Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

Les 3%, ce n’est pas pour maintenant !

Les 3 % de déficit sont inatteignables en 2013, selon le FMI.
Au moment où les députés viennent de voter le traité européen qui renforcera l’austérité, le FMI estime que la faible croissance attendue l’an prochain aura un effet sur le déficit public, qui atteindrait 3,5 % du PIB au lieu des 3 % prévus par le gouvernement. Une hypothèse qui conforte les doutes sur la priorité absolue donnée à la réduction des déficits.

Les craintes exprimées ces dernières semaines par certains responsables socialistes, sur l’infaisabilité d’une réduction des déficits publics à 3 % du PIB dès l’an prochain, sont confirmées par les dernières prévisions du Fonds monétaire international. Selon l’institution, la France afficherait un déficit public de 3,5 % en 2013, et de 4,7 % en 2012, contre 4,5 % espérés par le gouvernement. En cause, une révision à la baisse de la croissance par rapport aux hypothèses sur lesquelles se fonde le ministère des Finances pour établir ses prévisions de recettes fiscales et de dépenses. Pour la France, le FMI prévoit désormais une croissance économique de 0,1 % cette année contre 0,3 % attendu par le gouvernement, et surtout de 0,4 % seulement en 2013, moitié moins que le chiffre retenu dans le projet de loi de finances (0,8 %).

En conséquence, le FMI table sur des recettes fiscales moindres qu’espérées l’an prochain, ayant pour effet de faire repartir à la hausse le déficit budgétaire. Une mauvaise nouvelle pour le gouvernement Ayrault qui a tout fait pour convaincre les députés PS récalcitrants de voter, le 9 octobre, le traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, le TSCG. Celui-ci prévoit en effet un seuil de déficit maximal autorisé de 0,5 % du PIB. Une contrainte qui paraît d’ores et déjà hors d’atteinte en temps de croissance très faible, voire nulle comme ce fut le cas lors des trois derniers trimestres.

Le 23 septembre, Claude Bartolone, président PS de l’Assemblée nationale, pourtant favorable au traité budgétaire, avait déjà plaidé pour un assouplissement des objectifs de réduction des déficits, estimant que celui de 3 % pour l’an prochain est « intenable ». Pour lui, il appartient à la Commission européenne, qui contrôle que l’État se soumet bien à ses obligations, selon l’article 8 du TSCG, « de dire qu’on ne peut pas demander le même effort aux pays européens lorsqu’il y a de la croissance et lorsqu’il n’y en a pas ».

Mais un problème demeure. Le traité voté par les députés ne prévoit pas cette éventualité, contrairement à ce que ses défenseurs prétendent. En effet, il stipule qu’« un mécanisme de correction est déclenché automatiquement si des écarts importants sont constatés par rapport à l'objectif », avec « l'obligation » de « mettre en œuvre des mesures visant à corriger ces écarts » (article 3, paragraphe 1, point e du TSCG), « y compris en cas de circonstances exceptionnelles » (article 3, paragraphe 2) comme une « grave récession économique » (article 3, paragraphe 3, point b). En clair, si le scénario du FMI se vérifie, la Commission sera fondée à demander de nouvelles mesures d’austérité à la France plutôt que de lui accorder un peu d’oxygène pour relancer son économie.

Au-delà, les prévisions du FMI confirment ce que de nombreux économistes redoutent : à savoir que l’austérité pèse sur la croissance qui pèse à son tour sur les comptes publics. Après les deux plans d’austérité Fillon l’an dernier, et malgré l’effort sans précédent annoncé par le gouvernement de 30 milliards d’euros pour ramener le déficit à 3 % pour 2013, ce dernier ‘‘déraperait’’ à nouveau.

C’est ce que dit à sa façon l’OFCE. Dans sa note de juillet 2012 sur « l’évaluation du projet économique du quinquennat », il rappelait en effet que « les résultats que l’on peut attendre d’une politique qui comporte une forte restriction budgétaire (puisque l’on réduit les déficits publics) dépendent largement de la valeur du ‘‘multiplicateur budgétaire’’, indicateur qui mesure l’effet sur le PIB des mesures budgétaires. » En d’autres termes, il soulignait l’impact, trop souvent négligé, que produit une restriction des dépenses sur la croissance économique, et les conséquences que cela entraîne sur les recettes fiscales, et donc sur le niveau des déficits publics.

L’entrée dans une spirale infernale à la grecque ?

Infos Huma.fr

 

La Grèce ou l’alpha et l’oméga d’une situation inextricable….

... si l’on continue à suivre les conseils de l’Union Européenne et du FMI.
Partie III

Pourquoi on ne peut s’en sortir sans croissance ?

Quel lien entre la situation de Grèce, la situation de la France et notre campagne de terrain ?

1 - Il est clair que la situation de nos finances n’a rien à voir avec la situation grecque. Mais on voit bien les conséquences des mêmes politiques d’austérité menée. La croissance est atone en France et en Europe.

2 - Quelles doivent donc être nos priorités ?
- D’abord, partager les richesses. Le salaire médian s’élève à 1300 euros. Six millions de salariés gagnent moins de 750 euros. Le taux de chômage dans le Val d’Oise s’élève à 9,4%.

Nous poussons pour des mesures fortes comme un smic à 1700 €, un revenu maximum dans les entreprises, une révolution fiscale.

- Ensuite, l’emploi. Pour cela, il faut utiliser autrement l’argent. Il faut mette en œuvre une nouvelle politique du crédit bancaire en faveur de l’économie réelle : avec l’appui d’un pôle financier public, sous contrôle social, qui accorderait aux PME des prêts à des taux d’autant plus bas que leurs projets seraient riches en emplois, en salaires, en formation.

Voilà qui nous permettrait de développer l’emploi en favorisant une relance économique, de répondre aux immenses besoins sociaux qui sont les nôtres en matière de santé, de logement, d’éducation ainsi qu’aux défis écologiques, qu’il nous faut résoudre.

