégagés aux financements des grands enjeux de la planète : environnement, climat, agriculture, énergie, objectifs du millénaire pour le développement...

Il n’est plus tolérable de continuer, d'un côté, à produire les outils de l'apocalypse, et de l'autre, de ne pas donner les moyens à la sauvegarde de la Planète et à la satisfaction des besoins humains élémentaires (faim, santé, éducation, habitat, culture). Pour le Mouvement de la Paix, la vraie dissuasion, c’est la construction d’un monde plus juste, plus solidaire, plus démocratique. C’est le sens du programme « Culture de la Paix » de l’ONU.

Certes, le président de la République confirme que la France prendra toute sa place dans les négociations et discussions sur le désarmement nucléaire. Le Mouvement de la Paix demande au président de la République de ne pas en rester au verbe et d’engager la France dans le soutien à la Convention d’élimination des armes nucléaires, actuellement soutenue par 146 États. La France se grandirait de jouer un rôle moteur dans ce processus, en respectant les engagements du Traité de non-prolifération bafoués depuis 20 ans en gelant le programme de nouveaux missiles à tête nucléaire M51 et en s'opposant au projet de défense anti-missile des USA en Europe qui relance déjà la course aux armements nucléaires.

Selon le sondage IFOP/Mouvement de la paix, publié en mars 2012 : "81% des français sont favorables à l'engagement de la France dans un processus de Convention internationale d'élimination totale et contrôlée des armes atomiques".

Au moment où on nous annonce qu’il faut d’urgence trouver 10 milliards pour le budget 2013, il y a là près de 4 milliards disponibles en renonçant à la modernisation illégale des armes atomiques françaises.

Le Mouvement de la Paix invite les citoyennes et citoyens à amplifier leur engagement pour sauver la planète de la destruction atomique, et à soutenir la Lettre-pétition au président de la République du Collectif français de la Campagne internationale pour abolir l’arme nucléaire (ICAN – France).

Communiqué du mouvement de la Paix

signer la lettre-pétition

voir le site du Mouvement de la Paix

 

Non au pacte budgétaire, pas d'Europe sans citoyens !

attac.gifVoici une lettre ouverte à François Hollande, initiée par Attac et la Fondation Copernic.

A l'heure où l'Europe vacille sur ses bases, où le "Pacte budgétaire" veut verrouiller l'austérité ad vitam aeternam, et où l'exclusion de la Grèce semble programmée si elle vote "mal", la position française sera absolument décisive. Laurent Fabius a envoyé un mauvais signal en déclarant "On ne peut pas à la fois vouloir rester dans l'euro et ne faire aucun effort" (déclaration sur FranceTV). C'est pourquoi il est indispensable que la société civile française se manifeste fermement auprès de François Hollande, en même temps que d'autres appels et initiatives européens qui sont en gestation.

Lettre ouverte à François Hollande
Non au « Pacte budgétaire », pas d'Europe sans citoyens !

Monsieur le président de la République,
Lors de la campagne électorale, vous avez annoncé votre volonté de renégocier le Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de la zone euro, dit Pacte budgétaire, signé par Nicolas Sarkozy et 24 autres dirigeants européens le 2 mars dernier.
Ce traité durcit et rendrait irréversibles les politiques d'austérité en Europe en interdisant définitivement tout déficit « structurel » supérieur à 0,5%. Le déficit « structurel », notion incompréhensible des citoyens et fort controversée parmi les économistes, sera évalué de façon arbitraire par les experts de la Commission. Le Pacte budgétaire prévoit des sanctions automatiques contre les pays contrevenants, coupant court à tout débat. L'aide aux pays en difficulté, prévue par le Mécanisme européen de stabilité, sera conditionnée par l'application de plans d'austérité, de privatisation et de libéralisation.
Les marchés financiers et les banques, activement soutenus par la BCE, continueraient à imposer leur loi aux gouvernements. L'Europe s'enfoncerait encore plus dans la dépression et le déni de démocratie, et signifierait la misère pour le plus grand nombre. L'extrême droite continuerait à se renforcer jusqu'à imposer ses thèses autoritaires et xénophobes sur les débris de l'Union européenne.
Pour éviter cela vous souhaitez « ajouter un volet sur la croissance » au Pacte budgétaire. La croissance ? Nous ne voulons plus de cette croissance prédatrice et inégalitaire portée par le néolibéralisme. Des appréciations différentes existent parmi nous sur la possibilité et la désirabilité d’une croissance verte. Mais en tout état de cause les mesures d’austérité prises simultanément dans tous les pays ne peuvent qu’aggraver le chômage et bloquer la transition écologique et les dispositions du Pacte de stabilité sont contradictoires avec votre exigence de croissance. Vous savez en outre que les « réformes structurelles » - précarisation du travail, privatisation de la protection sociale et des services publics - sont déjà présentées par la BCE et le FMI comme un passage nécessaire pour « retrouver la croissance ». Pour notre part, nous pensons au contraire que l'Europe doit aujourd'hui porter une ambition sociale et écologique à la mesure des enjeux, en finançant un plan massif pour la préservation des ressources naturelles et la transition énergétique, pour l’emploi et la satisfaction des besoins sociaux. Et qu'elle doit se doter à cet effet de politiques fiscale, budgétaire et monétaire infiniment plus ambitieuses et solidaires.

