Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

Saint Gratien : les emprunts toxiques pèsent sur le budget 2013 de la ville

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Saint Gratien est endetté auprès de la banque Dexia pour 7 millions d’emprunts « toxiques », à taux variables, indexés sur le Franc suisse et le Dollar.
Cela coûte cher à la ville en charges financières. Depuis 2008, la dette de Saint Gratien a progressé de 25%. Les intérêts payés par la ville aux banques ont, eux, progressé de 75%.

Depuis 2008, le Franc suisse s’est envolé par rapport à l’euro et au dollar. Les taux de ces emprunts de la ville menaçant d’atteindre 8 % et 16 %, chiffres annoncés aux réunions de quartiers, Saint Gratien a été conduit à renégocier fin 2012 avec DEXIA.

Finalement, DEXIA nous re-prête à taux fixe à 5,75% et à 5,99% pour 2013, c’est-à-dire à des taux supérieurs aux taux actuels du marché.

Cette renégociation a un coût. Notre commune a payé en fin d’année un dédit de 520 000 € à DEXIA : soit 65 € par foyer fiscal gratiennois.

En 2014, les conditions des deux emprunts DEXIA retrouvent leur forme d’origine. La ville sera toujours emprunteuse auprès de DEXIA, jusqu’en 2032, à des taux variables, toujours indexés aux évolutions du Franc suisse et du Dollar. Personne ne peut dire aujourd’hui à quel risque financier sera de nouveau exposée la ville à partir de 2014, ni combien cela nous coûtera.

Un nouvel emprunt de 1 500 000 € a été contracté en décembre 2012 par la ville auprès de DEXIA pour une durée de 15 ans.

Comment en est-on arrivé là ?

1 - La baisse des dotations de l’État :
Les recettes de la ville progressent moins rapidement que ses dépenses. Comme toutes les collectivités locales, Saint Gratien subit la crise et la réduction des recettes des collectivités, due notamment à la réforme de la taxe professionnelle du gouvernement Sarkozy. Réforme promue par l’U.M.P, le parti politique de Mme le Maire…. Le gel des dotations de l’État aux collectivités jusqu’en 2014, puis leur baisse planifiée, dans la logique comptable de réduction des déficits publics, ont également des répercussions défavorables sur les finances locales.

2 - Des facteurs propres à Saint Gratien :
La ville de Saint Gratien perd des habitants (20 420 habitants en 2012 contre 21 612 en 2009). Cette perte d’habitants a deux impacts sur les finances communales. Cela pèse mécaniquement sur les rentrées fiscales. La dotation versée par l’État est aussi en baisse, puisqu’au prorata du nombre d’habitants.
Afin de boucler son budget, la commune est donc contrainte de s’endetter plus lourdement. Là où le bât blesse, c’est que notre ville a contracté entre 25 % et 35 % de son endettement chez DEXIA, à des coûts prohibitifs, ce qui ajoute une pression supplémentaire sur l’équilibre des finances. Les frais financiers constituent le 4ième poste du budget de la ville et représentent maintenant plus de 11% des dépenses de fonctionnement, chiffre annoncé dans la « lettre du maire » de février 2012.

Saint Gratien a vu sa population diminuer, ce qui érode sa « puissance fiscale ». Saint-Gratien a vu son endettement croître rapidement et surtout ses charges financières exploser.

Quelles conséquences pour les Gratiennois ?

D’importantes baisses d’investissement ont lieu en 2013, alors même qu’il y a des besoins urgents dans nos quartiers. Nous assistons aussi à des diminutions de dépenses et à une révision à la hausse de certains tarifs municipaux. La majorité municipale a en effet choisi ces dernières années de peser sur les services rendus à l’usager. Stagnation ou érosion des dépenses : c’est le cas des budgets éducation/enfance et culture, qui enregistrent un tassement de leurs crédits. La subvention au CCAS (centre communal d’action sociale) n’a pas non plus augmenté depuis 2008, alors que la demande sociale est hélas en forte augmentation... Nous reviendrons en détail sur les différents aspects du budget 2013 de la ville.

