Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

14 novembre pour l’emploi et la solidarité en Europe

Communiqué commun CFDT, CGT, FSU, Solidaires et Unsa

Les organisations syndicales françaises CFDT, CGT, FSU, Solidaires, Unsa s’inscrivent avec l’ensemble du syndicalisme européen dans la journée d’action et de solidarité de la Confédération européenne des syndicats le 14 novembre 2012 pour la l’emploi et la solidarité en Europe.

Elles expriment leur ferme opposition aux mesures d’austérité qui font plonger l’Europe dans la stagnation économique, voire la récession. Ces mesures, loin de rétablir la confiance, ne font qu’aggraver les déséquilibres et créer des injustices. Elles mettent à mal le modèle social européen par ailleurs mis en cause par la concurrence et parfois le dumping dans les domaines de la fiscalité, du coût du travail et des conditions sociales.

En France, c’est un nombre de chômeurs qui ne cesse de croître depuis 17 mois avec encore une hausse record en septembre. Les plans de licenciements se multiplient. La précarité s’accroît, des millions de salariés n’accèdent à l’emploi qu’en CDD pour des durées de plus en plus courtes. 11 millions de personnes sont touchées par l’exclusion ou la pauvreté dont de nombreux retraités. Les salaires dans le privé et le public stagnent.

Les traitements de choc infligés aux travailleurs notamment en Grèce, en Espagne et au Portugal, montrent l’impasse de politiques qui conduisent à la destruction des droits sociaux.. La cohésion sociale, les services publics, le dialogue social et le respect des valeurs garanties par la Charte des droits fondamentaux sont mis en cause. Cette situation est insupportable et menace la construction européenne elle-même.

En s’amplifiant, la crise économique et sociale accroît fortement les inégalités entre les travailleurs européens et met en cause les droits de tous.

L’Europe doit bâtir ses politiques sur la solidarité et garantir les moyens du progrès social. La journée de mobilisation du 14 novembre permettra aux travailleurs de toute l’Europe d’agir, ensemble et solidairement, pour des conditions de travail et de vie décentes. Cela implique :

• une véritable coordination des politiques économiques et des mesures de solidarité concrètes avec les pays les plus en difficulté en intégrant systématiquement la dimension sociale aux décisions européennes ;

• la négociation d’un « Contrat social » revendiqué par la CES au niveau européen, incluant des mesures mettant fin à la concurrence sociale entre les États, en instaurant des standards sociaux européens, en particulier un salaire minimum dans chaque pays ;

• des mesures de relance au plan européen afin de renouer avec une croissance durable et favoriser l’emploi.

Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, Unsa décident de faire du 14 novembre une grande journée de mobilisation interprofessionnelle rassemblant les salariés du privé et du public, les retraités et les chômeurs pour manifester leur volonté de voir apporter des réponses concrètes aux difficultés que vivent tous les travailleurs en France et en Europe, en solidarité avec les travailleurs espagnols, portugais et grecs. Elles appellent partout en France à manifester selon des modalités permettant la participation la plus large.

Paris le 26 octobre 2012

 

La Sécu n’a pas un problème de dépenses mais de recettes

Éric Aubin « La Sécu n’a pas un problème de dépenses mais de recettes »

En charge des retraites à la CGT, Éric Aubin dresse le bilan de la réforme de 2010 et pointe la question clé du financement de la protection sociale. Il est interrogé par "l'Humanité".

En dépit des efforts de la CGT, qui a organisé un grand meeting au Zénith à Paris le 31?janvier, la retraite n’a pas fait l’objet de confrontations réelles dans cette campagne. Comment l’expliquez-vous??

Éric Aubin. Les préoccupations que les Français placent en priorité, l’emploi, le pouvoir d’achat, la retraite, ne trouvent pas écho chez les principaux candidats, parce qu’ils ne veulent pas s’engager sur ce terrain-là. Je le regrette. Ce n’est pas pour autant qu’elles ne sont plus dans la tête des salariés. Nous voyons une montée en puissance des conflits sur l’emploi, les salaires. Et tout le monde a bien compris le lien entre emploi et retraites. Les derniers chiffres du chômage montrent que la situation des seniors est dramatique. Et avec la réforme des retraites qui retarde l’âge du départ, elle va s’aggraver beaucoup, puisque de nombreux seniors vont se retrouver aux minima sociaux.

Le silence sur les retraites ne s’explique-t-il pas par le fait que, pour beaucoup, la crise financière et l’état des finances publiques obligeraient à des sacrifices sociaux, difficiles à défendre en période d’élections??

Éric Aubin. Oui. Parce qu’on est toujours sur une question de dépenses, alors que la CGT porte le problème des recettes. Toute la politique menée ces derniers temps, visant à exonérer de cotisations les entreprises, met à mal le financement de la protection sociale. La CGT, elle, lance une grande campagne sur le financement, avec l’idée que la Sécu n’a pas un problème de dépenses, mais de recettes.

Une étude du FMI estime le «risque financier» du vieillissement sous-estimé, et prône le relèvement de l’âge de la retraite, en rapport avec l’espérance de vie…

Éric Aubin. Ils oublient qu’on a eu un gain d’espérance de vie parce qu’on a réduit le temps de travail, hebdomadaire, annuel ou sur la carrière. Cependant, dans certains pays, comme les États-Unis, on constate aujourd’hui qu’elle commence à reculer. Les mesures prises ces derniers temps, notamment le report de l’âge légal de départ en retraite, vont avoir des conséquences sur la longévité. Pour nous, en tout cas, le gain d’espérance de vie doit aussi bénéficier aux salariés, parce que la retraite aujourd’hui, c’est un temps de la vie à part entière. Et puis, les retraités ne sont pas à la charge des actifs, mais des hommes et des femmes qui consomment, participent à la vie économique, à la vie associative. Ils représentent une richesse. Nous ne partageons donc pas l’idée selon laquelle il faudrait partager le gain d’espérance de vie entre une partie travail et une partie retraite. La productivité s’est accrue ces dernières décennies, les salariés doivent en profiter.

La réforme des retraites de 2010 est-elle emblématique selon vous du quinquennat écoulé??

Éric Aubin. Oui, par la méthode, le passage en force de cette réforme, malgré une opinion publique largement défavorable, et les grandes mobilisations que l’on a connues. Et par le fond?: tout le quinquennat a consisté en une réduction des droits, et une stigmatisation des salariés, des retraités et des demandeurs d’emploi. On ne voit pas de mesures, dans ce quinquennat, pouvant être considérées comme un progrès social.

Cette réforme avait pour but déclaré d’assurer le financement de la retraite, et de relever le niveau d’emploi en reculant l’âge de départ.

Éric Aubin. Force est de constater que ça n’a pas marché. Le chômage des seniors continue d’augmenter, comme celui des jeunes et le chômage de longue durée. Quant au financement des retraites, la question, portée par la CGT, a été renvoyée d’un revers de main par le gouvernement. Il ne faut pas s’étonner qu’elle ne soit pas réglée. Or, si on ne la règle pas, on aura une réduction des droits et un allongement de la durée de travail, alors que la situation de l’emploi ne permet pas aux salariés de rester au travail.

Vous revendiquez le retour de la retraite à soixante ans, un départ anticipé pour les travaux pénibles, et qu’il n’y ait pas retraite inférieure au Smic. Que répondez-vous à ceux qui jugent cela irréaliste en temps de crise??

Éric Aubin. Le problème posé est celui de la répartition des richesses. On a aujourd’hui plus de dividendes versés aux actionnaires que ce qui est consacré à l’investissement productif. Nous proposons une réforme du financement avec trois mesures principales?: l’élargissement de l’assiette de cotisations, la mise à contribution des revenus financiers des entreprises, et une modulation des cotisations qui prenne en compte la part de la masse salariale dans la valeur ajoutée. Ce serait des mesures incitatives à l’emploi, donc bonnes pour la protection sociale. La France en a les moyens.

Article dédié à François Scellier, député de la 6è circonscription et candidat aux législatives de juin. Il a voté la loi de réforme de la retraite lors de la législature et affirme « être le porte-parole des retraités ». Lors d’une discussion récente sur le marché de Saint Gratien, il tentait de justifier la fin de la retraite à 60 ans par « l’allongement de la durée de vie » et soutenait « avoir sauvé le système de retraite »… Hélas ! Ces deux arguments sont ici démontés. La « réforme » de notre système de retraite s’est bien traduite par un vrai recul social.

 

La dette, un alibi facile pour justifier les régressions

cgt.jpgBernard Thibault : « La dette, un alibi facile pour justifier les régressions»

« Le président de la République dessine une mise en pièce de la Sécu », affirme le secrétaire général de la CGT. Il appelle les salariés à exercer leurs droits de citoyens et à être aussi les acteurs des mobilisations syndicales. Extraits d’une interview parue dans l’Humanité

Peut-on lutter contre ?les agences de notation??

Bernard Thibault. Ce n’est pas un phénomène naturel qui conduit les agences de notation à faire la pluie et le beau temps. Les chefs d’État l’ont organisé. Il y a une hypocrisie de la part de Nicolas Sarkozy qui tantôt dit pis que pendre de ces agences, annonce la fin du capitalisme financier et la disparition des paradis fiscaux dès 2009, pour aujourd’hui développer une argumentation opposée?: il faudrait s’agenouiller devant ces agences qui seraient les révélateurs de la bonne santé de l’économie. En réalité, elles sont les révélateurs d’une économie spéculative au service des investisseurs internationaux et de leurs actionnaires.

Vous critiquez les mesures d’austérité mais il faudra bien résoudre le problème ?de la dette.

Bernard Thibault. Désormais, la dette sert d’alibi facile pour justifier toutes les régressions. Le président de la République a prononcé début novembre, à Strasbourg, une phrase révélatrice de sa démarche?: «?La crise va créer beaucoup de souffrances mais ce peut être une opportunité pour notre pays de prendre des mesures qu’il n’aurait jamais acceptées.?» D’où cette volonté de noircir le tableau.

Si Nicolas Sarkozy veut chasser les principaux voleurs et fraudeurs de notre pays, la CGT sera à ses côtés et peut lui désigner quelques cibles. Déjà en 2006, l’UMP analysait que 10 à 12?% des entreprises étaient en infraction par rapport à leurs obligations vis-à-vis de la Sécurité sociale, que 5 à 7?% des salariés n’étaient pas déclarés par les entreprises. Le travail dissimulé représente toujours entre 8 et 15?milliards d’euros de vol de la Sécu, la sous-déclaration des accidents du travail et maladies professionnelles 1?milliard. 80?% des fraudes sont l’œuvre d’établissements de santé et de certains professionnels, pas des assurés. On supprime des postes de fonctionnaires chargés de faire reculer la fraude fiscale qui représente 45 à 50?milliards d’euros Au nom des déficits, on s’attaque au noyau dur du contrat social?: la Sécurité sociale, les retraites, le temps de travail.

Vous parlez de « mise en pièces de la Sécurité sociale » à propos de la réforme annoncée de son financement. En quoi, selon vous, passer à un financement par l’impôt est-il si dangereux??

Bernard Thibault. Il y aura une croissance des dépenses de santé dans notre pays, c’est inévitable. La consommation de soins et de biens médicaux est passée de 98?milliards en 1995 à 175?milliards en 2009. L’augmentation de la population, l’espérance de vie qui augmente et les progrès qui permettent de soigner des pathologies qu’on ne pouvait pas soigner hier expliquent cette croissance. L’un des enjeux majeurs, c’est de savoir si nous allons conforter un système collectif et solidaire pour prendre en charge ces besoins de santé au sein de la Sécu ou si la santé de chacun dépendra un peu plus de l’épaisseur de son portefeuille pour se payer son assurance. La revendication du patronat de transférer une part des ressources de la Sécurité sociale vers l’impôt, tout comme l’annonce d’un haut conseil du financement de la protection sociale pour préparer l’instauration d’une TVA dite sociale ou anti-délocalisation, minerait le système solidaire.

Mais la France a-t-elle ?les moyens d’assurer ?cette protection sociale ?de haut niveau??

Bernard Thibault. Si on rapporte l’augmentation des dépenses de santé au PIB, c’est-à-dire aux richesses créées dans le pays, cela représentait 10,4?% en 1995 et 11,7?% en 2009. Il y a un choix de société à faire mais on ne peut pas dire que la France n’a plus les moyens. Les cotisations sont une part du salaire, un salaire socialisé. Elles n’appartiennent pas au patronat.

Mais est-il interdit de penser qu’il y a des économies à faire sur les dépenses publiques??

Bernard Thibault. On peut trouver de nouvelles ressources par des réformes fiscales et la création d’emplois pour permettre aux besoins sociaux d’être satisfaits. 172?milliards d’euros par an d’argent public distribués aux entreprises par l’État et les collectivités locales sans outils d’évaluation de leur pertinence. PSA, Montupet… ont reçu des aides publiques et détruisent des emplois. Il y a des dépenses publiques à remettre en cause.

