Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

Démocratie locale

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La Corée du Nord attaque les comités de quartier gratiennois !

Assister aux réunions de quartier est toujours instructif pour un élu ou un habitant curieux des affaires de sa ville.
Certaines questions apparaissent anodines, mais on y entend parfois des informations ou remarques très pertinentes, révélatrices ou carrément surprenantes. Les dangereux sauvages du mois de mars, qui affichaient intempestivement en ville, peuvent même s’y faire traiter de nord-coréens. Certains mondialisent l’économie, le Maire de Saint Gratien mondialise le débat quand la question posée est par trop embarrassante.
A Saint Gratien, le but premier de ces réunions est de présenter les réalisations municipales sous leur meilleur jour. Bonne communication, diaporama technique qui anesthésie le citoyen et le persuade que les affaires communales sont entre des mains compétentes. On évitera d’aborder les sujets qui fâchent, comme les augmentations des tarifs des services municipaux ou la suppression des classes de découverte. Les grandes orientations du budget de la ville ne sont jamais discutées non plus : affaire de spécialistes financiers qui dépassent l’entendement du Gratiennois moyen ? On valorise les opérations qui se voient, essentiellement des constructions ou réhabilitations de bâtiments. Une quelconque concertation est impossible, puisque tous les projets évoqués sont totalement déterminés, voire même dans leur phase d’achèvement. Aucune modification, aucune proposition d’aménagement différent, aucune alternative ne peuvent être prises en compte. Dans un cadre aussi strict, les questions ou interventions des habitants sont forcément très limitées. Il s’agit essentiellement de problèmes de voirie, de stationnement ou d’aménagements urbains mineurs, dont je ne veux pas sous-estimer l’importance mais qui pourraient être traités dans un autre contexte. Trop souvent, les assemblées de quartier ne sont que discussions superficielles sans réels échanges ou encore moins confrontations sur les questions essentielles de la vie communale. La "démocratie de proximité" a à Saint Gratien une saveur bien fade.



Cette année, ces réunions de quartier ont été un peu plus animées que d’habitude parce que nous en avons légèrement troublé l’ordre habituel trop bien établi.
Interrogée sur les contradictions entre la mise en place d’un « agenda 21 » favorisant le développement durable et le retard pris en matière de traitement des eaux usées, le maire ne peut que reconnaître que le réseau d’assainissement de la ville est resté « unitaire » c’est à dire que les eaux pluviales et usées sont collectées ensemble, à l’exception de la rue du Général Leclerc. Toutes les voies du quartier du Parc ont été récemment entièrement refaites, sans que la mairie ne se soucie d’un problème qui va devenir majeur dans les années à venir : l’eau, sa gestion, son coût. En plein Grenelle de l’environnement, cher à notre président, ça fait désordre..
Les inquiétudes au sujet de la prochaine rentrée scolaire, avec des classes de petite section très chargées en maternelle, ne semblent pas émouvoir outre mesure Madame le Maire. Mais n’a-t-elle pas récemment déclaré au Conseil municipal, que « des effectifs 25 ou 30 enfants par classe n’empêchent pas de travailler dans de bonnes conditions » ? Aussi renvoie-t-elle très facilement la balle dans le camp de l’éducation nationale, sans envisager un instant que la municipalité puisse s’engager et peser pour défendre de bonnes conditions d’enseignement pour les enfants de la ville. Il est vrai que la défense des différents services publics, qu’il s’agisse des écoles, de La Poste ou du point accueil de la Sécurité Sociale, n’a jamais été une priorité pour la majorité municipale.
La question très dérangeante sur le refus d’accorder une salle municipale au Front de Gauche pour l’organisation d’une soirée-débat autour de l’avenir de nos retraites a ensuite sensiblement agacée Madame le Maire. A tel point qu’elle a surpris son auditoire en allant chercher jusqu’en Corée du nord ou à Cuba la raison profonde qui l’a amenée à interdire un débat à Saint Gratien. Une vraie cure de jouvence pour l’assistance qui s’est crue revenue au bon vieux temps de la guerre froide… Présenter comme de dangereux totalitaires des Gratiennois qui souhaitent simplement discuter au sein de leur cité d’un sujet de société majeur ? L’ « argument » aura certainement du mal à convaincre et fera même sourire plus d’un. Madame le Maire est d’habitude plus pertinente dans ses réponses. Interdire le débat à Saint Gratien en accusant les autres de ne pas respecter la démocratie est assez inédit et quelque peu provocateur, mais fort peu crédible. La véritable raison est ailleurs mais difficilement avouable. Volonté de museler le Front de Gauche ? Eviter une confrontation délicate sur les retraites, dont 60% de Français désapprouvent la contre-réforme gouvernementale ?
Au fait, comment a fait Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, pour tenir ses 85 réunions publiques partout en France, dont une à Franconville dans le Val d’Oise ? Le premier VRP de la majorité a décidé de faire « de la pédagogie et de la consultation. Il n’est pas question de ne pas donner la parole aux Français », lance-t-il en guise d’introduction. Discours non parvenu à Saint Gratien. Et d’ailleurs, lorsque Madame le Maire trouve que la discussion s’engage sur des sujets périlleux, elle préfère tout simplement clore la réunion et couper le micro. Pratique désastreuse pour quelqu’un qui prône la démocratie de proximité et traite ses adversaires de liberticides…

Enfin, parmi d’autres, voici quelques déclarations du premier magistrat lors de ces réunions de quartier et les réflexions qu’elles nous inspirent..

« A Argenteuil et Bezons, nous n’avons jamais de salles pour l’UMP »…

  • Ne fais pas à ton prochain ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse.. La réplique « d’autres le font aussi » n’est jamais une très bonne défense. Quant à Argenteuil, Madame le Maire ignore apparemment que ce n’est plus une ville dirigée par le PCF depuis 2001…

« Les assemblées de quartier sont l’occasion d’échanger sur le quartier et sur la ville »…

  • Attention toutefois à bien choisir votre sujet d’échange ! Lorsque Madame le Maire ne veut plus échanger avec vous, elle peut brutalement vous couper la parole et mettre fin à la réunion.

« La ville s’est densifiée depuis 40 ans »…

  • Il s’agit d’un phénomène naturel inexpliqué et contre lequel on ne peut rien. La ville s’est densifiée toute seule et nous n’avons rien vu. Bien entendu, la majorité municipale n’est pour rien dans le bétonnage. Elle ne revendique que les espaces verts, comme la casquette du BIP, qui n’aurait pas existé si les riverains des Marais ne l’avaient pas furieusement défendue, et le parc urbain, que les élus de gauche ont été longtemps les seuls à réclamer…

« Les budgets communaux sont compliqués à monter car les dotations aux collectivités locales sont en baisse »…

  • Ah ! Enfin un aveu intéressant ! Reste que l’exercice budgétaire est tellement ardu qu’il est inutile d’essayer d’y intéresser les habitants. On ne parle donc pas budget dans les réunions de quartier.

« Les Gratiennois ne souhaitent pas de campagne électorale permanente ».
Dans le courrier que nous a adressé le Maire, il est écrit : la municipalité ne souhaite pas … Le journal « Le Parisien » rapporte ainsi les propos du Maire : « JE ne souhaite pas… » Alors, qui ne souhaite pas de débat ? Quand a été réalisé le sondage auprès des habitants, pour savoir s’ils désirent débattre hors campagne électorale ?



Les prochaines assemblées de quartier auront lieu en décembre. Venez vous aussi écouter la bonne parole.. ou poser les questions qui gênent !

 

Qui a peur de la politique ?

