Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

KHAOS, les visages humains de la crise Grecque

khaos_1.jpgKhaos, d'Ana Dumitrescu - documentaire France / Grèce 2012 1h35mn en VO sous-titrée

La projection du mardi 15 Janvier à 20h30 au cinéma Utopia de Saint Ouen l’Aumône sera suivie d’une rencontre organisée par le Front de Gauche avec la réalisatrice Ana Dumitrescu, un représentant de Syriza France, un représentant du Parti de Gauche Européen, et de Francis Parny, vice-président du Conseil Régional d’Ile de France, membre de l’exécutif national du PCF.
Soirée soutenue par le CAC (Collectif pour un Audit Citoyen de la Dette )

Opportunément sous-titré « les visages humains de la crise grecque », Khaos aborde, à partir de nombreux témoignages, le portrait sans fard de la vie quotidienne du peuple Grec sous forme d'un road-movie, mené avec entrain, au rythme du jazz et du rap, par Panagiotis Grigoriou, historien et blogueur de guerre économique.

De Tricala à l'ïle de Kea en passant par Athènes, du marin pêcheur au tagueur politique, vous saurez tout, tout, tout… sur ceux qui actuellement paient le plus lourd tribut à une politique faite en notre nom à tous par l'Union Européenne et, avouons-le, le résultat est d'autant plus édifiant que nos parlementaires (pas nous, bien sûr qui avons bien compris la combine) seront bientôt invités, au travers du Traité Budgétaire Européen, à nous considérer très officiellement, nous les Grecs et quelques autres sur le continent, comme la variable d'ajustement des déficits de l'Union Européenne. Ben oui, tenez-vous aux branches, vieux singes, nous et nos retraites, nous et nos salaires, nous et nos emplois, nous et notre santé, nous et notre éducation, nous et notre culture. Ce ne seront pas les banques bien sûr (too big to fall), ni nos millionnaires, ni nos milliardaires, qui trouveront toujours un gentil canton suisse pour se cacher. Ni même, vous pouvez parier, nos représentants dont je viens d'apprendre avec une demi surprise que les sous qu'on leur donne pour s'offrir ou pas une permanence, ou mener ou pas leur boulot de député, ne sont pas contrôlables par les agents du fisc.

Venir voir Khaos est donc à ce point indispensable à nos quelques neurones qui palpitent encore, que la vision ultime et, disons-le, le rêve de nos politiques néo libérales européennes est de faire de nous tous des Hellènes. Bien sûr, nous nourrissons une admiration sans bornes pour ce peuple qui inventa la démocratie et qui, le premier, trouva un héros pour aller décrocher le drapeau nazi sur l'Acropole.

Alors pour les Grecs : hip hip hip hourra ! Et sus au drapeau de la finance qui flotte aujourd'hui misérablement sur la marmite !

 

Khaos

khaos.jpgLe Front de Gauche organise une projection débat sur la situation en Grèce autour du film Khaos, le mardi 15 janvier au cinéma Utopia de Saint-Ouen l'Aumône.

Les intervenants seront la réalisatrice Ana Dumitrescu, un représentant de Syriza France, Vangelis Goulas et Francis Parny, vice-président du Conseil Régional d’Ile de France, membre de l’exécutif national du PCF.

L'austérité, c'est inefficace contre les déficits et la dette.

En Grèce, après plusieurs plans d'austérité, les déficits et la dette sont plus importants qu'avant. C'est normal. L'austérité réduit l'activité économique. Il y a donc moins de rentrées fiscales dans les caisses de l'État. Et comme il y plus de chômeurs à indemniser le déficit augmente. C'est une spirale infernale. Cette politique ne profite qu'aux riches et aux banques à qui on paye les intérêts de la dette et au patronat qui peut pressurer encore plus les salariés.

Contre la dictature des banques, le Front de Gauche propose de reprendre le pouvoir sur la finance :
- audit de la dette permettant de remettre en cause le tribut injuste et improductif prélevé par les banques
- abolition du privilège des banques privées qui sont aujourd'hui seules autorisées à emprunter à la Banque Centrale Européenne de l'argent à 1 % qu'elles prêtent ensuite aux États à des taux qui montent à 20 % !

Le film "Khaos" et sorti en octobre 2012. Ci-dessous la critique de Télérama.

Enfin les chiffres ont des visages. Au-delà du bilan statistique — taux de chômage et de suicides multipliés par deux, diminution des salaires de 40 % —, l'ex-reporter Ana Dumitrescu nous met face aux conséquences humaines d'une rigueur économique aveugle. Celle-là même qui doit sauver l'Europe. Pour les Grecs, de l'île de Kea à Athènes, la doxa bruxelloise est déjà une réalité quotidienne, et dévastatrice. C'est une enseignante en lettres, dont les neuf cents euros de salaire ne lui permettent plus d'acheter le moindre livre ; un restaurateur qui regarde les boutiques du voisinage fermer les unes après les autres en attendant son tour ; un dentiste sans patients qui envisage l'exil, des sanglots dans la gorge. En quelques mois, la Grèce a basculé du statut de membre de l'UE à celui de pays du tiers-monde. De près, cela donne le spectacle terriblement choquant d'une foule affamée, issue de feue la classe moyenne, se ruant sur les rebuts d'une fin de marché.

Le désespoir est tel qu'il pousse un vieux monsieur à la paranoïa : « Et si on nous avait choisis, nous, comme les cobayes d'un nouveau système d'exploitation économique ? » La Grèce, laboratoire des néolibéraux ? Si certains ­optent pour l'activisme, la désespérance est aujourd'hui le sentiment le mieux partagé par le peuple grec. Stupéfiant instantané du présent de la crise, Khaos prend le parti de l'humain contre l'expertise. Libres à nous de voir ce qu'il montre : le naufrage de toute une société, au coeur de l'Europe, et au nom de sa survie.

 

2013 : poursuivre le combat pour la libération de Mumia !

mumia_3_.jpgUne nouvelle action internationale exigeant la libération de Mumia Abu Jamal est lancée par ses soutiens du monde entier sous la forme d’une pétition à l’adresse du ministre de la justice des États-Unis. Plus largement, cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une campagne internationale d’interpellation du Gouvernement des États-Unis au moment où Barack Obama va commencer son deuxième mandat.

Signer la pétition

Aux Franciliens : n'oubliez pas que pour la 18ème année consécutive (depuis 1995) un rassemblement est organisé chaque mercredi de 18h à 20 heures face au Consulat des États-Unis à Paris ... Place de la Concorde angle rue de Rivoli / jardin des Tuileries.

Plus d'infos

 

Lettre de Kinshasa (2)

Correspondante particulière en RDC
Ce billet nous est parvenu quelques jours avant le retrait des "rebelles " de la ville de Goma et l'annonce de négociations avec le pouvoir en place.

Rebelles, quels rebelles ?

On n’entend plus trop parler des rebelles depuis quelques jours. Mais il faut savoir que l’internet fonctionne comme un modem antédiluvien. Essayez simplement d’ouvrir google.com ! 15 minutes au moins ! Quelqu’un m’a envoyé un courriel de 3MB, cela fait 3 jours que je le télécharge et je ne peux pas recevoir de nouveaux messages pendant ce temps. J’ai donc des nouvelles par les vendeurs de journaux locaux au coin de la rue. On peut lire les gros titres : « Kabila est un tyran ». Mais depuis qu’il a commencé à pleuvoir ils ont disparu.

Les dernières nouvelles proviennent donc de mon restaurant. Apparemment quelques ministres sont venus hier soir diner et boire du champagne. On pourrait donc en déduire que les choses rentrent dans l’ordre. Maria la cuisinière était d’humeur à leur poser quelques questions, du genre « vous buvez du champagne pendant que l’Est du pays est en ébullition ? Et l’armée, où est-elle ? Et la poste, à propos » ? Et les ministres de répondre … en se plaignant qu’ils ont commandé une bouteille entière, pas une demie !

Ceci dit, il semble qu’il y aura ou qu’il y a déjà une force internationale de l’Angola, et de la Tanzanie pour essayer de rétablir l’ordre mais si vous posez la question à Maria elle vous répondra que cela va coûter cher au pays. Selon le New York Times, les rebelles du M23 seraient « soucieux de la propreté et du recyclage » à Goma ! Je suis sûre qu’à part les viols, les kidnappings et la drogue donnée aux enfants, les M23 sont en effet des anges ! En attendant, difficile de voir la fin du conflit. Les rebelles risquent de prendre encore quelques autres petits villages jusqu'à l’arrivée des Angolais… mais dans ce cas la situation se détériora encore un peu plus.

Néanmoins depuis lundi les soldats ont commencé à bloquer un large périmètre autour de ma résidence et il faut maintenant passer par de nombreux check points. Ils inspectent aussi les coffres des voitures. Mon chauffeur Papi leur ouvre le sien de l’intérieur ce qui ne manque pas de les étonner et de les prendre de court. J’en profite pour taquiner Papi : " où as-tu planqué les grenades, allez me mens pas… ". Quand les militaires nous donnent l’ordre de repartir ils ne ferment pas le coffre ce qui exaspère Papi : " fermez le coffre ! ". Les militaires sont furieux : " comment ça ? Vous ne pouvez pas le fermer de l’intérieur ? " Eh bien non ! Pas les Mercédès au Congo, allez savoir pourquoi ! Mais puisque Papi parle swahili, ils quémandent toujours quelques pièces de monnaie. Une sorte de péage en quelque sorte. Papi s’en acquitte volontiers, avec un grand sourire : " je préfère payer que de prendre une balle dans la tête ". Il a raison Papi, surtout que les soldats ont souvent l’air drogués. On pourrait bien sûr leur proposer autre chose, des cigarettes par exemple. Pour tout achat, comptez sur l’œil d’aigle de Papi. Il peut conduire et surveiller les trottoirs. Ici, pas de feux rouges, des routes boueuses et poussiéreuses, on y voit à peine à 2 mètres devant soi, il y a foule, impossible de reconnaître un visage, seulement des vêtements qui semblent flotter avec des paniers sur la tête. Vous voulez des avocats, des kleenex, du crédit pour le téléphone ? Pas de problème, vous baissez la vitre et vous commandez. " Même de la drogue ", dit Papi en montrant un type assis sous un arbre à 2 mètres de six policiers. Où que vous alliez, tout ce que vous voulez au Congo est juste sous votre nez !

Contrastes à Kinshasa

Parmi les nombreuses choses qui frappent le visiteur à Kinshasa il y a les contrastes de la vie quotidienne :

  • les voyageurs qui arrivent par le vol d’Air France en bonnets de fourrure et sacs Vuitton et qui sont accueillis par leurs parents pieds nus, dans des pyjamas troués.
  • Les guirlandes d’ampoules de couleurs en néon qui flottent et illuminent le parking de l’Hôtel de Ville, face à l’un des quartiers populaires les plus démunis où les gens vivent sans électricité dans la fumée et la lueur des lanternes à gaz de fortune.
  • Les gens qui me félicitent d’avoir voté pour Obama ! Un homme formidable, sauf qu’il soutient le mariage gay. " Une société doit avoir des limites en ce qui concerne la moralité. Encore un peu et les gens vont épouser leur chien ?"

-Moi : " mais la polygamie ne vous gêne pas ? Comme avoir une femme et une maîtresse ?
-Eux : Mais c’est la nature humaine ! Qu’y a t-il d’immoral à avoir et une femme et une maîtresse ?"

  • Les employés qui vous roulent deux fois plus quand vous les augmentez.
  • Les voitures vertes de chez Renault pour le nettoyage des rues.
  • Le type posté au carrefour et qui vend d’immenses oreillers.
  • Les pompiers qui tous les jours continuent de s’asseoir, en uniformes, parmi les tristes cendres des camions et des bâtiments de leur station ravagée par un incendie.

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Lettre de Kinshasa

Depuis 1994, les guerres invisibles qui déchirent la République Démocratique du Congo ont fait six millions de morts.

Au Congo, l’impuissance de l’ONU est caricaturale. Les 16?000 casques bleus de la Monusco, mission des Nations Unies pour la Stabilisation en RD Congo, déployés dans le pays semblent plus désarmés que jamais.

Dans plusieurs villes du pays ont éclaté des manifestations dirigées contre le gouvernement ou les forces onusiennes. L’opposition multiplie les attaques contre le président, dont la réélection, l’an dernier, reste contestée.

Le M23, qui tient son nom des accords de paix du 23 mars 2009 prévoyant l'intégration des rebelles dans l'armée, a pris les armes en avril dernier, accusant le président de la RDC Joseph Kabila de ne pas avoir respecté les termes de ce pacte. Les rebelles qui sont accusés d’agir pour le compte du Rwanda, affirment vouloir libérer la République démocratique du Congo et ont annoncé qu’ils poursuivraient leur offensive jusqu’à ce que le président Kabila accepte de négocier.

Le 20 novembre, les rebelles du M23 se sont emparés de Goma, la capitale du Nord-Kivu, nœud stratégique par lequel transitent les matières premières exportées, via le Rwanda, par cette riche région minière de l’est du Congo. Les rebelles n’entendent pas en rester là. Le M23, a promis d’aller « jusqu’à Bukavu, Kisangani et Kinshasa », et demandé le départ du président congolais, « parce qu’il n’a pas remporté les élections de l’année dernière ». Les rebelles viennent tout récemment de s’engager à un retrait de Goma.

Aurélie est en mission temporaire en RDC pour le compte d’une ONG internationale de protection de la nature et de l'environnement. Elle nous envoie ses impressions de Kinshasa.

23 novembre 2012 Nos bureaux ont fermé de bonne heure aujourd'hui et nous avons reçu l'ordre de rester chez nous jusqu'à nouvel ordre. Après la prise de Goma par les rebelles, les voitures brûlées à Kisangani et Bunia, les pierres jetées sur les véhicules des Nations Unies, la rumeur courait que des troubles pourraient survenir à Kinshasa. Mieux valait donc être préparés. D'autant que nos bureaux sont juste à côté de la MONUSCO (on peut voir la pointe bleue de leurs casques dans leur petites cages d'observation au-dessus du mur) et que nous avons déjà fait l'expérience dans le passé de quelques bombes égarées ...