Les revendications patronales sont formulées au nom de la compétitivité vis-à-vis de l’Allemagne notamment…

Bernard Thibault. Dans tous les pays, c’est toujours au nom de l’emploi qu’on justifie la mise en cause des droits des salariés, et pourtant le chômage et la précarité progressent partout. Depuis de longs mois la CGT se bat contre le sabotage de notre potentiel industriel. La balance commerciale dans l’industrie pour 2010 était en déficit de 66?milliards d’euros alors qu’elle était en équilibre il y a une dizaine d’années. On est dans le rouge. En comparaison, celle de l’Allemagne est excédentaire de 154?milliards d’euros. L’Allemagne pratique des salaires supérieurs à la France et pour un temps de travail inférieur. IG Metal vient de signer pour une augmentation de 3,8?% des salaires pour les métallurgistes ouest-allemands. Ce n’est donc pas le coût du travail qui est en cause. Le problème est d’abord l’absence de politique industrielle structurée pour inverser la tendance. C’est aussi le sous-investissement. L’an dernier, les entreprises industrielles et de services (hors les banques et assurances) ont injecté 180?milliards d’euros en investissements. C’est inférieur à la somme des dividendes versés aux actionnaires, 210?milliards d’euros. Voilà le malaise.

Ce que vous proposez prend ?à contre-pied ce qui se fait ?en Europe. Est-ce crédible??

Bernard Thibault. L’Europe est dans une impasse politique majeure. Elle est dans l’incapacité de dessiner un avenir mobilisateur du point de vue social du fait des choix actuels. Le marché européen devait produire un espace de progrès social. Ce constat est révolu. Cela s’est accompagné d’une offensive sur les services publics au nom de la concurrence libre et non faussée érigée en dogme. Les syndicats en Europe ont d’ailleurs décidé d’une journée d’action le 30?novembre pour défendre les services publics. Il ne sera pas praticable de rester dans cette logique où le marché est l’unique fin et moyen de cette construction européenne. Si on est incapable de redonner une dimension sociale à l’Europe, seuls ceux qui prônent le repli nationaliste en maniant racisme et xénophobie se feront de plus en plus entendre. Les tensions seront immenses.

Que pensez-vous du climat dans le monde du travail?? Il semble pesant, il y a beaucoup de souffrances.

Bernard Thibault. Un climat très anxiogène est entretenu. On voudrait accréditer l’idée qu’il n’y a pas d’alternative à la précarité sociale, qu’il faut s’agenouiller devant des organismes qui n’ont rien de démocratique. Cela questionne sur les mécanismes du vivre ensemble, de la démocratie. On ne sait plus où sont les centres de décision. Cela pèse sur le climat, il ne faut pas s’en désoler mais travailler à des ?alternatives, et la CGT est parmi les acteurs qui défendent des alternatives. Les salariés ont tout à perdre à rester spectateurs. On ne leur a jamais rien accordé, c’est la logique du capitalisme. À chaque fois qu’il y a eu des progrès sociaux, en France et dans le monde, il a fallu les arracher par l’action syndicale.

 

Triple zéro !

_432_.jpgLa CGT délivre un "triple zéro" à la politique du gouvernement

«Pour nous, la note, ce n'est pas un Triple A, c'est un Triple Zéro». Bernard Thibault, qui faisait ce vendredi sa rentrée devant la presse, a livré en ces termes l'évaluation faite par la CGT de la politique gouvernementale face à la crise.

Pour le secrétaire général de la première centrale syndicale française, qui doit être reçu lundi 29 août par François Fillon, le paquet de mesures de «rigueur» annoncé mercredi «s'inscrit dans la droite ligne des réformes précédentes», telles celle des retraites ou la Révision générale des politiques publiques. Il rejoint les plans adoptés ailleurs en Europe, une Europe «plongée dans la pire des situations depuis plusieurs décennies avec plus de 23 millions de chômeurs», et où «la seule réponse des dirigeants repose sur l'adoption de mesures d'austérité, la pression sur les salaires, la réduction des services publics, de la sécurité sociale, des pensions, un durcissement des conditions de travail et de vie».

«Il ne peut y avoir de consensus sur de telles bases», a tranché le leader de la CGT, évoquant les mesures Fillon, qu'il s'agisse d'une taxation des plus riches relevant «uniquement de la symbolique politique», du maintien du dogme de la suppression d'emplois dans la fonction publique, de l'accès aux mutuelles santé rendu plus onéreux... «Il peut y avoir «front commun» pour s'attaquer aux marchés financiers, ajoute-t-il, mais certainement pas pour leur obéir et faire passer la pilule auprès des salariés». Quant à la «règle d'or» de l'équilibre budgétaire que Nicolas Sarkozy voudrait voir inscrite dans la Constitution, ce n'est rien d'autre qu'une «supercherie qui se transformerait en règle de plomb pour amplifier les réformes antisociales». Au demeurant, pour la CGT, qui récuse ainsi l'analyse de fond de la situation faite par le gouvernement, la crise ne trouve pas son origine dans un «dérapage des dépenses publiques», mais dans «l'effondrement des recettes». Il y aurait d'ailleurs, si on le voulait, «beaucoup de ressources supplémentaires à collecter» pour l'Etat, fait valoir Bernard Thibault. Une réforme «en profondeur» de la fiscalité, sur le revenu comme sur les sociétés, fait partie de la dizaine d' «exigences» portées par le syndicat en cette rentrée, et qui devraient être «autant d'axes de campagne dans les entreprises, les professions, les territoires».

Car, pour la CGT, la mobilisation des salariés est, bel et bien, d'ores et déjà à l'ordre du jour. «Le monde ne s'arrête pas de tourner parce qu'il y a des élections présidentielles dans 9 mois», «la situation appelle une intervention forte des salariés» a noté le leader du syndicat. Avant d'indiquer que, «à l'unanimité», les responsables des fédérations professionnelles et des unions départementales, réunies jeudi en assemblée générale, se sont prononcés «pour que l'intersyndicale s'oriente sur l'organisation d'une journée de mobilisation interprofessionnelle au début octobre avec l'organisation de manifestations et la mise en débat de grèves décidées dans les entreprises avec les salariés». L'intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires) doit se réunir le 1er septembre. Bernard Thibault estime qu'il y a «de fortes probabilités» pour que cette réunion débouche sur la décision d'une action commune. Il y a des «contacts réguliers», «les avis progressent», a-t-il noté.

Les 10 exigences pour la rentrée

1. «Conditionner toute aide publique au respect de critères portant sur l'emploi, les politiques salariales des entreprises et donner des moyens d'intervention aux salariés sur le bienfondé et l'usage de ces aides».
2. «Supprimer les exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires».
3. «Agir sur les salaires dans le privé et dans le public. Nous revendiquons l'ouverture immédiate des négociations annuelles obligatoires par anticipation au titre de 2012».
4. «Développer les politiques publiques et notamment donner les moyens indispensables aux politiques d'éducation, de santé, de recherche.»
5. «Stopper les suppressions d'emplois, voire créer de nouveaux postes dans la fonction publique et les services publics».
6. «Contraindre les entreprises à examiner sérieusement toutes les alternatives aux licenciements en élargissant les pouvoirs d'intervention des salariés et de leurs représentants dans leur entreprise, leur groupe, voir leur filière d'activité».
7. «Réformer la fiscalité en profondeur. Améliorer la progressivité de l'impôt sur le revenu, créer de nouvelles tranches pour les hauts revenus. Augmenter l'Isf. Supprimer les niches fiscales inutiles. Taxer et/ou soumettre à cotisation tous les revenus sans distinction (...). Transformer l'impôt sur les sociétés. Il pourrait augmenter pour les entreprises qui utilisent leurs bénéfices pour capitaliser ou verser de gros dividendes et baisser pour les entreprises qui embauchent, augmentent les salaires, investissent dans l'outil de travail, la recherche, la préservation de l'environnement...»
8. «Créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédits à taux réduits pour favoriser l'investissement productif».
9. «Au plan européen et international, taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux».
10. «Mettre en place un fonds européen de solidarité sociale et de développement économique».

Huma.fr

 

Derrière la dette, les mauvais choix des politiques économiques des États

Nasser Mansouri-Guilani, économiste de la CGT, s’insurge contre la domination des marchés qui provoque la hausse du chômage et nuit à la croissance.

Quelle conséquence aura la dégradation de la note américaine en Europe et en France??

Nasser Mansouri-Guilani. Sans dédouaner les États et leur responsabilité dans cette crise, peut-on faire confiance aux agences de notation, en l’occurrence Standard & Poor’s, au regard de leurs erreurs du passé?? Peut-être y a-t-il derrière cette annonce une opération qui vise à envenimer la panique pour renforcer la position des marchés financiers. En montrant que même la première économie mondiale risque la faillite, ces agences, qui travaillent pour les spéculateurs et les financiers, veulent obliger les gouvernements à respecter ou à mettre en place les programmes d’austérité et à préparer les esprits à la fatalité et aux sacrifices au nom de la stabilité.

La dette est-elle devenue ingérable??

Nasser Mansouri-Guilani. Les dettes américaine et européenne ont fortement augmenté après la crise de 2008, en liaison avec les plans de sauvetage des banques et du système financier. Les mauvais choix des politiques économiques ont conduit à déséquilibrer encore plus les finances publiques. En France, la poursuite de la réduction des prélèvements sur le capital et le maintien des niches fiscales et sociales ont amené le gouvernement à résoudre l’équation en diminuant les dépenses publiques utiles ou les salaires des fonctionnaires. Le cas grec est pourtant très éclairant. Le plan d’austérité a réduit le taux d’activité économique du pays. La dette a augmenté le bonheur des marchés financiers, détenteurs des dettes souveraines, qui ont pu développer la spéculation sur le marché obligataire. L’approche libérale conçoit par définition l’endettement public comme mauvais. Mais la dette peut aussi être liée aux investissements qui permettent de créer des richesses bien supérieures au coût de l’endettement sur le long terme. Tout dépend donc de la nature de l’endettement. Il ne faut pas oublier que plus l’endettement est élevé, plus les charges d’intérêt le sont aussi. Il faut donc bien distinguer le bon et le mauvais endettement.

Qu’entendez-vous par « bon » endettement public??

Nasser-Mansouri-Guilani. L’exemple le plus classique est celui des infrastructures. Pour les construire, nous pouvons emprunter, mais alors il s’agit d’un investissement qui permet de créer plus d’emplois, d’augmenter le revenu national. Cette hausse du revenu national va permettre d’engranger plus d’impôts et de dégager des ressources supplémentaires qui permettront de rembourser la dette tout en renforçant le potentiel productif du pays. Autre exemple, l’un des atouts de la France réside dans sa main-d’œuvre qualifiée. Le choix de diminuer les dépenses dans l’éducation nationale affaiblit le potentiel productif du pays à moyen et long terme. Le vrai enjeu consiste à être au rendez-vous du déficit sans l’être au détriment des salariés, des populations et du potentiel productif du pays. Il est nécessaire de créer les conditions pour que l’économie soit plus prospère par la hausse des salaires, par l’emploi qualifié et stable, etc. Il faut aussi augmenter l’impôt des plus riches, sur le capital, taxer les transactions financières. Il faut enfin supprimer les niches sociales et fiscales inutiles.

Ce risque de domination des marchés financiers encore plus forte ne demande-t-il pas des actions soutenues des salariés, en France et en Europe??

Nasser Mansouri-Guilani. Les peuples sont opposés à ces programmes d’austérité, d’ailleurs le mouvement des Indignés en Europe en témoigne. Mais il ne suffit pas de s’indigner, il faut être porteur d’un changement, d’un projet alternatif. La CGT et plus globalement les syndicats doivent profiter de ces conditions pour inverser le rapport de forces et le rendre plus favorable aux travailleurs, dans l’espace européen, voire au-delà. Les organisations syndicales travaillent autour de toutes ces exigences?: hausse des salaires, emplois qualifiés et stables, promotion des investissements productifs, ou encore taxe sur les transactions financières. Il y a également nécessité à sortir de ces schémas de concurrence et de compétitivité et à aller vers plus de solidarité. À l’inverse de ce fonds de stabilité financière qui ne répond qu’aux attentes des marchés financiers, il faudrait un véritable fonds de solidarité avec un autre contenu permettant un développement humain durable. Il y a encore besoin de débats afin de mobiliser les salariés autour de ces exigences. C’est à quoi travaille la CGT pour organiser une journée de mobilisation à la rentrée.

Entretien paru dans l'Humanité

 

La France aussi est dans l’austérité

thibault.jpgDans une interview publiée par Le Monde du 23 juillet, le secrétaire général de la CGT appelle à la mobilisation et juge que le pouvoir piétine la démocratie sociale.

Propos recueillis par Claire Guélaud, journaliste

Bernard Thibault regrette que l’Europe n’ait " plus d’objectifs de développement social " et invite les politiques à " reprendre le pouvoir aux institutions financières ", car " l’Europe est malade ", et pas seulement sur le plan économique. Le secrétaire général de la CGT confirme l’appel à la mobilisation à la rentrée mais n’attend pas grand-chose de l’intersyndicale du 18 août. Il est possible, dit-il, que le syndicalisme traverse une " séquence de divisions ".