On pourrait croire que le Maire de Saint Gratien pratique la politique comme Monsieur Jourdain la prose : sans le savoir. Son discours est simple. La politique n’est nulle part. Le bulletin municipal, qui présente sous leur meilleur jour les projets et réalisations de son équipe, n’est pas politique. Le Conseil municipal, qui débat des grandes orientations de la commune, n’est pas un espace de débat politique. Les comités de quartier, dans lesquels Madame le Maire fait la présentation des différents travaux menés dans la ville, ne sont pas des lieux où on parle politique. Hors périodes électorales, on ne fait pas de politique à Saint Gratien et les réunions publiques sont interdites. Pendant les élections, l’activité politique est sévèrement encadrée. L’affichage, notamment, est particulièrement surveillé. Mais il s’agit de veiller à la propreté de la ville et la propreté n’est pas politique.

Pour savoir ce que ce vilain mot cache de honteux, j’ai consulté mon dictionnaire. Qu’est-ce que la politique ?
Politique : relatif aux affaires publiques
Homme/femme politique : personne qui s’occupe des affaires publiques
Le mot politique provient du grec ancien " politika " qui signifie littéralement " les choses qui concernent la polis (cité) ".
Il est étrange de donner à la politique une connotation négative ou de la traiter comme synonyme d’intrigues, machinations et combines. La politique n’est rien d’autre que le fait d’organiser la société.
Madame le Maire est donc une personne politique. Le conseil municipal est politique puisqu’il régit les règles de la « société » gratiennoise. Le bulletin municipal est politique puisqu’il relate les affaires publiques de la ville. Les réunions de quartier sont politiques puisque la municipalité y présente des travaux réalisés ou en cours, qui concernent la cité.

Monsieur Jourdain était innocent. Il faisait de la prose sans le savoir.
Madame le Maire l’est beaucoup moins. Elle fait de la politique et elle le sait très bien.
Quand elle évacue les questions gênantes au motif qu’elles sont « politiques », c’est à dire affreusement déplacées ou impertinentes, elle détourne la question et cette non-réponse est bien entendu très …politique. Elle le sait. Seuls les innocents en politique la croient.

Madame le Maire est une personne éminemment politique.

 

La fausse démocratie de proximité

Je fréquente assidûment les réunions des comités de quartier de Saint Gratien depuis leur instauration. Je pensais qu’elle pouvaient être un reflet intéressant de la vie communale et qu’on devait y entendre les préoccupations principales des habitants concernant la gestion municipale. Mais rapidement ces assemblées sont devenues essentiellement des moments de simple information (propagande ? c’est un vilain mot..) municipale. Pas question de concertation avec les habitants puisque les projets présentés sont tellement finalisés qu’il n’est pas question d’en rediscuter tel ou tel aspect. Il s’agit au mieux de communication municipale. Les décisions sont déjà prises et aucun dossier n’est mis en débat.
Ce fonctionnement réducteur est bien dans l’optique de la majorité municipale. Madame le Maire ne vient-elle pas de nous rappeler fort récemment qu’elle ne veut pas à Saint Gratien de campagne électorale permanente ? Les Gratiennois votent lors des élections et ils accordent ainsi une carte blanche pour 6 ans à leurs élus. Tout au plus seront-ils informés des décisions que ceux-ci, qui sont des experts, auront prises pour leur bien.
Ce n’est évidemment pas ainsi que nous voyons les choses. Le mandat d’élu ne doit pas être un « permis de décider seul ».Un programme municipal, aussi bien fait soit-il, ne prévoit pas le détail de la vie communale pour les années à venir. Il ne fait que fixer de grandes orientations. Il survient des événements imprévus, les dossiers n’évoluent pas comme on le croyait, des nouveautés apparaissent, de nouveaux besoins se font sentir… Et même si les élus ont décidé de grandes lignes, les habitants doivent être associés à la réalisation précise des projets. Les citoyens « experts du quotidien » peuvent et doivent intervenir, apporter leurs compétences dans la gestion municipale. Le simulacre de démocratie que nous connaissons aujourd’hui pourrait être transformé, notamment en consultant réellement les membres des comités de quartier, dès la phase de construction des projets pour une réelle concertation avant la décision des élus, et en associant les comités au travail des commissions municipales.
Faute de quoi, sans concertation en amont des réalisations, ni débats, les assemblées de quartier ne seront toujours que des coquilles vides où ne se discuteront que des problèmes mineurs.
Enfin, certaines questions « dérangeantes » ne doivent pas être posées dans les assemblées de quartier. Si un impertinent ose questionner Madame le Maire, qui seule répond aux questions, sur un sujet interdit, il se voit sèchement reprocher de « faire de la politique », ce qui est évidemment un péché mortel. Par exemple, il est malvenu d’évoquer le refus de la mairie d’accorder une salle au Front de Gauche pour un débat sur les retraites. Faudra-t-il bientôt déposer sa question par écrit à l’entrée de la salle pour ne pas risquer de contrarier un "échange" où l’expression de la salle est si bien encadrée ?

 

Saint Gratien est passé à la télégestion de son éclairage public mais l'esprit des lumières n'est pas encore arrivé à tous les étages...

