Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

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La proposition de loi contre les licenciements boursiers déposée à l’Assemblée

bourse_ou_la_vie_1.jpgLe projet de loi interdisant les licenciements boursiers a été déposé le 19 juillet 2012 par les députés du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR).

Constatant que "notre arsenal juridique permet aux entreprises de licencier en dépit de leur bonne santé économique", les députés du groupe Gauche démocrate et républicaine proposent, dans le premier des deux articles de leur texte, d’exclure du champ légal des licenciements économiques ceux qui sont effectués dans des entreprises ayant reversé des dividendes à leurs actionnaires au titre d’au moins un des deux derniers exercices comptables. L’inspection du travail devra mettre en oeuvre cette disposition.

L’article 2 prévoit que les entreprises qui bénéficient d’aides publiques s’engagent, en contrepartie, à ne pas réaliser de licenciements boursiers, au risque de devoir restituer les sommes perçues.

Cette proposition de loi, annoncée le 17 juillet par le président du groupe André Chassaigne, reprend un texte déposé par les sénateurs du groupe communiste, repoussé le 16 février par une très courte majorité, mais votée par les sénateurs socialistes.

Dans l’exposé des motifs, les députés GDR soulignent que "l’ampleur de la crise, la violence des comportements des dirigeants à l’égard des travailleurs qui produisent les richesses (...), la destruction de l’emploi industriel (500.000 emplois détruits depuis 2008) imposent une action rapide du législateur".

Citant les multiples cas de réduction d’activité, de fermeture de sites ou de licenciements, notamment chez Air France, Valeo, Carrefour, ArcelorMittal, PSA Peugeot Citroën et Sanofi, les députés notent qu’il s’agit, "dans bien des cas, de conserver des marges de profit nécessaires au maintien ou à l’augmentation de la part revenant aux actionnaires ou à la constitution de réserves en capital. Les travailleurs sont ainsi relégués au rang de variables d’ajustement d’une économie de casino."

lire l'exposé des motifs et la proposition de loi

 

Assemblée: le Front de Gauche s'attaque aux licenciements boursiers

chassaigne_7.jpgLes députés du Front de Gauche vont déposer rapidement une proposition de loi sur l'interdiction des licenciements boursiers.

C'est ce qu'a indiqué André Chassaigne mardi 17 juillet lors d'un point presse. "Il y a urgence. Il faut des avancées législatives. Immédiatement, il faut que l'on puisse voter une loi pour l'interdiction des licenciements boursiers, a lancé le député du Puy-de-Dôme. Nous allons redéposer la proposition de loi qui avait été discutée au Sénat."

Pour le Front de Gauche, il y a urgence à faire adopter une telle mesure tant les licenciements pour augmenter la rentabilité des entreprises et satisfaire leurs actionnaires sont en augmentation. "Quand on parle de milliers de licenciements, on parle en fait de dizaines de milliers de licenciements!" affirme André Chassaigne, prenant pour exemple les 8.000 suppressions d'emplois chez PSA qui vont se répercuter chez des sous-traitants.

"Je rappelle qu'au Sénat, il a manqué quatre voix", a ajouté le président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l'Assemblée nationale. Cette proposition de loi communiste avait été rejetée en février dernier à la suite de l'abstention des radicaux de gauche. "Avec la majorité que nous avons dans cette Assemblée, le vote de cette proposition de loi ne doit pas poser problème."

André Chassaigne sera reçu à Matignon mercredi 18 juillet, ainsi que Nicole Borvo, présidente du groupe communiste au Sénat.

Info Huma.fr

 

La classe ouvrière, le PCF et le Front de Gauche

HD_11_mars_2012.jpgAndré Chassaigne, député et candidat Front de Gauche du Puy de Dôme, participera à un meeting avec Jean-Luc Mélenchon le 14 mars à Clermont-Ferrand. Il est cette semaine l'invité de l'Humanité Dimanche.

André Chassaigne : « Dans cette campagne, la classe ouvrière, le PCF et le Front de Gauche se retrouvent ».

HD : Sur le terrain, parmi les gens que vous rencontrez, cette politique du Front de Gauche apparaît-elle crédible ?

AC : Ce qui est indéniable, c’est que la campagne de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche redonne de la fierté aux travailleurs. Quelque chose se passe indéniablement. La classe ouvrière, le PCF et le Front de Gauche se retrouvent. Au risque de faire sourire, je dirais qu’on recommence à s’aimer. Nous sommes de nouveau perçus comme capables de faire avancer concrètement des mesures de transformation de la société.

De plus en plus de gens comprennent que si on veut changer la vie, si l’on veut le progrès social, il faut changer la société. Jusqu’à présent, ce qui apparaissait par exemple sur certains réseaux sociaux comme une simple indignation face au système, se réalise au sein du Front de Gauche, comme une réponse construite, élaborée, qui petit à petit gagne en crédibilité.

Certes c’est fragile, sauf si nous-mêmes, à tous les niveaux, nous consolidons les fondations en ne nous limitant pas à l’incantatoire.

Nous portons un programme qui est celui de la citoyenneté élargie, de l’élaboration collective, où les français reprennent leur destin en main. C’est la nature du Front de Gauche. Et c’est ce qui fera son succès ».

André Chassaigne, en page 22 de l’Humanité Dimanche en vente jusqu’au mercredi 14 mars dans les kiosques et demain au marché de Saint Gratien.

N’ayez pas peur. Demain au marché, achetez-nous donc l’Humanité Dimanche !

 

Après Durban, tout reste à faire !

chassaige_durban.jpgCommuniqué d’André Chassaigne de retour de Durban

Le rideau est tombé sur la Conférence de Durban. Les masques tombent aussi à l’issue d’un spectacle où les puissants auront joué au mieux les rôles qu’ils devaient tenir. Une fois de plus, leur comédie aura tenu le monde en haleine. Les tirades sur le devenir de l’humanité, la main sur le cœur, auront nourri les espoirs de tous ceux qui ont conscience du drame vers lequel court la planète. Les postures affichées auront même déclenché les applaudissements de quelques acteurs de second rang, relégués en figurants, mais tellement attachés à la moindre avancée.

Chacun savait pourtant que la partition avait été écrite par les gardiens du temple libéral, présents en souffleurs des pays industrialisés du Nord pendant toute la durée de la grande représentation finale. Les nations les plus riches ont su gérer avec cynisme leurs intérêts immédiats, conscientes que dans tout théâtre, pour reprendre la formule de Jean Vilar, « l’habit fait le moine ». Durban n’aura pas échappé à cette règle d’or !

