De l'envoyé spécial du blog aux docks, Renaut Baphèse

Samedi 9 février. Dock n° 126 d’Auber. 11h19.
L’audace est appelée à passer à la barre du congrès du PCF.
Entre 11h00 et 11 h30, les débats du congrès, menés tambour battant, abordent le paragraphe du texte consacré au Front de Gauche.

Beaucoup d’intervenants se succèdent au micro sous les docks d’Aubervilliers. Ça tangue un peu. Adhésions directes ou pas au Front de Gauche ? Structuration au plus près du terrain ou pas ? Association locale ou coopérative ? Espace et lieu d’échanges, de concertation, de fermentation des luttes et des idées…

Hervé Poly, suppléant de Jean Luc Mélenchon à Hénin Beaumont ose la formule pour illustrer que les succès du Front de Gauche sont aussi des succès pour le PCF : « En 2012, dans ma fédération, le Nord Pas de Calais, le PCF a enregistré 246 nouvelles adhésions. Du jamais vu depuis…je ne sais quand ! A ce jour, on est à 43 depuis le début 2013. Des adhésions, comment dire ? …directes, elles aussi… au PCF ! ».

Coup improvisé ou calculé, André Chassaigne, qui préside cette séance matinale des débats, décide alors de donner la parole au « chef ».

Pierre Laurent prend le micro et intervient sur le thème du PCF et le Front de Gauche.

« Il s’agit d’un passage très important du texte. Il a été beaucoup discuté. Ici. Dans les débats du congrès. Mais aussi entre nous, lors de la rédaction du texte.
Ce qui s’est passé en 2012 est inédit. Cela a marqué profondément les esprits. On a vu venir tout début janvier 2012, au démarrage de la campagne, des milliers de gens aux meetings du Front de Gauche. Disons le franchement : on ne s’y attendait pas. Pas du tout.
Le 10 janvier 2012 à Nantes, nous fûmes 6 000 à notre premier meeting de campagne. Le second peut être chronologiquement, car il y en a eu un fin 2011.
C’était en tout cas notre première réunion "nationale" de campagne. Nous nous sommes tous dit : « Mais, qu’est ce qui se passe ?» A partir de là, on savait que cela allait aller crescendo et qu’on allait "bousculer" les choses. Il s’est donc passé quelque chose d’inédit. Souvenez-vous, il y a eu ensuite la Bastille, le Capitole, le Prado !

Il s’est bien passé quelque chose.

L’enjeu essentiel pour nous communistes, ce n’est pas de réaliser cela une fois. C’est être capable de le faire perdurer. De prolonger ces moments. Dans la durée. Sur une longue période.

Camarades, ce n’est pas une élection - sous-entendu un résultat aussi bon soit-il à un scrutin -, qui permet de peser. C’est de construire un mouvement populaire, puissant, conscient. Que des centaines de milliers de gens soient dans le mouvement. Qu’ils se considèrent propriétaires du mouvement. Qu’ils sentent qu’ils maîtrisent le mouvement et ses objectifs.

Voilà notre visée. C’est à ce niveau là, en matière de rassemblement, qu’il faut tendre. Qu’il faut construire. Je suis hostile aux formules du type – quand j’entends parfois parler du Front de Gauche – il ne faut pas faire ceci ; ou, il ne faut pas qu’il devienne cela, etc.

Ce qui prime c’est l’audace !

Le plus grand risque c’est que nous ne soyons pas assez audacieux. Nous ne devons pas avoir peur d’oser dans cette situation politique très particulière. Oui, cela va nous bousculer. Nous perdrons certainement des repères. Mais dans les mouvements qui bousculent la société, on ne contrôle pas tout. Jamais. Personne.

Alors, il faut pousser notre audace dans nos textes – à commencer par celui-ci - dans nos formules politiques – au sens inventions - et dans nos pratiques politiques.

Nous avons accueilli comme il se doit hier soir à notre congrès toutes les forces du Front de Gauche. Et nous avons aussi accueilli toutes les forces de la gauche qui étaient chaleureusement invitées à notre congrès. Comme il se doit.

A tous, à tout le monde, nous tenons le même langage : « Nous PCF, nous n’avons pas de réticences à nous jeter dans la bataille politique. On tient un cap. Et parce que le PCF tient un cap, il se renforce !»

Parmi les gens qui adhèrent au PCF ces derniers temps, il y a beaucoup de gens qui reviennent au PCF. Dont beaucoup l’avaient quitté. Qui l’avaient jugé trop raide. D’autres trop mou.

Et bien notre force d’attirance en ce moment, c’est que nous manions avec intelligence la fermeté de nos objectifs.
Nous retrouvons de la force parce que nous avons une forte exigence sur le contenu de ce que nous voulons comme société. Ne pas mettre pas de l’eau dans son vin. Voilà la leçon !

C’est aussi parce que nous avons la passion du rassemblement.

Le PCF a été grand dans son histoire a chaque fois qu’il a pris le parti du rassemblement. Cette intelligence là, nous donne de la force.

Arrêtons de nous faire peur, avec je ne sais quel fantasme, qui nous menacerait avec le Front de Gauche.

Soyons audacieux. Nous marquerons des points.

Partie du texte soumis au débat adopté avec 488 voix pour et 84 contre.
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