Que révèle la crise grecque ?

Nous vivons dans un monde dominé par des logiques économiques et financières sur lesquelles de moins en moins de personnes ont de prise. La Grèce est sous les feux de l’actualité mais la Confédération européenne des syndicats l’a constaté à la mi-mai : c’est toute l’Europe qui est malade sur le plan économique, social et politique.

Le sommet de jeudi répond-il aux difficultés européennes ?

Une fois de plus, on tente de nous convaincre qu’on a évité le pire... jusqu’à la prochaine secousse naturellement prévisible puisque rien ne change sur le fond. L’Union européenne n’a plus d’objectifs de développement social. Les agences de notation et les banques convoquent les chefs d’État en leur fixant leur feuille de route, et l’intérêt des marchés prime sur celui des peuples. Cela ne peut pas durer très longtemps.
Les responsables politiques doivent reprendre le pouvoir aux institutions financières. Ceux qui ne prennent pas la mesure de la situation feront le jeu des partis d’extrême droite. Lesquels rencontrent un certain succès en Europe en proposant des réponses qui n’en sont pas, en désignant des boucs émissaires - l’immigré de service -, ce qui protège le système à l’origine d’un malaise social grandissant. La France aussi est dans l’austérité ; elle l’a même prônée dans le pacte " euro plus ".

A quoi pensez-vous ?

Aux injonctions de la Commission européenne pour 2011-2014. Elles nous permettent de mieux comprendre pourquoi le ministre du travail, Xavier Bertrand, a annoncé précipitamment un nouvel allongement de la durée de cotisation pour les retraites, pourquoi il faut tailler dans les budgets publics et sociaux ou encore instaurer une deuxième journée de travail gratuit pour financer la dépendance. On passerait ainsi du " travailler plus pour gagner plus " au travailler plus mais gratuitement. Ce n’est pas non plus un hasard si le Medef relance sa revendication d’une suppression de la durée légale du travail.

La CGT a proposé une journée d’action à la rentrée sans consulter l’intersyndicale. Pourquoi ?

La situation est sérieuse et le mouvement syndical doit être au diapason du mécontentement social, comme le sont tous les syndicats en Europe. Nous avons décidé de le dire publiquement, à nos partenaires syndicaux et plus largement aux salariés. La question du pouvoir d’achat et des salaires va revenir en force à la rentrée. L’emploi ne s’est pas amélioré, l’austérité est programmée.
Notre message est simple : soit on prend l’initiative d’organiser des actions collectives pour modifier le cours des choses, soit on laisse faire. Si les salariés veulent de vraies alternatives, ils doivent le dire ensemble et le cadre syndical le permet. Ils auraient tort de rester seuls l’arme aux pieds en considérant que le bulletin de vote est l’unique moyen d’expression.

Peut-on échapper au redressement des comptes publics ?

Qui a multiplié les aides financières aux entreprises qui coûtent plusieurs dizaines de milliards d’euros sans contreparties, les avantages fiscaux aux plus fortunés tout en justifiant le blocage du smic et contribuant à la baisse des pensions ? C’est le gouvernement !
Le redressement ne passera pas par le recul des droits sociaux mais par une réappropriation publique des moyens de financement et leur orientation sur les investissements productifs, le développement des qualifications et leur juste rémunération. Nous voulons un autre partage des richesses.

Que va donner l’intersyndicale ?

Nous avons bien noté que notre proposition de préparer dès maintenant une mobilisation interprofessionnelle unitaire n’avait pas reçu un accueil d’un enthousiasme débordant. On va continuer de discuter de la situation et faire le point le 18 août. Je crains qu’un désaccord n’apparaisse sur l’opportunité d’en appeler à la mobilisation. Chacun prendra ses responsabilités. Les relations syndicales sont faites de hauts et de bas. Il est possible que nous traversions une séquence de divisions. Pour nous, il n’est pas question d’accompagner les politiques actuelles sans réagir de manière plus offensive.

Mais, en 2010, il y a eu des mobilisations exceptionnelles, souvent unitaires, mais sans effet...

La loi sur les retraites est passée, c’est vrai. Mais si le président de la République perd l’élection présidentielle, il aura là un des motifs d’explication, quoi qu’il en pense. On ne peut pas piétiner la démocratie sociale à ce point.

La CGT a été un des syndicats les plus actifs contre le FN. Qu’a donné cette action ?

Il était normal et évident que nous réagissions fermement : pour la première fois, un parti intente une action en justice contre la CGT pour discrimination politique. Ce n’est pas banal ! J’attends avec impatience les suites, s’il y en a, de cette procédure. Il faut répondre à la démagogie du FN, qui se dit proche des ouvriers sans jamais soutenir une seule de leurs grèves.
L’extrême droite cherche à surfer sur le mécontentement social et sur la déception politique ; elle prétend jouer le jeu de la démocratie et, parvenue à ses fins, applique des politiques contraires aux valeurs historiques du syndicalisme. Aucun progrès social ne se construit sur la discrimination.

Votre action est-elle efficace ?

N’oublions pas, même si certains s’y efforcent, ce qui s’est passé en 2010. La France est un des pays européens où la mobilisation sociale a été la plus imposante avec des millions de manifestants. Cela a laissé des traces. De nombreux électeurs se détermineront en 2012 en fonction du bilan et des propositions sur le terrain économique et social.
Pourquoi croyez-vous que le gouvernement a dégainé sa prime indexée sur les dividendes ? Pour essayer de remonter le terrain perdu en matière sociale, avant une rentrée placée sous le signe de l’austérité avec les restrictions budgétaires, les 2 milliards d’économies sur la Sécurité sociale, l’autre journée de solidarité, etc.
Et je ne vois rien du côté du dialogue social avec le patronat qui puisse compenser un tant soit peu cette politique ! La négociation nationale interprofessionnelle nous semble de plus en plus artificielle : il n’y a qu’à voir le sort fait aux jeunes. L’accord du 7 juin ne comporte aucun engagement supplémentaire des entreprises.

Que pensez-vous de l’idée de M. Luca, qui avait suggéré d'interdire la grève lors des grands départs en vacances ?

Il devrait interdire aussi les licenciements, les restructurations et les mauvaises lois pendant les congés !

Qu’est-ce qui marquerait une rupture avec le sarkozysme ?

La manière d’exercer le pouvoir. J’ai tout de suite compris qu’il y aurait un problème récurrent avec le chef de l’État dès qu’il a expliqué que c’était un job, autrement dit qu’il avait les pleins pouvoirs. Une élection ne confère pas les pleins pouvoirs. Il faut gouverner autrement, notamment en instaurant d’autres rapports avec les représentants des salariés. Une majorité de gauche peut être plus sensible à cette nécessité. Même si je sais par expérience que les partis de gauche pensent intégrer le point de vue syndical, alors que cela n’a rien d’automatique.
Les élus politiques devraient aussi faire respecter le droit constitutionnel qui protège la liberté syndicale dans les entreprises. Les atteintes à ce droit restent un fléau récurrent.

La CGT va-t-elle donner des consignes de vote pour la présidentielle ?

Nous n’avons pas décidé ce que nous ferons. Mais il est peu probable que M. Sarkozy trouve la masse de ses voix parmi nos adhérents.

 

Double peine

_432_.jpgL’objectif du gouvernement est de baisser les pensions.

Pour Éric Aubin, secrétaire confédéral de la CGT chargé des retraites, les salariés subiront une diminution du niveau de leur pension.

Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, vient d’annoncer que le décret portant ?la durée de cotisation ?à 41?ans et demi pour ?une retraite à taux plein est en préparation. Est-il obligé de suivre ainsi la recommandation ?du Conseil d’orientation des retraites (COR)??

Éric Aubin. Non. Et ce n’est d’ailleurs pas une recommandation. Le COR va donner un avis technique?: à partir d’un constat portant sur un allongement de l’espérance de vie, il traduit en fonction de la réforme Fillon de 2003 ce que cela signifierait en termes de durée de cotisation. Je ne suis pas surpris que Xavier Bertrand mette en œuvre la réforme de 2003. Nous, nous l’avons combattue parce qu’elle contenait cette augmentation de la durée de cotisation. Il faut noter que, vu la situation actuelle de l’emploi, du chômage, notamment celui des seniors, qui continue de croître, l’objectif du gouvernement est de baisser les pensions. Et ce sera la conséquence de cette augmentation de la durée des cotisations.

Vous parlez de «double peine». ?Dans quel sens??

Éric Aubin. Double peine parce que le recul de l’âge légal de départ à la retraite se double de l’augmentation de la durée de cotisation. Jouer sur ces deux tableaux à la fois est un fait unique en Europe. Cette réforme est la plus dure d’Europe. Autour de nous, les pays sont à 37?ans, voire 35?ans, pour une retraite à taux plein, en aucun cas à 41?ans et demi.

On peut aujourd’hui mesurer pleinement ?les effets négatifs des réformes menées depuis des années... Éric Aubin. Au bout de quinze ans, on a vu les effets de la réforme Balladur de 1993. Le passage des 10??aux 25?meilleures années a coûté 15% de niveau des pensions en moins. Huit ans après 2003, on voit les effets de la réforme que nous avons combattue. Et on voit déjà les effets de la réforme de 2010. La non-reconduction de l’allocation équivalent retraite (AER) va mettre des dizaines de milliers de demandeurs d’emploi en fin de carrière en situation de non-ressource. Et dans les mois et les années qui viennent, on verra encore les pensions baisser.

Mais ne faut-il pas en passer par là pour sauver le régime des retraites??

Éric Aubin. S’il en était ainsi, ce serait un moindre mal. Mais ça ne sauvera en rien le régime des retraites, dans la mesure où les questions de son financement ne sont en rien réglées. La CGT demande depuis 1993 une véritable réforme du financement de la protection sociale et des retraites. Et il faut une autre politique de l’emploi.
'' Tous les syndicats sont opposés à cette mesure, mais on a l’impression ?que tout est joué…''

Éric Aubin. À la CGT, nous réunissons aujourd’hui même la commission exécutive confédérale pour débattre d’une proposition d’action aux autres organisations syndicales. Ce pourrait être ?le 6 octobre. Ce sera une rentrée particulière, avec la campagne présidentielle et une situation sociale dure. ?Le pacte euro plus s’annonce comme ?un corset d’austérité pour toute l’Europe. Emploi, salaires, financement de la protection sociale et promotion des services publics seront les thèmes majeurs de cette rentrée.

Allez-vous interpeller les candidats sur la réforme des retraites??

Éric Aubin. La CGT aura des choses à dire aux candidats à l’élection présidentielle, ?bien entendu. Ils ne devront pas oublier ce que des millions de salariés ont exigé dans ?la rue en 2010.

Entretien paru dans l'Humanité

 

La bataille des retraites n'est pas terminée

sarko_55.jpgLe Conseil d’Orientation des Retraites (COR) doit rendre aujourd’hui un avis présenté comme "technique", mais préconisant un allongement de la durée de cotisation à 41 ans et demi. Le gouvernement et le MEDEF applaudissent, les syndicats s’insurgent.

Les représentants de la CGT pour le Conseil d’Orientation des Retraites ont publié une déclaration le 6 juillet.

Il n’y a pas d’accord sur l’allongement de la durée de cotisation.

La CGT est fermement opposée à l’allongement à 166 trimestres, à partir de la génération née en 1955, de la durée de cotisation nécessaire pour toucher une retraite à taux plein. La consultation du Conseil d’Orientation des Retraites, sensé « rendre un avis technique » sur le sujet, est un paravent que veut utiliser le gouvernement pour justifier une décision déjà prise qui découle de la loi de 2003.

Cette mesure, comme le recul de l’âge de départ en retraite, est injuste car elle pénalise les catégories de salariés modestes qui ont les parcours professionnels les plus hachés et les retraites les plus courtes. Elle se cumule en effet avec la décision de reculer rapidement à 62 ans l’âge minimal du droit au départ à la retraite. C’est la « double peine » qui fait de la réforme française des retraites l’une des plus dures parmi celles appliquées en Europe.

Par ailleurs, la CGT conteste depuis 2003 les bases de calcul retenues dans le décret pris en application de l’article 5 de la loi du 21 Août 2003, qui surestiment la durée de retraite des salariés et sous estiment la durée de cotisations : l’âge moyen de liquidation de la retraite est dors et déjà beaucoup plus tardif que les 60 ans pris comme référence !

Décidément, on n’a pas fini de parler des retraites. D’autant que les derniers chiffres du chômage sont là pour rappeler que la situation des salariés âgés comme celle des jeunes ne s’améliore pas, bien au contraire. Cela ne fait que renforcer la nécessité d’une véritable politique de l’emploi sans laquelle l’équilibre de notre système de retraite ne peut être durablement envisagé.

Jean-Christophe Le Duigou et Pierre-Yves Chanu ; représentants de la CGT au COR

 

Dans le Val d’Oise, les luttes gagnantes se sèment et se récoltent

je_lutte_des_classes.jpgDans le département du Val d’Oise, une quinzaine de conflits, pour la plupart victorieux, ont eu lieu depuis le début de l’année, dans le privé comme dans le public. Une dynamique qui méritait bien une fête.

