Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

Du côté des cocos d'Aubervilliers (4)

congr_s_20.jpgNous allons aborder en 2014 trois échéances électorales majeures : les municipales, les européennes puis les sénatoriales. Pour chacune, le PCF entend rassembler le plus largement possible sur des projets ambitieux. Les élections municipales occuperont une place particulière, car les communes sont un pilier essentiel de notre République. Elles sont de formidables espaces de citoyenneté, de services publics, de culture, de vivre ensemble.
Voici le dernier article consacré aux travaux du 36è congrès du PCF qui s’est tenu le week-end dernier à Aubervilliers et qui s’est penché sur ces questions.

Partie 4
Le PCF et les municipales de 2014. Il s’y prépare comment ? Il s’y prépare pour être utile à la France et à tous ses habitants !

Extraits des discours de Pierre Laurent, au 36è congrès du PCF, Dock Pullman à Aubervilliers, 7 / 11 février 2013

Dans la bataille que nous voulons amplifier pour des solutions de progrès à la crise, les élections municipales qui se tiendront en mars 2014 tiendront une place particulière.

Je le répète, pas question pour nous d'enjamber 2013 comme s'il ne s'agissait que d'une année pré-électorale. C'est dès cette année que nous voulons être utiles à notre peuple. Mais pas question non plus de sous estimer cette échéance essentielle, surtout pas.

Premièrement, la commune n'est pas un échelon de notre vie politique et démocratique comme les autres.

Après la présidentielle, elle est l'élection à laquelle les Français participent le plus. C'est l'élection qui enracine probablement au plus profond de notre peuple sa tradition de participation citoyenne.

Le tissu des 36 000 communes, tant décrié par les partisans de la concentration des pouvoirs et de la réduction des dépenses publiques, fonde l'originalité de notre édifice démocratique et institutionnel. Des centaines de milliers de nos concitoyens ont découvert l'engagement public en devenant un jour conseiller municipal. Pour qui veut, comme nous, construire la politique à partir de l'appropriation citoyenne du débat et des choix publics, il n'est pas question de minimiser une telle élection. S'engager avec passion dans ces élections, c'est, à coup sûr, plonger dans un espace unique de délibération démocratique, c'est rendre la politique populaire, accessible, proche alors que tout est fait pour en dessaisir les citoyens.

Deuxièmement, les communes, comme l'ensemble des collectivités locales, vont se trouver dans les deux années qui viennent au cœur de la bataille sur l'avenir des investissements publics, sur celui des services publics et des politiques de solidarité.

Austérité ou réponses aux besoins sociaux, c'est là que les contradictions vont se cristalliser, là que des résistances larges peuvent se construire, là que peuvent continuer à s'inventer des logiques de services publics au plus près des populations. Les élections municipales, à la place qui est la leur, peuvent constituer un front essentiel de la bataille pour le changement.

C'est donc le meilleur de notre tradition politique républicaine, celle dans laquelle la politique appartient au peuple, qui se joue dans ces élections. Il n'est pas question d'en sous-estimer l'enjeu.

congres-2013.jpgDe ce point de vue, nous revendiquons avec fierté l'ancrage qui est le nôtre dans les communes. Cela n'a rien à voir avec la défense d'une boutique électorale, formule au demeurant bien insultante pour ces milliers d'élus locaux qui s'investissent au service de l'intérêt général. Oui, avec 28 maires de villes de plus de 30 000 habitants, 50 maires de villes de 10 000 à 30 000, 761 maires communistes et apparentés, plus de 8 000 conseillers municipaux dont près de 2 400 maires adjoints, nous sommes fiers de compter le deuxième réseau d'élus, et de loin, de la gauche française. Les citoyens de notre pays savent qu'ils peuvent compter sur eux.

N'en déplaise à tous ceux qui veulent nous enfermer dans une cuisine électorale bien politicienne, nous comptons bien aborder ces élections pour ce qu'elles sont, à partir d'un seul critère: comment construire des majorités municipales, puisque tel est l'enjeu, qui soient utiles au progrès social, au mieux vivre des populations, à l'aménagement durable des territoires.

Aussi, rien n'est plus urgent pour préparer ces échéances que d'engager partout, sous toutes les formes possibles, le débat public et la construction de projets municipaux tournés vers la promotion des services publics et de la démocratie locale au service du développement de l'ensemble des populations C'est ce travail qui constituera la base de notre engagement.

Viendra, bien sûr, le temps de la constitution des listes, de la conclusion des alliances. Notre cap sera clair : tout faire pour empêcher la droite et l'extrême-droite de faire main basse sur les communes ; et créer pour cela les conditions face à elles de majorités de gauche dans lesquelles le poids de nos propositions, des réponses aux attentes sociales, la place des élus communistes et du Front de Gauche soient le plus important possible.

A nos partenaires de gauche dans les communes, je dis : personne à gauche ne pourra rassembler en exigeant l'alignement sur ses seules positions. Que le débat s'ouvre loyalement sur les projets municipaux est, pour l'heure, le meilleur chemin à suivre.

A mes amis du Front de Gauche, je dis : prenons ensemble la mesure de l'enjeu crucial de ces élections pour la vie des populations auxquelles nous consacrons toutes nos énergies militantes, et travaillons ensemble avec leur intérêt en tête.

On nous promet la cacophonie, le chantage, les déchirements ? Je prends le pari inverse.

Menons le débat avec l'intérêt populaire comme boussole, et nous trouverons le chemin de rassemblements utiles, utiles au pays, à nos communes, utiles à toutes celles et à tous ceux qui luttent pour sortir notre pays des impasses de l'austérité.

Merci à Renaut Baphèse, qui a participé aux travaux du congrès, de ses articles et photos.

 

Du côté des cocos d'Aubervilliers (3)

rallumons_1.jpgDes échos du 36è congrès du PCF

Le PCF et le Front de Gauche ont largement contribué à l'élection d'un président socialiste. Aujourd'hui, ils ne misent pas sur l'échec du gouvernement mais avancent des solutions de gauche à la crise. Proposer et rassembler, ne pas céder à la fatalité et au renoncement, mais mener la bataille du changement. Quelle action pour le PCF dans la nouvelle situation politique ?

Partie 3
Pourquoi la politique du gouvernement renonce t-elle à mettre en œuvre les changements attendus par la majorité de celles et de ceux qui l'ont élue ?

Extraits des discours de Pierre Laurent, au 36è congrès du PCF, Dock Pullman, 7 / 11 février 2013

Nous communistes, avec le Front de Gauche, nous avons puissamment contribué – par nos arguments, notre dynamique de campagne, nos votes – à la défaite de Nicolas Sarkozy, à l'élection de François Hollande, et d'une majorité de gauche au Parlement, à l'Assemblée nationale en juin 2012, et avant cela au Sénat, en septembre 2011.

Après dix ans de droite et cinq de sarkozysme brutal, une page pour la France a été tournée. On a peine à imaginer ce que serait aujourd'hui la conduite du pays par cette droite-là, après avoir entendu le déchaînement raciste, antisocial et réactionnaire d'un Jean-François Copé en course pour la présidence de l'UMP, et quand on entend aujourd'hui sur les bancs de l'Assemblée nationale ce déferlement de propos homophobes, sexistes et rétrogrades. Il fallait battre la droite, nous l'avons fait et bien fait, dans l'intérêt de notre peuple et de notre pays.

communiste_2.jpgLa portée de nos batailles avec le Front de Gauche pendant le quinquennat sarkozyste, l'écho des propositions de notre campagne avec le programme L'humain d'abord, la formidable campagne menée avec notre candidat Jean-Luc Mélenchon, ont de surcroît marqué l'élection de François Hollande du sceau des attentes sociales, là où l'actuel président s'employait plutôt à ne pas trop s'engager. Le Front de Gauche et ses idées ont été présentes au cœur de la dynamique populaire qui a permis la victoire, et cela compte aujourd'hui.