Comment s’en sortir ?

dexia_SB_3.pngAujourd’hui, des villes voisines, telles Sannois ou Saint Leu, dénoncent le « piège » de Dexia et envisagent un recours collectif en justice. Elles arguent d’un défaut d’information de la part de la banque lors de la contraction des emprunts. Ce n'est pas le cas des représentants de notre commune qui déclarent, au contraire, « assumer totalement » leur stratégie d’endettement. Serions-nous la seule commune à avoir fait une bonne opération avec DEXIA ?

Mêlez-vous de vos affaires ; prenez le pouvoir sur la finance ; l’humain d’abord !

  • Urgence d’un audit citoyen de la dette de Saint Gratien. Nous ne savons toujours pas combien nous coûtera Dexia sur la mandature 2008/2014. La transparence totale est indispensable. Il s’agit de la gestion des deniers publics. Réunions publiques d’information, débats contradictoires et explication des documents budgétaires pour les rendre accessibles à tous : les pistes ne manquent pas pour impliquer les citoyens dans les questions budgétaires de la ville.
  • Les contrats financiers que signent les collectivités locales avec leurs banques doivent être soumis aux règles du code des marchés publics. Aujourd’hui, c’est en petit comité que sont signés ces types de contrats avec les banques, laissant les élus dépendants des seules informations fournies par les banques.
  • Une information claire et pédagogique de la part des banques est indispensable, afin d’éviter qu’à l’avenir des villes soient flouées en raison d’une information insuffisante.
  • De l’utilité d’un pôle financier public, dégagé de la pression des actionnaires et de la course au profit à court terme. Il financerait les besoins des collectivités à des taux d’autant plus bas que leurs projets répondent aux besoins humains en matière de logements, d’écoles, de crèches, de cantines, d’investissements dans le développement durable, dans des services utiles aux habitants… Un pôle financier public qui trouverait à se refinancer à des taux modulés à la baisse auprès de la Banque Centrale Européenne ou auprès de la Banque Européenne d’Investissement. Ces dernières ont su le faire lorsqu’il s’est agi de sauver le système bancaire…et ce qui reste de la banque DEXIA !
 

Dexia, le Lehman Brothers européen

Lecteurs imprévoyants qui n’avez pas trouvé tous vos cadeaux de Noël, notre blog a pensé à vous…

Voici un ouvrage à offrir à tous les gratiennois, concernés par les retombées du scandale de la banque Dexia. Disponible à la librairie du centre-ville. Ne traînez pas… les ventes s’envolent ces derniers jours !

Dexia.jpgDexia. Vie et mort d’un monstre bancaire, de Pierre-Henri Thomas

Le démantèlement de la banque franco-belge Dexia, fin 2011, est passé relativement inaperçu du grand public. Pourtant, l’histoire de cette banque qui voulait conquérir le monde est exemplaire à plus d’un titre, et sa chute éclaire la crise de la finance mondiale. Récit et leçons d’un naufrage.

Avec un bilan de 650 milliards d’euros, Dexia était le Lehman Brothers européen. Si la banque était réellement tombée en faillite, elle aurait entraîné dans sa chute une bonne partie du système financier mondial. Des mois après son sauvetage, l’importance des garanties consenties par les États pèse encore sur les finances publiques : celles de la France, mais surtout celle de la Belgique, qui a consenti à garantir le financement de Dexia à hauteur de 54 milliards d’euros, soit 15 % du PIB belge. Le 21 décembre 2012, les États français et belge ont de nouveau souscrit pour 5,5 milliards d’euros d’actions au capital de Dexia.

Le groupe, qui a perdu plus de 13 milliards d’euros en trois ans, est un condensé de tous les maux accumulés dans le système financier ces dernières années : produits dérivés, crédits toxiques, financement hasardeux, investissements catastrophiques, croissance débridée, plantureux bonus, régulateurs impuissants… Aujourd’hui, l’encours risqué de Dexia sur les marchés financiers a atteint 18,8 milliards d’euros, dont 13,6 milliards pour les seules collectivités.

Comment cette banque a-t-elle plongé ? Pourquoi un tel désastre ? Comment une banque classique a-t-elle pu se transformer en véritable hedge-fund (fonds spéculatif) ? Comment les produits toxiques ont-ils pu faire tomber les finances de certaines municipalités ? Pourquoi les gendarmes financiers ont-ils été
impuissants ?

Autant de questions qui permettent à l’auteur de se livrer à l’autopsie d’un monstre bancaire.

