Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

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Les irrégularités du fichier Base élèves dénoncées par le Conseil d’Etat

_516_.jpg« Base élèves », fichier qui recense les élèves des écoles primaires devra être modifié.
« Base élèves » est un système informatique de gestion des inscriptions d'élèves dans l'enseignement primaire. Par extension, l'expression désigne également les fichiers alimentés par cet outil informatique. « Base élèves » est l’objet d'un conflit depuis plusieurs années entre des enseignants, des parents, des syndicats et le ministère de l'Education Nationale. Opposés à l'utilisation de ces fichiers, ils se sont réunis dans un collectif car ils estiment que ces fichiers ne respectent pas le droit à la vie privée des élèves qui y sont fichés, et craignent notamment qu'ils soient utilisés pour des recoupements par d'autres administrations, dont la police. Certains directeurs d’école ont refusé d'utiliser « Base élèves », et ont fait l'objet de sanctions. Un recours a été déposé par une directrice d'école et un parent d'élève qui estimaient que ces fichiers étaient hors la loi, pour des raisons portant à la fois sur le fond (manquements à la protection de la vie privée) et la forme (déclarations non conformes à la Commission nationale de l'informatique et des libertés). Le Conseil d'Etat leur a donné raison sur certains points, tout en reconnaissant l'utilité de ces fichiers.
Par deux arrêts rendus lundi 19 juillet 2010, est annulé partiellement le fichier « Base Elèves premier degré » parce qu’il permet l’enregistrement de données relatives à la santé des élèves (mention de la classe spécialisée) et parce qu’il permet un rapprochement et la mise en relation de données avec d’autres fichiers, sans déclaration à la C.N.I.L.
L’arrêté du 20 octobre 2008 du ministre de l’Education Nationale qui a créé le fichier « Base Elèves premier degré » est annulé car il interdit la possibilité de s’opposer à l’enregistrement de données personnelles au sein de “Base élèves premier degré”.
De plus, les recours déposés contre le fichier Base Elèves ont mis à jour un fichier national d’informations nominatives des enfants dès 3 ans : la base nationale des identifiants élèves (BNIE) qui peut mémoriser le parcours scolaire pendant 35 ans. La décision de création de cette BNIE est annulée. Les données enregistrées irrégulièrement dans cette base nationale avant le 27 février 2007 seront détruites. Par ailleurs, le Conseil d'Etat a rétabli la possibilité pour les parents de refuser l'inscription de leur enfant dans ces fichiers pour "des motifs légitimes".
L’irrégularité du dispositif « Base Elèves premier degré » mis en œuvre par le ministère de l’Education Nationale depuis décembre 2004 est donc démontrée, ce qui conforte les parents d’élèves, les directeurs, enseignants et syndicats qui se sont mobilisés pour refuser ces fichiers nominatifs d’enfants.
Toutefois, le Conseil d’Etat donne la possibilité d’une régularisation de ces fichiers. Il accorde trois mois au ministère pour revoir sa copie, ce qui ne peut qu’inquiéter et nécessite de maintenir la mobilisation.
L'Education Nationale tient à jour plusieurs autres fichiers. L'un des principaux est « Sconet », qui regroupe de nombreuses informations sur les élèves du second degré.

 

Le tableau noir d’une année blanche

_487_.jpgLe ministère de l'Education Nationale vient d’annoncer que seulement 3 000 places seraient ouvertes au concours externe 2011 des professeurs d'école du premier degré. Cette première session organisée dans le cadre de la réforme du recrutement et de la formation des enseignants se déroulera donc sous le signe de l’avarice au regard des 7 000 places offertes au concours 2010, elles-mêmes en forte baisse par rapport aux années précédentes*.
Dans la réalité, le ministère profite de la réforme de la formation des enseignants pour réaliser une année blanche en matière de recrutement. Alors que de 10 000 à 12 000 enseignants des écoles partiront en retraite en septembre 2011 c’est près de trois professeurs des écoles sur quatre en activité qui ne seront pas remplacés !
Cette situation est d’autant plus inadmissible que le nombre d’élèves progresse dans le premier degré et que le récent rapport de la Cour des comptes préconise un plus grand investissement en direction du primaire, qui est sous-doté de 15 % par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE. Au contraire, cette décision de réduire le nombre de postes au concours vise à préparer la suppression de milliers de postes d’enseignants des écoles comme l’ont dévoilé les fiches ministérielles de préparation de la rentrée 2011.(évoquées sur ce blog lors de précédents billets, ndlr)
Au final, les possibilités d’accéder aux métiers de l’enseignement se restreignent pour de nombreux étudiants alors que dans le même temps, il leur est demandé d’entamer une année supplémentaire d’étude non rémunérée en cycle master pour être recruté.
Cette logique va à l’encontre de la réussite de tous les élèves qui exige au contraire des recrutements qui permettent une baisse des effectifs par classe, un développement de la maternelle et de la formation continue des enseignants. Il s’agit également de construire une véritable formation professionnelle et de mettre en place une entrée progressive dans le métier.
C’est pour faire réussir vraiment tous les élèves que le SNUipp appelle dès maintenant les enseignants des écoles à participer massivement à la journée de grève du 7 septembre !

