Bienvenue sur le blog d'Isabelle VOLAT ÉCHANGER ET AGIR AVEC LE FRONT DE GAUCHE DE SAINT GRATIEN

Qui va payer la note des emprunts toxiques ?

dexia_voeux_111.jpg« Différents acteurs locaux ont souscrit à partir de 1990, des prêts structurés à taux variables, prêts indexés sur des valeurs très volatiles, entraînant une augmentation exponentielle des taux d’intérêts. Ces produits financiers sont devenus une charge très lourde pour de nombreuses collectivités territoriales. Certains élus ont employé le terme de « bombe à retardement » car ces produits ont été présentés, à l’époque de la souscription, comme une solution moderne de gestion de la dette, et jamais comme l’instrument spéculatif qu’ils recelaient en réalité. »

Ces quelques phrases introduisent le rapport de la Commission d’enquête de l'Assemblée nationale sur les produits financiers à risques souscrits par des acteurs publics locaux.

10 690 prêts structurés ont été recensés, représentant un encours d’emprunts « très risqués » de 18,8 milliards d’euros.
Ces emprunts toxiques, apparus au début des années 1990 avec la libéralisation des prêts aux collectivités, fonctionnent comme un vrai piège. Les communes, départements et autres se sont vu proposer des prêts avec un taux fixe extrêmement bas, mais le contrat prévoyait qu’il devienne variable au bout de quelques années. Ces taux variables ne sont pas indexés sur l’inflation comme dans un prêt classique mais sur les cours des changes. Ainsi, Saint Gratien voit ses taux indexés sur le cours du Franc suisse et du Dollar américain…. Ces prêts sont purement spéculatifs. Les collectivités, qui avaient encore à l’époque confiance en leurs banques, Dexia en tête, ont été dupées.

L’Inspection générale des finances et la commission des finances de l’Assemblée Nationale se sont penchées sur des mesures qui empêcheraient qu’une nouvelle dérive des « emprunts toxiques » se reproduise.

1) Interdire les produits structurés avec multiplicateurs et capper certains produits
Pour éviter, à l’avenir, que des collectivités locales ou autres acteurs publics soient exposés à des risques illimités, la commission propose d’interdire tous les produits qui comprennent un effet levier, leur caractère spéculatif étant incompatible avec « une utilisation des deniers publics à des fins d’intérêt général ». (Il s'agit de l'effet amplificateur que peuvent avoir certaines techniques ou produits de gestion sur le montant de l'argent investi. C'est un moyen intéressant pour doper ses performances, mais à manier avec précaution car le risque augmente en proportion.)

Et de capper, c’est à dire de plafonner, la charge d’intérêt des emprunts, certains taux d’intérêt pouvant s’envoler jusqu’à 24 %, note le rapport. Mais la portée de cette mesure apparaît assez réduite car les établissements bancaires ne proposent pratiquement plus, à l’heure actuelle, ce genre de produits.

2) Provisionner le risque
La question de la visibilité du risque est souvent revenue lors des auditions. En effet, pourquoi tant de collectivités locales ne se sont pas rendu compte, et c’est encore le cas pour certaines d’entre elles aujourd’hui, de la toxicité de ces emprunts ? Parce que la comptabilité publique, à la différence de la comptabilité privée, n’oblige pas à provisionner les risques liés aux emprunts. Pour plus de transparence, la commission souhaite donc que les collectivités soient tenues, dès à présent, d’inscrire le risque lié aux emprunts dans les documents budgétaires annuels afin qu’elles en matérialisent le surcoût.

3) Instaurer un débat annuel sur la stratégie financière et améliorer les nouvelles annexes budgétaires
Il est clairement apparu, lors des auditions, que les assemblées délibérantes n’avaient pas pu assumer leur mission de contrôle car elles avaient délégué leur compétence en matière d’emprunt à l’exécutif. C’est pourquoi la commission propose qu’un débat annuel soit tenu sur la stratégie financière afin que l’assemblée, le Conseil municipal en ce qui nous concerne, soit informée de la nature des emprunts et du risque qu’ils génèrent. Pour mettre en pratique ce nouveau droit de regard, la commission souhaite enrichir les informations concernant les emprunts.
Cette proposition concernant le rôle de contrôle des assemblées délibérantes pose une autre question : qu’en est-il de leur droit de regard sur les contrats issus des renégociations de ces emprunts ? Car actuellement, les solutions proposées par les banques, dont le gel de coupon, (c’est-à-dire le gel du taux d’intérêt pendant une période) reviennent purement et simplement à retarder le risque, amoindrir les chances de gagner en cas de contentieux et ….contracter un nouvel emprunt structuré.

4) Encadrer la conclusion des emprunts avant les échéances électorales et étendre le contrôle de légalité

Les auditions ont fait apparaître un fait indéniable : certains prêts structurés ont été conclus en toute fin de mandat et quelques fois même entre les deux tours des élections. La commission propose donc que les délégations (attribution déléguée par le Conseil municipal au maire), concernant notamment les emprunts, prennent fin dès l’ouverture de la campagne électorale pour renouveler l’assemblée, c’est à dire deux semaines avant la date du scrutin. Ainsi, l’exécutif devra réunir l’organe délibérant pour toute décision. D’autre part, les contrats de prêt, ressortant du droit privé, ne sont pas soumis au contrôle de légalité (procédure par laquelle le Préfet s'assure, a posteriori, de la conformité à la loi des actes pris par les collectivités territoriales). La commission propose de remédier à cette situation, d’autant plus que le cadre législatif concernant ces emprunts va être renforcé.

Ces propositions laissent tout de même une question en suspens... Qui va payer ? Les banques, l’État et les collectivités locales ?

Il n’existe pas de solution pour sortir indemne d’un emprunt toxique. Dans tous les cas, pour l’instant, les collectivités concernées doivent payer.

dexia_voeux_88.jpgDévoilé le 14 décembre dernier, par « La Gazette des communes », un rapport établi par l’Inspection générale des finances (IGF) indique que les collectivités locales ayant souscrit des emprunts toxiques ont plus intérêt à les neutraliser qu'à les réaménager. Le rapport conseille ainsi une « sortie définitive des risques les plus élevés », tout en reconnaissant que cette solution est « coûteuse ». L'IGF considère que la plupart des collectivités peuvent payer les indemnités de remboursement anticipées soit avec leur excédent de fonctionnement, soit en faisant des économies et en augmentant les impôts....

Selon ses conclusions, l’ensemble de ces risques devraient être gérés de manière « active », ce qui veut dire concrètement que les collectivités devraient assumer les pertes correspondantes au « piège des emprunts toxiques », car elles ont peu à attendre des divers recours judiciaires...

Rappelons que Dexia représente environ 70 % de l’encours de ces prêts.

A Saint Gratien, la facture salée a commencée à être payée : 520 000 Euros à la charge des gratiennois pour 2012, votés lors des conseils municipaux des 22 novembre et 20 décembre.

La suite de la facture ?…en 2013…

 

Vite, un salaire maximum !

Déclaration du Front de Gauche du Val d'Oise

Après avoir été saisi par la droite parlementaire plus que jamais animée d'esprit de revanche, le Conseil constitutionnel vient d'annuler la taxe de 75 % sur les plus hauts revenus. Contrairement à ce que disent beaucoup de médias, la loi n'est pas inconstitutionnelle car confiscatoire... C'est faux! Elle l'est car elle n'est pas suffisamment de gauche. Hollande, pour ne pas assumer sa décision, a préféré mettre le compteur à 1 million d'euros par personne. Or en France, on calcule par foyer l'impôt sur le revenu... Ainsi, si on taxait à partir d'1 million d'euros par foyer, l'impôt toucherait forcément un nombre beaucoup plus important de personnes. C'est logique, on gagne plus facilement 1 million d'euros à deux que seul... La version de gauche, celle du Front de Gauche, était donc plus efficace fiscalement et n'était pas qu'un coup marketing vidé de toute symbolique. C'est en refusant d'assumer et de rendre efficace sa proposition que François Hollande l'a vidée de sa substance et qu'elle fut censurée.

Cette décision du Conseil constitutionnel confirme implicitement que le programme "L'humain d'abord" est applicable, car il respecte à la fois l'égalité face à l'impôt et que nos dispositions ne sont pas substantiellement confiscatoires! C'est une jurisprudence importante pour nous et pour notre crédibilité gouvernementale.

Comme nous estimons qu’il est nécessaire de retravailler le volet « recettes », nous proposons au gouvernement de piocher dans notre programme « L’Humain d’abord » et d’en tirer diverses mesures qui changeraient vraiment les choses.

Pour plus de justice sociale, une mesure marquante doit être prise immédiatement: l’instauration, par la fiscalité, d’un revenu maximum fixé à 360000 euros par an, équivalent à 20 fois le salaire médian. Cette mesure remplit les mêmes objectifs que la taxation à 75%: à savoir taxer les super-riches. Mais là où la mesure fiscale du gouvernement visait de 1000 à 2000 personnes, celle du Front de Gauche élargit l'objectif à 15 000 contribuables ultra-riches. Couplé à la création de 9 nouvelles tranches progressives du taux supérieur actuel de 40 % jusqu'à 100 %, soit un impôt à 14 tranches comme en 1981, ce revenu maximum ne pénaliserait en outre pas l'économie productive, mais bien la spéculation.

Lorsque cette bonne mesure sera prise, le gouvernement pourra enchainer avec l’augmentation de l’ISF et de l’impôt sur les revenus du capital, la taxation des revenus financiers des entreprises, la mise en place du principe de modulation de l’impôt sur les sociétés et du taux des cotisations sociales patronales en fonction des objectifs d’emploi, de formation et de salaires de l’entreprise, la suppression des exonérations de cotisations patronales qui ont montré leur inefficacité…autant de choix qui permettront de rompre avec la politique d’austérité et de mener une véritable politique de gauche.

En cette période de bonnes résolutions, nous proposons au gouvernement de répondre à l’attente des millions de Français, dont 4 millions d’électeurs du Front de Gauche, qui ont voté pour le changement et pour voir appliquer une politique de gauche.

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Après la taxe à 75%, le revenu maximum de 360.000 euros par an ?

La taxation exceptionnelle à 75% sur les revenus supérieurs à 1 million d'euros a été retoquée samedi 29 décembre par le Conseil constitutionnel.

Reste celle du Front de Gauche émise lors de la campagne présidentielle : instaurer un revenu maximum de 360.000 euros par an. La mesure fiscale phare du candidat Hollande recalée, celle du Front de Gauche tient toujours.

Le 27 février 2012, lorsque François Hollande annonce pour la première fois sur TF1 "qu'au-dessus d'un million d'euros par mois, le taux d'imposition devrait être de 75%. Ce n'est pas possible d'avoir ces niveaux de rémunération", le candidat socialiste tente de reprendre la main alors que les propositions fiscales du Front de Gauche commencent à faire mouche au moment où la question de l'évasion fiscale est déjà d'actualité.