A la veille du premier mai, la CGT du Val d’Oise a pris le contrepied de la morosité ambiante pour célébrer sa première fête des victoires et des luttes. Une quinzaine de conflits ont en effet éclaté depuis le début de 2011 dans le département. « Quinze luttes, quasiment toutes gagnantes en cinq mois, surtout après la bataille des retraites, ça a un sens », jubile Philippe Lattaud, secrétaire départemental, lors de réjouissances organisées vendredi soir à Cormeilles en Parisis.

Public, privé, les conflits concernent tous les secteurs professionnels et ont permis des avancées tous azimuts : salaires, conditions de travail, emploi, mutuelle… « Cette dynamique prouve que les salariés sont de plus en plus révoltés », analyse le responsable syndical. « Désormais, ce ne sont plus les salariés qui ont la peur au ventre, ce sont les tauliers. Aujourd’hui, ils négocient tout de suite. »

Cinq jours de grève, en février dernier, ont ainsi suffi aux salariés de Val Horizon (collecte des ordures ménagères) pour obtenir gain de cause. Revalorisation salariale de 2%, recrutement de 20 intérimaires en CDI, versement d’une prime exceptionnelle, amélioration des conditions de travail, une mutuelle alignée sur les autres salariés du groupe, organisation d’élections professionnelles, et « respect de la dignité humaine ». « On avait tout mis sur la table, on a tous tenu pendant une semaine. Et on a gagné », se délecte Mohamed Gouidrek, délégué CGT de l’entreprise. (Notre blog s’est fait l’écho de cette mobilisation à plusieurs reprises.)

Autre grève aussi rapide que victorieuse, celle des matelas Benoist, qui eux aussi se sont battus pour leur dignité. Et qui ont obtenu beaucoup plus : régularisation de sans papiers, augmentations de salaires… A ce jour, des problèmes persistent mais Boris, Younoussa, Mouhamadou, forts de leurs nouveaux mandats syndicaux, n’entendent pas « se laisser faire ». Autre exemple, celui des conducteurs de l’entreprise Céobus de Pontoise. En seize jours de grève, les conducteurs de cette filiale de la RATP ont obtenu plusieurs primes, de meilleures conditions de travail et l’arrêt des contrats précaires. « On a fait dégager la direction. Et maintenant, on nous écoute », se félicite Abdel Romdhane, le délégué CGT.

Privé, public, même combat. Chez les territoriaux de la mairie d’Argenteuil, la CGT se mobilise depuis 2008 pour éradiquer la précarité. « On a obtenu la titularisation progressive des 500 contractuels », indique Pascal Videcoq, secrétaire CGT. Élue du personnel CGT au sein de l’office AB-Habitat d’Argenteuil-Bezons, Cécile Sellier, elle, se bat car « plus on précarise les salariés, plus le service public est mis à mal. »

Du point de vue de Philippe Lattaud, ces victoires sont le fait de salariés motivés, mais aussi de la restructuration des unions locales, « instances de proximité faites pour aider les salariés ». « Construire un mouvement, ça se réfléchit, il y a un savoir-faire de la lutte », poursuit-il. Une stratégie qui fonctionne puisque la CGT du Val d’Oise enregistre 600 adhésions par an depuis quatre ans. « On est aujourd’hui plus de 6 000 . En 2010, 70 syndicats de boîtes ont été créés. Les effectifs remontent, avec des jeunes qui ont la niaque. On sent bien qu’on est sur une dynamique. »

Article paru dans l'Humanité du 2 mai 2011

 

1er Mai : solidarité internationale et progrès social

premier_mai.pngCommuniqué commun CFDT - CGT – FSU – Solidaires – UNSA

Le 1er mai, journée de solidarité internationale du monde du travail, prend un relief particulier dans un monde marqué par des évolutions majeures.

Les organisations CFDT - CGT – FSU – Solidaires – UNSA expriment leur soutien aux peuples des pays arabes qui se soulèvent pour la dignité et la liberté. Partout dans le monde, cette onde de choc salutaire bouscule les dictatures et porte un message d’espoir de liberté, de démocratie et de progrès social.

Elles font aussi du 1er mai une journée de solidarité européenne en dénonçant les politiques d’austérité imposées par les États membres de l’Union et les Institutions européennes pour « assainir » les dépenses publiques. Les salarié(e)s ne doivent pas payer le coût d’une crise dont ils ne sont pas responsables.

En France, le 1er mai 2011 se déroule dans un contexte de crise économique et sociale qui creuse les inégalités et mine la cohésion sociale, un contexte de tension sociale toujours forte liée aux préoccupations des salariés en matière d’emploi, de salaires et de conditions de travail qui se sont exprimées fortement dans les mobilisations de 2009 et 2010 face à la crise et à la réforme des retraites.

Partout participons aux manifestations unitaires pour :

  • Donner la priorité à l’emploi par des politiques économiques et sociales prenant appui sur une réelle politique industrielle qui réponde aux impératifs écologiques et des services publics de qualité, favorisant la réduction des inégalités. Prioriser des mesures en faveur des jeunes. Mettre fin au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.
  • Améliorer les salaires, les pensions et le pouvoir d’achat, permettre à chacun de vivre dans la dignité en garantissant le droit pour toutes et tous à une protection sociale solidaire et de haut niveau tout au long de la vie ; Faire reculer les inégalités entre les femmes et les hommes
  • Améliorer les conditions de travail et faire reconnaître la pénibilité ;
  • Lutter pour l’égalité des droits et contre toutes les discriminations, notamment concernant tous les travailleurs migrants.

L’exigence d’une vie meilleure faite de justice sociale, du respect des droits fondamentaux, d’un travail décent, reconnu et valorisé doit se faire entendre.

Mobilisons-nous pour le « vivre ensemble », la solidarité entre les salariés et l’égalité des droits, le choix de la paix, le choix du social. C’est de cette façon que reculeront l’exclusion, le racisme, le rejet de l’autre. Nos organisations appellent tous les salariés, les chômeurs et les retraités à participer aux manifestations unitaires organisées dans toute la France.

A Paris, la manifestation défilera de République à Nation ; RV à 14h30

Le Front de Gauche tiendra un point fixe sur le parcours de la manifestation au croisement des boulevards Voltaire et Richard Lenoir (métro Oberkampf.)

 

Gros coup de froid sur les salaires des fonctionnaires

Le ministre du Budget, François Baroin, a confirmé le 19 avril le gel de l’indice salarial des fonctionnaires en 2012, pour la deuxième année consécutive.

Le ministre a insisté sur le fait que ce gel n’était pas incompatible avec une hausse du pouvoir d’achat des fonctionnaires, par le biais notamment des primes ou des mesures catégorielles. Il a évalué cette hausse à plus de 3% en 2011.

Le point d’indice, qui sert de base au calcul des salaires des 5,2 millions d’agents des trois fonctions publiques (Etat, territoriale et hospitalière), avait été relevé de 0,5% au 1er juillet 2010 et son gel décidé pour 2011.

Les organisations syndicales ont néanmoins manifesté leur colère après la réunion qu’elles ont quittée au bout d’une heure et demie à l’issue d’une suspension de séance.

Jean-Marc Canon (CGT) s’est dit "profondément mécontent" à l’annonce du gel, évoquant "une mesure sans précédent depuis la Libération". Les syndicats, a-t-il affirmé, "ne peuvent pas cautionner une perte du pouvoir d’achat des fonctionnaires", alors que l’inflation est estimée à 2% par l’Insee.

Selon lui, le point d’indice est bien "la pierre angulaire" de la rémunération des fonctionnaires et le gouvernement n’a annoncé "aucune mesure qui soit réellement intéressante".

L’Unsa a jugé le gel du point "inacceptable", la CFTC regrettant que la réunion ait "servi à justifier une politique de rigueur budgétaire que les agents de la fonction publique devront subir".

Quant au secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, il a accusé sur RMC le gouvernement d’avoir "deux discours différents" sur le pouvoir d’achat, le gel du point intervenant au moment même où une prime est évoquée pour les salariés du privé.

La fonction publique "smicardisée"

Dans l’Humanité du 19 avril 2011, Jean-Marc Canon, secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT, dénonce la paupérisation des agents du public.

Pour le syndicaliste, "les salariés du public comme du privé ont besoin de bons salaires pour un pouvoir d’achat décent. Or, il y a une régression du pouvoir d’achat pour tous. Dans la fonction publique, la question des salaires est redevenue, à juste titre, la première préoccupation. Jamais depuis la Libération la valeur du point d’indice n’avait été gelée deux années de suite. Depuis le 1er janvier 2000, aucun accord salarial n’a été signé dans la fonction publique et le recul de la valeur du point d’indice par rapport à l’inflation est de + 11%. C’est une chute considérable et inédite."

Nous réclamons "un salaire minimum de 1600 euros brut, que tous les agents avec une carrière complète aient une amplitude de revenus d’un à deux, et un plan pluriannuel de rattrapage de la valeur du point. Sinon on assiste d’une part à une paupérisation des agents mais aussi à une "smicardisation".

Aujourd’hui, un agent de catégorie A, recruté à bac plus 5 est embauché à 17 % ou 18 % au dessus du smic. Il l’était à 70 % il y a 25 ans. Un agent recruté au niveau du smic peut se retrouver au même niveau dix ans après."

Infos Cidefil

lire la déclaration du SNUipp, syndicat des enseignants

signer la pétition des organisations syndicales pour l'augmentation de salaires dans la fonction publique

 

Le mouvement social est légitime et conforté

Déclaration commune des organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA

Après plusieurs semaines de mobilisation et malgré les moyens déployés par le gouvernement pour tenter d’accréditer l’idée que « la page retraite » est tournée, ce sont 1,2 million de salariés qui ont manifesté le 6 novembre dans 243 villes contre cette réforme des retraites injuste et inefficace. Si chacun a conscience que la loi sur les retraites est susceptible d’être promulguée dans les prochains jours, (chose faite le 10 novembre, ndlr) l’heure n’est pas à la résignation. Les organisations syndicales continueront d’agir pour la réduction des inégalités, une véritable reconnaissance de la pénibilité et d’autres alternatives pour le financement du système de retraites par répartition. Elles réaffirment leur attachement au maintien de l’âge légal de départ en retraite à 60 ans et de l’âge du taux plein à 65 ans.
Elles constatent que la situation économique et sociale reste très dégradée et toujours préoccupante pour les salariés, les retraités, les chômeurs et les jeunes qui subissent toujours durement les conséquences d’une crise qui dure.
Les organisations syndicales considèrent que la mobilisation d’un niveau exceptionnel depuis plusieurs mois a mis en lumière l’insatisfaction criante des salariés et leurs revendications en matière d’emploi, de salaires, de conditions de travail, d’inégalité entre les femmes et les hommes, de fiscalité et de partage des richesses. Elles décident d’approfondir leurs analyses et propositions sur ces questions afin d’interpeller le gouvernement et le patronat.
Les organisations syndicales décident de poursuivre la mobilisation dans l’unité en faisant du 23 novembre une journée nationale interprofessionnelle de mobilisation par des actions multiformes. Ces actions doivent répondre aux préoccupations des salariés et permettre la participation du plus grand nombre. Elles demandent aux organisations territoriales et professionnelles d’en préciser les modalités (rassemblements, manifestations, meetings, arrêts de travail…).
Des initiatives dans les territoires et les entreprises sont déjà prévues. Les organisations syndicales veilleront à assurer leurs réussites.
Les organisations syndicales s’engagent dès à présent à participer activement à la journée d’action Européenne du 15 décembre pour s’opposer aux plans d’austérité qui se multiplient en Europe.
Les organisations se reverront le 29 novembre 2010.

 

Le 6 novembre, on continue !