Nous connaissons les limites du programme présidentiel, son inclination social-libérale, qui s'est confirmée plus vite encore que nous ne le craignions. C'est ce qui nous avait conduit à ne pas participer au gouvernement et à garder notre liberté d'action pour porter de réelles solutions de gauche à la crise.

Notre comportement est conforme depuis juin à cette attitude simple : appuyer ce qui constitue des avancées pour notre peuple ; refuser ce qui s'aligne sur des logiques d'austérité et de compétitivité qui conduisent à l'échec pour notre peuple. Notre attitude n'a rien à voir avec le tout ou rien. Nous faisons partout, et en toutes circonstances, des propositions pour avancer.

Les propos qui consistent à nous renvoyer dans le camp de la droite sont insultants et ridicules, surtout que ce n'est pas nous qui avons ratifié avec elle le Pacte budgétaire européen, au moment où Laurence Parisot déclarait : « Il ne faut pas poser la question de la ratification, et le signer des deux mains. » Nous ne parions en rien sur l'échec. Ce sont les choix gouvernementaux actuels qui nous font craindre cet échec, et qui nous conduisent en permanence à mettre en avant des choix alternatifs crédibles et à portée de main.

La question qui nous a été mille fois posée depuis juin, « Êtes-vous dans l'opposition ? », s'éclaire peu à peu d'un jour nouveau. Car celle qui monte dans le pays est tout autre : « Pourquoi la politique du gouvernement renonce à mettre en œuvre les changements attendus par la majorité de celles et de ceux qui l'ont élue ? »

Les questions que nous adressons au gouvernement sont de plus en plus en phase avec celles que se pose une majorité de électeurs de gauche. Nous nous sentons au centre de gravité de cette majorité populaire, et nous continuons à porter ses espoirs de changement.

L'urgence n'est donc surtout pas à ériger des barrières entre toutes ces femmes et hommes qui se questionnent sur la situation. Elle est à les rassembler dans l'action en les convainquant que rien ne justifie l'acceptation du renoncement.

Nous voulons leur dire haut et fort : oui ! Oui, vous avez raison de vouloir le changement. Le changement c'est la solution, pas le problème.

C'est d'autant plus important que nous voyons bien les risques et les dangers qui se dressent sur le chemin du changement.

La droite et le grand patronat refusent le verdict issu des urnes et mènent une offensive quotidienne qui vise à maintenir les choix gouvernementaux sous la pression constante des marchés financiers, des grands groupes, de leurs actionnaires et de leurs exigences de rentabilité, de la Troïka européenne. Cela a démarré immédiatement après les élections législatives avec des annonces en cascade de plans de licenciements et ça ne s'est pas arrêté depuis. Fralib, Doux, Sanofi, Arcelor-Mittal, PSA... jusqu'à GoodYear jeudi dernier et la fermeture de son site d'Amiens-Nord où 1 173 travailleurs pourraient perdre leur emploi. Il ne s'est pas écoulé une semaine depuis le début du quinquennat sans annonce d'un nouveau plan. Au total, au moment même où nous tenons notre congrès, des dizaines de milliers d'emplois sont menacés dans tout le pays.

L'extrême droite poursuit ses visées, et si un temps la crise interne à la tête de l'UMP lui a fait miroiter le fantasme qu'elle était en mesure de prendre le leadership à droite, elle a mis dès septembre le cap sur 2014 avec cette ambition-là.

L'entreprise de banalisation de ses idées et de sa présence sur l'échiquier politique national est passée à une nouvelle phase depuis le printemps dernier. Attisant toutes les divisions possibles dans la société, le FN et l'extrême droite sont en ordre de marche en cultivant le maquillage idéologique. Mais son engagement contre les syndicats ou contre le mariage pour tous, révèle l'ampleur de la porosité idéologique avec une partie grandissante de la droite.

Ce qui nourrit la droite ou l'extrême droite, ce n'est pas la prétendue droitisation du pays, de ses couches populaires, c'est plutôt le renoncement ou l'agitation de peurs sur un mode réactionnaire.

Lorsque Manuel Valls, par exemple, poursuit une politique d’expulsion des camps de « Roms » aux mêmes motifs, avec presque les mêmes mots et les mêmes présupposés que le gouvernement précédent, ce n'est pas la gauche qui marque des points, c'est l'inverse. De la même façon qui sert-il, quel signal envoie-t-il aux millions de salariés auxquels il doit son élection, quand le même ministre, dans une note interne, demande à ses services d'accroître la surveillance des entreprises en lutte au motif que devant les risques d' « implosions ou explosions sociales », il leur faudra éviter tout débordement car, explique-t-il, « on ne peut pas casser l'outil de travail » ?

Et lorsqu'un autre ministre, Arnaud Montebourg, commente la suppression de 7 500 emplois par la direction de Renault en se satisfaisant qu'« aucune ligne rouge, selon lui, n'ait été franchie », qui sert-il sinon les forces qui rêvent de surfer sur le désespoir ?

De la même manière, nous n'acceptons pas les tergiversations du gouvernement sur le droit de vote des résidents étrangers, un droit de vote promis par la gauche depuis trente ans.

Eh bien pour nous, je veux le dire ici avec force et avec clarté, ce n'est certainement pas le moment de renoncer !

C'est l'une de nos priorités de l'année, le droit de vote des résidents étrangers, ensemble, nous allons le gagner ! Ce n'est que justice pour les millions de femmes et d'hommes qui depuis des années vivent dans notre pays, y travaillent pour le faire prospérer et qui -eux- paient leurs impôts, et les paient en France !

 

Du côté des cocos d'Aubervilliers (2)

36 CONGRES PCF"Nous sommes des rouges mais pas des rouges congelés, momifiés, statufiés. Nous sommes des rouges en pleine vie, heureux de combattre dans le siècle qui est le nôtre, pour dire la novation profonde de notre combat."
Un nouvel élan pour le PCF, dont certains annonçaient la mort et qui est aujourd'hui bien vivant, rassemblé et se réclamant d'un "communisme de nouvelle génération".... Retour sur le 36è congrès du PCF.

Partie 2
Pour vous, le changement c'est quoi ?
Pour nous, l'alternative à l'austérité, c'est possible !

Extraits des discours de Pierre Laurent, au 36è congrès du PCF, Dock Pullman à Aubervilliers, 7 / 11 février 2013

Amis et camarades, dans cette situation, que faire ? Comment agir ? Voilà la question centrale.

C'est la question-clé de 2013 et il serait fou d'enjamber l'année qui vient, car c'est elle qui va déterminer l'état d'esprit du pays : soit l'intégration de la résignation, soit la remobilisation pour le changement.

Alors, cette mobilisation générale pour gagner le changement est-elle possible ? Je le crois, très profondément. Ce sera évidemment une bataille acharnée, comme toujours. Mais nous devons mesurer le chemin parcouru et tirer des enseignements de la dynamique que nous avons su créer avec le Front de Gauche.

En 2008, lors de notre Congrès, alors qu'un an après la victoire de Sarkozy, l'ouverture d'un espoir politique paraissait bien plus qu'improbable qu'aujourd'hui, nous avons appelé à la construction d'un Front progressiste et citoyen qui lie dynamique citoyenne et union des forces politiques de gauche décidées à construire une majorité de changement.
36 CONGRES PCF

Nous ne voulions pas d'un nouveau parti mais d'un front largement ouvert, un mouvement citoyen capable de créer des dynamiques politiques populaires capables de porter, consciemment et dans la durée, des objectifs de changement. Nous avions raison. Nous n'avons pas tout réussi. Il y a eu des débats, des ajustements, des corrections sur le chemin entrepris. Mais nous avions raison de penser qu'une majorité, en tout cas une très forte proportion de notre peuple, pourrait ainsi se remettre en mouvement politique et sortir la gauche de la spirale de l'échec. Et en quatre ans, le Front de Gauche a changé la donne en France et à gauche.