3 - Et qu’on ne nous dise pas que " de l’argent, il n’y en a pas ".

La banque centrale européenne vient de prêter aux banques 1000 milliards d’euros au taux de 1%. De leur côté, les grands groupes du CAC 40 ont annoncé en mars lors de la tombée de leurs comptes 2011, disposer de 75 milliards en trésorerie… !

4 - C’est la substance des messages que nous portons sur le terrain de la 6ème circonscription.
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2012 : La Grèce en lutte comme l’Espagne de 1936 pour les peuples d’Europe !

gr_ce__22.jpgCe discours de Sonia Mitralia, membre du Comité grec contre la Dette et de l’Initiative des Femmes contre la Dette et les Mesures d’Austérité, a été prononcé au meeting de Marseille du 17 février, organisé par la campagne française " pour un audit citoyen de la dette publique".

Le cours de l’histoire s’accélère et les événements cataclysmiques des derniers jours en Grèce doivent désormais convaincre même les plus hésitants : La Grèce tend à devenir aujourd’hui pour cette Europe de 2012 ce qu’a été l’Espagne pour l’Europe de 1936 ! Cette constatation apparemment osée n’est pas le fait de quelques romantiques. Non, c’est le fait de nos gouvernants car ceux qui nous l’assènent à longueur de journée depuis bientôt deux ans, ce sont ceux d’en haut, les Merkel et Sarkozy, le FMI et les banquiers, la réaction néolibérale par-delà les frontières nationales, ceux qui ont choisi de transformer la Grèce en laboratoire de leurs politiques inhumaines et les grecs en cobayes de leur thérapie de choc.

Il est plus que temps que nous, ceux et celles d’en bas de toute l’Europe, prenons à la lettre ce que nous disent nos Merkozy et leur Troika, et que nous agissons enfin en conséquence. Acceptons le défi et répondons leur que désormais, sans tarder, la Grèce va devenir un cas/test pour nous aussi, pour le mouvement des travailleurs, pour les mouvements sociaux et féministes, pour les peuples et les exploités de toute l’Europe ! Oui, faisons leur comprendre que Oui, nous sommes tous des grecs car, nous sommes pleinement conscients que le combat du peuple grec est plus que jamais notre combat. Que s’ils arrivent à briser les résistances et à soumettre le peuple grec, après ce sera notre tour, le tour de tous les autres peuples européens, l’un après l’autre, de passer à la trappe.
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Peut être vous vous souvenez qu’au tout début ils nous racontaient des balivernes du genre « c’est un cas unique et spécifiquement grec dû au fait que ces grecs sont des fainéants, rompus à la corruption et au mensonge » Cependant depuis lors, on a appris que le trou noir de la dette n’est pas spécifiquement grec, qu’il n’est pas dû à la prétendue hypertrophie de l’État grec, car il est aussi bien américain que français, italien que japonais. En somme, qu’il est typiquement capitaliste et sa crise tout simplement systémique.

Mais, attention aux phrases toutes faites et aux clichés parce qu’ils sont inopérants pour décrire l’actuelle réalité grecque. Peut-on encore parler d’austérité même draconienne quand les salaires et les pensions baissent en Grèce de 40, 50 ou même de 60% ? Quand le pouvoir d’achat de l’écrasante majorité de la population est déjà amputé de 50, 60, ou même de 70% et plus ? Quand la classe moyenne de ce pays est ruinée et en voie de paupérisation galopante ? Quand les nouveaux salariés ne touchent plus que 417 euros et les nouveaux pensionnés 320 euros ? Est-ce de la simple « rigueur » quand un sur deux jeunes grecs est chômeur et le chômage atteint désormais 25% ? Comment peut-on parler des simples? « sacrifices passagers » quand la malnutrition fait des ravages parmi les petits élèves de l’école primaire, et la faim pointe le nez dans les quartiers même petit bourgeois des villes grecques ?

gr_ce_33.jpgEt comment peut-on prétendre que tout ça c’est « nécessaire pour mettre de l’ordre dans les finances » de la Grèce quand les bourreaux eux-mêmes admettent cyniquement que leurs politiques imposées de force à la Grèce ont échouées, ne font qu’enfoncer ce pays toujours plus profondément dans une récession monstrueuse et que la dette grecque ne pourra jamais être remboursée ? Alors, simple sadisme de la tristement célèbre Troïka ou plutôt guerre ouverte et déclarée du capital contre le monde du travail ? La réalité quotidienne nous oblige à l’admettre : Oui, nous en Grèce nous assistons à une véritable guerre de ceux d’en haut contre ceux d’en bas, des très riches contre tous les autres. Et en même temps, ne l’oublions pas car c’est très grave, nous assistons à la résurrection du pire néocolonialisme quand nous voyons la Grèce humiliée et dépourvue de pratiquement toute souveraineté nationale, traitée pas ses prétendus partenaires européens comme une véritable colonie, un protectorat sous tutelle, dirigée sur place par un quelconque Gauleiter de Madame Merkel et de Monsieur Schäuble.?

gr_ce_44.jpgEt les grecs eux-mêmes, que font-ils ? Attention, ne croyez pas ce qu’on vous raconte des grecs. Vos médias sont comme les nôtres : la réalité qu’ils nous décrivent est totalement irréelle. Nous parlant de la Grèce actuelle, ils insistent sur le fait qu’il y a à Athènes un gouvernement d’Union Nationale appuyé par les quatre cinquièmes des représentants du peuple grec. Donc, si on les croyait on arriverait à la conclusion que les grecs sont plutôt maso et adorent être maltraités? Évidemment, la réalité est toute autre. Une douzaine de grèves générales en moins de deux ans, d’innombrables luttes et grèves très dures dans tout le pays, un climat presque insurrectionnel depuis des mois, un mouvement des Indignés -les Aganaktismeni grecs- qui a balayé toute la Grèce pendant 3 mois, des affrontements très violents avec les forces de répression déchaînées, des ministres et des députés qui n’osent plus sortir de chez eux depuis 10 mois car ils sont hués ou même tabassés par les passants, un parlement assiégé de plus en plus fréquemment par des centaines des milliers de manifestants qui tôt ou tard vont le prendre d’assaut,? voilà un bref aperçu de ce qu’est devenue la routine presque quotidienne en Grèce depuis de longs mois.