L'intersyndicale à huit se réunit aujourd’hui jeudi en fin d'après-midi au siège parisien de la CFE-CGC, avant la nouvelle journée de manifestations prévue samedi 6 novembre contre la réforme des retraites.
La CGT va proposer l'organisation d'une nouvelle journée de mobilisation nationale interprofessionnelle en novembre, ont indiqué deux de ses secrétaires confédéraux.
"Nous allons proposer en débat à l'intersyndicale l'organisation d'un temps fort de mobilisation nationale dans le courant du mois de novembre, a déclaré Eric Aubin, chargé du dossier "Retraites" à la confédération.
Il a cependant précisé que "ce ne serait pas la première fois qu'il ne ressortirait pas forcément de l'intersyndicale ce que nous proposions au départ car il y a des débats sur les formes d'action et le rythme".
Nadine Prigent a confirmé que la CGT "ira à l'intersyndicale avec la proposition d'une nouvelle mobilisation interprofessionnelle" et "en discutera avec les autres" car elle "estime que la situation n'a pas beaucoup changé depuis que nous avons décidé des mobilisations du 28 octobre et du 6 novembre".
Pour la date d'une éventuelle nouvelle journée d'action, "on ne va pas tenir compte de la promulgation de la loi car on ne sait pas à quelle date elle aura lieu", a-t-elle ajouté.
L’opinion publique reste largement favorable au mouvement, et le fait que la loi soit votée n’y change rien. Texte peut-être légal mais toujours illégitime. La mobilisation n’a guère connu de répit durant les derniers jours avec notamment les manifestations du 28 octobre qui ont encore rassemblé 2 millions de personnes, en pleine période de congés scolaires. La nouvelle journée d’action du samedi 6 novembre permettra de continuer à affirmer que le dossier des retraites doit être repris à zéro avec les syndicats, sur d’autres bases que celle du recul de l’âge légal du droit à la retraite. Une autre réforme des retraites est possible, qui garantisse pour toutes et tous, un véritable droit à la retraite à 60 ans. Il est possible de garantir et développer le système de retraite par répartition, système qui a fait la preuve de son efficacité depuis plus de 60 ans.
Disons-le, très fort, le samedi 6 novembre lors de la manifestation parisienne. Le rendez-vous est fixé à 14h30 place de la République.
Et même si le sujet est moyennement drôle, certains le traitent avec beaucoup d'humour.... voir la vidéo _621_.JPG

 

Encore trois millions

La CGT a estimé à "près de trois millions" le nombre de manifestants contre la réforme des retraites samedi, un nombre identique à celui du samedi 2 octobre. La mobilisation s'est maintenue samedi à un niveau élevé dans la rue, permettant à l'opposition et aux syndicats de renouveler leurs appels à une marche arrière du gouvernement sur son projet de loi.
Le ministère de l'Intérieur a estimé, lui, le mouvement en légère baisse sur le plan national.
"Il faut que le gouvernement ait la responsabilité au dernier moment de suspendre le débat parlementaire et de nous permettre d'ouvrir le dialogue", a déclaré François Chérèque, le numéro un de la CFDT, en tête du cortège parisien. "Il est temps que ce gouvernement qui radicalise, qui bloque le pays, qui est devenu sourd, ouvre le dialogue avec les organisations syndicales qui le souhaitent."
"Cela montre la détermination qui se confirme de ce mouvement d'ampleur inégalée depuis de nombreuses années", a déclaré le leader de la CGT, Bernard Thibault.
Dans une lettre ouverte à Sarkozy, le secrétaire national du PCF Pierre Laurent a demandé samedi à Nicolas Sarkozy de retirer le projet de loi sur les retraites. Pour lui, "la mobilisation de ce samedi vient de montrer à nouveau l'exceptionnelle détermination du peuple français à faire échec au projet (...) vous ne vous en sortirez pas en continuant de marteler une position désormais intenable alors que 6 Français-e-s sur 10 pensent qu'une autre réforme des retraites est possible".
Dénonçant les "coups de forces répétés au Parlement", les "mesures répressives contre la jeunesse, il ajoute que "ne pas rouvrir la discussion avec les organisations syndicales sur des bases totalement nouvelles, c'est bafouer la démocratie" et que Nicolas Sarkozy est "aujourd'hui le président d'une minorité" dont il "s'acharne à servir les intérêts privés".
"Le gouvernement doit comprendre que c'est la France qui manifeste, la diversité de la France, les salariés du public et du privé, la solidarité intergénérationnelle", a déclaré le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë. "Il ne faut pas que le président de la République fasse de ça un caprice d'orgueil, il faut qu'il comprenne qu'il est le président de la France, que c'est la France qui lui parle".
Depuis la précédente journée nationale de contestation, mardi 12, les appels à la grève reconductible, dans les secteurs de l'énergie, des transports et de l'éducation, se sont multipliés. Les transporteurs routiers ont annoncé leur intention de rejoindre le mouvement. Les salariés des 12 raffineries françaises étaient en grève samedi. La plupart de ces raffineries sont en cours d'arrêt, une procédure qui prend techniquement plusieurs jours. Quant aux stations-service, elles sont de plus en plus nombreuses à connaître des problèmes d'approvisionnement.
Christine Lagarde a défendu la réforme des retraites, qu'elle a qualifiée de "fondamentale" et "déterminante sur le plan économique d'abord".
"Nous avons besoin de remettre du travail dans l'économie (...) et puis nous avons besoin d'équilibrer un régime", a-t-elle dit avant de qualifier l'allongement de la durée du travail de "décision simplement responsable". Les trois millions "d'irresponsables" dans les rues samedi apprécieront.
Infos Humanité.fr
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Grève mardi 19 octobre

Nouvelle journée nationale de grèves et de manifestations le mardi 19 octobre, veille du vote au Sénat sur l’ensemble de la loi.
Communiqué des organisations CFDT, CFE/CGC, CFTC, CGT, FSU, SOLIDAIRES, UNSA
Les mobilisations du 12 octobre ont été de très haut niveau avec une participation aux manifestations en forte hausse par rapport aux journées précédentes.
La participation des jeunes reflète, au-delà de la question des retraites, leur inquiétude quant à leur avenir et à la situation de l’emploi.
Cette quatrième journée d’action depuis début septembre contre le projet de réforme des retraites que veut imposer le gouvernement confirme l’opposition grandissante des salariés, soutenus par l’opinion publique, à une réforme injuste et inefficace qui aggrave les inégalités sans assurer la pérennité des retraites par répartition. Le gouvernement et les parlementaires ne peuvent ni mépriser ni ignorer les exigences exprimées par les salariés et les organisations syndicales.
Les organisations syndicales CFDT, CFE/CGC, CFTC, CGT, FSU, SOLIDAIRES, UNSA appellent à participer massivement aux manifestations du samedi 16 octobre.
Elles décident d’une nouvelle journée nationale de grèves et de manifestations le mardi 19 octobre, veille du vote au Sénat sur l’ensemble de la loi.
Pour amplifier la mobilisation et réussir les journées du 16 et 19 octobre, elles appellent l’ensemble de leurs organisations dans les territoires, les entreprises et les administrations à poursuivre les initiatives unitaires. Elles se reverront le 21 octobre.
Les organisations syndicales demandent aux sénateurs de ne pas adopter cette réforme injuste.
Paris, le 14 octobre 2010
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Retraites : la légitimité est dans la rue !

La contestation se durcit avec des niveaux record de 3 millions et demi de manifestants et l'entrée des lycéens dans un mouvement qui s’amplifie et pourrait se prolonger par des grèves reconductibles, alors que le gouvernement exclut toute nouvelle concession.
C'est "la plus forte journée qu'on ait faite depuis le début" de la protestation contre le report de l'âge minimal de la retraite de 60 à 62 ans, a affirmé le secrétaire général du syndicat CGT, Bernard Thibault.
Les manifestations "sont sensiblement plus importantes que les dernières fois", a renchéri François Chérèque, le patron de l'autre grand syndicat, la CFDT.
Selon le ministère de l'Intérieur, "environ 500.000 personnes" avaient manifesté à la mi-journée contre 410.000 le 23 septembre.
A Paris, quelque 65.000 personnes ont participé mardi à la manifestation derrière une banderole proclamant "Retraites solidaires, emplois, salaires: un enjeu de société", selon une première estimation de la police au début du défilé, un chiffre en hausse par rapport aux deux précédentes journées de mobilisation.
Des milliers de lycéens et étudiants faisaient partie du cortège, alors que l'engagement des jeunes, appelés par les syndicats à se mobiliser massivement, constitue un des enjeux de la journée de mardi. Parallèlement, la grève était forte mardi dans deux secteurs stratégiques: les chemins de fer et l'énergie.
Cette journée pourrait marquer un tournant dans le bras de fer entre le pouvoir et les syndicats.
"On est un des rares pays où il peut y avoir quatre manifestations avec deux ou trois millions de personnes dans les rues sans que le gouvernement ne dise rien", a commenté M. Chérèque.
Le Premier ministre a répété mardi que le gouvernement était "au bout de ce qui est possible" en terme de concessions.
S'il a consenti des aménagements en faveur de certaines mères de famille, pour les carrières longues ou des emplois pénibles, le gouvernement reste inflexible sur le fond de la réforme, dont le président Nicolas Sarkozy a fait un chantier phare de la fin de son mandat.
Après le passage de 60 à 62 ans de l’âge légal vendredi, le Sénat a voté lundi 11 octobre l’article repoussant de 65 à 67 ans l’âge de la retraite sans décote.
Cette attitude, dénoncée par les sénateurs du groupe CRC-SPG (communistes et du Parti de gauche) affiche le mépris que le gouvernement a pour l’ensemble des salariés, aujourd’hui très largement opposés à son projet.
Les organisations syndicales décident d’ores et déjà d’un nouveau rendez-vous de manifestations permettant la convergence des mobilisations interprofessionnelles et intergénérationnelles le samedi 16 octobre 2010, sachant que deux tiers des Français sont favorables à un durcissement des actions selon un sondage.
Infos Orange.fr
Retrouvez le Front de Gauche dans la manifestation
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Bataille de chiffres...
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Le sale type déjà croisé à Saint Gratien !
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Bien vu : le 12 octobre, on était ensemble et .. nombreux, très nombreux !
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Espérons qu'il ne nous faudra pas aller jusqu'à cette extrémité...
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Deux bonnes solutions, non ?

 

Retraites : en finir avec ce projet de loi injuste !

_568_.jpg« Rien n’est joué » lance l’Intersyndicale (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FSU, Solidaires, UNSA) dans un communiqué commun tout en appelant les salariés à « se mobiliser fortement » lors de la journée de grève et de manifestations du 23 septembre. De fait, une réunion de toutes les organisations, FO compris, a eu lieu ce jour pour tirer un bilan très satisfaisant des actions du 15 septembre et pour affirmer leur détermination à lutter contre « le projet injuste et inacceptable de réforme des retraites », un texte « pourtant rejeté par une large partie de l’opinion publique ». Cette détermination pousse aussi tous les syndicats et confédérations à envisager une poursuite des actions au-delà du 23.
En effet cette réforme est « un non-sens, non seulement au regard de l’histoire sociale mais aussi de l’évolution des modes de production », analyse de son côté la FSU dans un communiqué du 15 septembre. Un non-sens qui repose, de surcroît, sur des mensonges. « Les déficits actuels des régimes de retraite ne sont pas tant dus à la situation démographique qu’à la crise économique et aux choix économiques », précise-t-elle. Des alternatives existent. Le gouvernement refuse de les envisager. Il reste campé sur ce qu’il a érigé en principe, à savoir l’allongement du temps de travail, et de cotisation, avec des conséquences terribles, notamment pour les femmes, et qui se mesureront encore plus pleinement pour les salariés d’ici une dizaine d’années...
C’est dans ce cadre que le 23 septembre le SNUipp contribuera à organiser des assemblées générales pour débattre avec les personnels de la poursuite de la grève, de son inscription dans la durée, de nouvelles manifestations locales ou nationales ou toutes autres modalités d’actions. L’intersyndicale se réunira le 24 septembre pour décider des suites de l’action.

Infos SNUipp du 16 septembre

Ci-dessous le communiqué de presse de l’intersyndicale.

Communiqué commun intersyndical
CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FSU, Solidaires, UNSA
A l’appel des organisations syndicales, de nombreux salariés ont été présents dans les diverses manifestations du 15 septembre, confirmant leur désaccord avec le projet injuste et inacceptable de réforme des retraites. Ce même jour, à marche forcée, l’Assemblée nationale a voté le projet de loi pourtant rejeté par une large partie de l’opinion publique. C’est maintenant le Sénat qui va, à partir du 5 octobre, débattre de ce projet.
Rien n’est joué !
Les salariés doivent maintenir la pression et se mobiliser fortement le 23 septembre.
L’intersyndicale poursuit sa réflexion sur les suites à donner au 23 si le gouvernement ne recule pas sur son projet. Elle se réunira le 24 septembre pour en décider.

 

La Lettre ouverte des 7 confédérations au Président, au gouvernement et aux parlementaires

Les Secrétaires généraux des 7 confédérations : CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU et Solidaires ont adressé une Lettre ouverte au Président de la République, Premier Ministre, aux membres du gouvernement, aux députés et sénateurs.
Voici le texte de ce courrier.