Incorrigibles…
Au Front de Gauche, nous sommes décidément d’incorrigibles rêveurs. Après avoir cru, pendant la dernière campagne électorale, que nous pouvions exprimer par voie d’affiches les idées que nous défendons, voilà à présent que nous nous sommes imaginé avoir le droit d’organiser à Saint Gratien une soirée débat autour du thème des retraites.
C’est un sujet très discuté en ce moment et à juste titre. Qui en effet ne sera pas concerné au terme de sa vie de travail, ou de chômage ? Il s’agit là d’un enjeu majeur qui engage nos vies et celle de nos enfants pour des dizaines d’années à venir.
Tout le monde s’accorde à dire que c’est un sujet essentiel qui mérite un large débat. Notre président lui-même en a souligné l’importance et nous ne pouvons qu’approuver ce discours... (bien que rêveurs, nous ne sommes pas totalement naïfs et nous nous sommes aperçus que les faits contredisaient les paroles, mais j’y reviendrai plus loin…) Tous les partis organisent des rencontres sur le sujet et l’assistance y est souvent importante : 1200 personnes à Marseille le 7 juin ! Les organes de presse, à leur tour, lancent des initiatives similaires. Xavier Bertrand lui-même, n’a-t-il pas entrepris «un tour de France » des retraites pour tenter de convaincre du bien-fondé des décisions gouvernementales, bon courage à lui.
Nous pensions que le Maire de Saint Gratien, suivant l’avis du chef de la majorité dont elle se réclame, aurait à cœur d’impulser le débat dans sa propre ville, ou du moins, de ne pas l’empêcher.
Nous avons donc tout à fait innocemment demandé à pouvoir bénéficier d’une salle municipale, par courrier au maire.
C’est non.
Madame le Maire est «au regret» de ne pouvoir répondre favorablement à notre demande. J’ai un peu de mal à croire à ce regret, mais après tout, si elle a tant tardé à nous répondre, c’est peut-être que la décision n’a pas été facile à prendre ou à justifier, et d’ailleurs elle ne l’est pas de façon convaincante.
Après un moment de stupeur, car ce refus est tout à fait surprenant, vient le temps des questions.
A Saint Gratien, « la municipalité ne souhaite pas que soient organisés des débats publics en-dehors des périodes électorales ». Arrêté municipal, décret national ? D’où vient cette interdiction, on ne nous le précise pas. La formulation elle-même est étrange car quelle valeur réelle peut avoir un simple « souhait » de la municipalité ? Mais surtout, quelle étrange conception de la démocratie qui fait que le citoyen est réduit à son simple rôle d’électeur, et qu’en dehors des périodes électorales, il devient quantité négligeable ! Pourquoi débattrait-il de quoi que ce soit alors qu’il est bien suffisant qu’il s’exprime (ou qu’il ne le fasse pas, c’est encore mieux..) dans les urnes une fois tous les six ans ?
Quant à l’activité des partis politiques, elle est réduite à néant si on leur interdit tout contact avec la population. Faut-il revenir à l’activité militante clandestine d’un autre temps ? Et si nous aimions le persiflage, nous dirions qu’attendre la prochaine échéance de 2012 pour discuter des retraites est un peu ubuesque..
Ne pas accorder de salle revient à interdire l’initiative. Pourquoi nous interdire de réunion publique ? Recherche d’explications…
Première hypothèse..
Lors de la campagne électorale de mars dernier, Madame le Maire avait déjà fait preuve d’un autoritarisme certain. Notre affichage électoral actif (certains diront « sauvage » ..) nous avait valu de sévères remontrances. Réprimandes verbales devant témoins, puis missive intimidante portée à domicile par la police municipale et enfin désignation à la vindicte populaire via l’éditorial de « Saint Gratien Magazine »…. Nous estimions avoir été largement et suffisamment sermonnés. Apparemment non. Notre «faute» continue de nous poursuivre et nos péchés ne sont pas pardonnés. A chaque occasion, notre pénitence reprend. Jusqu’à quand paierons-nous le prix de la palissade ? Madame le Maire est-elle un peu/beaucoup/excessivement rancunière ?
Deuxième hypothèse..
Madame le Maire serait-elle encore de mauvaise humeur après sa défaite aux régionales ? Au premier tour, le Front de Gauche réunissait 6,2% : premier sujet de mécontentement. Le 21 mars, la liste UMP sur laquelle elle était candidate a été distancée par la gauche rassemblée (52 contre 47%) et cela a fortement gâché la soirée électorale de Madame le Maire qui n’est pas habituée à de pareils déboires. Elle préférerait oublier ce mauvais score et depuis, ne s’est plus exprimée sur le sujet, même pour remercier ses électeurs. Lui est-il particulièrement agaçant de voir resurgir ce Front de Gauche et les mauvais souvenirs qui lui sont associés ? D’autant plus que ledit Front, que certains voyaient disparaître après les élections, semble s’élargir, prendre des couleurs et continue à s’exprimer publiquement, y compris à Saint Gratien. Faut-il réduire au silence ce gêneur dès la première occasion ?
Troisième possibilité..
Faut-il rechercher ailleurs la cause du couvercle municipal mis sur la démocratie ? La «réforme » des retraites est celle de tous les dangers pour le gouvernement car fortement impopulaire. Crainte dans les mois qui viennent de voir naître un mouvement social important ? Tout en affirmant la nécessité d’un large débat, la majorité présidentielle met tout en œuvre pour le truquer en avançant de faux arguments ou en refusant d’envisager toutes les options, notamment celles qui toucheraient à l’augmentation des cotisations patronales ou la taxation des revenus financiers. Le gouvernement veut aller vite et présenter dès juillet en conseil des ministres et dès l’automne son projet au Parlement. Bien courte période de réflexion sur un sujet aussi fondamental que les retraites, qui est un véritable enjeu de civilisation ! Calendrier imposé, ordre du jour imposé, échéances imposées….S’agit-il donc de museler le débat avant même qu’il ait commencé ? Madame le Maire est–elle à l’avant-garde de l’UMP en osant bloquer dans «sa» ville l’indispensable échange démocratique ?
Le Front de Gauche est interdit de réunion mais surtout, les Gratiennois sont privés de débat. Dans notre ville comme partout en France, l’interrogation « Et moi, comment vais-je vivre ma retraite ? » est pourtant dans tous les esprits. Quelle sera la réaction des habitants à l’interdiction du maire ?
En 2008, lors des élections municipales, Madame Eustache-Brinio se disait très attachée à la démocratie de proximité. Depuis, elle se comporte dans «sa» ville comme un souverain local qui interdit sans éprouver le besoin d’avancer une justification recevable … Est-ce cela qu’on appelle « démocratie » dans la France sarkozienne ?
Quelle raison peut-on avancer pour interdire une réunion publique ? Problème de sécurité ? Risque de prise d’assaut de la mairie à l’issue du débat ? Décoration «sauvage» de la palissade ? Mise à sac de la salle municipale par des retraités enragés ? Bataille de cannes et béquilles ? Pugilat entre jeunes chômeurs et retraités pauvres ?



Non, décidément, l’exercice de la démocratie locale est bien délicat à Saint Gratien… Comptez sur nous pour le faire savoir… et faire bouger les choses dans ce domaine, si primordial.

 

Chers lecteurs

Le blog des élus communistes prend un nouvel essor. Nous avons décidé de le faire connaître largement dans Saint Gratien, comme « l’autre support d’information ». Nous souhaitons apporter un éclairage nouveau et original sur la vie locale et au-delà, sur les événements politiques nationaux, voire parfois internationaux. Si notre domaine de prédilection reste l’échelon local, nous savons que les décisions nationales influent toujours sur la vie des Gratiennois, et sur la politique communale. Nous souhaitons également mettre en débat les idées qui traversent notre courant de pensée, le PCF et le rassemblement plus large auquel il appartient, le Front de gauche.

Depuis deux ans, nous tentons de vous informer au mieux, particulièrement de la vie municipale. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et à nous écrire. Pour nous, c’est déjà un réel succès, mais nous voulons aller plus loin que la seule information à sens unique. Nous avons besoin de connaître vos avis, vos propositions sur toutes les grandes questions qui traversent notre commune et sa gestion. Fallait-il supprimer les classes de découverte ? Le système de vidéosurveillance est-il pertinent et efficace ? Êtes-vous attachés à vos élus de proximité ou les laisserez-vous disparaître dans de lointains regroupements intercommunaux ? Pensez-vous que La Poste doit rester un grand service public ? Êtes-vous prêts à agir pour empêcher la fermeture d’une classe ? Autant de sujets -et bien d’autres encore- qui ont traversé ce blog.

Aujourd’hui, nous souhaitons élargir encore cet espace qui ne doit pas rester dans la seule « information » mais s’ouvrir sur un réel débat. Postez vos commentaires ou rédigez des billets que nous publierons : envoyez vos avis, vos remarques, vos informations, vos critiques… Le but de notre blog est de susciter les échanges !

Isabelle Volat

 

La fin de la démocratie locale ?

Un important rassemblement a eu lieu devant le Sénat mardi 19 janvier au moment où s’ouvre dans cette assemblée le débat sur la réforme des collectivités territoriales. L’Association nationale des élus communistes et républicains avait appelé à cette initiative pour dénoncer les graves dangers pour la démocratie locale dont ce projet est porteur.
Disparition des départements, regroupements autoritaires de communes, étranglement financier des collectivités pour réduire les dépenses publiques, pans entiers de missions des services publics locaux livrés au privé… Elus locaux d’ile de France ou de province, sénateurs et députés communistes, du PS et du parti de gauche, agents territoriaux se sont succédés pour exiger le retrait de cette « réforme » qui signifierait la fin de notre architecture démocratique et sonnerait le glas de 30 ans de décentralisation. Premières victimes : les citoyens, privés de services publics essentiels et éloignés des lieux de décision.
Rien n’est joué ; le débat s’engage pour trois semaines au Sénat et 600 amendements ont déjà été déposés.
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Petite histoire Gratiennoise…

Monsieur Z. est commerçant et souhaite ouvrir un magasin dans notre bonne ville de Saint Gratien. Au mois d’avril dernier, il envisage d’acquérir un fonds commercial dans une rue importante de la commune et fait une promesse d’achat. En mai, il apprend que la commune ne souhaite pas préempter le bien et il acquiert donc son fonds de commerce. Hélas ! Les ennuis commencent…

Monsieur Z. se rapproche des services techniques de la ville pour obtenir les autorisations administratives nécessaires à l’ouverture de son magasin. La ville refuse et oppose une fin de non-recevoir à toutes ses tentatives.