La population en RDC est si pauvre qu'elle est prête à tout pour se faire entendre, y compris s'en prendre aux bâtiments ou résidences privées des blancs de préférence, ce qui me donne l'occasion d'entendre des commentaires racistes déplorables, du genre «ce sont tous des singes, ils se mangeraient entre eux».

Mais il ne faut pas non plus oublier que les manifestations ici ne durent que quelques jours, comme nous l'avons constaté l'année dernière pendant les élections . Protester est un luxe que bien des gens ne peuvent se permettre s'ils veulent garder leur emploi et ne pas crever de faim. Et puis il y a les pluies. Et quand il pleut rien ne se passe, les autobus ne roulent même plus ...

Non, nous ne sommes pas inquiets pour les manifestations.

Je suis donc rentrée chez moi. Les soldats au check point étaient étonnamment plus alertes que d'habitude et se sont même mis au garde à vous ! Les militaires, une trentaine environ, résident dans une énorme tente de toile, plantée de travers dans le jardin d'une maison abandonnée. On se croirait pendant la première guerre mondiale. Quatre soldats montent la garde pendant que les autres sont assis, fument des cigarettes, font du feu, étendent leur linge, transpirent dans leurs uniformes. Il y a une petite cabane éclairée d'une ampoule où l'on vend des cigarettes ou de la sauce tomate en boite. Difficile de lire les étiquettes des boites délavées. Tous ont des visages dégoulinant de sueur, et ont l'air épuisés. Papi, mon chauffeur, m'a dit qu'un jour qu'il avait un rendez-vous au palais présidentiel, les gardes au bureau d'accueil faisaient la manche.

Il y a plus de 12.000 militaires congolais stationnés à Kiwu. Si les pauvres types à Kinshasa ne peuvent même pas joindre les deux bouts à l'ombre du palais présidentiel, qu'en est-il pour les autres ! Il y a beaucoup à parier que le premier choix d'un militaire sera de vendre son arme pour pouvoir acheter un morceau de pain pour sa famille. Et pour qui combattrait-il ? Le Président Kabila est invisible car dit-on ici, il a bien trop peur de venir en RDC par crainte de se faire assassiner comme son père avant lui.

Interview des rebelles

A la question de savoir s'ils reçoivent-ils de l'aide du Rwanda , quelques rebelles interviewés hier répondent que non. « nous obtenons nos armes tout simplement de l'armée congolaise qui vend tout ce qui est possible – pneus, armes, rails de chemin de fer, etc … Il y a même un gros type qui est prêt à vendre la ceinture de son uniforme. Quand un véhicule militaire passe, il la remet à toute vitesse».

Mon propriétaire italien, Filiberto, dont le fils travaille pour les Nations Unies, a une radio spéciale que nous écoutons toutes les 30 minutes pour en savoir plus sur la situation. Entre temps, il me raconte ses exploits de jeunesse au Congo quand il était pilote. Ses atterrissages d'urgence sur les pistes primitives de l'Est du pays , quand il lui fallait jeter par-dessus bord la cargaison …. sauf les réservoirs d'essence et les diamants, et le «paquet spécial» qu'il fallait livrer aux chefs d'États. Je suis sûre qu'il a dû transporter des défenses d'éléphant en ivoire…

Travailler au Congo

Nous avons un projet sur un lac pour lequel nous avons acheté deux grands bateaux et engagé deux capitaines. Leur travail consistait à charger les bateaux de ravitaillement et les conduire vers le lac. Le voyage devant durer à peine deux semaines, c'était une simple tâche. Au bout de trois mois ils n'étaient toujours pas arrivés. Personne ne savait ce qu'ils étaient devenus eux et leur chargement. Renseignement pris, il s'est avéré que l'un des capitaines était en charge d'un marché clandestin de «bushmeat» (viande provenant d'animaux sauvages ou d'espèces en voie de disparition) et qu'il avait fait le trajet entre la rivière Congo et Kinshasa une douzaine de fois, pour vendre la viande des animaux que le projet était censé protéger. Les capitaines et leur chargement sont arrivés au lac plusieurs semaines plus tard … en regardant leur montre et en nous assurant qu'ils s'étaient perdus en route ! Le clou c'est qu'ils demandent maintenant à être payés pour leurs heures supplémentaires et nous assignent en justice. Vu leur relation privilégiée avec le gouvernement, il est probable qu'ils vont gagner et que nous allons devoir les payer !

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Crimes à Gaza

Pour la cinquième journée consécutive, l'armée israélienne a effectué ce dimanche 18 novembre de nouvelles attaques sur Gaza, tuant trois jeunes enfants.

Le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, est en route pour Israël et Ramallah, capitale provisoire de l'autorité palestinienne en Cisjordanie, "pour appeler l'ensemble des parties à arrêter l'escalade et proposer l'aide de la France pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat".

Un enfant de 18 mois a été tué et ses deux frères âgés de 4 et 5 ans grièvement blessés ce matin dans un raid israélien sur le centre de la bande de Gaza. Dans la nuit, deux autres enfants âgés d'un et trois ans ont été tués au cours de deux opérations, non loin de la frontière avec Israël. Depuis mercredi, les raids israéliens ont fait 55 morts du côté palestinien. Près de la moitié des Palestiniens tués sont des non-combattants, selon des sources médicales et des organisations de défense des droits de l'Homme. Trois civils israéliens ont également péri dans le sud d’Israël.

Dimanche avant l'aube un raid aérien visait un bâtiment de la ville de Gaza abritant les bureaux de médias arabes locaux, blessant au moins huit journalistes palestiniens.

Les préparatifs en vue d'une éventuelle opération terrestre se sont accélérés, avec la mobilisation de quelque 20 000 réservistes israéliens. Le gouvernement israélien doit se prononcer dimanche sur le rappel d'un total de 75 000 réservistes.

L'Organisation mondiale de la santé a lancé un appel urgent pour rassembler 10 millions de dollars afin d'assurer la fourniture, ces trois prochains mois, de médicaments et matériel médical à Gaza, où la plupart des stocks de médicaments essentiels sont déjà épuisés. "L'OMS lance un appel à la communauté internationale et régionale pour un soutien financier urgent pour fournir des médicaments essentiels (qui sauvent des vies) face aux pénuries préexistantes, ainsi que du matériel d'urgence pour traiter les blessés et les malades chroniques", indique-t-elle dans un communiqué.

Le Mouvement de la Paix dénonce l’impasse permanente de la solution militaire et demande l’arrêt immédiat des hostilités à Gaza. Pour l’association pacifiste, "une fois encore, c’est en premier lieu, la population de Gaza déjà soumise à un blocus illégal et inhumain depuis 2007 qui subit les conséquences. La sécurité de la population d’Israël ne sera en rien améliorée. Le risque d’un nouvel embrasement au Proche-Orient est réel. Dans cette situation grave, le Mouvement de la Paix dénonce la passivité du « Quartet » (USA – UE– Russie – ONU) qui n’a pris aucune initiative, ni même encouragé les diverses initiatives de négociations."

Le Mouvement de la Paix demande que tout soit fait pour obtenir l’arrêt immédiat des bombardements israéliens et s’adresse au gouvernement français, aux dirigeants de l’Union européenne pour leur demander d’exercer des pressions sur le gouvernement d’Israël pour qu’il se conforme au droit international, et pour qu’il lève le blocus de Gaza.

Il estime également que la France doit répondre positivement à la légitime demande palestinienne d’adhésion à l’ONU. Cette demande sera examinée le 29 novembre prochain.

lire le communiqué du Mouvement de la paix

Le PCF condamne très fermement les attaques militaires israéliennes dans la bande de Gaza et juge "l’usage de la force militaire irresponsable et criminel dans une zone où la concentration démographique est l’une des plus importantes au monde."

"Depuis 2007, la bande de Gaza est victime d’un blocus total et illégal qui n’a réussi qu’à renforcer la mainmise du Hamas et qui, selon les Nations unies, a précipité le peuple palestinien de Gaza dans une extrême précarité." remarque encore le PCF.

 

Lettre d'Amérique (5)

Correspondant particulier, près de New York

The day after ...

Alors que nous nous apprêtions à passer une longue nuit dans l'attente du résultat final, il était clair dès 22 h. en voyant la mine déjà déconfite de certains commentateurs républicains que la victoire d'Obama était prévisible. A entendre l'ignoble Karl Rove (ancien conseiller de G. Bush) Obama devait remercier ... l'ouragan Sandy !

A 23h20, la flèche de l'Empire State Building à New York passe au bleu, la couleur du Parti démocrate. On sait maintenant que les jeux sont faits et que les prédictions de Nate Silver ont été une fois de plus rigoureusement exactes.

Quel bonheur de voir le Massachusetts (où Romney fut gouverneur), le New Hampshire (où il réside), le Wisconsin (fief de son colistier Ryan) tomber les uns après les autres dans l'escarcelle démocrate. Qui plus est, d'autres candidats républicains soutenus par le Tea Party, les dinosaures racistes et sexistes tel que Richard Mourdock (Indiana), qui avait suscité un tollé en déclarant qu'une femme tombée enceinte après un viol était une «volonté de Dieu» et Todd Akin (Missouri) qui s'était distingué par des commentaires hallucinants sur le «viol véritable» ont enfin mordu la poussière. Oui les «fous de Dieu» à commencer par Paul Ryan, qui la veille de l'élection osait accuser publiquement Obama «d'attaquer les valeurs judéo-chrétiennes du monde occidental» ont perdu la guerre.

Ce matin dans le New York Times, le journaliste Thomas Friedman reprend la phrase restée célèbre du Sénateur Républicain Mitch McConnell, qui le lendemain même de l'élection d'Obama en 2008 vitupérait que «la seule chose importante est d'empêcher le Président Obama d'avoir un second mandat». Exactement ce que le Parti Républicain s'est empressé de faire durant les quatre dernières années en s'alliant avec une extrême droite ultraconservatrice et raciste, prête à tout pour délégitimiser le Président et bloquer ses réformes.

Cette élection à mon avis sonne le glas d'un parti Républicain qui n'a jamais compris que la démographie n'est plus depuis longtemps en sa faveur et qui n'a pu attirer hier qu'un électorat en majorité masculin, blanc et âgé, les mêmes qui s'opposent au mariage gay, veulent abolir l'avortement, ou qui sont en faveur d'une déportation massive des immigrants illégaux ou des sans-papiers. Ce ne sont plus aux États-Unis des positions majoritaires. Les noirs et les hispaniques, les femmes et les jeunes ont eux voté majoritairement pour Obama.

Doit-on en déduire que l'avenir est rose ? Certainement pas. Si le Sénat est démocrate, le Congrès est toujours républicain et les problèmes (chômage, immigration, etc ..) auxquels Obama doit faire face ne sont pas prêts à disparaitre. Mais pour l'instant, malgré le Nor'easter qui s'abat sur nous depuis ce matin, nous sommes heureux ou comme me disait un étudiant de l'Université ce matin «Je peux enfin dormir en paix».

Merci à HV pour sa chronique de l'élection américaine, vivante et au plus près du terrain ! Nous avons apprécié ces lettres originales et pleines d'enseignements, qui nous ont permis de mieux comprendre la réalité de ce grand pays, souvent surprenant à nos yeux français...

 

Alors le changement, c'est pour maintenant ?

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...Pourtant que la montagne est belle !
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...en espérant que Louis Gallois soit interdit de séjour aux USA...

Barack Obama sera président pour 4 ans de plus.

Élu en 2008 sur des slogans d'"espoir" et de "changement", Barack Obama a réussi à convaincre les Américains qu'il pouvait, mieux que son adversaire Mitt Romney, les mener sur la voie de la reprise économique malgré quatre années de crise dont le pays se remet encore lentement.

La mobilisation des électeurs démocrates a été suffisante pour prendre une légère avance dans les fameux « swing states ». Des dizaines de milliers de militants sont allés chercher un par un des électeurs, peut-être déçus par le premier mandant d’Obama mais qu’ils ont réussi à convaincre de ne pas donner, pour autant, les clés de la Maison Blanche à Mitt Romney.

La deuxième leçon de ce scrutin, c’est la défaite cuisante du parti républicain qui s’était juré de faire d’Obama le « président d’un seul mandat ». Échec historique de ce parti qui s’isole du mouvement de la société au fur et à mesure qu’il se radicalise ? Une dérive que les Américains viennent de sanctionner.

 

Lettre d'Amérique (4)

Correspondant particulier, près de New York

Élections américaines, Jour J.

Le 6 novembre 2008 nous nous étions levés R. et moi à 6 h du matin, prêts à vivre une journée historique : l’élection de notre candidat, Barack Obama. Celui pour lequel pendant presque deux longues années nous avions inlassablement fait campagne, allant même jusqu'à aller faire du porte à porte une semaine auparavant, pendant tout un week-end pluvieux dans un quartier hostile de Pennsylvanie où R. s’était fait insulter par un raciste qui menaçait de lâcher son chien !

Aujourd’hui nous allons bien sûr voter pour Obama, mais nous n’avons pas la pancarte blanche et bleue sur notre pelouse et nous n’avons pas contribué aux milliards de dollars dépensés pour cette campagne. Si notre enthousiasme s’est quelque peu atténué il n’en reste pas moins que l’idée d’une présidence Romney-Ryan est tout simplement effroyable et que nous nous refusons même de l’envisager.

10h. Murphy High School à Hollow Road

amerique_7.jpgNous avons la chance de pouvoir marcher jusqu’au centre de vote de notre quartier et d’économiser l’essence qui fait défaut depuis l’ouragan Sandy. Hier soir la campagne Obama nous envoyait encore des mails nous implorant de téléphoner aux électeurs des « swing states ». Depuis ce matin les démocrates locaux rappellent aux électeurs de voter et proposent un co-voiturage si nécessaire.