Vous espérez convaincre Angela Merkel et les autres dirigeants d'introduire des « project-bonds » et « euro-bonds » pour financer des grands projets européens. Mais, même si vous y parveniez, le volume de ces emprunts permettra-t-il de compenser significativement l'énorme impact récessif du Pacte ? Et puisque ces emprunts devront être souscrits auprès des marchés financiers, quelles conditions ceux-ci imposeront-ils ? La mutualisation des dettes européennes, ainsi conçue, ne réduira guère le pouvoir exorbitant de la finance, au contraire. Pour dénouer les liens qui asservissent les États aux marchés financiers, il faut que la BCE puisse racheter massivement les dettes des États membres et financer ceux-ci à des taux faibles pour engager la transition écologique et sociale. Cela implique de corriger une anomalie démocratique : placer la BCE sous contrôle politique des citoyens et de leurs représentants élus. Il faut aussi un véritable budget communautaire et une harmonisation vers le haut des politiques sociales et fiscales européennes. Selon nous, le pacte budgétaire empêcherait d'aller dans ce sens et doit être rejeté. C’est la condition de la nécessaire refondation de l'Europe.

Elle ne peut provenir que d’un que d'un sursaut démocratique des sociétés européennes. C’est pourquoi un débat public s'impose : donner la parole au peuple est un impératif. Des résistances sociales et citoyennes émergent dans de nombreux pays contre les politiques d'austérité. Face à la montée de l'extrême droite il faut d'urgence non pas moins mais plus de participation populaire, plus de démocratie en France et en Europe. Vous pourrez y contribuer en convoquant un référendum pour mettre en débat le traité européen, avec ses éventuels compléments, dont le contenu déterminera l'avenir de l'Europe. Vous donnerez ainsi l'occasion au peuple français d'exprimer ses attentes et d'élaborer ses propositions pour la refondation européenne. Vous encouragerez des démarches similaires dans d'autres pays, pour exprimer la volonté populaire d’un changement en Europe. Vous montrerez que, pour vous comme pour nous, l'Union européenne et l'euro ne retrouveront un avenir que si nous construisons la souveraineté démocratique des peuples européens.
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Un premier signe pour l’école

Communiqué du SNUipp

François Hollande a réservé, le mardi 15 mai, son premier discours de président à l’éducation. L’occasion pour lui de redire ses engagements et d’affirmer ses valeurs pour l’école. Le SNUipp entend rester un interlocuteur attentif et déterminé à faire avancer l’école.

La jeunesse et l’éducation avaient été des thèmes majeurs de sa campagne électorale. Le mardi 15 mai, quelques heures à peine après son investiture, François Hollande a réitéré ses principaux engagements pour l’école au cours d’un hommage rendu à Jules Ferry. Il a renouvelé sa promesse « de recruter 60 000 personnels de l’éducation sur la durée de mon mandat ». Il a également estimé qu’enseigner « nécessite une préparation toute professionnelle » et, s’étonnant qu’on ait pu ces dernières années « oublier » ce principe « de bon sens », a annoncé le rétablissement de la formation professionnelle des enseignants.

La considération de la nation

Le président de la République a estimé que « l’école a besoin de réformes », qu’elle « attend aussi de la considération de la nation, et appelle le soutien de l’État ». Il est temps selon lui, de l’assurer « de ses ressources car on ne peut pas enseigner correctement sans un encadrement suffisant pour nos enfants ». François Hollande a aussi indiqué « que priorité sera donné aux écoles des quartiers populaires, ainsi qu’à celles de certaines zones rurales aujourd’hui abandonnées, oubliées, reléguées ».

Des valeurs et des principes pour une école républicaine

En honorant Jules Ferry qui a été en son temps un ardent défenseur du colonialisme, François Hollande avait suscité la polémique. « Tout homme est faillible et en saluant aujourd’hui la mémoire de Jules Ferry qui fut un grand ministre de l’instruction publique, je n’ignore rien ce ses égarements politiques. Sa défense de la colonisation fut une faute morale et politique elle doit à ce titre être condamnée » a-t-il précisé. Mais le chef de l’Etat s’est avant tout attaché à rappeler les valeurs et les principes qui guideront son action en faveur de l’éducation.

Lutter contre le poids des inégalités sociales

« La société n’est plus la même, les conditions de l’enseignement non plus, mais les principes, eux, demeurent » a-t-il insisté. Disant vouloir adresser « un message de confiance à l’égard de l’éducation nationale », il a salué l’école « comme lieu d’émancipation », réaffirmé sa mission de « préparer toutes les jeunes consciences, d’où qu’elles viennent, quelles que soient leurs origines, quels que soient les lieux où l’école est présente ». Il a aussi appelé de ses vœux l’école de « l’égalité des chances » l’école « qui ne connaît comme critère de distinction que le mérite, le travail et l’effort, car la naissance, la fortune, le hasard établissent des hiérarchies que l’école a pour mission , sinon comme devoir, de corriger voire d’abattre ».