Pour les autres, les peuples du Sud condamnés par le réchauffement de la planète, les petits Etats insulaires livrés à la montée des eaux, les pauvres et les personnes vulnérables de l’ensemble du monde, le grand spectacle de Durban est tout simplement une terrible tragédie, celle d’une mort annoncée par la perspective d’une augmentation de 4° C en moyenne de la température mondiale.

Et si, au final, quelques espoirs sont affichés avec une feuille de route jusqu’en 2020, si la pièce n’est pas complètement jouée puisque reportée à la Conférence des Parties de 2012 (COP 18), chacun repart avec le sentiment d’un immense gâchis au regard des enjeux pour tous les habitants de la planète, tant l’écart est grand entre les décisions prises et les scénarios scientifiques pour éviter la catastrophe climatique.

Tous les peuples, d’une façon ou d’une autre, paieront un jour la note. Les uns, ceux qui espéraient tant, en connaissent déjà le prix, celui de la famine, de la guerre et de l’exode. D’autres vivront un temps l’illusion de « l’émergence », certes indispensable et voulue par leurs populations, mais combien illusoire dans ce contexte. Les autres, qui portent la responsabilité historique de ce suicide collectif, pensent avoir sauvegardé leurs privilèges qui ne sont en fait qu’un miroir aux alouettes au service d’une poignée de nantis.

Tout reste donc à faire aujourd’hui après cette occasion manquée. Le plus petit dénominateur commun qu’est le texte de cette « fin de partie » ne laisse qu’un espoir : une large mobilisation de tous les progressistes et humanistes de ce monde qui n’en finit pas de glisser vers sa perte. Faisons donc en sorte que naissent des débris de Durban l’immense mouvement des hommes de bonne volonté, avec une seule ligne de conduite : « L’Humain d’abord ! ».

 

Conférence de Durban sur le climat

chassaigne_2.jpgSortir de Durban avec du concret est possible, estime André Chassaigne.

Copenhague avait été un désastre. Demain, 190 pays arrivent à Durban pour une conférence sur le climat, avec comme ordre du jour la mise en œuvre d’un système imposant des réductions d’émissions de CO2 à tous les pays et des mécanismes de financement pour y arriver. Mais la réduction des pollutions, les économies d’énergie, sont bien peu de choses face à la course au profit maximum à court terme. La mondialisation capitaliste est un des moteurs des dérèglements climatiques. Quels accords sortiront donc de Durban ?

Sortir de Durban avec du concret est possible, estime André Chassaigne. Le député communiste invite la France à être plus offensive. Il s’explique dans une interview à l’Humanité.

Les négociations se frottent aux intérêts divergents des États. Peut-on obtenir du concret à Durban ?

AC. En faisant aboutir des mesures palpables, oui. N’en citons qu’une : la taxation sur les transports maritimes. Ce ne serait pas inutile, quand ils comptent pour plus de 3 % des émissions mondiales. Ce serait surtout un signal fort et un outil de lutte contre les délocalisations et le "commerce inutile". Il y a peu, s’est signé un accord de libre- échange entre l’Amérique du Nord et l’Asie. Ce type de chose, qui ouvre plein pot les frontières aux importations, est catastrophique. Tout l’enjeu est à l’inverse de relocaliser les productions, agricoles ou industrielles. Nous avons besoin d’une riposte mondiale. La taxe sur les transports peut servir de levier.

Le fonds vert compte-t-il parmi ces mesures ?

AC. Bien sûr. Non seulement on peut sortir de Durban avec un fonds vert structuré, mais il faudra aussi avoir avancé sur son financement. La piste d’une taxation sur les transactions financières est à suivre. Au-delà, d’autres mesures innovantes peuvent être envisagées. L’idée d’une contribution -d’une taxe- sur les productions d’énergies fossiles est à étudier de près, par exemple. Etablir la gouvernance du fonds, enfin, est essentiel. Il faut résolument l’ouvrir à la société civile, aux ONG et syndicats. Il faut aussi que les pays en développement bénéficient d’un accès direct au fonds vert, sans en passer par la troïka (banque mondiale FMI-OMC).

La reconduite du protocole de Kyoto est-elle indissociable d’un accord ambitieux ?

AC. La reconduction du protocole de Kyoto est indispensable. Sans cet instrument juridique, nous n’obtiendrons pas d’avancées. Cela dit, plutôt que rien, il faut au moins que Durban acte une période de transition vers un engagement fort qui ne dépasse pas cinq ans. Sans quoi, nous assisterons à un délitement des ambitions. Mais une chose est claire : le protocole ne fera pas tout. Sans une remise en cause des critères de rentabilité et de performances économiques, nous n’obtiendrons aucun changement radical.

Le protocole est un outil pour réduire les émissions. C’est aussi un instrument de mise en œuvre des marchés. Peut-on avoir l’un sans l’autre ?

AC. On peut mettre en œuvre d’autres procédés, entre autres des mécanismes de coopération avec les pays du sud. Leur demande en terme de droit à l’énergie, par exemple, est immense. Sans organisation mondiale, la réponse ne pourra être que chaotique et impliquer des énergies fossiles ou de l’atome mal maîtrisé. Notre groupe a déposé une proposition de résolution allant dans ce sens devant l’Assemblée.

Quel rôle peut et doit jouer la France ?
durban_1.jpg

AC. A Copenhague, la France avait eu une position relativement offensive. Elle s’est depuis repliée sur une forme de fatalisme vis-à-vis de États-Unis. Elle a totalement cessé de les interpeller. Et alors qu’elle devrait entraîner l’Union européenne à développer ses ambitions de réduction en coopération avec le groupe des pays en développement et des grands pays émergents, elle n’agit plus que sur le chapitre de l’adaptation. Elle pourrait être à la pointe d’un arc mondial de lutte contre le changement climatique, s’appuyer sur les pays les moins avancés ou les petits États insulaires. Elle y a visiblement renoncé.

 

Le PCF prêt pour 2012

chassaigne.JPGDéclaration d'André Chassaigne, après le vote des militants

A la disposition du peuple de France

Le peuple de France dispose aujourd’hui d’un Parti communiste en bon ordre de marche pour les échéances décisives de 2012 et pour répondre aux attentes de toutes celles et ceux qui sont en souffrance. Cette unité des communistes, avec leur capacité de conviction et d’action, est la seule garantie d’en finir avec la mal vie pour construire un avenir libéré des forces de l’argent.