Précisons…

Le commerce de Monsieur Z. n’est pas une boîte de nuit qui apporterait des nuisances importantes aux habitants du quartier. Il ne vend pas d’objets dangereux, polluants, malodorants ou nocifs. En commerçant sérieux, il a étudié son emplacement, le parking pour les livraisons de sa marchandise deux fois par semaine, la possibilité d’installer une rampe d’accès pour les personnes à mobilité réduite…Un très large trottoir lui permettrait également un étalage sans gêne pour les passants. Un parking public proche offrirait aux clients un stationnement aisé. Il obtient l’accord de la copropriété dont dépend son magasin. Une étude du marché lui confirme l’opportunité d’installer son commerce à Saint Gratien.

La mairie lui rétorque que son activité porterait atteinte à la sécurité publique et troublerait la quiétude des riverains.

Que vend donc Monsieur Z. ?

Des fleurs. Monsieur Z. est fleuriste.

Il est aussi opiniâtre et décide de ne pas baisser les bras. Il interpelle le député, le conseil général, la chambre de commerce et saisit enfin le tribunal administratif dont il attend une réponse prochaine.

Interrogée, la mairie lâche enfin son argument décisif : elle s’oppose à l’installation de monsieur Z. car il y a déjà trop de fleuristes dans ce quartier de la ville… elle redoute que ce nouveau commerce ne fasse trop de tort aux autres magasins…..et cette argumentation me laisse abasourdie. Mais qui donc nous vante à tout propos les mérites de la « concurrence » (libre et non faussée !) hors de laquelle point de salut ? Qui pourfend sans relâche l’interventionnisme de l’état qui s’opposerait à la liberté d’entreprendre ? Et lorsque notre bonne vieille droite libérale est à la tête d’un petit gouvernement municipal, elle n’a de cesse de vouloir à tout prix réglementer, contrôler et imposer. Qu’elle laisse donc faire la concurrence !

Quelle est donc la politique municipale en matière de commerce ? Que la ville achète des boutiques pour tenter d’y relancer une activité commerciale, cela peut se comprendre. Le commerce de proximité est souvent en difficulté et il importe de le soutenir. Mais quand un commerçant souhaite s’installer, il est incompréhensible de lui mettre des bâtons dans les roues. Trop de fleuristes ? Peut-être… mais aussi trop de banques (8 !!), de coiffeurs (10 !!), d’agences immobilières (6 !!) alors que les Gratiennois souhaitent un charcutier ou un marchand de chaussures. Il est certes compliqué de faire revivre un centre ville. Alors quand se présente une opportunité pour un nouveau commerce, saisissons-la ! La mairie serait par contre tout à fait dans son rôle d’aménageur de l’espace public en favorisant le stationnement à proximité des commerces et en prévoyant des zones de livraison adaptées.

Pour le moment, le magasin de Monsieur Z. reste fermé. Gâchis pour lui qui ne souhaite que démarrer son activité et mauvaise image pour la petite zone commerçante alentour…

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Saint Gratien : pas de débat au conseil municipal !

Certains pourraient penser que le Conseil municipal est un lieu où les élus discutent et échangent sur tous les sujets qui intéressent la vie locale sur la commune … pas du tout ! A Saint Gratien, cette assemblée est devenue une simple « chambre d ‘enregistrement » où visiblement toute expression un tant soit peu discordante est malvenue….
La minorité peut déposer en mairie des questions diverses qui sont ajoutées à l’ordre du jour de la séance. Ces questions sont examinées en fin de conseil ; le maire y répond sans débat, ce qui réduit déjà fortement l’échange. Effet pervers de ces questions : la municipalité évite d’inscrire à l’ordre du jour un sujet qui fâche ; ne restera à l’opposition que la seule solution de la question diverse. La majorité échappe ainsi à une discussion qui risquerait de la mettre en cause.
Quelques exemples ? La suppression des classes de découverte ou les conditions de la rentrée scolaire n’ont pas fait l’objet de rapports au conseil.
Au conseil du 1er octobre, l’ordre du jour était peu chargé, la séance a duré à peine plus d’une heure. Largement le temps de débattre, donc… Hélas ! Il n’en a rien été… Le groupe « Saint Gratien Autrement » qui comprend les 5 élus de l’opposition avait déposé des questions diverses, dont deux auraient pu prêter à un débat animé. Nous avions proposé une motion sur la privatisation de la poste, sujet majeur s’il en est et qui touche les habitants de notre ville comme partout en France. Cette motion n’ a pas été soumise au vote du conseil mais seul son retrait de l’ordre du jour a été proposé, avec l’argument suivant : c’est un projet de loi gouvernemental et le conseil n’est donc pas décisionnaire en la matière. Certes ! Mais le vote massif des Gratiennois qui ont participé à la votation citoyenne du 3 octobre a montré qu’ils étaient concernés, comme tous les usagers de la poste, dans toutes les communes de France, par les attaques menées contre le service public postal.
Deuxième question diverse de notre groupe : les conditions dans lesquelles s’est effectuée la rentrée scolaire. Là encore, la municipalité botte en touche : aucune allusion aux effectifs chargés dans les classes (d’ailleurs aucun chiffre précis par école) mais une attaque en règle contre les parents d‘élèves de la maternelle Jules Ferry qui, en occupant les locaux pendant deux jours ont obtenu la réouverture de la classe fermée en juin. Selon la maire-adjointe, il serait choquant pour des petits de vivre une rentrée perturbée. Outre le fait que les enfants ont été accueillis dans la salle de jeux en toute sécurité et non laissés dans la cour et encore moins à la porte comme prétendu …. il n’est évidemment pas choquant pour la majorité municipale d’accepter dans la commune des classes d’enfants de 3 ans à plus de trente élèves ! Un chiffre très significatif de la dégradation des conditions d’enseignement (dont Saint Gratien est victime comme toutes les communes de France) a tout de même été annoncé : pour l’année scolaire 2009/2010, il y a 52 élèves de plus que l’année dernière et…. une classe de moins !

Ci-dessous les deux questions diverses déposées au conseil du 1er octobre.

1. Motion concernant la privatisation de La Poste, l’organisation d’un débat public et d’un référendum sur le service public postal

