C’est un petit événement dans notre ville : la lettre des socialistes de Saint Gratien vient de sortir.

Bien que cela ne soit pas précisé sur ce document de 4 pages, il s’agit du 3è numéro de cette expression depuis 2008, date des dernières élections municipales. Un événement donc, puisqu’assez rare pour être remarqué… Dans le même temps, les élus communistes au sein du rassemblement du Front de Gauche ont édité, eux, 25 « lettres » sur des sujets nationaux et locaux, sans compter nos numéros spéciaux lors des campagnes régionales 2010 et législatives 2012... La dernière en date détaille les emprunts toxiques de la ville auprès de la banque Dexia et a rencontré un succès certain en ville.
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Nous approuvons certaines réflexions du tract du PS, sur le logement ou la politique sociale de la ville, par exemple, bien qu’elles soient fort succintes. D’autres nous ont interpellés et nous nous permettons ici d’en faire quelques commentaires. D’aucuns les trouveront très acerbes, mais ne devons-nous pas être exigeants avec la gauche gouvernementale ? Voici donc quelques remarques que nous espérons constructives et en tout cas, assez judicieuses pour être mises en débat.

Le PS local relève que le maire a connu de nombreuses condamnations durant l’année 2012. La commune a en effet été condamnée dans trois affaires principales :

  • discrimination envers des enfants de familles demandeuses d’asile à qui elle refusait l’accès aux services périscolaires (Tribunal administratif en octobre 2011, plus d'infos ici)
  • non-respect de la liberté de culte (Tribunal administratif à deux reprises puis en Conseil d’État en août 2011, plus d'infos ici)
  • et enfin, en juillet 2012, le maire essuie une nouvelle condamnation au Tribunal correctionnel pour diffamation à mon égard. Ce dernier jugement fait l’objet d’une procédure d’appel : plus d'infos ici

Si nous nous sommes exprimés à plusieurs reprises sur ces différents faits, jugeons que le Parti socialiste a pris, lui, le temps de la réflexion puisqu’il lui a fallu plus d’un an avant de juger utile de les mentionner publiquement. Rappelons aussi que le Front de Gauche avait été la seule organisation politique locale à s’engager, et plus qu’activement, dans un bras de fer de plus d’un an avec la municipalité pour obtenir enfin gain de cause et justice pour les enfants interdits de cantine. A l’époque, le PS local avait estimé « stérile et dangereuse » l’action de nombreux gratiennois contre cette discrimination et refusé de s’y associer…. Intéressant de le voir à présent se féliciter –ou du moins faire état-du résultat d’actions qu’il dénonçait lorsqu’elles avaient lieu…

De la même façon, le PS note que les écrits de la majorité municipale peuvent « entretenir des idées d’exclusion » faisant allusion à la tribune libre parue dans la revue de la ville en juin 2012 sur la guerre d’Algérie. Que ne l’a-t-il dénoncé à l’époque car il est vrai que ce texte avait scandalisé, à juste titre, de nombreux gratiennois. plus d'infos

Sur un autre sujet particulièrement crucial en ce moment à Saint Gratien, à savoir les emprunts toxiques contractés auprès de la banque Dexia, le PS se contente d’une courte citation. Et pour cause, il est étrangement muet en Conseil municipal sur cette gestion plus qu’inquiétante puisqu’elle nous coûte en 2012 le versement d’une indemnité de 520 000 €, tout en ne réglant en rien le problème de ces prêts indexés sur l’évolution du franc suisse. Dès 2014, la ville se retrouvera face à une bombe budgétaire : les taux d’intérêts étaient en novembre 2012 de 8 et 16% pour les deux emprunts concernés. Se contenter de demander « jusqu’où cela sera-t-il supportable pour la ville ? » apparaît comme une analyse quelque peu superficielle, au moment où la ville réduit drastiquement ses investissements en 2013. Cela n’est déjà plus supportable et nous aimerions ne pas être les seuls à le clamer en Conseil municipal ou en réunions de quartier !