Il y une longue queue dans le gymnase de Murphy. Mais le système de vote a encore changé ! Au lieu des machines mécaniques habituelles avec leurs nombreux boutons (genre machine à sous) on nous propose aujourd’hui un système « moderne », à savoir un grand carton en anglais et en espagnol (il n’y a pas de langue officielle aux États-Unis) avec le nom des neuf partis et de leurs candidats. Dans l’État de New York nous élisons aujourd’hui non seulement le Président, mais les Sénateurs, les représentants du Congrès et les juges. Dans d’autres états comme la Californie les électeurs devront aussi voter pour ou contre la peine de mort. En Floride, pour ou contre le mariage gay, le droit à l’avortement, etc …

Dans un isoloir (pas très isolant !) il faut maintenant noircir des bulles avec un feutre, puis le remettre à un volontaire qui va le scanner dans une machine électronique. Et voilà ! Nous avons fourni deux votes pour le scrutin populaire. C’est important même si l’État de New York est acquis à Obama, car s’il y a litige en ce qui concerne le Collège électoral, le vote populaire final sera déterminant pour départager les deux candidats.

Il ne nous reste plus qu’à attendre les résultats qui normalement devraient nous parvenir vers minuit ce soir mais compte tenu des nombreux problèmes suscités non seulement par l’ouragan Sandy mais par les manigances des Républicains qui s’ingénient à empêcher les pauvres et les minorités de voter, et les fraudes électorales qui sont monnaie courante dans ce pays, l’incertitude est de mise.
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Ci-dessus, le bulletin de vote de l'État de New York

 

Lettre d'Amérique (3)

Correspondant particulier, près de New York

4 novembre Nous sommes toujours sans électricité ni chauffage sept jours après l’ouragan Sandy. Nous sommes passés à l’heure d’hiver et ce soir il fait nuit beaucoup plus tôt. La température est chaque jour un peu plus glaciale. Il y a maintenant pénurie d’essence et de fioul. Ce soir il y a des queues de plus d’un kilomètre autour des pompes à essence et la nervosité et l’impatience sont palpables. Nous attendons hélas une autre tempête, un Nor’easter, mercredi, qui devrait ajouter à notre misère avec encore des vents violents et une pluie diluvienne. Mais restons optimiste, près d’une cheminée qui crépite et illumine mon clavier…

Si les médias entretiennent un peu trop le suspense sur cette élection présidentielle, je fais moi confiance à un certain Nate Silver, jeune statisticien génial, qui analyse en détail tous les sondages nationaux et publie quotidiennement sur son blog « fivethirtyeight » les prédictions du jour. En 2008 il a prédit correctement les résultats de l’élection présidentielle pour 49 états sur 50. Nate nous assure ce matin, graphiques à l’appui, qu’Obama a 80.2% de chance de gagner la présidentielle et qu’il est d’ores et déjà assuré d’obtenir les 270 « grands électeurs » nécessaires ! Voilà qui va rassurer une de mes voisines qui depuis deux jours fait du porte-à-porte, ignorant le grand érable qui est tombé devant sa porte, pour vanter les mérites de son candidat et convaincre ceux qui restent encore indécis.

Un système électoral compliqué

La présidentielle américaine est une élection au suffrage indirect. Le président est élu par 538 «grands électeurs», désignés par les citoyens américains. Les «grands électeurs», excepté ceux du Maine et du Nebraska, votent pour le candidat ayant obtenu la majorité des voix dans leur État. L'élection formelle du président par ce collège électoral n’a lieu qu’en décembre. Pour être élu président, un candidat doit obtenir au moins 270 grands électeurs. ?Le nombre de grands électeurs attribué à chaque État reflète sa population et correspond à son nombre d'élus au Congrès. Le plus peuplé, la Californie, dispose de 55 grands électeurs, les États les plus petits comme le Wyoming par exemple de 3. Le vainqueur peut, comme Bush en 2000 avoir reçu moins de voix que son rival sur le plan national (vote populaire) mais quand même être élu s'il remporte les États apportant le plus de grands électeurs.

Aux États-Unis, le président et son vice-président, qui lui succède en cas de décès ou de démission, sont élus en même temps. Mais nous élisons aussi le jour de l’élection les membres du Congrès, les juges et les Sénateurs. Autrement dit, devant la “machine électorale” il faut appuyer sur de nombreux boutons et être sûrs de ne pas se tromper. Je prendrai une photo de la nôtre après demain !

Les fameux « swing states »

Ce sont les États-clef dans lesquels l'élection peut se jouer. En ce moment Obama et Romney courtisent l’Ohio. L’écart entre parti démocrate et parti républicain y est serré et les candidats y concentrent leurs efforts financiers et leurs déplacements. Les «Swing States» de 2012 comprennent la Floride, l'Ohio, la Pennsylvanie, le Colorado, l'Iowa, le Michigan, le Nevada, le New Hampshire, la Caroline du Nord, la Virginie et le Wisconsin.

Un troisième candidat ?

Il existe des candidats à la Maison-Blanche qui n'appartiennent ni au parti démocrate ni au parti républicain. Aucun d'entre eux n'a jamais gagné une présidentielle mais leur présence peut peser sur le résultat final. En 1992, le milliardaire Ross Perot avait recueilli 18,9% des voix et a été considéré comme un des facteurs de la victoire du démocrate Bill Clinton sur le président sortant George Bush. Cette année, on compte une dizaine de «third party candidates», un des plus «populaires» le candidat libertarian Gary Johnson est crédité de 1 à 5% des voix.

Le “Communist Party USA” ne présente pas de candidat à l’élection présidentielle cette année et soutient Barack Obama. Ce qui renforce la conviction chez certains qu’il est non seulement musulman, étranger… mais aussi un dangereux communiste.

 

Lettre d'Amérique (2)

Correspondant particulier, près de New York
Nouvelles du front (pas National)
Des lendemains qui déchantent …

2 novembre Il y a cinq jours que l’ouragan Sandy nous a laissés sans électricité, sans chauffage, sans essence, ni produits alimentaires frais. Notre jardin est maintenant dévasté par la chute d’arbres, qui ont évité de justesse notre maison … qui en a certainement vu d’autres durant ses 280 années d’existence. Mais miracle, cet après-midi à 4h. les énormes camions du National Grid (la Compagnie du Gaz) ont enfin fait une apparition dans la rue de Stony Brook, notre village de la côte nord de Long Island, à 70 km de New York. Jusqu’au coucher du soleil ils ont tenté d’enlever et de remplacer les nombreux poteaux électriques déchiquetés, enchevêtrés dans les arbres ou qui jonchent le sol et dont l’aspect m’a toujours convaincue qu’ils datent du début du siècle dernier. Ah la vétusté incroyable de l’infrastructure aux États-Unis ! Outre l’état insensé des routes et des ponts, même dans la ville de New York, aucun fil électrique n’est enterré à Long Island, sauf peut-être dans les Hamptons (enclave paradisiaque de la côte Sud, résidence d’été des riches New Yorkais et lieu de naissance de Jacqueline Kennedy) et quelques nouveaux lotissements. Dans ce paysage idyllique de bord de mer, très boisé, avec ces petites maisons blanches en bois, typiques de la côte Est, la première chose qui frappe le touriste étranger ce sont les dizaines de câbles et de fils qui se balancent de façon souvent précaire entre d’énormes poteaux en bois et gâchent le paysage. A la première intempérie importante, ils tombent. Mais à la différence de l’ouragan Katrina qui dévasta la Nouvelle Orléans en 2007 et laissa sur le carreau tous les pauvres qui n’avaient pas les moyens de quitter la ville, notre banlieue a eu, elle, le temps de se préparer et d’évacuer avant l’arrivée de l’ouragan plus de 375.000 personnes.

C’est dire que si les États-Unis se vantent d’aller en Irak ou ailleurs faire du « nation building » (construire des nations) il faudrait sans doute commencer sur le territoire national … En ce moment quand je regarde ma rue, bloquée de toute part par les chutes d’arbres depuis plusieurs jours, je me demande si je vis dans le Tiers-Monde.

Travailleurs, unissez-vous !

L’Université de l’État de New York à Stony Brook (30.000 étudiants) est fermée depuis lundi 29 octobre. Dans leurs résidences du campus les 7000 résidents s’en donnent probablement à cœur joie : les cours sont annulés et ne devraient reprendre que la semaine prochaine. C’est la première fois dans l’histoire du campus (même le 11 septembre 2001 l’Université est restée ouverte) que le Gouverneur de l’État de New York autorise la fermeture de l’Université sans que le personnel soit pénalisé ! Oui ici, même en cas d’ouragan ou de forte tempête de neige, le personnel qui ne peut se rendre sur son lieu de travail doit prendre un jour de congé (vacances ou jour de maladie). Capitalisme oblige, même dans une Université !

Manifester ….mais après le travail. Voter … mais pendant les heures de travail.

Il est évident que comme l’année dernière, lors du passage de l’ouragan Irene, il faudra attendre que la compagnie locale privée d’électricité LIPA se réveille. Mais ici les gens prennent leur mal en patience, beaucoup trop pour mon goût français ! Les Etasuniens en général sont peu enclins aux manifestations. Témoin un groupe de quinze ex-employés CGT de Samsonite (Hénin-Beaumont) venu à New York la semaine dernière en solidarité avec leurs camarades étasuniens qui luttent contre la délocalisation en Chine de l’entreprise Sensata (succursale de Bain en Illinois dirigée par …. Mitt Romney) et qui s’étonnait que la manifestation prévue n’ait pu avoir lieu … qu’en dehors des heures de travail ! Mais le vote pour l’élection présidentielle a toujours lieu le 6 novembre pendant la semaine.

Petite anecdote : L’année dernière fin septembre nous avons aussi subi un autre ouragan nommé Irene. Moins violent que Sandy il a néanmoins été dévastateur pour notre quartier. Plusieurs arbres gigantesques étaient tombés et une semaine plus tard rien n’avait été déblayé. Nous étions toujours privés d’électricité. Je m’inquiétais pour la santé de ma voisine Carol (96 ans et vivant seule avec ses 8 chats !). C’est alors que j’ai décidé de mettre en œuvre « la méthode française ». Munie d’une pancarte « LIPA nous a oubliés » je me suis postée au carrefour de notre rue et Main Street au moment où la circulation du soir est la plus dense. Le résultat dépassa mes espérances. Non seulement j’ai provoqué quelques embouteillages mais certains passants s’arrêtèrent pour me féliciter de mon action et pour me demander quelle aide apporter. D’autres prirent des photos, une vidéo fut envoyée à la chaîne de télévision locale ! Une heure plus tard, deux charmants responsables de la compagnie d’électricité LIPA, naturellement inquiets pour leur publicité se présentaient pour m’assurer que tout serait fait le lendemain. De fait, à 8h du matin, des camions de renfort du Missouri et du Kansas arrivaient et le soir même nous pouvions éteindre nos bougies et prendre une douche chaude. De toute évidence ma manifestation avait porté ses fruits car dans les jours qui ont suivi on m’a demandé d’organiser une petite manif identique dans une autre rue …

L’esprit pionnier

Donc puisque les autorités ne sont pas assez efficaces (même avec une déclaration d’état d’urgence) pour réparer l’électricité ou rétablir l’eau, qu’à cela ne tienne. On prend les choses en main. C’est sans doute cet esprit « pionnier » que j’admire dans un sens aux États Unis mais qui s’avère à double tranchant. Il se caractérise d’une part par une mentalité individualiste dont Romney se fait aisément le champion et qui vante l’esprit d’initiative individuelle, le labeur, le mythe du « self-made man ». Et qui aussi bien entendu vilipende toute aide envers les pauvres et les minorités accusés de « profiter de la société sans avoir à travailler». Mais d’autre part il met en relief un autre côté plus sympathique de la société américaine : le volontariat. J’ai vu par exemple avant hier plusieurs habitants du quartier venir avec leurs scies électriques pour tronçonner des arbres toute une après-midi et aider au rétablissement d’une vie normale pour le quartier. Je suis surprise depuis le dernier ouragan par la prolifération des générateurs qui pallient avantageusement les déficiences des autorités mais qu’on prête généreusement au voisin moins fortuné. Ma voisine Carol (allant sur ses 97 ans) est nourrie par les voisins qui se présentent spontanément avec des plats ou qui offrent de faire ses courses.

Il est 8 h du soir et j’écris à la bougie au coin du feu comme le Capitaine Hawkins (dit Jack Molasses car il avait un amour immodéré de la mélasse !) et qui vécut dans ma maison à l’époque coloniale, donc je continuerai demain au grand jour, sur le sujet des élections.

 

Lettre d’Amérique

Sandy-Hollow_02.JPGCorrespondant particulier, près de New-York

Le 31 octobre Nous sommes sains et saufs. Nuit terrifiante, le mot n'est pas trop fort. De 4 heures de l'après-midi jusqu'à 2 heures du matin. le vent a soufflé par rafales jusqu'à 150 km/h. A 5 heures, un gigantesque noyer s'est déraciné et est tombé entre le garage et la maison, en détruisant les murets de pierre mais en épargnant la cuisine et la chambre. Le vent soufflait tellement fort que toute la maison tremblait. Vers 11h du soir avec la marée haute et des vagues dépassant 4 mètres, les autorités ont évacué le village près du port. On a vraiment cru que la maison ne tiendrait pas le coup.

Le matin, vision d'apocalypse, arbres partout, poteaux électriques couchés, rues barrées, le jardin est dévasté naturellement mais bon on a survécu. Ceci dit on s'est dit que deux ouragans en deux ans et demi, plus alertes à la tornade, ça suffit et on pense réellement vendre la maison et aller vivre à New-York (pas au Sud !!!).

L'Université a fermé jusqu'à nouvel ordre, nous serons sans électricité pendant au moins deux semaines et il commence à faire froid.

Je pense que tout cela va affecter les élections. A ce point je dois avouer que nous ne nous en préoccupons pas trop. Obama gagnera probablement si les électeurs se déplacent. Les sondages le donnent gagnant pour le collège électoral. (l’élection est au suffrage indirect ; ce sont les « grands électeurs » du collège électoral qui élisent le président, état par état, ndlr) Mais c'est sans compter sur le racisme et l'inculture politique fondamentale d'une majorité de la population, pas celle des grandes villes mais le reste.