En janvier, les mesures prônées dans « l'Humain d'abord » ont déjà été détaillées. «?Suppression du bouclier fiscal, augmentation de l’ISF et de l’impôt sur les revenus du capital, taxation des revenus financiers des entreprises, mise en place du principe de modulation de l’impôt sur les sociétés et du taux des cotisations sociales patronales en fonction des objectifs d’emploi, de formation et de salaires de l’entreprise, suppression des exonérations de cotisations patronales qui ont montré leur inefficacité?» font partie des priorités immédiates du Front de Gauche, note l'Humanité du 27 janvier 2012.

Pour plus de justice sociale, une mesure phare est envisagée?: l’instauration, par la fiscalité, d’un «?revenu maximum fixé à 360?000?euros par an?», équivalent à 20 fois le salaire médian. Le candidat du Front de Gauche à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon la popularise en lançant "au-dessus de 300.000 euros, je prends tout".

Cette mesure remplit les mêmes objectifs de la taxation à 75% : à savoir taxer les super-riches. Mais là où la mesure fiscale du gouvernement visait de 1000 à 2000 personnes, celle du Front de Gauche élargit l'objectif à 0,05 % des contribuables, soit 15 000 ultra-riches.

Couplée à la création de 9 nouvelles tranches progressives du taux supérieur actuel de 40 % jusqu'à 100 %, soit un impôt à 14 tranches comme en 1981, ce revenu maximum ne pénaliserait en outre pas l'économie productive, mais bien la spéculation. Car comme le notait lors de la présidentielle le blog de Jean-Luc Mélenchon :

  • le revenu moyen des 3 millions de chefs d’entreprise du pays est de 40 000 euros annuels
  • le revenu moyen des patrons d'entreprises entre 50 et 100 salariés est de 110 000 euros annuels, donc nettement en dessous du plafond de 360 000 euros proposé pour la taxation à 100 %.

L'argumentaire pointe des précédents historiques :

  • Jusqu'en 1986, le taux supérieur était à 65 %, avec 14 tranches contre 5 aujourd'hui, et il dépassait même les 90 % sous la IIIè République.
  • Aux USA Roosevelt avait porté le taux supérieur à 91 % et il est resté à 70 % jusqu'en 1980.
  • Un revenu maximum a été instauré dès la révolution française par le décret du 4 août 1789 qui, en abolissant les privilèges, plafonnait à 3 000 livres annuelles les revenus tirés de rentes.

Article paru sur Huma.fr

 

Nous, on peut !

Le Front de Gauche du Val d'Oise organise le mercredi 5 décembre un meeting contre l'austérité à la salle des fêtes de Taverny.

C'est Jacques Généreux, secrétaire national du Parti de Gauche à l'économie, enseignant à l'Institut d'Études Politiques de Paris qui viendra proposer une autre politique.

Il est également l'auteur de "Nous on peut" :
On connaît tous la rengaine de l’impuissance : « Dans une économie mondialisée, le gouvernement d’un seul pays ne peut plus faire grand-chose pour contrer le pouvoir de l’argent et des marchés. Ne songez donc pas à faire payer les riches, à mater les spéculateurs ou à présenter la facture des crises aux vrais responsables ! Ce n’est plus possible, et les peuples doivent accepter la régression sociale nécessaire pour payer la crise à la place des banquiers et des rentiers qui l’ont provoquée ! C’est ignoble, mais c’est ainsi : on ne peut pas faire autrement ! »

Eh bien, Nous on peut !, comme l’explique ce bref précis d’économie politique à l’usage du simple citoyen. « Nous », c’est-à-dire l’autre gauche incarnée ici par le secrétaire national à l’économie du Parti de gauche et par le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui préface l’ouvrage.

Avec le talent pédagogique qui fait le succès permanent de ses livres d’économie, Jacques Généreux montre que la mondialisation néolibérale n’est pas une fatalité : c’est un processus politique entièrement commandé par des gouvernements nationaux qui font en réalité ce qu’ils veulent. Il explique comment un gouvernement déterminé peut se débarrasser des spéculateurs, reprendre le contrôle de la finance, surmonter la crise de la dette publique, s’affranchir du carcan imposé par les traités européens, sans même sortir de l’Union européenne ou de l’euro.

« Donnez-nous une semaine, un mois peut-être, et, en voyant ce que, nous, on peut faire, tous les Européens sauront aussitôt que le seul et unique obstacle à une autre politique… c’est leur gouvernement. »

Jacques Généreux est aussi l'un des principaux auteurs du contre budget présenté par le Parti de Gauche.

Parti de gauche du Val d'Oise
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Une autre politique est possible !

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Marx, toujours vivant...

Marx22.jpgPaul Boccara a présenté mardi 13 novembre à Paris son nouvel ouvrage, intitulé " Le Capital de Marx, son apport, son dépassement au-delà de
l'économie ".

Dans ce livre, Paul Boccara présente une grande originalité et un apport précieux pour la formation et l'action des militants. Ce livre donne des clés pour comprendre de la crise de civilisation et pour des solutions s'inscrivant dans la construction d'une société nouvelle.

L'auteur présente d'abord de façon pédagogique et approfondie les apports du Capital.

Les divers moments de l'analyse du Capital, de la marchandise à la sur-accumulation du capital, en passant par la plus-value et le profit, sont analysés clairement. Et ils sont reliés aux développements ultérieurs aux plans historique et théorique en particulier sur les stades du capitalisme. Il s'agit aussi du dépassement du Capital conçu comme l'utilisation des avancées extrêmes de la pensée de Marx afin de développer les pistes qu'il avait ébauchées et pour aborder de nouveaux développements.

" Si l'on ne veut pas faire injure à Marx ,… il convient de ne pas traiter son oeuvre comme une doctrine religieuse mais ... comme un moment lui-même évolutif, dans la progression d'une analyse scientifique, par définition inachevée et à poursuivre ".

communisme_debat.jpgIl en va ainsi des apports du Capital sur la régulation du capitalisme par le critère du taux de profit. Cela a conduit à rechercher une autre régulation pour laquelle Paul Boccara a élaboré d'autres critères de gestion des entreprises. C'est encore les transformations de dépassement du salariat et du chômage voulues par Marx et que le système de "sécurité d'emploi ou de formation" tente de réaliser effectivement. C'est la libération du temps mais pour le développement de l'activité créatrice de chacun. C'est aussi le besoin de prendre en compte le rôle décisif d'autres critères du crédit ou encore de nouveaux services publics.

Le livre permet de resituer la recherche de Paul Boccara sur les dimensions non économiques, "anthroponomiques" de la société dans les préoccupations et les ébauches de Marx.PCF_faire_du_neuf_1.jpg

Ce dernier affirmait que l'homme en transformant la nature extérieure transforme sa propre nature et que les enjeux de ces transformations étaient aussi essentiels que ceux de la production matérielle. L'approche proposée de ces transformations anthroponomiques des hommes par Paul Boccara est systémique, avec les moments des activités parentales, de production, politiques et culturelles.

La réponse à la gravité de la crise de ce système anthroponomique du libéralisme qui concerne la civilisation occidentale mondialisée, doit s'inscrire dans "une visée de développement prédominant devenu possible des capacités humaines et des activités créatrices de chacun dans une nouvelle civilisation".

L'originalité de ce livre, c'est aussi son ouverture au dialogue pour des rapprochements avec les économistes hétérodoxes critiquant les théories justifiant la domination du capitalisme financier.

En définitive, un des objectifs de cet ouvrage, c'est de donner une vision globale et cohérente tant de l'oeuvre de Marx que des développements néo-marxistes.

Ce livre peut jouer un rôle de " moteur de recherche " pour militants comme pour étudiants, pour sortir du marécage politique et idéologique actuel.Cet ouvrage est aussi une visite guidée de l'oeuvre de Paul Boccara et de son dialogue avec Marx.

Alain Morin

Le retour de Marx et théories critiques :
" Le Capital de Marx son apport, son dépassement au-delà de l’économie ", de Paul Boccara Maître de conférences honoraire en sciences économiques et agrégé d’histoire

Un ouvrage précieux pour la formation des militants et des amis du FdG de Saint Gratien

 

L’« anti-rapport Gallois »

gallois.jpg "En finir avec la compétitivité".

Tel est l'objectif de sept militants d'Attac et de la fondation Copernic, économistes pour la plupart, qui, dans une étude de 27 pages, critiquent les principaux points du rapport Gallois sur la compétitivité et dénoncent le « triple ralliement » du pacte du gouvernement « aux dogmes libéraux : à celui des salaires et des cotisations sociales comme cause de la désindustrialisation et du chômage, à celui de la nécessité de la baisse des dépenses publiques et à celui de la TVA antisociale. »

"Un tel pacte faustien, par lequel la gauche vend sa raison d'être, ne donne hélas rien en échange", assurent ensemble Thomas Coutrot, Jean-Marie Harribey, Norbert Holcblat, Michel Husson, Pierre Khalfa, Jacques Rigaudiat et Stéphanie Treillet.

Leur étude note d'abord et à juste titre que le thème de la compétitivité est "un marronnier des débats de politique économique" et qu'il est difficile d'en proposer une définition claire et admise par tous, "sinon sous une forme tellement vague qu'elle se prête à toutes les interprétations".

Le diagnostic du rapport Gallois sur l'état de l'industrie française, sur son décrochage et sur son déficit d'innovation est partagé. En revanche, Attac et la Fondation Copernic apportent un éclairage différent sur les causes des faiblesses industrielles françaises. Ils contestent l'argument patronal selon lequel le niveau historiquement bas du taux de marge des entreprises empêcherait celles-ci d'investir dans l'innovation et font observer que, dans les années 1990, ce taux de marge avait augmenté mais que l'effort en recherche et développement (R&D) était resté globalement stable.

Constatant que la part des revenus nets distribués par les sociétés non financières en 2011 a atteint 9 % de leur valeur ajoutée, soit le point le plus haut depuis la seconde guerre mondiale, les auteurs en concluent que les entreprises ont choisi de continuer à augmenter les dividendes plutôt que d'investir dans l'innovation. Ils font aussi observer que les petites et moyennes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire françaises sont asservies à la logique financière des grandes groupes, contrairement à leurs homologues allemandes ou italiennes, et que les exportations françaises sont plus sensibles que les exportations allemandes au taux de change de l'euro.

L'alourdissement du "coût du travail" n'est pas la cause des pertes de parts de marché françaises. Depuis dix ans, les coûts salariaux unitaires français (salaire par unité produite) ont évolué comme la moyenne européenne, rappellent nos sept auteurs en faisant remarquer que "la mondialisation près de chez nous brouille les cartes". Et de rappeler que l'amélioration de la compétitivité-prix de l'Allemagne ne s'explique pas seulement par le gel des salaires mais aussi par la délocalisation de segments productifs entiers vers les pays d'Europe centrale et orientale (PECO).