Les conditions du débat indispensable sur la conception du Front de Gauche et sur la démarche qu’il doit porter dans les mois et années à venir ont été clarifiées par la décision de la Conférence nationale de responsabiliser tous les communistes. C’est un acte décisif qui permet aujourd’hui de nous rassembler autour d’un objectif politique commun avec les élections présidentielles puis législatives de 2012.

Je prends acte de la décision majoritaire des communistes, qui s’est construite sur la base du contrat politique travaillé avec les partenaires du Front de Gauche. Cet accord d’ensemble comporte les orientations politiques et la conception de la campagne, ainsi que le programme populaire et partagé. J’espère qu’il sera rapidement finalisé par la conclusion de l’accord sur les législatives, dans le respect de chacune des organisations, garantissant ainsi l’implication de toutes les forces du Front de Gauche et le soutien à ses candidates et candidats sur l’ensemble du territoire.

Comme je l’ai affirmé tout au long de la période de débat sur les différentes candidatures, je m’engage pleinement dans la perspective d’un large rassemblement des Françaises et des Français autour de notre ambition commune et du programme populaire et partagé. Afin d’accentuer la dynamique de rassemblement du Front de Gauche, je suis toujours convaincu que l’implication populaire doit être un axe déterminant de notre campagne pour construire les contenus de la transformation sociale et écologique que nous voulons.

C’est par ce travail de fond sur les consciences que nous pourrons au mieux concrétiser notre volonté d’un autre projet de société. Amplifions pour cela notre construction politique collective, encourageons l’action et l’engagement du plus grand nombre, appuyons toutes les luttes et tous les combats qui se font jour. Soyons donc audacieux pour sortir du formatage de la politique-spectacle ! C’est en initiant réellement une pratique répondant aux nouvelles attentes populaires que nous redonnerons à la politique ses lettres de noblesse et que le Front de Gauche prendra une dimension nouvelle, dépassant largement les seules organisations qui le composent, pour en faire une propriété citoyenne.

C’est aussi cette démarche qui nous permettra de peser dès aujourd’hui, concrètement, sur les orientations de la gauche dans son ensemble, sans attendre le rapport des forces issu des élections. Plus que jamais, notre Parti, avec la richesse et l’expérience de ses militants, doit être au coeur de cette implication populaire.

Notre responsabilité est énorme pour apporter des solutions de haut niveau à la fracture de civilisation mise en oeuvre par les forces de l’argent.

Parce que l’heure est grave, parce que la menace d’une régression sociale inouïe est programmée par les libéraux de tous bords, parce que les forces de l’extrême droite menacent, j’en appelle solennellement à la responsabilité politique de chaque communiste : quel qu’ait pu être notre choix pour la désignation du candidat du Front de Gauche, entrons et participons sans retenue à la bataille qui s’engage.

L’avenir de nos concitoyens, celui des peuples d’Europe et le propre avenir de chacun d’entre nous en dépend.

André Chassaigne

 

Le choix des communistes pour 2012

logoBis.gifLes militants communistes ont choisi Jean-Luc Mélenchon pour 2012

Près de 60% des militants communistes ont voté pour Jean-Luc Mélenchon lors de la désignation du candidat du Front de Gauche pour l'élection présidentielle de 2012, a annoncé samedi soir Marie-George Buffet dans un communiqué.

"Les communistes, à près de 60% dans toute la France ont choisi de présenter Jean-Luc Mélenchon comme candidat à l'élection présidentielle pour porter le programme du Front de gauche", a fait savoir l'ex-ministre des Sports dans un communiqué samedi. Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a salué dimanche le "choix clair, net et massif" des militants communistes et de "l'accord global" concernant notamment les législatives de 2012. "A Jean-Luc, désormais notre candidat, je veux dire la valeur de notre engagement et de celui de tous les communistes", a-t-il dit. Le député communiste du Puy-de-Dôme, André Chassaigne a pris "acte de la décision majoritaire des communistes" (...) et s'engage pleinement dans la perspective d’un large rassemblement des Françaises et des Français autour de l'ambition commune et du programme populaire et partagé". Le Parti de gauche déclare quant à lui, dans un communiqué, que "le choix définitif formulé ainsi par le PCF donne du sens à la dynamique politique du Front de gauche engagée depuis les dernières élections européennes"

Un total de "48.631" communistes ont participé à la consultation, soit "plus de 70% des adhérents à jour de leurs cotisations", a souligné le numéro un communiste, y voyant une "mobilisation exceptionnelle qui souligne la valeur des choix effectués". "Le choix des communistes est donc clair, net et massif" et "les communistes peuvent désormais se rassembler", a-t-il ajouté.

 

2012 : les débats du PCF

_326_.gifLa conférence nationale du Parti communiste français réunie à Montreuil depuis vendredi, a voté ce dimanche midi à 63,6% (36,39% contre) en faveur de la résolution proposant aux communistes la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle, couplée à l'accord global qui porte sur les présidentielles et les législatives.

Cette proposition sera soumise au vote des militants dans deux semaines, du 16 au 18 juin. Pour ce faire, la conférence nationale a décidé à 79,9% (20,09% contre) le principe de faire figurer sur le bulletin de vote les noms des trois candidats en lice: André Chassaigne (PCF) et Jean-Luc Mélenchon, dans le cadre du Front de gauche, et Emmanuel Dang Tran, opposé au Front de Gauche. André Gerin a, lui, choisi de retirer sa candidature juste avant le vote de ce midi.

"Nous sommes attachés à ce que chaque communiste puisse s'exprimer avec l'ensemble des options qui ont été portées dans le débat. Le bulletin de vote comportera donc toutes les candidatures déclarées et leurs motivations", explique le texte de la résolution adoptée.

En clôture des débats, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a appelé les militants communistes "à se rassembler autour (du) choix" de la conférence nationale. Nous proposons, a t-il expliqué, de "désigner à l'élection présidentielle pour porter les couleurs du Front de Gauche, bien que nous en soyons la force la plus importante, un candidat qui n'est pas issu de nos rangs, mais qui est Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de Gauche... C'est un choix fort, un choix audacieux, un choix courageux. Et j'appelle les communistes à se rassembler autour de ce choix dans la consultation des 16, 17 et 18 juin."