Communiqué du SNUipp-FSU , Paris, le 15 juillet 2010

  • Postes au concours : évolution :

postes au concours 2008 : 10 000
postes au concours 2009 : 7000
postes au concours 2010 : 7000
postes au concours 2011 : 3000

 

L’école rurale au régime sec

Texte invité

Fermer des classes, augmenter les effectifs, regrouper des écoles... une logique comptable à laquelle le gouvernement veut donner un coup d’accélérateur, au risque de faire de l’école un champ de ruines. Il y a le langage, d’abord. Technocratique, froid, mensonger. Une sorte de langue nouvelle, inventée tout exprès pour masquer les véritables intentions de ceux qui l’utilisent. C’est le langage d’un document interne du ministère de l’Education Nationale, divulgué dans la presse début juin, le « schéma d’emplois 2011-2013 » pour les premier et second degrés. L’appellation est en elle-même mensongère puisqu’en fait d’emplois, il s’agit surtout d’en faire disparaître. Et pas qu’un peu puisqu’on le sait, le gouvernement a décidé de supprimer 16 000 postes dans l’Education nationale cette année.
Ainsi, pendant que le ministre Luc Chatel « amuse » la galerie en rouvrant avec opportunité le débat sur les rythmes scolaires - débat qui mériterait d’ailleurs un tout autre statut que celui de diversion politicienne ! - ses services expliquent aux recteurs d’académie comment tailler bravement dans le muscle de ce fameux « mammouth », qui n’a plus de graisse depuis bien longtemps... Cela se dit « mobiliser les gisements d’efficience visant à respecter la contrainte du non remplacement d’un départ sur deux pour la période 2011/2013, sans dégrader les performances globales. » Autrement dit, identifier là où on pourra supprimer des postes afin de respecter le dogme de la baisse de l’emploi public ; et le mettre en œuvre sans que cela se voie trop. Charge aux recteurs et inspecteurs d’académie, destinataires de ce vadémécum, de quantifier dans les semaines à venir ces « gisements d’efficience ». On a l’impression de lire les préparatifs d’un plan social dans une multinationale. Ce n’est peut-être pas totalement un hasard, d’ailleurs, puisque depuis septembre dernier c’est l’ancienne directrice des ressources humaines de la RATP qui occupe ce même poste au ministère. Et qu’à la tête - bien coiffée - de ce ministère, œuvre un ancien cadre de chez l’Oréal... Le contenu du document ne dément pas ce sentiment. Ainsi l’un des premiers « gisements d’efficience » consisterait tout simplement à procéder à une « augmentation de la taille des classes », selon une logique purement comptable, en relevant les seuils d’ouverture et de fermeture des classes et en procédant à une nouvelle vague de « regroupement des structures ».
Tout doit disparaître
Là au moins, on comprend... et on en frémit : d’un côté on va « bourrer » les classes, de l’autre on va pousser à la roue des regroupements. C’est en milieu rural que les conséquences seront les plus brutales. Car c’est là où se rencontrent les plus petites structures et les classes les moins chargées - autant de « gisements d’efficience » à exploiter sans états d’âme, sans égards pour l’aménagement du territoire, l’intérêt des enfants, l’avis des parents, des élus, des enseignants... Partout où les communautés rurales ont porté leurs efforts sur l’éducation, en créant des regroupements non pas comptables mais pédagogiques, en se battant avec succès pour préserver une école qui soit à la fois de proximité et de qualité (études et chiffres le prouvent) mais aussi un lieu de vie et d’attractivité pour leur territoire, le bulldozer gouvernemental veut faire table rase. Tout doit disparaître. Et ce n’est pas tout. La scolarisation des moins de trois ans (très profitable aux plus défavorisés) s’est effondrée, passant en quelques années de 35 % à 15 % d’une classe d’âge ? Cela ne suffit pas, tranchent les bureaucrates de l’éducation de marché, qui exigent une « baisse de la scolarisation à 2 ans » - en cohérence avec les projets, hérités de Xavier Darcos, de faire disparaître la maternelle au profit de « jardins d’enfants » à la charge des communes et des familles. Les remplacements sont aussi dans la ligne de mire : il faut « réduire les besoins » et « ouvrir le vivier de remplacement ». Autrement dit : fin du remplacement des courtes absences, comme c’est déjà le cas dans certains départements défavorisés comme la Seine-Saint-Denis, et moindre exigence de qualification dans le recrutement des remplaçants, qui pourront aussi bien être des étudiants n’ayant jamais vu une classe. Le reste constitue un véritable inventaire à la Prévert, en version apocalyptique : fin des enseignants intervenant en soutien (enseignants spécialisés, coordinateurs) et des intervenants extérieurs, réduction des personnels non-enseignants... De quoi susciter une levée de boucliers, en attendant que syndicats et associations fourbissent leurs réponses en vue d’une rentrée qui s’annonce rien moins que sereine.