Je suis dans le bureau de R. qui a du chauffage à l'Université et du courant grâce aux générateurs.
J'enverrai des photos du désastre.

Le 1er novembre Ce matin la température de la maison était de 12 degrés. Impossible de trouver de l'essence. L'Université est toujours fermée mais au moins nos bureaux sont accessibles et .... chauffés. Le Long Island Railroad (train reliant la banlieue à NY, ndlr) ne fonctionne toujours pas. Sans les feux de signalisation les gens conduisent n'importe comment et il y a déjà de nombreux accidents. Ma voisine de 96 ans a finalement accepté de quitter sa maison et de loger temporairement chez des amis à Port Jefferson. Mais sans ses 8 chats ... Nous avons deux collègues qui ont perdu, l'une sa cuisine, l'autre toute sa maison. Je ne vois comment ils vont pouvoir rétablir le courant avant la mi-novembre. Il parait que des camions venant du Missouri, Kansas et même Californie devraient arriver, mais quand ? Les mêmes qui nous avaient tiré d'affaire l'année dernière durant l'ouragan Irene.

L'élection du 6 novembre semble mal partie. Nous, par exemple nous ne pourrons pas accéder à notre bureau de vote, une école située en haut de la rue, qui est inaccessible vu les énormes arbres tombés dans les rues avoisinantes.

sandy_2.jpgLe 2 novembre Notre rue ce matin, en photos, 5 jours après Sandy.

Vu la pagaille ambiante ici je me demande comment on va pouvoir voter. Notre centre de vote en haut de la rue, une école, n'est toujours pas accessible. Arbres tombés partout, poteaux électriques par terre, fils qui se baladent. Il est à craindre que beaucoup de gens restent chez eux. Il est douteux que le New Jersey et New York qui sont toujours en état d'urgence puissent voter. Que se passera- t-il si certains Etats votent et pas d'autres ?

De toute façon dans un pays où chaque Etat est libre du choix du vote (certains peuvent voter avant le 6 novembre, ex. Obama lui-même à Chicago la semaine dernière), du mode de vote (électronique, bulletin papier, etc...) bien difficile de dire ce qui se passera. Il est évident que dans certains Etats (Texas et de nombreux Etats du Sud) les Républicains essaient d'empêcher les minorités de voter par tous les moyens (fausses informations, comme par ex. "que la date de l'élection a été reportée (!) ou bien qu'il faut présenter son permis de conduire avec photo ou tout autre papier d'identité (pas de carte d'identité aux Etats Unis comme en France). Ceux qui ne conduisent pas ... On sait aussi que la famille Romney, avec Bain, a comme par hasard fourni les "nouvelles" machines électroniques dernier cri pour voter dans l'Ohio...

Les derniers sondages donnent Obama gagnant, probablement de peu mais son leadership pendant l'ouragan Sandy qui lui a valu les félicitations du gouverneur républicain du New Jersey l'aidera aussi sans doute. Le maire républicain de New York vient lui aussi d’annoncer soutenir Obama.
L’élection sera certainement serrée, car que feront les jeunes, les femmes, les Noirs, les Hispaniques qui ont largement voté pour lui il y a quatre ans ? On est loin de l’enthousiasme suscité alors, et tout le monde est aujourd’hui résigné, sans conviction, sans illusions….juste réaliste… Pour la justice sociale, une certaine régulation du capitalisme, les gens de gauche (ceci n’a rien de commun avec ce que peut être la gauche en Europe, et reste ici très faible) espéraient beaucoup d’Obama. C’est surtout sa décision de renoncer à une « option publique » dans la réforme du système de santé qui a déçu.

L’ouragan Sandy que nous venons de subir aura au moins eu un mérite : celui de remettre sur le devant de la scène, alors qu’aucun des deux candidats n’en a vraiment parlé, les questions environnementales et climatiques ! Il paraît que 70% des Américains croient désormais au réchauffement climatique et pensent que cela est dû à l’activité humaine.

Enfin n’oublions pas qu’un million de personnes sont menacées par le manque de nourriture en Haïti, qui peinait déjà à effacer les stigmates du séisme destructeur de 2010 quand il a été touché par l'ouragan Sandy la semaine passée. Eux auront sans aucun doute beaucoup plus de difficultés que nous à s’en relever…

Merci à H. pour ces infos en direct !

 

Qui êtes-vous, Monsieur Chávez ?

Texte invité

« Chávez, compte sur moi, compte sur le PT, compte sur la solidarité et sur l’appui de chaque militant de gauche, de chaque démocrate et de chaque latino-américain. Ta victoire sera notre victoire. Un fort abrazo, un abrazo fraternel et merci, compagnon, pour tout ce que tu as fait pour l’Amérique Latine. » (1)
Luiz Inácio Lula da Silva, Président du Brésil de 2003 à 2011.

L’ancien président du Brésil concluait ainsi, le 6 juillet 2012, un long message de soutien à Hugo Chávez, réélu Président de la République bolivarienne du Venezuela le 7 octobre 2012. Si nous en croyons la majorité des médias et des commentateurs « autorisés », c’est à un autocrate sur le chemin de la dictature que s’adressaient ces encouragements d’un homme quasi unanimement respecté.

François Hollande lui-même s’est pourtant fendu le lendemain de la réélection de Chávez d’un communiqué dans lequel il « félicite le Président CHAVEZ pour sa victoire et lui adresse, en son nom et au nom du peuple français, ses vœux de succès dans l'accomplissement de sa mission. La France se réjouit du bon déroulement du processus électoral qui a permis au peuple vénézuélien d'exprimer son choix dans le pluralisme et en toute liberté. » (2) Ce texte a été publié tard dans la soirée du 8 octobre : serait-ce pour qu’il ne puisse pas être repris dans la presse écrite du lendemain matin ? Certes discret, il reconnaît pourtant la sincérité du scrutin et la liberté de choix des vénézuéliens, alors même que les choix politiques de François Hollande nous semblent pour le moins éloignés de ceux du Sud-américain.

Ces encouragements et félicitations ne sont pas ce que l’on lit ou entend le plus souvent. Hugo Chávez a contre lui une bonne partie de la presse, celle de droite évidemment mais aussi plusieurs journaux de gauche ou considérés comme tels. Plusieurs ONG critiquent vivement le président vénézuélien, l’accusant de violer la liberté d’expression ou de museler la justice : Human Rights Watch (3), Reporters sans Frontières (4) ou (4)

Chávez et sa politique ne laissent pas indifférent, et il est difficile de trouver des avis nuancés. Les détracteurs de Chávez ne reconnaissent que du bout des lèvres que la pauvreté a reculé au Venezuela depuis son accession au pouvoir. Ses laudateurs concèdent que « tout n’est pas parfait » sans beaucoup s’épancher sur ce point. La seule quasi unanimité est dans la critique, exprimée d’un bord à l’autre de l’échiquier politique, de ses soutiens à Mahmoud Ahmadinejad, président de la République islamique d’Iran, et à Khadafi. Ses relations cordiales avec Cuba choquent davantage à droite, ce qui ne surprendra personne.

« Le Monde », considéré comme un journal de référence si ce n’est comme « le » journal de référence, donne régulièrement la parole aux deux bords – cf. les pages « Débats » du « Monde » du 4 octobre 2012, mais les articles de la rédaction du « Monde » sont plutôt « anti », ceux de Paulo Paranagua notamment (5), ce qui a donné lieu à des vifs échanges avec Jean-Luc Mélenchon et des menaces de procès en diffamation à son encontre.

Pour la plupart d’entre nous qui ne sommes jamais allés au Venezuela et ne sommes pas spécialistes de l’Amérique du Sud, il est bien difficile au milieu des arguments échangés, souvent exprimés de façon véhémente, de distinguer les faits de la propagande et du dénigrement, voire de la diffamation.

L’idéal serait de tout lire : la consultation de l’ensemble de la presse et des sites web consacrés en tout ou partie au Venezuela et à l’expérience chaviste, qu’ils y soient favorables ou opposés, permet à un esprit critique bien aiguisé de commencer à se faire une idée. Seulement cela demande du temps, dont peu d’entre nous disposent.

Consultons donc une source que l’on ne soupçonnera pas d’être de parti pris : la Direction Générale du Trésor publie régulièrement des statistiques sur les pays du monde entier. Point de biais politique ici, il s’agit de donner aux investisseurs français des informations utiles, pas question de sentiments, seule l’efficacité compte lorsqu’il s’agit de placer son argent. Voici quelques informations intéressantes tirées des derniers graphiques macro-économiques « Pays Andins » qu’elle a publiés (6).

Ce n’est pas une surprise : grâce au pétrole, le Venezuela crée et amasse des richesses, plus de quatre fois plus que le plus pauvre de sa région à population comparable et dans l’absolu plus de 15 fois plus. La manne pétrolière n’est cependant pas un vaccin contre la crise, ce n’est qu’en 2011 que le Venezuela est sorti d’une période de récession.

Il n’est donc pas surprenant que l’inflation soit forte, dans le contexte d’une politique sociale affirmée – notons cependant qu’elle a tendance à diminuer. La dette publique du Venezuela (comme celle de ses voisins) doit faire rêver à la Commission Européenne et chez Madame Merkel s’ils la comparent à celle de certains de nos voisins européens…

Quant au taux de chômage de 8,6%, c’est ici, en France, qu’il aurait de quoi faire rêver !

Examinons maintenant l’indice de Gini (7) du Venezuela : il était en 2010 au-dessous de 0,4 (il était de 0,49 en 1999 selon la Banque Mondiale). Notons qu’aux États-Unis il était légèrement supérieur à 0,4 en 2007-2008 (8) !

La pauvreté a nettement diminué au Venezuela depuis l’accession au pouvoir d’Hugo Chávez, ainsi que la situation sanitaire :
chavez_.jpg

Le tableau économique et social n’est donc pas catastrophique même si des questions légitimes sont posées quant au niveau des investissements dans les outils de production, notamment l’industrie pétrolière.

Les critiques les plus violentes de la politique de Chávez concernent la corruption, la criminalité et la violence, la liberté de la presse, et les libertés publiques en général.

Même des voix qui se disent proches du Front de Gauche s’élèvent contre « un régime en pleine décadence », tel Marc Saint-Upéry, dans « Mélenchon, Chavez et le Venezuela. Une idylle mal venue » (9). Dans cette lettre ouverte, ses « camarades et amis » sont invités à « ouvrir un débat sérieux au sein du Front de Gauche et dans la gauche en général sur ces questions, et à y convier aussi d’autres voix que les béni oui-oui du paradis bolivarien ou leurs adversaires chéris, les perroquets de l’antichavisme hystérique en pilotage automatique. »

Pour Saint-Upéry, « non seulement le Venezuela de Chavez ne mérite ni l’excès d’indignité que lui attribue la droite internationale ni, de loin, l’excès grotesque d’honneur que lui fait Jean-Luc Mélenchon, mais la question vénézuélienne est très loin d’être prioritaire. Le Front de Gauche, aussi bien que les autres composantes de la gauche et du mouvement social en France et en Europe ont aujourd’hui des questions autrement plus importantes et prioritaires à débattre et à résoudre. Mais ce n’est pas moi qui ai décidé de faire du Venezuela une bannière idéologique centrale. »

Traitant Jean-Luc Mélenchon et les dirigeants du Parti de Gauche de « béni oui-oui du paradis bolivarien », Saint-Upéry passe pratiquement sous silence la critique réelle qu’ils portent à la politique étrangère du Venezuela.

Les reproches faits à Chávez en matière de droits de l’homme viennent donc de tous les bords. Notons cependant que ceux qui viennent « de gauche » sont en général aussitôt tempérés, comme chez Saint-Upéry, par la reconnaissance du fait que la diminution de la pauvreté est en soi une avancée déterminante des droits de l’homme. Nous notons pour notre part que ceux qui vouent Chávez aux gémonies en lui opposant les exemples de liberté publique que seraient les États-Unis ou d’autres pays occidentaux, oublient que, par exemple, la peine de mort est depuis longtemps abolie au Venezuela alors que du fait de son maintien, nombre d’Étatsuniens meurent à cause d’atroces erreurs judiciaires auxquelles aboutissent des procédures qui sont loin d’être un exemple d’équité et d’impartialité.

Devons-nous pour autant passer l’éponge sur tout problème de droits de l’Homme au Venezuela sous prétexte que, comme le disent souvent les Chinois, les Cubains ou Chávez lui-même : « nous respectons les droits de l'homme, mais chaque État est souverain et libre de les interpréter et de les mettre en œuvre à sa manière. Votre prétention à l'universalité n'est qu'une nouvelle forme d'ingérence » ? Certainement pas. Les Droits de l’Homme sont universels, et tolérer qu’il y soit manqué ici conduit en toute logique à tolérer qu’ils le soient ailleurs, comme dans les États islamistes qui, comme l’a dit Robert Badinter, « considèrent les droits de l'homme comme un don de Dieu, qu'il convient par conséquent d'interpréter à la lumière de la charia, en excluant de fait les juristes au profit des docteurs en théologie. » (10)

Il est une chose que nous ne devons cependant pas oublier : bien que le Venezuela ait pour premier partenaire économique les États-Unis eux-mêmes, la présence de Chávez au pouvoir représente pour l’hégémonie américaine, en fait celle des financiers qui mènent le monde en ce moment, une menace mortelle si rien n’est fait pour y mettre fin. Les ploutocrates et oligarques craignent la contagion qui sévit depuis quelques années en Amérique du Sud, où des forces progressistes sont arrivées au pouvoir au Venezuela, au Brésil, en Argentine, en Équateur et ailleurs.

La réélection de Chávez est pour ces gens une importante défaite, lourde de menace pour leur avenir… mais pas pour celui des peuples. Et si la contagion gagnait en Europe des pays comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal… la France elle-même ?

