Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

La relève

medecin.jpegLe film de la semaine Séance unique mercredi 6 février à 20h30 à Utopia Saint-Ouen proposée par le Comité de défense de l’hôpital public autour de la santé de proximité en danger, en présence de Juliette Warlop, réalisatrice du film, Didier Ménard, protagoniste du film et promoteur du projet « La Place Santé » à Saint Denis, Yves Laybros, médecin urgentiste et Thierry Rabany , médecin généraliste à Cergy.
Soirée soutenue par le Front de Gauche, Europe Ecologie les Verts et ATTAC Cergy

La relève, de Juliette Warlop - documentaire France 2012 52mn -

Ce qui frappe dès la première séquence de ce touchant et stimulant documentaire diffusé récemment par Public Sénat, c’est le fossé qu’il y a entre ces images et celles que nous donnent à voir les magazines d’actualité des chaînes de télévision à sensation sur un sujet similaire, à savoir la santé au sein des quartiers populaires, quartiers communément rebaptisés par TF1 ou M6 « zones de non-droit ». On a trop vu ces reportages souvent tournés à moitié en caméra cachée et nourris d’images floutées consacrés aux risques encourus par les professionnels de santé. Les malheureux seraient rançonnés quotidiennement, ils subiraient des agressions gratuites, sans compter l’entrave à leurs pratiques en raison des croyances religieuses. Loin de nous l’idée de nier totalement que tout cela repose sur certains faits, il n’empêche que la première séquence de La Relève traduit une toute autre vérité. On y voit une femme entre deux âges, que l’on dit « issue de la diversité », au bord des larmes avant de s’effondrer littéralement dans les bras de son médecin. Elle ne vient pas d’apprendre un très mauvais diagnostic mais tout simplement le départ prochain du médecin, après trente ans de bons et loyaux services au coeur du quartier. Et à travers cette scène toute simple, on comprend à quel point ce toubib à belles bacchantes, regard lumineux et sourire permanent, est pour beaucoup de ses patients bien plus qu’un praticien: un compagnon de route souvent présent lors des moments les plus difficiles de la vie, un homme qui soigne autant les bobos du corps que du cœur, en apportant une écoute et quelques conseils de vie bien sentis.

Le documentaire aurait pu être le portrait d’un chouette gars qui va enfin prendre un repos bien mérité, laissant désemparés ses anciens malades. Mais Didier Ménard a prévu « la relève »... Non seulement il y a des jeunes médecins prêts à venir s’engager aux Francs-Moisins, un des quartiers à sale réputation de Saint-Denis, mais le nouveau retraité a, avant de partir, conçu un projet tout à fait innovant et rarissime en France de centre de santé communautaire. Un endroit où bien sûr on vient se faire soigner mais où l’on peut trouver aussi des médiateurs pour vous aider à résoudre vos problèmes sociaux et psychologiques qui se répercutent sur votre santé; un endroit où l’on peut venir évacuer le stress d’une vie professionnelle ou familiale souvent rude par la musicothérapie ou la simple discussion autour d’un café; un endroit où se pratiquent l’éducation à la santé, à la bonne nutrition. Avant le départ de Didier Ménard, « Place Santé » est née avec ces jeunes médecins plein d’allant, Maxime et Mathilde, qui ont à peine 30 ans, le temps qu’a passé Didier aux Francs-Moisins.

Mais au-delà de cette histoire, le film invite à une réflexion passionnante sur la manière de pratiquer une médecine globale. Les jeunes médecins pensent aussi leur travail différemment par rapport à leur glorieux aîné. Alors que celui ci enchainait les journées de 7h à 22h jusqu’au bout de la fatigue, eux ont choisi d’être de simples salariés en effectuant des horaires normaux, un choix pas facile économiquement mais qui leur permet non seulement d’avoir une vie à côté mais aussi d’assurer des soins dans des conditions optimum. Et avec les soignants enthousiastes, alors que les consultations se déroulent et qu’on découvre des situations pas faciles mais touchantes, on finit par se plaire aux Francs-Moisins, avec ses dizaines d’origines différentes, et on se dit que c’est peut-être dans ces zones désignées comme de non-droit que se crée le laboratoire médico-social de demain.

Critique parue sur le site du cinéma Utopia

 

Pour une grande loi d'égalité

mariage_1.jpgManifestation pour l’égalité, dimanche 27 janvier, Paris - 14h Le cortège partira de Denfert-Rochereau et se terminera Place de la Bastille.

Une nouvelle manifestation aura lieu en faveur du mariage pour tous le 27 janvier.
Le PCF et le Front de Gauche soutiennent et participent à cette initiative pour l’égalité des droits.

La question du droit au mariage pour tous pose pour la première fois en France de façon réelle la question de l'égalité des droits quelles que soient les orientations sexuelles des personnes, et quoi que chacun-e pense des institutions du mariage et de la famille.

La société française dans toute sa diversité est prête et majoritairement favorable à ce que deux personnes qui s'aiment et souhaitent fonder une famille puissent s'unir par les liens du mariage, quelle que soit leur orientation sexuelle.

Le mariage est depuis plus de deux siècles dans notre République laïque, un acte civil avant d'être un sacrement religieux. Le projet de loi « mariage pour toutes et tous », est une avancée majeure pour la société et va mettre un terme aux discriminations qui frappaient depuis trop longtemps, toutes celles et tous ceux privés du droit d'exprimer leur amour de la manière qu'ils jugent la plus opportune. Il va permettre de rattraper le retard pris sur les pays à travers le monde qui ont, depuis plus d'une décennie, ouvert le mariage civil aux couples de personnes de même sexe. 14 pays ont aujourd'hui légalisé le mariage homosexuel et pour la plupart également légalisé l'adoption par les couples homosexuels.

Les communistes et le Front de Gauche sont inscrits depuis très longtemps dans ce combat pour l'égalité. Ils souhaitent aussi faire progresser le projet de loi ouvrant le droit au mariage à tous les couples, pour qu'il soit accompagné des droits à fonder une famille pour les couples de même sexe.

mariage_2.jpgPour leur part, les communistes val d’oisiens participeront dimanche à la grande manifestation en faveur du mariage pour tous. Jean-Michel Ruiz, secrétaire départemental du PCF 95 réclame et espère une avancée de la France sur cette question et appelle à la mobilisation. « Nous appelons tous les progressistes à se retrouver dans la rue le dimanche 27 janvier pour demander au gouvernement d’arrêter les tergiversations et reports et nous l’appelons à s’engager fermement sur les trois revendications pour le mariage, l’adoption et la PMA. Nous réclamons une grande loi d’égalité et non une loi à minima ».

Enfin, comme le souligne André Chassaigne dans sa lettre ouverte à ceux qui s'opposent au mariage pour tous, « des milliers d’enfants vivent aujourd’hui avec des parents de même sexe. Or, le droit ne leur permet pas d’avoir des parents à part entière. Leur souffrance d’aujourd’hui, ce n’est pas d’avoir des parents de même sexe, mais bien l’interdiction qui leur est faite d’en avoir avec une reconnaissance sociale. Et s’ils ont à souffrir des regards extérieurs, n’est-ce pas justement parce que la loi ne leur permet pas de vivre à égalité avec les autres enfants ? »

 

Pour une République ouverte et fraternelle, droit de vote pour tous les résidents étrangers dès 2014

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Plus de 50 organisations, associations, syndicats et partis politiques, présentent à la presse une pétition pour que le droit de vote des étrangers soit instauré dès 2014. Ils demandent au président de la République d’engager le processus de révision constitutionnelle.

Le Parti communiste français confirme son plein engagement dans cette campagne.

Cette promesse est faite par la gauche depuis trois décennies.

La loi votée par le Sénat le 8 décembre 2011 est maintenant sur le bureau de l'Assemblée nationale. Le gouvernement se doit de l'inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée rapidement afin que les délais nécessaires à l'organisation de la révision constitutionnelle garantissent ce droit civique essentiel aux résidents étrangers dès 2014.

Si tous les parlementaires de gauche sont fidèles aux engagements qu'ils ont pris devant leurs électeurs, il manquerait 28 voix pour obtenir la majorité des 3/5 au congrès. La gauche n'a pas de quoi avoir peur de son ombre.

C'est une bataille plus que gagnable. Si la droite parlementaire s'arc-boute sur le refus, la gauche doit en appeler à la souveraineté populaire par référendum. La démocratie est toujours une force. Notre peuple l'a souvent démontré dans l'histoire.

Voici le texte de la pétition.

Le suffrage universel a été une longue conquête dans l’histoire de la République.

Si, en 1793, lors de la Révolution, la première République en adopta le principe, il fut réellement mis en oeuvre par la IIe République, après la Révolution de 1848. Mais le suffrage resta limité aux hommes jusqu’en 1944, lorsque fut enfin instauré, à la Libération, le droit de vote pour les femmes. Trente ans plus tard, en 1974, l’âge du droit de vote fut abaissé de 21 à 18 ans.

En 1998, les étranger(e)s citoyen(ne)s des pays de l’Union européenne résidant en France ont été admis(es) au vote et à l’éligibilité pour les élections municipales et au Parlement européen.

En mai 2000, l’Assemblée nationale vote une proposition de loi accordant le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales pour les étranger(e)s extracommunautaires, qui résident légalement sur le territoire depuis cinq ans au moins. Le Sénat, à son tour, le 8 décembre 2011, adopte cette même proposition. Il reste à mettre en oeuvre la révision constitutionnelle nécessaire.

De nombreux(ses) responsables politiques de gauche, et aussi du centre et de droite, se sont exprimé(e)s en faveur de ce droit.

En 2012, lors des élections présidentielles et législatives, la nouvelle majorité a inscrit cette réforme dans son programme. Conformément à ses engagements dans sa déclaration de politique générale, le Premier ministre, en juillet puis en septembre, a promis qu’il y aurait un projet de loi en 2013.

Près de deux millions et demi d’étranger(e)s extracommunautaires vivent et travaillent dans des communes où elles/ils participent à la vie locale et paient des impôts. Nombre d’entre elles/eux sont responsables d’associations, délégué(e)s de parents d’élèves, délégué(e)s syndicaux(cales)...

La vie locale est un lieu essentiel de la vie démocratique et il n’existe aucune raison pour que toutes celles et tous ceux qui résident sur ces territoires n’y participent pas de façon égale. Il est temps de franchir une nouvelle étape pour l’élargissement du suffrage universel, la démocratie, la cohésion sociale et pour l’égalité des droits.