Nous insistions sur une dimension importante : que pour être pertinent dans la durée, cette construction populaire permanente devrait veiller à créer les cadres unitaires, les fronts, les alliances adaptées aux échéances à affronter.

Qu'est-ce que cela signifie aujourd'hui ?

La situation n'est plus la même que pendant la campagne présidentielle. Au-delà des millions d'électeurs qui ont agi, et voté Front de Gauche, et qui constatent aujourd'hui la justesse de leurs analyses, des millions d'autres, qui ne l'ont pas fait, ou qui ont seulement regardé du côté du Front de Gauche sans aller plus loin, se demandent à présent comment agir pour gagner le changement auxquels ils aspirent.

La dynamique du Front de Gauche, plus utile que jamais, doit donc être résolument tournée vers tous ces salariés, ouverte à leurs questionnements, être disposée à faire avec eux les bouts de chemin qu'ils sont prêts à faire ensemble.

Est-ce repousser l'effort de construction alternative ? C'est tout le contraire. Ne pas être capables, dans cette situation, d'élargir dès 2013 le rapport de forces en faveur du changement, c'est laisser le terrain libre au sentiment d'impuissance et au défaitisme.

36 CONGRES PCFVoilà pourquoi il me paraît fondamental que le Front de Gauche, comme nous l'avons proposé dès la mi-novembre, soit maintenant engagé dans notre campagne « L'alternative à l'austérité, c'est possible ».

Voilà pourquoi il est si important à mes yeux que le texte que la coordination du Front de Gauche a validé le 21 janvier dernier déclare avec netteté – sans les opposer ni les hiérarchiser – notre ambition : « œuvrer à des solutions immédiates face à la crise et à la construction d'une politique et d'une majorité alternative ».

Il paraît que nous devrions choisir. Mais pourquoi choisir ? Ceux qui espèrent nous ramener dans le giron de l'austérité mènent un combat perdu d'avance. Et ceux qui espèrent nous entraîner dans une politique de division des forces du changement alors qu'il est urgent, au contraire, de les rassembler, aussi.

Ainsi, je lance un appel solennel.

J'appelle les communistes, toutes les forces du Front de Gauche, toutes celles et tous ceux qui voulaient le changement au printemps dernier, et quel qu'ait été leur vote, à s'engager sans tarder sur ce chemin du rassemblement le plus large possible pour des solutions de gauche à la crise.

Notre campagne doit reposer deux piliers : proposer et rassembler pour gagner le changement.

Sur chaque question posée au pays, sur chaque urgence, créons les conditions de l'entrée en action des forces du changement. Débattons pour cela des solutions nécessaires à la résolution de chaque question, de chaque urgence, et rassemblons dans l'action autour d'elles toutes les forces disponibles pour agir.

Dans tout le pays, avec nos assemblées citoyennes, avec nos fronts de lutte, avec nos fronts thématiques, tenons des centaines de réunions publiques d'ici l'été. Allons voir nos concitoyens et posons leur la question : « Pour vous, le changement c'est quoi ? », et disons-leur : « Pour nous, l'alternative à l'austérité, c'est possible ».

Recréons partout l'espoir. Ne cédons pas un pouce de terrain à la fatalité et au renoncement.

 

Du côté des cocos d'Aubervilliers

congr_s_8.jpgLes médias vous parleront fort peu des débats du 36è Congrès du PCF qui s'est tenu ce week-end à Aubervilliers, sauf pour discourir stérilement sur la disparition de la faucille et du marteau... Aussi avons-nous décidé de publier sur notre blog quatre extraits du discours de clôture de Pierre Laurent sur des thèmes essentiels. Peut-on faire autrement ? Le changement, c'est quoi ? Comment le PCF va-t-il aborder les municipales de 2014 ? Comment le PCF apprécie-t-il la politique gouvernementale ?

Partie 1
Sommes-nous impuissants ? Non ! Peut-on faire autrement ? Oui , quatre exemples très concrets.
Extraits des discours de Pierre Laurent, au 36è congrès du PCF, Dock Pullman à Aubervilliers, 7 / 11 février 2013

Recréons partout l'espoir. Ne cédons pas un pouce de terrain à la fatalité et au renoncement.

Cette bataille du changement, il faudra la mener sur de nombreux fronts. Permettez-moi d'en souligner quelques uns.

Il y a d'abord cet enjeu crucial de la sécurisation de l'emploi.
congr_s_10.jpg

L'Accord national interprofessionnel signé par le Medef et trois organisations syndicales minoritaires ne peut constituer le passage obligé d'une majorité parlementaire de gauche. Il y a deux bonnes raisons à cela : la première est que l'on voit mal ce qui obligerait une majorité de parlementaires de gauche à légiférer en faveur de reculs sociaux manifestes, à commencer par les accords compétitivité-emploi inventés par le Medef et la droite. La seconde est qu'en ne recevant pas l'agrément de la CGT et de FO, sans compter d'autres syndicats hostiles au projet, cet accord est contraire à l'esprit des accords majoritaires que devrait respecter une majorité de gauche qui prétend agir au nom de la démocratie sociale. Notre congrès, j'en suis certain, doit décider une campagne d'ampleur, menée aux côtés des organisations syndicales qui viennent de décider d'une grande journée d'action, début mars, pour des propositions législatives alternatives. D'ici mars et avril, nous en faisons un objectif de première importance.

Le deuxième défi est celui de la renaissance productive du pays.

congr_s_14.jpgMittal, Pétroplus, Fralib, PSA, Renault, GoodYear, Doux, Candia... la saignée industrielle continue. En quatre ans depuis 2009, il y a eu 1 087 fermetures de sites pour seulement 703 ouvertures, soit 384 sites industriels en moins. Alors que la relance de nos bases productives est urgente, leur mutation industrielle, sociale et écologique est indispensable à la sortie de crise du pays tout entier.

Le grand mensonge actuel, c’est d'affirmer que l’industrie décline à cause de la crise, qu'il faudrait donc tous faire des sacrifices. La vérité, c'est exactement le contraire : c'est le déclin de l’industrie, le choix de la finance contre l'industrie, le choix des rendements financiers contre la qualification et l'investissement productif qui sont les causes premières de la crise. L'urgence, c'est d'arrêter l’hémorragie d'emplois industriels parce qu'un pays sans usine est un pays mort. Il faut mettre un coup d'arrêt immédiat aux prédateurs financiers. Qu'attend le gouvernement pour déclarer un moratoire sur les plans de licenciement et inscrire à l'agenda parlementaire la loi contre les licenciements boursiers que les socialistes ont voté, il y a an exactement, au Sénat ? Voilà un objectif immédiat à porter.

Au-delà, il faut initier –je le disais, la renaissance productive de notre pays. Elle doit porter : 1. l'ambition d'une transition énergétique en s’appuyant sur un effort colossal de recherche, dans le cadre de coopérations européennes et internationales ; 2. la réponse aux besoins d'un nouveau type de développement humain durable, accessible à tous, sans les immenses inégalités actuelles, par la diversification de notre production dans tous les secteurs grâce au redéploiement de grandes filières.

Pour enclencher cette nouvelle mobilisation industrielle nationale, le pouvoir doit changer de camp. Celui de la finance doit reculer. Celui des travailleurs doit grandir. Exigeons ces nouveaux droits.

Le vote par la gauche sénatoriale de notre proposition de loi d'amnistie sociale le 27 février constituerait un premier signe positif.

Le troisième défi est celui de la reconquête et de l'extension des services publics pour répondre aux besoins nouveaux des populations.

La mort du bébé in utero à la maternité de Port-Royal, la fermeture d'une nouvelle maternité à Vire, résonnent comme de nouveaux signaux d'alarme. Rien n'a été résolu de la situation catastrophique des hôpitaux. Là aussi les mobilisations sont nécessaires, comme elles le sont pour le logement social et la fixation du taux de TVA à 5 % et non à 10 % comme envisagé depuis le pacte de compétitivité, ou encore les transports publics, où le gouvernement doit combattre et non s'accommoder du quatrième paquet ferroviaire voté à Bruxelles, et doit rétablir les moyens du Grand Paris Express en Ile-de-France.