La vérité est que la présence en Amérique latine de Chávez, Correa et des autres gouvernements progressistes de la région est une chance, non seulement pour les peuples qui les ont élus, mais pour tous les progressistes où qu’ils soient et pour ce motif, Jean-Luc Mélenchon a raison de soutenir Hugo Chávez.

Alors, paraphrasons Lula da Silva. Chávez, compte sur nous, compte sur les forces progressistes, compte sur la solidarité et sur l’appui de chaque militant de gauche, de chaque démocrate et de chaque citoyen du monde. Ta victoire aux dernières élections est notre victoire. Mais fais attention, ne te laisse pas griser par ce succès, porte un regard critique sur ton bilan et retiens-en les leçons pour ton action future.

François-Patrick Doroszlaï

Notes et références

(1) venezuelainfos

(2) voir le communiqué

(3) « Human Rights Watch dénonce les abus de pouvoir de M. Chavez au Venezuela », article de Paulo A. Paranagua dans « Le Monde » du 18 Juillet 2012.

(4) Voir sur le site de RSF ces liens : lire, ou lire, parmi de nombreux articles dénonçant le sort qui serait fait à la presse d’opposition au Venezuela. Une recherche sur les mots « Hugo Chávez » sur le site de RSF aboutit à 25 liens vers des pages dénonçant des actes de son gouvernement.

(5) Dans l’article cité plus haut comme dans d’autres, parfois au détour d’une phrase, par exemple au troisième paragraphe de « L'Amérique latine et la corruption », article de Paulo A. Paranagua dans « Le Monde » du 9 septembre 2012.

(6) voir le lien

(7) L’indice de Gini (également appelé coefficient de Gini) mesure l’inégalité des revenus dans un pays : le chiffre 0 représente une égalité parfaite (tous les revenus sont identiques) et le chiffre 1 une inégalité totale (une seule personne reçoit tout le revenu et les autres rien).

(8) Rapport sur le développement Humain 2007-2008, Programme de Développement des Nations Unies (PNUD).

(9) « Revue du MAUSS permanente », 8 octobre 2012. voir le lien, suivi d’un article du même paru dans « Le Monde » du 4 octobre et d’annexes détaillées. Marc Saint-Upéry, essayiste et traducteur, est présenté comme « l’un des meilleurs connaisseurs français de l’Amérique latine. »

(10) Interview dans « Télérama » en juillet 2009 : voir l'article. Comme le dit Badinter en conclusion de ces propos : « La tâche, pour les nouvelles générations, va être considérable. »

 

Quand militer conduit au tribunal…

affiche_paix_en_Palestine_m.jpgAu tribunal de Pontoise comparaissaient vendredi 12 octobre sept militants inculpés pour avoir participé à la campagne dite « BDS », appelant au boycott de produits israéliens en provenance des territoires occupés.

Poursuivis pour « provocations publiques à la discrimination à l’égard d’un groupe en raison de son appartenance à une nation », les sept sont élus, membres d’EELV, du NPA, d’Europalestine, de la Fase ou du Front de Gauche. Dans le cadre de la campagne « Boyccott, Désinvestissement, Sanctions », ils avaient organisé une manifestation dans une grande surface de Montigny en mai 2009 puis en juin 2010. Laurent Alcini, membre de la direction départementale du PCF fait partie de ce groupe qui participe à l’action internationale lancée en 2005 par la société civile palestinienne à l'encontre d'Israël et qui entend dénoncer la politique coloniale de cet État.

Les droits du peuple palestinien sont bafoués, le droit international est piétiné, Israël s'engage toujours plus avant dans la violence de l'occupation, de la colonisation, la violation des droits humains et du droit international. La communauté internationale ne joue pas son rôle, l'Union Européenne et le gouvernement français les premiers. Les avis de la Cour Internationale de Justice sont ignorés. Le mouvement BDS vise à agir pour que les États appliquent des embargos et des sanctions contre Israël. Cette campagne est menée partout à travers le monde et s'inspire de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud. Elle exprime à la fois l'indignation et la réponse de citoyen-ne-s face à l'oppression et l'occupation vécues par le peuple palestinien depuis plus de 60 ans. Elle condamne l'impunité d'Israël, l'inertie et la complicité des gouvernements à l'échelle internationale qui étouffent les droits du peuple palestinien.

Le Front de Gauche du Val d’Oise soutient pleinement les militants poursuivis et a dénoncé ce procès comme « visant à criminaliser l'action militante, à porter atteinte à la liberté d'expression et à tenter de faire taire tous ceux qui agissent pour le respect des droits des Palestiniens. » Le FdG s’engage pour défendre le droit de vivre dans la dignité du peuple Palestinien, et considère qu’agir pour qu’il puisse vivre en paix et en coopération avec un Etat israélien, dans un Etat indépendant, dans les frontières de 1967, est une cause juste.

Pas une seule des parties civiles sionistes qui avaient réclamé à cor et à cris la comparution de militant-e-s ayant appelé au boycott des produits exportés par Israël n’était présente au Tribunal de Pontoise. Les avocats de la défense ont posé la question de la constitutionnalité de l’acte d’accusation. La cour a prononcé la recevabilité de la question préalable de constitutionnalité ce qui implique que les poursuites sont suspendues jusqu’à ce que la cour de cassation se prononce sur cette question. C’est une première dans ce type de procès. Les juges ont renvoyé au 12 septembre 2013 une prochaine audience à Pontoise, et par là même rendu quasiment impraticable tout autre procès sur la question du boycott des produits israéliens, en France, tant que la Cour de Cassation ne se sera pas prononcée sur cette question de constitutionnalité.

Le FdG 95 se réjouit de cette issue et reste vigilant pour la suite qui sera donnée à cette affaire.

En savoir plus sur la campagne BDS

 

Mortelle Méditerranée

Des centaines de personnes sont victimes de drames mortels en Méditerranée sans que cela nous émeuve…parfois même sans que nous en entendions parler. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés estime à 1?500?le nombre de morts ou disparus en Méditerranée en tentant de rejoindre les côtes européennes à la suite des "printemps arabes". Les marins qui portent secours aux migrants en péril sont parfois traduits devant les tribunaux. Un bateau sillonne la Méditerranée pour dénoncer une politique de fermeture des frontières qui conduit à la mort des hommes dont le seul tort est de chercher une vie meilleure.

Ils étaient cinquante-cinq à prendre la mer… un seul a survécu. Cette semaine encore, cinquante-quatre émigrés, qui avaient quitté la Libye pour l'Italie sur un canot pneumatique, sont morts de soif près de la côte nord-africaine après quinze jours de dérive, a annoncé l'Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Le seul survivant, un Erythréen, a été secouru en état de déshydratation avancée par des garde-côtes tunisiens, alors qu'il s'agrippait à l'embarcation. L'homme a déclaré aux responsables du HCR que le bateau avait presque atteint la côte italienne lorsqu'il avait été éloigné par des vents violents avant de se dégonfler progressivement. Il ne transportait pas suffisamment d'eau et beaucoup de passagers ont commencé rapidement à souffrir de déshydratation. Beaucoup ont bu de l'eau de mer, ce qui n'a fait qu'augmenter leur soif, a-t-il ajouté.

À la suite des printemps arabes, le Haut-Commissariat aux réfugiés estimait à 1?500?le nombre de morts ou disparus en Méditerranée en tentant de rejoindre les côtes européennes.

Pour dénoncer cette situation, une flottille de solidarité avec les migrants a pris le large en Méditerranée. Le journal L'Humanité est présent sur la goélette « l’Oloferne » pour la traversée de Palerme jusqu’à Monastir en Tunisie où l’arrivée est prévue aujourd’hui 12 juillet.
Deux documentaristes français, deux journalistes et trois membres d’associations d’aide aux migrants sont également à bord du bateau.

Ce projet est né il y a un an, pendant la crise libyenne, pour dénoncer les contrôles violents aux frontières. Le renforcement des contrôles migratoires n’a cessé d’accroître la dangerosité des voies d’émigration. Un nombre de plus en plus élevé de migrants meurent aux portes de l’Union européenne.

L’escale en Sicile de l’Oloferne est symbolique puisque c’est ici que sont toujours enfermés des centaines de migrants arrivés par la mer. Ici aussi qu’ont été jugés les marins du navire « Cap Anamur », poursuivis pour avoir sauvé des boat-people.

Car outre la fermeture des frontières de l’Union européenne, la flottille entend dénoncer la criminalisation des marins qui portent secours aux migrants en danger.

« Il est scandaleux qu’il y ait des migrants qui meurent en mer parce qu’ils n’ont pas de visas et aussi parce que les règles très anciennes de sauvetage en mer ne sont pas respectées » souligne le Gisti, groupe d’information et de soutien aux immigrés. En effet, l’obligation de porter secours en mer se heurte aux lois sécuritaires sur l’immigration. L’obligation de porter secours existe depuis l’Antiquité et au XXe?siècle, les conventions internationales ont gravé dans le marbre ces règles ancestrales. Mais depuis la mise en place de politiques migratoires répressives par l’Union européenne, les lois terrestres entrent en contradiction avec les lois séculaires du sauvetage en mer. Des marins ayant aidé des naufragés ont été poursuivis pour aide à l’immigration illégale. ?À chaque fois, la justice a rappelé le droit de la mer, c’est-à-dire l’obligation de prêter assistance à quiconque est trouvé en péril en mer. Mais des pêcheurs se posent maintenant des questions avant de sauver des migrants, quand ils savent qu’ils peuvent aller en prison et se faire réquisitionner leur bateau.?

En 2009, la cour du tribunal d’Agrigente en Sicile condamnait deux pêcheurs tunisiens, qui avaient porté secours à 44 migrants à bord d’une embarcation gonflable au large de Lampedusa, à trois ans et demi de prison, la confiscation du bateau et une amende de 440 000 euros pour résistance violente à une personne dépositaire de l’autorité publique et à navire de guerre. Les deux chalutiers avaient en effet forcé l’entrée du port de Lampedusa pour sauver les migrants. En septembre 2011, les pêcheurs seront relaxés.

Le sauvetage n’est que le début d’un long processus. Une fois sauvés, les migrants doivent être débarqués. Sur ce sujet, l’affaire « Cap Anamur » reste dans les mémoires des marins. En 2004, les membres d’équipage de ce navire associatif sauvent 37 migrants prêts à sombrer dans les eaux internationales du canal de Sicile. Il attendra ensuite vingt et un jours, au bord des eaux territoriales italiennes, sans que l’Italie ne lui donne l’autorisation d’y entrer. Il finira par forcer le passage. Trois membres d’équipage seront poursuivis pour aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière. Ils seront relaxés après cinq ans de procédure.

L’an dernier, à la suite des printemps arabes, des histoires semblables ont été relevées par le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR). En juillet 2011, une centaine de migrants secourus par un navire espagnol de l’Otan ont passé cinq jours en mer tandis que l’Espagne, l’Italie et Malte refusaient tour à tour de les prendre en charge. C’est finalement la Tunisie qui acceptera de les accueillir. «?Cette dispute a suscité la crainte qu’à l’avenir les navires de l’Otan soient plus réticents à porter secours à des immigrants?», s’inquiète le HCR dans son dernier rapport.

Dans une Méditerranée truffée de navires civils et militaires, verra-t-on bientôt des bateaux-cercueils sombrer dans la plus parfaite indifférence, parce que chargés de migrants sans-papiers ?

Infos tirées de différents articles parus dans l’Humanité

 

Débarrassons-nous de la dissuasion nucléaire

Hollande-Bombeducrane150.gifNon Monsieur le Président, la « dissuasion » nucléaire ne contribue pas à la Paix, ni à la sécurité de la France, ni à celle de la planète !

"Je me suis engagé devant les Français pour préserver la dissuasion nucléaire parce que c'est un élément qui contribue à la paix" affirme François Hollande lors d'une conférence de presse en marge du sommet de Rio, en réponse à la proposition de l'ancien Premier Ministre Michel Rocard sur BFM TV de supprimer l'inutile budget de la dissuasion française.

C’est pourtant la théorie erronée de la dissuasion qui demeure le principal argument de la prolifération nucléaire. Car si les armes atomiques sont si bénéfiques que cela, pourquoi dès lors ne pas permettre leur acquisition par tous ?

A contrario, dans le cadre du sommet de l'ONU sur la Terre, le président de la République aurait pu élargir le propos en invitant les puissances nucléaires à s’engager dans un processus d'élimination de l'arme nucléaire pour consacrer les budgets ainsi dégagés aux financements des grands enjeux de la planète : environnement, climat, agriculture, énergie, objectifs du millénaire pour le développement...

Il n’est plus tolérable de continuer, d'un côté, à produire les outils de l'apocalypse, et de l'autre, de ne pas donner les moyens à la sauvegarde de la Planète et à la satisfaction des besoins humains élémentaires (faim, santé, éducation, habitat, culture). Pour le Mouvement de la Paix, la vraie dissuasion, c’est la construction d’un monde plus juste, plus solidaire, plus démocratique. C’est le sens du programme « Culture de la Paix » de l’ONU.

Certes, le président de la République confirme que la France prendra toute sa place dans les négociations et discussions sur le désarmement nucléaire. Le Mouvement de la Paix demande au président de la République de ne pas en rester au verbe et d’engager la France dans le soutien à la Convention d’élimination des armes nucléaires, actuellement soutenue par 146 États. La France se grandirait de jouer un rôle moteur dans ce processus, en respectant les engagements du Traité de non-prolifération bafoués depuis 20 ans en gelant le programme de nouveaux missiles à tête nucléaire M51 et en s'opposant au projet de défense anti-missile des USA en Europe qui relance déjà la course aux armements nucléaires.

Selon le sondage IFOP/Mouvement de la paix, publié en mars 2012 : "81% des français sont favorables à l'engagement de la France dans un processus de Convention internationale d'élimination totale et contrôlée des armes atomiques".

Au moment où on nous annonce qu’il faut d’urgence trouver 10 milliards pour le budget 2013, il y a là près de 4 milliards disponibles en renonçant à la modernisation illégale des armes atomiques françaises.