Les promesses électorales faites depuis plus de trente ans, approuvées par les électeurs(trices) à au moins quatre reprises, depuis 1981, doivent maintenant être tenues.

Nous appelons à la mobilisation citoyenne pour que cette réforme, essentielle pour une République ouverte et fraternelle, soit mise en oeuvre dès les élections municipales de 2014.

Monsieur le président de la République,

Nous vous demandons d’engager le processus de révision constitutionnelle permettant d’instaurer le droit de vote et d’éligibilité pour nos concitoyen(ne)s résident(e)s étranger(e)s aux élections locales, dès les municipales de 2014.

Cet impératif d’égalité et de démocratie est urgent !

voir la liste des organisations et signer en ligne

 

Tarifs sociaux de l’énergie : signez la pétition des parlementaires du Front de Gauche

Pour cause d’impayés, 580 000 foyers ont été touchés en 2012 par des coupures ou des restrictions d’électricité et de gaz. 400 000 ont subi des coupures ou réduction de puissance électrique, 180 000 ont connu des coupures de gaz. Le médiateur national de l’énergie vient de révéler ces chiffres et il propose la mise en place d’un « fournisseur de dernier recours » et d’une trêve hivernale similaire à celle qui existe pour les expulsions.

Rappelons que le gouvernement vient d'annoncer une hausse du tarif de l'électricité de 2,5% en janvier, après celle du gaz de 2,4%. Les parlementaires du Front de Gauche lancent, eux, une pétition pour l'adoption de la loi sur les tarifs sociaux de l’énergie pour que "tout le monde puisse se chauffer en hiver". Voici leur texte.

Se chauffer est devenu un luxe, choisir entre l’éclairage, la cuisine, et les loisirs multimédias une contrainte de plus en plus courante. Particulièrement pour les 8 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Pour elles pas de droit à l’énergie.

Dans le même temps, la facture énergétique de tous les ménages va encore augmenter. Cela nous touchera tous, fragilisant la majeure partie d’entre nous.

A deux jours du début de l’hiver, les parlementaires du Front de Gauche réitèrent leur demande d’adoption immédiate de la proposition de loi relative à l’urgence sociale en matière énergétique. Nous appelons l’ensemble des citoyens à soutenir cette démarche, premier pas vers la garantie d’un droit à l’énergie pour tous.

  • Pour l’extension et l’augmentation des tarifs sociaux
  • Pour l’interdiction des coupures et des résiliations de contrat de fourniture d’énergie
  • Pour un service public de l’énergie assurant sur l’ensemble du territoire une tarification unique et une réelle péréquation
  • Pour une transition énergétique durable et sociale

L’hiver arrive : tout le monde doit pouvoir se chauffer !

Signez

Lire la proposition de loi des parlementaires du Front de Gauche relative à l'urgence énergétique

 

La hausse du RSA est totalement insuffisante

Arnaud Bazin, président du Conseil général du Val d'Oise s'oppose à la hausse de 10% du RSA proposée par Jean-Marc Ayrault, aide dont le financement dépend des départements. Le Parti Communiste du Val d’Oise réagit.
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Droit de vote des étrangers aux élections locales : nous n'attendrons plus !

droit_de_vote_.jpgYannick Noah, Jeanne Moreau, Stéphane Hessel, Emmanuelle Béart, Renaud, Bernard-Henri Lévy ou encore Geneviève de Fontenay interpellent François Hollande sur le droit de vote des étrangers aux élections locales dès 2014. En tout, 150 personnalités haussent le ton sur une des promesses de campagne du président socialiste.

Tous ont signé la pétition lancée par SOS-Racisme et relayée samedi par le Huffington Post.

Voici leur appel.

Voilà un an que la loi relative "au droit de vote et à l'éligibilité des résidents étrangers non ressortissants de l'Union Européenne aux élections municipales" a été adoptée par le Sénat, prélude d'une nécessaire réforme de la Constitution pour que ce droit devienne effectif, que nous ne voyons toujours pas venir depuis le 6 mai dernier.

Nous, représentants de la société civile, affirmons avec force : "nous n'attendrons plus !".

Plus que jamais, reconnaître le droit de vote et d'éligibilité aux étrangers ayant choisi la France comme pays d'accueil, répond non seulement à une exigence démocratique mais également à un impératif d'égalité : notre idéal républicain, fondé sur l'égalité de tous les citoyens de la République, quels que soit leur nationalité, ne souffre d'aucun compromis.

Reconnaître le droit de vote aux étrangers, c'est non seulement leur signifier leur appartenance politique à la communauté française mais également favoriser leur intégration en les associant pleinement à la vie citoyenne locale.

La concrétisation de ce droit constituera un signal fort d'intégration, traduisant la reconnaissance et la représentation des étrangers au sein de la société française et leur signifiant ainsi qu'ils sont partie intégrante de la République.

En effet, est citoyen celui qui vit dans la Cité, qui y réside et contribue à ses activités. De cette communauté d'intérêts et de destin découle une exigence démocratique : le droit pour chacun de participer à l'élaboration des décisions qui le concerne.

La concrétisation de ce droit contribuera également à lever le sentiment d'injustice ressenti par les enfants d'immigrés, qui votent peu, voyant que leurs parents, résidant en France depuis de longues années, en sont privés.

Reconnaître le droit de vote aux étrangers, c'est reconnaître une citoyenneté de résidence, comme pour les ressortissants de l'Union Européenne, en phase avec le monde ouvert et globalisé dans lequel nous vivons.

La France, pays moteur de la construction européenne, est à la traîne puisqu'elle fait partie des 10 pays qui n'accordent aucun droit politique aux nationaux des États - tiers, sur les 27 États-membres que compte l'Union Européenne. Pressée par les instances européennes de conférer à l'ensemble des étrangers vivant sur son sol une citoyenneté de résidence, notre pays doit, sans délai, combler son retard.

Reconnaître le droit de vote aux étrangers, c'est adresser une réponse citoyenne et républicaine en faveur de l'égalité aux tenants d'une France recroquevillée sur elle-même et soupçonneuse de l'Autre.

Le racisme et la xénophobie tirent leur force de cette infériorité de statut maintenant les résidents étrangers en marge de la démocratie. Face à la crise économique que traverse notre pays, il est temps de dire "stop" aux logiques de haine et d'affirmer qu'une Nation n'est jamais aussi forte qu'en étant fidèle à ses principes d'égalité et de fraternité.

Nous, représentants de la société civile, demandons solennellement au Président de la République de concrétiser cette exigence démocratique et cet impératif d'égalité que constitue le droit de vote et d'éligibilité des étrangers aux élections locales, afin que chaque citoyen puisse faire partie du corps électoral pour les élections locales de 2014.

voir le site du "Huffington Post"

signer l'appel

 

Polarisez-vous !

Affiche-salon-du-polar-2012_medium.jpgC'est dimanche, la section "kultur" du Front de Gauche de Saint Gratien vous propose de vous polariser !

Un petit coup de mou après une réunion de quartier frigorifiante ?

Allez donc ce dimanche au salon du polar de Montigny-les-Cormeilles !

450 m² d'expositiuon de polars, pour un public de 7 à 107 ans.

De la BD au collector (des Tontons Flingueurs).

Une cinquantaine d'auteurs et/ou dessinateurs, dont : Maud Tabachnik, Gérard Streiff, Frank Margerin, Gilles Bornais (qui a habité à Saint Gratien, place Albert Camus, et a fait toute sa scolarité élémentaire à Grusse Dagneaux...avant l'arrivée de Mme D.! dingue !....), et plein d'autres :
les auteurs invités

Un salon qui réchauffe les neurones. On en repart les livres plein les bras et surtout la tête qui raisonne de pleins d'échanges vivifiants ; ça vous change d'une réunion de quartiers, comment dire ?... militaire !

Les 7, 8 et 9 décembre 2012, la ville de Montigny-lès-Cormeilles organise la 15ème édition du salon du polar.

Devenu un des rendez-vous littéraires faisant référence en la matière, l'?événement est une occasion à ne pas manquer pour les amateurs de roman policier, les professionnels et les familles de rencontrer des auteurs et de découvrir les dernières tendances de l?'année.
voir le site

nb : Si t'as un problème pour trouver l'espace Léonard de Vinci, appelle Magalie :01 39 97 67 50

ps : Si tu le croises : dis bien le bonjour à Robert !

 

Oscar Niemeyer, l'un des génies de l'architecture du XXè siècle

niemeyer_2.jpgPierre Laurent : "L'un des génies de l'architecture du XXe siècle vient de s'éteindre"

L'un des génies de l'architecture du XXe siècle vient de s'éteindre. Le Brésil et le monde sont en deuil. Oscar Niemeyer n'est plus. Le Parti communiste français perd l'un de ses camarades les plus fidèles ; un de ses camarades les plus créatifs, celui qui a donné aux communistes de France leur siège, place du Colonel-Fabien à Paris.

Oscar Niemeyer, militant communiste brésilien menacé par la dictature dans son pays, avait trouvé asile en France en 1966. C'est dès cette année-là que naquit l'idée d'élever la maison des communistes, à l'emplacement de ce qu'avait été le point de ralliement, d’accueil et de transit des volontaires de toutes nationalités qui constituèrent les Brigades internationales de solidarité avec la République espagnole attaquée par le général fasciste Franco. Cette œuvre, l'Espace Oscar-Niemeyer, qui fut conçue par lui pour « représenter la lutte commune contre la misère, la discrimination, l'injustice » est à présent classée au titre des monuments historiques.

Travailleur acharné, Oscar Niemeyer a mené une existence de bâtisseur et de novateur, mettant au monde des œuvres imaginées pour que « les hommes et femmes heureux sentent la vie dans toute sa plénitude et sa fragilité ». S'entourant de multiples talents, Oscar Niemeyer prit soin de former de nouvelles générations d'architectes, de techniciens et d'ingénieurs.

A son retour au Brésil, il a pensé et créé Brasília, la nouvelle capitale, comme « un acte démocratique » pour sa nation.

Oscar Niemeyer portait en lui la jeunesse du communisme, il l'a portée jusqu'à son dernier souffle. Son œuvre est révolutionnaire parce qu'il aimait l'humanité et la vie qui n'a de sens que dans la solidarité et la fraternité du genre humain.

