misere_campagne.gifLa misère persiste en France.

Les données de la misère en France selon l’Observatoire des inégalités

Deux millions de personnes vivent avec l’équivalent de 645 euros par mois pour une personne ou 960 euros pour deux, après prestations sociales, selon l’Insee (données 2009). Pour ces personnes, il est quasiment impossible de se loger sans compter sur l’aide d’autrui, parents ou amis.

3,6 millions de personnes sont allocataires de minimas sociaux, dont 1,4 million perçoivent le RSA socle, selon la Caisse nationale des affaires familiales (données 2011). Si l’on comptabilise les ayants droits (conjoints, enfants…), ce sont plus de six millions de personnes qui vivent de ce dispositif. Le RSA vaut 472 euros pour une personne et 418 euros en tenant compte de l’aide au logement. Il est de 712 euros pour un couple (600 euros avec l’aide au logement).

3,6 millions de personnes sont mal-logées selon la Fondation Abbé Pierre, parmi lesquelles 685 116 sont privés de domicile personnel, dont la majorité, 411 000 sont hébergés chez un tiers. On estime à 113 000 le nombre de sans domicile fixe, auxquels on peut ajouter 85 000 personnes occupant un habitat de fortune. 2,8 millions de personnes vivent dans des conditions de logement très difficiles, insalubres ou surpeuplés.

1,8 million de personnes indiquent ne pas avoir pris de repas complet au moins une journée au cours des deux dernières semaines, selon l’Insee (données 2006).

3,5 millions de personnes ont recours à l’aide alimentaire (sous la forme de colis, bons, repas…) dont 1,3 million en bénéficient par le Secours populaire français, selon le Conseil National de l’Alimentation (données 2010).

La journée mondiale du refus de la misère, organisée le 17 octobre par l’association « ATD Quart Monde », visait cette année à faire reconnaître « la violence faite aux plus pauvres ». Selon l’Insee, le taux de pauvreté a atteint 14,1% en France en 2010, soit le plus haut niveau depuis 1997. « Les personnes les plus pauvres font l’objet d’une véritable discrimination à cause de leur origine sociale » selon ATD, qui plaide pour que les minima sociaux soient indexés sur le coût de la vie. C’est un cri d’alerte que lance le mouvement : « La misère constitue une violence quotidienne. Le mal-logement, la faim, l’exclusion, l’échec scolaire sont d’une telle violence qu’ils brisent des personnes pendant des années. Les derniers chiffres de l’Insee sont affolants. Nous attendons du gouvernement qu’il prenne pour objectif d’éradiquer la misère lors de ce quinquennat. »

Dans le même temps, l’organisation « Médecins du Monde » alerte dans son rapport sur la dégradation de l’accès aux soins et sur l’état de santé des plus démunis. L’activité dans les centres de soins de Médecins du Monde a augmenté de 22% en trois ans. La majorité des patients de Médecins du Monde sont des migrants, souvent en situation irrégulière, et pauvres. Ils viennent consulter pour des maladies graves pour lesquels les retards de soins peuvent être dramatiques. 12% des patients sont des mineurs. L’ONG en appelle à des mesures exceptionnelles de solidarité qu’elle fera connaître lors d’une conférence contre la pauvreté et les exclusions, les 10 et 11 décembre prochains.

Contre la pauvreté, le changement, c’est maintenant ?

L'observatoire des inégalités

ATD Quart Monde

Secours populaire français