Qui veut comprendre l’origine de cette chute ouvrira donc ce livre. Il décortique les quinze années de cette tragédie qui menace de coûter plusieurs dizaines de milliards aux contribuables des deux pays….parmi lesquels les contribuables gratiennois.

Écouter l'auteur interviewé sur France Culture
Son interview débute à 18 minutes 56.

 

40 villes du Val d'Oise piégées par les emprunts toxiques

dexia.bmpInfo parue sur le site de VONews

Une quarantaine de communes du Val d’Oise ont souscrit des crédits devenus toxiques. Leurs élus ont l’intention de demander des comptes aux banques qui leur ont proposé ces emprunts dont les taux d’intérêts se sont envolés. Lors de sa dernière assemblée générale, l’Union des Maires du Val d'Oise a décidé d’engager une action groupée. Des moyens juridiques vont être mis à disposition des villes concernées.

Gauche et droite sont sur la même longueur d’ondes sur les emprunts toxiques : il y a urgence à trouver une solution. Comment des crédits, devenus toxiques, ont-ils été vendus notamment par Dexia, la banque des collectivités locales ? Et quelles conséquences pour les communes qui les ont contractés. VONews a tourné un reportage à St-Leu-la-Forêt, Villiers-le-Bel et réalisé des interviews du Président de l'Assemblée Nationale Claude Bartolone et du Président de l'Association des Maires de France Jacques Pélissard.

Les maires du Val d’Oise ne sont pas les seuls à demander des comptes aux banques. Une association nationale s’est constituée. Son nom : Acteurs publics contre les emprunts toxiques. Elle compte des petites comme des grandes communes ou encore des départements.

voir le reportage de VONews

A l'occasion de l'assemblée générale des maires consacrée aux emprunts toxiques, VONews a diffusé une série de débats sur le sujet. Yanick Paternotte, Maire de Sannois, président de l'Union des Maires, Sébastien Meurant, Maire de Saint Leu la Forêt, vice-président de l'Union des Maires, Didier Vaillant, président de l'agglomération Val de France, vice-président de l'Union des Maires, ont apporté leur éclairage à propos de ces emprunts toxiques. Édifiant d’entendre Y. Paternotte dénoncer la « tromperie » de Dexia lors des premières souscriptions ou le caractère « scandaleux » des conditions d’éventuelles renégociations, notamment le ré-emprunt forcé auprès de Dexia à des taux nettement supérieurs à ceux actuellement pratiqués.

Question : Saint Gratien est-elle la seule commune à être satisfaite de sa renégociation avec Dexia , et des emprunts contractés par la ville auprès de cette banque, « en toute connaissance de cause »?

voir le débat

 

Saint Gratien : Gestion hasardeuse ou pari risqué ?

Dexia.jpgConseil municipal houleux ce jeudi en salle des mariages de la mairie de Saint Gratien.

A l’ordre du jour le débat d’orientations budgétaires et la renégociation des emprunts auprès de la banque Dexia. Vu l’importance de ces questions et leur complexité, nous y consacrerons plusieurs billets.

Je reviens en premier lieu sur les emprunts Dexia de la ville de Saint Gratien.

Bref historique..

Dans les années 2000, la banque des collectivités territoriales Dexia a proposé des prêts dont les taux sont variables et indexés sur des monnaies étrangères, le franc suisse et le dollar américain, en ce qui nous concerne. Ces prêts dits « structurés » se sont révélés être un gouffre financier.
Les taux ont explosé et dès 2009, le surcoût de ces emprunts était évalué à plusieurs milliards d’euros. Pas moins de 5?500 collectivités ont eu recours à ces emprunts. Mais impossible de racheter ces crédits. La banque propose des taux fixes très élevés et assortis d’une pénalité.

Nous avons interrogé à plusieurs reprises la ville au sujet de ces emprunts, dès septembre 2011 puis novembre 2011, lorsque nous avons appris que la ville était concernée et qu’il est apparu que les taux de ces emprunts allaient fortement grimper.

