36 CONGRES PCF"Nous sommes des rouges mais pas des rouges congelés, momifiés, statufiés. Nous sommes des rouges en pleine vie, heureux de combattre dans le siècle qui est le nôtre, pour dire la novation profonde de notre combat."
Un nouvel élan pour le PCF, dont certains annonçaient la mort et qui est aujourd'hui bien vivant, rassemblé et se réclamant d'un "communisme de nouvelle génération".... Retour sur le 36è congrès du PCF.

Partie 2
Pour vous, le changement c'est quoi ?
Pour nous, l'alternative à l'austérité, c'est possible !

Extraits des discours de Pierre Laurent, au 36è congrès du PCF, Dock Pullman à Aubervilliers, 7 / 11 février 2013

Amis et camarades, dans cette situation, que faire ? Comment agir ? Voilà la question centrale.

C'est la question-clé de 2013 et il serait fou d'enjamber l'année qui vient, car c'est elle qui va déterminer l'état d'esprit du pays : soit l'intégration de la résignation, soit la remobilisation pour le changement.

Alors, cette mobilisation générale pour gagner le changement est-elle possible ? Je le crois, très profondément. Ce sera évidemment une bataille acharnée, comme toujours. Mais nous devons mesurer le chemin parcouru et tirer des enseignements de la dynamique que nous avons su créer avec le Front de Gauche.

En 2008, lors de notre Congrès, alors qu'un an après la victoire de Sarkozy, l'ouverture d'un espoir politique paraissait bien plus qu'improbable qu'aujourd'hui, nous avons appelé à la construction d'un Front progressiste et citoyen qui lie dynamique citoyenne et union des forces politiques de gauche décidées à construire une majorité de changement.
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Nous ne voulions pas d'un nouveau parti mais d'un front largement ouvert, un mouvement citoyen capable de créer des dynamiques politiques populaires capables de porter, consciemment et dans la durée, des objectifs de changement. Nous avions raison. Nous n'avons pas tout réussi. Il y a eu des débats, des ajustements, des corrections sur le chemin entrepris. Mais nous avions raison de penser qu'une majorité, en tout cas une très forte proportion de notre peuple, pourrait ainsi se remettre en mouvement politique et sortir la gauche de la spirale de l'échec. Et en quatre ans, le Front de Gauche a changé la donne en France et à gauche.

Nous insistions sur une dimension importante : que pour être pertinent dans la durée, cette construction populaire permanente devrait veiller à créer les cadres unitaires, les fronts, les alliances adaptées aux échéances à affronter.

Qu'est-ce que cela signifie aujourd'hui ?

La situation n'est plus la même que pendant la campagne présidentielle. Au-delà des millions d'électeurs qui ont agi, et voté Front de Gauche, et qui constatent aujourd'hui la justesse de leurs analyses, des millions d'autres, qui ne l'ont pas fait, ou qui ont seulement regardé du côté du Front de Gauche sans aller plus loin, se demandent à présent comment agir pour gagner le changement auxquels ils aspirent.

La dynamique du Front de Gauche, plus utile que jamais, doit donc être résolument tournée vers tous ces salariés, ouverte à leurs questionnements, être disposée à faire avec eux les bouts de chemin qu'ils sont prêts à faire ensemble.

Est-ce repousser l'effort de construction alternative ? C'est tout le contraire. Ne pas être capables, dans cette situation, d'élargir dès 2013 le rapport de forces en faveur du changement, c'est laisser le terrain libre au sentiment d'impuissance et au défaitisme.

36 CONGRES PCFVoilà pourquoi il me paraît fondamental que le Front de Gauche, comme nous l'avons proposé dès la mi-novembre, soit maintenant engagé dans notre campagne « L'alternative à l'austérité, c'est possible ».

Voilà pourquoi il est si important à mes yeux que le texte que la coordination du Front de Gauche a validé le 21 janvier dernier déclare avec netteté – sans les opposer ni les hiérarchiser – notre ambition : « œuvrer à des solutions immédiates face à la crise et à la construction d'une politique et d'une majorité alternative ».

Il paraît que nous devrions choisir. Mais pourquoi choisir ? Ceux qui espèrent nous ramener dans le giron de l'austérité mènent un combat perdu d'avance. Et ceux qui espèrent nous entraîner dans une politique de division des forces du changement alors qu'il est urgent, au contraire, de les rassembler, aussi.

Ainsi, je lance un appel solennel.

J'appelle les communistes, toutes les forces du Front de Gauche, toutes celles et tous ceux qui voulaient le changement au printemps dernier, et quel qu'ait été leur vote, à s'engager sans tarder sur ce chemin du rassemblement le plus large possible pour des solutions de gauche à la crise.

Notre campagne doit reposer deux piliers : proposer et rassembler pour gagner le changement.

Sur chaque question posée au pays, sur chaque urgence, créons les conditions de l'entrée en action des forces du changement. Débattons pour cela des solutions nécessaires à la résolution de chaque question, de chaque urgence, et rassemblons dans l'action autour d'elles toutes les forces disponibles pour agir.

Dans tout le pays, avec nos assemblées citoyennes, avec nos fronts de lutte, avec nos fronts thématiques, tenons des centaines de réunions publiques d'ici l'été. Allons voir nos concitoyens et posons leur la question : « Pour vous, le changement c'est quoi ? », et disons-leur : « Pour nous, l'alternative à l'austérité, c'est possible ».

Recréons partout l'espoir. Ne cédons pas un pouce de terrain à la fatalité et au renoncement.