Et maintenant, faire avancer l’école !

D’évidence, le discours tranche avec les paroles et les actes de son prédécesseur. Mais les mesures annoncées suffiront-elles à donner un nouvel élan à l’école ? Ces derniers jours, son “monsieur éducation” durant la campagne, Vincent Peillon, avait notamment annoncé la réalisation d’un état des lieux du système éducatif durant l’été dans la perspective d’une « refondation » du système. La concrétisation de ces projets demande de la confiance et des mesures concrètes.

Une première urgence passe par l’adoption d’un collectif budgétaire pour la rentrée 2012. Très vite, des discussions doivent s’ouvrir afin de revoir la formation des enseignants, le fonctionnement des écoles et les conditions d’exercice du métier, le pouvoir d’achat des enseignants ainsi que les contenus d’enseignement...

Le SNUipp-FSU est déterminé à ce que des mesures concrètes et durables voient le jour dans les écoles : pour la réussite des élèves, le bien-vivre professionnel et la reconnaissance des enseignants.

 

La dynamique Front de Gauche

FdG_assembl_e_.jpgLe débat présidentiel est lancé. On connaissait depuis longtemps le programme du Front de Gauche et de son candidat Jean-Luc Mélenchon, l'Humain d'abord. Les programmes de Madame Le Pen et de François Hollande sont maintenant publiés. Nicolas Sarkozy qui ne peut plus se cacher derrière un habit de président qui lui va si mal révèlera de premières propositions dimanche sur 5 chaines de télévision à la fois. Il est temps que la confrontation des projets se noue.

Sarkozy, vu et revu à la télé
Nicolas Nicolas Sarkozy n'a pas renoncé à continuer à défendre, pendant 5 ans encore, les intérêts de sa bande du Fouquet's. Pour cela, lui qui a tellement cassé les services publics, reconstitue une « ORTF » privée en réquisitionnant 5 chaines de télévision pour s'assurer que personne ne pourra lui échapper. Pas de doute, il fera derrière les mots toujours la même proposition : au peuple de payer la crise du capitalisme financier.

Hollande : un « filet d'eau tiède » ?
François Hollande a continué ce jeudi à faire entendre la musique de gauche qu'il avait entamée dimanche au Bourget.
Mais cette musique reste marquée par deux sons de cloche contradictoires. D'un côté, quelques engagements nouveaux et bienvenus comme la suppression de niches fiscales à hauteur de 29 milliards d'euros profitant aux plus riches et aux grandes entreprises. Mais de l'autre, beaucoup de fausses notes, par exemple sur les retraites où l'engagement du retour à 60 ans reste beaucoup trop partiel, ou encore sur les exonérations de cotisations sociales patronales où il retire d'une main, sur les heures supplémentaires, ce qu'il donne de l'autre, avec le contrat de génération. Lors de l'émission de France 2 il a même cité les nombreuses mesures de la droite qui ne seraient pas abrogées et est resté vague sur les coupes franches qui continueraient de frapper le secteur public et la fonction publique.

François Hollande reste prisonnier d'une contradiction : faire à gauche, en prétendant respecter dans le même temps des engagements de réduction des finances publiques pris par la droite à la demande des marchés financiers. Il y a aussi des impasses inquiétantes, en particulier sur le salaire : comment François Hollande peut il penser qu'on pourra attendre 2 ans avant de redistribuer les richesses alors qu'un salarié sur deux gagne moins de 1 500 € ? Le pouvoir d'achat est loin d'être une priorité : dans son programme de 41 pages, le mot salaire n'y figure pas une seule fois.

La gauche ne gagnera pas en tentant, comme le fait François Hollande, de donner du sens à l'austérité. On ne peut à la fois « rassurer les marchés » et « s'attaquer à la finance ».

Le débat à gauche : une nécessité
Le Front de Gauche propose des solutions concrètes pour sortir de ces contradictions. C'est sur ces solutions qu'il compte continuer à rassembler dans l'intérêt de toute la gauche pour garantir que la politique mise en œuvre demain par une majorité nouvelle soit conforme aux attentes du pays. Il maintiendra jusqu'au dernier jour l'exigence de discussions et de débat pour que la gauche réponde au défi de la crise.

Jean-Luc Mélenchon, candidat commun du Front de Gauche à l'élection présidentielle propose aux millions de Français-e-s de rompre avec l'austérité ultralibérale, de rompre avec la soumission aux marchés financiers et l'injustice sociale. Par sa dynamique, son ambition et ses propositions, le Front de Gauche fait la preuve qu'il est la condition et la garantie de la victoire de la gauche en 2012.

Argumentaire Front de Gauche