fae.jpgEn ce mois de novembre 2012, l’aide alimentaire européenne qui apporte un soutien à 18 millions d’Européens et 4 millions de français parmi les plus démunis, est gravement menacée. Les quatre associations françaises habilitées à distribuer la nourriture du PEAD, le plan européen d’aide aux plus démunis, c’est-à-dire les Banques Alimentaires, la Croix Rouge française, les Restos du Coeur et le Secours populaire français s’unissent pour dénoncer cette situation.

Dans un contexte de crise qui s’aggrave, l’alimentation est un poste de dépense de plus en plus important pour les familles. Les chiffres montrent que le nombre d’européens vivant en dessous du seuil de pauvreté et bénéficiant de l’aide alimentaire ne cesse de croître. Une suspension ou une diminution de l’aide alimentaire par l’Europe serait synonyme de ravages. C’est pourtant ce qui risque de se produire. Si rien n'est fait d'ici le prochain conseil européen, le programme d’aide ne sera plus financé à partir du 1er janvier 2014.

A travers le PEAD, créé en 1987, l’Union européenne met à disposition des États membres qui le souhaitent, ses stocks agricoles issus de la Politique agricole commune (PAC), principalement des céréales et du lait. Le PEAD représente 480 millions d’euros par an. En France, ces stocks sont réceptionnés par un établissement public, qui utilise ces matières premières comme monnaie d’échange auprès d’entreprises agroalimentaires. Celles-ci fournissent en retour des tonnes de semoule, de farine, de plats préparés et toute une gamme de produits laitiers aux quatre associations. Le PEAD, qui coûte seulement 1 euro par citoyen et par an, a par exemple permis en 2011 de distribuer en France 130 millions de repas. Cela représente entre un quart et la moitié des denrées données par les associations.

La Commission européenne a proposé en octobre 2012 un nouveau règlement créant un Fonds Européen d’Aide aux plus Démunis (FEAD) qui prendrait effet en 2014 et se substituerait à l’actuel PEAD. Mais ce nouveau dispositif n’est pas à la hauteur. Il ne serait doté que 2,5 milliards d’euros pour 7 ans, jusqu’en 2020. C’est donc la baisse annoncée de près d’un tiers des ressources accordées aujourd’hui aux associations.

Les associations réclament la préservation du mécanisme de solidarité et demandent que l’Union européenne augmente son aide alimentaire afin de répondre à l’ampleur des besoins.

« En France aussi, les besoins augmentent fortement. Il y a seulement trois ans, près de 2 millions de personnes se présentaient à nos permanences d’accueil, de solidarité et de relais santé. En 2011, leur nombre est passé à 2,5 millions. Les catégories les plus en difficultés sont les femmes seules avec enfants, les travailleurs pauvres, les immigrés et - ce qui est particulièrement douloureux - de nombreux retraités qui ont travaillé toute leur vie » raconte Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français.

Les banques alimentaires, la Croix-Rouge, le Secours populaire et les Restos du cœur se mobilisent et vous appellent à les soutenir.

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