Le Parti communiste français partage la profonde peine de sa famille en se joignant à l'hommage national et international qui lui est rendu en ce 6 décembre, et convie les amis et admirateurs d'Oscar Niemeyer à venir témoigner leur affection au siège du PCF à Paris où un cahier de condoléances est ouvert. Le PCF organisera prochainement un hommage public et deux journées portes ouvertes permettant aux Parisiens de visiter l'œuvre du créateur extraordinaire que fut Oscar Niemeyer.

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français

Photo Paris méconnu

 

Le manifeste des 313

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Les chiffres sont effrayants.

En France, une femme est violée toutes les huit minutes. 75 000 femmes sont victimes de viol chaque année, un chiffre qui ne comprend ni les viols sur mineures, ni ceux subis par celles qui n'osent pas parler. 80% des femmes ne portent pas plainte. 1% seulement de ces crimes vont au pénal.

Le verdict du procès pour viols collectifs de Créteil a mis à jour la manière dont le « pays des droits de l’homme » prend en compte les violences faites aux femmes. Alors, certaines ont décidé d’agir.

La nouvelle République leur ouvre ses colonnes.

Elles sont 313 femmes. Toutes ont été violées. Dans les pages du Nouvel Observateur, elles s'exposent à visage découvert et racontent leur agression. Avec ce manifeste, lancé par Clémentine Autain, ancienne porte-parole du Front de Gauche, codirectrice du mensuel « Regards », elles entendent dénoncer le « silence radio » qui entoure les victimes. « Le viol est un crime dans lequel la victime se sent coupable, honteuse », soulignent les auteures.

Trente et un ans après le manifeste des « 343 salopes » qui reconnaissaient, en 1971, avoir avorté, ces femmes revendiquent un « acte politique ». Plusieurs personnalités dont l'écrivain Frédérique Hébrard, l'ex-championne de tennis Isabelle Demongeot, ou encore Marie-Laure de Villepin, ancienne épouse de l'ex-Premier ministre, ont signé le texte. Les autres sont des anonymes.

En partenariat avec "le Nouvel Obs", France 2 diffuse dimanche le film "Viol, elles se manifestent". Clémentine Autain, Isabelle Demongeot et d'autres racontent le viol qu'elles ont subi.

A l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, associations et partis politiques se mobilisent ce dimanche 25 novembre. Le rendez-vous est pris en début d'après-midi, place de la Bastille.

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Voici le texte du manifeste :

Le "Manifeste des 313" : "Je déclare avoir été violée"

En France, une femme est violée toutes les 8 minutes. Le viol est un fait banal, massif. Il détruit physiquement et moralement. Et pourtant, il relève du tabou. On peut raconter dans un dîner entre amis ou à ses collègues de bureau que l’on a été victime d’un attentat, que l’on a perdu un proche ou subi un cambriolage. Avec le viol, silence radio. Cet acte touche à la sexualité et la suspicion n’est jamais loin. Le viol est un crime dans lequel la victime se sent coupable, honteuse.

Trop de stéréotypes entourent le viol. Dans l’imaginaire collectif, il se déroule dans une ruelle sombre et est perpétré par un inconnu physiquement menaçant. Dans la vraie vie, les violeurs sont le plus souvent connus de la victime et leur arme ressemble plus au chantage affectif qu’à un couteau, à la menace professionnelle ou financière qu’à un pistolet. Là se niche toute la complexité de ce crime qui s’inscrit dans un rapport de domination historique, celui du masculin sur le féminin.

Ne pas pouvoir dire ce que l’on a vécu rajoute à la violence subie et contribue à l’impunité des violeurs. Seul un viol sur huit environ fait l’objet d’une plainte. Il est temps de libérer la parole, condition sine qua non pour en finir avec le viol. Nous voulons briser le silence sur ces millions de femmes violées. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir été violée. Le dire publiquement, ensemble, est un acte politique. Ce manifeste est une interpellation des pouvoirs publics et de la société tout entière pour favoriser l’émergence de notre parole, ici et maintenant".

Le magazine "Clara" réagit à la décision du Tribunal de Créteil
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Article de la "Nouvelle République"

Écouter Clémentine Autain

Site du Magazine "Regards"

Clémentine Autain répond à l'Humanité

L'expression du Front de Gauche

L'opinion de Patrick Pelloux, médecin urgentiste

Site du "Nouvel Observateur"

 

Qui va garder les enfants ?

Qui-va-garder-les-enfants-.jpgEn France, 63 % des 2,4 millions d’enfants entre 0 et 3 ans sont gardés par leurs parents, comprenez par leur mère dans l’immense majorité des cas.

Seuls 10% des enfants de cette tranche d’âge ont une place en structure d’accueil collectif. Les inégalités territoriales sont importantes et l’attribution d’une place en crèche est « complexe », avec des critères pouvant fortement varier d'un établissement à l'autre, comme le souligne le rapport tout récemment paru de l'Observatoire national de la petite enfance.

Au printemps dernier, le candidat Hollande inscrivait dans son programme la création de 500 000 places en crèche en cinq ans.

Rappelant cette promesse de campagne, l’association « Osez le féminisme » dénonce les difficultés pour les jeunes mamans à reprendre une activité après avoir accouché car le manque de places de crèche complique singulièrement la vie professionnelle des femmes. « La création de places de modes d’accueil des jeunes enfants est un levier essentiel pour l’emploi des femmes » souligne « Osez le féminisme » qui insiste sur la nécessité d’un véritable service public de la petite enfance.

Nous reviendrons prochainement sur la situation locale dans ce domaine.

Qui va garder les enfants?
voir le site de campagne

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signer la pétition

 

La mémoire nette

« La mémoire trouble », c’est le titre de la « une » de « L’Humanité » du 9 novembre 2012 au sujet de la décision de François Hollande et du gouvernement Ayraud de maintenir, le 11 novembre, une commémoration commune de toutes les guerres qu’avait décidée Nicolas Sarkozy il y a un an. Trouble, vraiment ? Si le manque patent de conscience de l’Histoire dont fait constamment preuve Nicolas Sarkozy permet, à la rigueur, d’utiliser cette expression au sujet de sa décision, il n’en est rien, je crois, à propos de celle de l’actuel pouvoir politique.

Ne nous y trompons pas. Certes, la loi promulguée ce printemps ne supprime pas les autres commémorations ; certes, elle fait du 11 novembre le jour de la « commémoration de tous les morts pour la France » et rien de plus. Rien de plus, en apparence seulement. Comment ne pas voir qu’après des tentatives antérieures plus directes et qui ont échoué, Nicolas Sarkozy ne faisait qu’entamer un
processus ?

La mémoire de la plupart des hommes et des femmes d’aujourd’hui sera vraiment troublée – le mot est faible – par une commémoration fourre-tout où seront confondues la grande boucherie de 14-18 qui engloutit l’Europe au profit des intérêts des grands possédants, les guerres coloniales dont l’objet était la tentative illusoire de maintenir l’asservissement de peuples autrefois conquis, les interventions armées sur des « théâtres extérieurs », en passant par la Seconde Guerre Mondiale.

Ne serait-ce pas précisément la mémoire de la guerre de 39-45 que ces gens veulent faire peu à peu disparaître de la mémoire du Peuple ? En mêlant (en emmêlant !) la commémoration de toutes les guerres, on les réduit toutes aux campagnes militaires – qu’elles furent, certes – mais on occulte ainsi, bien opportunément pour certains, leurs tenants et aboutissants. Nos livres scolaires n’ont déjà que trop tendance à laisser croire que les guerres – comme d’autres événements historiques d’ailleurs – se sont déclenchées à un moment, comme cela, sans bien en expliquer les raisons, et qu’elles ont pris fin quasiment de même. L’unification de leur commémoration ne pourra qu’entretenir cette confusion et détériorer davantage encore la conscience historique déjà tellement atteinte chez nos enfants – et même chez tant d’adultes !

Jusqu’à présent, les gouvernements qui tentaient de noyer parmi d’autres célébrations la commémoration de la Seconde Guerre Mondiale étaient de droite. Le premier à oser fut Valéry Giscard d’Estaing, et l’un des premiers gestes de François Mitterrand et Pierre Mauroy fut de rétablir le 8 mai comme jour férié. Aujourd’hui, un gouvernement « de gauche » inscrit ses pas dans ceux de son prédécesseur, bien de droite lui. Il va même plus loin en voulant associer 1914 et 1944 dans un même mouvement commémoratif à l’occasion du centenaire, l’an prochain, de la Première Guerre Mondiale. Commémorer ensemble le début d’une guerre en 1914, et la libération de la France en 1944 qui ne fut même pas la fin de l’autre, quel non-sens !

Nous ne nous étendrons pas ici sur les spécificités bien connues de la guerre de 39-45 qui vit le génocide des juifs et des tziganes, le massacre de millions de chinois par les armées japonaises, la première utilisation de l’arme nucléaire (et, souhaitons-le, la seule). Cela suffirait à interdire de confondre sa commémoration avec d’autres. Mais ce n’est sans doute pas, j’espère, ce qui gêne un gouvernement socialiste. La Seconde Guerre Mondiale a aussi, et sans doute à cause de cela, ceci de remarquable qu’elle a fait voler en éclat les regroupements politiques – pas seulement en France d’ailleurs : les deux camps qui se sont finalement opposés ont rassemblé, de chaque côté, des personnes issues de toutes opinions et engagements politique, de la base au commandement. Si Vichy a dès le début essentiellement rassemblé des gens de droite (Laval, Darnand, la liste est si longue !) ou issus de la gauche mais l’ayant depuis longtemps quittée (Doriot, par exemple), ont rejoint Londres très rapidement aussi bien des personnalités de gauche comme René Cassin, Pierre Cot (éconduit par de Gaulle mais qui lui offrit ses services), que de droite voire d’extrême droite comme André Dewavrin (Passy, chef du BCRA), le colonel Rémy… Voilà qui gêne peut être les esprits simplistes ou manichéens, mais nous voulons bien croire que là n’est pas le problème pour le pouvoir actuel.

Pourquoi, alors, François Hollande ne revient-il pas sur la loi votée à l’initiative de Nicolas Sarkozy, alors qu’il y a un an il affirmait n’y être pas favorable ? Pourquoi enfonce-t-il même le clou avec la « mission des anniversaires des deux guerres mondiales » ?

