Le 8 août dernier, le tribunal administratif de Cergy a ordonné à la ville de Saint Gratien de mettre une salle municipale à la disposition de l'association franco-musulmane de la commune. Le maire justifiait son refus de salle en avançant l'argument suivant : « la commune ne met pas à disposition de salle communale aux fins de pratiques cultuelles».

«La justice a donc tranché et elle considère que le refus opposé par le maire est illégal et porte une atteinte grave aux libertés de réunions et de culte, qui sont des libertés fondamentales» se félicite l'association au lendemain du jugement.

Affaire réglée ? C'était sans compter sur l'obstination du maire qui a alors invoqué l'impossibilité matérielle de mettre à disposition une salle puisque «tout est fermé» durant le mois d'août. Le tribunal n'a pas apprécié que son injonction précédente n'ait pas été suivie et a donc, le 16 août, à nouveau condamné la ville à accorder une salle, sous peine de verser à l'association la somme de 1 000 euros par jour de retard.

Le maire de Saint Gratien est coutumière du fait. En juin 2010, elle avait refusé une salle municipale au Front de Gauche local qui souhaitait organiser un débat public sur la réforme des retraites. Le prétexte était alors qu'elle ne voulait pas voir s'instaurer sur la ville une «campagne électorale permanente». Le Front de Gauche avait déjà alerté sur les dysfonctionnements de la démocratie à Saint Gratien. Le tribunal reconnaît aujourd'hui que ces pratiques autoritaires sont contraires à la loi.