Le Mouvement de la Paix invite les citoyennes et citoyens à amplifier leur engagement pour sauver la planète de la destruction atomique, et à soutenir la Lettre-pétition au président de la République du Collectif français de la Campagne internationale pour abolir l’arme nucléaire (ICAN – France).

Communiqué du mouvement de la Paix

signer la lettre-pétition

voir le site du Mouvement de la Paix

 

La force du droit

Communiqué du Mouvement de la Paix
La solidarité avec le peuple syrien ne passe pas par une intervention militaire

Le Mouvement de la Paix condamne une fois encore les violences meurtrières qui se poursuivent en Syrie, et réaffirme sa totale solidarité aux actions pacifiques du courageux peuple syrien pour la justice et la démocratie.

La Syrie continue de s’enfoncer dans une situation dramatique, dont le peuple syrien demeure la première victime. Toute décision qui conduirait à ajouter des souffrances aux 14 000 victimes recensées depuis 15 mois irait à contre-sens de la volonté majoritaire des Syriens d’accéder à un État démocratique. Il est de la responsabilité de la communauté internationale de prévenir une guerre civile qui a commencé avec la féroce répression exercée par le régime de Bachar El Assad contre les manifestations populaires non-violentes pour la démocratie et un État de droit.

Toute instrumentalisation par diverses forces extérieures va à l’encontre des intérêts du peuple syrien, et comporte des menaces d’embrasement d’une région, déjà fragilisée par un commerce des armes incontrôlé. Aussi faut-il exiger et appliquer un embargo total sur les ventes d'armes qui alimentent le cycle de la terreur en Syrie.

La France et la communauté internationale doivent agir d’urgence et avec fermeté pour faire cesser les massacres et favoriser une solution politique négociée dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies. Mettre un terme à la spirale infernale des violences est la nécessaire première étape de la mise en œuvre du plan de paix de l’émissaire de l’ONU, Kofi Annan. Celui-ci prévoit des solutions viables, un cessez-le-feu accepté mais non encore respecté par le pouvoir et l’opposition, le retour de l'armée dans les casernes, la libération des prisonniers, le respect du droit de manifestation, l'ouverture d'un dialogue opposition/pouvoir, la libre circulation de la presse et des médias. Dans cette optique, le renforcement du nombre et du rôle des observateurs est en mesure de protéger les populations.

Si nous pouvons nous féliciter que la France n’envisage pas son action en dehors de l’Organisation des Nations Unies, la question essentielle est de savoir ce que la France va défendre au sein de l’ONU. Ainsi le Mouvement de la Paix demande au président de la République de ne pas retenir l’option militaire et de faire entendre au sein du Conseil de sécurité « la force du droit plutôt que le droit de la force » pour favoriser les solutions politiques et diplomatiques.

Ainsi, le Mouvement de la Paix réaffirme son opposition à toute intervention militaire. Rajouter la guerre aux violences ne résoudra rien en Syrie, pas plus que cela n’a résolu durablement la situation en Libye, en Afghanistan ou en Irak. Les soldats Français rentrent d'Afghanistan, ce n'est pas pour les renvoyer en Syrie !

Le Mouvement de la Paix écoute avec attention les mouvements démocratiques de résistance syriens, notamment de l’intérieur. Ceux-ci disent que la militarisation de la situation contribuerait à priver le peuple syrien de sa révolution, et appellent à négocier une issue politique avec l’ensemble des composantes du pays. La logique de la culture de paix doit s'imposer devant celle de la culture de guerre.
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En 10 secondes...

2 Juin : journée mondiale d'abolition des armes nucléaires

Regardez la nouvelle vidéo-choc et prenez part à la Journée mondiale d'abolition des armes nucléaires. "Ça prend juste 10 secondes" !

voir la vidéo
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Exister, c’est résister

Après avoir été reçu par le président du Sénat, Salah Hamouri a été accueilli mercredi 11 avril 2012 par les sénateurs du groupe communiste républicain et citoyen.

Après 7 ans dans les prisons israéliennes, condamné sans preuve par un tribunal militaire illégal, Salah Hamouri a enfin été libéré le 18 décembre dernier. Il a retrouvé sa liberté, sans condition, depuis le 12 mars.

Il commence donc une tournée dans toute la France pour remercier tous ceux qui se sont mobilisés pour obtenir sa libération.

En effet, durant toute sa période de détention, les élus CRC et des citoyens ont entrepris de nombreuses démarches pour sa libération. Michel Billout, sénateur de Seine-et-Marne, lui a rendu visite dans sa prison Israélienne de Gilboa.

Salah Hamouri, enfin libre, c’est un signe d’espoir pour celles et ceux qui luttent pour la libération de tous les prisonniers politiques. Mais également un signe d’espoir pour le peuple Palestinien et peut-être même pour la paix dans cette région du monde.

Le mouvement des Jeunes communistes organise un grand concert au Cabaret Sauvage (Paris) en mettant à l’honneur Salah le jour de ses 27 ans le mercredi 25 avril à partir de 19h au "Cabaret Sauvage" à Paris.
La place est à 15€.

voir le site des jeunes communistes

 

2012 : La Grèce en lutte comme l’Espagne de 1936 pour les peuples d’Europe !

gr_ce__22.jpgCe discours de Sonia Mitralia, membre du Comité grec contre la Dette et de l’Initiative des Femmes contre la Dette et les Mesures d’Austérité, a été prononcé au meeting de Marseille du 17 février, organisé par la campagne française " pour un audit citoyen de la dette publique".

Le cours de l’histoire s’accélère et les événements cataclysmiques des derniers jours en Grèce doivent désormais convaincre même les plus hésitants : La Grèce tend à devenir aujourd’hui pour cette Europe de 2012 ce qu’a été l’Espagne pour l’Europe de 1936 ! Cette constatation apparemment osée n’est pas le fait de quelques romantiques. Non, c’est le fait de nos gouvernants car ceux qui nous l’assènent à longueur de journée depuis bientôt deux ans, ce sont ceux d’en haut, les Merkel et Sarkozy, le FMI et les banquiers, la réaction néolibérale par-delà les frontières nationales, ceux qui ont choisi de transformer la Grèce en laboratoire de leurs politiques inhumaines et les grecs en cobayes de leur thérapie de choc.

Il est plus que temps que nous, ceux et celles d’en bas de toute l’Europe, prenons à la lettre ce que nous disent nos Merkozy et leur Troika, et que nous agissons enfin en conséquence. Acceptons le défi et répondons leur que désormais, sans tarder, la Grèce va devenir un cas/test pour nous aussi, pour le mouvement des travailleurs, pour les mouvements sociaux et féministes, pour les peuples et les exploités de toute l’Europe ! Oui, faisons leur comprendre que Oui, nous sommes tous des grecs car, nous sommes pleinement conscients que le combat du peuple grec est plus que jamais notre combat. Que s’ils arrivent à briser les résistances et à soumettre le peuple grec, après ce sera notre tour, le tour de tous les autres peuples européens, l’un après l’autre, de passer à la trappe.
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Peut être vous vous souvenez qu’au tout début ils nous racontaient des balivernes du genre « c’est un cas unique et spécifiquement grec dû au fait que ces grecs sont des fainéants, rompus à la corruption et au mensonge » Cependant depuis lors, on a appris que le trou noir de la dette n’est pas spécifiquement grec, qu’il n’est pas dû à la prétendue hypertrophie de l’État grec, car il est aussi bien américain que français, italien que japonais. En somme, qu’il est typiquement capitaliste et sa crise tout simplement systémique.

Mais, attention aux phrases toutes faites et aux clichés parce qu’ils sont inopérants pour décrire l’actuelle réalité grecque. Peut-on encore parler d’austérité même draconienne quand les salaires et les pensions baissent en Grèce de 40, 50 ou même de 60% ? Quand le pouvoir d’achat de l’écrasante majorité de la population est déjà amputé de 50, 60, ou même de 70% et plus ? Quand la classe moyenne de ce pays est ruinée et en voie de paupérisation galopante ? Quand les nouveaux salariés ne touchent plus que 417 euros et les nouveaux pensionnés 320 euros ? Est-ce de la simple « rigueur » quand un sur deux jeunes grecs est chômeur et le chômage atteint désormais 25% ? Comment peut-on parler des simples? « sacrifices passagers » quand la malnutrition fait des ravages parmi les petits élèves de l’école primaire, et la faim pointe le nez dans les quartiers même petit bourgeois des villes grecques ?

gr_ce_33.jpgEt comment peut-on prétendre que tout ça c’est « nécessaire pour mettre de l’ordre dans les finances » de la Grèce quand les bourreaux eux-mêmes admettent cyniquement que leurs politiques imposées de force à la Grèce ont échouées, ne font qu’enfoncer ce pays toujours plus profondément dans une récession monstrueuse et que la dette grecque ne pourra jamais être remboursée ? Alors, simple sadisme de la tristement célèbre Troïka ou plutôt guerre ouverte et déclarée du capital contre le monde du travail ? La réalité quotidienne nous oblige à l’admettre : Oui, nous en Grèce nous assistons à une véritable guerre de ceux d’en haut contre ceux d’en bas, des très riches contre tous les autres. Et en même temps, ne l’oublions pas car c’est très grave, nous assistons à la résurrection du pire néocolonialisme quand nous voyons la Grèce humiliée et dépourvue de pratiquement toute souveraineté nationale, traitée pas ses prétendus partenaires européens comme une véritable colonie, un protectorat sous tutelle, dirigée sur place par un quelconque Gauleiter de Madame Merkel et de Monsieur Schäuble.?

gr_ce_44.jpgEt les grecs eux-mêmes, que font-ils ? Attention, ne croyez pas ce qu’on vous raconte des grecs. Vos médias sont comme les nôtres : la réalité qu’ils nous décrivent est totalement irréelle. Nous parlant de la Grèce actuelle, ils insistent sur le fait qu’il y a à Athènes un gouvernement d’Union Nationale appuyé par les quatre cinquièmes des représentants du peuple grec. Donc, si on les croyait on arriverait à la conclusion que les grecs sont plutôt maso et adorent être maltraités? Évidemment, la réalité est toute autre. Une douzaine de grèves générales en moins de deux ans, d’innombrables luttes et grèves très dures dans tout le pays, un climat presque insurrectionnel depuis des mois, un mouvement des Indignés -les Aganaktismeni grecs- qui a balayé toute la Grèce pendant 3 mois, des affrontements très violents avec les forces de répression déchaînées, des ministres et des députés qui n’osent plus sortir de chez eux depuis 10 mois car ils sont hués ou même tabassés par les passants, un parlement assiégé de plus en plus fréquemment par des centaines des milliers de manifestants qui tôt ou tard vont le prendre d’assaut,? voilà un bref aperçu de ce qu’est devenue la routine presque quotidienne en Grèce depuis de longs mois.

Mais tout ça ne représente que des secousses prémonitoires du très grand séisme social qui est en train de se préparer. En effet, un coup d’oeil plus attentif suffirait pour qu’on découvre que la colère populaire bat actuellement des records historiques, que le pays est comme un volcan social prêt à exploser. D’ailleurs, les sondages qui se multiplient sont tous éloquents. L’appui populaire à ce gouvernement dit d’Union Nationale ne dépasse plus le 8% tandis que l’ensemble des partis à la gauche du PASOK social-démocrate font un score dépassant désormais les 50% ! Tout change à une vitesse hallucinante et le paysage politique grec subit un véritable chambardement sans précédent parce que des pans entiers de cette société sont à la recherche des solutions radicales à la crise et à leur paupérisation galopante. Vous voulez un exemple qui illustre parfaitement cette situation tout à fait exceptionnelle, qui ressemble de plus en plus avec ce qui se passait dans un certain entre deux guerres dans notre continent ? Le PASOK qui, il y a deux ans, a fait un triomphe gagnant les élections avec le score-record de 45%, obtient maintenant, selon tous les sondages, moins de 10% tandis qu’un groupuscule de tueurs néonazis atteint depuis peu les 3% ! Oui, la société grecque est déjà en train d’expérimenter sa propre République de Weimar?.

grece_111.jpgAlors, que faire ? La première chose c’est de crier haut et fort que les grecs ne doivent pas payer cette dette qui les étrangle et qui n’est pas la leur. Qu’on doit suspendre tout de suite son paiement. Pourquoi faire ? Pour faire ce que nous oblige de faire le droit international, l’ONU, nombre de conventions internationales signées d’ailleurs par nos gouvernements : Pour investir les sommes astronomiques consacrées maintenant au service de cette dette, à la satisfaction des besoins élémentaires de la société grecque, à la santé, l’éducation, les infrastructures, les services publics, les chômeurs, les gosses affamés, les familles monoparentales, les malades et les infirmes, les femmes qui sont maintenant contraintes d’assumer gratis et en famille toutes ces taches assumées par les services publics avant leur démantèlement et leur privatisation.

Pour combien de temps ? Pour le temps qu’il faudra pour réaliser un audit citoyen de la dette afin d’identifier sa part illégitime qu’il faudra annuler et ne pas payer. Et tout ça en refusant obstinément de tomber dans le piège des chantages de nos bourreaux qui nous répètent à longueur de journée qu’une telle politique radicale mène automatiquement le pays à la sortie de l’euro et de l’Union Européenne, à un repli national obligatoire?.

Non, non et non. Nous refusons de payer cette dette et en même temps nous restons dans la zone euro. Et la raison principale est simple : parce que nous voulons nous battre avec vous, tous ensembles, la main dans la main avec tous les peuples et tous les travailleurs de ce continent, pour foutre en l’air cette Europe du capital, des Merkel et des Sarkozy. Parce que nous voulons créer et amplifier ce qu’on appelle la « crise systémique » de cette Union Européenne antidémocratique et antisociale des riches. Oui, il n’y a désormais qu’une seule perspective, la seule réaliste et faisable, celle du combat commun de ceux d’en bas partout en Europe. Camarades, c’est maintenant plus que jamais que l’union fait la force. Unissons-nous car tous ensembles nous pouvons toujours changer ce monde qui est en train de pourrir. Avant qu’il ne soit pas trop tard?.