Nous avions suggéré alors d’invoquer un défaut d'information et de conseil de la part de Dexia, eu égard à la complexité des prêts proposés. Des communes ont porté plainte pour dol contre la banque avec cet argument. Nous posions aussi la question de la transparence des procédures et demandé que les contrats financiers souscrits par les collectivités soient soumis aux règles du code des marchés publics. En novembre, l’adjoint aux finances nous assurait que la ville avait finalement économisé dans l’affaire ! Difficile à croire alors que des centaines de communes reconnaissaient être face à des difficultés énormes. La ville a contracté ces produits financiers « en toute connaissance de cause » mais était incapable d’estimer le surcoût car « l’évolution des parités, ça change tous les jours » Effectivement, ça a bien changé : le franc suisse a doublé en 5 ans !
On voit aujourd’hui où cette « gestion vertueuse » nous a menés. Des frais énormes qui vont plomber les marges de manoeuvre de la ville et avoir des répercussions sur les services rendus aux habitants.

Quelles sont les conséquences aujourd’hui de cette gestion plus qu’hasardeuse ?

La commune vient de s’engager de verser à Dexia une indemnité de 520 000 €. Rapide calcul, cela correspond à 65 € par foyer fiscal gratiennois, soit 12 repas de cantine au tarif maximum. Après le versement de cette indemnité, les taux des deux emprunts contractés auprès de Dexia sont ramenés à 5,75 et 5,99%, c’est-à-dire des taux très élevés, très éloignés des taux actuellement pratiqués pour les collectivités, voisins de 3%.

L’autre problème est que l’on ne gèle ainsi que les seules 2 prochaines annuités de 2012 et 2013. On revient ensuite aux conditions de l’emprunt d’origine, c’est-à-dire des taux variables, jusqu’en…2032 ! Taux variables qui peuvent être particulièrement « douloureux » puisque que nous avons appris lors du Conseil que les taux applicables aux dernières échéances auraient pu être de … 8% pour le premier emprunt et… 16% sur le second, s’il n’y avait pas eu renégociation !
Quels ont été les taux réellement appliqués aux dernières échéances ? Pas de réponse à cette question...

Enfin, un nouvel emprunt de 1 500 000€, « lié» aux emprunts structurés, est à nouveau contracté auprès de Dexia, au taux élevé de 4,65%. Cela porte le montant total des emprunts auprès de Dexia à 7 millions d’euros. Est-ce une autre contrepartie de la renégociation ?

Ce dossier pose de nombreuses questions auxquelles le Conseil du jeudi n’a pas permis d’apporter de réponse. Il y pourtant absolue nécessité de transparence sur la suite de l’affaire.

- Lors de la signature des contrats avec Dexia, la ville était-elle informée du risque d’augmentation de la charge financière, à ce niveau ?

- A combien empruntons-nous à Dexia aujourd’hui, alors qu’aujourd’hui les taux sont historiquement bas ? Quel était le taux de l’échéance 2011 ?

- Combien nous coûte Dexia en 2012 ? Combien ça nous coûte depuis le début ? Combien ça nous coûtera à terme, personne n’est en capacité de le dire aujourd’hui…

- Pourquoi un nouvel emprunt auprès de Dexia pour 15 ans ? Dexia est une banque en faillite et en cours de démantèlement puisque le gouvernement annonce la création d’une banque publique des collectivités locales, portée par la CDC et la banque postale.

Où nous mène cette gestion ?

Personne n’étant capable aujourd’hui de prédire l’évolution du franc suisse, on ne peut dire quel sera le coût final des emprunts Dexia pour la ville… et les contribuables.

Est-ce là la gestion « vertueuse » dont se vante la municipalité depuis des années ?

 

Des questions? Des idées? Alors échangeons !

lettre_20_1.jpg Pourquoi si peu de pistes cyclables à Saint Gratien ?
Que peuvent apporter les énergies renouvelables?
Un logement « durable « à prix accessible, ça existe ?
Les jeunes sont-ils sensibilisés au développement durable ?
Le PLU, qu’est-ce que ça va changer en ville ?
23 000 Gratiennois, est-ce possible ? Est-ce souhaitable ?
Comment faire des choix budgétaires avec des dotations en baisse, sans pénaliser les habitants ?
Les emprunts de la commune auprès le banque Dexia, quelles conséquences pour le contribuable ?

Si vous vous interrogez sur toutes ces questions… la lettre 20 des élus du PCF-Front de Gauche de la ville est faite pour vous ! Ce document souhaite contribuer à votre information et enrichir les discussions.

Retrouvez l’intégralité de cette lettre en annexe de ce billet.