Les salariés se sont mobilisés dans des proportions exceptionnelles le 7 septembre 2010 à l’appel des organisations syndicales. Le caractère injuste et inefficace de la réforme des retraites à l’examen en ce moment au parlement malgré nos protestations est à l’origine du conflit en cours. Cette réforme va aggraver les inégalités sans répondre aux enjeux de long terme. La méthode utilisée qui a consisté pour l’essentiel à recevoir les syndicats sans jamais réellement les entendre a contribué à accroître les tensions.
Les annonces du 8 septembre 2010 qui se veulent une réponse aux mobilisations ne modifient pas la logique globale de la réforme proposée. Les injustices demeurent. Le calendrier précipité ne permet pas d’être entendus. Le recul de l’âge d’ouverture du droit à la retraite de 60 ans à 62 ans, combiné à l’augmentation simultanée de la durée de cotisation, va fortement pénaliser les salariés, et plus particulièrement tous ceux qui ont commencé à travailler jeunes, qui seront amenés à contribuer plus que les autres au financement du système sans acquérir le moindre droit supplémentaire.
Le recul de l’âge du taux plein de 65 ans à 67 ans va durement aggraver la situation des salariés qui ont eu des parcours professionnels morcelés, en particulier les femmes dont près de 30% font valoir aujourd’hui leurs droits à la retraite à 65 ans pour éviter une pénalité sur leur pension et ceux qui sont conduits à entrer tardivement sur le marché du travail.
Ce report des âges légaux va entraîner un prolongement du chômage pour les nombreux salariés qui ne sont plus en activité lorsqu’ils partent à la retraite ce qui les pénalisera financièrement tout en reportant les charges financières sur d’autres comptes sociaux.
La pénibilité du travail n’est pas reconnue dans ses conséquences sur l’espérance de vie des salariés qui y ont été exposés.
Les fonctionnaires se voient imposer une hausse drastique du taux de leur cotisation, en période de gel des salaires, conduisant à une baisse importante et injuste de leur pouvoir d’achat.
Au total, le projet de loi de réforme des retraites fait reposer l’essentiel de l’effort sur les salariés, ne répond ni aux questions d’emploi, en particulier des jeunes et des seniors, ni à la résorption des inégalités ni au besoin de financement. Les salariés devraient accepter de payer la facture de la crise financière et économique dont ils ne sont pas responsables. Cette réforme est donc inacceptable.
Pour toutes ces raisons, au nom des salariés nous vous demandons solennellement d’entendre le point de vue des organisations syndicales dans la perspective de définir un ensemble de mesures justes et efficaces pour assurer la pérennité du système de retraites par répartition.
Dans ce contexte le vote de ce projet dans sa logique actuelle n’est pas d’actualité.
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Réforme des retraites : une nouvelle journée d’action prévue le 23 septembre

SONY DSCMercredi 8 septembre 2010, les syndicats CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, FSU et Unsa se sont mis d’accord en début de soirée pour appeler à une nouvelle « journée de grèves et de manifestations » le jeudi 23 septembre.
D’autres actions seront également organisées le 15 septembre.
Les syndicats étaient réunis à Montreuil, en Seine-Saint-Denis.
Les six organisations syndicales signataires de l’appel ont exprimé leur insatisfaction face aux aménagements du projet de réforme des retraites proposés par Nicolas Sarkozy.
Ces aménagements « ne modifient pas le caractère injuste et inacceptable de la réforme » ont estimé les syndicats.
Les syndicats « appellent à faire du mercredi 15 septembre, jour du vote par les députés du projet de loi, une journée forte d’initiatives et d’interpellations des députés, des membres du gouvernement et du président de la République dans les départements et les circonscriptions ».
Le débat au Sénat devrait débuter le 5 octobre, avant une adoption définitive à la fin du mois.
Solidaires et FO n’ont pas souhaité signer l’appel. Cependant, Michèle Biaggi, secrétaire confédérale de FO, a précisé que « ce n’est pas parce qu’on n’est pas signataire du texte qu’on n’est pas dans l’unité d’action ». FO réclame le retrait du projet gouvernemental. Michèle Biaggi avait proposé « une journée de grève franche et interprofessionnelle ».
Chez Solidaires, on attend de prendre position à l’occasion du bureau national qui se tient aujourd’hui, jeudi 9 septembre. La porte-parole de Solidaires, Annick Coupé, espérait « un nouvel appel à une journée de grèves et de manifestations la semaine prochaine », estimant qu’ « une dynamique s’est créée » pour « rebondir rapidement » après le succès du mardi 7 septembre.
Marcel Grignard, numéro deux de la CFDT, a justifié le calendrier de l’intersyndicale en affirmant qu’il est « extrêmement compliqué et très risqué de recommencer dans une semaine » une initiative telle que celle du 7 septembre. « Un peu de temps donne un peu plus de chances de réussir les prochaines mobilisations comme celle du 23 septembre », a-t-il déclaré.
La CFE-CGC « appelle l’ensemble des salariés à augmenter leur mobilisation pour bâtir une vraie réforme qui réponde aux problèmes posés ».

Infos Cidefil du jeudi 9 septembre

 

Education nationale : Toutes les raisons d’une mobilisation d’ampleur le 7 septembre !

_531_.jpgCommuniqué CGT du 1er septembre 2010
Les Français veulent plus d’encadrement dans les écoles, collèges et lycées : ils ne veulent pas des policiers mais des adultes auxquels ils font confiance pour l’éducation de leurs enfants. Le sondage paru ce matin dans un quotidien national le démontre.
Or les gouvernements successifs font le contraire ! Faisant fi des suppressions de postes antérieures, de la nouvelle saignée, suppression de 16000 postes cette année, 16 000 autres prévus en 2011, le ministre revient et justifie l’ensemble de ses réformes, suppression de la formation des maîtres, pacte de carrière, refonte de l‘enseignement professionnel et des lycées, des programmes et l’absence de manuels scolaires disponibles en seconde qui en découle, poursuite de la désorganisation de l’école,… autant de réformes contestées par l’ensemble de la communauté éducative et la CGT et la Ferc (Fédération Education Recherche Culture) CGT au principe qu’elles ne répondent pas aux enjeux éducatifs de notre pays.
Ainsi en est-il de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants. Ses objectifs apparaissent clairement, il s’agit de remplacer à peu de frais et de supprimer toujours plus d’emplois.
Faire des économies au détriment de la formation de notre jeunesse, alors même que les élèves ont besoin d’enseignants formés, de remplaçants expérimentés, se contenter, comme le préconise le ministre lors de sa conférence de rentrée de la seule gestion de « petits matins quotidiens sans attendre le grand soir » est incompatible avec un projet ambitieux d’éducation.
Comment lutter contre les difficultés et l’échec scolaire, individualiser l’enseignement et développer une pédagogie de progrès, envisager avec recul et sérieux les situations conflictuelles sans le bagage théorique et les analyses de pratique acquises en formation initiale ? Le métier d’enseignant se résume t-il pour notre ministre de l’Education Nationale à une série de gestes transposables en toute situation et sans réflexion ? La dégradation des conditions de travail, la déprofessionnalisation inhérente à la disparition de la formation initiale, l’augmentation et le regroupement des effectifs, le déficit en matière d’accompagnement et de suivi des élèves dans leur diversité, pèseront lourd, n’en doutons pas, sur l’acte de formation et d’éducation, la capacité de l’école publique à œuvrer pour la réussite de tous, en particulier des enfants les plus fragiles. Ce n’est pas ainsi que la charge « éduquer tous les enfants de la République » comme le déclare le ministre de l’Education nationale sera assurée par l’école.
Pour la CGT, l’avenir de l’école est en péril et un changement radical de politique incontournable. A la veille de la journée de grève et de manifestations du mardi 7 septembre, dans laquelle nombre de personnels ont annoncé d’ores et déjà leur engagement, la Cgt exige l’arrêt de la casse de l’emploi, l’ouverture de négociations sur les salaires et les conditions de travail et la mise en place d’un plan ambitieux pour notre système éducatif. La Cgt rappelle que le maintien de notre système de retraite par répartition et son amélioration dépend aussi en grande partie de la politique de relance de l’emploi et de la revalorisation des salaires et appelle tous les salariés à participer massivement à la journée d’action interprofessionnelle sur l’ensemble de ces questions : emploi, salaires, conditions de travail et retraite.
Montreuil, le 1er septembre

 

"Avant de travailler plus il faudrait déjà travailler tous"

_530_.jpgLe secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a tablé mardi à Lyon sur une mobilisation contre la réforme des retraites le 7 septembre "au moins comparable" à celle du 24 juin, quand les syndicats avaient revendiqué deux millions de manifestants.
"Je suis pragmatique et conscient des difficultés de calendrier", puisque les salariés reprennent pour beaucoup le travail cette semaine, a indiqué M. Thibault devant la presse à l'issue de son meeting de rentrée à Lyon, refusant d'entrer dans le jeu des pronostics.
Toutefois, "il faut qu'on parvienne à faire quelque chose de comparable" au 24 juin, a-t-il ajouté avant d'insister sur l'unité syndicale qui préside à cette mobilisation, contrairement à celle du mois de juin, où Force ouvrière ne participait pas officiellement aux cortèges.
"Deux millions, ça n'est pas rien", a-t-il poursuivi, regrettant qu'on ait "tendance à banaliser" l'ampleur des manifestations.
Au cours d'un discours musclé délivré devant 500 militants, selon les organisateurs, le responsable de la première centrale syndicale française a martelé son attachement au droit au départ à la retraite à 60 ans, que les salariés "ne considèrent pas comme un symbole désuet".
Récusant un projet de loi qui ne viserait qu'à "faire des économies" sur les pensions il a demandé un débat sur "les nouveaux financements indispensables pour une population de retraités qui va augmenter de 50% d'ici 2025".
Il a notamment évoqué la contribution de "tous les revenus, comme l'intéressement, la participation, les stocks-options" qui pourraient rapporter "10 milliards d'euros", ainsi que "les 32 milliards d'exonérations de cotisations sociales" accordées aux employeurs.
En outre, "le gouvernement a fait l'impasse sur la question de l'emploi, qui a un lien étroit avec celle des retraites", a estimé M. Thibault. "Avant de travailler plus il faudrait déjà travailler tous", a-t-il lancé, en allusion aux difficultés d'accès à l'emploi des jeunes et des plus de 50 ans.
"Nouvelle phase de la bataille qui commence maintenant", "nous allons relever le défi" pour combattre "un recul social sans précédent", a-t-il déclaré. Revendicatif et régulièrement interrompu par les applaudissements des militants, Bernard Thibault a également ironisé sur un éditorial du Figaro ou sur la grève de l'équipe de France de football lors du mondial en Afrique du sud.
Cette manifestation "ne sera pas un baroud d'honneur", a-t-il insisté et l'intersyndicale se réunira "dès le 8" afin d'étudier les suites à donner au mouvement.
Auparavant, il avait dénoncé "les tentatives de diversion" de l'exécutif, évoquant "la dangereuse escalade sécuritaire et xénophobe" de Nicolas Sarkozy et du gouvernement, à propos notamment du sort réservé aux Roms et aux gens du voyage.

Orange.fr

 

Retraites : la loi appliquée avant même d’être votée ?

Le projet de loi gouvernemental réformant la retraite a récemment été rendu public. Il sera présenté au Conseil des ministres le 13 juillet et à l'Assemblée Nationale en septembre. Pourtant, dès à présent, un certain article 18 de cette loi (dont on souhaite qu’elle ne voit jamais le jour…) est d’ores et déjà annoncé comme applicable ! Le gouvernement n’hésite donc pas à présenter son texte comme négociable (seuls les très naïfs seront dupes..) mais de l’autre côté, il tente tout simplement de le mettre en application avant même que la loi ne soit votée.
Ce fameux article 18 supprime, à partir de 2012, le droit à une retraite anticipée pour les mères de trois enfants ayant quinze ans de service. En 2008, ce droit a été utilisé par 15 000 fonctionnaires. « Rien ne justifie que ce droit soit supprimé brutalement, sans compensation par d’autres éléments permettant de concilier vie familiale et vie professionnelle », selon la CGT. Théoriquement, le départ anticipé reste possible pour les fonctionnaires remplissant les deux conditions avant le 1er janvier 2012. Sauf qu’il leur faut se déclarer avant le …13 juillet 2010, date de la présentation de la loi aux ministres ! Si ce délai est dépassé, la pension sera fortement amputé d’une « décote » due à un nouveau mode de calcul selon les dernières lois Fillon de 2003. Au bout du compte, « la perte financière pour les femmes sera en moyenne entre 20 et 25% » dénonce la CGT.
Le fait de rendre applicables les dispositions du projet d’une loi non encore votée, susceptible de modifications, qui n’a encore aucun caractère légal, est en soi scandaleux. Cela participe de la campagne d’intoxication de la droite visant à faire croire que le texte du gouvernement est déjà acté et que la bataille des retraites est donc perdue.
Tout aussi inadmissible est la disparition d’un dispositif qui pouvait permettre un départ anticipé ou la possibilité d’une reconversion professionnelle aux personnels qui le souhaitaient, dans des conditions acceptables.
Les femmes sont déjà fortement pénalisées par des retraites réduites, conséquences de carrières souvent incomplètes et précaires. Elles seront les premières victimes du recul de l’âge de départ et des systèmes de décote. Elles perdent à présent le bénéfice d’un droit, et ce, dans une précipitation totale puisqu’il leur faut prendre, en moins de trois semaines, une décision aux répercussions essentielles sur leur déroulement de carrière. Inconcevable pour les syndicats qui exigent l’abandon de ce calendrier inepte.