Olivier Chartrain, dans le journal « La Terre »

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Florac est une sous-préfecture de Lozère, comme tout le monde sait...

 

Plus de 100 000 voix ont dit non à la démolition de la formation des enseignants

_489_.jpgL’appel 100 000 voix pour la formation initié par la Coordination Nationale Formation Des Enseignants (CNFDE) et soutenu par la plupart des syndicats, la FCPE et l’UNEF, les coordinations, de nombreuses associations et sociétés savantes, les mouvements pédagogiques et une multitude de personnalités, vient de dépasser les 100 000 signatures.
Ce sont 100 000 voix de parents, d’étudiants, d’enseignants, de chercheurs, de citoyens qui demandent l’abandon de la réforme de la formation des enseignants dite de « mastérisation » et qui, tout au contraire, appellent le gouvernement à un effort en faveur de l’école et de la formation de ses enseignants.
Cet événement prend un relief particulier en cet été 2010 : c’est en effet en juin 2008 que le Président de la République et son ministre de l’Education Nationale, Xavier Darcos, sûrs de leur fait, avaient annoncé le lancement de cette réforme…
Le gouvernement ne doit pas s’y tromper, cela signifie qu’est intact le refus exprimé l’an dernier par la communauté universitaire unanime, dans un mouvement sans précédent par son ampleur et sa durée. Cela signifie aussi que ce refus est désormais partagé bien au-delà de l’université et des IUFM, tout particulièrement par des dizaines de milliers de parents d’élèves.
Et pourtant, contre la volonté de l’ensemble des acteurs, le gouvernement s’obstine à mettre en place cette prétendue réforme. Il a commencé par défaire les cadrages des formations. Les débutants seront obligés d’improviser : pour un million et demi d’élèves dans le second degré, leur année scolaire sera compromise dans une discipline au moins ; pour 150 000 élèves du 1er degré, c’est l’ensemble de leur année qui sera menacée. Y a-t-il encore une République quand sont instituées, dans la formation de ses maîtres, des inégalités géographiques et sociales aussi criantes que celles qui se dessinent ?
Où est le sens des responsabilités quand le gouvernement oblige son administration, depuis plusieurs mois, à improviser la gestion de l’ingérable ?
Où est l’éthique quand il sait que de très nombreux débutants seront mis dès septembre dans une situation de grande souffrance psychique ?
Et où est le sens du bien public quand les gouvernants voient sans sourciller des officines privées se préparer à prospérer, dès la fin août, sur le désengagement de la puissance publique ?
La CNFDE appelle tous ceux qui le pourront, là où ils seront, à s’opposer dès la rentrée, avec la plus grande vigueur, à la démolition de la formation.
Elle réitère ses principales demandes : maintien de la formation des lauréats dans les conditions antérieures, report des concours aux dates habituelles et dans les formes antérieures, défense des sites IUFM menacés de fermeture, création des postes d’enseignants et de formateurs nécessaires, ouverture de négociations pour une tout autre réforme.
Elle vous invite à poursuivre la diffusion de cette pétition pour inviter les citoyens, les élus et les organisations attachés à l’école à rejoindre les 100 000 voix et à faire connaître cet appel.