Le conseil municipal de Saint Gratien affirme que le service public de La Poste remplit des missions indispensables en matière d’aménagement du territoire et de lien social. Ses missions de service public dépassent le cadre du service universel du courrier et de la presse, de l’accessibilité bancaire et de la présence postale, dans les zones rurales comme dans les quartiers populaires.
Le gouvernement et la direction de La Poste envisagent de changer le statut de cet établissement public afin de le transformer en société anonyme, dans le cadre de la loi de transposition de la directive postale, mettant fin au monopole de La Poste sur le courrier de 20 grammes le 1er janvier 2011.
Le service public postal a déjà fait l’objet de remises en cause très importantes qui ont abouti à une détérioration du service rendu à la collectivité. Plus de 6 100 bureaux de poste sur 17 000 ont déjà été transformés en « partenariats » et plus de 50 000 emplois ont été supprimés depuis 2002. Ceci s’est traduit par un accroissement des tournées des facteurs à découvert, des horaires de levées avancés, un allongement des files d’attente, une couverture des zones rurales dégradée.
A juste titre, le changement de statut de la Poste ne peut qu’inquiéter. La transformation en société anonyme ouvre en effet la porte à une privatisation partielle conduisant à la réduction des obligations de service public, réduction qui a déjà été amorcée d’ailleurs, comme en témoigne à Saint Gratien, les files d’attente dans le bureau de poste et la dégradation des services aux particuliers : délivrance tardive du courrier, fermetures aléatoires de la poste annexe du quartier des Raguenets.
Nous sommes conscients que pour maintenir ce service, il faut le moderniser et le rénover afin de répondre aux besoins de la population sur l’ensemble du territoire. En Europe, les différentes privatisations postales, qui ont eu lieu ces dernières années, ont abouti à une baisse de qualité de service, à une augmentation des tarifs et à des destructions d’emploi.
C’est pourquoi, au-delà de toute conviction politique partisane et de toute arrière pensée politique, il convient de se rassembler pour défendre le service public de la Poste, en exigeant du gouvernement de renoncer définitivement à tout changement de statut de la Poste, en lui demandant des garanties tant juridiques que financières sur la pérennité et la qualité de ce service public, et de tirer les conséquences de ses engagements.
Elus municipaux, nous sommes attachés à ce service public de proximité, essentiel à notre pays. Outil précieux accessible à tous, il suppose impartialité, confiance, efficacité et esprit de service.
Le Conseil Municipal, Après en avoir délibéré,

  • SE PRONONCE pour le retrait du projet de loi postale 2009,
  • SOUTIENT le Comité de défense de la Poste dans l’organisation de la votation citoyenne du 3 octobre 2009 sur la privatisation de la poste
  • DEMANDE la tenue d’un référendum sur le service public postal.

2. Question concernant la rentrée scolaire à Saint Gratien

La rentrée scolaire s’est effectuée à Saint Gratien comme dans toutes les communes de France dans un contexte de suppressions massives de postes qui rendent plus difficiles les conditions d’enseignement.
Dans la plupart des écoles de Saint Gratien, les effectifs sont alourdis. Une fermeture de classe a eu lieu à la maternelle Pauline Kergomard alors que le nombre d’élèves est le même que l’année dernière.
A l’école maternelle Jean Moulin, « l’ouverture » de classe n’est que l’annulation d’une fermeture, mesure prise en juin suite à des effectifs erronés et qui n’aurait jamais dû avoir lieu.
A l’école maternelle Jules Ferry, seule l’action des parents d’élèves qui ont occupé les locaux pendant deux jours a permis la réouverture de la 6è classe : le « seuil » officiel de l’administration était pourtant atteint.
Nous regrettons que la municipalité n’ait pas apporté son soutien aux parents et enseignants qui réclamaient que les élèves puissent travailler dans des conditions correctes et non dans des classes surchargées. La municipalité s’est au contraire empressée d’acter la suppression de classe en annonçant à son tour la disparition d’un poste d’Atsem.
En ce début d’année scolaire, nous souhaitons connaître les effectifs et les moyennes des écoles, chiffres qui nous sont traditionnellement communiqués au premier conseil d’octobre. Nous aurions pu avoir un échange autour de toutes ces questions, si la rentrée avait été à l’ordre du jour de notre assemblée … 049.jpg

 

Démocratie gratiennoise….

Depuis 2002, la loi dite de « démocratie de proximité » fait obligation aux communes d’accorder un espace pour l’expression des groupes d’opposition dans les revues municipales. Le groupe « Saint Gratien Autrement » qui regroupe 5 élus socialistes et communistes dispose donc d’une tribune dans chaque numéro du journal d’information de la ville, le «Saint Gratien Magazine ».

Place tout à fait modeste puisque nous ne disposons que d’un nombre réduit de caractères (1500) et que nous sommes relégués dans les dernières pages du journal. Il faut aussi connaître les conditions qui nous sont imposées par la mairie. Nous devons nous cantonner aux sujets strictement locaux et donc ne pas faire allusion à un quelconque débat national ou décision gouvernementale…. qui pourtant rejaillissent souvent sur la situation des communes et la vie des habitants. Difficile déjà de faire l’impasse…

Le délai qui nous est imparti pose également problème : notre article doit être déposée en mairie un bon mois avant la parution du bulletin. Exemple : l’article que le gratiennois lit dans son magazine le 30 septembre a en fait été rédigé aux alentours du 25 août… au mieux, il n’est plus franchement d’actualité, au pire il est franchement décalé quand il évoque des événements qui ont évolué ! Ajoutez que la majorité municipale semble s’accorder plus de souplesse dans le calendrier, voire même prendre connaissance de notre texte avant d’écrire le sien…. Et le tour est joué ! Le lecteur du « Saint Gratien Magazine » aura l’impression que la majorité municipale suit l’actualité, alors que l’opposition a toujours un métro de retard !

__Démonstration avec le récent numéro de septembre…
__ Exigé par la mairie pour le 25 août, notre article fait état de deux fermetures de classes ( Kergomard et Ferry), alors que celui plus tardif de la majorité annonce deux « ouvertures », dont celle de Ferry, intervenue le 2 septembre suite à l’occupation de l’école par les parents d ‘élèves ! Même chose au sujet de la fermeture ou de la réouverture de la supérette du quartier des Raguenets !

Le lecteur averti aura aussi vu la remarquable similitude dans les sujets traités dans les deux articles du mois de septembre : fermetures de classes, suppression des classes de découverte, supérette et poste des Raguenets… Très simple : la majorité lit le texte de l’opposition arrivé dans les délais demandés et peut y répondre à son gré…

Mais pourquoi donc la majorité s’oblige-t-elle à lire l’article de l’opposition afin de la contrer ? Une demi-page pour l’opposition dans un bulletin municipal est-elle tellement gênante qu’il faille organiser un tel contre-feu ?

Il est vrai que la revue fait dans son ensemble l’apologie de la politique municipale ; les projets y sont présentés sous leur meilleur jour, sans expression du moindre doute ou d’un choix possible, sans un avis contradictoire, ni jamais l’écho d’un débat quelconque. On y trouve même parfois l’annonce de décisions qui n’ont pas encore été votées par le conseil municipal ! C’est plus un outil de propagande qu’un journal d’information et la « nouvelle » formule n’y a rien changé. Nos positions détonnent dans cette belle unanimité… et dérangent apparemment beaucoup !

C’était un exemple de plus dans notre rubrique : « la démocratie locale reste un exercice délicat pour la municipalité de Saint Gratien… »
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Informer les habitants sur les événements locaux de Saint Gratien

Les élus communistes vous informent (dans la mesure de leurs moyens…) de la vie de Saint Gratien. Voici les textes parus dans « La lettre des élus communistes » datée d’octobre 2009.

Quelle école pour demain ?

« L’école : un symbole fort de la République » est le titre de l’éditorial de la dernière « Lettre du maire ». Hélas ! Les attaques sans précédent que connaît actuellement l’école publique montrent alors toute la considération que porte le gouvernement au système d’éducation… Le nouveau ministre, Luc Chatel, a déjà assuré, entre deux visites de supermarchés, qu’il entendait poursuivre les « réformes » engagées par Xavier Darcos, et notamment la politique de suppressions massives de postes d’enseignants : 13 500 postes disparaissent cette année. Avec les 16 000 suppressions prévues en 2010, 50 000 postes auront été supprimés depuis 2002. Notre département, déjà lanterne rouge en terme de moyens et de résultats scolaires, se voit confronté à une nouvelle cure d’austérité qui rendra encore plus pénibles les conditions d’enseignement : hausse des effectifs dans les classes, diminution des moyens de remplacement, recul de la scolarisation des enfants de trois ans, réduction de la formation continue des enseignants …

Dans notre commune, cette politique de « rigueur budgétaire » a conduit à la fermeture d’une classe de maternelle. Sur l’ensemble de la ville, les effectifs s’alourdissent et laissent prévoir une année difficile pour les enseignants et leurs élèves.