La contribution des grandes entreprises "nationales" aux performances de leur pays de rattachement peut se dégrader à partir du moment où elles réalisent une partie croissante de leur chiffre d'affaires à l'étranger (cf Renault et la Roumanie). Ce phénomène peut être amplifié lorsque les sociétés du groupe localisent le bénéfice final dans un pays à fiscalité avantageuse.

Plutôt que de se focaliser sur le coût du travail, mieux vaut s'intéresser à celui du capital. "En l'espace de douze ans, la part des revenus distribués par les sociétés non financières a pratiquement doublé par rapport à leur excédent brut d'exploitation (EBE), et presque doublé par rapport à leur valeur ajoutée brute (VAB), au point d'absorber plus des 4/5 de leur EBE", écrivent les auteurs. "Crise ou pas crise, la part de plus en plus lourde que les entreprises choisissent de distribuer aux propriétaires du capital affaiblit leur capacité à faire face à tous les aspects de la compétitivité."

Attac et la Fondation Copernic préconisent d'abandonner la logique même de la compétitivité, cette "voie sans issue, économiquement absurde et socialement destructrice", et proposent un autre modèle de développement. Non plus une croissance sans fin de la consommation individuelle, mais celle des services publics, et la transition vers une économie démocratique et écologique. "Un gouvernement progressiste devrait explorer les voies d'un autre modèle de développement. Aux antipodes de la compétitivité."

Infos tirées du Monde.fr

voir le rapport Attac/Copernic

Depuis 20 ans, la France diminue les « charges » des entreprises ; pour quel résultat ?

article du Monde

 

La bataille de l’emploi

Fermetures d’usines, licenciements, délocalisations… que faire face à cette hémorragie ?
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Vous ne voulez pas d’un choc de compétitivité ?
Vous pensez que les politiques d’austérité sont en train de tuer la croissance ?
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Vous voulez que les collectivités locales gardent leurs moyens d’action ?
Vous estimez que les vieilles recettes sont inefficaces contre la crise et qu’il faut penser autrement ?

Le PCF, au sein du rassemblement du Front de Gauche, avance des propositions novatrices en matière d’emploi.
Retrouvez-les dans ce nouvel épisode de la célèbre série « On leur fait un dessin ! »

Oui, on peut :
- interdire les licenciements boursiers
- donner davantage de pouvoir aux salariés dans l’entreprise
- mobiliser les financements au service du développement industriel
- mettre en œuvre une nouvelle sécurité sociale de l’emploi et de la formation
...et gagner la bataille de l’emploi !
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voir l'épisode 12

 

Pas compétitifs, les Français ?

Au moment de la sortie du fameux "rapport Gallois"... au moment où on ne nous parle que de "choc de compétitivité"... au moment où les salaires sont désignés comme les coupables.... au moment où on ne parle jamais du "coût du capital".... au moment où on nous serine que les Français ne sont pas "compétitifs"... voici quelques graphiques qui bousculent toutes les idées reçues sur le "coût du travail"...

Comparable à celui de l'Allemagne dans l'industrie, le prix horaire du travail en France est légèrement supérieur dans le secteur des services.
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Depuis 2003, le montant des dividendes versés aux actionnaires dépasse celui des investissements réalisés par les entreprises.
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En trente ans, alors que la masse salariale a été multipliée par 3,6, les dividendes distribués aux actionnaires l'ont été par 20.
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Rapporté à la productivité, la France a l'un des coûts du travail les plus faibles de l'Europe.
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Le choc

Compétitivité : le rapport GALLOIS crée un "choc" chez vous ?

Privilégiez donc la note d'étude DIMICOLI : la baisse du coût du travail n'est pas la solution. C'est le problème !
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Le Prix de l’inégalité

stiglitz.jpg« Le capitalisme contemporain est inefficace, instable et injuste », juge Joseph Stiglitz, qui s’attaque à l'injustice dans son dernier ouvrage « le prix de l’inégalité ».

Pourquoi notre système économique ne fonctionne-t-il plus pour la grande majorité de la population ? Pourquoi l’inégalité s’aggrave-t-elle à ce point ? Quelles en sont les véritables conséquences ?

Les inégalités se creusent dans nos sociétés où les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours aussi pauvres. 1% de la population capte 97% des richesses. En cause, la mondialisation qui donne du pouvoir au capital au détriment du travail, mais aussi la moindre force des syndicats, une gouvernance d'entreprise qui accepte des salaires démesurés, et des politiques fiscales en faveur des riches.

On paie cher cette inégalité, cet ascenseur social qui ne fonctionne pas et cette égalité des chances illusoire. Pour Stiglitz, les choses sont claires.
L’inégalité est non seulement la conséquence mais aussi la cause de la faillite du système politique.

L’inégalité a un prix car elle alimente, dans notre système économique, une instabilité et une inefficacité qui aggravent à leur tour les inégalités. Ce cercle vicieux nous plonge dans l’abîme.

C’est aussi notre confiance dans la démocratie qui disparaît. Néfaste pour l’économie, l’inégalité est dangereuse pour la paix sociale.

La bonne nouvelle, c'est que la politique économique peut jouer un rôle pour réduire les inégalités. La situation actuelle n’est pas fatale, elle résulte d’une politique qui a modelé le marché pour qu’il avantage les plus riches. Il faut une orientation budgétaire tournée vers la promotion de l'investissement public, taxer la pollution plus que le travail, augmenter les impôts sur les riches. Il faut en finir avec la soi-disant indépendance des banques centrales, à la botte des intérêts privés depuis qu’elles sont sorties du système public. Joseph Stiglitz proclame aussi que l’austérité est une erreur et qu’elle ne nous guérira pas de la récession.

Stiglitz expose un programme ouvrant une nouvelle voie, celle d’une économie plus dynamique et d’une société plus équitable et égalitaire. Un autre monde est possible !

Prix Nobel d’économie en 2001, ancien économiste en chef à la banque mondiale, ancien conseiller de Bill Clinton, Joseph Stiglitz n’a cessé, ces dernières années, de critiquer les plans d’austérité imposés par le Fonds monétaire international (FMI) et les fausses promesses des programmes de privatisation. Il dénonce la montée des inégalités aux USA, une société où « le milliardaire Warren Buffet paie moins d’impôts que sa secrétaire »… Pour lui, le vote Obama permettra d’avancer vers une « économie plus solidaire ».

Lecture de vacances....
Joseph E. Stiglitz
Le Prix de l’inégalité
Parution : septembre 2012 ; 25 €

Taxez les riches !

L'austérité est une erreur

 

Chronologie d’un massacre industriel

Le profit maximum pour les actionnaires de Lejaby, c’est la seule chose qui compte. Des années de licenciements massifs et de petits calculs financiers ont endommagé à jamais ce fleuron de l’industrie textile et mis des centaines de travailleurs au chômage.

1996 : l’entreprise familiale, créée en 1930, est rachetée par le groupe américain Warnaco. 1 100 salariés y travaillent alors, répartis ?sur 8 sites, dont 7 en Rhône-Alpes.

2003 : Warnaco ferme 4 des 8 sites et supprime 250 emplois. Une partie de la production est sous-traitée et délocalisée vers le Maghreb.

2008 : un groupe de lingerie autrichien rachète Lejaby.

2010 : les usines de production de Bellegarde-sur-Valserine, Bourg-en-Bresse et Le Teil sont fermées et 197 ouvrières licenciées.

2012 : à l’issue d’une longue occupation du siège par les ouvrières, les repreneurs conservent moins de la moitié des 450 derniers salariés.

Le seul axe stratégique de Lejaby a été d’économiser sur la masse salariale en délocalisant la production. Il s’agit d’une approche financière pure et dure?: comme tous les concurrents ont délocalisé, ils délocalisent aussi. Or, le problème principal, c’était le produit lui-même?: les malfaçons fréquentes au niveau des sous-traitants étrangers, et le manque de créativité des collections, qui faisaient que les produits ne se vendaient pas. La délocalisation et l’externalisation d’une partie de la production au Maghreb n’ont fait qu’aggraver les difficultés de l’entreprise.?

Aujourd’hui, faute d’avoir sauvegardé les emplois, le ministre du Redressement productif nomme dans l’Ordre national du mérite Bernadette Pessemesse, figure emblématique de la lutte pour l’emploi et ex-représentante syndicale CGT des Lejaby et Nicole Mendez, son homologue CFDT à Rillieux-la-Pape. «?Elles l’ont mérité, a-t-il déclaré, en défendant plus que les actionnaires de leur entreprise – elles-mêmes ouvrières et salariées – le made in France et le patriotisme économique??».

Fidèle à ses convictions, Bernadette Pessemesse profite de ce nouvel éclairage médiatique pour alerter : «?Cette médaille revient à tous les salariés qui refusent les licenciements dans les petites comme dans les grandes entreprises. J’ai refusé les licenciements sous l’ancien gouvernement. Je ne les accepte pas plus aujourd’hui. Il faut interdire les licenciements, en commençant par les groupes qui font des profits et délocalisent. Il faut imposer une solution de reprise ou de continuation dans toutes les entreprises en difficulté. »

Enfin, depuis qu’Arnaud Montebourg s'est affiché à la Une du magazine du Parisien en marinière française, les ventes du polo Armor lux ont bondi de 75%. Pour défendre le « made in France » et les emplois qui vont avec, il lui reste de nombreuses tenues à enfiler…
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Les 3%, ce n’est pas pour maintenant !

Les 3 % de déficit sont inatteignables en 2013, selon le FMI.
Au moment où les députés viennent de voter le traité européen qui renforcera l’austérité, le FMI estime que la faible croissance attendue l’an prochain aura un effet sur le déficit public, qui atteindrait 3,5 % du PIB au lieu des 3 % prévus par le gouvernement. Une hypothèse qui conforte les doutes sur la priorité absolue donnée à la réduction des déficits.

Les craintes exprimées ces dernières semaines par certains responsables socialistes, sur l’infaisabilité d’une réduction des déficits publics à 3 % du PIB dès l’an prochain, sont confirmées par les dernières prévisions du Fonds monétaire international. Selon l’institution, la France afficherait un déficit public de 3,5 % en 2013, et de 4,7 % en 2012, contre 4,5 % espérés par le gouvernement. En cause, une révision à la baisse de la croissance par rapport aux hypothèses sur lesquelles se fonde le ministère des Finances pour établir ses prévisions de recettes fiscales et de dépenses. Pour la France, le FMI prévoit désormais une croissance économique de 0,1 % cette année contre 0,3 % attendu par le gouvernement, et surtout de 0,4 % seulement en 2013, moitié moins que le chiffre retenu dans le projet de loi de finances (0,8 %).

En conséquence, le FMI table sur des recettes fiscales moindres qu’espérées l’an prochain, ayant pour effet de faire repartir à la hausse le déficit budgétaire. Une mauvaise nouvelle pour le gouvernement Ayrault qui a tout fait pour convaincre les députés PS récalcitrants de voter, le 9 octobre, le traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, le TSCG. Celui-ci prévoit en effet un seuil de déficit maximal autorisé de 0,5 % du PIB. Une contrainte qui paraît d’ores et déjà hors d’atteinte en temps de croissance très faible, voire nulle comme ce fut le cas lors des trois derniers trimestres.