Sur d’autres problèmes locaux, tels l’installation de la police municipale aux Raguenets ou la disparition des commerces dans les quartiers, le PS se borne à un simple constat ou de vœux pieux (« nous serons vigilants »). Là encore, la vigilance n’empêchant nullement l’action, un peu d’audace pour venir soulever la question en réunion de quartier ! plus d'infos

Pour finir, le PS gratiennois se lance dans l’appréciation de la politique gouvernementale. Un mot d’ordre encadré de rose proclame : « nous sommes mobilisés pour le vrai changement », ce qui soulève trois questions essentielles. Que serait un « faux »changement » ? Que doit–on déceler sous le mot « mobilisation » quand les socialistes se font ici si discrets qu’ils n’ont même pas fait connaître leur analyse des législatives, alors qu’ils ont frôlé l’élection dans la 6è circonscription à quelques centaines de voix ? Et surtout… le « vrai » changement, c’est pour quand, puisqu’étrangement la précision temporelle « maintenant » a disparu du slogan ?

Le PS liste ensuite les avancées dues au gouvernement Ayrault. Mais comment voir dans la liste des « engagements tenus » la retraite à 60 ans ? Pour qui ? Cent mille personnes seulement, ayant commencé à travailler dès 14 ans, en bénéficieront… Pour l’immense majorité des salariés qui ont pourtant vu les socialistes participer aux manifestations de 2010, la « retraite à 60 ans » est aux oubliettes.
L’augmentation du SMIC en juillet 2012 ? Ce fut une hausse réelle de 0,6% seulement, représentant 6,50€ de mieux par mois….
La promesse de recrutement de 40 000 enseignants, certes appréciable, se réalisera sur 5 ans et ne peut donc être considérée comme « tenue ».
Quant aux emplois d’avenir, seuls 3 000 viennent d’être signés…

Le PS se félicite enfin du nouveau traité européen qui permettrait de « réorienter l’Europe vers plus de solidarité », évoque le paquet de croissance de 120 milliards et le nouveau rôle de la BCE qui pourrait « emprunter sur les marchés pour réduire le taux d’emprunts des États ».

Or, c’est tout faux. Le nouveau traité européen ne permet en rien à la BCE d’emprunter sur le marché financier pour réduire le taux des emprunts des états. Une Banque Centrale n’emprunte pas sur les marchés. Elle bat monnaie.

Enfin, le traité Sarkozy-Merkel n’a pas bougé d'un iota entre sa version d’avant le 6 mai et celle signée par F .Hollande. Il s’est juste vu adjoindre une annexe portant sur l’effort d’investissement de l’UE, ajoutant un volant d’investissements de seulement 60 milliards, en plus des 60 milliards d’euros déjà prévus dans le traité avant sa ratification. plus d'infos

Ce que ne dit pas la lettre socialiste, c’est qu’on a mis en place le MES, mécanisme européen de stabilité, qui, lui, emprunte bien sur les marchés et prête dans un second temps aux États. Mais à des conditions si drastiques (retour à l’équilibre budgétaire dans les 36 mois ; baisse des rémunérations et des pensions des fonctionnaires ; coupes dans les services publics….) qu’elles enfoncent la Grèce, l’Espagne, le Portugal, comme l’Italie dans une profonde récession…

Ce que ne dit pas non plus la « lettre socialiste » dans son information sur le département, c’est que, le 1er juillet devant le Conseil général ne s’est pas tenu un rassemblement du « PS et des forces syndicales » pour protester contre la politique de la majorité UVO et notamment la baise d’aides diverses accordées par le département aux familles et aux jeunes. Le Front de Gauche aussi était présent. plus d'infos

Le Front de Gauche est souvent présent sur le terrain, aux côtés et avec la population. Très souvent. Ne l'oubliez pas.

Sans rancune.

A bientôt, camarades.

Isabelle Volat