Depuis l’annonce de la réforme des rythmes scolaires, le temps semble s’être arrêté au ministère de l’Éducation nationale. Il est pourtant urgent de clarifier les choses ! Toutes ces questions ne peuvent rester en suspens plus longtemps.
Construire une journée cohérente entre des temps scolaires et des temps périscolaires de qualité pour tous les élèves, est un travail qui ne s’improvise pas. C’est une réforme complexe qui doit être préparée et financée si on veut que le fonctionnement de l’école soit réellement amélioré. Il s’agit d’une question d’autant plus délicate qu’elle touche aussi au temps de service des enseignants : temps d’enseignement devant élèves, temps dévolu à la formation continue, temps de travail en équipe, temps de préparation et de correction, rencontres avec les parents… tout cela fait aussi partie du sujet.

Il me semble tout d’abord que l’objectif d’alléger la journée de l’élève fait long feu. Selon les dernières annonces, le temps d’enseignement serait réduit d’une demi-heure par jour, mais le temps de présence à l’école ne sera pas réduit pour la majorité des enfants. Qui peut en effet venir chercher son enfant à 15h30 ou 16 heures ?

Enfin, n’oublions pas que la réussite de tous les élèves est loin de dépendre uniquement des rythmes scolaires. La réforme des rythmes est même à la toute dernière place des préoccupations des enseignants, loin derrière la baisse des effectifs dans les classes, la formation des maîtres, le personnel en surnombre pour le travail en petits groupes, et la révision des programmes, indissociable de la refonte de la semaine scolaire….

Lors de son intervention au congrès des Maires de France, le président de la République a annoncé que cette réforme des rythmes scolaires s'étalerait sur deux rentrées. Aujourd'hui, il apparaît que les conseils municipaux auraient jusqu'au 1er février prochain pour déclarer leur intention de passer à 4 jours et demi ou de rester à 4 jours à la rentrée 2013. L’association des maires de France a exprimé l'inquiétude des maires, notamment parce « les communes auront de nouvelles charges à supporter alors que leurs ressources ne progressent plus ». Les maires attendent donc de l'État qu'il envisage des aides au financement, notamment pour les communes qui ont peu de ressources. François Hollande a par ailleurs annoncé une aide de 250 millions d'euros pour les collectivités qui mettront en oeuvre la réforme des rythmes scolaires mais selon les associations d'élus, le coût de cette réforme pour les collectivités est évalué à 600 millions d'euros. S’oriente-t-on vers une nouvelle inégalité de traitement, entre enfants résidant dans une commune « riche » et ceux dont la ville a des ressources plus modestes, et qui ne pourra mettre en place des temps périscolaires ambitieux ?

La ville de Saint Gratien envisage quant à elle le passage à quatre jours et demi dès la rentrée 2013, c’est à dire très prochainement. Le mercredi matin deviendrait donc une nouvelle demi-journée de travail. Il n’y aurait pas de restauration scolaire pour raison budgétaire. Parents et enseignants n’ont pour le moment pas été consultés.

Or, l’organisation du temps scolaire ne peut être la décision unilatérale d’une mairie. Une concertation préalable et un partenariat sont indispensables. Dans ce cadre, les conseils d’école qui réunissent parents, enseignants et élus doivent participer activement aux choix concernant l’organisation du temps scolaire d’une semaine à 4 ou 4jours et demi jours ainsi qu’à l’élaboration d’un éventuel projet éducatif territorial.

Parents et enseignants doivent être largement concertés et associés. A Saint Gratien aussi.