Humanité.fr

voir la vidéo de la conférence

 

Quel candidat pour le Front de Gauche ?

rebelle-fraternelle20.jpgAndré Chassaigne, député du PCF et candidat à l’investiture du Front de Gauche pour la présidentielle, met en garde contre les « démarches d’appareil ».
André Chassaigne ne supporte plus «les paroles hypocrites » et a appelé mardi la direction de son parti à dire «clairement » son souhait que Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche ) soit le candidat du Front de Gauche.

Interrogé par l’AFP avant le Conseil national du PCF qui se réunit vendredi et samedi sur le sujet, M. Chassaigne a déclaré: « si la direction du Parti considère que pour des raisons diverses le candidat qui conviendrait le mieux est Mélenchon, il faut qu’elle le dise avec des arguments » sur « ce qu’apporte une telle candidature » mais aussi sur ses « effets négatifs ».

« Il faut mettre cartes sur table » et « ne pas infantiliser les communistes », a-t-il fait valoir, notant un « mécontentement au sein du Parti » par ce non-dit.

« On valorise Mélenchon par des artifices » mais « ce qu’il faut c’est de la transparence et du courage politique ». « Je ne peux plus supporter les paroles hypocrites qui cherchent à valoriser un candidat sans le dire clairement », a-t-il dit.

Selon certaines sources, lors du Conseil national, la direction du PCF pourrait proposer le nom de M. Mélenchon pour 2012 à condition qu’un accord favorable sur les législatives entre partenaires du Front de Gauche soit trouvé. Pierre Laurent déclare quant à lui que l’accord sur les législatives doit « respecter la place du PCF ».

Si M. Mélenchon, déjà soutenu par Gauche unitaire (composante du Front de Gauche), est choisi par la conférence nationale dans un « processus démocratique » et sans « délégation monolithique des fédérations », M. Chassaigne a répété qu’il ne se présenterait pas devant les militants.

Pour le député du Puy-de-Dôme qui a parcouru plus de 40 départements en cinq mois, « les communistes ne partagent pas certaines prises de positions excessives portées par Jean-Luc Mélenchon ».

« Ce n’est pas dans notre culture qui est une culture de réflexion», a-t-il ajouté, prenant l’exemple du nucléaire: « il faut s’interroger sur le devenir du nucléaire mais on ne règle pas ça par un coup de gueule ».

Le Conseil national du PCF qui se réunit les 8 et 9 avril se penchera sur le bilan du Front de Gauche, les conditions de son développement et envisagera le type de candidatures souhaité par le PCF pour les élections présidentielles et législatives. Puis les communistes discuteront jusqu’au vote de la conférence nationale réunissant les délégués PCF (4-5 juin), avant la décision finale des militants communistes (16-18 juin).

voir le blog d'André Chassaigne

 

André Chassaigne dénonce le pacte de compétitivité

chassaigne.JPGEn brandissant l’Humanité, André Chassaigne a dénoncé à l'Assemblée le pacte de compétitivité élaboré dans les cénacles européens.
Ce texte vise notamment à abolir l’indexation des salaires sur l’inflation. Alors que 7,8 millions de français vivent déjà sous le seuil de pauvreté, le député propose de faire contribuer le capital au financement de la protection sociale en lieu et place de la constitutionnalisation de l’austérité.

Intervention d’André Chassaigne

Monsieur le Premier ministre, alors que les profits des grandes entreprises atteignent des sommets, vous êtes toujours le commis zélé de ceux qui veulent s’enrichir toujours plus (« Oh ! » sur de nombreux bancs du groupe UMP), et surtout sans risques pour leur portefeuille.
Vous avez une alliée de choix en la personne de la Chancelière allemande, Mme Angela Merkel. Ce sera sans aucun doute encore le cas dans deux jours, lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement de la zone euro. Au programme : un pacte de compétitivité censé éviter la répétition de crises financières... un pacte caché, révélé ce matin par L’Humanité, qui, vous le voyez, en a fait son titre. (« Ah ! » sur les bancs du groupe UMP.) Alors que les conséquences seront d’une extrême gravité pour le niveau de vie de nos concitoyens et encadreront nos choix nationaux, le Parlement est en effet tenu à l’écart.
Certes, une version allégée de ce document vient d’être dévoilée pour apaiser les critiques suscitées par le projet initial. Mais l’essentiel reste.
Il s’agit, tout d’abord, de « faire évoluer en ligne les coûts sur la productivité » par la « modération salariale », c’est-à-dire d’abolir l’indexation des salaires sur l’inflation et de rompre avec les négociations collectives. Est-ce que 7,8 millions de personnes vivant dans notre pays sous le seuil de pauvreté ne suffisent pas ?
Il s’agit aussi d’inscrire le plafonnement des déficits publics dans la Constitution, pour graver dans le marbre des limites aux dépenses sociales : bel artifice pour écraser les services publics sans en assumer la responsabilité directe ! Est-ce que vous pensez que le Parlement est un tel frein à la politique d’austérité qu’il faille le déposséder ?
Il s’agit enfin de définir au niveau européen un cadre commun pour lier l’âge de la retraite à l’évolution de la démographie, avec, en point de mire, la retraite à soixante-sept ans. Est-ce que vous ne pourriez pas plutôt initier une meilleure répartition des richesses et la contribution du capital au financement de notre système de protection sociale ?

Infos Cidefil

 

Quelles perspectives pour le Front de Gauche en 2012 ? (5)

La campagne pour les élections présidentielles de 2012 a incontestablement commencé dans notre pays. Le temps est venu pour le Front de Gauche aussi de se préparer à cette échéance.
Nous souhaitons que ce blog participe au débat. Nous publierons quelques textes qui devraient susciter des commentaires et enrichir la discussion. Rappelons aussi que notre site vous propose de mettre en ligne des textes plus longs sous forme de billets. Lecteurs, à vos plumes !

Terrecommune.jpgLa lettre d’André Chassaigne
Professeur de lettres et d'histoire-géographie, André Chassaigne est élu député en 2002. Alors que le PCF perd quatorze sièges, il est le seul à en conquérir, élu au second tour avec 51,34 %.
En 2007, il est réélu député du Puy-de-Dôme, en nette progression par rapport à 2002 puisqu'il remporte 65,90 % des suffrages.
En avril 2008, il dépose un amendement (dit « amendement 252 ») au projet de loi sur les OGM, permettant de restreindre la culture d'OGM dans de nombreuses zones, comme les régions de culture d'AOC. Cet amendement est adopté par surprise, provoquant une crise au sein du gouvernement et de la majorité parlementaire.
Tête de liste du Front de gauche en Auvergne pour les élections régionales de 2010, il remporte, avec 14,2 % le meilleur résultat de sa formation toutes régions confondues.
Il est l'auteur d'un livre politique paru à la rentrée " Pour une terre commune".
Le 10 septembre 2010, il annonce qu'il est candidat à la candidature du Front de gauche (PCF, Parti de gauche et Gauche unitaire) pour l'élection présidentielle de 2012.
Aujourd’hui, il explique le sens de sa candidature dans une lettre ouverte aux communistes, dont voici des extraits.

