tro_ka.jpgJe suis la candidate du Front de Gauche dans la 6è circonscription du Val d’Oise. Éric Peschot est mon suppléant. La période électorale qui s’ouvre sera pour nous l’occasion de développer nos propositions et de les mettre en débat.

Quatrième volet de nos propositions en matière économique

Réduire la dette et son coût

La dette et le déficit public constituent l’épouvantail agité devant les peuples pour leur imposer des politiques de rigueur et austérité à répétition. La dette représente 85% des richesses que l’on crée annuellement. Le déficit public un peu plus de 5% du PIB. Comment inverser la donne ?

D’abord, la notion de dette ne s’applique pas qu’à la dépense publique. L’économie privée, celle des entreprises, est endettée de façon permanente. Une entreprise, pour se développer, doit investir, donc s’endetter puis amortir sur plusieurs années cette même dette. Pourquoi l’État et les collectivités territoriales ne pourraient pas en faire autant et ainsi étaler leur dette dans le temps ?

Il faut aussi considérer que la dette publique est composée d’une bonne et d’une « mauvaise dette ». La « mauvaise dette » a explosé en 10 ans, sous l’impulsion des gouvernements de droite : + 900 milliards, dont + 500 milliards depuis 2007 avec Nicolas Sarkozy. L’accumulation d’exonérations de charges sociales au profit des entreprises, la diminution des taxes sur la rémunération des revenus du capital, les niches fiscales, l’argent rendu par le fisc aux plus hauts revenus, représentent près de 150 milliards d’euros par an perdus pour la collectivité nationale. La bonne dette, c’est celle qui donne à l’État les moyens de satisfaire les besoins sociaux de la nation : sécurité sociale, retraites, éducation etc. Cette dette là est incompressible.

Comment réduire la dette et le déficit public ?

  • D’abord, en finir avec la « mauvaise dette ».
  • Ensuite, le cœur du problème, c’est le coût de la dette plus que le montant de celle-ci. Il faut donc cesser de financer la dette publique sur les marchés financiers et se tourner vers la Banque Centrale Européenne qui doit prêter, à taux zéro, à un pôle bancaire public, qui lui-même prêtera à l’État. En cessant d’emprunter sur les marchés financiers, l’État économiserait 2,5% du PIB, c’est-à-dire les 50 milliards d’euros d’intérêts versés aux banques chaque année. Pour purger la situation et de façon exceptionnelle, il faut aussi envisager de « monétiser » la dette en demandant à la BCE de racheter 200 ou 300 milliards d’euros de dette. Autre solution, sortir du traité de Lisbonne, ce qui permettrait d’autoriser, par la loi, la Banque de France à payer tout ou partie de la dette, comme le font les Américains avec la Banque Fédérale ou les Anglais avec la banque centrale du Royaume-Uni.