Banque-de-France.jpgAvant les élections, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, avait annoncé qu'il voulait supprimer
2 500 emplois dans l'institution à la tête de laquelle il a été placé par Jacques Chirac et confirmé par Nicolas Sarkozy. Depuis ces annonces, la crise s'est aggravée, le chômage a explosé, la France connait la croissance zéro... et la droite a été chassée du pouvoir. La Banque centrale européenne et la Banque de France sont sollicitées de toutes parts pour qu'elles orientent sélectivement les financements vers la croissance réelle et les PME, plutôt que d'injecter aveuglément des milliards dans les marchés financiers.

Le gouverneur Noyer n'en a cure : il vient de réaffirmer sa volonté de dévitaliser la présence de la Banque de France dans les territoires, particulièrement dans ceux qui sont les plus touchés par le chômage, la précarité, le surendettement, ceux où les PME et les collectivités publiques ont le plus de mal à obtenir les crédits bancaires indispensables à la réalisation de leurs projets. François Hollande et son gouvernement se sont prononcés pour que les politiques économiques, en France et en Europe, donnent la priorité à la croissance. Laisseront-ils détériorer l'un de nos outils principaux de lutte contre la crise ?

Le Parti communiste français apporte son total soutien à la mobilisation des personnels de la Banque de France et aux propositions précises de leurs syndicats pour que la Banque réponde aux attentes du pays dans tous les domaines du service public dont elle est chargée. Il demande à la Banque de France de renforcer sa présence dans les territoires pour être à l'écoute des citoyens et lutter pour la revitalisation des bassins d'emploi et de vie. Il demande qu'elle coopère activement avec les régions dans la mise en place de fonds régionaux pour l'emploi et la formation. Il demande que la Banque de France s'engage dans une coopération active avec la future BPI et les autres institutions financières publiques et mutualistes au sein d'un pôle financier public. Il demande que la Banque prenne en compte, dans la sélection des crédits susceptibles de bénéficier d'un refinancement de la BCE, de leur contribution à la sécurisation de l'emploi, de la formation et du potentiel de création de richesses dans les territoires. Le PCF demande au gouvernement d'user de tous les moyens à sa disposition pour stopper les projets irresponsables du gouverneur Noyer. Il demande l'ouverture d'un vaste débat, à l'échelle nationale et dans chaque département, sur les moyens de mobiliser l'argent public, l'argent des entreprises et l'argent des banques au service de la création de richesses et de l'emploi, avec de nouveaux pouvoirs pour les salariés dans les entreprises et pour les citoyens.