Mais tout ça ne représente que des secousses prémonitoires du très grand séisme social qui est en train de se préparer. En effet, un coup d’oeil plus attentif suffirait pour qu’on découvre que la colère populaire bat actuellement des records historiques, que le pays est comme un volcan social prêt à exploser. D’ailleurs, les sondages qui se multiplient sont tous éloquents. L’appui populaire à ce gouvernement dit d’Union Nationale ne dépasse plus le 8% tandis que l’ensemble des partis à la gauche du PASOK social-démocrate font un score dépassant désormais les 50% ! Tout change à une vitesse hallucinante et le paysage politique grec subit un véritable chambardement sans précédent parce que des pans entiers de cette société sont à la recherche des solutions radicales à la crise et à leur paupérisation galopante. Vous voulez un exemple qui illustre parfaitement cette situation tout à fait exceptionnelle, qui ressemble de plus en plus avec ce qui se passait dans un certain entre deux guerres dans notre continent ? Le PASOK qui, il y a deux ans, a fait un triomphe gagnant les élections avec le score-record de 45%, obtient maintenant, selon tous les sondages, moins de 10% tandis qu’un groupuscule de tueurs néonazis atteint depuis peu les 3% ! Oui, la société grecque est déjà en train d’expérimenter sa propre République de Weimar?.

grece_111.jpgAlors, que faire ? La première chose c’est de crier haut et fort que les grecs ne doivent pas payer cette dette qui les étrangle et qui n’est pas la leur. Qu’on doit suspendre tout de suite son paiement. Pourquoi faire ? Pour faire ce que nous oblige de faire le droit international, l’ONU, nombre de conventions internationales signées d’ailleurs par nos gouvernements : Pour investir les sommes astronomiques consacrées maintenant au service de cette dette, à la satisfaction des besoins élémentaires de la société grecque, à la santé, l’éducation, les infrastructures, les services publics, les chômeurs, les gosses affamés, les familles monoparentales, les malades et les infirmes, les femmes qui sont maintenant contraintes d’assumer gratis et en famille toutes ces taches assumées par les services publics avant leur démantèlement et leur privatisation.

Pour combien de temps ? Pour le temps qu’il faudra pour réaliser un audit citoyen de la dette afin d’identifier sa part illégitime qu’il faudra annuler et ne pas payer. Et tout ça en refusant obstinément de tomber dans le piège des chantages de nos bourreaux qui nous répètent à longueur de journée qu’une telle politique radicale mène automatiquement le pays à la sortie de l’euro et de l’Union Européenne, à un repli national obligatoire?.

Non, non et non. Nous refusons de payer cette dette et en même temps nous restons dans la zone euro. Et la raison principale est simple : parce que nous voulons nous battre avec vous, tous ensembles, la main dans la main avec tous les peuples et tous les travailleurs de ce continent, pour foutre en l’air cette Europe du capital, des Merkel et des Sarkozy. Parce que nous voulons créer et amplifier ce qu’on appelle la « crise systémique » de cette Union Européenne antidémocratique et antisociale des riches. Oui, il n’y a désormais qu’une seule perspective, la seule réaliste et faisable, celle du combat commun de ceux d’en bas partout en Europe. Camarades, c’est maintenant plus que jamais que l’union fait la force. Unissons-nous car tous ensembles nous pouvons toujours changer ce monde qui est en train de pourrir. Avant qu’il ne soit pas trop tard?.

Et rappelez-vous : Si ce n’est pas nous, alors qui ? Si ce n’est pas maintenant, alors quand ?...

 

Refusons la « règle d’or » sarkozyenne

pierre_laurent_8.JPGComment mettre en échec la récession à venir??

Dans le courrier qu’il vient d’adresser aux parlementaires, daté du 26?juillet, Nicolas Sarkozy plaide avec enthousiasme en faveur des récentes décisions du sommet de Bruxelles concernant la crise grecque et une gouvernance économique européenne renforcée.

Il appelle les députés et les sénateurs français à s’unir «?comme un seul homme?» sur ces bases en vertu des intérêts supérieurs de la nation de «?maîtrise?» des dépenses publiques.

Tout le monde a parfaitement saisi son appel à adopter sans discussion la «?règle d’or?» qui permettrait d’inscrire dans la Constitution la politique d’austérité et d’injustice sociale que son gouvernement mène au bénéfice des marchés financiers depuis son élection à la présidence et que les gouvernements européens renforcent dans toute l’Europe sous le contrôle de la BCE, du FMI et de l’Union européenne.

Pour le Parti communiste français, les choses sont claires?: il est hors de question de prêter la main à l’adoption de ce projet injuste, inefficace, contraire à l’intérêt général et à la souveraineté de notre pays. Nos parlementaires ne voteront pas ce projet que nous combattons avec détermination avec toutes les forces du Front de gauche et leur candidat commun à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon.

Face à la crise très grave des dettes publiques en zone euro, le sommet extraordinaire de l’Eurogroupe du 22?juillet dernier a, en réalité, décidé de sauvegarder les intérêts financiers des grands créanciers au détriment de celui des peuples, des salariés. Cette réunion n’a surtout rien changé ni à l’orientation de la politique monétaire de la Banque centrale européenne ni à la sélectivité du crédit bancaire. Nicolas Sarkozy et ses homologues européens ont fait le choix de ne pas frapper les spéculateurs qui sont pourtant à l’origine de la crise financière.