Le gouvernement trouve de l’argent pour soutenir les banques : il doit donner les moyens à l ‘école d’assurer la réussite de tous. L’école, l’enseignement et la formation doivent redevenir une priorité pour notre société !

Jules Ferry : Yes, we can !

A la maternelle Jules Ferry, le mouvement résolu des parents d’élèves qui ont occupé l’école pendant deux jours a permis la réouverture de la 6è classe fermée avant l’été. La logique « mathématique » de l’administration (149 enfants à répartir dans 5 classes à double niveau) n’a pas convaincu et les parents se sont mobilisés pour réclamer des moyens d’enseignement corrects pour leurs enfants (25 enfants par classe de même niveau + une institutrice + une Atsem). Ils ont démontré que l’action collective est efficace et que les citoyens restent attachés à une école publique de qualité.

Du côté de la mairie…

La municipalité réduit elle aussi les crédits alloués à l’éducation puisqu’elle a supprimé au mois de juin les classes de découverte qui permettaient aux élèves de CM2 de toute la commune de découvrir les richesses culturelles de la France et les bienfaits de la vie en collectivité. Tous ne partaient pas et donc il y avait inégalité : tel est l’argument développé pour supprimer ces séjours dont les bénéfices étaient pourtant reconnus par les parents et les enseignants. Plus personne ne partira : quelle belle égalité ! Se posaient certes parfois des difficultés de financement pour les familles ; une réflexion s’était d’ailleurs engagée pour des séjours moins coûteux et la concertation aurait due être poursuivie. La municipalité a préféré trancher unilatéralement.

L’attribution d’un crédit de 2 000 € par classe de CM2 annoncée par la mairie est insuffisante pour permettre l’organisation d’un quelconque séjour. Il s’agira au mieux d’activités autour d’un thème dans l’environnement immédiat des enfants ; en cas de projet plus ambitieux, il faudra de nouveau un financement des familles. Lors de l’action des parents d’élèves de l’école maternelle Jules Ferry, la municipalité n’a pas jugé utile d’apporter un quelconque soutien… Elle s’est au contraire empressée d’annoncer la suppression d’un poste d’«Atsem », arguant de la disparition de la 6è classe, alors que le nombre global d’élèves restait le même que l’an dernier, à un enfant près !



Il est vrai qu’à Saint Gratien, la municipalité fait la chasse aux frais de fonctionnement, les présentant comme des « charges » à réduire absolument ; ce sont pourtant les services rendus aux habitants, qu’il s’agisse de personnel dans les divers services municipaux ou les moyens alloués aux différents services.

Vous êtes surveillés !

Le gouvernement encourage la vidéosurveillance ; son objectif est de tripler le nombre de caméras sur notre territoire d’ici à la fin 2010. Les caméras se multiplient dans de nombreuses villes et Saint Gratien n’est pas en reste : le conseil municipal du mois de juin a décidé l’implantation de 3 nouvelles caméras pour la somme de 130 000 € à la charge de la commune (coût total : 270 000 €)

Rappelons que le coût initial du système installé par la Cavam a été de 8 millions et que le budget annuel de fonctionnement s’élève à 550 000 €. A ce prix, la vidéosurveillance renforcera-t-elle la sécurité des citoyens ? C’est plus que douteux car jamais la vidéosurveillance n’a fait la preuve de son efficacité. Au Royaume- Uni, où vous pouvez être filmé des centaines de fois par jour, on reconnaît « un fiasco complet ». En France, on supprime parallèlement 10 000 postes dans la police ….. alors qu’il apparaît clairement que la vidéosurveillance doit être accompagnée de mesures de prévention (police ou médiateurs sociaux) pour donner un quelconque résultat… En juin, les caméras n’ont empêché ni l’incendie de l’école Jean Zay ni l’agression du maire… Faut-il une caméra dans chaque rue de Saint Gratien ? OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

Chers lecteurs…

Depuis plus d’un an et demi, j’écris, plus ou moins régulièrement, des « billets » sur ce blog : informations locales de Saint Gratien ou réflexions plus générales sur les problèmes de société, la vie politique , les débats qui agitent la « gauche des gauches » et plus particulièrement le PCF. Vous me lisez de plus en plus régulièrement. Vous m’écrivez sous des pseudonymes plus ou moins heureux… des commentaires, souvent pertinents mais que je voudrais plus nombreux….

Aujourd’hui, je souhaite aller plus loin dans l’échange et ouvrir plus largement ce blog aux Gratiennois ( et aux autres !) en hébergeant leur parole. La «démocratie locale » est une belle idée, mais pour qu’elle ne reste pas au stade idéal, il faut mettre en œuvre des pratiques nouvelles. Sinon, je ne ferai pas mieux que Madame le Maire dans ses assemblées de quartier : informer, c’est bien (non, c’est naturel !) mais c’est notoirement insuffisant pour réaliser une vraie participation. Notre travail d’élu ne peut s’arrêter à une simple information des habitants. Nous devons également favoriser les échanges, susciter les interrogations, permettre l’expression de tous.

Dans cet esprit, j’accueillerai dorénavant des « invités » qui iront au-delà du simple commentaire et rédigeront des billets sur les sujets de leur choix.

Dans le respect des uns et des autres, une « charte rédactionnelle » fixera le cadre de cette collaboration : si je reste éditrice et à ce titre, responsable des écrits du blog, je ne désire bien évidemment ni censurer ni modérer les opinions de ceux qui se lanceront dans l’aventure de l’écriture… Je leur demanderai par contre d’écrire « à visage découvert » et non sous le couvert d’un pseudonyme ; ce qui peut être plaisant pour un commentaire humoristique ne convient plus pour un écrit plus argumenté et le lecteur du blog doit savoir qui s’adresse à lui. Hormis ces quelques réserves fixant les droits et devoirs de chacun, tout vous est permis…

Sachons communiquer à gauche pour Saint Gratien !

Chers lecteurs…. à vos plumes ! Vos lecteurs vous attendent !
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A Saint Gratien, on privatise les rues !

En octobre 2008, la municipalité de Saint Gratien a décidé, sans aucune concertation avec les riverains ni travail de la commission des équipements, de fermer à la circulation automobile une partie de la rue Paul Doumer. Cette rue permet d’accéder depuis les « Allées Vertes » au square du bord du lac, connu des habitués sous le nom de « parc des canards ». Des plots ont été installés, qui interdisent toute circulation automobile de jour comme de nuit, exception faite des riverains. A l’époque, l’argument avancé par la mairie était que la sécurité n’était pas assurée dans cette voie, du fait d’un passage important et trop rapide de véhicules. Guère convaincus, nous nous sommes étonnés lors du conseil municipal de ne pas avoir été consultés sur cette question et nous avons regretté cette « privatisation » aux frais du contribuable…