Lettre ouverte aux communistes

Le 20 juin 2010, j’ai présenté au 35ème Congrès du Parti Communiste Français mon offre de candidature pour représenter le Front de gauche aux prochaines élections présidentielles. Elle faisait suite à l’accord que j’avais donné, début juin, pour que mon nom soit cité, parmi d’autres, comme candidat potentiel. Sans ambiguïté, je soulignais alors mon attachement à une candidature commune du Front de gauche pour affronter cette importante échéance électorale. (…)
Le 8 septembre 2010, à la veille de la Fête de l’Humanité, je précisais le sens de mon offre de candidature : « Le Front de gauche tire sa force et ses succès de sa diversité, en rassemblant des militants attachés à la transformation sociale et qui veulent dépasser les échecs de leur propre parti : communistes, socialistes, extrême gauche, écologistes, mouvement social... cette pluralité est une formidable richesse. Conjuguée à une réelle assise populaire, elle peut permettre de co-élaborer un projet transformateur pour la France.
C'est pour cette même raison que je suis attaché à une candidature commune du Front de gauche pour les élections présidentielles. Pour moi, il n'y a pas de femmes ou d'hommes providentiels. Le Front de gauche est composé de plusieurs courants : plusieurs candidatures sont donc possibles pour porter son projet partagé, qu’elles soient issues des différentes formations du Front de gauche, ou du mouvement social… Aucun candidat ne s’impose a priori. C'est le sens de mon offre de candidature.
Qui dit Front dit ensemble de différences. Chaque formation, comme chaque individu, a sa personnalité, son histoire propre, ses priorités. La famille politique que je représente, comme les autres, a ses particularités, ses propres orientations. Je pense notamment à la question sociale, et plus particulièrement à la participation active du monde du travail à la création de richesses dans un nouveau type de développement. Je pense aussi à cette volonté que nous avons toujours eue d'être les porteurs et les passeurs des exigences populaires. Cette sensibilité-là a besoin de s’exprimer et d’être entendue, au côté d'autres.
J'ai certes conscience du caractère particulier de ma candidature. Elle est différente, donc un brin anachronique dans le bouillonnement médiatique autour d'une poignée de personnalités nationales. Serait-il donc incongru qu'un élu local, forgé dans la défense des intérêts de la population d'un territoire, puisse porter un message national ? Cette proximité, cette connaissance des Français ne serait-elle pas au contraire la première garantie de construire avec eux ?
Il n'est pas une journée durant laquelle je ne fais pas le constat que le système libéral, qui encadre notre vie, marche sur la tête, à tel point que les jeunes devraient demain vivre moins bien que leurs parents. Il n'est pas une journée sans que je me dise que notre société est complètement dévoyée par une poignée de grands groupes financiers et de privilégiés. Et il n'est pas une journée sans que je réfléchisse à ce que nous pourrions tous ensemble mettre en oeuvre pour bousculer ce capitalisme qui casse tant de vies : il est vraiment temps de dépasser ce système essoufflé, tellement abandonné à la finance qu'il s'est lui-même condamné.
Dans ce grand pays qu'est la France, nous devons imaginer et mettre en oeuvre un nouveau modèle social. Il nous faut redonner à la France la place qu'elle doit avoir pour aider la planète à privilégier le bonheur humain ».
Le peuple de France veut le changement. (…)
Durant ces derniers mois, au fil des rencontres sur l’ensemble du territoire, j’ai pu constater non seulement combien les Françaises et les Français souhaitaient ce changement, mais combien ils exigeaient aussi d’être au centre du débat politique. J’ai eu aussi la confirmation que les communistes portent la conviction que la participation populaire est à la fois le but et le moyen du changement politique, comme cela est si bien formulé dans l’appel « espoir2012.org » : « La mise en commun de l'intelligence de chacun est un gage de réussite dans la gestion des collectivités, dans les luttes syndicales, dans la direction d'association, dans la conduite de projets collectifs, et plus globalement dans la promotion de l’intérêt général. Nous avons la conviction que les Français ne veulent plus que l'on parle en leur nom, qu’ils veulent participer à la prise de décisions de leur environnement professionnel jusqu'au gouvernement. Ils souhaitent un nouveau partage du pouvoir ».
C’est cette démarche de co-élaboration, que je partage depuis si longtemps, que j’essaie de porter. Elle est à l’opposée de grandes messes autour d’une élite « qui sait », comme des propositions, toutes ficelées, déclamées de la tribune d’un Congrès. La généralisation d’une telle démarche est d’autant plus indispensable qu’elle nous affranchit des artifices de la séquence présidentielle et permet à chaque Française et Français de reprendre son avenir en main.
Aussi, ma volonté est d’être un artisan déterminé de cette construction citoyenne du projet, pour permettre de desserrer l’étau du repli sur soi et montrer qu’une société s’affranchissant des banquiers, de la dictature de l’argent, est indispensable. Et qu’elle est possible ! (...)

Retrouvez l'intégralité du texte sur le blog d'André Chassaigne

 

La grande misère budgétaire de l’écologie libérale

header_article_tmpphpErFqnl.JPGLu sur le blog d’André Chassaigne, député et conseiller régional