Secrétariat de la CNFDE, 1er juillet 2010

plus d'info

 

Budget 2011 : lourde facture pour les élèves

Le budget 2011 en préparation confirme la volonté gouvernementale de ne pas remplacer un enseignant sur deux partant à la retraite.
Dans l’Education Nationale, ce sont donc 16 000 postes d’enseignants qui sont appelés à être rayés du budget 2011. Ces suppressions s’ajoutent aux 16 000 réalisées cette année.
Pour le syndicat enseignant SNUipp, cette annonce ne constitue malheureusement pas une surprise. En avril dernier, la divulgation des orientations du ministère, demandant aux recteurs de traquer les emplois d’enseignants, était un avant-goût amer à ce qui constitue aujourd’hui une confirmation de l’appauvrissement du service public de l’’Education. Pour mettre en oeuvre ce plan budgétaire, les recteurs et inspecteurs d’académie sont priés de baisser la scolarisation des moins de trois ans, de diminuer le nombre de départ en formation d’enseignants spécialisés , de fermer les postes d’intervenants en langue et d’augmenter le nombre d’élèves par classe.
Le SNUipp redoute qu’au final, ce soient les élèves et notamment les plus fragiles les premières victimes de ces choix budgétaires. Pourtant la lutte contre les inégalités scolaires nécessite de faire de l’ Education une priorité, tout comme celle contre les inégalités sociales appelle à une autre réforme des retraites.

Ces deux sujets seront au coeur de la journée de grève du 7 septembre à laquelle le SNUipp appelle tous les enseignants à participer massivement.

Le syndicat dénonce également de « mauvais coups pour les mouvements pédagogiques » puisque le ministère vient de décider sèchement de réduire les subventions de trois mouvements pédagogiques. D’après le syndicat, « ces mesures s’inscrivent dans la logique inacceptable de restriction budgétaire, qui consiste à raboter tout ce qui contribue à la richesse de l’école. Cette annonce envoie à nouveau un mauvais signal à toute la communauté éducative, alors que l’on pouvait penser révolue la période de dénigrement de la pédagogie. La réflexion des mouvements pédagogiques irrigue, depuis des décennies, la recherche en éducation, la formation professionnelle et alimente les pratiques enseignantes dans le but de faire réussir tous les élèves. Avec ces suppressions, c’est l’activité même et la survie de ces associations qui est sur la sellette. »
Le SNUipp exige du ministère de l’Education nationale le rétablissement de la subvention et de tous les emplois des mouvements pédagogiques.
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Communiqué des Inspecteurs de l’Education Nationale du Val d’Oise

"L’Éducation n’est pas une priorité pour le gouvernement..."

Les suppressions de postes annoncées dans l’Education Nationale font peser de graves menaces sur le fonctionnement du système éducatif. Le document transmis par le ministre aux académies montre clairement que l’Education n’est pas une priorité pour le gouvernement.
Les suppressions risquent de toucher les postes d’enseignants sans classe (postes « mission Zep », Rased..) et alourdir les effectifs en modifiant les seuils de fermeture et d’ouverture, regroupements d’écoles, etc.).
Ces décisions auront de graves incidences sur les publics les plus fragiles (élèves en grande difficulté scolaire, élèves en éducation prioritaire…) et sont contradictoires avec une volonté affichée de lutter contre l’échec scolaire, la violence à l’école…

  • Comment en effet est-il possible d’améliorer la qualité de l’enseignement en réduisant la formation professionnelle initiale ?
  • Comment en effet est-il possible de lutter contre l’échec scolaire et la violence à l’école en réduisant le nombre d’adultes et d’enseignants spécialisés ?
  • Comment en effet est-il possible d’inciter les équipes d’écoles à faire des projets dynamiques et pertinents en supprimant les crédits pédagogiques et dans le même temps rémunérer des enseignants pour des évaluations qu’ils étaient capables de prendre en charge collectivement ?
  • Comment en effet est-il possible aujourd’hui, d’expliquer que l’on va supprimer la scolarisation des moins de trois ans alors que nous avions prôné jusqu’alors le contraire dans les zones d’éducation prioritaire ?

Après la journée d’action du 24 juin qu’ils ont soutenue, les IEN syndiqués au SNPI-FSU et au SGEN-CFDT et des non syndiqués s’inquiètent qu’une logique purement financière fasse peser sur le système français des risques de dégradations importantes… D’autres pays ne s’y sont pas trompés comme l’Allemagne, souvent citée en exemple qui a fait le choix de ne pas réduire ses dépenses d’éducation. »
Pour les organisations signataires, et particulièrement en temps de crise, l’effort budgétaire sur la formation doit être maintenu pour permettre à l’école républicaine de répondre à l’objectif de réussite pour tous les élèves.