L'ambition d'éducation nationale attendue n'est pas non plus au rendez-vous de la loi Peillon, pas plus que l'ambition culturelle ne peut faire bon ménage avec les coupes drastiques de budget.

La bataille pour les services publics doit reprendre partout avec ampleur.

Le quatrième défi est celui de l'égalité territoriale et du renouveau de la démocratie locale.

La décentralisation peut et doit être un levier pour avancer dans cette voie. Mais le projet d'acte III de la décentralisation va-t-il au contraire accélérer les transferts de compétences aux collectivités sans moyen supplémentaire, au nom de l'austérité ? Va-t-il renforcer des logiques métropolitaines autoritaires et porteuses d'inégalités ? Le risque est là. Nous devons donc amplifier avec nos élus, et en en faisant maintenant une grande affaire populaire, la bataille pour une égalité territoriale véritable.

 

Un coco d'Aubervilliers

De l'envoyé spécial du blog aux docks, Renaut Baphèse

Samedi 9 février. Dock n° 126 d’Auber. 11h19.
L’audace est appelée à passer à la barre du congrès du PCF.
Entre 11h00 et 11 h30, les débats du congrès, menés tambour battant, abordent le paragraphe du texte consacré au Front de Gauche.

Beaucoup d’intervenants se succèdent au micro sous les docks d’Aubervilliers. Ça tangue un peu. Adhésions directes ou pas au Front de Gauche ? Structuration au plus près du terrain ou pas ? Association locale ou coopérative ? Espace et lieu d’échanges, de concertation, de fermentation des luttes et des idées…

Hervé Poly, suppléant de Jean Luc Mélenchon à Hénin Beaumont ose la formule pour illustrer que les succès du Front de Gauche sont aussi des succès pour le PCF : « En 2012, dans ma fédération, le Nord Pas de Calais, le PCF a enregistré 246 nouvelles adhésions. Du jamais vu depuis…je ne sais quand ! A ce jour, on est à 43 depuis le début 2013. Des adhésions, comment dire ? …directes, elles aussi… au PCF ! ».

Coup improvisé ou calculé, André Chassaigne, qui préside cette séance matinale des débats, décide alors de donner la parole au « chef ».

Pierre Laurent prend le micro et intervient sur le thème du PCF et le Front de Gauche.

« Il s’agit d’un passage très important du texte. Il a été beaucoup discuté. Ici. Dans les débats du congrès. Mais aussi entre nous, lors de la rédaction du texte.
Ce qui s’est passé en 2012 est inédit. Cela a marqué profondément les esprits. On a vu venir tout début janvier 2012, au démarrage de la campagne, des milliers de gens aux meetings du Front de Gauche. Disons le franchement : on ne s’y attendait pas. Pas du tout.
Le 10 janvier 2012 à Nantes, nous fûmes 6 000 à notre premier meeting de campagne. Le second peut être chronologiquement, car il y en a eu un fin 2011.
C’était en tout cas notre première réunion "nationale" de campagne. Nous nous sommes tous dit : « Mais, qu’est ce qui se passe ?» A partir de là, on savait que cela allait aller crescendo et qu’on allait "bousculer" les choses. Il s’est donc passé quelque chose d’inédit. Souvenez-vous, il y a eu ensuite la Bastille, le Capitole, le Prado !

Il s’est bien passé quelque chose.

L’enjeu essentiel pour nous communistes, ce n’est pas de réaliser cela une fois. C’est être capable de le faire perdurer. De prolonger ces moments. Dans la durée. Sur une longue période.

Camarades, ce n’est pas une élection - sous-entendu un résultat aussi bon soit-il à un scrutin -, qui permet de peser. C’est de construire un mouvement populaire, puissant, conscient. Que des centaines de milliers de gens soient dans le mouvement. Qu’ils se considèrent propriétaires du mouvement. Qu’ils sentent qu’ils maîtrisent le mouvement et ses objectifs.

Voilà notre visée. C’est à ce niveau là, en matière de rassemblement, qu’il faut tendre. Qu’il faut construire. Je suis hostile aux formules du type – quand j’entends parfois parler du Front de Gauche – il ne faut pas faire ceci ; ou, il ne faut pas qu’il devienne cela, etc.

Ce qui prime c’est l’audace !

Le plus grand risque c’est que nous ne soyons pas assez audacieux. Nous ne devons pas avoir peur d’oser dans cette situation politique très particulière. Oui, cela va nous bousculer. Nous perdrons certainement des repères. Mais dans les mouvements qui bousculent la société, on ne contrôle pas tout. Jamais. Personne.

Alors, il faut pousser notre audace dans nos textes – à commencer par celui-ci - dans nos formules politiques – au sens inventions - et dans nos pratiques politiques.

Nous avons accueilli comme il se doit hier soir à notre congrès toutes les forces du Front de Gauche. Et nous avons aussi accueilli toutes les forces de la gauche qui étaient chaleureusement invitées à notre congrès. Comme il se doit.

A tous, à tout le monde, nous tenons le même langage : « Nous PCF, nous n’avons pas de réticences à nous jeter dans la bataille politique. On tient un cap. Et parce que le PCF tient un cap, il se renforce !»

Parmi les gens qui adhèrent au PCF ces derniers temps, il y a beaucoup de gens qui reviennent au PCF. Dont beaucoup l’avaient quitté. Qui l’avaient jugé trop raide. D’autres trop mou.

Et bien notre force d’attirance en ce moment, c’est que nous manions avec intelligence la fermeté de nos objectifs.
Nous retrouvons de la force parce que nous avons une forte exigence sur le contenu de ce que nous voulons comme société. Ne pas mettre pas de l’eau dans son vin. Voilà la leçon !

C’est aussi parce que nous avons la passion du rassemblement.

Le PCF a été grand dans son histoire a chaque fois qu’il a pris le parti du rassemblement. Cette intelligence là, nous donne de la force.

Arrêtons de nous faire peur, avec je ne sais quel fantasme, qui nous menacerait avec le Front de Gauche.

Soyons audacieux. Nous marquerons des points.

Partie du texte soumis au débat adopté avec 488 voix pour et 84 contre.
congr_s_1.jpg
congr_s_3.jpg
congr_s_4.jpg
congr_s_5.jpg
congr_s_6.jpg
congr_s_7.jpg

 

A gauche, on accélère !

affiche_1.jpgAlternative à l’austérité

Le Front de Gauche est de retour

Plus de deux mille participants ont envahi le parc des expositions de Metz mercredi soir. Deux mille déterminés à dire « Non » aux politiques d'austérité conduites par le gouvernement. Deux mille pour dire que d'autres choix sont possibles, qu'une alternative existe.

Aux côtés de Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon, Myriam Martin, Christian Piquet et Clémentine Autain ont pendant près de trois heures égrené les propositions concrètes pour changer de cap, et lancé en grand dans le pays, la campagne du Front de Gauche pour une alternative à l'austérité.

Au cœur de la soirée, la question de l'emploi, de l'industrie, des salaires. De nombreux syndicalistes étaient présents, et notamment des salariés du site ArcelorMittal de Florange qui ont interpellé le gouvernement sur son orientation sociale-libérale.

Leur appel est un appel à la résistance, bien sûr, à ne pas écouter ceux qui nous disent qu'il n'y a pas d'autre choix et qui taillent dans les salaires, les pensions, ceux qui détruisent petit à petit tous les services publics, et qui anéantissent notre industrie, ceux qui partout en Europe martyrisent les peuples.

L'alternative c'est maintenant !

A Metz, le Front de Gauche a ouvert le débat le débat autour de politiques qui servent « l’Humain d’abord » et pas les marchés financiers. Oui, c’est d'une autre orientation économique, sociale et écologique dont la France a besoin.

La bataille pour le changement n'est pas terminée. Ensemble, nous pouvons l'exiger et l'obtenir.

