Une personne est considérée comme pauvre quand son niveau de vie, après impôts et prestations sociales, est inférieur au seuil de pauvreté. Ce seuil est de
60 % du niveau de vie médian selon l’organisme européen Eurostat. Le niveau de vie médian partage la population en deux : autant gagne moins, autant gagne davantage.

Le seuil de pauvreté s’établit à 964 euros mensuels en 2010.

Selon l’Observatoire des inégalités, la pauvreté en France continue de progresser. Elle concerne 8,6 millions de personnes, soit 14,1 % de la population contre 13,5 % en 2009. Le niveau de vie baisse ou stagne pour pratiquement toutes les catégories de population sauf pour les plus aisées.

La pauvreté a baissé des années 1970 au milieu des années 1990. Elle est ensuite restée plutôt stable jusqu’au début des années 2000. Depuis 2002, le nombre de personnes concernées a augmenté d’un million. Plus d’un tiers des Français (37%) ont connu une situation de pauvreté au cours de leur vie. Cette progression affecte davantage les enfants. Le taux de pauvreté des moins de 18 ans atteint 19,6 %, en hausse de 1,9 point. La non-reconduction de mesures d’aides ponctuelles, mises en œuvre en 2009 afin de limiter les effets de la crise sur les ménages modestes, et le gel du barème des prestations familiales en 2010, expliquent pour partie que cette population soit plus affectée.

Il ne s’agit pas d’une explosion et la France demeure l’un des pays qui compte le moins de pauvres en Europe. Mais le mouvement de hausse est très net. Il constitue un tournant dans l’histoire sociale de notre pays depuis les années 1960. Il est d’ailleurs probable que la situation se soit encore dégradée en 2011 et 2012 compte tenu de la progression du chômage.

Les enfants, eux, expriment pour la première fois leur avis sur le sujet dans un sondage aux résultats surprenants et encourageants.

pauvrete_2.jpgLe Secours Populaire Français qui fait tous les ans le point sur la précarité en France, a cette année complété son étude auprès d’enfants âgés de 8 à 14 ans. Inédite, réalisée en juillet 2012 auprès de 500 enfants, cette enquête montre une enfance majoritairement sensible à la question de la pauvreté et qui n’est pas épargnée par la crainte d’être touchée.

Les enfants savent que le monde n’est pas parfait. Conscients qu’autour d’eux existent des enfants défavorisés, près de 6 enfants sur 10 déclarent avoir peur de devenir pauvre un jour. 4% des enfants ont le sentiment d’être pauvres. 20% déclarent ne pas partir en vacances au moins une fois par an. Ils sont 53% dans les familles dont les revenus sont inférieurs à 1250€.

Sensibles aux injustices, les enfants ont envie d’aider les autres. La grande majorité des enfants attribue la pauvreté à un manque de chance plutôt qu’à un manque d’efforts. 76% pensent que ce n’est pas juste de voir des personnes pauvres dans la rue. 86% estiment qu’il faudrait faire beaucoup plus pour aider les personnes en difficulté et seuls 23% qu’on ne peut rien faire. Les enfants se montrent majoritairement intéressés par des actions concrètes qu’ils seraient en mesure de mener, comme collecter de l’argent ou envoyer des messages de solidarité.

Les enfants sont réalistes face à la pauvreté. La précarité leur fait peur, mais ils sont nombreux à vouloir agir afin de réduire les injustices.

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