Le 23 septembre, Claude Bartolone, président PS de l’Assemblée nationale, pourtant favorable au traité budgétaire, avait déjà plaidé pour un assouplissement des objectifs de réduction des déficits, estimant que celui de 3 % pour l’an prochain est « intenable ». Pour lui, il appartient à la Commission européenne, qui contrôle que l’État se soumet bien à ses obligations, selon l’article 8 du TSCG, « de dire qu’on ne peut pas demander le même effort aux pays européens lorsqu’il y a de la croissance et lorsqu’il n’y en a pas ».

Mais un problème demeure. Le traité voté par les députés ne prévoit pas cette éventualité, contrairement à ce que ses défenseurs prétendent. En effet, il stipule qu’« un mécanisme de correction est déclenché automatiquement si des écarts importants sont constatés par rapport à l'objectif », avec « l'obligation » de « mettre en œuvre des mesures visant à corriger ces écarts » (article 3, paragraphe 1, point e du TSCG), « y compris en cas de circonstances exceptionnelles » (article 3, paragraphe 2) comme une « grave récession économique » (article 3, paragraphe 3, point b). En clair, si le scénario du FMI se vérifie, la Commission sera fondée à demander de nouvelles mesures d’austérité à la France plutôt que de lui accorder un peu d’oxygène pour relancer son économie.

Au-delà, les prévisions du FMI confirment ce que de nombreux économistes redoutent : à savoir que l’austérité pèse sur la croissance qui pèse à son tour sur les comptes publics. Après les deux plans d’austérité Fillon l’an dernier, et malgré l’effort sans précédent annoncé par le gouvernement de 30 milliards d’euros pour ramener le déficit à 3 % pour 2013, ce dernier ‘‘déraperait’’ à nouveau.

C’est ce que dit à sa façon l’OFCE. Dans sa note de juillet 2012 sur « l’évaluation du projet économique du quinquennat », il rappelait en effet que « les résultats que l’on peut attendre d’une politique qui comporte une forte restriction budgétaire (puisque l’on réduit les déficits publics) dépendent largement de la valeur du ‘‘multiplicateur budgétaire’’, indicateur qui mesure l’effet sur le PIB des mesures budgétaires. » En d’autres termes, il soulignait l’impact, trop souvent négligé, que produit une restriction des dépenses sur la croissance économique, et les conséquences que cela entraîne sur les recettes fiscales, et donc sur le niveau des déficits publics.

L’entrée dans une spirale infernale à la grecque ?

Infos Huma.fr

 

La règle de plomb de l’austérité

non.jpgLe traité européen vient d’être voté aujourd’hui à l'Assemblée nationale. 70 députés ont voté contre ce texte, dont bien évidemment ceux du Front de Gauche qui déplore que "seuls les marchés financiers peuvent se réjouir d'une telle ratification". 20 députés PS ont voté contre, dont deux députés du Val d’Oise, JP Blazy et G. Sebaoun, et 9 se sont abstenus, dont un député du 95, Jean-Noël Carpentier.
Douze des 17 députés écologistes ont également voté contre le traité.

Au total, le traité a été adopté par 477 voix pour, 70 contre et 21 abstentions, tandis que 9 députés n'ont pas pris part au vote.

Le Medef a salué le vote "indispensable" de l'Assemblée nationale "pour l'avenir de l'euro et la stabilité de l'Europe". Le Medef en profite aussi pour juger que "la seule voie possible contre les déficits est celle des réformes et de la réduction des dépenses publiques". Pour ceux qui n'auraient pas encore compris, les choses s’éclaircissent…

Jean-François Copé, candidat à la présidence de l'UMP, a lui ironisé sur "l'hypocrisie" de François Hollande vis-à-vis du traité budgétaire européen, ratifié à l'Assemblée, en estimant que seuls les nonistes de gauche étaient "cohérents" avec les engagements de campagne du chef de l'Etat.

Par la voix d'André Chassaigne, les députés Front de Gauche ont rappelé qu'"en dépit des engagements du candidat François Hollande, le traité n'a en rien été renégocié. Contrairement à ce que répètent à l’envie le premier ministre et ses lieutenants, ce traité ne donnera pas plus de force à la France pour réorienter l'Europe. Il conduira, au contraire notre pays, comme les autres Etats de l'UE, vers l'abime de la récession."
"Seuls les marchés financiers peuvent se réjouir d'une telle ratification annonciatrice de nouvelles baisses du pouvoir d'achat, de réductions drastiques des dépenses publiques pourtant utiles pour le développement économique et social, de chômage massif", a conclu le député du Puy-de-Dôme.

Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, a lui relevé qu'"une alternative de gauche s'est manifestée avec le vote commun de députés socialistes, verts et Front de Gauche contre le traité. Là est l'avenir de la gauche".

Retrouvez en annexe l'explication de vote d'André Chassaigne au nom des députés Front de Gauche

 

Les 3 %, c’est pas maintenant !

alternatives__conomiques.jpgAppel lancé par le mensuel "Alternatives économiques"

Vouloir ramener de 4,5 % en 2012 à 3 % du PIB les déficits publics dès 2013 risque de plonger l’économie française dans la dépression et de faire bondir le chômage. Dans ces conditions, il nous paraît indispensable de repousser le retour à 3 % de déficit public comme la plupart des économistes le recommandent.

Les 3 %, c’est pas maintenant

Nous approuvons la volonté manifestée par François Hollande de rétablir l’équilibre des finances publiques au cours de son quinquennat après une décennie de cadeaux fiscaux aux plus aisés et aux entreprises qui ont notablement contribué à creuser ces déficits et à gonfler la dette publique française. Mais pour atteindre cet objectif, il est indispensable de tenir compte de la conjoncture. L’économie française stagne depuis de longs mois et elle est probablement entrée en récession l’été dernier. C’est aussi le cas, depuis plus longtemps encore, de la zone euro dans son ensemble. Dans ces conditions vouloir ramener de 4,5 % en 2012 à 3 % du PIB les déficits publics dès 2013 risque de plonger l’économie française dans la dépression et de faire bondir le chômage alors que celui-ci vient déjà de battre les records établis dans les années 1990. Une hausse qui serait socialement et politiquement inacceptable. D’autant plus que, au bout du compte, l’objectif de 3 % de déficit ne serait pas atteint et que l’endettement public continuerait à s’accroître comme le montrent les exemples de l’Italie, de l’Espagne ou encore de la Grèce. Compte tenu du poids de l’économie française, seconde économie européenne, une telle politique risquerait de plus d’aggraver de façon significative les difficultés de la zone euro et de relancer la crise des dettes souveraines européennes.

Dans ces conditions, il nous paraît indispensable de repousser le retour à 3 % de déficit public comme la plupart des économistes le recommandent. Tenir ses engagements est incontestablement une qualité pour un dirigeant politique et François Hollande a montré depuis le 6 mai dernier qu’il y est attaché. Mais il est aussi indispensable pour un homme d’État de savoir s’adapter aux circonstances lorsque celles-ci ont changé. Et c’est manifestement le cas de la situation économique française et européenne depuis le moment où François Hollande avait formulé en 2011 l’engagement de ramener les déficits publics sous la barre des 3% dès 2013. Quoi qu’on pense par ailleurs de leur pertinence, les réformes récentes de la surveillance budgétaire européenne, basées sur la notion de déficit structurel, fournissent de solides arguments pour dévier de cet engagement. Les investisseurs eux-mêmes, très inquiets de voir la zone euro s’enfoncer dans la récession du fait des politiques budgétaires trop restrictives menées en son sein, comprendront un tel geste.

En conséquence, François Hollande doit se sentir libéré de cette promesse intenable et contreproductive et trouver les moyens de convaincre ses collègues européens de la nécessité de repousser cette échéance. Il vaut mieux affronter aujourd’hui les difficultés liées à un tel renoncement que de constater demain qu’on n’a pas atteint les 3 % de déficit après avoir plongé le pays dans la récession et accumulé des dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires.

Voir l'appel

 

120 économistes contre le Traité budgétaire

120 économistes signent une tribune expliquant leur opposition au traité européen.

L’austérité aggrave la crise, non au Traité budgétaire européen !

Depuis 2008, l’Union européenne (UE) fait face à une crise économique sans précédent. Contrairement à ce que prétendent les économistes libéraux, cette crise n’est pas due à la dette publique. Ainsi, l’Espagne et l’Irlande subissent aujourd’hui les attaques des marchés financiers alors que ces pays ont toujours respecté les critères de Maastricht. La montée des déficits publics est une conséquence de la chute des recettes fiscales due en partie aux cadeaux fiscaux faits aux plus aisés, de l’aide publique apportée aux banques commerciales et du recours aux marchés financiers pour détenir cette dette à des taux d’intérêt élevés.

La crise s’explique également par l’absence totale de régulation du crédit et des flux de capitaux aux dépens de l’emploi, des services publics et des activités productives. Elle est entretenue par la banque centrale européenne (BCE) qui appuie sans conditions les banques privées, et exige à présent une « stricte conditionnalité » austéritaire des États lorsqu’il s’agit de jouer le rôle de « prêteur en dernier ressort ». Elle leur impose des politiques d’austérité et s’avère incapable de combattre la spéculation sur les dettes souveraines, cela d’autant que sa seule mission reconnue par les traités est celle de maintenir la stabilité des prix. En outre, cette crise est aggravée par le dumping fiscal intra-européen et l’interdiction qui est faite à la BCE de prêter directement aux États pour des dépenses d’avenir, au contraire des autres banques centrales dans le monde comme la Federal reserve américaine. Enfin, la crise est renforcée par l’extrême faiblesse du budget européen et son plafonnement au taux ridiculement bas de 1,24 % du PIB, avec son orientation qui rend impossible toute expansion coordonnée et ambitieuse de l’activité en Europe.

François Hollande, après s’être engagé pendant la campagne à renégocier le traité européen, n’y a en fait apporté aucun changement, et, comme vient d’ailleurs de le reconnaître Élisabeth Guigou, choisit aujourd’hui de poursuivre la politique d’austérité entamée par ses prédécesseurs. C’est une erreur tragique. L’ajout d’un pseudo-pacte de croissance, aux montants réels dérisoires, s’accompagne de l’acceptation de la « règle d’or » budgétaire défendue par A. Merkel et N. Sarkozy. Elle stipule que le déficit dit structurel (hors variations de cycles économiques) ne doit pas dépasser 0,5% du PIB, ce qui condamnera toute logique de dépenses publiques d’avenir et conduira à mettre en place un programme drastique de réduction du périmètre de l’ensemble des administrations publiques.

