2-galeries-photos-sur-le-rassemblement-du-29-aout-en-soutien-aux-roms-expulses_large.jpgPour les populations Roms, le changement n’a pas eu lieu cet été. Les évacuations de campements se sont succédé, avec ou sans décisions de justice mais toujours sans solution de relogement. Ce fut pourtant une promesse de campagne du candidat socialiste.
Mais aujourd’hui, comme sous Sarkozy, on continue de chasser les Roms de leurs bidonvilles, au prétexte que ceux-ci seraient « insupportables » du point de vue de la sécurité et de la situation sanitaire. Ce serait un but fort louable, si les expulsés n’avaient plus qu’à retrouver, un peu plus loin, un autre camp qui ne sera pas plus « supportable », sans conditions de sécurité ou d’hygiène dignes de la France de 2012. Faute de propositions de relogement, même temporaire, ils rejoindront d’autres terrains tout aussi insalubres et dangereux.

Retour à la case départ pour ces familles ? Pas tout à fait... Leur déménagement forcé aura encore aggravé leur situation déjà si précaire et les aura fragilisés davantage. Ils perdent souvent leurs affaires dans le démantèlement du camp et surtout, ils se retrouvent coupés des contacts éventuellement noués avec des associations d’aide, donc encore plus démunis. Souvent, dans la crainte d’une nouvelle expulsion, les familles se cachent et leurs conditions de vie deviennent pour le coup tout à fait « insupportables » mais plus personne ne s’en soucie… D’autres quitteront la France à bord de charters à destination de la Roumanie mais il semble que la plupart revienne quasi immédiatement sur le territoire français.
Des experts des Nations unies ont récemment mis en garde le gouvernement français, rappelant que les évacuations collectives sont interdites dans le droit international et appelant à la mise en place d’alternatives en matière de relogement.

Si les Roms fuient la Roumanie, c’est qu’ils y connaissent des conditions de vie particulièrement difficiles. Une récente étude vient de faire savoir que la moitié des deux millions de Roms de Roumanie vivent avec moins de 3,50€ par jour et que 23% d’entre eux n’ont accès ni à l’eau ni à l’électricité. Ils connaissent une pauvreté extrême et ne possèdent qu’un très faible niveau d’instruction. Un tiers des adultes ne sauraient lire ni écrire. A peine 35% auraient un travail. Comme l’immense majorité des migrants, c’est la misère qui les pousse à quitter leur pays. La misère et le racisme, puisque une majorité de Roumains estiment que les Roms sont des voleurs et des fainéants.

En ces jours de rentrée scolaire, les victimes les plus évidentes des démantèlements de camps sont les enfants. Il y a de grands risques pour que de nombreux d’entre eux ne puissent plus être scolarisés. Et pourtant, comme tous les enfants de migrants et quelle que soit la situation administrative de leurs parents, ils doivent bénéficier d’une scolarisation effective et sans délai et avoir la garantie d’un parcours scolaire continu. Cela passe par la mise en place de moyens en termes de dispositifs d’accueil, de personnels éducatifs et de formations spécifiques des enseignants de la maternelle au lycée.

Comme tous les enfants, les enfants Roms ont droit à la rentrée.