Ainsi, le principe d’une taxation bancaire a été rejeté. Certes, les taux d’intérêt des prêts consentis vont être abaissés et leur durée rallongée pour maintenir la tête du débiteur grec hors de l’eau sans le sauver de la noyade. Mais la possibilité d’un «?défaut de paiement sélectif?» de la Grèce est maintenue, avec le risque de nouveaux acharnements spéculatifs des marchés financiers contre elle, mais également contre d’autres pays considérés comme «?fragiles?», parmi lesquels l’Espagne, mais aussi l’Italie et ses 1?900?milliards d’euros de dette publique.

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), doté de 440?milliards d’euros en mai?2010 pour reprêter aux États en difficulté de l’argent qu’il emprunte sur les marchés financiers avec la garantie de chaque pays membre de l’euro, voit son rôle très accru.

Avec le nouveau plan de 160?milliards d’euros décidé pour la Grèce, le FESF tend à devenir, à côté de la toujours très monétariste BCE, le pivot d’un projet de fuite en avant vers l’endettement public massif sur les marchés financiers de toute la zone euro, prise comme un tout.

Or un premier épisode, ouvert au printemps 2010, de cette fuite en avant au service de la domination des marchés financiers vient, pourtant, de se conclure en débouchant sur un fiasco.

Le premier plan dit de «?sauvetage?» de la Grèce, auquel les députés communistes et du Parti de gauche ont été les seuls à s’opposer au Parlement, a brisé la croissance de ce pays, provoqué l’explosion du chômage et l’écrasement des salaires réels (– 8,9?% entre?2008 et?2011), aggravant le déficit budgétaire (+?6?% de 2008 à 2011) et accentuant, en pratique, l’accumulation des dettes, malgré les énormes sacrifices imposés au peuple et le bradage des atouts nationaux avec les privatisations, la casse des retraites… La dette publique de la Grèce qui était de 105?% de son PIB en 2008 approche, désormais, 150?%?! Et voilà dans quelle voie on propose de nous enfoncer.

Ces décisions soumettent tous les peuples de l’Union européenne à ce chantage alors que cinq jours à peine après le sommet, les agences de notation annoncent déjà la forte probabilité de baisser les notes de l’Italie et de la France. N’est-il pas grand temps de changer radicalement de logique et de cesser le sacrifice des économies nationales au profit des spéculateurs??

L’adoption de la règle d’or qui soumettrait constitutionnellement tous nos budgets aux exigences des marchés financiers serait une folie. Le remboursement des marchés serait garanti tandis que cette règle obligerait à sacrifier nos salaires, nos retraites, notre protection sociale, nos systèmes publics d’éducation et de santé. Ce serait l’austérité à perpétuité et l’incapacité pour notre économie de se relever.

C’est cette voie que notre peuple a refusée par référendum en 2005. Si les partisans de la règle d’or sont convaincus que les Français ont changé d’avis depuis, qu’ils osent la soumettre au suffrage universel?!

Si le président de la République par peur du suffrage universel décide d’obtenir ce changement constitutionnel en convoquant tous les parlementaires en Congrès, pas une voix ne doit manquer à gauche pour empêcher l’adoption de ce projet.

Les communistes appellent toutes les femmes et tous les hommes de progrès à se mobiliser pour mettre en échec cette récession programmée et ce déni de démocratie. Ce rejet doit être l’occasion pour toutes les forces de gauche de s’engager fermement à renoncer à cette politique d’austérité suicidaire et à promouvoir des choix nouveaux de développement social et écologique en France et en Europe.

La France ne doit pas seulement se battre pour une solution juste et solidaire au défi de la dette en Europe mais elle doit agir pour émanciper l’Union européenne de la dépendance des marchés financiers en retrouvant à tous les niveaux, national et européen, la maîtrise publique de la finance et du crédit, en taxant les banques et les profits financiers, en changeant le rôle et les missions de la BCE, en relevant les salaires et en développant les services publics. La France pourrait agir pour remplacer le Fonds européen de stabilité financière, qui soutient les marchés, par un Fonds européen de soutien au développement social et solidaire des pays européens.

Le Front de gauche, avec le Parti communiste et ses partenaires, est déjà pleinement mobilisé pour mener cette bataille. Nicolas Sarkozy lance un défi à toute la gauche en cherchant à faire la démonstration qu’il n’y a pas d’alternative à sa politique. Relevons ce défi. Une autre politique est possible?!

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français

 

Non, Monsieur Strauss-Kahn n’est pas le sauveur de la Grèce !

Médias et éditorialistes, redescendez sur terre : Non, Monsieur Strauss-Kahn n’est pas le sauveur de la Grèce !

La tragédie où nous plonge le mauvais thriller new-yorkais de Dominique Strauss-Kahn dépasse la personne, la perversité diabolique des intérêts conjugués ou l'irrationalité des comportements humains, et évidemment le respect de la présomption d'innocence. Les collisions de l'actualité - inculpation du directeur général du Fonds monétaire international (FMI), restructuration de la dette grecque, perspectives de l'élection présidentielle française - posent la question de la cohérence de la politique financière mondiale et de ses incidences sur l'avenir des nations. La Grèce en est un exemple caricatural.

Le premier ministre socialiste grec, Georges Papandréou, poursuit le chemin de croix imposé par les instances mondiales, FMI en tête, pour tenter de redresser les finances publiques de son pays. Il y a du paradoxal chez cet homme de gauche à s'atteler à la correction d'errements politiques, pratiqués depuis des décennies, par des moyens qui relèvent en général des gouvernements les plus conservateurs : baisse de salaires, recul de l'âge de départ à la retraite, gel des pensions, augmentation de la TVA, allongement de la durée du travail, et surtout arrêt du recrutement de fonctionnaires et fermeture de services publics.

La liste est longue de mesures impopulaires, qui auraient en d'autres temps entraîné des manifestations énormes, des surenchères de syndicats surchauffés et des provocations d'extrémistes incontrôlables. Mais elles paraissent tomber sur un peuple frappé de stupeur et d'atonie devant la crise, peut-être convaincu de la justesse de la ligne de son leader, quand il déclare que c'est le pays qu'il faut restructurer et pas la dette.