En limitant plus que jamais la capacité des pays à relancer leurs économies et en leur imposant l’équilibre des comptes publics, ce traité est porteur d’une logique récessive qui aggravera mécaniquement les déséquilibres actuels. Les pays qui souffrent de l’effondrement de leur demande intérieure seront amenés à réduire plus fortement encore leur demande publique. Alors que plusieurs États membres sont déjà en récession, cela menacera encore davantage l’activité et l’emploi, donc les recettes publiques, ce qui creusera in fine les déficits. Ainsi, l’OFCE prévoit déjà 300 000 chômeurs de plus en France fin 2013 du seul fait de l’austérité. À moyen et long terme, cela hypothèquera la transition sociale et écologique qui nécessite des investissements considérables.

Au nom d’une prétendue « solidarité européenne », le traité organise de fait la garantie par les États des grands patrimoines financiers privés. Il grave dans le marbre des mesures d’austérité automatiques, imposées aux représentants des peuples, en contraignant leurs décisions budgétaires, dictées par une instance non élue. Le Mécanisme européen de stabilité (MES), institution anti-démocratique par excellence, pourrait proposer des prêts à des taux un peu moins élevés (5% en moyenne). Mais ces prêts seraient conditionnés à l’application d’une austérité drastique imposée aux peuples ! La garantie publique des investisseurs privés ne fait qu’encourager la spéculation, alors qu’il faudrait lui briser les reins en sortant de leur mains la dette publique. L’ensemble de l’édifice repose ainsi sur des conditionnalités anti-sociales imposées à toute aide ou intervention, et le refus d’intervention directe de la BCE pour les dépenses nouvelles. Elle va se contenter d’un rachat restrictif des titres de dette sur le marché secondaire, comme l’a annoncé récemment Mario Draghi.

Des centaines d’économistes à travers le monde, rejoints en ce sens par certains prix Nobel d’économie comme Joseph Stiglitz et Paul Krugman, ont largement critiqué le non-sens économique de la politique actuellement à l’œuvre en Europe. Le constat est sans appel : l’austérité est à la fois injuste, inefficace et anti-démocratique.

Nous pouvons faire autrement. L’avenir de l’Europe mérite un débat démocratique sur les solutions de sortie de crise. Une expansion coordonnée de l’activité, de l’emploi et des services publics serait aujourd’hui possible en Europe, notamment par le financement direct sélectif et à bas taux par la BCE des organismes publics de crédit. Pour que l’UE mette en œuvre cette politique, il est urgent de réformer et de démocratiser ses institutions. Un Fonds européen de développement social et écologique, à gestion démocratique, pourrait accentuer cette dynamique. De plus, l’UE pourrait mettre en place un contrôle de la finance, notamment en interdisant les échanges d'obligations souveraines sur les marchés de gré à gré, en limitant strictement la titrisation et les produits dérivés et en taxant les mouvements de capitaux spéculatifs.

Les défis sociaux et écologiques d’aujourd’hui sont immenses. Il est urgent de changer de cap pour sortir de la crise par le haut. Il est possible de défaire le sombre bilan des politiques libérales d’une France qui comprend 5 millions de chômeurs et 10 millions de pauvres. Pour s’en donner les moyens, il faut briser l’étau des marchés financiers et non leur donner des gages. C’est pourquoi nous refusons la ratification du Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG).

Ce texte n’engage que ses signataires. Voir la liste en annexe du billet ; nous y retrouvons Denis Durand, venu en février 2012 à Saint Gratien pour animer une soirée débat autour de la crise financière.
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Après le 30 septembre, tout ne fait que commencer !

Le débat parlementaire sur le traité européen et la loi organique qui doit le traduire dans le droit national débute dès le 2 octobre avec le discours du premier ministre à l’Assemblée, suivi d’un débat sans vote. Ensuite s’ouvriront les discussions sur la ratification jusqu'au vote fixé au 9 octobre. La loi organique sera votée le 10 octobre et les deux textes passeront par la suite au Sénat.

La manifestation du 30 septembre a été un incontestable succès même si la plupart des médias en a minimisé la portée. La réussite de cette journée va donner un poids supplémentaire à la voix des élus du Front de Gauche qui vont à présent engager la bataille parlementaire et qui se trouvent ainsi encouragés. D’autres députés vont-ils eux aussi prendre la mesure du mouvement populaire qui est en train de grandir et de s’amplifier ? Après le défilé de plusieurs milliers de personnes dans les rues de Paris dimanche contre le traité budgétaire européen, une « surprise » va-t-elle surgir à l’Assemblée ?

Aujourd’hui apparaît clairement pour tous que ce traité n’a pas été modifié d’un iota et que le texte proposé est bien celui, virgules comprises, qui a été signé par N. Sarkozy et A. Merkel. Quant au prétendu pacte de croissance qui l’accompagne, outre qu’il ne fait pas partie du traité lui-même, il n’annonce que des crédits déjà engagés et très modestes : 4 à 5 milliards seulement pour la France… La nocivité du « pacte budgétaire » est reconnue bien au-delà des rangs du FdG. Les écologistes se sont prononcés à 70% contre le traité et au sein même du PS, des voix discordantes se font entendre.

« Sur le nombre de parlementaires qui voteront contre, vous aurez des surprises. Il sera significatif et très au-delà du Front de Gauche », a prévenu Pierre Laurent. S'adressant au Premier ministre, le secrétaire national du Parti communiste a ajouté: « Les appels à la discipline sont dérisoires au regard des enjeux pour l'avenir du pays ».

A l’Assemblée, le groupe Gauche démocrate et républicaine présidé par André Chassaigne, va déposer une motion de procédure. « Nous allons mener une bataille sans concession », a prévenu le député du Puy-de-Dôme lors d'une conférence de presse avant l'ouverture des débats de l'Assemblée. « En particulier nous allons nous saisir du débat avec une motion de procédure pour dire à quel point ce traité est néfaste pour notre pays. En ce qui concerne la loi organique qui est la mise en application du traité, nous ne déposerons pas d'amendement parce que nous voulons la rejeter en bloc » a-t-il insisté.

Au Sénat, le groupe communiste, républicain et citoyen s’apprête à se battre avec la même détermination. Eliane Assassi, sa toute nouvelle présidente, rappelle que la situation au Sénat est particulière puisque la position de son groupe est déterminante. Il n’existe en effet pas de majorité de gauche sans celui-ci.

Les parlementaires du Front de Gauche appellent également les autres députés de gauche à les rejoindre et à être signataires avec eux d'une motion référendaire.

Les manifestants du 30 septembre, quant à eux, ne se reposent pas sur leurs lauriers mais appellent d’ores et déjà à se mobiliser durant le prochain week-end pour continuer à demander une consultation des citoyens. Un meeting européen est programmé le 8 octobre à Paris contre les politiques d’austérité et pour une Europe solidaire. Tout ne fait que commencer.

Plus d'infos sur le traité

Le traité décrypté par l'Humanité

Jacques Généreux, économiste du Parti de gauche, explique pourquoi il faut dire non au traité

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Des milliers contre l'austérité

Ils ont manifesté aujourd'hui par dizaines de milliers contre les politiques d'austérité et pour une autre Europe...
"Ce jour est le jour où le peuple français entre en mouvement contre la politique d'austérité", a lancé Jean-Luc Mélenchon.
"C'est un point de départ, ça commence aujourd'hui et ça va continuer dans les semaines a venir", a renchéri Pierre Laurent, décrivant un mouvement destiné à "donner du courage à la gauche pour mener la guerre à la finance".
Olivier Besancenot s'est lui félicité de cette manifestation : "Il était temps que la rue se réinvite un peu et se fasse entendre contre la politique du gouvernement."
"Le mouvement social ne va pas se taire pendant cinq ans", a prévenu Aurélie Trouvé, coprésidente d'Attac France.
Visages, pancartes, slogans et drapeaux croisés au fil de cette après-midi... SONY DSC
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On marche pour le changement !

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A l’appel de 65 organisations associatives, syndicales et politiques, une grande manifestation a lieu demain dimanche 30 septembre contre le traité d’austérité et pour exiger qu’un large débat démocratique ait lieu afin que les citoyen-es puissent s’emparer de ce sujet décisif et se prononcer à son propos.
La manifestation débutera à 13h30 et partira de la place de la Nation pour rejoindre la place d’Italie. Rendez-vous dimanche à partir de 10h au marché au centre ville, ou bien à 12h45 à la gare RER de Saint-Gratien.
transports-widget.gifLe Front de Gauche de Saint Gratien n'a pas affrété un car.
Il a affrété un train.
Qu'on se le dise !

 

NON à l'austérité perpétuelle en Europe !

j_aime_l_europe1.jpgFrançois Hollande, candidat, s'est engagé devant les Français à renégocier le nouveau Traité pour la stabilité, la coopération et la gouvernance, dit aussi Pacte budgétaire. Aujourd'hui, le gouvernement le présente pour ratification au Parlement rigoureusement inchangé, tel que signé en mars dernier par Nicolas Sarkozy.

Ce Traité interdit les déficits publics et donne aux instances européennes des pouvoirs de sanction inédits contre les pays en difficulté. Dans l'espoir de rassurer les créanciers et les spéculateurs, il impose aux États une austérité perpétuelle sans apporter aucun remède aux causes réelles de la crise: la concurrence effrénée au sein de la zone euro et la domination des marchés financiers.

En plaçant l'austérité au-dessus de la démocratie, ce Pacte va aggraver la récession et le chômage, et priver les États de moyens indispensables pour sortir de la crise sociale et écologique. Les très maigres mesures « pour la croissance », adoptées par le Conseil européen fin juin n'y changeront rien.

Si la construction européenne devait se poursuivre contre les intérêts et la volonté des peuples, elle n'y survivra pas, pas plus que la démocratie. C'est pourquoi les Députés et Sénateurs doivent rejeter le Pacte budgétaire. Le rejet du Traité par la France ne représenterait pas un repli : il permettrait au contraire de rouvrir le nécessaire débat pour réorienter l'Europe.

De nombreuses organisations associatives, syndicales, politiques ont ainsi décidé de lancer ensemble une campagne unitaire : "pour une Europe solidaire, NON au Traité d'austérité" : plus d'infos

Rendez-vous à la grande manifestation unitaire qui aura lieu à Paris le 30 septembre à 13h30, au départ de Nation.
Les Val d’Oisiens se retrouveront place de la Nation à l’angle du Boulevard Voltaire sous la banderole « L’humain d’abord ! »
Le Front de Gauche gratiennois vous attend à la gare de Saint Gratien à 12h45 pour un départ groupé.

A dimanche !

Signez cette pétition

En imposant l’austérité à marche forcée, le Pacte budgétaire menace de plonger l’Europe dans la récession et le chômage de masse. Il va priver les États de moyens indispensables pour sortir de la crise sociale et environnementale. Pour mieux rassurer les créanciers et les spéculateurs, il place l’austérité au-dessus de la démocratie. Nous vous demandons de rejeter ce Traité d’austérité, et de permettre ainsi de rouvrir le débat pour réorienter l’Europe.