A Metz, ils ont dit

Lionel Burriello, syndicaliste Florange : "Soyons tous unis et solidaires pour un réel changement."
Jean-Luc Mélenchon, PG : " Ce qui coûte trop cher dans ce pays, c'est le capital, pas le travail."
Myriam Martin, Gauche Anticapitaliste : " Le gouvernement Ayrault s'assoie sur la volonté populaire. "
Christian Picquet, Gauche Unitaire : " Nous avons pour objectif de sauver la gauche."
Clémentine Autain, FASE : " L'heure est venue d'abandonner toutes les vieilles routes. "
Pierre Laurent, PCF : " Sur la route, quand on veut aller plus vite, on se met sur la gauche et on accélère. "

 

La démarche constructive des député-e-s du Front de Gauche

ASSEMBLEE_NATIONALE_HUMAIN_D_ABORD.jpgVoici la première lettre des député-e-s du Front de Gauche qui dresse un bilan des six premiers mois de la législature.

Déjà six mois que les dix députés du Front de Gauche sont à l’œuvre à l’Assemblée nationale. Ils expliquent ici le sens de leur démarche, à la fois constructive et critique.

S’ils refusent de suivre le gouvernement dans la voie sans issue de l’austérité, ils excluent de rejeter systématiquement les mesures qu’il propose et appuient les initiatives qui répondent aux besoins de la population. Par exemple, ils ont ainsi soutenu le collectif budgétaire en juillet dernier, voté la création de la banque publique d’investissement, et adopté la loi sur le logement.

Parce qu’ils estiment que l’austérité est une impasse et compromet gravement la possibilité du changement, les députés FdG ont voté contre le traité européen en menant campagne pour l’organisation d’un référendum et demandé un grand débat national sur la réorientation de la construction européenne. Ils ont aussi exprimé leur désaccord sur le « pacte de compétitivité » qui accorde 20 milliards aux entreprises, sans distinction, et sans contrepartie aucune.

Les députés FdG ont l’ambition de placer l’humain au cœur des réformes. Ils ne cessent de formuler des propositions constructives, le plus souvent inspirées de celles qui faisaient consensus à gauche avant juin 2012. Ils ont ainsi proposé de diminuer les niches fiscales, de moduler l’impôt sur les entreprises pour favoriser celles qui ont des projets porteurs d’emploi, d’investissement, de recherche.

Ils reviennent dans leur lettre sur leurs différentes propositions comme celle d’interdire les licenciements boursiers, sur le développement de la sidérurgie ou la lutte contre la précarité énergétique…

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de « La lettre des députés », introduite par un éditorial d’André Chassaigne, et qui détaille l’action menée par le groupe sur tous les grands sujets débattus et votés à l’Assemblée depuis ces six derniers mois.

lire la "Lettre des députés du Front de Gauche"

 

L'alternative à l'austérité c'est possible !

Alternative à l'austérité : le Front de Gauche lance sa campagne nationale et présente 25 propositions
Pour un vrai changement, le Front de Gauche veut ?imposer tout de suite des mesures vitales?concernant en premier lieu l’emploi et le pouvoir d’achat.

Les attentes sont immenses en matière de d’emploi, de pouvoir d’achat, d’accès à l’éducation, aux soins, à la culture…Depuis six mois, les décisions prises par le gouvernement ne vont pas dans le bon sens pour y répondre. Traité européen ratifié sans aucune renégociation, pacte de compétitivité qui alloue, sans contrepartie, 20?milliards d’euros aux entreprises, projet d’accord sur l’emploi qui apporterait davantage de flexibilité pour les salariés et de nouvelles dégradations du code du travail… Nous voyons bien que ces politiques d’austérité ont échoué partout en Europe où elles ont été menées avec des ravages sociaux dramatiques et nous ne voulons pas que la France suive la même voie. Le Front de Gauche s’oppose à cette politique d’austérité et soutient qu’une autre politique à gauche est possible, porteuse d’une alternative globale, une politique qui serve « l’Humain d'abord » et pas les marchés financiers. C’est une autre orientation économique, sociale et écologique dont la France a besoin.

Voilà pourquoi le Front de Gauche lance une grande campagne pour faire connaître dans toute la France, ses propositions alternatives à l'austérité, des propositions crédibles et applicables.

Le Front de Gauche veut débattre de ces propositions, les enrichir, et agir pour imposer tout de suite des mesures vitales. L’objectif de la campagne?du FdG est de remettre en marche un mouvement populaire important pour des choix alternatifs, redonner de l’espoir et rassembler à gauche.

Outre la multiplication au niveau local d’initiatives publiques pour partager ces propositions et soutenir les luttes, un premier rendez-vous national est pris pour le 23?janvier, à Metz, avec une intervention des sidérurgistes de Florange en lutte, et des prises de parole de cinq des dirigeants du Front de Gauche : Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent, Christian Picquet, Clémentine Autain et Myriam Martin. Ensuite viendra une série de meetings régionaux, avant un point d’étape de la campagne en juin. Dans un premier temps, la question de l’emploi doit être au cœur des initiatives du Front de Gauche. Les autres temps forts de la campagne seront dévoilés le 23?janvier.

Retrouvez l’intégralité des 25 propositions du FdG pour dégager des moyens financiers pour l’investissement et l’emploi, réformer l’activité des banques, lutter contre la spéculation, imposer une sélectivité du crédit, créer un pôle financier public, accorder de nouveaux droits pour les salariés, développer le pouvoir d’achat et lutter contre la précarité, mettre en place une sécurité sociale professionnelle, développer les services publics, engager une réindustrialisation du pays…

25 premières mesures pour changer d'orientation

 

Communistes pour changer le monde

pl_222.jpgDans le cadre de la préparation de leur 36è congrès qui se tiendra en février prochain à Aubervilliers, les communistes du Val d’Oise avaient rendez-vous mercredi dernier avec Pierre Laurent. A l’initiative de la fédération du PCF, une centaine de militants se sont retrouvés à Cergy pour une soirée d’échanges.

Dans un moment historique particulier, où la gauche gouverne sans pour autant ouvrir les voies du changement, où le pouvoir de la finance est toujours en place, où « l’humanité est en panne de sens », quelle place pour le PCF ? En 2012, nous avons largement contribué à faire rayonner des idées nouvelles. Aujourd’hui, après la ratification d’un traité européen inchangé, un budget 20123 d’austérité, un accord qui se profile contre le droit du travail, quelle alternative crédible proposer ? Comment lutter contre la résignation qui pourrait prendre le dessus, comment impulser une mobilisation positive ?

Les débats ont beaucoup porté sur la place du PCF au sein du rassemblement du Front de Gauche et les communistes ont réaffirmé leur volonté d’avancer « sur leurs deux jambes », sans choisir entre leur parti et le FdG. Ce n’est pas pour s’effacer que le Parti communiste s’est lancé dans le Front de Gauche, mais bien pour contribuer à créer une dynamique populaire.

Une alliance qui n’empêche pas le PCF de développer ses propositions originales, notamment en matière de lutte contre le chômage. Citons la « sécurité d’emploi et de formation » qui permettrait au salarié d’alterner au long de sa vie professionnelle des périodes d’emploi et de formation ou encore le concept de « nouveau crédit sélectif » via des fonds régionaux permettant que les crédits bancaires financent des projets riches en emplois, formation, recherche, ou encore les idées neuves du PCF pour l’intervention des salariés dans la gestion de leur entreprise.

L’ouvrage ne manque pas pour convaincre de l’efficacité de ces mesures car si de nombreux citoyens ont de la sympathie pour les idées du PCF, ils doutent trop souvent de leur crédibilité. Un gros effort idéologique au sein même du PCF est impératif pour mieux « armer » militants et adhérents, afin qu’ils soient à même de mieux faire connaître le bilan de ses actions, de l’activité de ses élus, bref de mener une bataille politique argumentée pour faire grandir le « c’est possible ».