"Les ministres en charge de l’écologie peuvent bien changer, les budgets qui lui sont consacrés, eux, restent.
Ainsi l’examen des propositions budgétaires du ministère de l’Ecologie pour 2011 est limpide : tous les programmes de la mission connaissent des baisses de crédits substantielles. Avec 611 millions d’euros de moins pour 2011 par rapport à 2010 ce gouvernement fait plus qu’enterrer, comme je l’entends dire dans la presse, les promesses du Grenelle. Il affiche son renoncement à porter une politique environnementale pour l’avenir. Il capitule sans combattre face aux exigences des marchés, c’est à dire face aux actionnaires, aux puissants, à la poignée de riches qui sont à l’origine des désastres environnementaux planétaires.
Comment ce gouvernement s’y prend -il pour accomplir sa mission d’agent servile de l’écologie libérale ?
Il opère d’abord des coupes budgétaires massives dans toutes les dépenses de fonctionnement des services et des « opérateurs » liés au Ministère de l’écologie. Pour cette année, les dépenses de personnel sont amputées de 62 millions d’euros, tandis que les dépenses de fonctionnement sont tout bonnement divisées par deux, passant de 2,6 milliards en 2010 à 1,3 milliards pour 2011. Le schéma d’emploi du ministère relève une diminution de 1287 équivalent temps plein en 2011, après les 2700 suppressions de 2009 et 2010. Le gouvernement prive ainsi l’Etat de tous ses moyens d’action. Il regroupe les directions et les services. Il taille dans l’emploi. Il dilapide les compétences de ses agents sur les territoires. Il affaiblit toutes les capacités d’intervention et de contrôle sur les acteurs économiques pour porter les politiques publiques environnementales.
Cette année, le ministre, plus que jamais aux ordres de l’Elysée, opère un plan d’ajustement structurel du Ministère de l’Ecologie qui est un véritable modèle du genre. Le rythme de suppressions d’emploi et de coupes budgétaires dépasse le rythme d’érosion de la biodiversité mondiale. Triste record ! "

voir l'intégralité de l'intervention

 

Avec son nouveau N°1, le PCF s'ancre durablement dans le Front de Gauche

Le PCF, qui a élu dimanche Pierre Laurent au poste de secrétaire national, a fait le choix massif de s'ancrer résolument dans le Front de Gauche créé avec Jean-Luc Mélenchon fin 2008, mais beaucoup reste à faire d'ici 2012.
Dès son élection dans un fauteuil (80,7%) après le retrait de l'eurodéputé Jacky Hénin, le nouveau numéro un communiste a appelé tous ses partenaires de gauche à multiplier les "fronts de riposte" à Nicolas Sarkozy, proposant de créer "un groupe de contact permanent" entre eux.
"Ensemble disons clairement d'ici 2012 : Non Sarkozy n'avancera plus!" a déclaré le successeur de Marie-George Buffet pour son premier discours en tant que secrétaire national, la voix parfois étranglée par l'émotion.
"Ne cédons plus un millimètre à ceux qui veulent faire payer la crise aux travailleurs", a poursuivi l'ex-directeur de la rédaction de L'Humanité, appelant à se mobiliser le 24 juin avec les syndicats contre la réforme des retraites.
Offensif sans être grand tribun, M. Laurent a annoncé qu'il demanderait au CSA "d'organiser le pluralisme" dans les médias sur cette question, dénonçant le "martelage à sens unique".
Après avoir ironisé sur son patrimoine familial ("Mon nom ne figure sur aucun testament secret légué par ma famille au bureau politique"), le fils de Paul Laurent, figure du PCF, a affirmé "l'engagement résolu" du parti dans le Front de gauche (FG) pour "lancer la dynamique d'un pacte d'union populaire".
Un peu plus tôt, les militants avaient largement adopté (76%) une résolution poursuivant le FG. Ils décideront, comme prévu, du candidat qu'ils soutiendront à la présidentielle lors du congrès de juin 2011, après un "point d'étape" fin 2010. Aucune hypothèse n'est exclue: un candidat issu du PCF, du mouvement social ou M. Mélenchon (PG).
"Le candidat ne portera pas le message du seul PCF, mais celui du Front de Gauche", a souligné André Chassaigne. Pour le député auvergnat, régulièrement cité par la direction comme possible candidat, "il ne faut pas qu'un candidat se présente avec des chaussures de plomb", "ce serait l'échec assuré" après celui de Marie-George Buffet en 2007 (1,93%).
M. Laurent a aussi laissé la porte ouverte à toutes les possibilités, mais "Jean-Luc Mélenchon ne sera pas candidat si nous ne le décidons pas", a-t-il prévenu, applaudi par les militants alors que beaucoup défendent ardemment une candidature communiste, hors FG, à l'image d'André Gerin.
Eric Coquerel, en observateur du PG, a estimé que "tout cela (allait) dans le bon sens" même s'il n'y a "pas grand chose de nouveau". Il s'est félicité d'un "débat sans crispation" qui permet de "continuer dans les mêmes rails".
Reste à décider des modalités de désignation du candidat, le PG souhaitant créer une commission des candidatures.
"Il faudra en tout cas que Pierre Laurent fasse ses preuves" et permette le débat des communistes, a fait valoir Daniel Cirera (Communisme21) dont la résolution alternative a obtenu presque 30% samedi.
Mettant en garde contre "l'enfermement" du PCF dans la gauche de la gauche, il a en travers de la gorge l'annonce par Mme Buffet et M. Mélenchon, quelques jours avant le congrès, d'un "programme partagé" pour 2012, sans consultation des militants.
Au moment de devenir numéro un, Pierre Laurent a offert un énorme bouquet de fleurs à Mme Buffet, rendant un hommage appuyé à cette "féministe passionnée". "Bravo pour tout et merci", lui a-t-il lancé devant une salle debout, faisant briller les yeux de l'ex-patronne du parti.

AFP le 20juin 2010
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« Petit abécédaire après le sommet de Copenhague »

André Chassaigne est président de l’Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR) et député du Puy de Dôme (auteur notamment d’un amendement pour restreindre l’utilisation des OGM). Il sera tête de liste du Front de Gauche en Auvergne en mars 2010.
Il nous raconte le sommet de Copenhague auquel il a participé de A.. à Z !