Ce qui dérange grandement nos gouvernants actuels, c’est à notre avis l’avancée sociale que représente aujourd’hui encore le programme du Conseil National de la Résistance : sécurité sociale (assurance maladie, retraite, allocations familiales), droits des travailleurs (délégués du personnel, comité d’entreprise), programme qu’avant même la fin de la guerre le gouvernement provisoire présidé par de Gaulle a commencé à appliquer. C’est peut-être même aussi oublier l’héritage qui subsiste dans la constitution de 1958, de celle de 1946 dont le préambule, repris dans celui de la constitution actuelle et donc applicable aujourd’hui encore, dit : « Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité. » La mémoire de la Seconde Guerre mondiale, c’est aussi cela.

Or, le « dé-tricotage » de toutes ces conquêtes des travailleurs ne date pas de 2002, il avait déjà été bien entamé par le gouvernement Jospin lorsque, voulant mettre en place les 35 heures en ménageant la chèvre et le chou, Martine Aubry a fait au patronat des concessions permettant, sous prétexte d’accords sur la réduction du temps de travail, de revenir sur tel ou tel acquis de la Libération. C’est aussi le gouvernement Jospin qui a continué les privatisations des services publics entamées par ses prédécesseurs. Nous comprenons bien que le rappel régulier des avancées de 1944-1946 n’est guère agréable à des dirigeants « socialistes » qui s’apprêtent en ce moment même à les détruire davantage.

Car tout se tient. Voyez : partant d’une commémoration évoquant plutôt dépôts de gerbes, discours et défilés, nous arrivons vite aux questions cruciales posées par la situation économique et sociale et par la manière dont le pouvoir politique actuel imagine qu’il les résoudra. Cette affaire de la commémoration commune des morts de toutes les guerres n’est donc pas anodine. Elle fait partie d’un processus entamé depuis longtemps qui conduit peu à peu à faire oublier leur histoire aux Français. Diminution voire même disparition des cours d’histoire dans l’enseignement secondaire, confusion entretenue dans les commémorations, tout cela aboutira, si nous n’y prenons garde, à faire de nous des gens qui ignorent d’où ils viennent et comment ils sont là. Il sera bien plus facile ensuite de nous mener par le bout du nez…

Stéphane Hessel a bien raison de nous remémorer le programme du Conseil de la Résistance. Protestons énergiquement contre le maintien de la loi Sarkozy et la mise en place de la mission des anniversaires ! Accepter cela, c’est, de fait, accepter tous les reculs des droits sociaux que nous subissons depuis bientôt vingt ans en tolérant que l’on nous les fasse oublier eux-mêmes. C’est accepter que notre économie soit toute entière soumise aux seuls intérêts financiers par une politique économique, contestée par la droite uniquement parce que, faute d’avoir été reconduite au pouvoir, elle ne peut plus l’appliquer elle-même.

Gardons la mémoire bien nette pour voir nettement où nous allons.

François-Patrick Doroszlaï
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Des milliards pour les armes

le_mouvement_pour_la_paix_3.JPGLe projet de loi de finance 2013 prévoit un budget de la Défense de plus de 39 milliards d’euros, soit près de 2% du PIB, taux supérieur à la moyenne européenne qui est de 1,6%.

Ce budget est la conséquence de la réintégration de la France dans le commandement militaire de l'Otan et du vote de la loi de programmation militaire 2010-2013.

« Ces sommes colossales devraient servir à éradiquer la faim dans le monde, assurer un accès à l'eau potable à tous, garantir une éducation primaire pour tous partout sur la planète. Ces objectifs sont sous-financés et pourtant ils correspondent à des engagements de la communauté internationale regroupés dans le "Programme d'action pour une culture de la paix et de la non-violence», estime le Mouvement de la paix.

Ce budget continue de s'inscrire dans les engagements de la onzième loi de programmation militaire. En engageant 186 milliards d’euros pour les années 2009-2014 -dont 102 milliards consacrés aux équipements- ces prévisions de dépenses militaires alourdissent encore la dette publique. De plus, ce budget ne comprend pas la totalité des opérations extérieures qui ont, encore une fois, largement dépassé les prévisions en 2012.

Alors que 146 pays travaillent à un processus d'élimination de l'arme nucléaire au travers d'une nouvelle convention, que signifie de consacrer 21% des crédits d'équipement à la menace atomique, contrevenant ainsi aux engagements du Traité de non-prolifération des armes nucléaires ?

« Dépenser plus pour les armes et moins pour les besoins vitaux des femmes et des hommes n'apporte ni la paix, ni la sécurité », souligne le Mouvement de la paix.

Contestant que « la dissuasion militaire soit l’assurance-vie de la nation » et demandant que « la France respecte ses engagements du traité de non-prolifération, bafoués depuis 20 ans », les députés du Front de Gauche annoncent quant à eux que leur groupe votera contre le projet de budget militaire pour 2013.

D'après un sondage de l'IFOP datant d'avril 2012, 73% de nos concitoyens sont favorables à la réduction des dépenses militaires et 81% réclament l'élimination contrôlée des armes atomiques.

 

La pauvreté progresse en France

Dans son nouveau rapport « Regards sur 10 ans de pauvreté », le Secours catholique analyse les évolutions de la pauvreté au cours de la dernière décennie.

L'intensité de la pauvreté est de plus en plus forte. C'est une des conclusions de l'étude annuelle du Secours catholique.

Le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté correspondant à 60 % du niveau de vie médian, soit 964 euros, a augmenté de près de 10 % en dix ans selon l'Insee, atteignant le chiffre de 8 millions, dont 2,7 millions d'enfants. Les personnes en situation de très grande pauvreté, soit 40 % du niveau de vie médian, étaient un peu plus de 2 millions en France en 2009. (Le niveau de vie médian est celui au-dessus duquel se situe une moitié de la population, l’autre se situant au-dessous.)

Dans son étude, le Secours catholique constate notamment une augmentation du nombre de familles monoparentales touchées par la pauvreté. "Les personnes qui sont en grande pauvreté le demeurent durablement" avec "de moins en moins de sorties de cette situation", en raison notamment "de la crise de l'emploi", note le Secours catholique.

Il souligne aussi que les femmes sont "de plus en plus pauvres parce qu'elles sont de plus en plus seules avec des enfants". Confrontées aux inégalités dans le travail, les femmes sont aussi plus vulnérables face à la misère. D'après l'Insee, le taux de pauvreté des familles monoparentales-majoritairement des femmes- a augmenté quatre fois plus vite que celui de l'ensemble de la population lors de la dernière décennie.

La précarité s'accroît chez les 18/24 ans. Près d'un jeune sur cinq est en situation de pauvreté.

Les migrants, de par leurs difficultés d'accès au travail ou aux aides sociales, sont aussi durement touchés.

La situation des familles étudiée par le Secours catholique montre une augmentation importante des dépenses incompressibles. Les loyers et les prix de l'énergie ont augmenté de manière plus importante que les revenus de ces personnes et que l'indexation des prestations sociales, leur faisant subir une inflation plus importante que pour le reste de la population. "Nous pensons qu'il faut impérativement augmenter les minimas sociaux. Les minimas sociaux, c'est le moyen pour des personnes de vivre décemment et d'avoir une chance de retrouver une situation normale et un emploi", affirme le Secours catholique.

L'augmentation de ces dépenses a également augmenté les impayés constatés. En effet, 60 % des ménages déclarent au Secours catholique faire face à des impayés, concernant dans 40 % des cas le loyer, puis le gaz, l'électricité ou les combustibles.

Extraits du rapport…

"Le nombre de personnes en grande pauvreté (...) ne cesse de s'accroître, tout simplement parce qu'il y en a qui tombent dans la pauvreté et qu'il y en a très peu qui en sortent", a déclaré le président de l'association.
En dix ans, non seulement la pauvreté n’a pas diminué mais elle s’est ancrée davantage dans la société française. Il suffit parfois d’un accident professionnel ou personnel pour que la spirale de la pauvreté s’enclenche. Emploi, logement, santé, éducation… Les difficultés s’accumulent, les situations se complexifient, l’espoir de s’en sortir s’amenuise. Le cercle vicieux est alors de plus en plus dur à briser. (…) Les situations de précarité perdurent, se transmettant parfois de génération en génération.
L’expérience de la pauvreté est d’autant plus difficile à vivre que le regard s’est durci sur les personnes en difficulté. En ces temps de crise, elles sont les boucs émissaires faciles d’une société fragilisée. Or construire le vivre-ensemble suppose au contraire de donner à chacun un capital de confiance pour surmonter les périodes de pauvreté.
La lutte contre la pauvreté et l’exclusion ne peut pas, ne doit pas être du ressort exclusif des associations. Il appartient aux pouvoirs publics d’en faire l’axe central de leurs politiques. Les chantiers sont aussi nombreux qu’urgents. Il y va de la cohésion de la société tout entière. »

consulter l'intégralité du rapport

 

Aragon aujourd'hui

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Le droit de vote pour les étrangers, c’est maintenant !

droit_de_vote_.jpg"J'accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers non communautaires résidant légalement en France depuis cinq ans", promettait le candidat Hollande il y a quelques mois (proposition n°50). En avril, il avait même indiqué envisager cette réforme en 2013.

Il s’agit d’une réforme emblématique pour la gauche, et d’une promesse du chef de l'Etat.

Et maintenant ?

En 1981, déjà, le droit de vote des étrangers avait été promis par François Mitterrand….et jamais instauré en deux septennats. En 2000 encore, l'Assemblée nationale vote une proposition de loi en ce sens mais Lionel Jospin ne la transférera jamais au Sénat.

Le 8 décembre 2011, le Sénat, à gauche, a adopté à son tour une proposition de loi accordant ce droit aux étrangers non communautaires. Il suffirait que ce texte voté par le Sénat soit transmis à l'Assemblée pour que cette réforme aboutisse et qu'elle puisse être effective lors des municipales de 2014. Cela nécessite de changer l'article 3 de la Constitution qui dit que les électeurs sont les nationaux français majeurs.

Les ressortissants de l'UE quant à eux peuvent déjà voter aux municipales depuis une loi de 1998 et aux européennes mais ne peuvent être maire ou adjoint ni participer à l'élection des sénateurs.

Les étrangers participent à la vie économique, sociale, associative, culturelle, artistique de la France … Ils paient des impôts, cotisent à la sécurité sociale, mais sont des « invisibles politiques ». Le droit de participer aux élections municipales favoriserait pourtant leur intégration dans la communauté française et leur implication dans la vie publique. Surtout, il mettrait fin à une situation profondément injuste.