Malgré un vieillissement militant dans certains secteurs, qui le handicape parfois, le PCF se veut « décomplexé ». Dans un contexte économique, social, politique morose et gros de dangers, le PCF ne manque pas d’ambition. Dans une période où le monde est en manque d’espoir, les communistes se voient en « rallumeurs d’étoiles » ou « redresseurs d’espérance ».

pl_4.jpgDans l’immédiat, le PCF se lance, avec le Front de Gauche, dans une grande campagne contre l’austérité qui débutera par un meeting unitaire le 23 janvier à Metz.
A quelques semaines du congrès du PCF, Pierre Laurent se rendra ensuite le 26 janvier à Bordeaux pour traiter du thème « Communisme pour changer le monde ».

Pierre Laurent a écrit en septembre 2012 « Maintenant, prenez le pouvoir », ouvrage préfacé par Alexis Tsipras, aux Editions de l’atelier.

 

La présidence de gauche, c'est pour quand ?

gauche_d_complex_e_2.jpgLecture du soir

Pour une gauche décomplexée, de Marie-Pierre Vieu, aux Éditions Arcane 17

« Présidence normale. Présidence morale. Présidence austère ; et la présidence de gauche, c’est pour quand ? » interroge en substance Marie-Pierre Vieu, dans cet essai en forme de chroniques des premiers mois de hollandisme. Sur un ton très personnel, âpre et souvent décalé, « Pour une gauche décomplexée » est un vibrant appel à poursuivre le combat sans prendre des Valls pour des Lumières, et le discours ambiant pour argent comptant. Antidote rieur à la soumission, il fait sien ce mot d’ordre qui a traversé, au printemps, tous les meetings du Front de Gauche : on continue…

"Je viens de lire le livre de Marie-Pierre Vieu, C'est vraiment super! Quand on connait Marie-Pierre, on y retrouve son franc-parler ("D'abord l'élection de Gilbert Collard : il y aura au moins une ordure à l'Assemblée"), son humour quand elle juge l'action d'Hollande ("le Jospin de 97 passe rétrospectivement pour Che Guevara") et son engagement. Les deux chapitres, "Communiste je reste" et "Front de gauche, je suis" sont particulièrement parlants pour beaucoup d'entre nous. Un conseil: à lire vite." Jean-Michel Ruiz, secrétaire départemental du PCF

Marie-Pierre Vieu est conseillère régionale, présidente du groupe Front de Gauche de la région Midi-Pyrénées, conseillère municipale de Tarbes, et membre du Conseil national du PCF. En mars 2010, dans des entretiens croisés avec Christian Picquet, "Le Trotsko et la Coco", elle abordait la question de la construction d'une alternative à gauche.

 

Vous êtes invités !

invit_f_d_.jpg

 

En 2013, rallumons les étoiles !

Dans ses vœux 2013, le Parti communiste français rappelle au chef de l’État quelques engagements du candidat, abandonnés depuis son élection.

Culture, démocratie, construction européenne, santé, justice sociale, réindustrialisation…

«?Le changement, c’est maintenant?» s’en trouve grignoté un peu plus à chaque fois, jusqu’à ce qu’il n’en reste… rien.

« 1500 emplois détruits chaque jour, ça nous fait pas rire. A toutes et à tous, une bonne année de luttes. » conclut le PCF.

voir la vidéo

rallumons.jpg

 

L'alternative à l'austérité, c'est possible

Logo-FDG.jpgDepuis 6 mois, les grands axes de la politique du gouvernement ne répondent pas aux attentes et au besoin de changement des Français. Adoption du traité budgétaire européen, cadeau de 20 milliards aux grands patrons, augmentation de la TVA, propositions sur la flexibilité... le gouvernement reproduit les recettes libérales qui conduisent d'autres pays européens dans le mur. Ces politiques échouent partout en Europe, elles échoueront de la même manière en France.

Pour sortir de la crise, il faut combattre les logiques financières et s’opposer aux politiques d’austérité qui en découlent. Le Front de Gauche s'engage dans une campagne de plusieurs mois pour lutter contre tout esprit de résignation et démontrer qu'une alternative à gauche est possible. Cette campagne s'adresse à toutes celles et tous ceux qui ont voté pour un changement politique et plus largement à l'écrasante majorité du peuple qui souffre de la crise. Elle doit permettre que leur voix s’exprime avec force face à l’arrogance du MEDEF. Au cours de cette campagne, lors de meetings, d'initiatives publiques diverses, à travers des matériels édités en grand nombre, le Front de Gauche mettra en débat des propositions pour démontrer que ce n'est pas le coût du travail qui est en cause mais celui du capital, que de l'argent, il y en a, pour remettre en cause les privilèges, pour des politiques qui servent l'Humain d'abord. Toutes choses qu'un gouvernement de gauche digne de ce nom devrait mettre en application pour rompre avec les logiques libérales et productivistes.

Le premier acte de cette campagne se déroulera le 23 janvier à Metz, à deux pas de Florange, lieu symbole où le gouvernement français a abandonné les salarié-e-s et sa sidérurgie dans les griffes de Mittal. Tous les principaux dirigeants des composantes du Front de Gauche seront réunis au cours d’un meeting au Palais des Congrès de Metz. Elles et ils y accueilleront notamment une délégation de salarié-e-s du site sidérurgique.

 

Bonne année 2012 !

Mairie_Marx.gif
wwwvoeux_2012_.jpg

 

En 2012, prenez le pouvoir !

Pour 2012, je voudrais...
Noel_2012.png Image de nos amis du Parti de gauche

 

Vous êtes invités...

rv_5.jpg

 

2011 en dessins !

A nos internautes BDistes (et aussi pour les autres) , 2011 en dessins !

2011 se finit. Avant d’aborder 2012, un petit coup d’œil didactique en dessins dans le rétroviseur, qui nous sera bien utile pour bien aborder la nouvelle année :

épisode 1
wcrise_1.jpg

épisode 2

épisode 3

épisode 4

 

Les bons voeux du Front de Gauche pour 2012

Résignés devant la crise, la dette et le triple A ?
Pas de changement espéré pour 2012 ?

Sinon...

 

Les vœux du Front de Gauche pour 2012

Pour 2012, vous voulez plus d’austérité ?

Sinon...

 

Pour qu’ils dégagent en 2012… il faut s’inscrire en 2011 !

inscription_1.jpgPlus que cinq jours pour s’inscrire sur les listes électorales afin de pouvoir voter en 2012 pour la présidentielle et les législatives !

A l’heure et où une petite moitié seulement des jeunes en âge de voter se rend régulièrement aux urnes et où l’abstention est galopante…
Ne restez pas sans voix !

Où s’adresser ?

Service population à la mairie de Saint Gratien, place Gambetta.
Tél. : 01 34 17 84 84.

Pour être électeur, il faut être de nationalité française, ne pas être frappé d’incapacité, être domicilié à Saint Gratien ou y avoir sa résidence depuis 6 mois sans interruption ou payer des impôts locaux à Saint Gratien depuis 5 ans.

Pièces à fournir :
- pièce d’identité (carte nationale d’identité, passeport ...)
- un justificatif de domicile de moins de 3 mois.

Certains se sont soulevés pour pouvoir voter...

carte_electorale_1.jpg

 

Bonnes fêtes !

Les amis du Front de Gauche de Saint Gratien vous souhaitent de très bonnes fêtes de fin d'année.
A très bientôt sur ce blog !
Voeux_2012_1.jpg

 

Pour 2012, offrez-vous le Front de Gauche !

cadeau_FdG_6.jpgNe cherchez plus l'idée cadeau 2012, celle qui fera plaisir à tous vos amis, vos parents, grands-parents, aux enfants petits et grands, offrez les bons cadeaux "Front de Gauche " !
Cette année on s'offre le changement !

Le peuple n'attend pas le Père Noël ! Offrez les bons cadeaux du Front de Gauche !
cadeau_FdG_2.jpg Un grand choix de cadeaux, tous plus tentants les uns que les autres !