Et rappelez-vous : Si ce n’est pas nous, alors qui ? Si ce n’est pas maintenant, alors quand ?...

 

En Grèce et ailleurs, l’austérité est une impasse absolue

gr_ce_1.jpg Dessin volé à Politis

Témoignages de Grecs

Les personnes les plus touchées par la crise, les classes moyennes et populaires n’ont plus les moyens de consommer, d'aller faire leurs courses ou de se rendre chez le médecin. La semaine dernière, je suis allé chez le dentiste, la salle d'attente était vide. Par ailleurs, toutes les constructions ont été arrêtées. Les architectes et ingénieurs vont se retrouver, eux aussi, sur le carreau.

Athènes n'est plus la même. Athènes est devenue morose et dangereuse. Pour faire des économies d'énergie, la ville est mal éclairée la nuit, c'est déprimant. Dans des rues entières, on trouve des magasins fermés aux devantures couvertes de graffitis. Chaque jour, les journaux grecs publient des cartes de la ville, avec comme indication les lieux des derniers vols, agressions ou cambriolages. L'hiver est rude. Les sans-abri se multiplient dans le centre-ville et cherchent dans les poubelles de quoi manger.

Des municipalités sont en faillite. Nous vivons actuellement sur l'île d'Égine, proche d'Athènes, qui est gravement frappée par la faillite de l'État, car la municipalité est actuellement dans l'impossibilité financière de faire acheminer l'eau et de ramasser les ordures ! Les écoles ne sont pas chauffées et les employés municipaux ne voient leurs salaires versés que de temps en temps… (Lu sur le Monde;fr)

grece_111.jpgEn Grèce, le taux de chômage s’élève à 20%, 48% chez les jeunes. Un million de chômeurs pour un petit pays de 11 millions d’habitants. Selon la banque de Grèce, les salaires ont reculé de 15% en moyenne depuis deux ans, tous secteurs confondus. Le PIB baissera de 4 à 5% cette année selon le FMI. La dette explose : 120% du PIB en 2009 et 160% aujourd’hui. Il y aurait 25 000 SDF à Athènes. Selon des statistiques officielles, un tiers de la population serait au bord de la pauvreté ou de l’exclusion sociale.

Après la hausse de 4 points de la TVA, la suppression des primes dans la fonction publique, la baisse des retraites, le vaste programme de privatisations d’entreprises publiques que la Grèce a subi en 2010, la troïka diabolique, BCE, FMI et Commission européenne, va continuer sa saignée mortelle. Elle impose à présent des baisses de salaires ahurissantes, tant dans le secteur public que dans le privé. Une réduction de 22% du salaire minimum, la suppression de 15 000 postes de fonctionnaires, dont on amputera aussi les salaires et les retraites. Ce nouveau plan est tout à la fois injuste et inefficace. Injuste puisqu’il touchera en premier lieu les plus pauvres en réduisant le salaire minimum. Inefficace car il ne fera qu’enfoncer un peu plus la Grèce dans le cercle infernal de l’austérité et de la récession. Les Grecs ne sont pas dupes et savent que la population va être contrainte à des sacrifices énormes pendant dix ans, sans que cela contribue à la réduction de la dette. Cette politique d’austérité est une impasse absolue pour l’économie grecque.
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Quelles solutions pour la Grèce et son peuple ? Il existe bien une stratégie alternative : permettre à la BCE de racheter une partie de la dette grecque et via un « fonds européen de développement social et de solidarité », lui prêter à taux très bas, pour aider à relancer la croissance et l'emploi et lui permettre ainsi de sortir de sa dépendance des marchés financiers.

Ce plan de solidarité avec la Grèce serait aussi la seule voie de salut pour l’euro et les partenaires européen d’Athènes, proclament les signataires de la pétition de soutien lancée par le journal l’Humanité, qui poursuit : « Vous soutenez les citoyens grecs en lutte contre un huitième plan d'austérité qui met la Grèce et son peuple sous tutelle et vous exigez un véritable plan de solidarité. Vous êtes 7174 à avoir signé la pétition de l'Humanité en solidarité avec la résistance grecque, continuez ! »

Ça m’énerve !

  • 23 députés du « Pasok » le PS grec, ont été exclus de leur parti pour…. avoir voté contre le plan d’austérité européen.
  • Pour François…. Bayrou, « la Grèce, c’est l’image de ce qui peut arriver dans un pays comme le nôtre s’il continue ses dérapages. Ça nous pend au nez, si nous n’arrivons pas à être sérieux dans la gestion des affaires du pays. Cela fait dix ans que j’avertis de ce qui va advenir, si on laisse filer les choses. » Soyez sérieux, prenez Bayrou pour ce qu’il est : un homme de droite prêt à appliquer le traitement austéritaire jusqu’à la mort du malade ! Et que sont ces « dérapages » ? La retraite à 60 ans ou les 35 heures ?
  • Qui a dit ? « Le parlement grec n’avait pas le choix. Il aurait fallu un plan massif dès le départ plutôt que cette lente agonie. Il fallait un plan d’austérité… sans doute… mais un seul, sans qu’il y ait cette suite. » En 2010, le même estimait que le premier plan « d’aide » à la Grèce était tardif mais suffisamment massif pour briser la spéculation. Ce visionnaire s’appelle François… Hollande. Nous non plus n’avons pas le choix : il faut pousser à gauche pour ne pas finir tous Grecs.
 

Solidarité avec la résistance grecque

Grèce: signez la pétition à l'initiative de l'Humanité

Solidarité avec la résistance grecque

Le Peuple grec est en situation de légitime défense. On tente de lui imposer des politiques d'austérité insupportables. Les plans successifs échafaudés à Bruxelles ou par le conseil européen et présentés à intervalles de plus en plus réguliers comme le seul moyen de le « sauver » du surendettement et de « sauver » l'euro, sont à chaque fois en échec. En se soumettant toujours davantage au diktat des marchés financiers on ne traite pas le malade. On le tue. Poursuivre dans cette voie est aussi insensé que dangereux. L'austérité, fait mal aux peuples européens, elle frappe aussi l'Europe de plein fouet. Il faut un véritable plan de solidarité avec la Grèce. C'est aussi la seule voie du salut pour l'euro et les partenaires européens d'Athènes. La Banque Centrale Européenne (BCE) doit aider à relancer la croissance et l'emploi en Grèce et partout ailleurs, en finançant - au taux auquel elle prête aux banques à 1% voire moins -, les Etats et leurs services publics, en leur permettant ainsi de sortir de leurs dépendances des marchés financiers et de leurs taux d'intérêt usuraires. Partout aujourd'hui la croissance décline. Une nouvelle récession menace la zone euro. La démocratie est piétinée. Des gouvernements non élus, comme celui d'Athènes, sont désignés, des aréopages bureaucratiques dictent leur loi aux assemblées élues. Des décisions autoritaires sont prises pour forcer les résistances populaires contre l'écrasement des salaires et des protections sociales. La construction européenne ne survivra pas à cette fuite en avant. Les peuples en lutte contre l'austérité ont raison. Ils ont besoin de toute notre solidarité. Nous appuyons l'idée avancée par des économistes, des acteurs du mouvement social et des forces de gauche pour que, par le rachat de titres de dette publique à l'émission, la BCE finance directement les Etats et leurs services publics. Ce serait là le seul moyen de casser les ressorts de la spéculation contre les dettes publiques. Les différents partenaires de la zone euro doivent pouvoir user du pouvoir de la BCE de créer de l'argent pour financer les immenses besoins de notre temps (sociaux, écologiques, énergétiques, sanitaires etc) et répondre enfin présent à la nécessaire solidarité européenne. Elles ne sont pas inflationnistes puisqu'elles impulsent une productivité supérieure et écologique et des créations de richesses nouvelles dans toute la zone euro. Le Fonds Européen de Stabilité Financière mis en place par l'UE doit être transformé en un fonds européen de développement social et écologique et dévoué à cette optique. Et la recapitalisation des banques ou leur nationalisation doit être conditionnée à une autre politique du crédit au service de ces objectifs. L'Europe est à un tournant. Elle ne peut sortir de la crise que si elle s'émancipe de la dictature des marchés financiers et se rend capable d'une promotion sociale, démocratique et écologique partagée.

Signez la pétition

 

Un Afghanistan libre et souverain

afghanistan_16.jpgQuatre soldats Français de plus décédés en Afghanistan :
«Quel objectif de morts acceptable s’est fixé le gouvernement ?» questionne le Mouvement de la Paix

Quatre soldats français viennent de trouver la mort en Afghanistan, portant à 82 le nombre de militaires français victimes d’une guerre qui n’est ni la leur, ni la nôtre.

«Il est temps de quitter l’Afghanistan, de tirer les conclusions d’une présence militaire désastreuse et de s’engager dans un processus civil pour un Afghanistan souverain » déclare Pierre Villard, président du Mouvement de la Paix.

Aujourd’hui, 70% des citoyens demandent le retrait des troupes.

Le 7 octobre 2001, Jacques Chirac, président de la République donnait à la présence militaire Française l’objectif de « détruire les infrastructures des réseaux terroristes et de leur soutien ». 10 ans après, malgré 23 milliards de dollars destinés à former l’armée afghane, c’est de cette même armée que, selon le ministre de la Défense, des éléments infiltrés tirent sur des soldats de l’OTAN. Triste bilan.

Suite aux propos de Gérard Longuet, Pierre Villard dénonce « non, cette situation n’est pas le lourd tribut à payer des forces de la coalition. Quel objectif de morts acceptable s’est fixé le gouvernement avant de se décider enfin de retirer toutes les troupes d’Afghanistan ? »

La démonstration est une fois de plus faite : la guerre ne résout rien ; cette voie toujours jonchée de morts doit être définitivement abandonnée.

Pour briser ce cercle de la guerre et de la violence, seule une issue politique est envisageable. La société civile avec l'aide des institutions internationales et de l'Onu, doit reprendre la main pour reconstruire le pays.
Les missions « humanitaires » confiées à des militaires, en tenue ou non, ne sont qu’un leurre auquel la population n’adhère pas : pour tous les Afghans, il s’agit d’une force d’occupation étrangère imposée.

Le Mouvement de la Paix demande au gouvernement de cesser les opérations militaires, d’organiser le retrait complet des troupes françaises en 2012, et d’œuvrer à un processus démocratique sous l’égide de l’Onu, qui détient seule la légitimité internationale.

Pour cela, les fonds prévus pour la guerre sont à attribuer d'urgence à la reconstruction du pays, dans le respect de la volonté du peuple afghan. « L’intérêt de la France c’est un Afghanistan libre et souverain » conclut le responsable pacifiste.

Le Mouvement de la Paix ; Saint-Ouen, le 20 Janvier 2012

 

Le drapeau palestinien hissé pour la première fois sur une agence de l'ONU

drapeau_p.jpgLe drapeau palestinien a été hissé pour la première fois le 13 décembre au siège d'une organisation de l'ONU, l'Unesco à Paris, en présence du président Mahmoud Abbas qui y a vu une "première reconnaissance de la Palestine".

Le drapeau composé d'un triangle rouge prolongé par trois bandes horizontales noire, blanche et verte, a été hissé devant le siège de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), pendant que l'hymne palestinien était diffusé à l'intérieur de l'enceinte sous les applaudissements des nombreux délégués présents.

Ce lever de drapeau célébrait l'accession des Palestiniens au statut de membre à part entière de l'Unesco, largement votée le 31 octobre en assemblée générale, en dépit de l'opposition des Etats-Unis et d'Israël.
"Cette adhésion est une première reconnaissance de la Palestine. C'est émouvant de voir notre drapeau hissé aujourd'hui dans une enceinte de l'ONU", s'est félicité Mahmoud Abbas dans son discours.
"Je souhaite que ceci soit de bon augure pour une admission de la Palestine dans d'autres organisations internationales", a-t-il ajouté, alors que la candidature palestinienne présentée à l'ONU à New York est dans l'impasse au Conseil de sécurité.

La cérémonie a également été suivie dans les territoires palestiniens. "Je suis fier que le drapeau de mon pays flotte sur le siège de l'Unesco", a dit à l'AFP, un habitant de Ramallah, Mahmoud Rimaoui. "Le monde doit savoir qu'il y a un peuple palestinien et j'espère que la prochaine étape sera à l'ONU".

A Paris, M. Abbas a affirmé vouloir poursuivre les démarches au Conseil de sécurité, où les Palestiniens n'ont pour l'instant pas les 9 voix sur 15 nécessaires. S'ils les obtenaient, les États-Unis ont prévenu qu'ils utiliseraient leur veto pour empêcher leur reconnaissance en tant qu'État.

"Nous n'avons pas encore demandé de vote mais cela peut intervenir d'un moment à l'autre. Si nous n'avons pas de majorité, nous répéterons cette demande encore et encore", a déclaré M. Abbas au cours d'une conférence de presse.

M. Abbas a rencontré à Paris le président Nicolas Sarkozy qui plaide pour un vote non plus au Conseil de sécurité mais à l'Assemblée générale de l'ONU.
Les Palestiniens sont assurés d'y obtenir une large majorité. Mais cela ne leur apporterait qu'un statut amélioré de "pays non membre observateur" à comparer avec leur statut actuel d'"entité observatrice".

Dans un premier temps, l'adhésion à l'Unesco va leur permettre de déposer des demandes de reconnaissance d'une vingtaine de sites archéologiques et religieux au Patrimoine mondial de l'humanité.
Les Palestiniens veulent que l'église de la Nativité à Bethléem soit le premier site inscrit "au nom de la Palestine" dès 2012. Ils souhaitent aussi présenter rapidement l'inscription du caveau du prophète Abraham à Hébron, un lieu saint à la fois pour les juifs et pour les musulmans.

Le vote de la fin octobre avait provoqué la colère des Américains qui avaient aussitôt suspendu leur financement pour l'Unesco, privant l'organisation de 22% de son budget, soit un trou de 65 millions de dollars dès 2011, puis de 143 millions de dollars sur les années 2012-2013. Cela a contraint la directrice générale de l'Unesco Irina Bokova à annoncer un plan drastique d'économies.