Hélas ! Plus de trente ans après les promesses de 1981, cet engagement semble une nouvelle fois condamné à l’oubli.

Le 17 septembre dernier, 77 députés du Parti socialiste signaient une tribune dans « Le Monde » rappelant la promesse du candidat socialiste et demandant qu’elle soit mise en oeuvre. Parmi eux, trois députés du Val d’Oise, JP Blazy, G. Sebaoun et D. Lefebvre.

Un droit d’ailleurs pas vraiment révolutionnaire, puisque qu’il est effectif dans 15 pays d'Europe….

Mais aujourd’hui, le gouvernement vient de redire ses "doutes" sur la mise en application pour les municipales de 2014 du droit de vote des étrangers aux scrutins locaux, alors qu’à la mi-septembre le Premier ministre avait déclaré qu'un projet de loi serait présenté en 2013. Le droit de vote des étrangers semble repoussé aux calendes grecques.

"J'avoue avoir quelques doutes parce que cela signifierait que nous adoptions le texte d'ici le printemps 2013", a déclaré Mme Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement. "Aujourd'hui, il est prématuré de parler d'un calendrier, y compris pour répondre sur la question de 2014".
Toutefois "ce n'est pas totalement exclu si nous sentions que l'opportunité se présentait et les esprits étaient prêts", a-t-elle nuancé.

Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, a lui, rappelé l'importance de ce marqueur de "gauche".

"L'honneur de la gauche est aujourd'hui de tout mettre en oeuvre pour faire adopter avant mars 2013 cette réforme de justice et de cohésion sociale, afin qu'elle soit applicable aux élections municipales de mars 2014", a-t-il écrit sur son blog.

"Comme l'abolition de la peine de mort en 1981, cette réforme n'est pas sans difficulté, ni sans danger pour celles et ceux qui oseront la conduire", remarque B. Delanoë, "mais comme en 1981, ils pourront compter sur le soutien des forces progressistes partout dans le pays". Il conclut qu’ « il ne nous est pas interdit d'échouer, il nous est interdit de ne pas entreprendre ».

Le PCF, qui dénonce une « anomalie démocratique », rappelle que les étrangers « sont 5 millions à vivre, travailler, et payer leurs impôts en France. 5 millions qui attendent qu'enfin un gouvernement de gauche leur accorde ce droit légitime qui leur permettrait d'avoir un droit de regard sur les grands choix de société et la façon dont leurs impôts sont utilisés. »

Quant à Manuel Valls, en décrétant que le droit de vote des résidents étrangers n'est pas « une revendication forte dans la société française», il oublie que les Français sont favorables à 70% à ce droit.

La question doit être mise sans attendre à l'ordre du jour du calendrier parlementaire. Elle doit s’appliquer lors des prochaines élections municipales. Et comme le soulignent les 77, le temps presse…

Retrouvez en annexe de ce billet le texte et les signataires de l'appel des députés socialistes

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Week-end pluvieux, week-end heureux !

Nous sommes allés, comme conseillé, au salon du livre de Domont.

Programmation éclectique. On a rafraichi nos classiques et été séduit par du moins traditionnel.

Finalement on est revenu (très) chargé.
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Nous reviendrons prochainement sur l'ouvrage "Liberté, égalité, gratuité" qui relate l'expérience de la gratuité des transports publics à Aubagne.

 

Il pleut toujours...

Week-end pluvieux ! No panic !
La section CULTURE du Front de Gauche gratiennois vous conseille :
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France, 2012

misere_campagne.gifLa misère persiste en France.

Les données de la misère en France selon l’Observatoire des inégalités

Deux millions de personnes vivent avec l’équivalent de 645 euros par mois pour une personne ou 960 euros pour deux, après prestations sociales, selon l’Insee (données 2009). Pour ces personnes, il est quasiment impossible de se loger sans compter sur l’aide d’autrui, parents ou amis.

3,6 millions de personnes sont allocataires de minimas sociaux, dont 1,4 million perçoivent le RSA socle, selon la Caisse nationale des affaires familiales (données 2011). Si l’on comptabilise les ayants droits (conjoints, enfants…), ce sont plus de six millions de personnes qui vivent de ce dispositif. Le RSA vaut 472 euros pour une personne et 418 euros en tenant compte de l’aide au logement. Il est de 712 euros pour un couple (600 euros avec l’aide au logement).

3,6 millions de personnes sont mal-logées selon la Fondation Abbé Pierre, parmi lesquelles 685 116 sont privés de domicile personnel, dont la majorité, 411 000 sont hébergés chez un tiers. On estime à 113 000 le nombre de sans domicile fixe, auxquels on peut ajouter 85 000 personnes occupant un habitat de fortune. 2,8 millions de personnes vivent dans des conditions de logement très difficiles, insalubres ou surpeuplés.

1,8 million de personnes indiquent ne pas avoir pris de repas complet au moins une journée au cours des deux dernières semaines, selon l’Insee (données 2006).

3,5 millions de personnes ont recours à l’aide alimentaire (sous la forme de colis, bons, repas…) dont 1,3 million en bénéficient par le Secours populaire français, selon le Conseil National de l’Alimentation (données 2010).

La journée mondiale du refus de la misère, organisée le 17 octobre par l’association « ATD Quart Monde », visait cette année à faire reconnaître « la violence faite aux plus pauvres ». Selon l’Insee, le taux de pauvreté a atteint 14,1% en France en 2010, soit le plus haut niveau depuis 1997. « Les personnes les plus pauvres font l’objet d’une véritable discrimination à cause de leur origine sociale » selon ATD, qui plaide pour que les minima sociaux soient indexés sur le coût de la vie. C’est un cri d’alerte que lance le mouvement : « La misère constitue une violence quotidienne. Le mal-logement, la faim, l’exclusion, l’échec scolaire sont d’une telle violence qu’ils brisent des personnes pendant des années. Les derniers chiffres de l’Insee sont affolants. Nous attendons du gouvernement qu’il prenne pour objectif d’éradiquer la misère lors de ce quinquennat. »

Dans le même temps, l’organisation « Médecins du Monde » alerte dans son rapport sur la dégradation de l’accès aux soins et sur l’état de santé des plus démunis. L’activité dans les centres de soins de Médecins du Monde a augmenté de 22% en trois ans. La majorité des patients de Médecins du Monde sont des migrants, souvent en situation irrégulière, et pauvres. Ils viennent consulter pour des maladies graves pour lesquels les retards de soins peuvent être dramatiques. 12% des patients sont des mineurs. L’ONG en appelle à des mesures exceptionnelles de solidarité qu’elle fera connaître lors d’une conférence contre la pauvreté et les exclusions, les 10 et 11 décembre prochains.

Contre la pauvreté, le changement, c’est maintenant ?

L'observatoire des inégalités

ATD Quart Monde

Secours populaire français

 

17 octobre 1961

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Ensemble

Communiqué du Front de Gauche du Val d'Oise suite aux tirs visant la synagogue d'Argenteuil syna.jpg

 

Roms : la commune humanité bafouée

Texte invité

Le nouveau gouvernement a choisi la continuité avec l’ancien : la politique d’expulsion des camps de « Roms » étrangers continue de plus belle. Aux mêmes motifs. Avec à peu près les mêmes mots, les mêmes images. Avec les mêmes présupposés et les mêmes conséquences. À commencer par l’ethnicisation de familles issues de lieux et d’histoires multiples, qui ne se reconnaissent pas nécessairement de destin commun, sauf celui auquel on les assigne : le cercle vicieux de la misère et de l’exclusion.

Cela, nous ne voulons, nous ne pouvons pas l’accepter. Il y a deux ans, il importait déjà de se dresser en opposition à la politique de stigmatisation et de persécution menée sous la houlette de Nicolas Sarkozy, dans l’esprit du discours de Grenoble, contre les Roms et les gens du voyage. C’est avec la même détermination que nous nous élevons aujourd’hui contre la politique menée aux dépens des Roms sous la responsabilité du président de la République et de son premier ministre par leur ministre de l’Intérieur.

Manuel Valls renoue en effet avec une rhétorique qui avait mené un de ses prédécesseurs à la présidence de la République, et la République au bord de l’abîme. Or combien sont-ils, ceux qu’on veut expulser? 12 000 ? 15 000 tout au plus ? Sont-ils à ce point une menace pour l’ordre public qu’il faille impitoyablement les déloger sans solution de rechange ?

Si les nouveaux responsables invoquent autant la sécurité que les anciens, ils revendiquent (à l’instar de François Hollande pendant la campagne) un juste milieu entre « fermeté » et « humanité ». Mais qui peut croire que c’est pour leur bien qu’on détruit le lieu de vie de ces migrants ? En tout cas, pas les premiers intéressés. Car ils l’ont vite compris : si l’on se souciait tant de leur bien être, on ne les abandonnerait pas ensuite à leur sort, en oubliant de les reloger. Ils ne font qu’aller un peu plus loin. S’ils parviennent à se cacher, c’est au risque d’être encore plus abandonnés à eux-mêmes et privés des droits sociaux les plus élémentaires. Déplacer ainsi les gens, c’est bien sûr redoubler leur précarité, et faire obstacle à la scolarisation de leurs enfants.

Certes, Jean-Marc Ayrault préconise la concertation. Mais sur le terrain (faut-il s’en étonner ?), ces engagements ne sont pas respectés. Des centaines de familles se retrouvent dans des situations inextricables. À Lyon comme à Lille ou à Marseille ou en région parisienne, le travail des associations de bénévoles a été ruiné en quelques heures. En Essonne, plusieurs expulsions de bidonvilles ont eu lieu sur arrêtés municipaux, sans solution de relogement réel. Dans de nombreux départements, trop de communes tentent de ne pas scolariser les enfants Roms.

La majorité gouvernementale croit-elle donc qu’en agitant les peurs sécuritaires, elle échappera au reproche de « laxisme » ? C’est tout le contraire : dans ce domaine, elle n’ira jamais assez loin. La droite, en attendant peut-être l’extrême-droite, fera toujours mieux, c’est-à-dire pire. La gauche gouvernementale le paiera donc cher, y compris dans les urnes. En tout cas, les sondages suggèrent déjà qu’elle n’y gagne rien – pas plus qu’hier la droite au pouvoir. Seul le Front national pourra récolter les fruits de cette politique.