Signer

Les signatures de la pétition seront rendues aux députés lors de la semaine de débats parlementaires du 1er octobre.

 

Le gouverneur de la Banque de France veut-il priver la gauche des moyens de réussir ?

Banque-de-France.jpgAvant les élections, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, avait annoncé qu'il voulait supprimer
2 500 emplois dans l'institution à la tête de laquelle il a été placé par Jacques Chirac et confirmé par Nicolas Sarkozy. Depuis ces annonces, la crise s'est aggravée, le chômage a explosé, la France connait la croissance zéro... et la droite a été chassée du pouvoir. La Banque centrale européenne et la Banque de France sont sollicitées de toutes parts pour qu'elles orientent sélectivement les financements vers la croissance réelle et les PME, plutôt que d'injecter aveuglément des milliards dans les marchés financiers.

Le gouverneur Noyer n'en a cure : il vient de réaffirmer sa volonté de dévitaliser la présence de la Banque de France dans les territoires, particulièrement dans ceux qui sont les plus touchés par le chômage, la précarité, le surendettement, ceux où les PME et les collectivités publiques ont le plus de mal à obtenir les crédits bancaires indispensables à la réalisation de leurs projets. François Hollande et son gouvernement se sont prononcés pour que les politiques économiques, en France et en Europe, donnent la priorité à la croissance. Laisseront-ils détériorer l'un de nos outils principaux de lutte contre la crise ?

Le Parti communiste français apporte son total soutien à la mobilisation des personnels de la Banque de France et aux propositions précises de leurs syndicats pour que la Banque réponde aux attentes du pays dans tous les domaines du service public dont elle est chargée. Il demande à la Banque de France de renforcer sa présence dans les territoires pour être à l'écoute des citoyens et lutter pour la revitalisation des bassins d'emploi et de vie. Il demande qu'elle coopère activement avec les régions dans la mise en place de fonds régionaux pour l'emploi et la formation. Il demande que la Banque de France s'engage dans une coopération active avec la future BPI et les autres institutions financières publiques et mutualistes au sein d'un pôle financier public. Il demande que la Banque prenne en compte, dans la sélection des crédits susceptibles de bénéficier d'un refinancement de la BCE, de leur contribution à la sécurisation de l'emploi, de la formation et du potentiel de création de richesses dans les territoires. Le PCF demande au gouvernement d'user de tous les moyens à sa disposition pour stopper les projets irresponsables du gouverneur Noyer. Il demande l'ouverture d'un vaste débat, à l'échelle nationale et dans chaque département, sur les moyens de mobiliser l'argent public, l'argent des entreprises et l'argent des banques au service de la création de richesses et de l'emploi, avec de nouveaux pouvoirs pour les salariés dans les entreprises et pour les citoyens.

 

Quatre raisons de rejeter le nouveau traité européen !

Le président de la République a décidé de soumettre au vote du parlement début octobre le « Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire » (TSCG) également appelé pacte budgétaire européen. Voilà au moins quatre raisons de rejeter ce nouveau traité.

1. Ce traité qui durcit encore les traités de Maastricht et de Lisbonne fixe aux États « une limité inférieure de déficit structurel de 0,5% du PIB » (article 3.b). La grande majorité des États européens ayant un déficit bien supérieur (4,5% du PIB de la France), les politiques d’austérité seront généralisées en Europe. En cas de non-respect de cette interdiction, « un mécanisme de correction est déclenché automatiquement » (article 3.e).

2. Si elle juge excessif le déficit d’un État, d’une collectivité ou de la Sécurité Sociale, la Commission européenne, instance non élue, peut décider des mesures et du calendrier pour obliger l’institution contrevenante à diminuer son déficit, par des coupes budgétaires, des privatisations, des baisses de salaires et de retraites. Il en sera donc fini du droit essentiel des parlements nationaux de décider du budget des États : la souveraineté des peuples est bafouée.

3. La cour de justice européenne peut « infliger le paiement d’une somme forfaitaire » (article 8.2) à l’État contrevenant. Ainsi un État pourra être sanctionné financièrement, et donc aggraver encore son déficit !

4. Le pacte de croissance correspond à seulement 1% du PIB européen, dont la moitié des investissements avait déjà été décidé. Reposant sur la stratégie de croissance de la commission européenne, il pourrait conduire à affaiblir les dispositions les plus protectrices pour les travailleurs du droit du travail et les politiques sociales des états de l’Union Européenne.

Pourquoi demandons-nous un référendum ?

Dans ses 60 engagements de campagne, François Hollande formulait la proposition n° 11 ; « je renégocierai le Traité européen issu de l’accord du 9 décembre 2011 en privilégiant la croissance et l’emploi et en réorientant le rôle de la Banque centrale européenne (BCE) dans cette direction ». Or, au sommet européen de juin dernier, le nouveau président de la République a laissé intact le traité rédigé par Sarkozy et Merkel (cf. Le Monde du 19.09) et n’a pas réorienté le rôle de la BCE. Puisqu’il n’a pas tenu son engagement, le président doit aujourd’hui permettre au peuple français de décider par référendum s’il approuve ou non ce traité, d’autant plus que pour les raisons citées, il conditionnera toute la politique du quinquennat.

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Le comité local du Front de Gauche gratiennois vous donne rendez-vous à la gare de Saint Gratien dimanche 29 septembre à 12h45 pour un départ collectif à a la manifestation nationale. A dimanche !

 

L'austérité à perpétuité, ça vous dit ?

ouvrez_la__.jpgVoici ce que les uns et les autres disent du pacte budgétaire qui sera soumis au Parlement début octobre.

Jean Claude Mailly, Force Ouvrière
« On risque d’inscrire l’Europe dans une phase de récession accélérée. Nous allons nous adresser aux députés et aux sénateurs en expliquant pourquoi nous sommes contre ce traité ».

Eva Joly, ex candidate écologiste à la présidentielle
« Le traité qu’on nous propose de voter est le traité « Merkozy ». Le petit ajout sur la croissance n’est pas à la mesure des enjeux. On crée les conditions de notre propre récession. On ne peut pas escamoter le débat public sur un tel enjeu ».

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS
« Ce traité est dangereux. Je pense qu’il instaure une austérité durable et prive les parlements et les citoyens des arbitrages budgétaires. Il tourne le dos aux capacités d’impulser des politiques de relance et ne fait qu’accroître, amplifier et durcir la politique qui a déjà été menée ».

Laurence Parisot, MEDEF
« On ne doit pas se poser la question de la ratification du traité européen : il faut le signer des deux mains. (…) Cela dit, il faut penser la réduction des déficits de manière qu’elle n’aggrave pas le risque de récession ».

Arnaud Montebourg, PS, pendant la campagne présidentielle
« Une majorité de gauche en France ne votera jamais le traité Merkozy ».

Conseil fédéral des Verts

« Une lecture stricte du traité ne répondra pas durablement aux crises auxquelles est aujourd'hui confrontée l'Union Européenne et constitue un obstacle à la transition écologique ».

Razzy Hammadi, député PS
« Je ne voterai pas le traité européen. Il ne fait qu'ajouter l'austérité à l'austérité et fait appel aux recettes violentes et antidémocratiques des pactes précédents ».

Et vous ? On vous a demandé votre avis ?

Le Front de Gauche veut vous donner la parole et réclame un référendum sur ce nouveau traité qui conditionne toute la politique du quinquennat !
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Les raisons du non

attac_4.jpgFrançois Hollande a mis à l’ordre du jour la ratification par la France du Pacte budgétaire européen. Les parlementaires devraient se prononcer avant le 4 octobre. Le candidat Hollande avait pourtant promis de ne pas poursuivre sur le chemin de l’austérité et de renégocier le traité européen. Celui-ci, inchangé, reste toujours aussi nocif.
Dans une Europe qui s’enfonce dans la récession, ratifier le Pacte signifie une course accélérée vers la catastrophe.
Voici quelques raisons de dire non au traité européen.

Revenons tout d’abord sur le soi-disant « pacte de croissance » qui accompagne le traité européen et qui permet au président d’affirmer que tout est changé. Il n’est constitué que de 60 milliards de fonds déjà programmés pour 2012-2013, et 60 milliards d’hypothétiques nouveaux prêts au secteur privé par la Banque européenne d’investissement. Le total n’atteint même pas 1% du PIB européen. « Les différentes idées reprises dans le pacte pour la croissance, c’est-à-dire l'additif au TSCG, étaient sur la table AVANT l'élection de François Hollande » reconnaît d’ailleurs « Le Monde » lui-même…
Oubliées les trois conditions fixées par François Hollande pour la ratification du Pacte, à savoir : la mise en place d’euro-obligations, pour que les pays de la zone euro les plus fragiles puissent emprunter à des taux non prohibitifs ; la réforme de la Banque centrale européenne, pour donner aux États la possibilité de se financer en dehors des marchés ; des mesures de relance de la croissance en Europe.

Si les mesures annoncées en matière de croissance sont dérisoires, l’application du Pacte budgétaire signifiera des coupes bien réelles dans les budgets publics.

Le « noyau dur » du Pacte budgétaire est la fameuse « règle d’or » qui stipule que la différence entre les dépenses et les recettes de l’État ne doit pas dépasser 0,5 % du PIB.

Elle apporte inévitablement des plans d’austérité. Ceux menés en Europe se ressemblent tous : coupes pour les fonctionnaires (suppressions de postes, gel ou réduction des salaires) et pour les collectivités locales ; coupes dans la protection sociale (retraites, assurance maladie, chômage…) ; coupes dans les services publics (fermetures d’hôpitaux, de classes…).

attac_1.jpgCes mesures sont socialement injustes car elles touchent en priorité les populations les plus précaires, les femmes, les jeunes, les classes populaires. Elles sont aussi économiquement désastreuses. En voulant réduire le déficit à 3% du PIB en 2013 pour atteindre le déficit zéro en 2017, on aggrave la récession et le chômage. Selon le FMI, 300 000 emplois seront de ce seul fait détruits en 2013, et presque autant les années suivantes. La baisse des dépenses publiques accentue la récession. Les rentrées d’impôts et de cotisations chutent. Le déficit augmente au lieu de diminuer. La règle d’or se transforme en plomb. L’austérité ne freine pas l’endettement… elle l’accélère ! Elle a déjà laminé les économies grecque, portugaise, espagnole, britannique…

Pour réduire le déficit, les gouvernements pourraient choisir d’augmenter les impôts. Quelques hausses d’impôts votées par le Parlement en juillet ont certes légèrement touché les plus riches et les grandes entreprises. Mais la Cour des Comptes a déjà annoncé qu’il serait dangereux d’aller plus loin et qu’augmenter davantage les taxes sur le capital ferait fuir les fortunes, qui bénéficient de la liberté totale de circulation des capitaux. Pour respecter la « règle d’or », c’est donc la hausse de la TVA qui est prônée par la Commission européenne. Elle est déjà intervenue dans tous les pays du Sud de l’Europe. En France, c’est une hausse de la CSG qui est sans doute à redouter.