Cergy le 24 juin 2010
IEN du Val d’Oise SNPI-FSU ; SGEN-CFDT

 

A demain !

_431_.jpgComme l'ensemble des salariés de ce pays, les enseignants sont particulièrement préoccupés par une situation de l'emploi dégradée qui a des traductions fortes dans le secteur de l'Education Nationale.

Pour l'école, les enseignants et les élèves, ces choix vont se traduire par de moins bonnes conditions d’apprentissage. Plus d'élèves par classe, des enseignants moins nombreux et moins formés, des crédits pédagogiques diminués : ce n’est pas donner plus de chances de réussite à tous.

Comme l'ensemble des salariés de ce pays, les enseignants sont également inquiets concernant la réforme des retraites à venir, véritable enjeu de société.

Parce qu'on ne peut travailler efficacement avec des enfants à 65, 66, 67 ans, ils sont opposés à une réforme qui serait basée sur le recul de l'âge de départ à la retraite et l'allongement de la durée de cotisation. Vivre plus longtemps ne doit pas nécessairement signifier travailler plus longtemps. Il faut agir pour diminuer le chômage des jeunes et des seniors et consolider le système de retraites par répartition.

De très nombreux enseignants seront en grève le jeudi 24 juin pour l'emploi, les salaires et les retraites des salariés du secteur public et du secteur privé.

Un rendez-vous est fixé pour départ collectif à la gare de Saint Gratien jeudi 24 juin à 13 heures. A demain !

 

Les élèves non plus ne sont pas des sardines…

Ecole_en_greve.jpgLe Ministre de l’Education Nationale vient de charger les Rectorats et les Inspections d’Académie de l’aider à préparer les retraits de postes pour la rentrée 2011.
Un mode d’emploi et un calendrier ont été fournis par le ministère aux recteurs et IA afin de leur donner des pistes de travail.
Derrière le jargon très technocratique du ministère, on trouve là tous les domaines où les recteurs et les inspecteurs d’académie vont chercher, non pas à mieux faire fonctionner les écoles, mais plus sûrement à faire les coupes sombres de la prochaine carte scolaire... But principal : ne pas remplacer un enseignant sur deux partant en retraite.
Ce document énumère les différentes mesures dont le ministre exige l’examen et le chiffrage par les académies :

  • augmentation de la taille moyenne des classes : l’objectif chiffré est d’une remontée de 0,6 ou 0,7 élèves par classe, ce qui représente 6000 à 7000 postes. Le ministère compte y parvenir en augmentant la taille des écoles (fusion), en augmentant les seuils d’ouverture et en prenant en compte des entités plus larges que les écoles (exemple : nombre d’élèves à l’échelle d’une commune) ;
  • poursuite de la baisse de scolarisation des deux ans là où le taux dépasse le taux moyen national ;
  • modification du système de remplacement avec examen du recours aux non titulaires pour les remplacements courts. Est évoqué le recours systématique à des non-titulaires et des vacataires pour assurer les remplacements de courte durée ou pour faire face aux pics d’absences. Des objectifs chiffrés sont donnés : 80 % de non-titulaires pour des remplacements de moins de 2 jours ; 50 % de 3 à 5 jours ; 25 % entre 6 et 10 jours. Du personnel non formé pour remplacer la maîtresse malade…
  • sédentarisation, c’est à dire mise devant élèves des enseignants « hors classe », car chargés de l’enseignement spécialisé comme les RASED ou de la coordination et de l’animation pédagogique ;
  • hypothèse d’un recrutement minimum, voire nul, de certains maîtres spécialisés et des psychologues scolaires ;
  • organisation autant que possible de la formation continue en dehors du temps de travail. Il est envisagé de développer des sessions de formation en dehors du temps scolaire (le mercredi après-midi) ou pendant les vacances scolaires, donc plus besoin de remplaçants;
  • suppression d’un millier d’emplois d’assistants étrangers qui aident à l’apprentissage des langues : il y a 1 059 emplois d’assistants étrangers et 1475 emplois d’intervenants extérieurs.