« La retraite à 60 ans à taux plein »

Bon cadeau-solidarité« Le SMIC à 1700 euros »

« Le référendum sur le nucléaire et la planification écologique »

« Le désarmement et la sortie de l'OTAN »
cadeau_FdG_5.jpg

« La santé remboursée à 100 % »

« Le partage des richesses à la place de l'austérité »

« Plus de services publics »

« Un pôle financier public »

« Un plan d’urgence pour le logement »

« Une école de la réussite »

Alors ? On hésite ? Pas de problème, emportez tout, on a du stock !

Nous vous souhaitons de bonnes fêtes et rendez-vous en 2012 pour une année... combative !
cadeaux_FdG_1.jpg

 

SCOOP : Marx n’est pas mort !

Ce n’est pas nous qui le disons.

C’est en gros titre dans le quart de la page 28 du journal Le monde daté du 15 décembre.

Karl a bien failli mourir, mais voilà qu’il ressuscite.
Marx11.jpg

Pour preuve encore, la devanture de notre chère maison de la presse, où sont mis bien en évidence les revues, livres et magazines repris ci-dessous. Et encore, ce n’est qu’un panel de ce que Madame M. commercialise en ces temps hivernaux !…

Que peut-il nous apporter encore aujourd’hui ?

Marx22.jpgRDV dans le hors série intéressant du Monde qui est consacré à l’auteur du Kapital, où Christian Laval a organisé de façon judicieuse une série de témoignages et articles sur Karl Marx.

Alors, pour ceux qui partiront en vacances, voilà quelques bonnes lectures à emporter sur les pistes…
Pour les autres, comme il va pleuvoir, de quoi passer de bons après midi au coin du feu…
Mais aussi de bonnes idées de cadeaux également pour Noël !
Marx33.jpg

Un moyen aussi de bien finir l’année et de très bien débuter la nouvelle : après ces quelques lectures recommandées par la rédaction hyperboostée de notre blog, comme Marx en son temps, vous serez alors armés en toute lucidité intellectuelle et sans prophétisme messianique, pour être résolument marxiste en 2012 !

2012 : Un Marx et ça repart !

Oops. J’oubliais : un article sur le barbu en pages 18 & 19 de votre quotidien ROUGE favori, daté des 16, 17 et 18 décembre 2011. Avec ça, si c’est pas NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOEL !

 

Le Front de Gauche dans les médias

FdG_m_dia.jpg

 

L’austérité ou la vie. Ni plus ni moins

Cl-mentine_Autain.jpg« Nous sommes au bout d’un monde et on s’accroche aux branches », déclarait Alain Souchon dans une interview à l’occasion de la sortie de son nouvel album.

Quel joli résumé d’un moment historique où l’on sent que tout bascule... Les certitudes s’effondrent, l’avenir fait peur, les rouages démocratiques sont à bout de souffle. Une petite musique, comme un vieux refrain s’installe en haut : sauver le système, coûte que coûte, alors même que le grippage de la mécanique capitaliste se révèle au grand jour. Oui, les puissants ont choisi leur voie. Et martèlent : la dette, la dette, la dette.

La compression des dépenses publiques du plus grand nombre, assortie d’une capitulation devant les agences de notation, ces chiens de garde des marchés financiers, c’est pourtant le cercle vicieux de la récession et la fermeture assurée d’un horizon émancipateur. Décidément, l’imagination n’est pas au pouvoir. Et le partage des richesses et des pouvoirs, certainement pas une obsession des gouvernants. L’austérité ou la vie : l’alternative est posée.

Soit nous empruntons un tout autre chemin pour sortir de la crise, en renouant avec l’implication populaire et la valeur d’égalité, soit nous plions devant le besoin du capital de s’accroître et laissons la main à la finance et à l’oligarchie.

L’heure n’est pas au compromis mais à l’affrontement. Que la social-démocratie partout en Europe ait choisi l’austérité laisse un goût amer…Papandréou et Zapatero n’ont pas tenu tête. Hollande s’aligne sur cette logique, candidat à donner du « sens à la rigueur » promettant un « zéro déficit » à court terme (*). Ainsi le brouillage des identités droite/gauche atteint des sommets…

Asphyxiant. Pour la pensée et pour les conditions concrètes d’existence dans les mois et années qui viennent. Les indignés ne s’y retrouvent pas et ils ont raison. Les lignes de fractures bougent, les recompositions sont à l’œuvre, l’expérimentation aussi même si elle émerge insuffisamment.

L’incertitude et le doute ne doivent pas l’emporter sur la détermination et l’action. Une brèche s’est ouverte, il faut s’y engouffrer. L’enjeu ? Construire des majorités pour inverser le cours de l’histoire, empêcher le repli et la conservation de s’imposer, et renouer avec le principe d’espérance. Ni plus ni moins.

Clémentine AUTAIN; Regards, décembre 2011

(*) voir la Une de libération daté du 13 décembre, F.H : « je ne reviendrai pas sur la retraite à 60 ans ».

 

Les débats du Front de Gauche

DD_a_SGr.jpg DD_a_SGrbis.jpg

 

Meeting du Front de Gauche

affiche_meeting.jpg
meeting_3_dec.jpg
On réclame des banderoles ? En voici une belle !
banderole_.jpg

 

Le Front de Gauche du Val d'Oise

On nous annonce la naissance du blog « Front de Gauche du Val d’Oise » qui rassemble l’actualité des Comités locaux et propose un lien avec les blogs de chacun d’entre eux.

voir le site
Imagenew.jpg

 

Il faut changer la manière de mener le débat à gauche

Pour mettre en échec la droite et le « coup d’État financier en cours », le secrétaire national du Parti communiste français appelle à « une confrontation respectueuse, loyale, démocratique » à gauche sur des choix politiques anticrise. Entretien avec Pierre Laurent.

Le chef de l’État regagne des points dans les enquêtes d’opinion, que l’on impute à son action lors des sommets internationaux. La droite peut-elle retrouver une crédibilité sur ce créneau d’ici à la présidentielle ?

Pierre Laurent. Mais de quelle crédibilité parle-t-on ? C’est de l’intoxication. Ni les sommets européens ni le G20 n’ont apporté le moindre début de solution à la crise. Ce matin même (mercredi – NDLR), les Échos titrent : « Zone euro : la crise s’étend à presque tous les pays ». Nicolas Sarkozy prétend protéger notre pays et dit qu’il a évité le pire. C’est tout simplement faux. Les chiffres du chômage et de la pauvreté sont alarmants. La croissance s’effondre parce que les plans d’austérité s’accumulent. Lui et son gouvernement ne sont que des commis aux ordres des grands intérêts financiers. Non seulement le système financier n’est pas sous contrôle mais l’ultralibéralisme financier a engendré un monstre qui dévore ses propres enfants. Il faut reprendre d’urgence les commandes, or les dirigeants politiques actuels du pays n’ont ni le courage ni la volonté politique de s’opposer à cette dictature de fait des marchés financiers.

Le PCF, par la voix de Francis Wurtz, évoque un « coup d’État financier » en Grèce et en Italie. Cette situation risque-t-elle de se produire en France ?

Pierre Laurent. Ce coup d’État financier est en cours dans toute l’Europe. Il a pris un tour spectaculaire en Grèce et en Italie, où deux anciens dirigeants de Goldman Sachs ont été nommés sans élection à la tête des gouvernements. Nicolas Sarkozy fait du zèle sur le dos de notre peuple pour sauver sa tête. La mise sous tutelle de nos choix politiques, des budgets nationaux, a en réalité été acceptée lors des derniers sommets européens. Les conséquences sont concrètes et désastreuses. On le voit avec le plan de 6 000 suppressions d’emplois chez PSA ou l’ajout scandaleux d’une nouvelle journée de carence pour les travailleurs en arrêt maladie. C’est inhumain. Rien n’est plus urgent que de convaincre et de mobiliser le pays contre ces choix, et de l’unir sur d’autres choix politiques. Avec le Front de Gauche et notre candidat Jean-Luc Mélenchon, j’appelle au rassemblement pour renverser ce coup d’État financier, dire « stop » à l’austérité, reprendre nos vies en main contre le chantage des banquiers et des gros actionnaires.