Texte invité

SirèneA comme ACCORD. On dit que l’Accord de Copenhague est « politique ». En fait c’est un texte sans ambition de 3 pages, simple déclaration d’intention pour ne pas revenir la besace vide après des années de préparation, les 2 semaines de négociations du Sommet, les 48 heures du round final… et la nuit blanche des chefs d’États.
B comme BORLOO. Je ne lui ferai pas un procès d’intention en lui reprochant de ne pas avoir mis le paquet ! Certes, il accroche sa charrue à une étoile, mais le soc reste coincé par le roc d’intérêts égoïstes. Dommage qu’il reste muet sur les véritables raisons de l’échec. « Couvrez ce capitalisme que je ne saurais voir ! »
C comme COMPETITION. La compétition pour les ressources et de plus grandes parts de marché, ainsi que les traités et les accords de libre échange, ont abouti à la privatisation et à la marchandisation des ressources naturelles, intensifiant leur pillage, notamment dans les pays sous-développés. L’utilisation de ces ressources s’est faite sur la base d’un système économique non durable, construit sur un accès sans limite aux ressources dans sa recherche du profit, avec les désastres écologiques qui en découlent. Principales victimes, les pays en développement sont aussi les plus vulnérables et les moins armés pour faire face à la situation. Aussi, réclament-ils un soutien financier de la part des pays riches pour mettre en œuvre un nouveau mode de développement économique en émission de carbone et pour s’adapter aux conséquences du changement climatique.
D comme DÉLÉGATION FRANÇAISE. Nous étions une douzaine de députés et sénateurs représentant les groupes politiques et commissions, au côté de grands noms de la cause environnementale (Brice Lalonde, Nicolas Hulot, Yann Artuss-Bertrand…) de scientifiques de renom (notamment le climatologue Jean Jouzel) et bien évidemment les représentants du ministère de l’écologie et de l’environnement (MEEDATT) avec les Secrétaires d’Etat Chantal Jouanno et Valérie Létard.
E comme ESPOIR. L’espoir que la catastrophe puisse être un jour conjurée, que des centaines de millions d’humains ne pouvant plus se nourrir ne soient plus dans le couloir de la mort, que la tragédie collective des habitants des terres menacées ne soit plus qu’un mauvais rêve. Cet espoir exige un accord mondial non seulement sur les émissions des gaz à effet de serre de tous les pays mais aussi une garantie d’accès de tous au développement.
F comme FIASCO. Le fiasco de Copenhague a certes été habillé d’un semblant d’accord que le Président Sarkozy s’est efforcé de présenter au mieux aux journalistes et à la délégation française. Engagements, chiffres, objectifs… qui ne se retrouvent pas dans le texte final dont la vacuité n’a même pas permis d’obtenir le soutien de l’ensemble des Etats représentés. « C’est pas beau de mentir, Monsieur le Président ! »
G comme G 77. C’est le regroupement des pays du Sud qui demandent un accord contraignant pour les pays riches. Le G 77 réclamait que l’objectif pour 2050 ne soit pas de limiter seulement le réchauffement planétaire à 2°c, mais au seuil critique de 1,5°c. Un réchauffement de 2°c se traduirait en effet, dans les pays africains, par un réchauffement de l’ordre de plus de 3°. Quant aux Etats insulaires, certains seraient totalement submergés ! Le G 77 demandait notamment aux pays industrialisés la diminution de moitié des gaz à effet de serre d’ici à 2020 et le financement, à hauteur de 1 % de leur PIB, de la lutte contre le réchauffement climatique.
H comme HUGO CHAVEZ. Un simple extrait du discours prononcé par le Président de la République Bolivarienne du Venezuela le 16 décembre : « On pouvait me dire, monsieur le président, un fantôme parcourt le Copenhague, en paraphrasant Karl Marx, le grand Karl Marx. Un fantôme parcourt les rues de Copenhague, et je crois que ce fantôme marche en silence dans cette salle, il passe entre nous, il passe par les couloirs, sort par dessous, monte. Ce fantôme est un fantôme épouvantable, presque personne ne veut le nommer. Le capitalisme est le fantôme ! (Applaudissements). Presque personne ne veut le nommer, c’est le capitalisme !».
I comme INDUSTRIALISATION. L’industrialisation des économies occidentales est la cause première du changement climatique. L’émission sans précédent de gaz à effet de serre dans l’atmosphère a pour origine l’accroissement de la combustion de carburants fossiles dans l’industrie, mais aussi le commerce mondial libéralisé, les choix de transport, le développement de l’activité militaire, pour ne nommer que quelques secteurs significatifs . Les conséquences de la croissance industrielle ont été aggravées par le système libéral qui se livre à une production excessive, guidée par le seul profit, pendant qu’une très large proportion de l’humanité est enlisée dans la pauvreté, avec une consommation ne permettant pas de répondre aux simples droits humains.
J comme JUSTICE SOCIALE. Au-delà du problème bien réel du changement climatique, un discours vise à instaurer une sorte de « terreur climatique » pour faire passer des mesures antisociales : bel exemple que la contribution climat-énergie, sauce taxe carbone à la française ! De plus, en ne mettant pas en cause le mode de production capitaliste, fondé sur le libre-échange et le productivisme, on occulte cette question fondamentale de la justice sociale, dans les pays dits riches comme dans ceux en développement.
K comme KYOTO. Le protocole de Kyoto est seulement entré en vigueur en 2005, ratifié par 175 pays à l’issue de 7 années de négociations. Il engage les signataires à réduire leur émission de gaz à effet de serre d’au moins 5 % d’ici 2012 par rapport à leur niveau de 1990. Mais cette contrainte de réduction disparaît de fait avec l’accord de Copenhague : chaque pays fera désormais ce qu’il voudra, avec une simple information tous les 2 ans, sans sanctions ni vérification internationale. Très défendu par les pays africains pour être le seul instrument légalement contraignant, ce protocole n’est pas forcément enterré définitivement. Fort heureusement !
L comme LIBÉRALISME. Le modèle économique libéral se délecte de la création attendue d’un nouveau marché mondial, celui du carbone, à l’image du marché européen ETS (European Trading Scheme). Les experts adoubés du libéralisme chantent depuis des années les vertus des Mécanismes de Développement Propres (MDP), c’est-à-dire l’achat par les grands groupes industriels et sociétés financières de crédits d’émissions dégagés par les économies de pollution au Sud. Cette bourse du carbone ne serait pas seulement un aliment de plus pour répondre à la boulimie de tout marchand, elle permettrait aussi un magnifique tour de passe-passe : les pays industrialisés externaliseraient ainsi leur vertu en instaurant à leur profit un marché mondial d’indulgence en achetant des droits de polluer. Le marché à saisir est énorme : les seuls crédits de carbone forestiers seraient évalués à 1,5 Mds. Le cours reste à fixer au grè de l’offre, avec une demande pressante, et à la clef une bulle spéculative toujours susceptible d’exploser.