Le risque, c'est que, à ce régime, le malade ne meure avant même d'avoir été guéri. Que les dirigeants grecs successifs et les élus, de droite comme de gauche, aient multiplié les prébendes inutiles dans les bureaux d'une fonction publique pléthorique, est indéniable. Elles ne compensent pas pour autant le manque criant de personnels qualifiés dans les services sociaux, médicaux, scolaires ou de la protection civile et dans la maintenance élémentaire de la sécurité dans les espaces publics. On n'est pas sûr d'ailleurs que la réduction drastique des ressources budgétaires tarisse des pratiques perverses aussi vieilles que la renaissance de l'État néohellénique.

Faire rentrer les impôts, c'est bien. Encore faudrait-il que l'argent tourne, et que les magasins ne ferment pas les uns après les autres dans les rues les plus commerçantes des villes grecques. C'est vouloir ignorer que la consommation des ménages fut le moteur de la croissance bien réelle du pays pendant des lustres. Et que dire de ces libéraux convaincus, qui admettent en privé qu'ils verraient bien un gouvernement autoritaire remettre de l'ordre dans le pays et dans l'immigration clandestine. L'erreur stratégique du FMI et de ses dirigeants est en l'occurrence de n'avoir pas compris qu'il ne fallait pas affaiblir l'État, mais le fonder, pas assécher l'innovation sociale, mais la réorienter.

Le FMI et son directeur général répétaient à l'envi que la réduction du déficit public est une nécessité première des Grecs, comme demain de nos concitoyens. Or, loin de désendetter les générations futures, elle plombe leur avenir, si elle consistait à réduire les dépenses d'éducation, de santé, et les chances d'emploi dans l'économie réelle. Si le destin d'un homme peut convaincre que l'impasse dans laquelle s'enfonce la nation grecque dépasse le sort de ce pays, qu'elle témoigne d'un échec plus profond de la gauche européenne à proposer un modèle alternatif de croissance et de redistribution plus équitable du profit matériel et culturel, alors, le drame du héros n'aura pas été vain.

Puisque les socialistes veulent en 2012, non seulement gagner la présidentielle en France, mais "changer de civilisation", il est encore temps de ne pas confondre rigueur nécessaire et rigorisme financier ordinaire, rationalité économique supposée et logique de fonctionnement des sociétés.

Guy Burgel, professeur à l'université Paris- Ouest-Nanterre-la Défense, auteur du "Miracle athénien au XXe siècle" (CNRS Editions, 2002)
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Le soldat grec

Portugal_.jpgDe la rigueur encore et toujours pour la Grèce.. Un nouveau plan de rigueur se met en place, faisant suite à un ... plan de rigueur de quatre ans. Le premier ministre grec Papandréou (socialiste, il me semble ...) l’a annoncé cette semaine. Il faut économiser 26 milliards d’euros s’ici à 2015. Le déficit (15,5% du PIB en 2009, 10% en 2010) devrait être de seulement 1% en 2015. Le tout pour convaincre les sacro-saints marchés que le pays peut s’en sortir.

La recette est simple, mais certainement douloureuse : un plan de privatisations pour récupérer 15 milliards en trois ans, à la demande de l’Union Européenne et du FMI (dirigé par un certain Strauss Kahn, socialiste, je crois…)

En 2010, les Grecs ont vu baisser leurs salaires, reculer l’âge de la retraite, baisser le niveau des pensions et augmenter la TVA. Cela n’étant pas suffisant, le gouvernement grec va continuer dans la même voie : réduire encore les salaires, allonger la durée de travail des fonctionnaires de 37 heures 30 à 40 heures. Des écoles, des hôpitaux vont fermer. L’eau, le gaz, l’électricité, la poste, les chemins de fer vont être privatisés. Des ports, des aéroports et autres lieux touristiques pourraient être concédés au privé. Devant ces perspectives peu réjouissantes, cela grince un peu des dents du côté du Pasok au pouvoir. Des députés et même des ministres ont fait connaître leurs désaccords.

Résultats du premier plan de rigueur : le taux de chômage grec a dépassé les 15% en janvier et la Grèce connaît sa troisième année consécutive de récession. Mais les taux d’intérêt de la dette grecque s’envolent : plus de 13% au moment de l’annonce du plan d’austérité, qui n’est donc pas cruel pour tout le monde.

Le but n’est pas ici de « sauver » les Grecs, mais bien les banques, y compris les banques françaises, qui empruntent à 1% auprès de la BCE des sommes qu’elles prêteront ensuite à 13…

Le Portugal s’engage sur le même chemin. Les représentants de l'Union Européenne et du FMI, toujours eux, entament à Lisbonne des négociations politiques avec les autorités portugaises pour définir le montant, et surtout les conditions, d'un plan de sauvetage financier qui doit être conclu d'ici la mi-mai.

L'Union européenne comme le FMI se sont déjà dits prêts à aider le Portugal, mais à la stricte condition que Lisbonne adopte un "programme d'ajustement" d'un montant estimé à environ 80 milliards d'euros et qui sera assorti de mesures d'austérité qualifiées d’ «ambitieuses », ce qui veut tout dire, surtout pour ceux qui vont les subir.

L’année 2011 sera particulièrement dure avec la baisse des salaires dans la fonction publique, des coupes dans les aides sociales, l’éducation, la santé, ainsi qu’une hausse de deux points de la TVA et la réduction des aides à l’emploi.

Le Portugal connaît une désindustrialisation massive. Le secteur industriel représente aujourd’hui 17% du PIB contre 27% il y a une dizaine d’années. Le pays ne produit plus suffisamment. Le niveau d’éducation et de formation est très bas, d’où le désastre que représentent les coupes annoncées dans l’éducation. Le chômage flambe officiellement à 11%. 18% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Le plan gouvernemental ne saura qu’aggraver la misère. Les difficultés de Lisbonne comme celles d’Athènes ne peuvent que s’accroître. Les coupes dans les salaires et les dépenses publiques vont en effet réduire demande et consommation intérieure. Cela ne va pas manquer d’assécher les rentrées fiscales, et donc d’aggraver encore la situation financière des pays.