La droite mène campagne sur le thème des divisions de la gauche et de son incapacité à relever les défis de la crise. Comment la gauche peut-elle se montrer à la hauteur ?

Pierre Laurent. En rassemblant les Français sur de vraies solutions à la crise. La droite française est à bout d’arguments, elle compte s’en sortir en discréditant l’adversaire. Ces solutions à la crise existent. Le Front de Gauche les met en débat. Pour commencer, stopper l’austérité car cela provoquera inévitablement la récession. Exiger la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire, comme l’ont demandé nos parlementaires, sur l’état et les pratiques du système bancaire et des assurances. Reprendre le contrôle du système bancaire et financier en créant un grand pôle public pour impulser une autre politique du crédit. Relancer au nom de la France le débat européen sur le changement du statut et des missions de la Banque centrale européenne. Voici quelques-unes de ces solutions, mais notre programme « l’Humain d’abord » en comporte beaucoup d’autres qui peuvent susciter la mobilisation citoyenne nécessaire. La gauche ne peut esquiver ces débats.
Au Front de Gauche, nous n'avons qu'un adversaire: la droite et sa politique au service des marchés financiers.

Mais le débat à gauche prend une tournure très polémique. Est-ce un signe d’émulation ou au contraire de divisions mortifères ?

Pierre Laurent. Soyons clairs. Au Front de Gauche, nous n’avons qu’un adversaire : la droite et sa politique au service des marchés financiers. Et nous avons une ambition : mettre la gauche à la hauteur de la situation. Or ne tournons pas autour du pot : les choix politiques mis en avant par le candidat socialiste et l’accord PS-Europe Écologie-les Verts (EELV) ne sont pas de nature à sortir le pays de cette crise. Si nous n’ouvrons pas ce débat, la gauche ira dans le mur. Le débat est la méthode la plus démocratique et la voie la plus sûre pour un rassemblement solide. C’est l’intérêt de la gauche de le mener sans tabou et au grand jour.

L’accord PS-EELV ne vous paraît donc pas satisfaisant ?

Pierre Laurent. Non. C’est un compromis politicien qui est un habillage pour un accord législatif par lequel le PS donne un groupe aux Verts. Sur le fond, il entérine de fait un consensus entre les deux formations sur des orientations économiques très en deçà des besoins face à la crise. Quant aux enjeux de la transition énergétique, nous avions alerté sur un compromis irréfléchi en échange de circonscriptions électorales. Le résultat est là?: un accord bâclé, aucune ambition réelle pour une politique cohérente de transition énergétique, avec des dangers évidents pour la maîtrise publique et industrielle de la filière, le sort de ses salariés et les tarifs de l’énergie. Le Front de Gauche propose une autre méthode : un grand débat public national et citoyen, tranché par un référendum. Ce débat est plus que jamais nécessaire. Il doit embrasser tous les enjeux : droit à l’énergie?; plan concret pour la sortie des énergies carbonées et le développement des énergies renouvelables. Et sur le nucléaire, toutes les options doivent être débattues, dont celle du PCF d’un mix énergétique rééquilibré comprenant une industrie nucléaire entièrement publique et mieux sécurisée. Je le répète, la gauche a tout à gagner à un débat plutôt qu’à des marchandages.

Comment faire, selon vous, dans ces conditions ?

Pierre Laurent. J’en appelle d’urgence à changer la manière de mener le débat à gauche. Le PS ne peut pas faire comme si ses solutions s’imposaient à tous. Les écologistes ne peuvent pas procéder par ultimatum. Le débat à ouvrir doit poursuivre un seul objectif : chercher les meilleures solutions pour répondre aux urgences sociales et à la crise. Au Front de Gauche, nous sommes disponibles pour mener une confrontation respectueuse, loyale, démocratique. C’est dans ce but que nous mettons en place partout des assemblées citoyennes. Nous le ferons demain avec les salariés de plusieurs entreprises réunis à Still Montataire, dans l’Oise. Ces assemblées citoyennes peuvent devenir le lieu d’un débat ouvert et public à gauche. Seule cette méthode peut permettre à la gauche d’éviter le piège de la division et de se rassembler autour de propositions unitaires.
pierrelaurent.jpg

 

Sarkozy ouvre la chasse aux malades et aux pauvres

Nicolas Sarkozy ose se revendiquer défenseur de l'esprit de 1945 et des avancées sociales du Conseil national de la résistance. C'est un comble venant de celui qui, depuis son élection, n'a cessé de s'attaquer, par des réformes successives et autoritaires, à ce qui fondait le pacte social. Il a mis systématiquement et méthodiquement à mal la solidarité nationale. Sous couvert d'une cure d'austérité, ce sont les salariés, les privés d'emploi et les retraités à qui on demande toujours plus de sacrifices, en abaissant le niveau de protection sociale. Il n'hésite pas à reprendre à son compte les slogans du Front national en montrant du doigt les pauvres, les précaires, les fonctionnaires... qui sont pour lui autant d'assistés ou de fraudeurs.

Pour Sarkozy, les malades sont des fraudeurs en puissance !

C'est une véritable chasse aux malades qu'il souhaite engager en voulant punir ceux qui bénéficieraient d'arrêts de travail supposément injustifiés. Pire, sous couvert de vouloir « responsabiliser davantage les assurés », le délai de carence serait augmenté d'un jour dans le public et le privé. Pourtant, les indemnités journalières ne représentent que 2,5 % du budget de la sécurité sociale. En revanche, rien n'est prévu pour lutter contre le travail non déclaré responsable des deux tiers des fraudes à la sécurité sociale.

Le gouvernement réinvente le travail obligatoire

Le gouvernement y va fort. Après avoir qualifié « l'assistanat » de « cancer de la société », le gouvernement veut instaurer 7 heures hebdomadaires de travail obligatoire pour les allocataires du RSA. Cette nouvelle disposition qui sera mise à l'essai dans 10 départements est tout à la fois honteuse, inefficace et absurde. Honteuse car elle voudrait faire passer des personnes vivant dans la plus grande précarité comme des assistés. Inefficace car cela ne les aidera en rien à trouver un emploi stable à un salaire décent. Absurde car à l'heure où la France compte près de 4 millions de privés d'emploi, ce n'est pas en instaurant le travail gratuit que l'on résoudra le problème du chômage. C'est également démagogique car rien n'est dit sur la manière dont seront effectuées ces travaux, ni sur comment ils seront encadrés.

Les élus communistes agissent

La nouvelle majorité de gauche au Sénat a montré qu'en allant à rebours de la politique du gouvernement, il est possible de dégager des ressources supplémentaires pour la protection sociale. A l'initiative des sénatrices et sénateurs communistes, le Sénat a :
- supprimé les exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires,
- accru la taxation des retraites chapeau, des stock-options, des bonus des traders,
- conditionné l'exonération de cotisations sociales au strict respect de l'égalité salariale.
Le doublement de la taxe sur les mutuelles a été annulé et même supprimé des contrats des étudiants pour favoriser leur accès aux soins.

Ces seules mesures permettent de dégager 5 milliards de nouvelles recettes. C'est l'équivalent de 30 % du déficit de la sécurité sociale en 2012.

D'autres solutions sont possibles. C'est le sens des propositions du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon.
- l'augmentation immédiate du SMIC à 1 700 € brut,
- l'interdiction des licenciements aux entreprises distribuant des dividendes,
- la création de nouveaux pouvoir d'intervention pour les salariés dans leurs entreprises pour leur permettre d'être partie-prenante des décisions des profits dégagés par leur activité.

Argumentaire PCF
crise_10.jpg

- page 1 de 4