En cette période où les enfants attendent le père Noël, c’est le sinistre personnage du père Fouettard qui se présente au monde de l’éducation.

Le ministère de l’Éducation nationale vient d’annoncer les suppressions de postes prévues dans l’ensemble des académies, qui devront toutes « rendre » des postes en 2012, à l’exception de la Guyane.

Depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, ce sont 66 000 postes qui auront disparu dans ce dégraissage massif. « Le mammouth n’a plus que la peau sur les os » peut ainsi titrer l’Humanité. La pilule est d’autant plus amère que dans l’écrasante majorité des académies, le nombre d’élèves est à la hausse.

Le primaire est durement touché avec 5 700 suppressions de postes. Le SNUipp, syndicat du premier degré, alerte sur les conséquences qui sont, hélas, connues. A la demande du président de la République, soucieux des remontées des élus en cette année électorale, le solde des fermetures et des ouvertures de classes devrait être nul à la rentrée 2012 dans le premier degré. Comment faire alors pour concilier cette promesse avec les suppressions de postes annoncées ? Le gouvernement va donc poursuivre la baisse de la scolarisation des 2-3 ans et supprimer des postes de remplaçants, d’intervenants en langue ou en informatique, des postes spécialisés dans l’aide des élèves en difficulté.

Alors que la France possède l’un des taux d’encadrement les plus faibles des pays de l’OCDE avec 6,1 profs pour 100 élèves, et même 5 pour 100 dans le primaire, c’est une nouvelle dégradation des conditions d’enseignement qui s’annonce. Le ministère va ainsi à l’encontre de toutes les recommandations, dont celle, dernièrement, du Haut Conseil à l’Éducation préconisant que le primaire bénéficie en priorité de moyens.

De nouvelles mobilisations sont à attendre dès janvier, lorsque les chiffres des fermetures de postes seront annoncés lors des opérations de carte scolaire de début 2012.

Dans l’académie de Versailles, 260 suppressions de postes sont programmées en primaire et 495 dans les collèges et lycées. Début janvier, il sera procédé à la répartition de cette dotation négative entre les quatre départements de l’académie (78, 91, 92 et 95).

Ci-dessous l’ensemble des postes supprimés par académie.

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