Vous aussi avez des idées ? Vous voulez poursuivre le débat ? Vous préférez les échanges en direct ? Rendez-vous le mardi 24 janvier !
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Dexia, ou le scandale de la course effrénée à la rentabilité financière

Déclaration de l'Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR)

Démantèlement Dexia : Il faut un moratoire sur les produits toxiques !

Le démantèlement décidé de Dexia plonge dans l’incertitude plus de 5000 collectivités locales. Près de 40% de leurs emprunts ont été souscrits auprès de cette banque franco belge, dont les deux états sont actionnaires, et qui a pour le moins péché par défaut d’information en émettant des emprunts toxiques.

La première urgence est de permettre la poursuite des renégociations et leur aboutissement dans les délais requis, ce qui veut dire légiférer immédiatement pour définir les interlocuteurs des collectivités, leur rôle et leur mandat précis. Il en va de l’avenir de milliers de projets, d’actions et d’emplois publics au service des populations.

Ce scandale qui survient relève du comble de l’indécence. Dexia, depuis sa recapitalisation par l’État ( 5 milliards d’€) en 2008 n’a tiré aucune leçon de ses pratiques antérieures faisant des collectivités et des populations le jouet d’actions spéculatives dénuées de tout scrupule, n’en déplaise au rapporteur UMP du Budget, Gilles Carrez, lequel fait le choix de fustiger les élus locaux et les collectivités…

Dexia a continué d’user et d’abuser de ces pratiques susceptibles de produire aujourd’hui des ravages dans les budgets des collectivités, selon les fluctuations spéculatives des marchés…

La chute de Dexia ne rend que plus urgent un moratoire sur tous les emprunts toxiques, afin de procéder à un audit précis de la dette des collectivités et annuler en conséquence les frais financiers occasionnés par des taux insupportables.

Ce ne serait que justice face à l’immoralité et la déliquescence d’un petit monde de privilégiés et de haut fortunés du milieu bancaire et financier, lesquels ont engrangé grâce à ces opérations des centaines de millions de bénéfices. Faut-il rappeler que Pierre Mariani, à la direction de Dexia depuis 2008 est l’ancien chef de cabinet de Nicolas Sarkozy, lorsqu’il était ministre du budget. Et qu’il a été nommé sur demande expresse du Président !

Les richesses considérables qui existent doivent être utilisées tout autrement que pour la spéculation et la recherche du profit immédiat. Elles doivent servir à soutenir les actions qui créent de l’emploi et de la croissance, les investissements utiles aux populations.

Cela veut dire soutenir résolument les collectivités locales à l’origine de plus de 70% des investissements publics, par un autre crédit, des dotations en hausse, et une fiscalité plus juste.

Ce n’est pas la voie choisie par le gouvernement qui vient d’annoncer par la voix de Valérie Pécresse, non pas même la poursuite du gel des dotations, mais leur diminution de 200 millions d’euros !

Aujourd’hui, le système bancaire tend à réduire sensiblement son intervention auprès des collectivités locales, préférant des placements plus rémunérateurs. Il est à craindre que le démantèlement de Dexia et le transfert des encours sur la Caisse des Dépôts et la Banque postale n’aggravent cette situation, en la faisant supporter par les salariés des banques ou/et les citoyens.

L’avenir des collectivités locales, leurs projets au service des populations sont des choses trop sérieuses pour les laisser à l’appréciation des banquiers.

La création d’un pôle public financier avec une gouvernance démocratique et ouverte aux différents acteurs est urgente et essentielle. Elle permettrait de développer une autre forme de crédit, dégagé de la tutelle des marchés financiers et des seuls critères de rentabilité immédiate. En un mot, de lutter efficacement contre la crise !

 

Les prêts toxiques de Dexia ruinent les communes

Un lecteur du blog nous interroge :

Sur Libération.fr, notre ville apparait sur la carte des villes ayant contracté des emprunts structurés, dits « toxiques », distribués par Dexia Crédit local (DCL), de 1995 à 2009, et encore début 2010.
Il est indiqué le montant de ces emprunts (environ 12 M€), le surcoût attendu pour Saint Gratien (environ 2,5 M€, soit 20% du coût originel, si je comprends bien).
Pourriez -vous nous en dire plus ?

