En bonne citoyenne soucieuse de l’environnement et du devenir de la planète ( et surtout depuis que je fréquente les réunions « Agenda 21 » de la ville de Saint Gratien…) je trie consciencieusement mes déchets.
Ordures ménagères… poubelle marron. Emballages, cartons, bouteilles en plastique, journaux… poubelle propre. Compost au fond du jardin. Ampoules et piles rapportées au magasin « Catena » qui les récupère. J’écris sur toutes les feuilles recto/verso. Je n’imprime que le strict minimum. Je jette le verre à part… poubelle verte. Irréprochable. Ma poubelle est irréprochable, ou plutôt mes poubelles sont irréprochables…

Je ne suis pas la seule à appliquer scrupuleusement les consignes de tri. Selon les informations du syndicat intercommunal « Émeraude » qui assure la collecte et le traitement des déchets de 17 communes de la Vallée de Montmorency, le volume des ordures ménagères traitées est en baisse de 8,42% en 4 ans, et cela est conforme aux objectifs du Grenelle de l’environnement. Bravo aux citoyens qui pratiquent les « écogestes ».
Parallèlement, la collecte en bacs jaunes augmente de 3,35% entre 2009 et 2010. Le volume de verre collecté a lui, augmenté de 2,66% en 4 ans. En 2010, le syndicat Émeraude a donc pu limiter ses dépenses en raison de la baisse du tonnage des ordures ménagères. Il y a eu augmentation significative des recettes de vente des matériaux issus de la collecte sélective et le syndicat a pu autofinancer ses investissements évitant ainsi le recours à l’emprunt.

Si nos poubelles donnent toute satisfaction, la facture « TEOM » traduire « taxe d’enlèvement des ordures ménagères » payée dans le cadre de la taxe foncière, me cause, elle, quelques désagréments. Je crains qu’à l’inverse de mes poubelles que je maîtrise, elle n’échappe à tout contrôle… De 282 € en 2007, ma taxe n’a fait que grimper et s’élève à présent à 309 €, soit une augmentation de 9,5% en 4 ans.

L’organisation de consommateurs « Que choisir » s’interroge dans un récent numéro de sa revue sur les coûts prohibitifs du tri sélectif. Car « si les déchets coûtent, ils génèrent également des recettes qui devraient alléger la TEOM des ménages » soutient la revue, qui alerte sur le « contrôle généralement insuffisant des collectivités sur leurs prestataires privés.» De plus, « le recours à ces prestataires privés revient toujours plus cher qu’assurer le service en régie, puisqu’à service comparable, le surcoût des sociétés privées est de l’ordre de 12% », selon l’association de consommateurs.

Trier plus pour payer plus ? Le consommateur qui fait l’effort de trier ses déchets, ou de les apporter jusqu’aux bornes enterrées alors que précédemment, les poubelles étaient au pied de son immeuble, se voit taxer toujours plus douloureusement. Alors qu’il réalise une partie du tri et permet ainsi une valorisation de ses déchets, il ne bénéficie d’aucune retombée positive, bien au contraire : plus il trie, plus il paie !

Mais qui fait donc des bénéfices avec nos déchets ? Le syndicat Émeraude a comme pour prestataire essentiel la société Val Horizon, qui assure la collecte et le traitement des ordures. Cette société a fait parler d’elle en 2011 lors de la grève de ses salariés qui protestaient contre leurs difficiles conditions de travail. Deux ans auparavant, Val Horizon avait déjà défrayé la chronique. L’entreprise employait des travailleurs sans papiers, via une société d’intérim, dans des conditions indignes...