L’objectif de la règle d’or – le déficit zéro – n’a aucune justification économique. D’une part, la crise ne provient pas d’un endettement excessif des États. L’Espagne et l’Irlande avaient par exemple des budgets publics excédentaires avant la crise. Mais surtout, les déficits et l’endettement publics peuvent être parfaitement légitimes. C’est ce qui permet à l’État d’étaler des recettes et des dépenses dans le temps pour financer des investissements d’avenir qui bénéficieront aussi aux générations futures. Aujourd’hui, il est plus que jamais nécessaire d’investir pour la transition écologique et sociale de l’économie. Mais l’État ne peut le faire sur la base des seuls impôts.
C’est d’autant plus nécessaire dans un contexte de crise. On sait que l’État est le seul susceptible de relancer l’activité économique quand les entreprises diminuent leurs investissements et que la consommation chute.

La « règle d’or » n’est pas une règle économique mais purement idéologique. C’est une vision ultra-libérale qui ôte à l’État toute marge de manœuvre. La « règle d’or » est une absurdité.

Mais le Pacte budgétaire n’est pas seulement néfaste sur le plan économique et social. C’est aussi un désastre démocratique.

Il prévoit que les budgets nationaux doivent donner la priorité absolue au désendettement et à la réduction des déficits. Les Etats ne sont plus maîtres de leurs budgets ! De surcroît, la Commission européenne donne des avis, identifie des « déséquilibres » par exemple, un manque de « compétitivité ». Entendez par là qu’il faudra tailler dans les acquis sociaux… Si un gouvernement propose un budget considéré comme trop laxiste, la Commission peut prévoir des sanctions qui peuvent aller jusqu’à 0,1 % du PIB, c’est-à-dire 2 milliards d’euros pour la France. La Commission n’est pas le seul gendarme puisqu’un Etat peut aussi porter plainte auprès de la Cour de justice européenne contre un autre État qu’il jugerait trop permissif.

Ce traité renforce considérablement les pouvoirs des instances européennes – Commission, Conseil, Cour de Justice, toutes instances non élues, – au détriment des Parlements nationaux. Le Parlement européen demeure lui totalement hors du coup.

C’est un grave transfert de souveraineté, pourtant ignoré par le Conseil Constitutionnel, qui n’a pas jugé utile de réformer la Constitution à ce sujet.

L’austérité, c’est pour longtemps ? Il semblerait que la peine soit perpétuelle…Le Pacte budgétaire prévoit que la règle d’or ne puisse être remise en cause. C’est Angela Merkel, s’appuyant sur le texte du Pacte budgétaire, qui le précise : « la règle d’or va être contraignante et s’appliquer de manière permanente. Les règles ne doivent en aucun cas pouvoir être changées par une nouvelle majorité parlementaire. » Sauf à sortir de l'Europe, on ne peut se débarrasser du Pacte budgétaire...

Selon le Pacte, il faudra adopter « des dispositions contraignantes et permanentes, de préférence constitutionnelles ». Et cela sans aucune limite temporelle : c’est donc bien l’austérité à perpétuité que garantit le nouveau traité. En France, sera mis en place un « Haut Conseil des Finances Publiques » composé d’« experts indépendants » et adossé à la Cour des Comptes, afin de contrôler le respect de la discipline budgétaire par le gouvernement français.

Un véritable débat démocratique autour des enjeux de la dette publique, des alternatives à l’austérité est indispensable.

Ces politiques austéritaires seront rejetées par les peuples et ne peuvent aboutir qu’au discrédit et au rejet de l’Union européenne. Les courants xénophobes et réactionnaires en seront terriblement renforcés. Nous voulons au contraire construire les bases d’une autre Europe.
En voici quelques aspects.

-Désarmer les marchés financiers en s’attaquant aux paradis fiscaux, et à tous les mécanismes spéculatifs. Une taxe ambitieuse sur les transactions financières doit voir le jour dans l’Union européenne ou au moins dans la zone euro.
-Dissuader la spéculation et sortir de l’asphyxie les économies des pays surendettés ; la BCE doit financer directement les États au lieu de financer à taux presque nul les banques privées pour que celles-ci prêtent ensuite aux États à des taux prohibitifs. Dans le même temps, des audits de la dette doivent aboutir à des restructurations importantes.
-Lancer une révolution fiscale à l’échelle européenne en taxant les riches et les profits et en mettant un terme à l’évasion fiscale pour redonner des marges de manoeuvre à l’action publique.
-Financer l’écologie et l’emploi : des mesures de relance publique et d’investissements massifs sont urgentes pour satisfaire les besoins sociaux, renforcer la convergence vers le haut des droits sociaux en Europe et engager partout la transition écologique qui devient dramatiquement urgente.
-Mettre les banques au service de la société : dissocier clairement les activités de banques de détail de celles d’investissement, de financement et de spéculation, mettre sous contrôle public et démocratique les banques et assurances dans le cadre d’un pôle public bancaire.

En Grèce, en Espagne, en France mais aussi en Allemagne des forces s’élèvent pour réclamer une réorientation radicale de l’Europe pour éviter le désastre social et démocratique en cours. En France, 72% des Français souhaitent pouvoir s’exprimer par référendum. EELV vient de se prononcer contre la ratification. Le Parlement votera-t-il ce texte au mépris de l’opinion et en oubliant les promesses électorales ?

L’adoption du Pacte budgétaire signifierait l’abandon de toute perspective alternative alors qu’un rejet du texte par la France serait le signal décisif pour enclencher une dynamique de refondation démocratique de la construction européenne. Aidons les députés et sénateurs de la majorité présidentielle à le comprendre ! Une manifestation d’ampleur le 30 septembre peut être un signal fort !
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Place au peuple, c'est maintenant !

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Le TSCG...mais qu'est-ce que c'est que ça ?

Le 1er janvier 2013, les États européens devront appliquer un nouveau traité, "pour la stabilité, la coordination et la gouvernance" (TSCG) de la zone euro, aussi appelé Pacte budgétaire. Très peu d'informations sont disponibles sur ce traité. Que contient-il ? Que va-t-il changer pour les États ? Informez-vous sur le contenu de ce traité qui va imposer l'austérité partout, et ce sans même demander l'avis des peuples.

lire le traité
C'est court et assez lisible...

voir la vidéo de la Gauche européenne/gauche verte nordique
Un peu plus amusant...

écouter l'avis de "Politis"
Pour compléter votre information...

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Rentrée littéraire

Petites lectures de rentrée...

changer_vraiment.jpg Changer vraiment
Quelles politiques économiques de gauche ?

Depuis des décennies, en France, quel que soit le gouvernement en place, la même logique a prévalu?: baisse du coût du travail, précarisation du salariat, défiscalisation des plus riches et des grandes entreprises, ouverture à la concurrence, libre-échange et déréglementation financière.

Menées simultanément dans l’ensemble des pays de l’OCDE, ces politiques ont abouti à la crise actuelle, qui voit partout en Europe une austérité drastique imposée aux peuples. Elles sont présentées comme inéluctables, on se souvient du fameux TINA («?there is no alternative?») de Margaret Thatcher.

Cet ouvrage montre qu’il n’en est rien.

La gauche au pouvoir peut tout à fait rompre avec sa démarche d’accompagnement du capitalisme productiviste néolibéral et ne pas se contenter de l’amender à la marge. Au-delà des mesures d’urgence qu’il faut prendre immédiatement pour amorcer la sortie de crise, ce livre propose une vision dynamique d’ensemble et montre qu’il est possible d’amorcer une autre logique économique, sociale et écologique… à condition d’avoir la volonté politique de s’attaquer à l’oligarchie cupide qui nous gouverne et de s’appuyer résolument sur la mobilisation sociale et citoyenne.

Tel est l’enjeu du quinquennat qui s’ouvre.

Changer vraiment
Quelles politiques économiques de gauche ?
Collection "les notes et documents de la fondation Copernic"
Parution : mai 2012 ; 140 pages ; 7 euros

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         L’Europe mal-Traitée

Le 2 mars 2012, un nouveau traité, pompeusement intitulé « Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance » (TSCG), dit aussi « Pacte budgétaire », a été adopté par les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro. Ce court traité est d’une importance capitale. Après Maastricht et Lisbonne, il constitue un acte III de l’histoire de l’euro, radicalisant de façon inédite les principes libéraux qui président, depuis son origine, à la construction de la monnaie unique.

En paralysant les politiques budgétaires nationales, en installant la prétendue « règle d’or » budgétaire, ce traité va plonger l’Union européenne dans une austérité perpétuelle. Ne s’attaquant à aucune des causes de la crise actuelle, il risque d’aboutir à l’explosion de l’euro et à l’effondrement de la démocratie en Europe. Le moment est venu de le constater ; ce traité ne peut être simplement « complété », il doit laisser la place à de nouvelles fondations.

En proposant une analyse détaillée et une critique serrée de ce traité, les économistes atterrés poursuivent ce qui est leur vocation : mettre entre les mains des citoyens des éléments d’analyse leur permettant de se saisir du débat et de se faire entendre afin que nul ne décide de leur avenir à leur place. Ils avancent en conclusion des propositions qui affrontent les vraies questions posées par la crise de l’euro et ouvrent d’autres perspectives sociales, solidaires et écologiques.

L’Europe mal- Traitée ; refuser le Pacte budgétaire et ouvrir d’autres perspectives
Les économistes atterrés
Editions "les liens qui libèrent" ; juin 2012 ; 135 pages ; 8 euros

 

Rebrousse-poil

A rebrousse-poil, des économistes lancent un manifeste contre la rigueur

''Deux économistes de renom, qui en ont assez de voir les hommes politiques vanter sans relâche la rigueur budgétaire, ont décidé de pousser un coup de gueule. Publié dans le Financial Times et titré « Manifeste pour le retour à la raison économique », ce texte fait l’objet d’une pétition que tous les économistes sont invités à signer. Les deux signataires du texte sont :

  • le prix Nobel américain de l’économie Paul Krugman, professeur à Princeton et chroniqueur au New York Times ;
  • Richard Layard, économiste anglais, fondateur du Centre for economic performance à la London School of Economics.

Leur texte est un véritable plaidoyer pour la relance de la dépense publique.
Le voici traduit de l’anglais sur le site Rue 89.

Manifeste pour le retour à la raison économique

Plus de quatre ans après le début de la crise financière, les économies les plus avancées restent profondément déprimées, dans un contexte qui rappelle hélas trop les années 1930.

La raison en est simple : nous suivons les mêmes idées qui ont inspiré les politiques des années 1930. Ces idées, qui ont été invalidées depuis longtemps, reposent sur des erreurs d’analyse profondes, tant sur les causes de la crise que sur sa nature, ainsi que sur la réponse qu’il serait approprié de lui apporter. Ces erreurs ont pris profondément racine dans l’opinion publique et elles servent d’appui pour justifier, dans de nombreux pays, une austérité excessive dans la conduite des politiques budgétaires. Il est temps de publier un manifeste dans lequel des économistes sérieux exposent au grand public une analyse plus solidement étayée de nos problèmes.