En outre, les concessions au populisme identitaire et sécuritaire ne feront pas avancer le pays dans sa mobilisation citoyenne face à la dictature des marchés et aux destructions d’emploi, bien au contraire. S’en prendre aux Roms ne suffira donc nullement à gagner les suffrages populaires. Cela ne peut que diviser, affaiblir là où il faut rassembler, agir. Singer la droite ? C’est décidément un mauvais calcul.

Il ne suffira pas davantage de renvoyer cette réalité migratoire à son origine – en l’occurrence la Roumanie, ainsi que la Bulgarie. Comme dans de nombreux pays de l’Europe de l’Est, la violence ordinaire vis-à-vis des « Tsiganes » se poursuit et risque de s’intensifier à mesure que la situation économique se dégrade. En même temps, la légitimation par l’État français de leur caractère indésirable ne peut que renforcer ce racisme.

Surtout, plutôt que de faire peser cette migration sur les gouvernements nationaux d’origine, comme l’a fait le ministre de l’Intérieur, il faut faire valoir une responsabilité de l’Union au lieu de mettre en péril l’idéal européen en la réduisant aux politiques néolibérales sans même la caution des droits de l’homme. Bref, il faut que Viviane Reding, commissaire européenne aux Droits fondamentaux, parle haut et fort comme en 2010, et non qu’elle soit réduite au silence face à l’État français.

Nous ne ressentons pas moins d’indignation qu’alors ; en revanche, notre colère est plus grande. Pourquoi changer de Président, sinon pour changer de politique ? Or plus ça change, plus c’est la même chose : les Roms sont encore et toujours pris pour boucs émissaires. Au lieu de jouer à son tour sur les peurs et les ressentiments, ce gouvernement aurait pu faire le pari des valeurs démocratiques : la liberté et l’égalité, pour les Roms aussi. Nous en sommes loin. Après l’éviction de la droite éhontée, on assiste à l’avènement d’une gauche honteuse.

Aujourd’hui, nous voulons donc interpeller la majorité gouvernementale : Rien ne vous oblige à ce choix. Il est contraire aux principes que vous revendiquez ; pour autant, il n’est pas davantage dans vos intérêts. Votre responsabilité n’en est que plus grande. Nous vous tenons donc comptables aujourd’hui, comme l’histoire vous tiendra comptables demain, de cette banalisation de la xénophobie et du racisme par l’État français, au mépris des leçons du passé et des menaces qui pèsent sur l’avenir.

Signer ce texte

La liste des premiers signataires est visible en annexe de ce billet.

 

La pauvreté en France

Une personne est considérée comme pauvre quand son niveau de vie, après impôts et prestations sociales, est inférieur au seuil de pauvreté. Ce seuil est de
60 % du niveau de vie médian selon l’organisme européen Eurostat. Le niveau de vie médian partage la population en deux : autant gagne moins, autant gagne davantage.

Le seuil de pauvreté s’établit à 964 euros mensuels en 2010.

Selon l’Observatoire des inégalités, la pauvreté en France continue de progresser. Elle concerne 8,6 millions de personnes, soit 14,1 % de la population contre 13,5 % en 2009. Le niveau de vie baisse ou stagne pour pratiquement toutes les catégories de population sauf pour les plus aisées.

La pauvreté a baissé des années 1970 au milieu des années 1990. Elle est ensuite restée plutôt stable jusqu’au début des années 2000. Depuis 2002, le nombre de personnes concernées a augmenté d’un million. Plus d’un tiers des Français (37%) ont connu une situation de pauvreté au cours de leur vie. Cette progression affecte davantage les enfants. Le taux de pauvreté des moins de 18 ans atteint 19,6 %, en hausse de 1,9 point. La non-reconduction de mesures d’aides ponctuelles, mises en œuvre en 2009 afin de limiter les effets de la crise sur les ménages modestes, et le gel du barème des prestations familiales en 2010, expliquent pour partie que cette population soit plus affectée.

Il ne s’agit pas d’une explosion et la France demeure l’un des pays qui compte le moins de pauvres en Europe. Mais le mouvement de hausse est très net. Il constitue un tournant dans l’histoire sociale de notre pays depuis les années 1960. Il est d’ailleurs probable que la situation se soit encore dégradée en 2011 et 2012 compte tenu de la progression du chômage.

Les enfants, eux, expriment pour la première fois leur avis sur le sujet dans un sondage aux résultats surprenants et encourageants.

pauvrete_2.jpgLe Secours Populaire Français qui fait tous les ans le point sur la précarité en France, a cette année complété son étude auprès d’enfants âgés de 8 à 14 ans. Inédite, réalisée en juillet 2012 auprès de 500 enfants, cette enquête montre une enfance majoritairement sensible à la question de la pauvreté et qui n’est pas épargnée par la crainte d’être touchée.

Les enfants savent que le monde n’est pas parfait. Conscients qu’autour d’eux existent des enfants défavorisés, près de 6 enfants sur 10 déclarent avoir peur de devenir pauvre un jour. 4% des enfants ont le sentiment d’être pauvres. 20% déclarent ne pas partir en vacances au moins une fois par an. Ils sont 53% dans les familles dont les revenus sont inférieurs à 1250€.

Sensibles aux injustices, les enfants ont envie d’aider les autres. La grande majorité des enfants attribue la pauvreté à un manque de chance plutôt qu’à un manque d’efforts. 76% pensent que ce n’est pas juste de voir des personnes pauvres dans la rue. 86% estiment qu’il faudrait faire beaucoup plus pour aider les personnes en difficulté et seuls 23% qu’on ne peut rien faire. Les enfants se montrent majoritairement intéressés par des actions concrètes qu’ils seraient en mesure de mener, comme collecter de l’argent ou envoyer des messages de solidarité.

Les enfants sont réalistes face à la pauvreté. La précarité leur fait peur, mais ils sont nombreux à vouloir agir afin de réduire les injustices.

lire la synthèse de l'enquête

lire l'intégralité de l'enquête

 

Quelle rentrée pour les enfants Roms ?

2-galeries-photos-sur-le-rassemblement-du-29-aout-en-soutien-aux-roms-expulses_large.jpgPour les populations Roms, le changement n’a pas eu lieu cet été. Les évacuations de campements se sont succédé, avec ou sans décisions de justice mais toujours sans solution de relogement. Ce fut pourtant une promesse de campagne du candidat socialiste.
Mais aujourd’hui, comme sous Sarkozy, on continue de chasser les Roms de leurs bidonvilles, au prétexte que ceux-ci seraient « insupportables » du point de vue de la sécurité et de la situation sanitaire. Ce serait un but fort louable, si les expulsés n’avaient plus qu’à retrouver, un peu plus loin, un autre camp qui ne sera pas plus « supportable », sans conditions de sécurité ou d’hygiène dignes de la France de 2012. Faute de propositions de relogement, même temporaire, ils rejoindront d’autres terrains tout aussi insalubres et dangereux.

Retour à la case départ pour ces familles ? Pas tout à fait... Leur déménagement forcé aura encore aggravé leur situation déjà si précaire et les aura fragilisés davantage. Ils perdent souvent leurs affaires dans le démantèlement du camp et surtout, ils se retrouvent coupés des contacts éventuellement noués avec des associations d’aide, donc encore plus démunis. Souvent, dans la crainte d’une nouvelle expulsion, les familles se cachent et leurs conditions de vie deviennent pour le coup tout à fait « insupportables » mais plus personne ne s’en soucie… D’autres quitteront la France à bord de charters à destination de la Roumanie mais il semble que la plupart revienne quasi immédiatement sur le territoire français.
Des experts des Nations unies ont récemment mis en garde le gouvernement français, rappelant que les évacuations collectives sont interdites dans le droit international et appelant à la mise en place d’alternatives en matière de relogement.

Si les Roms fuient la Roumanie, c’est qu’ils y connaissent des conditions de vie particulièrement difficiles. Une récente étude vient de faire savoir que la moitié des deux millions de Roms de Roumanie vivent avec moins de 3,50€ par jour et que 23% d’entre eux n’ont accès ni à l’eau ni à l’électricité. Ils connaissent une pauvreté extrême et ne possèdent qu’un très faible niveau d’instruction. Un tiers des adultes ne sauraient lire ni écrire. A peine 35% auraient un travail. Comme l’immense majorité des migrants, c’est la misère qui les pousse à quitter leur pays. La misère et le racisme, puisque une majorité de Roumains estiment que les Roms sont des voleurs et des fainéants.

En ces jours de rentrée scolaire, les victimes les plus évidentes des démantèlements de camps sont les enfants. Il y a de grands risques pour que de nombreux d’entre eux ne puissent plus être scolarisés. Et pourtant, comme tous les enfants de migrants et quelle que soit la situation administrative de leurs parents, ils doivent bénéficier d’une scolarisation effective et sans délai et avoir la garantie d’un parcours scolaire continu. Cela passe par la mise en place de moyens en termes de dispositifs d’accueil, de personnels éducatifs et de formations spécifiques des enseignants de la maternelle au lycée.

Comme tous les enfants, les enfants Roms ont droit à la rentrée.

 

L'égalité, c'est maintenant !

Le PCF soutient et appelle à la mobilisation pour la Marche des Fiertés

« 2012 : l'égalité n'attend plus !» Les droits de s'aimer, de vivre ensemble, de se marier, de fonder une famille, cesser d'être la cible de discriminations – toujours violentes, blessantes et méprisantes – ne peuvent plus attendre ! Ils appellent des mesures immédiates et concrètes d'ordre parlementaire que rien désormais ne peut plus empêcher ou retarder. Le PCF est et restera vigilant à cet égard.

La lutte contre les discriminations ne peut se contenter de bonnes paroles ; des dispositions pénales et un vaste chantier de formations - depuis la petite enfance jusqu'aux lieux de travail en passant par tous les autres domaines de la vie - doivent être lancés. De même, au plan international, la France ne peut plus se voiler les yeux devant les souffrances infligées dans certains pays aux personnes LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans, ndlr). Elle a les moyens de les condamner, de les faire stopper : pressions diplomatiqueset commerciales.

C'est du respect de l'être humain qu'il s'agit et, quelles qu'elles soient, orientations sexuelles et identités de genre, sont choses profondément humaines.

Enfin, pour les personnes Trans, il faut briser le carcan médico-juridico-administratif et financier qui les empêche d'évoluer normalement dans leur parcours, voire d'engager celui-ci ou de le terminer quand elles en font le choix. Au nom de quoi considère-t-on quelqu'un de malade quand tout son être respire un autre genre que celui qui lui a été assigné à la naissance ? Le PCF et ses partenaires du Front de Gauche défendent activement au parlement une loi pour l'égalité qui éradiquera toute discrimination.

