Saint Gratien, le 9 novembre

Alors que le centre commercial est plutôt calme, avec de rares boutiques ouvertes entre rideaux de fer baissés et locaux administratifs divers, il y a une petite affluence ce vendredi matin à la librairie des Raguenets…. Entre les lecteurs de quotidiens et les amateurs de jeux de hasard, le magasin est presque encombré… et les conversations vont bon train entre des habitants qui à l’évidence se connaissent bien. Regain d’animation lorsqu’on aborde le sujet qui fâche : la fermeture de la supérette voisine, qui rend ce centre commercial encore moins animé que d’habitude. Les clients du libraire sont intarissables sur le sujet. « C’est la 5è fermeture en quelques années ! » fait remarquer une dame âgée, alors qu’une autre, s’appuyant sur sa poussette de courses, raconte sa matinée : « J’ai loupé le bus pour le centre-ville, et comme il n’y en a qu’un par heure, j’ai dû aller à pied. Une longue promenade pour moi, surtout le retour avec mes provisions ! » (plus de dix bonnes minutes de marche, ndlr) La discussion se poursuit avec un nouvel arrivant ; « Je viens pour signer la pétition. J’habite le quartier depuis 40 ans et le centre commercial a bien changé ! Vous savez, madame, ici il y 6 000 habitants. On ne veut pas d’un commerce de dépannage, on veut une vraie supérette avec tous les produits et même une boucherie. » Tous renchérissent autour de lui : « Les commerçants du centre sont punis car les gens vont finir par aller faire toutes leurs courses ailleurs et nous allons perdre des clients », souligne le libraire. « Et comme habitants, » précise-t-il encore, « nous sommes aussi pénalisés. Moi aussi, j’habite le quartier et après la fermeture de mon commerce, je dois aller faire mes propres courses loin d’ici ! » Une dame approuve : « Il y a des personnes âgées et d’autres qui n’ont pas de voiture ; pour elles, c’est compliqué sans commerce sur place. Et pour tout le monde, dès qu’on a oublié la moindre chose, il faut aller jusqu’au centre-ville ! »

Sur le comptoir, la pétition pour le maintien d’une supérette dans le quartier est bien en évidence. Le texte et ses 900 signatures sera portée la semaine prochaine aux élus, maire, conseiller général et député, ainsi qu’à la chambre de commerce.

Nous demandons aux pouvoirs publics, maire, conseiller général, député, chambre de commerce, de nous aider à maintenir sur le quartier une supérette capable de jouer un rôle moteur pour les autres commerces et ainsi éviter un désert économique. Le centre commercial des Raguenets est le cœur de notre cité. Les résidents doivent être en mesure d’effectuer leurs achats quotidiens dans une supérette capable de leur offrir une diversité de produits de consommation courante, y compris en boucherie. Nous sommes 6000 habitants dans notre quartier ? Pourquoi serions-nous privés d’un tel centre commercial ? Tous ne peuvent pas forcément se déplacer comme les personnes âgées ou ceux qui n’ont pas de voiture.

Le même problème est régulièrement posé dans un autre quartier de la ville, celui des Marais, où les habitants sont eux aussi privés de commerce d’alimentation. Ils avancent les mêmes arguments et les mêmes demandes qu’aux Raguenets, éloignement des commerces du centre-ville et désertification du quartier.

Et comme les habitants, nous pensons que le commerce de proximité, c’est du lien social. C’est de l’emploi. C’est de la vie ! C’est le « cœur de la cité » ! Les commerces doivent rester et se développer dans les quartiers et ne pas être le seul apanage du centre-ville.

Un bon sujet de débat pour les prochaines assemblées de quartier, au mois de novembre ?
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