De son côté, Israël avait décidé d'accélérer la colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée, et gelé le transfert de fonds aux autorités de Ramallah.
Finalement, sous la pression internationale, Israël a levé un mois après le gel de ces fonds, des taxes douanières et de la TVA, qui représentent deux tiers des recettes budgétaires propres de l'Autorité palestinienne.

"Cette cérémonie de lever du drapeau ne fera en rien avancer la cause de la paix et de la réconciliation", a réagi à l'AFP à Jérusalem, le porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Mark Regev. "Le seul moyen d'y parvenir sont des négociations directes. Israël a proposé cette semaine de relancer des pourparlers directs... mais malheureusement, les Palestiniens ont une nouvelle fois refusé", a-t-il dit.

De son côté, Mahmoud Abbas a rappelé que les Palestiniens exigeaient "qu'Israël arrête immédiatement les colonisations" pour reprendre les discussions.

 

Salah enfin libre !

Dimanche 18 Décembre aux alentours de 21h, après 6 ans, 9 mois et 7 jours passés dans les geôles israéliennes, Salah Hamouri a été libéré. La joie est immense pour sa famille et son comité de soutien.

Détenu par Israël depuis 2005, le Franco-palestinien a enfin été libéré avec 550 autres prisonniers palestiniens dans le cadre de l'accord signé en octobre entre l'État hébreu et le Hamas, qui a permis la libération du soldat Gilat Shalit.

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Salah Hamouri enfin libéré !

wwwsalah.jpgLe jeune Franco-Palestinien Salah Hamouri injustement emprisonné 6 ans, 9 mois et 7 jours dans les geôles israéliennes sera libéré dimanche. Le gouvernement israélien a accepté qu’il soit inclus dans la deuxième vague de libération de détenus palestiniens qui a permis la libération de Gilad Shalit en octobre dernier. "On est un peu dans l'euphorie" a déclaré Denise Hamouri, sa mère.

Selon l'accord conclu avec le Hamas grâce à une médiation égyptienne, Israël a relâché un premier contingent de 477 détenus palestiniens et doit en libérer 550 autres dimanche. Salah Hamouri apparaît sous le numéro 524 sur la liste. Selon la deuxième chaîne de télévision israélienne, aucun membre du Hamas ne figure sur la liste de ce second contingent, publiée par les services pénitentiaires israéliens. Le rabbin Ovadia Yossef, leader charismatique du parti religieux Shass et au centre de l’affaire Hamouri, s'était dit favorable à sa libération, lors d'une rencontre dimanche avec l'ambassadeur de France en Israël, Christophe Bigot.

"On a eu un coup de fil de Paris on nous a dit, voilà il est sur la liste", a déclaré la mère du jeune Franco-Palestinien, Denise Hamouri. "C'est un conseiller de Nicolas Sarkozy qui nous a prévenus", a-t-elle précisé, ajoutant: "Le consul de France à Jérusalem aussi nous a appelés". "On est un peu dans l'euphorie", a confié Mme Hamouri. "Ces trois jours vont peut-être être plus longs que tous les moments qu'on a passés", a-t-elle dit. "Ce qui est important aussi à dire, c'est qu'il rentre à Jérusalem, à la maison", a-t-elle souligné.

Né à Jérusalem de mère française et de père palestinien, Salah Hamouri a été arrêté le 13 mars 2005 et reconnu coupable sans la moindre preuve et sans jugement en 2008 par un tribunal militaire israélien de projet d'assassinat du rabbin Yossef. Condamné à sept ans de prison, il a toujours clamé son innocence.

Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF a "salué le courage et l'action permanente des parents, ami-e-s et proches de Salah qui n'ont cessé d'agir pour sa libération ainsi que les organisations et associations qui se sont mobilisées pour cette cause juste. Après l'entrée de la Palestine à l'Unesco, l'annonce de la libération de Salah Hamouri est la deuxième très bonne nouvelle de la semaine".

Infos Huma.fr

 

Dix organisations de jeunesse demandent au président Sarkozy d’agir pour la libération immédiate de Salah Hamouri

"Monsieur le président de la République,

Nous souhaitons attirer votre attention sur le sort de notre jeune compatriote Salah Hamouri.

Comme vous le savez, notre compatriote a été jugé par un tribunal militaire d’occupation – absolument illégal au regard de l’ONU – et sans qu’aucune preuve ait été apportée quant à sa culpabilité.

Après avoir purgé sa peine entièrement, Salah Hamouri devait retrouver la liberté le 28 novembre dernier, comme le confirme un document du CICR signé par les autorités pénitentiaires daté du 25 octobre dernier.
Pour autant, Salah Hamouri est toujours incarcéré présentement et les autorités pénitentiaires évoquent maintenant la date du 12 mars 2012. L’injustice qui le frappe vient donc s’ajouter à l’arbitraire de sa condamnation.

Pour justifier ce report, les autorités israéliennes évoquent une nouvelle loi adoptée par la Knesset le 23 mai dernier qui altère le comput en matière pénitentiaire – les « années administratives » (345 jours) étant commuées en années civiles (365 jours).

Mais dans quel état de droit une loi peut-elle s’appliquer de manière rétroactive ?

Monsieur le président, vous aviez déclaré en novembre 2007 : « J’irai chercher tous les Français, quoi qu’ils aient fait ». Cependant, vous n’avez jamais voulu recevoir les parents de Salah Hamouri, contrairement aux familles de nos compatriotes détenus à l’étranger.

Aujourd’hui, au delà des mots, nous sommes en droit d’attendre des actes ; des actes forts pour que le droit et la justice soient appliqués et que la dignité humaine soit respectée. La France doit parler d’une voix forte et énergique pour être entendue.

Nos organisations politiques, syndicales et associatives de jeunesse vous demandent instamment de prendre toutes les dispositions politiques et diplomatiques auprès des autorités israéliennes pour que Salah Hamouri retrouve la liberté le plus vite possible.

Nous souhaitons également que, lors de sa sortie, la France veille à ce que Salah Hamouri soit libre de ses mouvements et puisse reprendre ses études, comme il le souhaite et où il le souhaite. Dans l’attente d’une réponse de votre part, nous vous prions d’agréer, Monsieur le président, l’expression de notre considération républicaine."

Signataires : GU jeunes (Gauche Unitaire) – GUPS (Union Générale des Étudiants de Palestine) - Jeunes Écologistes- JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) -MJCF (Mouvement Jeunes Communistes de France)- MJS (Mouvement Jeunes Socialistes)- Réseaux jeunes du PG (Parti de Gauche)- UEC (Union des Étudiants Communistes)- UNEF (Union Nationale des Étudiants de France)-UNL (Union Nationale Lycéenne)

 

SuperMario !

boite_super_mario_bros_2.jpgNi sang ni larmes, avait promis Mario Monti lors de sa nomination, il y a 3 semaines, comme nouveau président du conseil Italien.

Mais dimanche 4 décembre, lors d’une conférence de presse, la ministre des affaires sociales, Elsa Fornero a pourtant éclaté en sanglots en détaillant les mesures de réforme prévues dans le 3ème plan de rigueur auquel est soumis l’Italie.

Le décret prévoit :

  • une accélération de la réforme des retraites : le nombre d’années de cotisation, actuellement de 40 ans, est porté à 41 ans pour les femmes et à 42 années pour les hommes ;
  • hommes et femmes tous secteur confondus, partiront à la retraite à 66 ans en 2018 et à 67 ans en 2027 ;
  • les pensions seront assises sur l’ensemble de la carrière et non plus les derniers salaires perçus ;
  • elles ne seront plus indexées sur la hausse des prix
  • le gouvernement va légiférer pour assouplir les règles de licenciement et réformer les règles d’indemnités de chômage
  • les tranches supérieures de TVA seront augmentées de 2 points à 12 et 22%…

Mario Monti a mis en avant « la faute des italiens, pas de l’Europe».

LA CGIL, le plus important syndicat italien, il s’agit de « vouloir faire de l’argent sur le dos des pauvres ». Pour la CISL, le syndicat catholique, le gouvernement qui avait promis des mesures mêlant « rigueur, croissance et équité n’a pas calculé l’impact social « du plan d’austérité.

Mais c’est d’abord aux marchés que Mario Monti s’est adressé.

Le nouveau président a semblé en appeler directement à leur jugement. Avant celui des parlementaires devant qui il n’a détaillé que lundi soir ses mesures. Avant celui des italiens, à qui il ne s’est adressé que mardi à la TV.

Trop fort ce Mario. Même pas passé par la case élections : SuperMario !

En écho, en France, le Premier ministre français, François Fillon, a assuré mardi soir que le gouvernement ne déciderait pas d'un troisième plan de rigueur sur la seule base d'un éventuel abaissement de la prévision de croissance pour 2012 dans les prochains mois.

"Il n'y aura pas de troisième plan de rigueur", a déclaré le Premier ministre au 20 heures de France 2, avant de nuancer quelques minutes plus tard: "S'il faut aller plus loin, si d'autres mesures doivent être prises, le gouvernement les prendra, mais nous ne les prendrons pas sur la foi de prévisions de croissance".

"S'il doit y avoir de nouveaux ajustements ce sera sur la réalité de la croissance 2012 et donc ce sera quand on connaîtra la croissance du premier trimestre 2012, la croissance du deuxième trimestre...", a-t-il précisé.

Vous êtes prévenus !

Alors, si vous ne voulez pas connaître le même sort qu’Elsa Fornero, une seule solution : promouvoir les solutions alternatives du Front de Gauche en matière économique que nous distillons sur ce blog et jeter à Noël contre le mur votre Nintendo DS avec SuperMario.

Viva Italia !

la ministre en pleurs

 

Salah Hamouri, un prisonnier oublié

salah_novembre_2.jpgLe 28 novembre est passé et Salah Hamouri n’a toujours pas retrouvé la liberté…
Condamné en mars 2005 par un tribunal israélien pour « délit d’intention », il a purgé six ans, huit mois et quinze jours de prison. Au terme de sa peine, Israël laisse penser qu’il pourrait rester enfermé jusqu’en mars 2012…
Une loi adoptée à la Knesset autorise en effet diverses possibilités pour durcir, de manière totalement arbitraire, les conditions de détention de tous les prisonniers palestiniens. Il est possible par exemple d’ajouter 20 jours de plus de prison par année de détention. Pour Salah Hamouri, l’administration peut donc arbitrairement ajouter 140 jours de prison.

La France, qui a beaucoup œuvré pour la libération du jeune soldat franco-israélien Gilad Shalit, détenu à Gaza, n’a malheureusement pas porté la même attention au cas de Salah et aucune initiative marquante n’a fait connaître son histoire, ignorée de la presse à de rares exceptions près. Aujourd’hui, les autorités françaises se doivent d’intervenir pour qu’enfin Salah retrouve la liberté. L’injustice a déjà duré sept ans de trop.

site de soutien à Salah

article du "Point"

 

Salah Hamouri est toujours en prison

Une lectrice fidèle mais peu attentive de notre blog me fait des reproches....Je n'aurais pas informé nos lecteurs de la libération du jeune franco- palestinien, détenu en Israël, et dont nous avons à plusieurs reprises évoqué la situation.

Hélas ! Salah Hamouri est toujours en prison en Israël. La date de sa libération est fixée au 18 novembre et je ne manquerai pas d'y accorder l'écho qu'elle mérite. Non, le jeune qui vient d'être libéré, c'est Gilat Shalit.

Gilad Shalit est un militaire israélien. Il a été capturé par un commando du Hamas en juin 2006 et vient de retrouver la liberté le 18 octobre dernier dans le cadre d'un échange de prisonniers entre Israël et le Hamas. Libération dont on ne peut que se féliciter. Gilad Shalit lui-même, favorable à la libération des derniers prisonniers palestiniens en Israël, déclare sans amertume aucune: « Je serais très content s'ils étaient relâchés et pouvaient retrouver leurs familles et leurs terres ».

Bien différent est le cas du jeune Salah Hamouri, détenu en Israël depuis mars 2005. C'est un civil à la double nationalité franco-palestinienne et il n'est responsable d'aucun crime.... puisqu'on l'accuse, au terme d'un procès expéditif, « d'avoir eu l'intention » d'attenter à la vie d'un rabbin extrémiste. Ou comment la « justice » d'Israël lit dans les pensées de ceux dont elle veut se débarrasser.

Salah Hamouri aura purgé sa peine le 28 novembre prochain. Or, on vient d'apprendre que Salah ne serait finalement libérable qu'en mars 2012.

Un document officiel de la Croix Rouge, atteste pourtant de la peine à laquelle Salah a été condamné : 6 ans, 8 mois et 15 jours. La libération, compte-tenu de la date de son arrestation doit donc bien avoir lieu le 28 novembre prochain. 

« La date de mars 2012 évoquée est uniquement à rapprocher d’une possible décision unilatérale de l’administration pénitentiaire israélienne qui, au nom de la loi toute récente dite « loi Shalit », peut transformer les jugements qui sont prononcés par les tribunaux militaires israéliens en année administrative (345 jours) par des peines de prison calculées en année civile (365 jours) et donc ajouter 20 jours de plus par année de prison à tout détenu. Ceci hors toute décision de justice et de respect du droit. La date de mars n’est donc pas une date de fin de peine mais une date supposant une peine allongée de manière arbitraire au nom d’une loi qui ne devrait plus être. » dénonce le comité de soutien de Salah.

« Les autorités françaises, malgré les discours empreints de bonne volonté n'ont exercé aucune pression susceptible de faire plier les autorités israéliennes. Ce, malgré un dossier un dossier instruit à charge contre Salah, vide de tout élément de preuve », regrette le député Patrick Braouzec, membre du comité de soutien.

Le comité lance une campagne de mails à adresser à l'ambassade d'Israël en France pour exiger que Salah soit libéré à la date prévue.

Écrire à l'ambassade d'Israël

Voir le site du Comité de soutien

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