Les droits au PACS doivent être renforcés. Le droit au mariage et à l'adoption doit être reconnu aux couples homosexuels et les femmes lesbiennes doivent avoir accès à la procréation médicalement assistée.

Samedi, avec notre collectif Fier-e-s et Révolutionnaires, de nombreux communistes et amis seront partie prenante de la Marche, avec celles et ceux des autres organisations du Front de Gauche.

Elles et ils vont contribuer à son succès. Un succès qui participe à l'avancée sur le chemin de l'émancipation humaine.

Parti communiste français

 

Cassons les idées reçues !

Luttons contre les idées fausses….

Non, les pauvres ne sont pas des assistés…

Non, les pauvres ne sont pas des fraudeurs…

Non, les pauvres ne font pas des enfants pour toucher des allocations…

Non, l’immigration ne coûte pas cher à la France..

Non, les étrangers ne prennent pas d’emplois aux Français…

Non, la France n’accueille pas toute la misère du monde…

Non, les étrangers n’augmentent pas la délinquance…

Non, les enfants des immigrés ne sont pas plus en échec scolaire que les autres…

Et bien d’autres fausses « évidences » réfutées par l’association « ATD Quart Monde »

A faire connaître sans modération !

Document à lire en annexe de ce billet

voir le site d'ATD Quart Monde

 

La cantine, un droit pour tous

Je reçois un message de différentes organisations syndicales enseignantes, de la FCPE et de la Ligue des droits de l'homme.

Ce texte alerte sur l’attitude de certaines municipalités qui réservent l’accès des restaurants scolaires aux enfants dont les deux parents travaillent. Dans ces villes, les enfants de chômeurs ne sont donc pas admis à la cantine.

Cette pratique discriminatoire est choquante et inacceptable d’abord parce que ce sont les enfants qui en subissent le plus lourdement les conséquences. Elle renforce l’exclusion dont sont déjà victimes ces familles et stigmatise leurs enfants. Je sais, pour avoir vécu cette situation de près, combien les enfants, même jeunes, ressentent douloureusement cette mise à l’écart. Elle complique singulièrement la vie quotidienne des familles, et notamment des mères, qui doivent être disponibles à l’heure du repas et ne peuvent donc pas se consacrer à la recherche d’un emploi ou suivre une formation. Elle prive les enfants d’un moment de la journée d’école essentiel pour leur socialisation. Pour les foyers les plus modestes, elle ôte la possibilité de bénéficier d’un repas équilibré.

Il est particulièrement indigne de pénaliser un peu plus des familles déjà confrontées à de grandes difficultés. La cantine, service public local, doit être accessible à tous. Le prétexte invoqué par les communes est le plus souvent la capacité d’accueil insuffisante. Seulement, restreindre l'accès des enfants à ce service en fonction de l'activité professionnelle de leurs parents constitue une discrimination aux yeux de la loi. Il y a atteinte au principe d’égalité de tous devant les services publics Ces décisions municipales sont d’ailleurs régulièrement retoquées par les tribunaux administratifs saisis par des associations de parents d’élèves. La FCPE notamment affirme avoir systématiquement gagné les recours engagés.

Ce procédé n’est malheureusement pas rare. Le journal l’Humanité a récemment recensé plus de 70 communes restreignant l’accès à la cantine.

Il ne fait pas bon être enfant de chômeur dans la France d’aujourd’hui. Je pense d’une manière plus générale qu’il y a urgence à réduire les inégalités entre les enfants vivant sur notre sol, en matière d’éducation, de santé, de logement, d’accès aux sports et aux loisirs, d’accueil de la petite enfance, de justice. L'UNICEF a d’ailleurs récemment inclus la restauration scolaire dans le droit à la santé et à la nutrition tels qu’ils sont définis par la Convention internationale des droits de l’enfant.

Public fragile par excellence, les enfants victimes de la pauvreté et de l’exclusion sont trop souvent oubliés de nos politiques publiques. Un important chantier de réflexion et d’action pour nos futurs députés pourrait s’ouvrir dans cette direction.


 

La VRAIE manif du 1er mai


















 

Lettre à Jean Ferrat

Jean,

J'aimerais te laisser tranquille, au repos dans cette terre choisie. J'aurais aimé que ta voix chaude ne serve maintenant qu'à faire éclore les jeunes pousses plus tôt au printemps, la preuve, j'étais à Entraigues il n'y a pas si longtemps et je n'ai pas souhaité faire le pèlerinage. Le repos c'est sacré !

Pardon te t'emmerder, mais l'heure est grave, Jean. Je ne sais pas si là où tu es tu ne reçois que le Figaro comme dans les hôtels qui ne connaissent pas le débat d'idées , je ne sais pas si tu vois tout, de là haut, ou si tu n'as que les titres d'une presse vendue aux argentiers proche du pouvoir pour te tenir au parfum, mais l'heure est grave!

ferrat_1Jean, écoute-moi, écoute-nous, écoute cette France que tu as si bien chantée, écoute-la craquer, écoute la gémir, cette France qui travaille dur et rentre crevée le soir, celle qui paye et répare sans cesse les erreurs des puissants par son sang et ses petites économies, celle qui meurt au travail, qui s'abîme les poumons, celle qui se blesse, qui subit les méthodes de management, celle qui s'immole devant ses collègues de bureau, celle qui se shoote aux psychotropes, celle à qui on demande sans cesse de faire des efforts alors que ses nerfs sont déjà élimés comme une maigre ficelle, celle qui se fait virer à coups de charters, celle que l'on traque comme d'autres en d'autres temps que tu as chantés, celle qu'on fait circuler à coups de circulaires, celle de ces étudiants affamés ou prostitués, celle de ceux-là qui savent déjà que le meilleur n'est pas pour eux, celle à qui on demande plusieurs fois par jour ses papiers, celle de ces vieux pauvres alors que leurs corps témoignent encore du labeur, celles de ces réfugiés dans leurs propre pays qui vivent dehors et à qui l'on demande par grand froid de ne pas sortir de chez eux, de cette France qui a mal aux dents, qui se réinvente le scorbut et la rougeole, cette France de bigleux trop pauvres pour changer de lunettes, cette France qui pleure quand le ticket de métro augmente, celle qui par manque de superflu arrête l'essentiel...

Jean, rechante quelque chose je t'en prie, toi, qui en voulais à D'Ormesson de déclarer, déjà dans le Figaro, qu'un air de liberté flottait sur Saigon, entends-tu dans cette campagne mugir ce sinistre Guéant qui ose déclarer que toutes les civilisations ne se valent pas? Qui pourrait le chanter maintenant ? Pas le rock français qui s'est vendu à la Première dame de France.Ecris nous quelque chose à la gloire de Serge Letchimy qui a osé dire devant le peuple français à quelle famille de pensée appartenait Guéant et tout ceux qui le soutiennent !

Jean, l'huma ne se vend plus aux bouches des métro, c'est Bolloré qui a remporté le marché avec ses gratuits. Maintenant, pour avoir l'info juste, on fait comme les poilus de 14/18 qui ne croyaient plus la propagande, il faut remonter aux sources soi-même, il nous faut fouiller dans les blogs... Tu l'aurais chanté même chez Drucker cette presse insipide, ces journalistes fantoches qui se font mandater par l'Elysée pour avoir l'honneur de poser des questions préparées au Président, tu leurs aurais trouvé des rimes sévères et grivoises avec vendu...

Jean, l'argent est sale, toujours, tu le sais, il est taché entre autre du sang de ces ingénieurs français. La justice avance péniblement grâce au courage de quelques uns, et l'on ose donner des leçons de civilisation au monde...

Jean, l'Allemagne n'est plus qu'à un euro de l'heure du STO, et le chômeur est visé, insulté, soupçonné. La Hongrie retourne en arrière ses voiles noires gonflées par l'haleine fétide des renvois populistes de cette droite "décomplexée".

Jean, les montagnes saignent, son or blanc dégouline en torrents de boue, l'homme meurt de sa fiente carbonée et irradiée, le poulet n'est plus aux hormones mais aux antibiotiques et nourri au maïs transgénique. Et les écologistes n’en finissent tellement pas de ne pas savoir faire de la politique. Le paysan est mort et ce n’est pas les numéros de cirque du Salon de l’Agriculture qui vont nous prouver le contraire.

Les cowboys aussi faisaient tourner les derniers indiens dans les cirques. Le paysan est un employé de maison chargé de refaire les jardins de l'industrie agroalimentaire. On lui dit de couper il coupe, on lui dit de tuer son cheptel il le tue, on lui dit de s'endetter il s'endette, on lui dit de pulvériser il pulvérise, on lui dit de voter à droite il vote à droite... Finies les jacqueries!

Jean, la Commune n'en finit pas de se faire massacrer chaque jour qui passe. Quand chanterons-nous "le Temps des Cerises" ? Elle voulait le peuple instruit, ici et maintenant on le veut soumis, corvéable, vilipendé quand il perd son emploi, bafoué quand il veut prendre sa retraite, carencé quand il tombe malade... Ici on massacre l'Ecole laïque, on lui préfère le curé, on cherche l'excellence comme on chercherait des pépites de hasards, on traque la délinquance dès la petite enfance mais on se moque du savoir et de la culture partagés...

Jean, je te quitte, pardon de t'avoir dérangé, mais mon pays se perd et comme toi j'aime cette France, je l'aime ruisselante de rage et de fatigue, j'aime sa voix rauque de trop de luttes, je l'aime intransigeante, exigeante, je l'aime quand elle prend la rue ou les armes, quand elle se rend compte de son exploitation, quand elle sent la vérité comme on sent la sueur, quand elle passe les Pyrénées pour soutenir son frère ibérique, quand elle donne d'elle même pour le plus pauvre qu'elle, quand elle s'appelle en 54 par temps d'hiver, ou en 40 à l'approche de l'été. Je l'aime quand elle devient universelle, quand elle bouge avant tout le monde sans savoir si les autres suivront, quand elle ne se compare qu'à elle même et puise sa morale et ses valeurs dans le sacrifice de ses morts...

Jean, je voudrais tellement t'annoncer de bonnes nouvelles au mois de mai...

Je t'embrasse.