Le ministre confirme ainsi la volonté de supprimer des postes. Le non remplacement des départs en retraite se traduirait par une suppression de 17 000 postes au budget 2011 dans l’ Éducation Nationale.
« On voit qu’une véritable hémorragie d’emplois est d’ores et déjà envisagée dans les écoles maternelles et élémentaires » selon le SNUipp. « A la rentrée 2010, la majeure partie des 16 000 postes supprimés est liée à la réforme de la formation des maîtres, avec la suppression de l’année de stages pratiques. Mais en 2011, ce sont bel et bien des postes devant les élèves qui vont disparaître. »

 

Le grand amour du Front de Gauche pour le service public !

Malgré les attaques dont ils sont régulièrement la cible, les services publics restent plébiscités par les Français. Ceux-ci font confiance notamment à l’hôpital (86%), à l’école (83%), aux grandes entreprises publiques (60 %) et à la justice (60 %). Les services publics font même irruption là où on ne les attend pas : pour la majorité des Français, ils font partie de l’identité nationale !

Aujourd’hui, la droite mène une offensive d’envergure contre les services publics : dénigrement de leur fonctionnement et de leurs personnels pour suggérer aux citoyens que tout irait mieux avec le privé, réduction des ressources budgétaires pour les désorganiser et les empêcher de remplir leurs missions, transfert au privé d’une partie des activités en laissant au public ce qui n’est pas rentable, attaques contre le statut des fonctionnaires.

Depuis 2007, plus de 100.000 postes auront été supprimés dans la seule fonction publique de l’État, avec plus de 34.000 suppressions programmées pour la seule année 2010. L'Education Nationale est particulièrement mise à mal par une saignée sans précédent de ses effectifs et des réformes régressives.

Des suppressions de postes massives seront encore effectuées dans les hôpitaux, déjà asphyxiés par le sous-effectif.

La fonction publique territoriale, elle, est très menacée par la réforme des collectivités locales, qui fait peser de graves dangers sur les missions et sur les emplois publics. La suppression de la taxe professionnelle malmène les finances locales. Elle menace directement de limiter les services publics territoriaux avec une volonté non dissimulée de les privatiser. Pourtant, tout le monde reconnaît le rôle irremplaçable des agents territoriaux dans la bonne marche des collectivités : le Maire de Saint Gratien elle-même a rendu un hommage appuyé au personnel communal lors de ses vœux.

La défense et la promotion des services publics au plan national comme au plan local sont une nécessité. Les services publics sont un facteur essentiel de réduction des inégalités, d’aménagement du territoire, de modernisation de notre pays, de garantie de l’égalité républicaine.

Aujourd’hui, dans le droit fil des logiques ultralibérales, l’ambition du gouvernement est d’achever la marchandisation des services publics et leur mise en concurrence. Santé, poste, transports, énergie… aucun secteur n’est épargné par les directives européennes et la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP).

Nous pensons bien au contraire qu’il faut défendre et améliorer les services publics. Voici les propositions portées par le PCF dans le cadre du Front de Gauche à l’occasion des élections régionales pour défendre et développer les services publics.

  • Sortir les services publics des logiques marchandes, en s’opposant aux fermetures, privatisations, mises en concurrence et à la rentabilité financière. Il faut faire valoir d’autres critères d’efficacité sociale et de coopération.
  • Reconquérir, moderniser les services publics, en créer de nouveaux.

Les biens communs de l’humanité et les besoins vitaux doivent revenir dans la sphère publique : le logement social, les grandes infrastructures (autoroutes…), la gestion de l’eau et du gaz, la santé … Nous sommes pour une réappropriation publique de ces domaines.

Nous voulons aussi créer et développer de nouveaux services publics répondant à des besoins qui se renforcent : des services publics de l’emploi, de la formation, du crédit et du secteur bancaire ...

  • Démocratiser le fonctionnement

Les citoyens usagers, salariés doivent être aussi décideurs et participer à la définition des contenus des prestations attendues, les priorités d’investissement, la qualité des services rendus, la politique tarifaire et les éventuelles gratuités.

Face à un gouvernement qui met à mal comme jamais les services publics, nous faisons le choix du public, nous défendons les services publics, dans une conception modernisée et démocratisée, que ce soit à l’école, dans la formation, dans la santé ou les transports, pour des questions de justice, d’efficacité sociale, mais aussi pour contribuer à créer des milliers d’emplois, au lieu des plans sociaux actuels.

Les trois derniers billets de ce blog traitaient du logement, de l’école et des transports, que nous refusons de voir traiter comme des marchandises. Autant de domaines qui participent à la définition d’une « identité » française originale, solidaire, efficace.

Tous les lecteurs auront remarqué que le titre de ce billet est une évidente allusion à la déclaration publiée sur ce blog la veille de la Saint Valentin….