Le journal « Libération » a en effet récemment publié un article qui a fait grand bruit dans les communes sous le titre provocateur : “Dexia : la banque qui a ruiné 5 500 communes”.

Libération a compilé une carte des collectivités touchées par ces emprunts « toxiques » signés chez Dexia.
Dans le Val d’Oise, si Argenteuil était déjà identifiée comme victime de ces emprunts, d’autres villes comme L’Isle-Adam, Sannois, Sarcelles, Deuil-la-Barre, Saint Leu ou encore Saint Gratien doivent elles aussi faire face à plus de 20% de surcoût pour le remboursement, selon les informations du journal.

Interrogée sur le sujet lors du dernier Conseil municipal, la municipalité de Saint Gratien conteste les chiffres avancés par Libération, sans toutefois être en mesure d’apporter précisément un autre chiffrage. Est contesté le montant total des emprunts dits toxiques, 11 millions d’après Libération, beaucoup moins selon l’adjoint aux finances qui indique un montant de 5 millions et demi d’euros, soit 30% de l’encours de la dette. Le surcoût estimé par le journal, soit 2 millions et demi d’euros, ne serait pas exact non plus mais aucun autre chiffre n’est fourni puisque « cela change tous les jours ». La mairie reconnaît toutefois que des négociations sont en cours avec la banque Dexia. Nous n’en aurions rien su sans la question posée par les élus PCF-Front de Gauche. Or un minimum de transparence serait bienvenu dans cette affaire. N’est-ce pas l’argent des contribuables qui est ici en jeu, pour des sommes non négligeables ? Nous pourrions aussi rappeler à la municipalité qu’elle nous promet à chaque discussion budgétaire, une gestion rigoureuse, qualifiée même de « vertueuse »….

La banque franco-belge Dexia est l’un des principaux bailleurs de fonds des collectivités locales françaises. Dans les années 2000, cette banque a massivement proposé à ses clients des emprunts dits "structurés" dont les taux d’intérêts évoluent selon un indice de référence, comme un taux de change ou les taux directeurs des banques centrales. Mais avec la crise financière, ces prêts qui, à l’origine, avaient tout d'une bonne affaire pour les collectivités locales, se sont révélés être un gouffre financier. Les taux ont explosé et, « selon l’estimation faite par Dexia en 2009, le surcoût de ces emprunts était évalué à 3,9 milliards d’euros » selon le journal Libération. Pas moins de 5?500 collectivités ont eu recours à ces emprunts pour un total de 25 milliards d’euros. En juillet, la Cour des comptes estimait, elle, que 30 à 35 milliards d’euros des 160 milliards de dettes souscrites par des centaines de collectivités étaient toxiques et que 10 à 12 milliards présentaient un risque potentiel très élevé. Mais impossible pour les collectivités de racheter ces crédits. La banque propose des taux fixes très élevés et assortis d’une pénalité.

Cette affaire interpelle sur deux plans : la position à adopter face aux banques et la situation cruciale des collectivités locales.

Dexia, née de la privatisation du Crédit local de France, a touché 3,4 milliards de fonds publics pour éviter la faillite lors la crise des subprimes en 2008. Mais sans que l’État n’exige en contrepartie la renégociation des emprunts toxiques en cours. Le cas Dexia pose donc une question essentielle au moment où le débat rebondit sur la nécessité ou non de recapitaliser les banques. « À quoi sert-il d’injecter des fonds, qui plus est ceux du contribuable, si les pratiques, qui génèrent de la crise, restent inchangées ? » s’’interroge le journal l’Humanité.

Enfin se pose le problème de la situation des collectivités locales qui sont proches de l’asphyxie financière. En cas d’emprunts toxiques, lorsque le franc suisse monte, les intérêts font de même, et ce sont moins de crédits pour les collèges, pour les crèches, bref, pour tous les services publics. Mais surtout, alors qu’elles assurent 71 % des investissements publics, les collectivités locales sont confrontées à l’assèchement du crédit, la suppression de la taxe professionnelle, les transferts de charges non compensés par l’État, le gel pour trois ans de la dotation globale de l’État aux collectivités, au prétexte de participation à l’effort de réduction des déficits.

D’un côté, des recettes en diminution, de l’autre, des besoins, notamment sociaux, qui ne cessent de croître sous l’effet de la crise. La situation devient intenable.
voir le site de Libération libe_4.jpg