Déclaration de l'Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR)

Démantèlement Dexia : Il faut un moratoire sur les produits toxiques !

Le démantèlement décidé de Dexia plonge dans l’incertitude plus de 5000 collectivités locales. Près de 40% de leurs emprunts ont été souscrits auprès de cette banque franco belge, dont les deux états sont actionnaires, et qui a pour le moins péché par défaut d’information en émettant des emprunts toxiques.

La première urgence est de permettre la poursuite des renégociations et leur aboutissement dans les délais requis, ce qui veut dire légiférer immédiatement pour définir les interlocuteurs des collectivités, leur rôle et leur mandat précis. Il en va de l’avenir de milliers de projets, d’actions et d’emplois publics au service des populations.

Ce scandale qui survient relève du comble de l’indécence. Dexia, depuis sa recapitalisation par l’État ( 5 milliards d’€) en 2008 n’a tiré aucune leçon de ses pratiques antérieures faisant des collectivités et des populations le jouet d’actions spéculatives dénuées de tout scrupule, n’en déplaise au rapporteur UMP du Budget, Gilles Carrez, lequel fait le choix de fustiger les élus locaux et les collectivités…

Dexia a continué d’user et d’abuser de ces pratiques susceptibles de produire aujourd’hui des ravages dans les budgets des collectivités, selon les fluctuations spéculatives des marchés…

La chute de Dexia ne rend que plus urgent un moratoire sur tous les emprunts toxiques, afin de procéder à un audit précis de la dette des collectivités et annuler en conséquence les frais financiers occasionnés par des taux insupportables.

Ce ne serait que justice face à l’immoralité et la déliquescence d’un petit monde de privilégiés et de haut fortunés du milieu bancaire et financier, lesquels ont engrangé grâce à ces opérations des centaines de millions de bénéfices. Faut-il rappeler que Pierre Mariani, à la direction de Dexia depuis 2008 est l’ancien chef de cabinet de Nicolas Sarkozy, lorsqu’il était ministre du budget. Et qu’il a été nommé sur demande expresse du Président !

Les richesses considérables qui existent doivent être utilisées tout autrement que pour la spéculation et la recherche du profit immédiat. Elles doivent servir à soutenir les actions qui créent de l’emploi et de la croissance, les investissements utiles aux populations.

Cela veut dire soutenir résolument les collectivités locales à l’origine de plus de 70% des investissements publics, par un autre crédit, des dotations en hausse, et une fiscalité plus juste.

Ce n’est pas la voie choisie par le gouvernement qui vient d’annoncer par la voix de Valérie Pécresse, non pas même la poursuite du gel des dotations, mais leur diminution de 200 millions d’euros !

Aujourd’hui, le système bancaire tend à réduire sensiblement son intervention auprès des collectivités locales, préférant des placements plus rémunérateurs. Il est à craindre que le démantèlement de Dexia et le transfert des encours sur la Caisse des Dépôts et la Banque postale n’aggravent cette situation, en la faisant supporter par les salariés des banques ou/et les citoyens.

L’avenir des collectivités locales, leurs projets au service des populations sont des choses trop sérieuses pour les laisser à l’appréciation des banquiers.

La création d’un pôle public financier avec une gouvernance démocratique et ouverte aux différents acteurs est urgente et essentielle. Elle permettrait de développer une autre forme de crédit, dégagé de la tutelle des marchés financiers et des seuls critères de rentabilité immédiate. En un mot, de lutter efficacement contre la crise !