« Ce n’est pas le soldat grec qu’il s’agit de sauver, c’est le taux de profit » lisait-on dans l’Humanité en 2010. Aujourd’hui, le soldat est portugais, mais cela n’a rien changé à l’affaire…

Est-ce le programme pour la France de D. Strauss Kahn, qui pourrait être candidat à l’élection présidentielle, d’après ce que dit sa femme ?

 

Petite leçon d’économie n°8

petite_le-on_3.jpgAnnonce du programme du PS, notre analyse critique et nos propositions

Le Conseil européen des 24 et 25 mars derniers a décidé d'imposer aux peuples au moins 10 années supplémentaires d'austérité budgétaire, salariale et sociale, avec le pacte de compétitivité dit "de l'euro" et des reculs de la démocratie.

Les États en difficulté se verraient imposer les recettes du FMI, tandis que l'instrument censé les secourir – le Mécanisme européen de stabilité (MES) – servirait de ressort pour un nouvel endettement public européen massif, prenant le relai de l'endettement privé qui a explosé en 2008, pour soutenir l'accumulation capitaliste, de Berlin à Paris, avec un "euro fort". De quoi dynamiter le modèle social européen !

Dans ce contexte, la montée en France du Front national peut préparer, pour 2012-2013, un scénario à trois avec une droite radicalisée tentée de se rapprocher du FN, jusque dans la possibilité de désistements réciproques aux législatives, et le risque corollaire d'un gros "vote utile" PS, dès le 1er tour de la présidentielle et, plus encore, aux législatives.

Face au consensus européen droite-PS, le FN développe un dangereux "social nationalisme" avec sortie de l'euro et préférence nationale.

Le PS, dans son nouveau programme, cache son consensus européen et tient un discours social national à gauche. Il parle pouvoir d'achat, encadrement des loyers et tarifs sociaux de l'énergie. Mais, pas de coup de pouce au Smic en 2012 et pas d'augmentation générale des salaires. Il veut limiter la croissance de la masse salariale de la fonction publique à celle des prix, continuer les exonérations de cotisations sociales patronales et multiplier les emplois précaires à bas coût salarial avec les "emplois jeunes" qui peuvent, cependant, faire illusion.

Il parle de redressement industriel national, alors que la Banque publique d'investissement censée appuyer ce volontarisme ne serait qu'un fonds souverain impliquant les régions dans le soutien de la rentabilité financière.

Mais on ne trouve rien sur le changement des relations banques/entreprises, rien sur une nouvelle sélectivité du crédit (modulation à la baisse du coût des prêts aux entreprises selon l’importance du nombre et de la qualité des emplois prévus dans leurs projets), rien sur la politique de refinancement des banques par la BCE pour inciter à développer l'emploi et la formation avec l'investissement, rien sur une utilisation alternative de sa création monétaire pour un grand essor des services publics, comme le proposent le PCF et le Parti de la Gauche Européenne avec un "Fonds de développement social européen". Au contraire, le PS envisage une croissance 2012-2017 des dépenses publiques très inférieure à celle de l'ensemble de l'économie.

C'est dire notre responsabilité pour que le Front de Gauche puisse peser effectivement avec des idées suffisamment cohérentes et alternatives pour démasquer le FN et bousculer le PS hors de son ancrage au traité de Lisbonne.

Face à cela justement, il ne va pas suffire de slogans sommaires et pas aussi radicaux qu'ils semblent, comme le salaire maximum, que le PS a repris, ou les 195 milliards qu'il suffirait à l'Etat de reprendre et redistribuer. Sur ce terrain là, Besancenot sera meilleur…

Aussi, nous aurons besoin de tout le potentiel de nos propositions, liant de façon radicale et crédible objectifs sociaux en tête desquels la sécurisation de l'emploi et l'expansion des services publics, nouveaux pouvoirs, et moyens financiers, en France et en Europe, jusqu'au niveau mondial.

Yves Dimicoli, Nicolas Marchand (extraits du débat au Conseil national du PCF, vendredi 8 avril 2011)
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Le FMI de DSK

Le FMI et son directeur DSK, vu par le Parti de gauche ( extraits d’un article de Sacha Tognolli, responsable du réseau jeunes du Parti de gauche)

Le FMI est une organisation internationale vouée à organiser le démantèlement de l’État et à prescrire des traitements de choc aux pays qui refusent le culte de la main invisible du marché?!

Venons-en plus particulièrement à l’action du FMI depuis que DSK en est le directeur. Si on se souvient de son action récente et désastreuse pour le peuple grec, les médias se font peu l’écho des ravages du FMI en Europe de l’Est. En 2008 et 2009, celui-ci est intervenu dans cinq pays européens?: la Hongrie, la Lettonie, l’Ukraine, la Roumanie et la Serbie. Bafouant la souveraineté populaire, le FMI est seul maître à bord. C’est lui qui propose les mesures d’austérité et qui en contrôle l’application. Avec toujours les mêmes remèdes libéraux?: réduction des dépenses publiques, baisses drastiques des salaires des fonctionnaires, suppressions de postes de fonctionnaires, augmentation de la TVA, privatisation des services publics, hausse des loyers… et la liste est loin d’être exhaustive?!