Philippe Torreton

 

La Sécu n’a pas un problème de dépenses mais de recettes

Éric Aubin « La Sécu n’a pas un problème de dépenses mais de recettes »

En charge des retraites à la CGT, Éric Aubin dresse le bilan de la réforme de 2010 et pointe la question clé du financement de la protection sociale. Il est interrogé par "l'Humanité".

En dépit des efforts de la CGT, qui a organisé un grand meeting au Zénith à Paris le 31?janvier, la retraite n’a pas fait l’objet de confrontations réelles dans cette campagne. Comment l’expliquez-vous??

Éric Aubin. Les préoccupations que les Français placent en priorité, l’emploi, le pouvoir d’achat, la retraite, ne trouvent pas écho chez les principaux candidats, parce qu’ils ne veulent pas s’engager sur ce terrain-là. Je le regrette. Ce n’est pas pour autant qu’elles ne sont plus dans la tête des salariés. Nous voyons une montée en puissance des conflits sur l’emploi, les salaires. Et tout le monde a bien compris le lien entre emploi et retraites. Les derniers chiffres du chômage montrent que la situation des seniors est dramatique. Et avec la réforme des retraites qui retarde l’âge du départ, elle va s’aggraver beaucoup, puisque de nombreux seniors vont se retrouver aux minima sociaux.

Le silence sur les retraites ne s’explique-t-il pas par le fait que, pour beaucoup, la crise financière et l’état des finances publiques obligeraient à des sacrifices sociaux, difficiles à défendre en période d’élections??

Éric Aubin. Oui. Parce qu’on est toujours sur une question de dépenses, alors que la CGT porte le problème des recettes. Toute la politique menée ces derniers temps, visant à exonérer de cotisations les entreprises, met à mal le financement de la protection sociale. La CGT, elle, lance une grande campagne sur le financement, avec l’idée que la Sécu n’a pas un problème de dépenses, mais de recettes.

Une étude du FMI estime le «risque financier» du vieillissement sous-estimé, et prône le relèvement de l’âge de la retraite, en rapport avec l’espérance de vie…

Éric Aubin. Ils oublient qu’on a eu un gain d’espérance de vie parce qu’on a réduit le temps de travail, hebdomadaire, annuel ou sur la carrière. Cependant, dans certains pays, comme les États-Unis, on constate aujourd’hui qu’elle commence à reculer. Les mesures prises ces derniers temps, notamment le report de l’âge légal de départ en retraite, vont avoir des conséquences sur la longévité. Pour nous, en tout cas, le gain d’espérance de vie doit aussi bénéficier aux salariés, parce que la retraite aujourd’hui, c’est un temps de la vie à part entière. Et puis, les retraités ne sont pas à la charge des actifs, mais des hommes et des femmes qui consomment, participent à la vie économique, à la vie associative. Ils représentent une richesse. Nous ne partageons donc pas l’idée selon laquelle il faudrait partager le gain d’espérance de vie entre une partie travail et une partie retraite. La productivité s’est accrue ces dernières décennies, les salariés doivent en profiter.

La réforme des retraites de 2010 est-elle emblématique selon vous du quinquennat écoulé??

Éric Aubin. Oui, par la méthode, le passage en force de cette réforme, malgré une opinion publique largement défavorable, et les grandes mobilisations que l’on a connues. Et par le fond?: tout le quinquennat a consisté en une réduction des droits, et une stigmatisation des salariés, des retraités et des demandeurs d’emploi. On ne voit pas de mesures, dans ce quinquennat, pouvant être considérées comme un progrès social.

Cette réforme avait pour but déclaré d’assurer le financement de la retraite, et de relever le niveau d’emploi en reculant l’âge de départ.

Éric Aubin. Force est de constater que ça n’a pas marché. Le chômage des seniors continue d’augmenter, comme celui des jeunes et le chômage de longue durée. Quant au financement des retraites, la question, portée par la CGT, a été renvoyée d’un revers de main par le gouvernement. Il ne faut pas s’étonner qu’elle ne soit pas réglée. Or, si on ne la règle pas, on aura une réduction des droits et un allongement de la durée de travail, alors que la situation de l’emploi ne permet pas aux salariés de rester au travail.

Vous revendiquez le retour de la retraite à soixante ans, un départ anticipé pour les travaux pénibles, et qu’il n’y ait pas retraite inférieure au Smic. Que répondez-vous à ceux qui jugent cela irréaliste en temps de crise??

Éric Aubin. Le problème posé est celui de la répartition des richesses. On a aujourd’hui plus de dividendes versés aux actionnaires que ce qui est consacré à l’investissement productif. Nous proposons une réforme du financement avec trois mesures principales?: l’élargissement de l’assiette de cotisations, la mise à contribution des revenus financiers des entreprises, et une modulation des cotisations qui prenne en compte la part de la masse salariale dans la valeur ajoutée. Ce serait des mesures incitatives à l’emploi, donc bonnes pour la protection sociale. La France en a les moyens.

Article dédié à François Scellier, député de la 6è circonscription et candidat aux législatives de juin. Il a voté la loi de réforme de la retraite lors de la législature et affirme « être le porte-parole des retraités ». Lors d’une discussion récente sur le marché de Saint Gratien, il tentait de justifier la fin de la retraite à 60 ans par « l’allongement de la durée de vie » et soutenait « avoir sauvé le système de retraite »… Hélas ! Ces deux arguments sont ici démontés. La « réforme » de notre système de retraite s’est bien traduite par un vrai recul social.

 

Raymond Aubrac, une grande figure de la Résistance

lucieetraymond_aubrac.jpgRaymond Aubrac est mort mardi soir à l'âge de 97 ans à l'hôpital militaire du Val de Grâce. Il était l'une des dernières personnalités de la Résistance à avoir connu Jean Moulin.

Co-fondateur du mouvement "Libération Sud", Raymond Aubrac était le dernier survivant des chefs de la Résistance réunis et arrêtés en juin 1943 à Caluire (Rhône) avec le chef du Conseil national de la Résistance.
Sa femme Lucie Aubrac, elle aussi héroïne de la Résistance, est morte en 2007 à l'âge de 92 ans.

Raymond Aubrac avait publié en 1996 son autobiographie, "Où la mémoire s'attarde". Cet ingénieur civil des Ponts et Chaussées s'est engagé dès 1940 dans la Résistance avec Lucie, et est devenu attaché à l'état-major de l'Armée secrète. Arrêté le 21 juin 1943 à Caluire, emprisonné à Montluc, Raymond Aubrac et quatorze résistants sont libérés grâce à un intrépide raid de commando monté par Lucie, qui entrera dans la légende de la Résistance.

Recherché par la Gestapo, le couple est parti pour Londres, puis Raymond a gagné Alger, où il est devenu délégué à l'Assemblée consultative en juin 1944. A la Libération, il est devenu commissaire régional de la République à Marseille, responsable du déminage du littoral, puis inspecteur général à la Reconstruction. En 1948, alors compagnon de route du PCF, il a renoncé à une carrière de haut fonctionnaire pour fonder le Bureau d'études et de recherches pour l'industrie moderne (BERIM), spécialisé dans le commerce avec les pays communistes, qu'il a dirigé pendant dix ans.

De son vrai nom Raymond Samuel, Raymond Aubrac était resté un citoyen très actif, marqué à gauche, se rendant pendant des années dans les collèges et les lycées en compagnie de sa femme pour témoigner et raconter la Résistance.

Il lui était alors demandé ce qu'était résister : "Surveiller ce qui se passe, essayer de comprendre ce qui se passe dans la société qui nous entoure. Et quand on a le sentiment qu'on est devant une injustice, réagir à l'injustice et ne pas se contenter de la constater mais essayer de faire quelque chose. Pour moi c'est ça la Résistance, ça couvre des petits gestes et aussi quelques aventures."

Il y a un an, Raymond Aubrac était l'invité des Amis de l'Humanité en compagnie d'Edgar Morin. Le résistant s'était alors adressé à la jeunesse de France, lui demandant de « ne pas baisser la tête. »

«Comme le général de Gaulle disait?: “Nous avons perdu une bataille mais pas la guerre.” Ce printemps 2011 est notre hiver 1942. A un an des échéances électorales, alors que nous avons vu nos valeurs reniées par le gouvernement actuel, et dans le monde en général, nous pouvons changer les choses», estimait Raymond Aubrac.
«Lorsque les jeunes m’interrogent, ils me demandent toujours pourquoi nous avons résisté? Eh bien, je leur réponds?: parce que nous savions que ça servirait à quelque chose… Même si nous savions que nous pouvions mourir, nous agissions pour les nouvelles générations. Nous étions patriotes, à l’époque, parce qu’envahir la France c’était comme attaquer notre famille. Tous ces hommes et femmes qui ont osé résister n’étaient pas optimistes, je parlerais plutôt d’espérances actives...
De nombreux jeunes, surtout en banlieue, n’ont pas d’avenir… Ils savent que la société ne les attend pas. C’est grave, extrêmement grave. Je dis aux jeunes?: si vous baissez les bras, baissez la tête, face aux injustices, vous avez des chances d’être battus, mais si vous n’êtes pas résignés et que vous prêts à affronter les difficultés du combat, vous avez des chances de vaincre.»

Le débat avait ensuite porté sur le programme du Conseil national de résistance, encore frappant d’actualité. «Il a conservé sa force génératrice parce qu’il a été conçu par des résistants de tous horizons, expliquait Aubrac. Ils voulaient une autre République, plus juste. Une société meilleure. Celle d’aujourd’hui est dominée par une énorme masse d’argent qui ne sert qu’aux spéculateurs. Résultat, nous sommes obligés de vendre les bijoux de famille…»

La réaction de Pierre Laurent

C'est avec une immense tristesse que j'apprends la disparition de Raymond Samuel, dit Raymond Aubrac, l'une des plus grandes figures de la Résistance française et des luttes anti-coloniales. Avec son épouse Lucie, Raymond demeurera pour notre peuple et les générations à venir une source inépuisable d'inspiration dans les combats pour l'émancipation, la justice, la liberté, l'égalité et la fraternité.

Une franche et loyale amitié liait les communistes français à Raymond Aubrac. Nous l'aimions pour sa droiture, sa générosité et, surtout, sa douceur et sa foi en l'espèce humaine. Nous pleurons l'un des nôtres. En cet instant, mes pensées se tournent vers sa famille, son petit-fils Renaud, ses proches pour leur dire que je partage leur peine.

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