À l’issue des élections sénatoriales, le scrutin majoritaire est jugé « très défavorable à la parité ». La preuve?: le nouveau Sénat compte à peine 22 % de femmes, soit 77 sur 348 élus.

Où sont les femmes?? Après les élections sénatoriales de ce week-end, le chanteur Patrick Juvet n’est plus seul à poser la question. La victoire de la gauche a beau être « historique », les féministes font la grimace. « La parité passe à la trappe, souligne Osez le féminisme. Les médias ont largement commenté le basculement à gauche de la Haute Assemblée pourtant, il y a une révolution qui semble plus malaisée à réaliser?: celle de la parité. » Le nouveau Sénat ne compte en effet que 77 sénatrices pour 271 hommes. Trois femmes de moins que dans la précédente assemblée.

Sur les 170 sièges renouvelables, les électeurs en ont seulement attribué 49 à des candidates. Seulement 22 % de sénatrices siégeront donc au palais du Luxembourg. « La proportion de femmes stagne au même niveau que 2008 », note le Laboratoire de l’égalité. Il est même tombé plus bas qu’en 2001?: le Sénat en comptait alors près de 30 % dans ses rangs… C’est que, depuis cette date, la droite a déployé « des trésors d’imagination pour contourner l’obligation paritaire », note l’association les Marianne de la diversité.

La loi sur la parité du 6 juin 2000 s’est avérée « insuffisante ». La gauche avait introduit le scrutin proportionnel dans les départements élisant trois sénateurs et plus, imposant dans ces circonscriptions l’obligation de listes paritaires, « ce qui a entraîné une certaine féminisation du Sénat », note Michel Abhervé, professeur de politiques publiques à l’université de Paris-Est Marne-la-Vallée, dans Alternatives économiques. La gauche aurait pu aller plus loin, le PCF réclamant la proportionnelle intégrale. Mais la réforme de 2003, voulue par la droite, a rétabli le scrutin majoritaire pour les départements élisant jusqu’à trois sénateurs, au lieu de deux. Ce scrutin « qui concernait 58 des sièges à pourvoir a fait à nouveau la preuve qu’il est très défavorable à la parité », note le Laboratoire de l’égalité.

Si on ajoute à cela la création de cinq nouveaux sièges (de 343 à 348) occupés par des hommes, ou la création de listes dissidentes conduites par des hommes « souhaitant à tout prix être réélus », on comprend mieux qu’aucun groupe politique ne respecte la parité, à l’exception notable du groupe communiste, républicain et citoyen (CRC) : c’est le seul qui compte plus de la moitié de sénatrices, avec 12 femmes pour 21 élus.

Article paru dans l’Humanité

Dans « Le Parisien » du 27 septembre dernier, le maire de Saint Gratien remarque aigrement que « sur les 10 parlementaires UMP du Val d’Oise, tous sont des hommes ! » Deuxième sur une des deux listes investies par l’UMP lors des élections sénatoriales, elle a vu le siège lui échapper au profit de la tête de la deuxième liste, le maire de Franconville Francis Delattre.

Pourtant, le 8 mars dernier, à l’occasion de la journée internationale des femmes, Madame le Maire, en adressant un cadeau au personnel féminin de la mairie, assurait, en prônant la solidarité envers les femmes dans le monde : « Les femmes occidentales ont surmonté les difficultés liées à leur sexe ». Je lui faisais déjà remarquer (voir le billet du blog publié à cette occasion le 25 mars 2011) que les femmes ne représentaient que 20% des députés… Elle aurait dû se méfier…
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