Un an plus tard, et l’exercice de la démocratie locale étant toujours aussi délicat à Saint Gratien, les habitants découvrent à leur retour de vacances qu’une nouvelle avenue est interdite, sous le même prétexte : il s’agit cette fois des « Allées Vertes » qui relie le quartier du marché au lycée et qui sera interdite à la circulation la nuit, ainsi que le samedi et dimanche. La voirie y a récemment été entièrement refaite et l’enfouissement des réseaux réalisé. C’est sans aucun doute possible une voie publique ! Des promeneurs y flânent le dimanche et les lycéens y sont nombreux en semaine. Elle connaît très peu de circulation puisqu’elle ne débouche pas ; seuls les riverains l’empruntent et y stationnent. L’argument de la sécurité n’est encore une fois pas convaincant. Les habitants des rues voisines regrettent maintenant de voir se reporter devant chez eux le stationnement qui n’est plus du tout possible dans la rue Paul Doumer, et restreint avenue de Catinat, notamment le week-end. Et pourquoi le contribuable devrait-il payer pour un aménagement à l’utilité douteuse, ne profitant au mieux qu’à quelques riverains qui ne subissaient pas de nuisances particulièrement importantes ? DSC00027.JPG

 

Réunions de quartier et démocratie locale

La traditionnelle réunion de quartier réunissait samedi 6 juin une trentaine d’habitants du « Parc » et quelques élus. Ces « assemblées consultatives de quartier », présentées par la majorité municipale comme le nec plus ultra de la démocratie locale, ne sont la plupart du temps qu’une occasion pour Madame le Maire de présenter ses projets ou ses réalisations sous le meilleur jour…. On y traite beaucoup de questions de voirie, de sécurité routière …. Ces problèmes font partie, certes, de notre vie quotidienne. Rarement sont évoqués des sujets plus essentiels, et surtout, il ne s’agit là que d’information, jamais de concertation !

Je ne regrette pourtant pas d’avoir assisté à cette assemblée. J’y ai appris (avec consternation) qu’ une nouvelle « privatisation « de rue allait être réalisée. Après la fermeture de la rue Paul Doumer, sous prétexte de sécurité routière, voici que l’avenue de Catinat, à son tour, sera interdite à la circulation, riverains exceptés bien évidemment et seulement la nuit : reste à comprendre l’intérêt de cette mesure, le trafic automobile étant quasi nul à ce moment !! Encore une voie publique qui devient privée, sans aucune concertation avec quiconque. Ainsi va la démocratie à Saint Gratien.

Une voix discordante s’est toutefois fait entendre lors de cette réunion : un habitant du quartier a interpellé le maire sur la fermeture d’une classe de maternelle à l’école Jules Ferry, entraînant des effectifs alourdis à la prochaine rentrée. Les ouvertures et fermetures de classes ne dépendent pas de la commune, l’Education Nationale fixant les nombres d’élèves nécessaires. Remarquons toutefois que c’est bien le gouvernement UMP, qui dans sa chasse effrénée aux fonctionnaires, supprime cette année plus de 20 000 postes dans l’enseignement : qui peut croire que cela n’a jamais de répercussions sur le terrain ? Madame Eustache s’est bien gardée de défendre la politique menée par sa majorité dans ce domaine…

Le même parent a regretté la suppression des classes de découverte pour les élèves de CM2. La réponse fut encore très « langue de bois » : c’est une mesure budgétaire, on fait des économies car Saint Gratien n’est pas une ville riche. Elle a tout de même pu assumer cette dépense depuis des dizaines d’années !! Aujourd’hui, la somme extravagante de 60 000 € serait un risque pour le budget communal. Le jardin médiéval près de la mairie, dont le coût s’élève à 50 000 €, n’est, lui, pas un problème… Curieuse argumentation aussi qui consiste à dire que les enseignants pourront faire financer par la mairie des projets pour leur classe. Tous les projets seront-ils financés ? Qui décidera s’il faut choisir ? Qui fixera l’enveloppe à allouer ? Autant de questions qui n’ont jamais été évoqués avec les premiers concernés : les enseignants ! Démocratie et participation des intéressés ne figurent pas dans les préoccupations de la municipalité.

 

La démocratie de proximité est en marche…

Une petite vingtaine de personnes a assisté mercredi 21 mai à l’école Raymond Logeais à la première réunion des assemblées consultatives de quartiers mis en place par la municipalité. Sept élus étaient présents dans la salle, dont moi-même, car je trouve toujours intéressant d’écouter les habitants.

Des responsables municipaux entouraient Madame le Maire à la tribune, ainsi que des membres du groupe de quartier, dont le président qui a fait état de l’activité du groupe.

L’essentiel des demandes des habitants relayées par le groupe concerne les services techniques, la police et le cabinet du maire.

Le directeur des services techniques a fait une présentation des différents projets municipaux sur le quartier « n°1 » : des travaux concernant les espaces publics tels que réfections de trottoirs, enfouissement de réseaux ont été réalisés.

Un réaménagement de l’espace de jeux près de l’école débutera cet été et se poursuivra en concertation avec le groupe de quartier. Des travaux divers sont prévus dans les deux écoles ainsi qu’au centre de loisirs Fossiez. D’autres opérations dans différents quartiers de la ville ont été présentés : la requalification du boulevard Pasteur, la construction du nouveau dojo des Cressonnières, le réaménagement du centre commercial des Raguenets, l’installation d’un centre de formation pour les métiers de bouche au carrefour de l’Insurrection, la ZAC Pasteur et la ZAC Cœur de ville. Enfin, un dernier projet est évoqué : la construction de 9 maisons individuelles rue Jules Roubault sur un terrain récemment cédé à un promoteur immobilier.

La parole est ensuite donnée à la salle pour questions. Les problèmes de voirie dominent : stationnement, état de la chaussée, éclairage public.. C’est intéressant quand on est directement concerné, mais peu passionnant dans le cas contraire…

Les habitants demandent des précisions sur le projet immobilier. La réponse de Madame le Maire me tirera de ma torpeur : il s’agit de maisons en accession à la propriété et non de logement social, ce qui « est rassurant », dixit Madame Jacqueline Eustache-Brinio

Ce discours non seulement ne me rassure pas mais il m’inquiète : les habitants de logements sociaux feraient-ils obligatoirement de mauvais voisins ? Faut-il, au mieux, souhaiter ce type de logements dans d’autres quartiers, au pire, ne pas en vouloir du tout ?

Pour ma part, je continue de penser qu’on peut cohabiter en bonne intelligence sans partager les mêmes revenus, et aussi qu’il est urgent en France de construire des logements divers dans les quartiers, et non plus de créer des ghettos avec les difficultés sociales qui ne manqueront pas de suivre : oubliées, les émeutes dans les banlieues ?

 

Après les élections…

Depuis les élections du 9 mars, ce blog est bien calme, devez-vous penser… Il est vrai que j’ai pris un petit repos (mérité ?) pendant ces vacances de printemps et que les aléas d’Internet m’ont empêchée d’accéder à mon blog.

La vie politique, elle, n’a guère marqué de pause et je ne manquerai pas de reparler de l’anniversaire de la première année de Sarkozy à l’Elysée ou de la réforme des programmes de l’école primaire.

Et la mairie de Saint Gratien ? Là aussi, il y a eu des élections…. Mais depuis ?

Depuis, rien ! Je ne doute pas que Madame Jacqueline Eustache-Brinio s’affaire dans son bureau, mais je suis, conseillère de base, curieusement sans travail. Je suis membre de deux commissions municipales (commission scolaire et vie associative) et aucune des deux ne s’est réunie pour le moment. Je me sens donc fort peu associée à la vie municipale et très éloignée de la préparation des projets. Je crains que, comme cela se passait lors des précédents mandats, nous ne soyons « informés » qu’en fin de course, quand le dossier est ficelé et que plus aucune discussion n’est de mise.

Je regrette cette situation qui fait que le conseil municipal n’est qu’une chambre d’enregistrement de décisions mûries ailleurs.

Le mois de mai est traditionnellement l’époque des réunions de quartiers. Bien que celles-ci ne soient également qu’une simple information sur les dossiers municipaux et jamais l’occasion d’une quelconque concertation, je vous engage à y assister nombreux pour manifester votre désir de participer à la vie municipale.