Dernière minute et premier recul : devant le tollé général, le gouvernement repousserait au 31 décembre la date butoir pour pouvoir continuer à bénéficier de l’ancien mode de calcul en cas de départ anticipé en retraite des mères de trois enfants.
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De l’oseille aux patrons pour faire trimer les vieux

Texte invité

Les seniors coûtent trop cher. Laurent Wauquiez veut faire des cadeaux aux entreprises qui les emploient. Quel aveu involontaire de Laurent Wauquiez?! « Les entreprises n’embauchent pas les seniors parce qu’ils coûtent trop cher. » Si près de la moitié des 55 à 59 ans sont exclus de l’emploi, c’est donc uniquement parce que coûtant trop cher, le patronat refuse de les employer. L’âge légal de départ à la retraite à taux plein à 60 ans n’est donc pas en cause dans le faible taux de l’emploi des seniors et son report ne serait pas, comme le prétend le Medef, « l’incitation psychologique » qui permettrait de faire travailler les salariés plus longtemps. La propagande gouvernementale pour la « réforme juste » des retraites serait ainsi démentie. Il faudrait donc d’autres incitations et le secrétaire d’État à l’Emploi livre au quotidien le Parisien ses recettes pour « améliorer l’emploi des seniors ». C’est tout simple. Si on ne les embauche pas parce qu’ils coûtent trop cher, faisons en sorte que les vieux coûtent moins aux patrons.

Deux pistes sont à l’étude dans les cabinets ministériels. La première est « de permettre aux entreprises qui embauchent des chômeurs âgés d’être exonérées de charges ». Ça ne s’appellerait pas créer une nouvelle niche?? Le gouvernement avait assuré vouloir en supprimer ou les raboter, mais voilà qu’il en invente une nouvelle?! Pour justifier cette mesure, Laurent Wauquiez s’appuie sur le dispositif « zéro charge » mis en place depuis 2009 et qui, selon lui, aurait « permis un million d’embauches dans les petites entreprises ». « D’où ces chiffres sortent-ils?? » s’interroge Pierre-Yves Chanu. L’économiste de la CGT fait remarquer que « supprimer les charges sur le travail, c’est proclamer que le travail n’a aucune valeur ». Il évoque des mesures analogues prises en 2005, le « CDD senior », qui avait permis la signature de… 20 contrats. La seconde piste, c’est « une prise en charge d’une partie de la rémunération des tuteurs ». Ces salariés expérimentés qui contribuent à intégrer des nouveaux embauchés seraient donc, en partie, payés sur les fonds consacrés à la formation professionnelle. On imagine l’effet d’aubaine qu’offrirait la généralisation de ce mécanisme par le patronat.

Laurent Wauquiez a un mérite?: il démonte en fait l’argumentation du gouvernement en faveur de sa réforme des retraites. Il ne s’agit pas de résoudre un problème démographique mais d’utiliser les seniors pour abaisser le coût global du travail en généralisant la concurrence entre les générations de salariés. Les suggestions de Laurent Wauquiez ne lui permettront pas de concourir pour la palme de l’originalité. Au fond, c’est toujours le même discours, toujours les mêmes dogmes?: le coût du travail est insupportable pour les entreprises. « Ce serait plus simple de nommer directement Laurence Parisot ministre de l’Emploi, ironise Pierre-Yves Chanu. Ces recettes sont exactement celles du Medef. »

Olivier Mayer dans l’Humanité
MANIF RETRAITE LE HAVRE

 

Première victoire pour les sans papiers

_436_.jpgLa plupart sont originaires d’Afrique noire, mais aussi de Chine, et vivent depuis des années en France où ils travaillent et ont des fiches de paye. « Ils bossent ici, ils vivent ici, ils restent ici ! » Ce slogan de la CGT a accompagné les deux ans de lutte des sans papiers qui viennent de remporter une première victoire.
Après de longues négociations avec le ministère, les syndicats ont enfin obtenu que soient harmonisés entre les différentes préfectures les critères de régularisation, et ce, quelque soit le département ou l’entreprise. Il aura fallu 8 mois de grève à plus de 6000 sans papiers pour arracher des critères clairs de régularisation par le travail. Après un premier mouvement en Ile de France en 2008, grèves et occupations de sites ont repris depuis octobre 2009, faisant apparaître au grand jour de nombreux secteurs employant de la main d’oeuvre démunie de titre de séjour : l’intérim, le nettoyage, le BTP, l’aide à domicile mais aussi les cuisines de grands restaurants, des fournisseurs de grands commanditaires publics…Depuis mars, le sujet n’est plus un tabou pour certains dirigeants patronaux qui réclament eux aussi une clarification des règles de régularisation pour motif professionnel.
Les sans papiers devront désormais justifier de 12 mois de travail sur les 18 derniers mois, la grève étant comptabilisée comme période d’activité ; leurs dossiers seront traités par les directions du travail et de l’emploi et non plus par les préfectures, et enfin, les grévistes bénéficieront d’une autorisation provisoire de séjour de 3 mois, le temps du traitement de leur dossier. Le gouvernement n’est par contre pas revenu sur le critère de présence en France de 5 années, ce qui contraindra de nombreux grévistes à continuer à travailler sans papiers. Les négociations ne sont donc pas terminées. Pour l’instant, les grévistes qui occupaient les marches de l’Opéra Bastille ont levé le camp et se sont retrouvés au siège de la CGT pour décider de la suite à donner à leur mouvement. A noter que la principale mesure annoncée concerne les femmes travaillant dans le secteur de l’aide à la personne, qui pourront dorénavant prétendre à la régularisation, sous réserve d’effectuer 20 heures de travail par semaine.

Cette lutte aura été exceptionnelle de par sa durée et son ampleur. Depuis vingt-six mois avec la CGT, puis relayés depuis octobre dernier par de larges soutiens syndicaux, associatifs et politiques, 6200 travailleurs africains, chinois, européens de l’est ont réinventé ensemble les formes de la lutte collective : grève, pétitions , manifestations, occupations. Ils auront tout fait pour alerter l’opinion publique, et la faire basculer puisque les Français sont majoritairement favorables à la régularisation des travailleurs sans papiers. Ce sont leurs droits de salariés qu’ils ont revendiqué par la grève, « les mêmes droits pour tous les salariés qui vivent sur le territoire français ». Ils l’ont fait, disent-ils, parce « n’ayant rien, ils n’ont rien à perdre ». Leurs acquis profiteront à tous les salariés, car c’est une riposte au dumping social, au non-respect du droit du travail, à la mise en concurrence des salariés entre eux. Un mouvement riche d’enseignements pour toutes les luttes à venir.

 

Déclaration de la CGT sur le projet de réforme des retraites

Le gouvernement vient de rendre public l’avant-projet de loi sur la réforme des retraites à l’issue d’une pseudo concertation. Pour la CGT, c’est une réforme brutale pour un recul social sans précédent qui appelle ces premiers commentaires :

  • En repoussant l’âge de départ à la retraite à 62 ans et l’âge de la retraite à taux plein à 67 ans (au lieu des 60 et 65 ans actuels), et en confirmant l’allongement de la durée de cotisation à 41,5 ans, les conditions d’acquisition des droits à la retraite en France seraient les plus drastiques en Europe.
  • La quasi-totalité des salariés du public et du privé sont concernés.
  • L’âge de départ en retraite serait repoussé à partir du 1er juillet 2011 sur un rythme accéléré pour atteindre 62 ans pour les salariés qui peuvent prétendre aujourd’hui à partir en retraite en 2016.
  • Le droit à la retraite à taux plein serait porté à 67 ans. Les femmes dont 30 % sont déjà contraintes aujourd’hui de partir à 65 ans en seront les principales victimes.
  • Les différentes mesures d’âge vont toucher plus particulièrement les jeunes. Ainsi, d’ici 2016, c’est plus d’un million d’emplois qui ne leur seront pas ouverts parce que leurs parents devront travailler plus longtemps.
  • Le traitement des salariés exerçant des métiers pénibles et astreignants relève de la provocation. Il n’y aurait aucun métier pénible. Seul serait apprécié le degré d’usure du salarié qui, le cas échéant, lui permettrait de continuer de partir à 60 ans. On est loin du droit au départ anticipé avant 60 ans pour une retraite en bonne santé, alors que la CGT estime à 15 % les salariés en emploi pénible.
  • Pour les fonctionnaires, la cotisation retraite augmentera de 2,7 %. Le dispositif de départ anticipé pour les femmes ayant eu 3 enfants disparaîtrait. Au nom de l’équité, c’est l’alignement des droits par le bas.
  • Pour les régimes spéciaux : le gouvernement confirme que les mesures s’appliqueront aux salariés des régimes spéciaux. Il cherche surtout à éviter un front uni de tous les salariés en différant la mise en œuvre en 2017.

Ainsi l’ensemble des dispositions affectant les droits en matière de retraite représenterait une ponction de 22,6 milliards d’euros en 2018, 25,1 milliards d’euros en 2020.
Parallèlement, les propositions concernant la mise à contribution des hauts revenus, des revenus du capital, des entreprises ne font qu’égratigner les dispositions en leur faveur. Leur seule vocation est de créer l’illusion que la réforme est juste. Les recettes attendues sur ce plan sont estimées à 4,4 milliards d’euros en 2020, soit 5 fois moins que les sacrifices imposés aux salariés.
Le projet de loi est très largement marqué de l’empreinte du MEDEF qui réclamait le report de l’âge légal de la retraite. Les entreprises obtiendraient de plus de nouvelles aides financières pour l’emploi des plus de 55 ans.
La brutalité des mesures gouvernementales vise à répondre à la pression conjuguée des marchés financiers et des agences de notation qui exigent une réduction des budgets publics et sociaux dans tous les pays européens. Non content d’affaiblir encore davantage le système de retraite par répartition, en accentuant les conséquences des réformes antérieures qui amputent déjà le niveau des retraites, le gouvernement n’apporte aucune réponse nouvelle aux défis du chômage, des bas salaires et de la précarité.
C’est pourtant dans la réponse à ces problèmes que réside l’essentiel des solutions garantissant la pérennité des retraites. Pour la CGT, c’est évident, cette réforme des retraites doit être résolument combattue.

Chaque salarié de tout âge et de toute profession doit prendre conscience que c’est de sa mobilisation que tout va désormais dépendre. La CGT appelle tous les salariés à mener campagne pour des grandes manifestations unitaires et interprofessionnelles le jeudi 24 juin prochain et l’organisation de nombreux arrêts de travail dans le privé et le public.
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La retraite à 60 ans, c’est possible !

Texte invité
_399_.jpgPlus de retraités et une espérance de vie qui s’allonge, c’est tant mieux ! La CGT a des idées pour financer nos retraites.
C’est bien connu, la population française vieillit sous le double effet du « papy boom » et de l’allongement de l’espérance de vie. On compte aujourd’hui 14 millions de retraités âgés de 60 ans et plus et ils seront environ 22 millions à l’horizon des années 2050. D’autre part, l’espérance de vie à l’âge de 60 ans s’allonge régulièrement, elle est aujourd’hui en moyenne de 87 ans pour les femmes et de 82,2 ans pour les hommes. Il est facile de comprendre que cette nouvelle donne a et aura demain plus encore, des conséquences sur les besoins de financement de nos retraites. L’équation est simple : soit l’on réduit les droits des retraités à moyens constants puisque leur nombre augmente, soit l’on augmente les moyens pour financer des droits à niveau constant.

Les scenarii du COR
Le Conseil d’Orientation des Retraites ( COR ) a étudié les différents scénarii possibles dans son premier rapport publié en 2001.
Premièrement : à moyens financiers et niveau de pensions constants, il faudrait reculer progressivement l’âge moyen du départ à la retraite jusqu’à 9 années de plus en 2040, autrement dit travailler jusqu’à l’âge de 70 ans.
Deuxièmement : à moyens financiers et âge de départ à la retraite constants, il faudrait réduire le niveau des pensions de 78 % du salaire net d’activité en moyenne en 2000 à 42 % en 2040.
Troisièmement : à droits constants ( niveau de pension et âge de départ en retraite ), il faudrait augmenter les besoins de financement à hauteur de 6 points de PIB à l’horizon 2040.

Quelle part des richesses pour financer les retraites ?
Bien évidemment, on peut toujours combiner les trois scénarii entre eux, mais la CGT privilégie clairement le troisième. Est-il vraiment possible de consacrer une part supplémentaire de la richesse produite au financement de nos retraites ? La question reste d’une brûlante actualité. Rien n’apparaît impossible quand on sait que les gains de productivité ont permis de doubler en 30 ans la part du PIB consacré au financement des retraites, passant de 5,4% en 1959 à 11,2% en 1990. Nous sommes clairement confrontés ici à un choix de société. Le niveau des richesses consacré aux retraites stagne depuis la réforme Balladur en 1993, alors que celui consacré aux dividendes a plus que doublé. Il faut choisir entre la rémunération des retraités et celle des actionnaires.

