Le maire de Saint Gratien vient d’être condamné pour diffamation publique par le Tribunal correctionnel de Pontoise.
Explications de ce jugement, rendu le 17 juillet 2012.

Publié dans le magazine de Saint Gratien daté de septembre 2011, dans la rubrique « tribunes libres », un article signé du groupe de la majorité municipale (cf l’intégralité du texte ci-après) me mettait gravement en cause, en tant qu’élue et enseignante sur la ville. Usant d’un vocabulaire outrancier et provocateur, ce texte m’accusait sans ambigüité d’avoir détourné ma fonction d’enseignante à des fins de propagande politique et idéologique.

A cette époque, le Front de Gauche local soutenait la grève des employés de la société Sogeres, prestataire de la ville pour les repas de cantine.
Mais surtout, nous participions à une action menée par les parents d’élèves de la FCPE, les enseignants du syndicat « SNUipp » et de nombreux gratiennois, pour que soient admis aux services périscolaires de la ville une vingtaine d’enfants de familles de demandeurs d’asile résidant dans un foyer d’hébergement. Le Tribunal administratif reconnaîtra d’ailleurs ultérieurement le bien–fondé de cette démarche en enjoignant à la ville de mettre fin à cette exclusion.

Nous avions aussi pris position dans le conflit qui opposait le maire à une association musulmane et déploré les trois condamnations successives de la ville dans cette affaire, pour non-respect de la liberté de culte et du droit de réunion.

Les sources de dissension entre le Front de Gauche et la municipalité étaient donc nombreuses.

Pour autant, jamais nous n’avons souhaité que les invectives prennent le pas sur le débat d’idées. Nul ne pourra trouver un écrit dans lequel nous aurions dépassé les limites d’un échange politique qui peut parfois être virulent mais ne doit jamais quitter le terrain des idées. En septembre 2011, j’’avais d’ailleurs répondu sur ce blog à l’article diffusé dans toute la commune, en affirmant qu’au Front de Gauche, nous étions attachés à une conception bien différente de la vie politique, et que pour notre part nous préférions user d’arguments plutôt que déverser des accusations personnelles sans aucun fondement. Chacun pourra relire cette réponse sur ce lien .

C’est bien mon engagement en tant que conseillère municipale PCF-Front de Gauche dans ces batailles contre les discriminations qui m’a valu d’être dans cet article la cible d’attaques caricaturales et méprisantes, la plus grave étant l’accusation d’utiliser mon métier d’enseignante au bénéfice de ma pratique politique.

Considérant que mon honnêteté professionnelle était mise en cause, j’ai saisi la justice en poursuivant le maire, qui est responsable de la publication municipale, auprès du Tribunal correctionnel de Pontoise, pour injures publiques et diffamation.

Le jugement, mis en délibéré, vient d’être rendu le 17 juillet. Le maire est condamné pour diffamation publique. Le Tribunal n’a pas retenu l’accusation d’injures publiques. La condamnation est assortie d’une amende de 1500 €, d’un versement de 1000€ au titre des frais de justice et de 1000€ pour préjudice moral – somme dont je ferai bénéficier la médiathèque de la ville.

Le jugement sera publié dans la revue municipale. Le maire peut faire appel de la décision dans un délai de dix jours.

Sans vouloir commenter plus que nécessaire cette sentence, je me félicite que le Tribunal ait reconnu mon intégrité professionnelle. L’idée qu’en politique, il est naturel de « prendre des coups » est battue en brèche et je suis confortée dans l’idée que bien au contraire de cette logique d’affrontement où tout est permis, le débat politique peut et doit se dérouler dans le respect mutuel. L’échange des idées ne nous fait pas peur et nous pensons que les citoyens attendent autre chose de leurs élus que des querelles pitoyables et de bas niveau.

Nous regrettons qu’à Saint Gratien, le maire donne si souvent une image détestable de la vie politique et préfère l'affrontement au dialogue : fermeture vis-à-vis de l’association musulmane, discrimination des enfants du foyer, restriction de l’activité politique en limitant les réunions publiques aux périodes électorales…

Espérons que cinq condamnations en une année et quelques désaveux électoraux feront comprendre à Madame le Maire qu’il est largement temps qu’un échange plus serein et plus démocratique remplace l’autoritarisme, les invectives et les discours de stigmatisation.

Au Front de Gauche, nous continuerons à débattre dignement, à privilégier les propositions et les échanges constructifs. C’est l’idée que nous avons de la pratique politique et de la démocratie et c’est pour nous l’essentiel.

Souhaitons qu’un jour proche, le dialogue reprenne à Saint Gratien la place centrale qu’il n’aurait jamais dû quitter.

Isabelle Volat

Ci-dessous l'article paru dans la revue municipale de septembre 2011

Dernières nouvelles du Front qui reste mobilisé pour l’accès à la restauration scolaire des quinze enfants de la résidence IDFI mais soutient la grève des salariés de la SOGERES qui prive 1300 petits Gratiennois de cantine !!! Que leur dirait notre désormais célèbre élue d’opposition si elle était Maire ?
Peut-être « Ne mangez pas, soyez solidaires ! ». De nombreux enfants de Saint Gratien ne profitent pas des services périscolaires, ne partent pas en vacances, ne vont pas à la piscine ou au cinéma, mais leur situation n’a jamais préoccupé la camarade élue.
Ah mais oui, c’est vrai, ceux-ci n’ont pas le privilège d’être issus de l’ancien bloc soviétique. Pour les autres, objets de toutes les attentions et instrumentalisés jusque devant les caméras, la « Commissaire du Peuple à l’Instruction publique » n’a-t-elle pas utilisé son métier d’enseignante pour faire de la politique ? La lutte des classes sûrement ?! Elle peut toujours faire semblant de s’en offusquer, il lui reste interdit, comme à tout agent public, de faire de sa fonction l’instrument d’une propagande quelconque. L’autre scoop de la rentrée est qu’elle approuve le prêt de salles municipales à des fins de pratiques cultuelles, extraordinaire de quoi s’emmêler les marteaux et les faucilles.