khaos.jpgLe Front de Gauche organise une projection débat sur la situation en Grèce autour du film Khaos, le mardi 15 janvier au cinéma Utopia de Saint-Ouen l'Aumône.

Les intervenants seront la réalisatrice Ana Dumitrescu, un représentant de Syriza France, Vangelis Goulas et Francis Parny, vice-président du Conseil Régional d’Ile de France, membre de l’exécutif national du PCF.

L'austérité, c'est inefficace contre les déficits et la dette.

En Grèce, après plusieurs plans d'austérité, les déficits et la dette sont plus importants qu'avant. C'est normal. L'austérité réduit l'activité économique. Il y a donc moins de rentrées fiscales dans les caisses de l'État. Et comme il y plus de chômeurs à indemniser le déficit augmente. C'est une spirale infernale. Cette politique ne profite qu'aux riches et aux banques à qui on paye les intérêts de la dette et au patronat qui peut pressurer encore plus les salariés.

Contre la dictature des banques, le Front de Gauche propose de reprendre le pouvoir sur la finance :
- audit de la dette permettant de remettre en cause le tribut injuste et improductif prélevé par les banques
- abolition du privilège des banques privées qui sont aujourd'hui seules autorisées à emprunter à la Banque Centrale Européenne de l'argent à 1 % qu'elles prêtent ensuite aux États à des taux qui montent à 20 % !

Le film "Khaos" et sorti en octobre 2012. Ci-dessous la critique de Télérama.

Enfin les chiffres ont des visages. Au-delà du bilan statistique — taux de chômage et de suicides multipliés par deux, diminution des salaires de 40 % —, l'ex-reporter Ana Dumitrescu nous met face aux conséquences humaines d'une rigueur économique aveugle. Celle-là même qui doit sauver l'Europe. Pour les Grecs, de l'île de Kea à Athènes, la doxa bruxelloise est déjà une réalité quotidienne, et dévastatrice. C'est une enseignante en lettres, dont les neuf cents euros de salaire ne lui permettent plus d'acheter le moindre livre ; un restaurateur qui regarde les boutiques du voisinage fermer les unes après les autres en attendant son tour ; un dentiste sans patients qui envisage l'exil, des sanglots dans la gorge. En quelques mois, la Grèce a basculé du statut de membre de l'UE à celui de pays du tiers-monde. De près, cela donne le spectacle terriblement choquant d'une foule affamée, issue de feue la classe moyenne, se ruant sur les rebuts d'une fin de marché.

Le désespoir est tel qu'il pousse un vieux monsieur à la paranoïa : « Et si on nous avait choisis, nous, comme les cobayes d'un nouveau système d'exploitation économique ? » La Grèce, laboratoire des néolibéraux ? Si certains ­optent pour l'activisme, la désespérance est aujourd'hui le sentiment le mieux partagé par le peuple grec. Stupéfiant instantané du présent de la crise, Khaos prend le parti de l'humain contre l'expertise. Libres à nous de voir ce qu'il montre : le naufrage de toute une société, au coeur de l'Europe, et au nom de sa survie.