mater_1.jpgLe ministre de l’éducation Vincent Peillon remet en avant la scolarisation des enfants de moins trois ans pour lutter contre l’échec scolaire.

La relance de la scolarisation des tout-petits était une des promesses de campagne du candidat Hollande. Il y a urgence. La situation est catastrophique dans ce domaine. Alors qu’en 1990, un bon tiers des enfants de deux ans et la quasi-totalité des enfants de deux et demi étaient accueillis dans les maternelles, cette scolarisation précoce a considérablement chuté et est actuellement d’à peine 11% des enfants de moins de trois ans.

Pour réaliser son objectif annoncé de faire remonter ce chiffre à 30% dans les zones défavorisées, le gouvernement promet de créer 3 000 postes d’ici 4 ans. Seules donc les écoles situées dans un « environnement social défavorisé » sont concernées.

Les services de l’éducation nationale sont chargés d’engager des discussions avec les collectivités territoriales pour s’assurer des conditions d’accueil à la mesure des besoins spécifiques des tout-petits en ce qui concerne les personnels ATSEM et les locaux scolaires. La circulaire ministérielle stipule un cahier des charges sous la forme de « dix principes de référence pour la mise en place du dispositif » touchant à l’âge des enfants, aux locaux, au projet pédagogique, à une formation adaptée pour les enseignants, à la place des parents, aux horaires ou encore à la prise en compte de ces élèves pour les prévisions de la carte scolaire.

Les bénéfices de la scolarisation précoce ne sont plus à démontrer et influent fortement sur la réussite ultérieure des élèves. Encore faut-il que ces tout-petits soient accueillis dans des conditions satisfaisantes et adaptées à leur jeune âge, notamment en terme d’effectifs.

« Cette scolarisation précoce ne sera réussie que sous certaines conditions. S’il s’agit seulement de faire du chiffre (passer de 13 % à 30 % d’enfants scolarisés), on ne rendra service ni aux élèves, ni aux enseignants », souligne le SNUipp, premier syndicat du primaire. Le ministre a aussi préconisé un partenariat entre l’éducation nationale, les collectivités locales et les autres services ayant en charge la petite enfance (CAF, PMI...), qui pourrait se faire au sein d’une instance locale. Il est indispensable que les enseignants y soient représentés.

Une deuxième circulaire ministérielle a, elle, acté le principe de « plus de maîtres que de classes » réclamé par le SNUipp, toujours dans le cadre de la lutte contre l’échec scolaire. 7 000 postes seront créés d’ici 2017 pour permettre une organisation pédagogique différente au sein des écoles, travail en petits groupes ou intervention conjointe en classe.