M comme MOBILISATION. L’année 2010 s’annonce comme celle d’une bataille décisive où les peuples du monde entier devront contraindre leurs dirigeants à changer de cap, sous peine de compromettre profondément et de manière irréversible l’avenir de l’Humanité. « Aux citoyens d’exiger une attitude plus responsable de leur gouvernement » est une phrase très entendue depuis l’échec du Sommet.
N comme NÉGOCIATIONS. Le processus de négociations, engagé deux ans avant Copenhague devait aboutir à un nouveau traité mondial visant à corriger les causes et la conséquence des émissions de gaz à effet de serre. Il a été remis en cause durant le Sommet : discussions parallèles, manque de transparence, domination des pays riches ont réduit à néant le travail réalisé. Non seulement les 200 pages de négociations n’ont pu être finalisées mais aucun consensus n’a pu se dégager.
O comme ONG. Grâce au contre-pouvoir des grandes organisations environnementales, soutenues par les mouvements sociaux et de nombreux scientifiques, Copenhague restera tout de même dans l’Histoire comme l’échéance qui a permis l’articulation d’une nouvelle force internationale. Le Klimaforum09, sommet alternatif de Copenhague, a en effet débouché sur une Déclaration des Peuples (« System Change- not climate change ») signée par plus de 300 ONG et mouvements sociaux des 5 continents. Elle servira de base commune à leurs prochains combats.
P comme « PUITS DE CARBONE ». Des massifs forestiers comme l’Amazonie ou le bassin du Congo ont un rôle primordial pour lutter contre l’effet de serre en captant le CO2 présent dans l’atmosphère. Les préserver est un des meilleurs atouts de la planète. Mais les « crédits carbone » accordés comme contre-partie pour service rendu à la communauté mondiale, alimenteront un marché de carbone forestier. Ces crédits pourront être rachetés par les pays industriels pour leur permettre de continuer à polluer. L’économie de carbone pourrait être pillé comme l’ont été les ressources naturelles des pays d’Afrique depuis 150 ans !
R comme REDD, c’est-à-dire le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestières des Nations Unies (UN-Redd). Ce programme, destiné à arrêter la déforestation, est affiché comme une réelle avancée. Mais, la préservation des forêts a un coût pour l’économie des pays concernés, d’autant qu’il s’agit bien souvent de pays pauvres. Le principe d’aider financièrement les pays à préserver leurs forêts est désormais admis. Reste à fixer le mode de financement… et trouver l’argent nécessaire !
S comme STERN. Le rapport Stern sur l’évaluation économique du changement climatique affirme que l’inaction coûtera très cher en 2100. Si rien n’est fait, le réchauffement climatique coûterait alors 5 500 milliard d’Euros, soit plus que les guerres mondiales et le récession des années 30 réunies.
T comme TITANIC. Une phrase a beaucoup circulé au Bella Center de Copenhague, où se déroulaient les travaux : « On est sur le Titanic, on coule, il n’y a pas de canots de sauvetage et l’équipage ne s’en rend pas compte ». La réalité n’est pas très éloignée de cette image ! Elle l’est d’autant moins quand le grand timonier de l’économie mondiale est le Président des Etats-Unis, qu’il s’appelle Bush ou Obama. Le choix de navigation est clair : les Etats-Unis, qui n’ont pas ratifié le protocole de Kyoto, n’iront pas plus loin que leur objectif initial de 4 % de réduction de leurs émissions par rapport à 1990, très en dessous des 25 à 40 % préconisés par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC).
U comme URGENCE CLIMATIQUE. L’urgence climatique n’est pas un simple slogan : les concentrations de gaz à effet de serre ont atteint des sommets. Les spécialistes disent qu’à ce rythme les températures pourraient être de 5 ° supérieures à celles de la période préindustrielle. Bien évidemment avec toutes les conséquences que le réchauffement climatique implique : multiplication de phénomènes météo extrêmes (ouragans, orages violents, inondations, sécheresses…) montée du niveau des océans et engloutissement des terres, multiplication des conflits pour la maîtrise de l’eau et des terres agricoles.
V comme VIVRE. Si un positionnement environnementaliste a pu répondre pendant longtemps à quelque calcul politicien, il est devenu désormais une exigence incontournable, celle de la vie des générations futures. A l’issue de la manifestation de Copenhague, organisée le 12 décembre en marge des négociations sur le climat et réunissant près de 100 000 manifestants, le directeur de Greenpeace International, Kumi Naidu déclarait à la tribune : « Chaque année, 300 000 personnes meurent à cause du changement climatique. Ce n’est pas une question d’adaptation mais de survie ». Comme cela a été rappelé au Sommet par de nombreux participants des pays les plus touchés, la grande majorité des écosystèmes de la planète sont abîmés, 20 % de l’écorce terrestre est dégradé. La transformation des terres, les altérations de cours d’eau douce, la perte de la diversité biologique sont déjà une réalité. Les peuples les plus fragilisés en paient déjà le prix fort.
W comme WAGON. J’espère plutôt « wagon-lit » avec une pensée pour mon ami Yves Cochet qui a passé 17 h en train pour rejoindre Copenhague, marquant ainsi son opposition à la pollution excessive du transport aérien. A-t-il regretté l’absence du TGV ?
X comme XEROPHILE. Les plantes xérophiles vivent dans des lieux secs. Je ne doute pas que Monsento ait déjà déposé de multiples brevets pour assurer le maintien de culture en milieux hostiles, avec des semences génétiquement modifiées. Sans aucun doute, le capitalisme est déjà en ordre de marche pour tirer profit du réchauffement climatique. L’essentiel est d’occulter sa propre responsabilité et de sauver le système : surfer sur les vagues après avoir déclenché la tempête !
Y comme YANG. Ce principe fondamental de la philosophie taoïste chinoise correspond à la notion de passivité. Le Ying aurait été sans doute préférable ! Quant au Yuan, la monnaie chinoise, il attend sans aucun doute son heure dans un système monétaire toujours dominé par le dollar.
Z comme ZÉRO. « Zéro pointé » pour Copenhague ? Pas seulement ! C’est aussi la note infligée, en guise de rappel à l’ordre, par le Conseil Constitutionnel au projet de taxe carbone, élaboré par le gouvernement sur une base tellement inégalitaire qu’il a été censuré. Les plus modestes devaient payer, les pollueurs étaient épargnés : « Ainsi étaient totalement exonérées de contribution carbone les émissions de 1018 sites industriels les plus polluants, tels que les raffineries, cimenteries, cokeries et verreries, les émissions de l’industrie chimique utilisant de manière intensive de l’énergie (…), celles du transport aérien et du transport routier passagers », souligne le Conseil constitutionnel dans son rapport. Des régimes de faveur « contraires à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique », résume le Conseil, qui note, surtout, que cela « aurait créé une rupture caractérisée de l’égalité devant les charges publiques ». Rien à ajouter...

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