Et le résultat?? Toujours le même?! Cette politique de contraction économique provoque des crises sans précédent dans tous ces pays. Ainsi, en Lettonie, l’ampleur de la dépression dépasse celle des États-Unis en 1929?! Avec l’appui des gouvernements sociaux-démocrates et conservateurs, le FMI a donc décidé de faire payer aux peuples la crise que le capitalisme financiarisé a provoquée.
L’exemple de la politique de Sarkozy est édifiant?: bouclier fiscal, aucun coup de pouce pour le smic, fin de la retraite à soixante ans, suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux, privatisations d’EDF-GDF et de La Poste, et prochainement suppression de l’ISF.
Voyez-vous une différence entre la politique menée par le FMI de DSK et celle de Sarkozy sur le plan économique et social?? Aucune, bien entendu, si ce n’est que ce qu’orchestre le maître de la finance internationale est bien plus brutal que ce que fait notre président.
Imaginez un instant la scène en 2012 : lorsque le Front de Gauche s’attaquera au bilan de Sarkozy, ce dernier pourra toujours répondre?: «Mais c’est moins pire que le bilan de Strauss-Kahn?!» On entend déjà la parade de ses soutiens ?: «Ce qu’a fait DSK partout en Europe hier, ce n’est pas ce qu’il fera en France demain.»
On est donc averti du double jeu auquel vont se livrer les deux candidats. D’une part, Nicolas Sarkozy promet sur la scène internationale de «moraliser le capitalisme» et s’attaque aux droits des travailleurs une fois revenu sur le territoire national. D’autre part, DSK affame les peuples de toute l’Europe mais promettrait l’inverse pour la France…

Un petit détail?: DSK a déjà parlé de ce qu’il proposait pour la France. Une seule fois, c’était le 20 mai, sur France 2. Et que nous a-t-il promis?? De mettre fin au «dogme » de la retraite à soixante ans. Voter Strauss-Kahn, ce sera bientôt enterrer la gauche en France !
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Dessin piqué sur les blogs du Monde

 

Le FMI est-il révolutionnaire ?

Question provocatrice mais pas entièrement gratuite… Si le FMI impose des remèdes parfois capables de tuer le malade, il arrive parfois que celui-ci contracte une étrange et indésirable nouvelle affection : la révolution !

C’est la thèse développée dans « l’Huma Dimanche », qui s’appuyant sur les exemples de la Tunisie et de l’Égypte, où officiait le bon docteur, étend son analyse à l’Amérique du sud : là aussi, le patient a refusé la potion, renvoyé le médecin et s’est relevé, seul, et guéri. En Europe, les Grecs, les Irlandais, les Roumains, les Hongrois… trouvent le médicament bien amer. Privatisations des services publics, baisse des salaires et pensions, hausse des prix.. Bref, l’ordonnance d’austérité est dure à avaler…

Continuant dans la métaphore médicale, l’hebdomadaire communiste se demande cette semaine si l’Union Européenne et le FMI ont décidé de « saigner à blanc » les travailleurs grecs, en préconisant d’accentuer les mesures de casse sociale : privatisations à hauteur de 50 milliards d’ici 2015 au lieu des 7 originellement prévus. Aujourd’hui, la Grèce est au bord du gouffre. Les chiffres du chômage explosent : 11,6% des hommes, 17% des femmes et 35% des jeunes sont sans emploi. Le PIB a chuté de plus de 4%. Les salaires des fonctionnaires sont baissés de 20%, les retraites diminuées et les durées de cotisations allongées, les entreprises publiques privatisées, l’éducation et la santé vont être « réformées »…

Alors, le FMI et son « docteur maboul » DSK qui saigne les gens pour prétendument les guérir…à fuir comme la peste ?
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L'Irlande, cuisinée à la sauce grecque, passe à la casserole

_326_.gifCommuniqué de presse du Parti communiste français

L'Union Européenne et le FMI sont à la manœuvre : le pire est à craindre pour l'Irlande.
Après la Grèce, c'est au tour des Irlandais de bénéficier – pour leur malheur- des mannes de l'Union Européenne. 90 milliards d'euros vont ainsi être consacrés à ce qu'il est abusivement appelé « sauvetage » de son secteur bancaire, mais qu'il serait plus juste de renommer « destruction » de son économie !
Comme la population grecque, le peuple irlandais va payer le prix fort des errements de ses dirigeants. Sa dette colossale est devenu une aubaine pour les marchés financiers qui y voient un formidable terrain de jeu pour la spéculation financière.
La médication à venir est connue. Elle comprend de nouvelles réductions des allocations chômage et familiales ainsi que de nouvelles suppressions d'emplois publics. Le gouvernement irlandais s'apprête même à s'attaquer au salaire minimum.
Après la Grèce au printemps dernier, l'Irlande va ainsi devenir le deuxième pays de la zone euro à passer sous les fourches caudines des marchés financiers.
Cette potion est pire que le mal. Au bout, c'est le désespoir pour les Irlandais, sans que les causes qui ont rendu possible cette situation de déficit abyssal soient résolues. Rien n'est possible s'il n'est pas mis un terme à tous ces mécanismes financiers dédiés aux plus riches et déconnectés de l'économie réelle. La BCE doit être placée sous l'autorité des peuples européens et non l'inverse.
Le PCF dénonce ce plan d'affameur où pieds et poings liés, l'Irlande passe à la casserole à la sauce grecque.

 

