clara_bis_.jpg

Les chiffres sont effrayants.

En France, une femme est violée toutes les huit minutes. 75 000 femmes sont victimes de viol chaque année, un chiffre qui ne comprend ni les viols sur mineures, ni ceux subis par celles qui n'osent pas parler. 80% des femmes ne portent pas plainte. 1% seulement de ces crimes vont au pénal.

Le verdict du procès pour viols collectifs de Créteil a mis à jour la manière dont le « pays des droits de l’homme » prend en compte les violences faites aux femmes. Alors, certaines ont décidé d’agir.

La nouvelle République leur ouvre ses colonnes.

Elles sont 313 femmes. Toutes ont été violées. Dans les pages du Nouvel Observateur, elles s'exposent à visage découvert et racontent leur agression. Avec ce manifeste, lancé par Clémentine Autain, ancienne porte-parole du Front de Gauche, codirectrice du mensuel « Regards », elles entendent dénoncer le « silence radio » qui entoure les victimes. « Le viol est un crime dans lequel la victime se sent coupable, honteuse », soulignent les auteures.

Trente et un ans après le manifeste des « 343 salopes » qui reconnaissaient, en 1971, avoir avorté, ces femmes revendiquent un « acte politique ». Plusieurs personnalités dont l'écrivain Frédérique Hébrard, l'ex-championne de tennis Isabelle Demongeot, ou encore Marie-Laure de Villepin, ancienne épouse de l'ex-Premier ministre, ont signé le texte. Les autres sont des anonymes.

En partenariat avec "le Nouvel Obs", France 2 diffuse dimanche le film "Viol, elles se manifestent". Clémentine Autain, Isabelle Demongeot et d'autres racontent le viol qu'elles ont subi.

A l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, associations et partis politiques se mobilisent ce dimanche 25 novembre. Le rendez-vous est pris en début d'après-midi, place de la Bastille.

nouvel-obs.jpg

Voici le texte du manifeste :

Le "Manifeste des 313" : "Je déclare avoir été violée"

En France, une femme est violée toutes les 8 minutes. Le viol est un fait banal, massif. Il détruit physiquement et moralement. Et pourtant, il relève du tabou. On peut raconter dans un dîner entre amis ou à ses collègues de bureau que l’on a été victime d’un attentat, que l’on a perdu un proche ou subi un cambriolage. Avec le viol, silence radio. Cet acte touche à la sexualité et la suspicion n’est jamais loin. Le viol est un crime dans lequel la victime se sent coupable, honteuse.

Trop de stéréotypes entourent le viol. Dans l’imaginaire collectif, il se déroule dans une ruelle sombre et est perpétré par un inconnu physiquement menaçant. Dans la vraie vie, les violeurs sont le plus souvent connus de la victime et leur arme ressemble plus au chantage affectif qu’à un couteau, à la menace professionnelle ou financière qu’à un pistolet. Là se niche toute la complexité de ce crime qui s’inscrit dans un rapport de domination historique, celui du masculin sur le féminin.

Ne pas pouvoir dire ce que l’on a vécu rajoute à la violence subie et contribue à l’impunité des violeurs. Seul un viol sur huit environ fait l’objet d’une plainte. Il est temps de libérer la parole, condition sine qua non pour en finir avec le viol. Nous voulons briser le silence sur ces millions de femmes violées. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir été violée. Le dire publiquement, ensemble, est un acte politique. Ce manifeste est une interpellation des pouvoirs publics et de la société tout entière pour favoriser l’émergence de notre parole, ici et maintenant".

Le magazine "Clara" réagit à la décision du Tribunal de Créteil
clara_mag-nov2012-1.jpg

Article de la "Nouvelle République"

Écouter Clémentine Autain

Site du Magazine "Regards"

Clémentine Autain répond à l'Humanité

L'expression du Front de Gauche

L'opinion de Patrick Pelloux, médecin urgentiste

Site du "Nouvel Observateur"