 

A peine élus, la dispute reprend…

Souvenez-vous… durant cette campagne électorale, à plusieurs reprises dans ses tracts, François Scellier affirmait : « J’ai choisi de passer le relais à Jacqueline Eustache-Brinio », voulant montrer ainsi qu’elle lui devait son fauteuil de maire… Voici maintenant la réponse de JEB, après son élection si facile du dimanche 9 mars. Elle savoure visiblement ses 66 % et ne manque pas de faire remarquer : « Jamais un tel score n’a été obtenu sur la commune ! » Elégante façon de dire que l’élève a dépassé le maître…

Pendant la période électorale, nos deux candidats UMP ont partagé réunions publiques, distributions, slogan et propagande. Allons-nous, ces élections terminées, revivre l’affrontement personnel qui pimentait depuis longtemps les relations entre ces élus ? S’agissait-il d’afficher une entente de façade pour mieux séduire l’électeur ?

Mais, au fait, comment expliquer une différence de près de 12 points entre le score de la droite tendance UPSG et celui de la tendance UVO ? Le détail de la répartition des votes est intéressant. Plus de 400 personnes n’ont pas voté aux cantonales alors qu’elles ont voté aux municipales. Il manque à François Scellier près de 1000 voix – presque un tiers -- par rapport à la liste menée par Jacqueline Eustache-Brinio !

De quelles pistes disposons-nous pour décrypter ces alliances qui se font et se défont ?

  • Il est vrai que certains bureaux de vote ont souffert d’un « défaut d’aménagement », ce qui a incité certains électeurs à oublier d’aller voter du côté cantonal… François Scellier s’en est franchement plaint à Georges Brassens, à juste titre puisque seules 194 voix lui ont permis de dépasser le seuil fatidique des 25 % des inscrits pour être élu au premier tour. Rappelez-vous… cela n’avait pas été le cas aux élections cantonales précédentes.
  • Il est vrai que François Scellier pouvait difficilement faire oublier son appartenance UMP étant député de ce parti. Jacqueline Eutache-Brinio a pu, quant à elle, constituer sa « liste d’ouverture » avec une certaine liberté, oubliant au passage certains anciens élus municipaux trop marqués UMP, trop liés à François Scellier ou pas assez proches d’elle, peut-être moins enclins à accepter sa conception de la démocratie au sein même de la majorité municipale...

Au fait, comment se décline le pouvoir à Saint Gratien ? Au féminin, au présent, certes… au singulier ou au pluriel, à vérifier ?

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Démocratie locale à Saint Gratien : tout reste à faire !

En tant que conseillère municipale, je crois en l’expertise citoyenne. Comment les citoyens peuvent-ils intervenir et apporter leurs compétences dans la gestion municipale ? Comment leurs avis doivent-ils être pris en compte durant la période d’un mandat ?

L’équipe municipale est élue pour 6 ans sur de grandes orientations plus ou moins détaillées dans le programme de campagne. Aussi, une fois en place, elle doit associer les habitants aux décisions qu’elle prend et qui toutes les concernent. Pour ne pas pratiquer un simulacre de démocratie, l’équipe municipale ne peut se contenter d’informer la population au travers d’un bulletin qui n’aborde jamais ce qui constitue réellement l’action publique : les choix, les arbitrages, les moyens et les ressources…. Cela suppose aussi de savoir anticiper et non de traiter les problèmes au fur et à mesure qu’ils se posent et ainsi de transformer le Conseil municipal en «chambre d’enregistrement».

Organiser une réelle concertation avec les citoyens doit permettre de fonder les actions politiques sur des objectifs débattus largement et sur des solutions acceptées par le plus grand nombre pour le bien commun. Cela repose, en amont, sur une véritable écoute des habitants. Pour moi, cette démarche est fondamentale ! Le mandat de l’élu n’est pas un « permis de décider » seul, bien au contraire, il doit le contraindre à s’appuyer sur « les experts du quotidien » que sont ses co-citoyens.

Que se passe-t-il aujourd’hui à Saint-Gratien ? Comment construire une démocratie locale satisfaisante ?

Ce thème a toujours timidement été évoqué dans notre commune. Il y a 7 ans, en fin de mandature, François Scellier, lui, qui n’avait jamais organisé de réunions publiques durant ses trois précédents mandats de maire, découvrait tardivement la démocratie et inspiré par nos propositions…. annonçait la mise en place de « comités de quartier ».

Ces comités, mis en place par Jacqueline Eustache-Brinio, ont permis de constater l’existence d’une réelle demande d’information et de consultation des habitants sur les projets municipaux. Or, ces assemblées de quartier se sont rapidement transformées en réunions de communication municipale, les décisions étant déjà prises et aucun projet n’étant mis en débat. Leurs membres sont choisis par le maire et n’ont ni prérogative ni autonomie. Résultat : aujourd’hui, plusieurs comités font de l’animation de quartier. C’est bien, mais est-ce cela participer à la vie de la collectivité ? Est-ce cela intervenir dans la politique locale et contribuer par ses compétences à l’enrichir ?

A Saint Gratien, les élus d’opposition proposent de transformer cette « mascarade » de démocratie, en révisant le mode de désignation des membres de ces comités, en consultant ceux-ci dès la phase de construction des projets pour une réelle concertation avant la décision des élus, en associant leurs membres au travail des commissions municipales, surtout quand un projet concerne spécifiquement un quartier.

Mais cet esprit démocratique doit se propager dans d’autres domaines.

Le bulletin municipal est « outil de propagande » et de non-information. La municipalité y présente ses actions sous le meilleur jour, parfois avant même que les projets ne soient votés en conseil municipal ! Pas d’informations précises, vérifiables. Pas d’expression de doute, de choix et encore moins d’avis contradictoires… Si l’opposition dispose d’une mince rubrique (800 caractères ce qui est peu et conduit parfois au schématique..), c’est que la loi en fait obligation aux communes. Là encore une nouvelle possibilité de progrès : ouvrons cette revue aux débats contradictoires, transformons-la en outil d’information sur les projets en cours, permettant à chacun de juger et d’intervenir, favorisons l’expression des différentes associations locales.

Le Conseil municipal, quant à lui, est un espace clos et peu disert. Il n’est ni le lieu ni le moment du débat pour Madame le Maire, les élus de l’opposition y sont souvent les seuls à intervenir ! Nous proposons de favoriser la participation des habitants au conseil et de le délocaliser dans différents quartiers en fonction de l’ordre du jour. Nous voulons revoir le fonctionnement des commissions municipales et les ouvrir aux habitants en fonction du sujet traité.

Enfin, nous souhaitons instaurer un conseil municipal des jeunes pour permettre à nos enfants de s’intégrer plus facilement et plus rapidement à la vie d’une commune, tout simplement en leur demandant leur avis ! Cette expérience, mise en place dans d’autres villes, est particulièrement intéressante parce qu’elle fait aboutir des projets avec la jeunesse et non en considérant celle-ci avec méfiance voire peur. Elle rapproche les générations.

Qui veut aujourd’hui d’une démocratie formée d’électeurs donnant mandat donc carte blanche à des élus pour 6 ans ? Certains élus, ces « représentants du peuple » soucieux de garder leurs privilèges, certainement ! Mais pas la majorité des citoyens, pas ces « experts du quotidien » qui savent mieux évaluer leur pouvoir d’achat que les experts de l’indice des prix, pas ces citoyens-élus qui s’investissent et s’impliquent dans la vie de la cité pour que tous les jours, sans relâche, toutes les actions politiques, redeviennent l’affaire de tous... quotidiennement.

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