Les grandes réussites du FMI

La cure d’austérité qu’il impose à la Grèce a mis le Fonds Monétaire International sur le devant de la scène. Le FMI est officiellement un instrument de coopération internationale qui accorde des prêts aux pays en difficultés financières, en exigeant que les emprunteurs mettent en place les politiques économiques qu’il avance, et particulièrement la baisse des dépenses publiques. L’action du FMI est très critiquée par de nombreuses associations et économistes qui considèrent que ses interventions, dans les pays du tiers-monde par exemple, aggravent la pauvreté. Le FMI préconise la privatisation des entreprises publiques, l’austérité budgétaire, l’ouverture des marchés intérieurs. Ses programmes déclenchent l’appauvrissement brutal des populations par la diminution du pouvoir d’achat, la réduction des programmes de santé ou d’éducation, l’augmentation des importations. Ils ont des conséquences néfastes sur la souveraineté même des Etats et aboutissent souvent à une stagnation économique et parfois même à l’effondrement de l’économie.
En Egypte, le programme du FMI a entraîné la baisse des salaires et l’augmentation des prix des dentées alimentaires, la montée du chômage, des grèves et manifestations massives. Au Sénégal, suite à l’intervention du FMI, les chemins de fer ont été privatisés et de nombreuses lignes fermées. En Mauritanie, la suppression de la propriété collective de la terre a profité aux multinationales agroalimentaires. Au Pakistan, le FMI a exigé la suppression des subventions accordées aux plus pauvres pour payer leur électricité.
Le président du Venezuela, Hugo Chavez avait en 2007 menacé de se retirer du Fonds monétaire international avec ces mots : « Il vaut mieux que nous en sortions avant qu'on nous ait pillés ». L’Argentine, elle, a pu échapper à l’étranglement par les intérêts en remboursant sa dette de façon anticipée.
Le FMI s’intéresse à la dette du Japon, qu’il estime trop élevée. Il demande à ce pays d’augmenter les taxes sur la consommation et de limiter ses dépenses.
En Europe, le FMI a prêté 20 milliards à la Roumanie en échange de la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires et de la diminution des salaires de la fonction publique de 25% et des retraites de 15%. En Hongrie, le FMI s’attaque aux rémunérations des fonctionnaires. En Lettonie, il fait baisser le salaire minimum de 20%. En Grèce, le remède du docteur FMI est si violent qu’il risque fort de tuer le malade : privatisations, diminution des salaires et pensions, allongement de la durée de cotisations, recul de l’âge de la retraite, augmentation des taxes. La retraite minimale baissera de 5% alors qu’elle ne s’élève qu’à 380 €.
En 2007, le directeur général du FMI nouvellement nommé promettait une démocratisation de son institution, accordant une meilleure place aux pays émergents. Une certaine relance des dépenses publiques devait être autorisée pour ne plus asphyxier les économies des pays emprunteurs. Trois ans plus tard, les mêmes superplans d’austérité sont indiqués en contrepartie des aides du FMI et les mêmes pays font la loi en son sein. Les Etats-Unis, qui détiennent plus de 16% des voix, possèdent une minorité de blocage. Les pays en développement dans leur ensemble, quant à eux, ne représentent qu’une minorité des voix, 46 pays africains n'étant représentés que par 2 des 24 administrateurs. Rien n’a changé.
Le directeur général du FMI a aussi des idées sur la réforme de nos retraites françaises. Selon lui, l’âge légal de 60 ans est un « dogme » et si « on vit cent ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans. »
Le directeur général du FMI s’appelle Dominique Strauss-Kahn.
Il paraît qu’il est membre du Parti Socialiste.
Isabelle Volat

 

Tutelle européenne

_396_.jpgJusqu’ici, l’Europe « libérale », c’était surtout la déréglementation à outrance, les privatisations, la réduction des dépenses publiques.. A-t-on franchi une nouvelle étape ? L’Union Européenne s’attaque à présent à la démocratie. Les gouvernements devraient soumettre leurs budgets à l’approbation de la commission européenne, avant de les proposer à leurs propres Parlements. Démocratie, souverainetés nationales ? Tout cela est oublié car il ne faut surtout pas mécontenter les « marchés ».
Pour cela, l’Europe de Sarkozy est prête à mettre sous tutelle les Etats et la Grèce a montré quelles extrémités antidémocratiques cette politique pouvait apporter. Athènes est sous contrôle. Les compétences politiques nationales sont déléguées au FMI et à l’Union Européenne. Le ministre des finances a maintenant la possibilité de prendre par décret toutes les lois et tous les accords qui relèvent de du plan de « soutien » par les états de la zone euro et le FMI. L’accord sur le plan d’«aide» dicte tout le travail législatif de casse sociale que devra entreprendre la Grèce. C’est un vrai calendrier de travail des autorités grecques sous supervision internationale. La démocratie grecque est sérieusement mise à mal. L’accord fixe ainsi l’agenda gouvernemental et parlementaire pour les mois à venir : réforme des retraites, de l’administration par des fusions de communes ou régions, privatisations, gel du salaire minimum et des pensions quelque soit le niveau de l’inflation, contrôle du budget avec rôle accru du ministre des finances au détriment de celui du Parlement qui n’aura plus le droit de modifier la taille du budget.
La voie étant ouverte en Grèce , il s’agirait maintenant d’imposer que la commission européenne puisse exercer un contrôle préalable des différents budgets nationaux, avant que ceux-ci soient examinés par leurs parlements respectifs. Ce renforcement autoritaire de la surveillance budgétaire, dont Sarkozy et Merkel seraient à l’origine, a évidemment pour but de forcer les états à appliquer rigoureusement le «pacte de stabilité » qui impose « l’assainissement des finances publiques » comprenez la mise à mal des services publics, avec suppressions massives de postes, gel des salaires et retraites, pression fiscale accrue sur les ménages .. et au bout du compte, le chômage, le désastre économique et social.
Si la Grèce a été la première à subir la rigueur, d’autres pays s’apprêtent à passer sous les fourches caudines des sacro-saints marchés. L’Espagne, le Portugal annoncent à leur tour des mesures de d’austérité pour réduire les déficits publics, en sacrifiant leur politique sociale. Pour ramener les déficits dans les clous européens imposés, ces gouvernements (socialistes, comme la Grèce..) n’hésitent pas à mettre leur peuple au régime sec.
En France, le premier ministre vient d’annoncer le gel pour trois ans des dépenses sociales de l’état : APL, RSA, allocation handicapés, réduction des effectifs des fonctionnaires… Cela ne risque pas d’encourager la consommation ni de favoriser la relance : la France a connu au premier trimestre une croissance de 0,1%. Les recettes immuables de l’Europe financière : faire payer les peuples pour « rassurer » les marchés. Jusqu’à quand ?

Ci-dessus: la porte des lions à Mycènes (Péloponnèse)
Chacun aura remarqué que les lions sont des lionnes...
Isabelle Volat