La CGT propose

Le financement des retraites dépend d’abord de la politique d’emploi. Sachant qu’un million d’emplois en plus, c’est cinq milliards d’euros de rentrées de cotisations sociales supplémentaires pour les retraites. Par ailleurs, la CGT propose d’élargir l’assiette des cotisations sociales à l’intéressement, la participation et les stock-options ; de mettre à contribution les revenus financiers des entreprises à la même hauteur que les salariés ; de moduler les cotisations sociales patronales en fonction des politiques d’emploi ; de supprimer le système des exonérations dont bénéficient actuellement les employeurs ( plus de 30 milliards d’euros en 2009 ) ; enfin, d’augmenter le niveau des cotisations patronales et salariales si nécessaire. Ces mesures permettraient de financer largement la retraite à 60 ans pour tous, qui, rappelons le, est un droit et non une obligation.

Article de Laurent Mossino publié dans Ensemble, le mensuel des syndiqués CGT
les promesses de Sarkozy

 

On bosse ici, on vit ici, on reste ici !

_416_.jpgJeudi 27 mai des centaines de salariés sans papiers ont envahi les marches de l'opéra Bastille.
Plusieurs centaines de salariés sans papiers, 1.500 selon la CGT, occupaient vendredi soir depuis 24 heures les marches de l'opéra Bastille à Paris pour réclamer un texte définissant des critères de régularisation échappant à l'arbitraire préfectoral.
Les salariés sans papiers ont élu domicile devant l'opéra jeudi à l'issue de la manifestation parisienne contre la fin de la retraite à 60 ans, reprochant au gouvernement de "tergiverser".
"On ne bouge pas", a indiqué vendredi soir à l'AFP au nom des onze syndicats et associations soutenant le mouvement Raymond Chauveau, responsable CGT, reprochant au ministère de l'Immigration de "nous faire lanterner".
Ce nouveau piquet de grève a reçu le double soutien vendredi du PCF et du PS au travers de la venue sur les lieux de la secrétaire nationale du Parti communiste, Marie-George Buffet, et de Pascale Boistard, adjointe PS chargée de l'intégration à la mairie de Paris.
"Leur désarroi, palpable lors de ce rassemblement, incite à la plus grande humanité dans le traitement de ces situations particulières", a déclaré Mme Buffet, dans une lettre ouverte au Premier ministre.
Deux nouvelles réunions ont eu lieu avec les services d'Eric Besson, ministre de l'Immigration les 14 et 20 mai, au sujet des travailleurs sans titre de séjour pour lesquels syndicats et associations demandent des critères clairs et identiques de régularisation.
Mais selon eux, le ministère "semble vouloir retarder le plus possible les échéances". Ce faisant, estiment associations et syndicats, M. Besson se rend "complice des patrons-voyous" exploitant de la main d'oeuvre sans titre de séjour et "laisse porter atteinte à tout le monde du travail".
Le ministère de l'Immigration a fait savoir à l'AFP qu'une nouvelle réunion pourrait avoir lieu "courant juin". Le directeur de cabinet du ministre a réuni l'ensemble des secrétaires généraux des préfectures concernées (notamment Paris et l'Ile de France), selon la même source.
"La démarche de bilan de l'application de la circulaire du 24 novembre 2009, évoquée lors de la dernière réunion avec les partenaires sociaux, est donc engagée", a fait valoir le ministère.
"Par ailleurs, le ministère est toujours en attente des exemples précis et concrets des éventuels traitements hétérogènes des demandes de régularisations par les préfectures évoqués par les partenaires sociaux", ajoute le communiqué.
Syndicats et associations reçoivent le soutien de plus en plus ouvert de dirigeants patronaux...comme Veolia Propreté, De Richebourg, association Ethic, CGPME, Association nationale des directeurs de ressources humaines ou ANDRH.
Eux aussi font le constat que la circulaire de novembre 2009, censée comme la précédente clarifier l'application de la loi du 20 novembre 2007 sur la régularisation pour motif professionnel, n'est pas appliquée de la même façon d'un salarié à l'autre et d'une préfecture à l'autre.
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Retraites : nouvelle mobilisation le 24 juin

_401_.JPGAprès le 27 mai, le porte-parole du gouvernement a donné le ton, comme c’est son rôle. « La faible mobilisation vient valider la méthode du gouvernement », déclarait Luc Chatel jeudi soir. Un million de manifestants, circulez, il n’y a rien à voir ! Le propos était immédiatement dénoncé par les leaders des deux principales organisations syndicales. « Je suis surpris, note François Chérèque, de la CFDT. C’est presque méprisant de la part de Luc Chatel. » Même tonalité chez Bernard Thibault, de la CGT : « À force d’entretenir cette forme de mépris provocante à l’égard de ceux qui défendent le droit à la retraite, je pense que certains prennent des risques sur le climat social à venir. »
Et bien voilà la suite…
L’intersyndicale CFDT-CGT-FSU-Solidaires-Unsa a appelé lundi à une nouvelle journée de mobilisation sur les retraites le 24 juin prochain.
A l’issue d’une réunion à Montreuil en Seine-Saint-Denis, les organisations ont estimé que "rien n’était joué", le gouvernement devant présenter son projet de loi de réforme des retraites autour du 18 juin.
"La remise en question de l'âge légal à 60 ans est inacceptable et injuste, en particulier elle fait porter les efforts sur les salariés qui ont commencé à travailler tôt et les travailleurs et travailleuses les plus précaires. La reconnaissance de la pénibilité est incontournable et ne peut se concevoir à partir d’un examen médical. La question des nouvelles ressources reste pleine et entière. La situation de l’emploi se dégrade, notamment pour les jeunes et les seniors, nécessitant une autre politique de l’emploi.
(...) Les orientations du gouvernement ignorent l'essentiel des exigences formulées par les organisations syndicales", a déclaré l'intersyndicale dans un texte commun.
"Si le gouvernement était si sûr de lui, il n'aurait pas tergiversé plusieurs semaines pour annoncer la couleur, il n'attendrait pas la veille des départs en congé pour présenter son texte de loi", avait auparavant déclaré à la presse Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT.
Les responsables de l’intersyndicale ont précisé par la suite lors d’un point de presse qu’ils décideraient le 14 juin, à l’occasion d’une prochaine réunion, des modalités précises - grèves, manifestations… - de cette nouvelle mobilisation.
Les syndicats portent, dans une déclaration commune, "une appréciation positive sur la dynamique de mobilisation".

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L'âge légal de la retraite à 61, 62 ou 63 ans ?!

A l'appel de six syndicats (CGT, CFDT, CFTC, FSU, Unsa, Solidaires) de très nombreux manifestants (l’objectif d’un million a été atteint) se sont mobilisés hier dans toute la France afin de protester contre la réforme des retraites proposée par le gouvernement et notamment contre le recul de l'âge légal.
Le gouvernement qui a jugé cette mobilisation "faible" et proche de celle du 23 mars, n'entend pas faire marche arrière, au contraire.
Le ministre du Travail Eric Woerth, a confirmé ce matin sur RTL le relèvement de l'âge légal, sans toutefois préciser s'il se situerait à "61,62 ou 63 ans". Il a par ailleurs ajouté que l'âge auquel il est actuellement possible de bénéficier automatiquement d'une pension à taux plein, soit 65 ans, serait lui aussi relevé.
Les syndicats, pour leur part, n'entendent pas s'arrêter là. Ils ont déjà annoncé qu'ils appelleraient à de nouveaux rassemblements si le gouvernement reste campé sur ses positions.
Comme l'ensemble des salariés de ce pays, les enseignants sont particulièrement préoccupés par une situation de l'emploi dégradée qui a des traductions fortes dans le secteur de l'Éducation Nationale.
Pour l'école, les enseignants et les élèves, ces choix vont se traduire par de moins bonnes conditions d’apprentissage. Plus d'élèves par classe, des enseignants moins nombreux et moins formés, des crédits pédagogiques diminués : ce n’est pas donner plus de chances de réussite à tous.
Comme l'ensemble des salariés de ce pays, les enseignants sont également inquiets concernant la réforme des retraites à venir, véritable enjeu de société.
Parce qu'on ne peut travailler efficacement avec des enfants à 65, 66, 67 ans, ils sont opposés à une réforme qui serait basée sur le recul de l'âge de départ à la retraite et l'allongement de la durée de cotisation. Vivre plus longtemps ne doit pas nécessairement signifier travailler plus longtemps. Il faut agir pour diminuer le chômage des jeunes et des seniors et consolider le système de retraites par répartition.
De nombreux enseignants (30%) étaient en grève le jeudi 27 mai. Plus d’un tiers des enseignants des écoles en grève pour l’emploi et les retraites : cette nouvelle mobilisation est significative de l’exigence du maintien de l’âge de départ en retraite à 60 ans pour les professeurs des écoles et à 55 ans pour les instituteurs et du refus de tout allongement de la durée de cotisation. Les enseignants des écoles exigent la nécessité de mettre en place d’autres solutions de financement, concernant les revenus financiers, pour assurer l’avenir des régimes de retraite.
Le SNUipp dénonce l’annonce « à pas feutrés » d’un report du départ de l’âge en retraite au-delà de 60 ans, qui vise à en dissimuler les conséquences et dénaturer le débat public.
Le gouvernement doit cesser de cacher ses véritables intentions et le ministre de l’Education Nationale doit annoncer toutes les conséquences de ces mesures pour les fonctionnaires et les enseignants.
Le SNUipp rappelle qu’aujourd’hui l’âge moyen de départ en retraite des enseignants des écoles est de 56 ans : cela résulte des spécificités du métier d’enseignant des écoles et des engagements gouvernementaux précédents. Seront-ils remis en cause et le ministre de l’Education nationale envisage-t-il de demander aux enseignants des écoles de poursuivre leur travail avec les élèves jusqu’à 70 ans pour pouvoir bénéficier d’un taux de pension décent ?
Le SNUipp appelle à de nouvelles initiatives nationales d’action en juin.

Sources : communiqués FSU et SNUipp
pour signer la pétition de la CGT _337_.JPG

 

Pour un grand 1er mai unitaire

affiche_1_mai_2010-46614.jpgTous mobilisés : déclaration des organisations syndicales

Emploi, conditions de travail, pouvoir d’achat, avenir des retraites sont au cœur des préoccupations des salariés du public et du privé. Le sont aussi les axes revendicatifs portés en commun par l’intersyndicale depuis 16 mois. Ce sont sur ces priorités qu’elle interpelle les pouvoirs publics, le patronat, les chefs d’entreprise.

La situation économique et sociale est d’ores et déjà à l’origine de nombreuses luttes, souvent unitaires, des salariés du public comme du privé. Ces mobilisations doivent s’inscrire dans la durée.
C’est pour ces raisons que les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA appellent les salariés à manifester très nombreux le 1er mai pour affirmer leurs attentes d’un monde plus juste où, partout, chacun a droit à un travail décent.
Donner la priorité au maintien des emplois

  • Les employeurs doivent privilégier l’emploi stable, investir dans les emplois futurs. Quelle que soit la situation dans l’entreprise, c’est en investissant dans la formation et le travail qualifiant et en réduisant la précarité que la performance sera assurée. Toute mesure à prendre dans l’entreprise en termes d’emploi et d’organisation du travail doit être discutée avec les représentants des salariés.
  • Les suppressions d’emplois publics ainsi que les réorganisations forcées décidées dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) provoquent une dégradation des conditions de travail et des difficultés grandissantes pour assurer les missions de service public. Il faut stopper cette politique aveugle de suppressions d’emploi et de recours aux emplois précaires. Les personnels doivent être partie prenante des évolutions à apporter en termes de missions et d’organisation des services publics.
  • Des mesures doivent favoriser l’accès à l’emploi, en particulier pour les jeunes.
  • Les demandeurs d’emploi en fin de droits d’indemnisation doivent bénéficier d’un accompagnement renforcé pour leur permettre de retrouver un emploi avec un revenu garanti. Les conditions d’accès à l’Allocation spécifique de solidarité et au RSA doivent être élargies.

Améliorer les salaires et le pouvoir d’achat, réduire les inégalités

  • Dans les branches, les entreprises, la fonction publique, les négociations salariales doivent assurer le maintien du pouvoir d’achat et la réduction des inégalités.
  • Les allègements de cotisations sociales doivent être ciblés et conditionnés aux politiques d’emplois et de salaires ; le soutien du pouvoir d’achat doit être assuré. Les mesures sociales pour faire face à la crise doivent être financées par la suppression du bouclier fiscal, la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires et la création d’une tranche d’impôt supplémentaire pour les hauts revenus.

L’avenir des retraites : un choix de société
Emploi, conditions de travail, niveau de salaire, ont des conséquences directes sur les équilibres des régimes de retraite et sur le niveau des pensions.
La concertation qui s’engage sur une « réforme des retraites » suscite une légitime inquiétude chez les salariés. Elle doit garantir la pérennité du système par répartition en assurant son financement et en corrigeant les inégalités. Ni l’agenda, ni les bases de départ de discussion proposées aujourd’hui ne sont susceptibles de répondre aux besoins de consolider les droits et le système de retraites par répartition.
Les seuls éléments de la réforme proposée restent le recul de l’âge légal de départ à la retraite et l’allongement de la durée de cotisation dans un cadre budgétaire constant : ceci n’est pas acceptable. Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA, n’accepteront pas un passage en force.

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