Communiqué de presse du Front de Gauche de Saint Gratien

dexia_SB.jpgSaint Gratien : les emprunts « toxiques » provoquent un budget d’austérité

Jeudi 20 décembre, le budget 2013 est à l’ordre du jour du Conseil municipal de Saint Gratien.
Le projet de budget est caractérisé par :
- une diminution drastique de 75% du poste « travaux et équipements » (- 5,7 M€), alors qu’il y a des besoins urgents dans nos quartiers : réhabilitation de l’école Jean Moulin, de la salle Georges Brassens, de la MJC, du centre de loisirs Fossiez, travaux de voirie…
- des dépenses de fonctionnement comprimées au maximum, au détriment des budgets : écoles, centres de loisirs, sport et culture, ainsi qu’aide sociale.

Pourquoi un tel budget d’austérité ?

Comme l’ensemble des communes, Saint Gratien est confrontée à la crise et à la réduction des dotations de l’État. Mais il y a aussi des facteurs spécifiques à la ville.

En 2007, Saint Gratien a contracté auprès de la banque DEXIA des emprunts « toxiques », à taux variables, indexés sur l’évolution du cours du Franc suisse et du Dollar américain. Ce type d’emprunts a représenté jusqu’à 30% de l’endettement.

Depuis le Franc suisse s’est envolé par rapport à l’euro et au dollar et la ville s’est retrouvée redevable fin 2012 de taux d’intérêt de 8% et de 16%. Elle a été conduite à renégocier ses conditions d’emprunt. Pour l’échéance 2013, les taux ont été « gelés » à 5,75% et à 5,99%, soit 100 points de base au-dessus des conditions de marchés.

Cette renégociation n’est pas gratuite. Notre commune a payé en fin d’année à DEXIA un dédit de 520 000 €, soit l’équivalent de 346 sorties en cars ou encore 104 417 repas de cantine.

Or, en 2014, ces deux emprunts DEXIA, dont l’échéance est 2032, repasseront à taux variables, toujours indexés aux évolutions du Franc suisse et du Dollar. Pas plus qu’avec les précédents emprunts, personne ne peut chiffrer le risque financier auquel s’expose notre ville au-delà de 2014. Elle lie à nouveau le sort de ses finances à l’évolution du Franc suisse, alors même que de nombreuses autres communes ont décidé, parfois par voie de justice, de sortir du « piège » des emprunts « toxiques ».dexia_SB_2.jpg

Ces emprunts pèsent lourdement sur l’endettement de la ville et ses finances.

Le remboursement de la dette constitue le 4ième poste du budget de la ville et représente plus de 11% des dépenses de fonctionnement. De 2008 à 2012, la dette de Saint Gratien a progressé de 25%. Les charges financières ont, elles, progressé de 75%.

Que se passera-t-il après 2014 si le Franc suisse reste en deçà de la parité 1 Euro = 1,45 CHF ? Saint Gratien devra-t-il renégocier à nouveau et verser un nouveau dédit ? Est-ce là une gestion vertueuse des deniers publics ? Le pari de 2007 n’était-il pas déjà très hasardeux ?

Il y a urgence qu’à Saint Gratien s’engage enfin un vrai débat contradictoire - et le Conseil Municipal du 20 décembre doit en être la première occasion -, sur des questions, certes complexes, mais qui concernent tou(te)s les gratiennois(e)s.

Cette « affaire » nous conforte dans notre proposition d’un pôle financier public, sous contrôle « social », dégagé de la pression des actionnaires et de la course au profit à court terme.

Contact Front de Gauche de Saint Gratien : fdg.stgratien@laposte.net
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