* Les causes
De nombreux décideurs politiques répètent que la crise a été provoquée par des emprunts publics irresponsables. A quelques rares exceptions près – autres que la Grèce –, c’est faux. Les conditions de crise ont été créées par des emprunts et les prêts excessifs au sein du secteur privé, notamment par les banques. L’explosion de cette bulle a conduit à une chute massive de la production et donc des recettes fiscales. Les déficits publics importants auxquels nous assistons aujourd’hui sont la conséquence de la crise, pas sa cause.

* La nature de la crise
Lorsque la bulle du crédit immobilier, de part et d’autre de l’Atlantique, a éclaté, de nombreux acteurs du secteur privé ont réduit leurs dépenses pour tenter de rembourser leurs dettes. D’un point de vue individuel, il s’agissait certes, de leur part, d’une réponse rationnelle. Mais, à l’image du comportement similaire des débiteurs dans les années 1930, cette réponse s’est avérée collectivement destructrice. Pour une raison simple : les dépenses d’une personne, ce sont les revenus d’une autre.
La chute des dépenses a entraîné une crise économique, qui a aggravé du même coup le problème de la dette publique.

* La réponse appropriée
Alors que le secteur privé est engagé dans un effort collectif pour dépenser moins, les politiques publiques devraient, à l’inverse, agir comme une force stabilisatrice, en essayant de soutenir la demande.
A tout le moins, nous ne devrions pas aggraver la situation par des coupes drastiques dans les dépenses publiques ou de fortes augmentations des taux d’imposition sur les ménages ordinaires. Malheureusement, c’est précisément ce que de nombreux gouvernements sont en train de faire.

* L’énorme erreur
Après avoir répondu correctement à la crise dans un premier temps, pendant sa phase aiguë, les politiques ont pris, au nom du « bon sens », un mauvais tournant. Elles se sont concentrées sur les déficits publics, qui résultent principalement d’une chute des recettes provoquée par la crise des revenus ; elles font valoir que le secteur public doit tenter de réduire ses dettes de conserve avec le secteur privé.
En conséquence, au lieu de jouer un rôle stabilisateur, la politique budgétaire a fini par renforcer les effets récessifs des réductions des dépenses du secteur privé.

Les risques d’un plan trop brutal

Si le choc économique était moins grave, la politique monétaire pourrait prendre le relais. La politique monétaire doit être utilisée au maximum, mais avec des taux d’intérêt proches de zéro, cela ne suffira pas. Il faut, bien sûr, se doter d’un plan à moyen terme pour réduire le déficit public. Mais s’il est trop brutal, ce dernier peut faire avorter la reprise économique, et donc devenir contre-productif.

Une des priorités essentielles, aujourd’hui, est de réduire le chômage avant qu’il ne devienne endémique, ce qui rendrait plus difficile encore la reprise économique et donc la réduction du déficit public.

Comment ceux qui défendent les politiques actuelles répondent-ils à l’argumentaire nous venons de dérouler ? Ils insistent sur deux points, très différents l’un de l’autre.

* L’argument de la confiance des marchés

Leur premier argument est que les déficits publics vont entraîner une hausse des taux d’intérêt et donc empêcher la reprise. Symétriquement, affirment-ils, l’austérité permettra d’accroître la confiance et donc de favoriser le redémarrage.

Mais aucune preuve ne vient en appui à cet argument. Tout d’abord, malgré des déficits exceptionnellement élevés, les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi faibles qu’aujourd’hui, dans tous les grands pays dotés d’une banque centrale qui fonctionne normalement.

C’est même vrai du Japon où la dette publique dépasse désormais 200% du PIB annuel. Les dégradations de la dette japonaise, décidées par les agences de notation, n’ont eu aucun effet sur les taux d’intérêt locaux. Si les taux d’intérêt se sont élevés dans certains pays de la zone euro, c’est parce que la BCE n’est pas autorisée à agir comme prêteur de dernier ressort aux gouvernements. Ailleurs, la banque centrale peut toujours, si nécessaire, financer le déficit public, laissant le marché obligataire de marbre.

En outre, si l’on examine l’expérience passée, il n’existe pas d’exemple probant où des compressions budgétaires ont conduit à une activité économique accrue. Le FMI, qui a étudié 173 cas de politiques d’austérité budgétaire dans différents pays, a constaté que celles-ci débouchent quasiment toujours sur une contraction de l’économie.

Dans la poignée de cas dans lesquels la réduction des déficits budgétaires a été suivie par une croissance, cette reprise s’explique par d’autres facteurs, comme une dévaluation de la monnaie dans un marché mondial porteur – ce qui n’est pas envisageable aujourd’hui.

La leçon de l’étude du FMI est claire : les coupes budgétaires retardent la reprise. C’est ce qui se passe aujourd’hui : les pays qui ont le plus réduit leurs dépenses publiques sont ceux qui ont connu des reculs de la production les plus forts.

La vérité, comme on peut aujourd’hui le constater, c’est que les compressions budgétaires n’inspirent pas la confiance des entreprises et des marchés. Les entreprises n’investissent que si elles anticipent un nombre suffisant de clients, recevant des revenus suffisants pour alimenter leurs dépenses. L’austérité décourage l’investissement.

Il existe des preuves massives contre l’argument de la « confiance des marchés » : tous les éléments allégués pour le soutenir s’évaporent quand on les soumet à un examen approfondi.

* L’argument structurel

Deuxième argument avancé contre la relance de la demande : la production serait limitée, du côté de l’offre, par des déséquilibres structurels.

Si cette théorie était exacte, cependant, certains secteurs de nos économies seraient déjà au maximum de leurs capacités de production.

Dans la plupart des pays, ça n’est tout simplement pas le cas. Tous les secteurs majeurs de nos économies sont en difficulté, et chaque profession connaît un chômage plus élevé que d’habitude.

Donc, le problème est forcément une insuffisance générale de la demande.

Dans les années 1930, aux Etats-Unis, le même argument structurel avait été utilisé contre des politiques de relance par la dépense publique.

Mais les dépenses se sont accrues entre 1940 et 1942 et la production a alors augmenté de 20%. Le problème, dans les années 1930, était une pénurie de la demande, pas de l’offre. C’est le cas également aujourd’hui.

Des souffrances inutiles

En raison de leurs idées fausses, de nombreux décideurs occidentaux infligent des souffrances massives à leurs peuples.

Pourtant, les idées qu’ils défendent pour gérer les récessions ont, depuis les catastrophes des années 1930, été rejetées par presque tous les économistes. Et pendant les quarante années qui ont suivi, ou à peu près, l’Ouest a connu une période de stabilité économique sans précédent, avec un chômage faible.

Il est tragique de constater que, ces dernières années, les vieilles idées erronées ont de nouveau pris racine.
Nous ne pouvons plus accepter une situation dans laquelle les décideurs politiques sont davantage guidés par la crainte erronée d’une hausse des taux d’intérêt que par les horreurs du chômage de masse.
Les politiques doivent, pour être plus efficaces, être différenciées selon les pays et nécessitent un débat approfondi. Mais elles doivent reposer sur une analyse correcte des problèmes. Nous exhortons donc tous les économistes et tous ceux qui sont d’accord avec l’orientation générale de ce manifeste à l’approuver sur le site ManifestoForEconomicSense et à se mobiliser pour une approche plus saine.

Le monde entier souffre quand des hommes et les femmes gardent le silence sur ce qu’ils savent être faux.

 

La proposition de loi contre les licenciements boursiers déposée à l’Assemblée

bourse_ou_la_vie_1.jpgLe projet de loi interdisant les licenciements boursiers a été déposé le 19 juillet 2012 par les députés du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR).

Constatant que "notre arsenal juridique permet aux entreprises de licencier en dépit de leur bonne santé économique", les députés du groupe Gauche démocrate et républicaine proposent, dans le premier des deux articles de leur texte, d’exclure du champ légal des licenciements économiques ceux qui sont effectués dans des entreprises ayant reversé des dividendes à leurs actionnaires au titre d’au moins un des deux derniers exercices comptables. L’inspection du travail devra mettre en oeuvre cette disposition.

L’article 2 prévoit que les entreprises qui bénéficient d’aides publiques s’engagent, en contrepartie, à ne pas réaliser de licenciements boursiers, au risque de devoir restituer les sommes perçues.

Cette proposition de loi, annoncée le 17 juillet par le président du groupe André Chassaigne, reprend un texte déposé par les sénateurs du groupe communiste, repoussé le 16 février par une très courte majorité, mais votée par les sénateurs socialistes.

Dans l’exposé des motifs, les députés GDR soulignent que "l’ampleur de la crise, la violence des comportements des dirigeants à l’égard des travailleurs qui produisent les richesses (...), la destruction de l’emploi industriel (500.000 emplois détruits depuis 2008) imposent une action rapide du législateur".

Citant les multiples cas de réduction d’activité, de fermeture de sites ou de licenciements, notamment chez Air France, Valeo, Carrefour, ArcelorMittal, PSA Peugeot Citroën et Sanofi, les députés notent qu’il s’agit, "dans bien des cas, de conserver des marges de profit nécessaires au maintien ou à l’augmentation de la part revenant aux actionnaires ou à la constitution de réserves en capital. Les travailleurs sont ainsi relégués au rang de variables d’ajustement d’une économie de casino."

lire l'exposé des motifs et la proposition de loi

 

Assemblée: le Front de Gauche s'attaque aux licenciements boursiers

chassaigne_7.jpgLes députés du Front de Gauche vont déposer rapidement une proposition de loi sur l'interdiction des licenciements boursiers.

C'est ce qu'a indiqué André Chassaigne mardi 17 juillet lors d'un point presse. "Il y a urgence. Il faut des avancées législatives. Immédiatement, il faut que l'on puisse voter une loi pour l'interdiction des licenciements boursiers, a lancé le député du Puy-de-Dôme. Nous allons redéposer la proposition de loi qui avait été discutée au Sénat."

Pour le Front de Gauche, il y a urgence à faire adopter une telle mesure tant les licenciements pour augmenter la rentabilité des entreprises et satisfaire leurs actionnaires sont en augmentation. "Quand on parle de milliers de licenciements, on parle en fait de dizaines de milliers de licenciements!" affirme André Chassaigne, prenant pour exemple les 8.000 suppressions d'emplois chez PSA qui vont se répercuter chez des sous-traitants.

"Je rappelle qu'au Sénat, il a manqué quatre voix", a ajouté le président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l'Assemblée nationale. Cette proposition de loi communiste avait été rejetée en février dernier à la suite de l'abstention des radicaux de gauche. "Avec la majorité que nous avons dans cette Assemblée, le vote de cette proposition de loi ne doit pas poser problème."

André Chassaigne sera reçu à Matignon mercredi 18 juillet, ainsi que Nicole Borvo, présidente du groupe communiste au Sénat.

Info Huma.fr

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